- il y a 12 heures
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Pendant près de vingt-cinq ans, un homme a usurpé l’identité de José grâce au vol de ses papiers. Reconnaître ses enfants ou ouvrir un compte bancaire restent des combats du quotidien pour ce Parisien de 48 ans, dont l’usurpateur vient d’être condamné à 18 mois de prison. José raconte son calvaire dans Code source au micro d’Ambre Rosala.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Emma Jacob et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network.
#usurpation #codesource
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Emma Jacob et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network.
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Le 25 mars, le Parisien a raconté l'histoire d'un Parisien prénommé José,
00:16victime d'une usurpation d'identité depuis 25 ans.
00:20Il décrit un enfer, par exemple, ouvrir un compte en banque ou changer d'opérateur de téléphonie mobile
00:26lui est impossible et il n'a pas pu reconnaître sa fille à l'état civil.
00:31Pour José, le cauchemar a commencé quand il a oublié sa pochette avec ses papiers,
00:36dans un train, un jour, en 1998.
00:40José témoigne aujourd'hui dans Codesources, au micro d'Ambre Rosala.
00:59José a 48 ans. Il est ingénieur du son depuis plus de 20 ans
01:02et je le rencontre un jour où il ne travaille pas pour qu'il me raconte son histoire.
01:06José est né en 1974. Il grandit en Essonne, en région parisienne,
01:10et il commence sa vie active en travaillant dans l'armée.
01:13Il arrête quand il a une vingtaine d'années pour essayer de devenir ingénieur du son,
01:17le métier dont il rêve depuis tout petit.
01:20Mais comme la formation coûte très cher, il cherche d'abord un travail alimentaire
01:24pour économiser un peu d'argent. En 1998, quand il a 24 ans,
01:28il obtient un entretien d'embauche dans un garage à Sens, dans Lyon,
01:31à une centaine de kilomètres de chez lui.
01:34Il se rend donc un matin, en train, pour passer son entretien.
01:40J'avais une sacoche, et dans cette sacoche, j'avais tous ces papiers,
01:44mon CV, ma petite entité, bien sûr, la fusillette à civil.
01:49Dessus, il y avait les prénoms des parents, où on est né,
01:54et je suis parti dans un train d'action Sens, dans le 89.
02:00Et durant le trajet, enfin bref, il était super long, donc du coup, je me suis endormi.
02:04Il y a un gars qui me réveille, qui me dit, vous descendez où ?
02:08Je fais, à Sens. Il me dit, mais on y est.
02:10J'ai speedé, et en partant super vite, j'ai laissé ma sacoche.
02:17Pas grave, ça arrive. J'arrive au job, je lui explique comme quoi j'ai perdu ma sacoche, etc.
02:22Il comprend. Il me dit, ok, c'est bon, je vois que t'es motivé, etc.
02:26Tu commences bientôt.
02:28José est embauché. Il va faire une déclaration de perte pour ses papiers qu'il a laissés dans le train,
02:33mais il ne va pas tout de suite faire refaire sa carte d'identité, comme il a toujours son permis
02:37de conduire.
02:38José travaille pendant quelques années, puis il commence sa formation pour devenir ingénieur du son.
02:43Il rencontre sa compagne, et ils emménagent ensemble en Seine-et-Marne, dans le département voisin.
02:48En 2001, quand il a 27 ans, sa compagne tombe enceinte de leur premier enfant.
02:52Et au quatrième mois de grossesse, ils vont le déclarer ensemble à la caisse d'allocations familiales de Melun.
02:57On arrive à la Cap-de-Malin pour le déclarer.
03:00Ils me disent, monsieur, vous ne pouvez pas avoir un autre numéro de CAF, parce que vous en avez déjà
03:06un.
03:07Je fais, non, je n'en ai jamais eu.
03:09Il me dit, si, si, vous en avez un, dans les Yvelines.
03:12Je fais, ah bon ?
03:13Elle me montre l'adresse, je lui dis, non, ce n'est pas possible.
03:15Donc du coup, ensuite, elle me dit, si ce n'est pas vous, soit c'est un homonyme, soit vous
03:20vous êtes fait usurper.
03:21Et du coup, en regardant bien le numéro de Sécurité sociale, qui commence par 1, 74,
03:28ensuite, le reste est la même chose, je suis usurpé en vérité.
03:34Le jour même, José va porter plainte pour usurpation d'identité, avec comme preuve la déclaration de perte de ses
03:40papiers.
03:40Il va aussi prévenir la mairie de Riss-Orangis, où il est né, que quelqu'un lui a volé son
03:45identité pour que ses documents officiels,
03:47comme son acte de naissance, soient bloqués.
03:49Et il entame des démarches pour refaire sa carte d'identité.
03:52Mais au moment de le faire, la mairie l'informe qu'une demande est déjà en cours.
03:56C'est son usurpateur, qui reçoit alors une carte d'identité avec sa photo à lui, et le nom de
04:02José.
04:03José, lui, est bloqué et ne peut plus demander de nouveaux papiers.
04:06Il contacte alors un expert en usurpation d'identité, qui lui conseille tout de suite de faire en sorte d
04:11'être interdit bancaire.
04:12Il pourra toujours avoir un compte, mais cela empêchera son usurpateur d'émettre des chèques,
04:17et surtout, de prendre un crédit en son nom.
04:20José fait alors en sorte de se mettre en défaut de paiement, et de rester sans trop d'argent sur
04:24son compte.
04:27Je repars à la banque, je retire un peu d'argent qu'il y avait sur mon compte, est-ce
04:32prêt ?
04:33Je rentre dans un magasin à Châtelet, j'avais acheté un pull de Joe Estar à la Comet,
04:39qui coûtait je ne sais plus combien une blinde à l'époque, et je fais un gros chèque.
04:43Mais un gros chèque, parce que le pull, il coûtait vraiment cher.
04:46Du coup, ça m'a bien mis interdit bancaire, mais c'était volontaire.
04:50À chaque fois, j'étais obligé d'acheter cash les choses, c'était compliqué en vérité.
04:54Je retirais beaucoup plus d'argent, j'en gardais sur moi, ou j'en planquais chez moi.
04:59Je n'ai pas pu faire de crédit.
05:01Je voulais acheter une maison, je n'ai pas pu le faire.
05:04J'ai voulu le faire, mais je n'ai pas pu, à cause de ça.
05:07Ça a freiné pas mal de projets, finalement.
05:10En 2002, José et sa compagne ont un deuxième enfant, un petit garçon.
05:14Un jour, l'ingénieur Dusson reçoit une lettre des impôts
05:17qui lui réclame une somme qu'il n'aurait pas payée.
05:19Il se rend compte que son usurpateur travaille sous le nom de José
05:22avec son numéro de sécurité sociale et qu'il ne paye pas ses taxes.
05:26José se met aussi à recevoir des amendes de délit qu'il n'a pas commis.
05:30Il a eu des amendes de voiture, il a eu des amendes de train qui venaient chez moi.
05:35Et en fait, à chaque fois, il fallait que je démontre au trésor public, aux impôts, etc.
05:40que ce n'était pas moi, que c'était bien cette personne-là qui m'usurpait
05:43et qu'il utilisait mon nom, mon prénom pour commettre ses délits, finalement.
05:48Et quasiment tous les mois, j'allais au trésor public des Yvelines
05:53et je leur disais, écoutez, le mois dernier, je suis venu pour vous dire
05:57comme quoi que j'ai été usurpé.
05:58Tous les mois, vous m'envoyez encore des demandes de remboursement de ci, de ça, etc.
06:03J'avais à chaque fois mon compte bloqué.
06:06Du coup, je ne pouvais plus ouvrir de compte en banque.
06:09Parce que pour ouvrir un compte en banque, il faut quoi ?
06:12Il faut une pièce d'identité.
06:13Et je n'avais pas de pièce d'identité, j'avais que mon permis.
06:16Je suis parti à la banque de France, je leur ai dit
06:18je ne peux pas avoir un compte provisoire.
06:20Ils m'ont dit non, non, il faut une pièce d'identité, sinon rien.
06:24Et du coup, j'avais des salaires que je recevais
06:30mais que je ne pouvais pas encaisser.
06:31Parfois, les amendes de son usurpateur sont directement prélevées sur le salaire de José.
06:36Il porte à nouveau plainte.
06:37On lui assure qu'une enquête est en cours, mais rien ne se passe.
06:41C'est d'autant plus frustrant pour José
06:42qu'il sait exactement où se trouve son usurpateur.
06:45Et comment je le sais ?
06:47C'est que sur mon relevé de carrière, il y a tous les endroits où il a travaillé.
06:52J'ai fait tout ce qu'on m'a demandé, de faire des courriers, etc.
06:56Je les ai faits ces courriers, j'ai fait tout ça.
06:58Avec mes avocats, etc. à l'époque.
07:01On faisait des plaintes, on expliquait comme quoi cette personne
07:04elle usurpe mon identité pour travailler.
07:07Et personne ne va la chercher.
07:09Alors qu'on sait où il habite, qu'est-ce qu'il fait comme travail,
07:13pourquoi on trouve le moyen de laisser faire encore, alors qu'on sait déjà.
07:18Un jour, il reçoit une lettre de la banque postale à propos de son compte épargne.
07:23La poste, il me contacte, il me dit oui, voilà, vous avez deux livrets A.
07:27Et normalement, on n'a pas le droit d'avoir deux livrets A, vous ne devez en avoir qu'un
07:30seul.
07:31Ils me disent, votre livret A, il est dans les Yvelines, mais vous, vous êtes dans 77.
07:37Et du coup, je leur dis, bah ouais, celui des Yvelines, ce n'est pas le mien, je vais les
07:41voir.
07:41Je lui dis, écoutez, voilà, j'ai été usurpé, je leur demande ma plainte, vous pouvez effacer celui des Yvelines
07:46?
07:46Ils m'ont dit, oui, d'accord, pas de problème.
07:48Au bout de 3-4 jours, je reçois un courrier qui me dit, votre compte est clôturé et les sommes
07:53ont été virées sur le compte numéro, machin, nanana.
07:57Mais ce n'est pas mon compte, ça.
07:59Il y avait à peu près, je ne sais pas, peut-être 3 ou 4 000 euros, un truc comme
08:01ça.
08:02En fait, ils ont viré l'argent sur le compte de l'usurpateur, mais je n'ai jamais récupéré cette
08:07somme.
08:08L'usurpateur de José a vidé et fermé son compte avant que la banque ne se rende compte de son
08:12erreur.
08:12Pour tenter de refaire sa carte d'identité, José retourne à la mairie de Riss-Orangis pour leur demander l
08:18'accès à son acte de naissance.
08:20Là-bas, on lui dit que comme il avait signalé une usurpation d'identité, ses documents officiels sont toujours bloqués.
08:26Mais on lui apprend que son usurpateur a à nouveau utilisé son nom.
08:31J'apprends que cette même personne s'est mariée à Londres, à Infield.
08:36Et quand il s'est marié, le coup de massue, c'est que la mairie de Riss-Orangis, là où
08:42je suis né, ils ont approuvé le mariage en France.
08:46C'est-à-dire qu'ils ont inscrit ce mariage frauduleux en Angleterre sur mon acte de naissance.
08:53Alors qu'ils savaient déjà que j'étais usurpé.
08:56Et moi, je vois ça, je tombe sur ça, je me dis mais c'est un truc de fou.
09:00José apprend aussi que son usurpateur a reconnu six enfants sous son nom et que plusieurs demandes de livrets de
09:06famille sont en cours.
09:07En 2005, la compagne de José tombe à nouveau enceinte et elle accouche d'une petite fille.
09:12Quand j'ai voulu la déclarer, on m'a dit vous ne pouvez pas.
09:16Parce que comme il y a cette histoire du livret de famille qui ont été demandés, d'enfants qui ne
09:21sont pas les vôtres, etc.
09:22Il y a une affaire en cours, vous ne pouvez déclarer aucun enfant.
09:26Du coup, je n'ai pas pu la déclarer.
09:28Je me dis mais putain, je ne veux même pas reconnaître mes gamins.
09:32L'usurpateur de José continue d'utiliser son identité pour commettre des délits.
09:37Une fiche de recherche à son nom circule au sein de la police.
09:39Et un jour, alors qu'il rentre d'un voyage à l'étranger, José est arrêté à l'atterrissage de
09:44son avion.
09:45Pendant que tout le monde prend ses affaires pour descendre, on voit des policiers qui arrivent.
09:49Vous êtes monsieur un tel ? Je fais oui, vous pouvez nous suivre s'il vous plaît.
09:52Me note et tout, avec tout le monde comme ça.
09:55Oui, parce que vous avez une fiche de recherche. Mais attendez, mais la fiche de recherche, elle est sur moi
10:00ou elle est sur mon usurpateur ?
10:02Comme lui, il y avait des fiches de recherche plein de fois, pour plein de délits qu'il faisait,
10:06ou alors qu'il ne se présentait pas à des audiences ou je n'en sais rien.
10:11Et du coup, à chaque fois, c'était moi qui prenais.
10:13Et bien, j'ai tout le temps eu des contrôles de police qui n'en finissaient pas.
10:18Quand il y avait des contrôles de police, j'ai esquivé, je serais de trottoir pour éviter plein de trucs.
10:23En 2010, José écrit une lettre à la ministre de la Justice, Michel Alliomari.
10:28Il lui explique qu'à cause de son usurpateur, il ne peut toujours pas avoir de papier d'identité.
10:33Il reçoit une réponse de son équipe qui lui assure que sa situation va être débloquée.
10:37Et José reçoit sa nouvelle carte d'identité l'année d'après.
10:42En 2012, José sort de chez lui un matin et il est arrêté.
10:46Les policiers lui expliquent qu'il est suspecté d'avoir séquestré et violé deux femmes.
10:51Il est placé en garde à vue, mais ces deux femmes innocentes José et reconnaissent formellement son usurpateur.
10:57L'homme est arrêté et jugé.
10:59Le procès ne porte pas sur l'usurpation d'identité dont il est victime,
11:03mais José se rend quand même à l'audience pour faire connaître sa situation.
11:06Et là-bas, il en apprend un peu plus sur le passé de son usurpateur.
11:12J'apprends que l'usurpateur a usurpé 16 personnes.
11:17Quand ils l'ont arrêté chez lui, alors ils l'ont retrouvé avec 16 identités différentes,
11:22plein de papiers incroyables, beaucoup d'argent, plus de 30 000 euros je crois.
11:27Une fille qui s'est équestrée dans une pièce.
11:29À la fin de ce procès, il est condamné à 10 ans de prison.
11:35Et du coup, ce qui est incroyable là-dedans, c'est que le mois d'après, qu'est-ce que
11:39je conçois dans ma boîte aux lettres ?
11:41Je conçois une somme de 24 000 euros à rembourser à son bailleur, finalement, parce qu'il n'est pas
11:46payé des loyers.
11:47Et c'est un courrier de l'avocat qui était au jugement, qui me l'envoie.
11:52Il me dit, vous devez cette somme, sinon on entame des poursuites.
11:56Mais je l'ai appelé, il dit tout de suite, il me plaisantait, on était au tribunal.
12:00Oui, mais il faut bien que quelqu'un paye.
12:02Je vais m'attendre, mais c'est quoi cette histoire ?
12:05Il me dit, c'est votre nom, donc voilà, on ne peut pas se retourner contre lui.
12:09Il a utilisé votre nom, donc on utilise votre nom.
12:11J'ai dit, ben non, moi je ne paye pas.
12:14Cet avocat finit par comprendre et José n'est finalement plus obligé de payer.
12:18Son usurpateur est incarcéré pour les deux viols qu'il a commis.
12:21Et pendant 7 ans, José connaît une période de calme où il peut vivre à peu près normalement.
12:26En 2019, alors que son usurpateur va bientôt sortir de prison,
12:30José consulte son compte Amélie sur le site de l'assurance maladie.
12:33Sur le compte Amélie, on peut voir tous les relevés.
12:37Et un jour, je vois 1 500 euros.
12:39Je me dis, mais c'est quoi ce truc ?
12:41Après je vois 500, après je vois des lunettes.
12:43Sur le compte Amélie, où il y a eu mes informations.
12:46Au lieu de voir mon adresse comme tout le monde, je vois centre pénitencier de Bois d'Arcy.
12:51Je me dis, mais c'est quoi ce délire ?
12:52Quand il est rentré en prison, en fait, ils lui ont redonné mon numéro de sécurité sociale,
12:59parce qu'il n'en avait pas.
13:01La justice lui a redonné une identité, c'est-à-dire la mienne.
13:08En plus de 20 ans, José dépose 11 plaintes.
13:11En février 2023, quand il a 48 ans, un commissaire qui enquête sur son affaire le contacte.
13:17Il me dit, ouais, moi je suis sur cette affaire depuis un moment.
13:20Elle me prend la tête parce que je ne comprends rien là-dedans.
13:23Et ce qui s'est passé, c'est qu'il m'a dit, écoutez, ces personnes-là, elles vont être
13:26jugées pour une affaire
13:27qui date d'il y a un moment, qui n'a rien à voir avec votre réservation d'identité.
13:32Je vous donne la date de l'audience, mais pas que c'est moi qui vous l'ai dit.
13:36Du coup, avec des avocats, je suis parti à cette audience, alors que je n'avais pas le droit d
13:41'y être.
13:42Et mes avocats ont fait que je sois cité dans cette audience.
13:47La juge accepte que les plaintes de José soient jointes à l'affaire en cours.
13:50Le 23 mars 2023, il se rend donc au procès de son usurpateur
13:54et il prend la parole pour raconter son calvaire depuis plus de 20 ans.
13:59On m'a dit, mais vous chiffrez à combien votre préjudice ?
14:02J'ai dit 3 millions d'euros.
14:04Est-ce que c'est chiffrable finalement ?
14:06De ne pas pouvoir profiter pleinement de son identité,
14:09de ne pas pouvoir se marier quand on a envie,
14:11de ne pas pouvoir faire de crédit quand on a envie,
14:13de ne pas pouvoir voyager tranquillement,
14:15de me faire plaquer au sol pour des filles de recherche alors que ce n'était pas moi,
14:19de ne pas pouvoir vivre correctement, de ne pas pouvoir avoir de compte en banque ?
14:23Moi, j'ai perdu plus de temps à courir après ces conneries
14:27qu'à faire des vrais projets.
14:30J'ai tant entendu à l'audience, ils ont pris compte de tout ça,
14:35mais il a été condamné à 18 mois de prison
14:38et à 10 000 euros d'amende, c'est dérisoire.
14:41Tout ça pour ça.
14:43Vous avez espoir que tout ça s'arrête complètement un jour ?
14:46Oui, j'ai espoir que ça s'arrête.
14:48J'ai pu récupérer mon acte de naissance,
14:50les livrets de famille se sont débloqués,
14:53mais pour moi, ça s'arrêtera.
14:55Quand ça sera retiré sous mon levée de carrière,
14:58mes passages en prison ou je ne sais pas quoi,
15:00je serai tranquille.
15:01Quand cette personne-là, elle arrêtera de dire qu'il s'appelle monsieur machin,
15:06je serai tranquille.
15:07Je serai tranquille quand la justice,
15:08elle viendra s'excuser,
15:10qu'on dise qu'on a fait notre travail,
15:12mais pas comme il faut.
15:26On l'entend malgré la condamnation de son usurpateur,
15:29pour José, cette affaire n'est pas encore terminée.
15:31Non, elle n'est pas du tout terminée.
15:33Par exemple, José m'a expliqué que les six enfants
15:35que son usurpateur a reconnus
15:38portent toujours le nom de José
15:39et il reçoit régulièrement des lettres des avocats,
15:42des mères de ses enfants
15:43qui réclament une pension alimentaire
15:45alors que ce ne sont pas du tout les enfants de José.
15:48Et surtout, il m'a dit qu'il n'était pas encore serein
15:51parce qu'il ne se sent pas à l'abri,
15:53qu'il y ait à nouveau une erreur
15:55de la part d'une administration
15:57et qu'il y ait de nouveaux problèmes.
15:59Comment est-ce que son entourage a vécu tout ça ?
16:01Alors, ça a été très compliqué pour son entourage
16:03parce qu'ils sont eux aussi affectés
16:05par cette usurpation d'identité.
16:07José m'a expliqué que,
16:09comme les livrets de famille ont été bloqués
16:11pendant des années et des années,
16:12c'était à chaque fois un parcours du combattant
16:14pour inscrire ses enfants à l'école, par exemple.
16:17Et des exemples comme ça, il en a plein.
16:19Et au-delà des problèmes administratifs,
16:21il m'a aussi dit que certaines personnes
16:23de son entourage avaient pu parfois
16:24mettre en doute sa parole
16:26tellement ce qui lui est arrivé était incroyable.
16:29Par exemple, au moment où il a appris
16:31que son usurpateur s'était marié à Londres,
16:33il m'a raconté que la famille de sa compagne de l'époque
16:35avait un petit peu douté de José
16:37et s'était demandé s'il n'avait pas une double vie.
16:40L'usurpation d'identité, ça concerne combien de personnes en France ?
16:43Alors, chaque année, il y a 210 000 Français
16:45qui sont victimes d'usurpation d'identité
16:47selon une enquête du Centre de recherche
16:49pour l'étude et l'observation des conditions de vie.
16:52Alors, il y a des degrés différents.
16:54Tous les cas ne sont pas aussi graves que celui de José
16:57parce que l'usurpation d'identité,
16:58ça peut être seulement l'utilisation d'une adresse mail
17:01sans l'accord de son propriétaire, par exemple.
17:03Mais voilà, c'est quand même beaucoup plus répandu
17:05que ce qu'on pense puisqu'il y a plus d'usurpation d'identité
17:08que de cambriolage, par exemple.
17:10Est-ce qu'il y a des façons de se prémunir
17:12d'une usurpation d'identité ?
17:13Oui, la première chose, c'est d'être très vigilant
17:16quant aux informations personnelles qu'on transmet,
17:18notamment sur Internet.
17:20C'est aussi très important de détruire ces documents
17:22avec des informations de personnel avant de les jeter.
17:26Et José, par exemple, m'a dit qu'aujourd'hui,
17:27s'il perdait à nouveau ses papiers,
17:29il ferait une déclaration de vol plutôt que de perte.
17:32Comme ça, les autorités seraient au courant
17:33qu'il y a un risque d'usurpation.
17:35Il a plusieurs conseils comme ça
17:36pour éviter de se faire usurper son identité
17:38ou pour réagir vite si jamais ça arrive.
17:40Et José m'a dit qu'il était justement
17:42en train d'écrire un livre à ce propos.
17:44Merci Ambre Rosala
17:45et merci à Florian Loisy pour son aide.
17:48Cet épisode de Codesources a été produit
17:49par Thibaut Lambert et Emma Jacob.
17:51Réalisation, Julien Moncouquiole.
17:54Codesources est le podcast quotidien
17:56d'Actualité du Parisien.
17:57N'oubliez pas de vous abonner
17:58pour ne rater aucun épisode.
18:00Et n'hésitez pas à nous écrire
18:01codesources at leparisien.fr.
18:04Et puis, si les faits divers vous intéressent,
18:06vous pouvez aller écouter
18:07le nouveau podcast du Parisien,
18:09Crime Story.
18:10Chaque samedi, une nouvelle affaire criminelle.
18:12Crime Story présenté par Claudia Prolongeau
18:15avec Damien Delsenis,
18:16le chef du service police-justice du Parisien.
18:21Ensemblée Delsenis,
18:21le chef du service police-test du Louis-Bruns,
18:22et en fibers,
18:22Merci à vos vins,
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