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Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre déléguée en charge de l'Énergie, était l'invitée du Face-à-Face sur RMC et BFMTV ce jeudi 19 mars 2026
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00:01Il est 8h28 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Maud Bréjot.
00:05Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes porte-parole du gouvernement et vous êtes ministre déléguée en
00:10charge de l'énergie.
00:11J'ai évidemment prévu des questions sur les municipales sur cet entre-deux-tours.
00:15Mais l'énergie, on l'apprend à l'instant, le gaz européen s'envole plus 30%, plus 30% à
00:23l'aube ce matin. Comment vous réagissez ?
00:24C'est la conséquence évidemment directe de ce qui se passe en Iran depuis plusieurs semaines maintenant.
00:29Vous le savez, le détroit d'Hormuz est toujours bloqué et ce détroit d'Hormuz voit circuler en temps normal
00:3520% du pétrole et 20% du gaz à l'échelle mondiale.
00:39L'urgence, l'urgence, et c'est ce que fait le président de la République, c'est de porter des
00:44initiatives et de tout mettre en œuvre avec nos partenaires régionaux.
00:48Mais au-delà, avec toutes les puissances qui sont directement touchées, je pense à l'Asie, je pense à l
00:52'Inde par exemple,
00:53pour débloquer ce détroit de façon à retrouver une situation la plus normale possible.
00:59On le fait déjà. En mer Rouge, depuis 2024, on participe à une opération de sécurisation du transit des navires
01:06dans le cadre d'une opération dite Aspinesse.
01:07Mais on est d'accord que ça ne va pas se faire tout de suite ?
01:09J'appuie dessus parce que ce que je veux dire, c'est qu'on sait le faire. Et on le
01:12fait déjà en mer Rouge avec 20 autres États membres de l'Union européenne.
01:17Mais effectivement, cela prend un peu de temps. Le président de la République s'est exprimé hier à ce sujet
01:21en expliquant, et chacun peut le comprendre,
01:23que pour sécuriser les transits des navires sur place, il faut qu'il y ait les conditions de sécurité réunies.
01:32Donc, je suis bien d'accord, tout ça, ça part d'une autre norme, mais ça ne va pas changer
01:36en un jour.
01:37Entre-temps, on a tous les prix qui s'envolent. On a le prix du gaz, évidemment, à l'instant,
01:42on va en voir les conséquences.
01:43Notre prix de l'électricité, il est encore quand même calculé sur le prix du gaz ?
01:46Alors, ça n'a rien à voir avec ce qu'on a connu en 2022, je vous explique pourquoi.
01:50Donc, vous ne redoutez pas une hausse des prix de l'électricité ?
01:52On est bien davantage protégés. Je vous explique pourquoi.
01:54En 2022, le prix de l'électricité était fixé 75% du temps, en moyenne, par le prix du gaz.
02:01Pour une raison, on avait à l'époque près de la moitié du parc nucléaire à l'arrêt,
02:06pour des raisons d'avaries techniques, de corrosion sous contrainte, je ne vais pas y revenir.
02:10Aujourd'hui, le parc nucléaire tourne à plein.
02:12On a produit 373 TWh l'année dernière, c'est une bonne nouvelle.
02:17Et ce que ça veut dire concrètement pour les Français, c'est que le nucléaire joue ce rôle de tampon,
02:21et que l'électricité est bien moins dépendante des prix du gaz en France que ce que c'était en
02:272022.
02:28Nous sommes donc bien davantage protégés, et pardonnez-moi, davantage protégés que d'autres pays en Europe.
02:34Donc, vous voulez être assurant sur la question de prix de l'électricité,
02:37mais restons un instant sur le prix du gaz, sur le prix de l'essence.
02:40Je vais évidemment vous interroger aussi sur ce que font nos voisins, l'Italie qui annonce une baisse des prix
02:44à la pompe.
02:45Maud Bréjon, si on reste un instant sur ce prix du gaz, plus 30% sur le gaz européen,
02:51quelles conséquences sur la facture des Français ? Est-ce que vous pouvez déjà l'anticiper ?
02:55Et sur l'inflation ?
02:56Vous avez environ 16 millions de personnes qui se chauffent au gaz.
03:01Sans ces 16 millions de personnes, il y en a plus de la moitié qui sont à des prix bloqués,
03:05à des prix fixés.
03:06Donc pour eux, ça ne bougera pas d'ici au renouvellement de leur contrat.
03:10Pour les autres, ils peuvent s'attendre à des hausses fonction de la durée du conflit.
03:15Nous sommes, vous savez, dans une période où les particuliers consomment moins de gaz qu'en hiver,
03:20puisque chacun comprend qu'on se chauffe moins en mai ou en juin, évidemment, qu'en décembre ou en janvier.
03:25Mais c'est une possibilité qu'on suit de près.
03:28Je pense aussi au secteur économique.
03:30quant à la question du gaz, mais quant à la question, évidemment, du carburant.
03:34Nous avons reçu l'ensemble des secteurs touchés.
03:36Nous continuerons à le faire.
03:38Je pense aux pêcheurs.
03:39Je pense aux agriculteurs, évidemment.
03:41Mais Maud Bréjong, je vous arrête tout de suite.
03:42Je pense aux transporteurs.
03:43Là, j'ai l'impression que vous avez trois métros de retard.
03:45C'est-à-dire que vous les recevez.
03:47Vous avez reçu la semaine dernière.
03:49Vous l'avez déjà fait.
03:50Vous avez reçu non seulement, effectivement, ceux qui en sont victimes aujourd'hui.
03:53Vous parliez des pêcheurs, vous parliez des agriculteurs.
03:55Les routiers, évidemment.
03:57Vous avez aussi reçu les distributeurs.
03:59Mais vous les recevez.
04:00Vous leur parlez.
04:01Vous écoutez leurs doléances.
04:02Pendant ce temps-là, pardon de le dire, en Grèce, on a décidé de plafonner jusqu'au 30 juin le
04:07bénéfice maximum des distributeurs.
04:09En Allemagne, les stations-services ont désormais la possibilité d'augmenter leur prix qu'une fois par jour.
04:13Ils ont pris des mesures.
04:14L'Italie annonce aujourd'hui une période, et pour une période minimum de 20 jours, une réduction de 25 centimes
04:20sur le prix de chaque litre de carburant.
04:22L'Espagne baisse la TVA.
04:25L'Autriche va baisser la taxe sur le carburant, plafonner les marges des distributeurs.
04:29Alors, je ne peux pas vous laisser dire qu'on a trois métros de retard, pour reprendre votre expression.
04:35Depuis les premières heures de la crise, on a mis en place un suivi avec mon collègue Roland Lescure,
04:40avec, évidemment, le Premier ministre et l'ensemble des ministres concernés, quotidien.
04:44On suit ce qui se passe.
04:46On reçoit les distributeurs.
04:47On s'assure, on s'assure, pardonnez-moi, qu'il n'y ait pas d'augmentation de marge qui ne
04:52s'expliquerait pas de par l'augmentation des cours du baril.
04:56Donc, tout ça est évidemment suivi comme le lait sur le feu.
05:00Comme le lait sur le feu.
05:01Mais, votre raison, je ne dis pas du tout que vous ne le suivez pas.
05:03Soyons très clairs.
05:04Vous suivez, vous écoutez.
05:06Et nous avons toujours dit que notre responsabilité a été double.
05:11C'est d'une part ce que fait le président de la République à l'échelle internationale.
05:14Parce que c'est évidemment ça, le principal nœud qui permettra de revenir à une situation normale.
05:19Et au niveau national, d'envisager tous les scénarios.
05:23Ce conflit a débuté il y a maintenant trois semaines.
05:27Personne ne sait dire dans quelle mesure il va évoluer dans le temps et dans l'espace.
05:31Et donc, toutes les options sont sur la table.
05:34Nous aurons une réunion avec le Premier ministre en fin de matinée pour faire le point sur la situation.
05:41Pour envisager les différentes possibilités fonction de la durée du conflit.
05:45Fonction de la difficulté que rencontrent les secteurs économiques.
05:49Nous avons toujours été au rendez-vous pour protéger les Français et pour protéger les secteurs économiques.
05:55Durant les différentes crises que nous avons traversées.
05:57Pour autant, Apolline de Malherbe, je pense qu'il faut aussi porter un discours de vérité.
06:02La tenue de 5% de déficit cette année, ce qui est déjà haut, est une nécessité.
06:08Et ça a de la valeur.
06:09Y compris pour le fonctionnement du pays, pour les secteurs économiques et pour notre capacité à investir ensuite.
06:14Donc j'entends ceux qui voudraient qu'on débourse d'ores et déjà des milliards pour aider des gens.
06:21dont j'entends les difficultés, je sais bien, que pour les Français qui se chauffent au gaz,
06:26que pour tous ceux qui vont travailler et n'ont pas d'autres choix que d'aller à ce service.
06:30C'est une difficulté nécessaire.
06:32Mais il faut aussi porter ce discours de vérité.
06:36Il y a une réalité des finances publiques qu'on ne peut pas ignorer.
06:40Non, votre région, c'est les conséquences de ce qui s'est passé sur le budget.
06:44Pardonnez-moi, ce qu'on vit maintenant, c'est les conséquences de ce qui se passe en Iran.
06:48Et par ailleurs, l'heure des crises...
06:50Je ne vous parle pas, évidemment, bien sûr que c'est les conséquences.
06:52Non, mais attendez.
06:54Évidemment que c'est les conséquences de ce qui se passe en Iran, il n'y a aucun doute.
06:57Ce que je veux simplement dire, c'est pourquoi est-ce que nos voisins ont plus d'élasticité que nous
07:03?
07:03C'est parce que nous, on n'a plus de sous, on est pieds au plancher.
07:06Nous, on a bien davantage protégé les Français et, encore une fois, les entreprises.
07:11Pendant les différentes crises, je pense à la crise du Covid, je pense à la crise énergétique de 2022-2023.
07:16Ce qui nous a d'ailleurs permis d'avoir une inflation inférieure à ce que c'était ailleurs en Europe.
07:21Les prix de l'énergie sont bien plus bas en France.
07:24Je pense notamment à l'électricité qu'en Italie, qu'en Allemagne ou qu'en Espagne.
07:29Et ça, c'est grâce à notre part nucléaire qui va continuer à protéger les Français.
07:33Donc, moi, encore une fois, je n'ai pas de boule de cristal.
07:36Je ne suis pas en mesure de vous dire avec quelle intensité ce conflit va durer dans les semaines à
07:42venir.
07:42Maud Bréjon, je voudrais qu'on s'arrête un instant.
07:44Vous avez dit deux choses.
07:45Vous avez dit, un, qu'il y aura une réunion en fin de matinée, aujourd'hui, autour du Premier ministre,
07:51pour décider des différents scénarios.
07:54Ça veut dire qu'au moment où on se parle, Maud Bréjon, le scénario d'une baisse des taxes est
07:58sur la table.
07:58Non, le scénario d'une baisse des taxes n'est pas envisagé à l'heure où on se parle.
08:02En revanche, on entend les difficultés, par exemple, sur la trésorerie.
08:06On recevait les transporteurs qui font face à des difficultés de trésorerie réelles.
08:10Les pêcheurs, le gazoil pêche est passé d'environ 60 centimes le litre.
08:14Il n'est pas taxé à 1 euro le litre.
08:17Là aussi, on peut regarder les mesures qui peuvent être mises en place pour faciliter ce moment difficile.
08:23Mais, là encore, je crois qu'il ne faut pas oublier la réalité de la situation budgétaire française.
08:29Je pense que les Français en ont conscience.
08:31Mais c'est une question d'arbitrage.
08:32Vous avez fait des choix, jusqu'à présent, où il n'y avait pas forcément de baisse de dépense.
08:36Donc, aujourd'hui, en effet, il n'y a pas de réserve.
08:39Nous aussi, on a un problème de trésorerie.
08:40On a fait le choix, Apolline Deméalère, de ne pas augmenter l'impôt des Français lors du dernier projet de
08:45loi de finances.
08:45Et ça, c'était extrêmement important.
08:47Maintenant, je crois qu'encore une fois, quand on est aux responsabilités, on peut tout à fait entendre les difficultés
08:53auxquelles les gens sont confrontés,
08:55suivre et accompagner au mieux les secteurs, et en même temps, avoir ce discours de vérité sur les finances publiques.
09:04Je crois que nous n'avons plus les moyens du quoi qu'il en coûte, tel qu'il a été
09:09mis en œuvre il y a deux ou trois ans de ça.
09:11Et par ailleurs, la situation n'a absolument rien à voir.
09:16Nous ne sommes pas dans la situation de 2022.
09:18On l'a bien entendu, on va regarder la situation très précisément.
09:20L'exemple du gaz, le gaz avait augmenté 2,5 fois plus que ce que c'est aujourd'hui.
09:24Je rappelle le chiffre ce matin, plus 30% pour le gaz européen, le prix du gaz en effet qui
09:30s'envole.
09:31Maude Bréjon, l'essence et le gasoil, je vous ai reçu ici même le 4 mars.
09:36Vous aviez dit, je vous cite, à court terme, on peut s'attendre à une hausse de quelques centimes contenue
09:43et limitée.
09:44On est à plus 30 centimes.
09:45Ça s'est envolé bien au-delà de ce qu'on pensait.
09:48Et je peux faire mon mea culpa devant vous.
09:51Je pense qu'il faut savoir dire en politique quand on s'est trompé.
09:53Ce que je dis encore une fois, c'est qu'il y a une réelle difficulté principalement sur le gazoil.
09:57Davantage que sur le sans-plomb.
09:59Il faut peut-être expliquer aussi pourquoi aux gens.
10:01Parce qu'on raffine pour 90% du gazoil que l'on consomme en France.
10:07Le raffinage se fait à l'extérieur de l'Union Européenne.
10:09Ce n'est pas le cas pour le sans-plomb.
10:11Et donc, on est bien davantage, là encore, dépendant de choses que l'on fait ailleurs.
10:16On paie le coût de nos dépendances.
10:18C'est aussi, et je le dis avec beaucoup d'humilité, parce que quand on est en pleine tempête,
10:23ce n'est pas évident de porter ce type de discours.
10:25Mais tout ça doit aussi nous interroger quant au coût de nos dépendances et sur la façon dont on en
10:31sort.
10:31On est aujourd'hui dépendant à 60% d'énergie fossile importée.
10:36On voit que lorsque ces imports se bloquent, lorsque les prix augmentent, nous sommes en grande difficulté pour y faire
10:44face.
10:45Ça doit, pour la suite, nous rappeler l'urgence absolue, absolue de sortir de ces dépendances.
10:52Maude Bréjon, il y a les politiques qui vous demandent, alors l'ERN vous demande de baisser la TVA et
10:59la taxe sur les assises, le volume de vente.
11:02Il y a LFI qui demande plutôt un blocage des prix.
11:06Mais il y a aussi les distributeurs qui, désormais, en appellent à vous.
11:09Je voudrais que vous écoutiez Thierry Cotillard.
11:10Thierry Cotillard, c'est donc le patron du groupement des mousquetaires, le patron des intermarchés, au micro de BFM Business.
11:16Écoutez.
11:16Quand vous avez une essence à 2 euros, retenez un seul chiffre, la moitié va à l'État.
11:22Donc c'est 1 euro en taxes, en TVA.
11:25Donc on peut travailler les marges des distributeurs qui font 4 centimes.
11:29Mais je crois que c'est surtout intéressant de regarder en amont la marge du raffineur, la marge du transporteur.
11:35Et puis surtout, l'État, qu'est-ce qu'il veut faire ?
11:38Est-ce qu'aujourd'hui, il veut donner un petit coup de main aux Français et toucher à l'enveloppe
11:42qu'il va percevoir,
11:43qui est une enveloppe qui n'était pas budgétée ?
11:44Puisque la réalité, c'est comme une entreprise.
11:46Il y a eu un budget de fait pour 2026.
11:48Cette hausse du pétrole n'était pas prévue.
11:51Et donc la TVA additionnelle n'était pas prévue.
11:53Est-ce qu'ils veulent en redistribuer ?
11:54C'est la question que je pose aujourd'hui.
11:56Allez-vous redistribuer ?
11:57Alors d'abord, cette affirmation consistant à laisser penser aux Français
12:02que l'État s'enrichirait sur le dos de la crise est un mensonge éhonté.
12:06L'État ne s'enrichit pas sur le dos de la crise.
12:08L'État ne s'est jamais enrichi pendant des crises pétrolières.
12:11Ça n'existe pas parce que quand bien même vous avez une augmentation,
12:16une légère augmentation des recettes dues à la TVA,
12:19vous avez un impact évident sur la consommation,
12:22vous avez un impact évident sur la croissance.
12:24Et quand vous discutez avec les distributeurs, ils vous le disent,
12:27il y a moins de volume vendu aux stations pour une raison que chacun comprend,
12:31parce que le prix est plus important et parce que donc les Français font attention.
12:34L'État ne s'enrichit jamais, jamais sur le dos des crises.
12:39Ensuite, moi je veux bien qu'on se renvoie à la patate de choses
12:41entre l'État, les distributeurs, les raffineurs et les transporteurs.
12:44Je ne suis pas certaine que c'est ce qui permet d'avancer
12:46de façon la plus efficace, la plus solidaire et la plus intelligente.
12:50Chacun doit faire attention.
12:51Nous avons demandé aux distributeurs effectivement d'avoir une grande visigeance sur leurs marges
12:55et de répercuter les baisses aussi rapidement que les hausses ont été répercutées
13:01lors du tout début de la crise.
13:02Nous suivons ce qui se passe chez les transporteurs,
13:04nous suivons aussi ce qui se passe chez les raffineurs,
13:06parce qu'effectivement il faut regarder l'ensemble de la chaîne de valeur.
13:10Et ensuite, quant à la question, on revient au débat qu'on avait tout à l'heure,
13:14des taxes sur le carburant.
13:16Bien sûr qu'elles existent ces taxes.
13:18Elles sont peu ou prou dans la moyenne de ce qui se fait à l'échelle de l'Union européenne.
13:22Mais nous sommes, je le redis, face à une responsabilité
13:25qui est aussi une responsabilité budgétaire.
13:29Et tenir un déficit à 5%, c'est permettre d'investir ensuite,
13:34notamment pour la transition énergétique,
13:36mais pour tous les services publics auxquels les Français sont attachés.
13:40Et ça doit aussi rentrer dans l'équation.
13:42On va en venir à la question des arrangements des partis,
13:44dénoncés par Emmanuel Macron.
13:45Mais un dernier mot concernant la guerre en Iran,
13:48on l'a appris cette nuit.
13:49Selon nos informations, 3 Français ont été arrêtés à Dubaï.
13:53Ils auraient été arrêtés pour avoir filmé des frappes iraniennes,
13:57ce qui est interdit par les autorités depuis le début du conflit.
14:01Est-ce que vous en savez plus ?
14:02Ce que je peux vous dire, c'est qu'ils bénéficient de la protection consulaire,
14:05que les quais d'Orsay est en lien avec eux, avec leurs avocats.
14:08Et donc nous suivons la situation avec la plus grande attention.
14:11Je n'ai pas de détails et de précisions, en revanche, à vous apporter sur le dossier.
14:14Emmanuel Macron dénonce des arrangements des partis avec des extrêmes,
14:20des deux bords qui demeurent, je cite, dangereux pour la République.
14:23Il pense à qui ?
14:24Écoutez, il y a de toute évidence une forme de, quoi qu'il en coûte, électorale
14:29pour des postes au détriment des valeurs et au détriment des engagements de chacun.
14:36On assiste depuis dimanche soir, lundi matin, depuis le début de ce second tour,
14:40un grand dérèglement politique.
14:44Et moi, je me mets à la place des Français, on nage dans la confusion la plus totale.
14:48Le Parti Socialiste, qui clamait ne pas avoir d'accord avec la France Insoumise,
14:54s'allie dans des dizaines de villes avec la France Insoumise,
14:59mentionnant un péril fasciste qui, en fait, concerne des maires centristes et de centres-droits.
15:05En parallèle, vous avez à Nice la candidate soutenue par EELV et le Parti Socialiste
15:10qui, elle, se maintient alors que l'allié, le principal allié de Marine Le Pen
15:17est en position de gagner la ville.
15:20Tout ça n'a aucun sens.
15:21Regardez ce qui se passe à Avignon.
15:23Le candidat socialiste se retrouve avec la France Insoumise
15:26sur une liste sur laquelle figure un collaborateur de Raphaël Arnault,
15:31dont on a beaucoup parlé sur vos antennes depuis plusieurs semaines.
15:35Dont deux collaborateurs au moins et l'un a été mis en examen.
15:40Et je crois que face à ça, on doit faire preuve de la plus grande clarté.
15:43Et donc moi, je veux commencer par remercier ceux qui, au Parti Socialiste,
15:47chez Les Républicains et évidemment dans le Bloc Central,
15:50ont fait preuve, encore une fois, d'une intransigeance totale et nécessaire sur les valeurs.
15:56Au PS, je pense à Raphaël Glucksmann, je pense à François Hollande,
15:58je pense à Jérôme Gage, je pense à M. Payan, je pense à M. Grégoire,
16:02chez Les Républicains, je pense à Michel Barnier, bien sûr,
16:05Gérard Larcher, Jean-François Copé et d'autres.
16:08C'est cette posture qu'on doit tenir.
16:09Je vois que vous ne citez pas Bruno Retailleau.
16:12Vous avez peut-être entendu qu'ici même, hier,
16:15il a parlé à propos de Nice d'une campagne délétère.
16:18Il refuse d'apporter officiellement son soutien à Christian Estrosi,
16:26sans pour autant appeler à voter Éric Ciotti.
16:27Mais il dit, c'est au Niçois désormais de choisir,
16:30parce qu'il reproche à Christian Estrosi, je cite,
16:32d'être coupable d'un appel à la gauche et au communautarisme.
16:36Comment vous avez réagi à ça ?
16:37Vous avez à Nice un candidat de droite républicaine
16:41qui est face à l'allié, au supplétif de Marine Le Pen.
16:45Il ne peut y avoir aucune hésitation possible.
16:48Je comprends que Bruno Retailleau a tenté de s'expliquer,
16:52de revenir ensuite sur ce qu'il a dit devant vous hier matin.
16:56On age encore une fois dans la plus grande confusion.
16:58Quand on a un parti républicain contre un parti extrême,
17:02qu'il soit d'extrême gauche ou d'extrême droite,
17:04il ne peut y avoir aucune hésitation possible.
17:08Vous n'avez pas d'État d'âme aussi à voter Rachida Dati à Paris ?
17:11Non, absolument pas.
17:14J'avais fait savoir que je la soutenais.
17:16Je pense que Paris a besoin d'alternance.
17:18Vous avez regardé le débat hier soir ?
17:19J'ai regardé une partie du débat qui a terminé très tard.
17:22Vous deviez vous lever tôt, moi-même aussi.
17:26Mais comment est-ce que vous avez vécu effectivement ce moment politique ?
17:29Écoutez, pour moi les choses à Paris sont assez simples et assez claires.
17:33Vous avez le successeur d'Anne Hidalgo,
17:37vous avez la candidate de la France Insoumise
17:39et vous avez une femme politique, Rachida Dati,
17:43qui incarne cette alternance portée par la droite et le centre.
17:46Je vais vous dire ce que fait Rachida Dati,
17:48qui a réussi à rassembler à Paris.
17:50Et moi j'en suis sincèrement extrêmement heureuse.
17:52C'est ce qu'il faudrait arriver à faire dans les 36 000 communes de France.
17:56parce que ce qu'on vit depuis ce début de semaine
17:59nous ramène aussi à la nécessité absolue
18:01de rassembler la droite et le centre
18:03dans les semaines, dans les mois et dans les années à venir.
18:06Et ça nous oblige également vis-à-vis de ce qu'on va vivre
18:09à la présidentielle et en 2027.
18:11Vous avez cité Raphaël Glucksmann.
18:13Ce matin, votre prédécesseur d'ailleurs au ministère de l'Énergie,
18:18Agnès Pannier-Runacher, lui tendait la main en quelque sorte.
18:20Elle disait, je l'appelle à quitter l'alliance avec le PS
18:22et à nous rejoindre.
18:23Est-ce que vous vous dites que Raphaël Glucksmann aurait sa place avec vous ?
18:26En tout cas, Raphaël Glucksmann fait indéniablement partie
18:29des responsables politiques avec qui l'on doit pouvoir discuter.
18:33Ma conviction, c'est que l'espace politique,
18:35la famille politique dans laquelle nous devons construire,
18:37c'est celle avec qui nous sommes au gouvernement,
18:39avec qui nous cheminons à l'Assemblée et au Sénat
18:41depuis maintenant deux ans.
18:42C'est cette grande famille de la droite et du centre.
18:44Et donc il faudra un candidat commun dès le premier tour en 2027.
18:47Merci Maude Bréjon, porte-parole du gouvernement,
18:49ministre déléguée en charge de l'Énergie.
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