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Mi-octobre, les salariés d’Ubisoft, l’éditeur français de jeux vidéo au succès mondial, ont entamé une grève, après l’annonce de l’entreprise d’imposer trois jours de présence au bureau par semaine. Cette année, en France comme à l'international, plusieurs sociétés sont revenues sur les accords de télétravail passés avec leurs employés.
Cet épisode de Code source est raconté par Charlotte Robinet, cheffe adjointe du service économie du Parisien.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Clémentine Spiler, Camille Ruiz, Clara Garnier-Amouroux et Clara Grouzis - Réalisation et mixage : Marec Panchot - Musiques : François Clos, Audio Network
Archives : France 24, RMC et France 3
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Cet épisode de Code source est raconté par Charlotte Robinet, cheffe adjointe du service économie du Parisien.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Clémentine Spiler, Camille Ruiz, Clara Garnier-Amouroux et Clara Grouzis - Réalisation et mixage : Marec Panchot - Musiques : François Clos, Audio Network
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NewsTranscription
00:02Bonjour, c'est Clémentine Spiller et vous écoutez CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Depuis un an, de grandes entreprises en France et à l'international sont revenus sur les accords de télétravail passés
00:18avec leurs employés.
00:19Mi-octobre, les salariés d'Ubisoft, l'éditeur français de jeux vidéo au succès mondial, ont entamé une grève de
00:26trois jours.
00:26Le chiffre n'est pas choisi au hasard, trois jours c'est aussi le temps minimum hebdomadaire qu'ils doivent
00:32désormais passer dans les locaux de l'entreprise selon une annonce de leur direction faite un mois plus tôt.
00:37Pour ces salariés habitués à des conditions de télétravail souples et à la carte, c'est la douche froide.
00:42Et ils ne sont pas les seuls à vivre cette désillusion.
00:45Depuis quelques mois, on observe un retour au travail sur place plus ou moins imposé, notamment dans les entreprises de
00:51la tech.
00:51Cette tendance va-t-elle se généraliser ? L'heure est-elle au grand retour au bureau ?
00:56Décryptage dans cet épisode de Code Source avec Charlotte Robinet, chef adjointe au service économie du Parisien.
01:07Le 17 septembre 2024, les 18 000 salariés d'Ubisoft découvrent dans leur boîte mail une annonce qui fait l
01:14'effet d'un choc.
01:15La direction leur demande de revenir au bureau chaque semaine.
01:19Charlotte Robinet, que dit ce mail exactement ?
01:22C'est un choc justement parce que tout est parti d'un mail.
01:25En fait, dans ce message envoyé aux 18 000 salariés dans le monde, donc 4 000 en France,
01:29la direction dit aux salariés qu'elle va leur imposer désormais de venir trois jours au bureau chaque semaine, minimum.
01:35Pour la salariée, c'est un coup dur d'apprendre cette décision de façon un peu désincarnée,
01:40par écrit et surtout de façon très subite,
01:42puisque l'annonce tombe du jour au lendemain sans qu'il y ait eu de véritables concertations au préalable.
01:48Les représentants du personnel nous disent qu'ils ont seulement été informés cette décision la veille en CSE,
01:53donc Comité Social et Économique.
01:55Très vite, les syndicats en interne ont lancé un appel à la grève du 15 au 17 octobre.
02:00C'est trois jours de grève pour trois jours de présence au bureau.
02:02C'est le moyen qu'ils ont choisi pour exprimer leur incompréhension.
02:06Quelles étaient les conditions de télétravail pour les salariés d'Ubisoft jusque-là ?
02:10Elles étaient assez généreuses.
02:12En fait, Ubisoft fait partie de ces entreprises qui, au moment du Covid, ont basculé de zéro télétravail
02:18ou presque à 100% de télétravail pour tout le monde.
02:21Ça s'est fait très vite dans de bonnes conditions, disent les employés.
02:25Et d'ailleurs, jusqu'à présent, ils avaient le sentiment que ça fonctionnait bien
02:28et d'autant plus que l'entreprise a fait perdurer cette politique très souple.
02:33Donc concrètement, jusqu'à présent, c'était un peu à la carte.
02:36Chacun pouvait s'organiser comme il le souhaite avec l'accord de son manager.
02:39Ça pouvait aller, selon les cas, de 60% de télétravail à 80, voire 100% de télétravail
02:46avec une grande flexibilité sur les jours de présence au bureau.
02:51Il y avait quand même eu quelques restrictions à partir du mois de janvier dernier
02:55dans certains studios, notamment en province,
02:58où il y avait de plus en plus de refus du 100% télétravail, donc quelques signes avant-coureurs.
03:04En quelques mots, quelle a été la trajectoire d'Ubisoft, ce géant du jeu vidéo français,
03:08et où en est l'entreprise aujourd'hui ?
03:10Ubisoft, c'est une très belle success story française.
03:14C'est l'histoire d'une petite entreprise familiale fondée en 1986 par les frères Guillemot,
03:19qui a commencé par distribuer des jeux vidéo avant très vite de devenir développeur et éditeur.
03:24C'est devenu un groupe mondial reconnu pour sa capacité d'innovation,
03:28avec 45 studios partout dans le monde.
03:30C'est un peu avant le Covid, fin 2019, qu'elle connaît ses premières difficultés,
03:34avec les premiers échecs d'un volet de sa licence Tom Clancy,
03:39des accusations de harcèlement sexuel à l'encontre de certains de ses cats qui entament sa réputation,
03:44et puis la plus récemment des ventes décevantes, notamment de son dernier jeu Star Wars,
03:49avec des résultats financiers à peine, un cours de bourse qui dégringole et des rumeurs de rachats.
03:54Du point de vue des employés, le retour imposé au bureau s'inscrit donc dans un contexte déjà assez anxiogène.
04:01En fait, les salariés savent que leur entreprise traverse une mauvaise passe,
04:04mais ils ont le sentiment que la direction reporte la faute entièrement sur eux,
04:08et que le retour au bureau est une forme de punition qui leur est imposée.
04:15L'annonce d'Ubisoft confirme une tendance qui a débuté depuis plusieurs mois déjà,
04:20et pour bien la comprendre, il faut revenir là où tout a commencé.
04:23Pour 15 jours au moins, nos déplacements seront très fortement réunis.
04:28Depuis le début du confinement, la totalité des salariés a basculé sur le télétravail.
04:33Ce consultant informatique n'a quasiment pas mis les pieds dans ses anciens locaux.
04:37Le télétravail est encouragé.
04:40Mars 2020, pandémie mondiale, une grande partie du monde se trouve à l'arrêt pour un temps indéfini.
04:46Les déplacements sont limités, il est recommandé d'éviter les lieux fermés.
04:50Charlotte Robinet, le travail au bureau devient impossible et les entreprises doivent trouver des solutions.
04:57Lesquelles ?
04:57Elles n'ont pas le choix parce qu'en mars 2020, le gouvernement appelle les entreprises à mettre en place
05:02du télétravail partout où c'est possible.
05:05A l'époque, le télétravail, c'est une pratique très peu répandue.
05:08C'était déjà une inspiration chez 61% des Français à l'époque qui voulaient en faire plus.
05:14Il y avait un petit frémissement parce qu'il y avait déjà une ordonnance de 2017 qui assouplissait le cadre
05:18juridique du télétravail et qui encourageait son recours.
05:21Mais ça ne concernait pas plus de 4-7% des salariés à l'époque.
05:25Mais en 2020, ce qui arrive, c'est que c'est une véritable révolution.
05:29Ça se fait dans l'urgence, très peu d'entreprises y sont préparées, les salariés n'ont pas d'équipement
05:34à domicile.
05:34Donc tout va très vite et à tel point que début 2021, on compte 27% de salariés qui pratiquent
05:41le télétravail.
05:43Il faut bien garder en tête qu'en France, il y a entre 50 et 70% des métiers qui
05:47ne sont pas télétravaillables.
05:49Donc il y a énormément de salariés, notamment les plus précaires, qui ont continué à se rendre sur le lieu
05:53de travail pendant toute la pandémie.
05:57Le télétravail qui paraissait infaisable se révèle finalement très accessible.
06:02Concrètement, qu'est-ce qui change dans les habitudes de travail ?
06:06Ça se traduit par des choses très concrètes, comme l'exposition de ce qu'on appelle les visio,
06:09les visioconférences pour remplacer les réunions qui se tiennent sur Teams, Skype, Zoom, Google Meet.
06:15On voit aussi se développer beaucoup d'outils de communication pour remplacer les emails, comme Slack, les groupes WhatsApp.
06:22En fait, la technologie prend une place très importante, parfois même beaucoup trop importante,
06:26à tel point qu'on voit des salariés qui mettent en place des pauses café virtuelles
06:30pour compenser le manque d'interactions sociales et pour se retrouver autour de moments de déconnexion et d'échanges,
06:35comme autour d'une machine à café.
06:36Après les différents confinements et l'arrivée des vaccins contre le Covid-19,
06:41le gouvernement décide de lever les restrictions sanitaires dès la fin 2021.
06:46Est-ce que les salariés reviennent au bureau comme avant ?
06:49À l'époque, les états d'esprit varient beaucoup selon les salariés qu'on interroge.
06:52Il y a ceux qui sont très demandeurs de revenir au bureau et ceux, au contraire, qui y vont à
06:58reculons.
06:59Dans tous les cas, il y a des discussions qui s'enclenchent pour pérenniser cette pratique
07:03qui avait été instaurée un peu dans l'urgence.
07:06On parle désormais de mise en place de travail hybride,
07:09c'est-à-dire un mode de travail qui mixe le présentiel au bureau et le travail chez soi,
07:12souvent un ou deux jours par semaine.
07:14Et pour formaliser cette pratique, les entreprises peuvent choisir soit de passer par une charte,
07:20ce qui n'est pas très contraignant pour elles.
07:22En gros, il s'agit d'un mode d'emploi du télétravail qu'elles fixent un peu à leur guise
07:26et sur lequel elles peuvent revenir quand elles le souhaitent.
07:28C'est le voilà qu'a choisi Ubisoft.
07:31Elles peuvent aussi décider de passer par la signature d'un accord collectif négocié avec les partenaires sociaux.
07:37Et c'est la voie que choisissent beaucoup de grandes entreprises.
07:39L'entreprise, dès 2020, on voit le nombre de ces accords qui explosent,
07:43puisqu'on en compte plus de 4000 en 2021.
07:45C'est dix fois plus qu'en 2017.
07:48Et comment elles se déroulent, ces discussions entre les directions et les représentants du personnel ?
07:52Quand l'entreprise choisit de mettre en place un accord de télétravail,
07:55elle doit effectivement organiser une négociation entre la direction,
07:58les représentants du personnel, les syndicats.
08:01L'objectif est de définir le nombre de jours de travail autorisés.
08:04Mais à ce moment-là, les discussions les plus houleuses en entreprise,
08:08elles ne portent pas tellement sur le nombre de jours accordés,
08:10mais plutôt sur les conditions,
08:12et notamment sur les indemnités pour compenser les dépenses faites à domicile,
08:16de chauffage, d'électricité,
08:18qui explosent quand on télétravaille de chez soi.
08:22Il y a des règles qui se sont fixées à ce moment-là.
08:24Par exemple, dans la fonction publique,
08:26les agents ont droit à une indemnité de 2,88 euros par jour de télétravail
08:30pour compenser ces frais.
08:33Globalement, Charlotte Robinet,
08:34est-ce qu'on peut dire que les employeurs sont enthousiastes
08:37à l'idée de généraliser le télétravail ?
08:40Oui, tout à fait.
08:41Il y a un véritable élan.
08:42Il y a une adhésion de nombreuses entreprises
08:44qui sont bien conscientes des avantages que comporte cette pratique.
08:47D'abord, l'économie repart.
08:50Il y a une grande pénurie de main-d'œuvre et de talent.
08:53Beaucoup d'employeurs comprennent qu'ils ont intérêt
08:55à mettre en place une politique de télétravail
08:56pour attirer les salariés.
08:58C'est un progrès social.
08:59Elles savent que les employés sont demandeurs,
09:01qu'ils sont plus épanouis,
09:02donc plus productifs en travaillant en partie à domicile,
09:05que c'est bon aussi pour leur image à elles
09:07de montrer qu'elles prennent en compte
09:09l'équilibre vie professionnelle-vie privée.
09:12Au passage, ça leur permet aussi de faire des économies
09:14puisque un certain nombre d'entre elles
09:16ont décidé de libérer de l'espace
09:17en réduisant leur superficie de bureau.
09:19Bref, elles y trouvent aussi leur compte.
09:23Certaines entreprises vont très loin,
09:24notamment dans la tech,
09:26comme l'entreprise américaine Yelp,
09:27qui en 2022 a choisi le full remote,
09:30le télétravail total pour ses 4 400 employés
09:33et a vendu tous ses locaux.
09:36Est-ce vraiment une tendance globale ?
09:38C'est surtout vrai dans les pays anglo-saxons
09:40où le télétravail à temps plein
09:41a été fortement encouragé.
09:43Dans les entreprises françaises,
09:45certaines aussi sont allées loin.
09:47On peut citer par exemple l'exemple de Troops.
09:49C'est une entreprise d'édition de logiciels RH à Lyon
09:52qui a mis ses salariés en 100% télétravail.
09:55Il y a aussi le cas d'Alan,
09:57une mutuelle santé digitale
09:59où les 300 salariés
10:01pouvaient choisir leur lieu de travail
10:02avec une seule réunion mensuelle
10:04obligatoire sur site.
10:06Mais ces cas restent très rares.
10:08La plupart du temps,
10:09les entreprises sont restées sur un rythme
10:11de 1, 2, voire 3 jours maximum
10:13de télétravail par semaine.
10:18Et pourtant, à l'automne 2023,
10:20il y a un premier revirement
10:22qui vient des Etats-Unis.
10:24Oui, il y a certains patrons emblématiques
10:26qui font entendre un son de cloche
10:28un peu différent.
10:28Il y a par exemple le patron de Meta,
10:30l'ex-Facebook, Mark Zuckerberg,
10:32qui est un des premiers à s'exprimer,
10:34qui ne prend pas de pincettes,
10:36qui évoque carrément le manque
10:37de performance de ses employés.
10:39Il dit qu'il a constaté chez lui
10:41que les ingénieurs qui ont travaillé
10:43en présentiel ont obtenu
10:44de meilleurs résultats en moyenne
10:46que ceux qui ont travaillé à distance.
10:48Donc c'est assis inattendu
10:49de la part d'un patron de la tech.
10:50Et dans la foulée, on lit aussi
10:53les déclarations d'autres patrons
10:54comme ceux d'Amazon, de Starbucks,
10:56d'Apple, de Disney, de Tesla,
10:59et aussi de Zoom,
11:00l'entreprise qui conçoit
11:01les outils de visio conférence,
11:03ce qui est assez ironique.
11:05Ce revirement, on l'observe aussi en France
11:07avec le patron de Publicis,
11:09Arthur Sadoun,
11:10qui jette un pavé dans la mare
11:11à l'automne 2023
11:12en demandant à ses salariés
11:13de revenir au bureau.
11:15Sa déclaration faite dans les médias
11:17a fait couler beaucoup d'encre
11:18parce qu'il avait longtemps mis en avant
11:19le fait d'avoir une politique
11:21de télétravail très souple
11:22avec la possibilité notamment
11:24de télétravailler six semaines par an
11:26de n'importe où dans le monde.
11:27Cette fois, il pose des contraintes
11:29assez strictes
11:30puisqu'il annonce que ses employés
11:31devront revenir trois jours
11:32par semaine en présentiel,
11:34qu'ils ne pourront pas télétravailler
11:36deux jours de suite,
11:36ni le lundi.
11:37Et tout ça est acté par un accord
11:39qui est renégocié avec les syndicats
11:41en fin d'année 2023.
11:43Quelles raisons sont invoquées
11:44par les employeurs
11:45pour justifier ce revirement ?
11:47Ils disent tous la même chose.
11:49En gros, c'est qu'on est beaucoup plus créatifs
11:52quand on est tous ensemble
11:53dans la même pièce,
11:54qu'on peut échanger des idées,
11:55avoir des discussions
11:56de façon informelle,
11:58que ce soit dans une salle de réunion
11:59devant la machine à café.
12:01Arthur Sadoun, le patron de Publicis,
12:03a repris cette idée aussi
12:04en disant à ses salariés
12:05que toutes les boîtes qui innovent
12:07sont revenues au bureau.
12:08Ils sont très rares à évoquer
12:09des problèmes de productivité
12:11comme l'a fait Mark Zuckerberg
12:13aux États-Unis
12:13parce que très peu disposent
12:15de ces données.
12:16En général, au-delà de ces raisons,
12:18ils restent assez discrets
12:19sur les véritables motivations
12:21pour recadrer sur le télétravail.
12:24On peut comprendre
12:25qu'il y a une certaine crainte
12:26de leur part à s'exprimer
12:27quand il y a une attente forte
12:29des salariés sur le télétravail.
12:31Leur attractivité peut en pâtir,
12:34d'autant plus que c'est souvent
12:35le critère numéro 1
12:37qui est mis en avant maintenant
12:38par les candidats à un poste
12:40en entretien d'embauche,
12:42au même titre que le salaire,
12:43c'est quelle est votre politique
12:44de télétravail.
12:48Charlotte Robinet,
12:49pour Le Parisien,
12:50vous recueillez le témoignage
12:51de personnes rappelées au bureau
12:53par leur employeur
12:54alors qu'elles avaient profité
12:55du télétravail
12:56pour changer leur mode de vie.
12:58Quelles sont les conséquences
12:59concrètes pour elles ?
13:00Les personnes concernées
13:01le vivent comme une régression sociale.
13:03Elles sont conscientes
13:05d'avoir la chance
13:05de pouvoir télétravailler
13:06deux jours par semaine.
13:08Parfois, elles disent
13:08« On sait que dans d'autres métiers
13:10ou dans d'autres secteurs,
13:11ce n'est pas le cas
13:11et ça fait un peu
13:12bataille de privilégiés. »
13:14Mais ce qu'elles vivent mal,
13:15c'est d'avoir organisé
13:16leur vie privée,
13:17leur vie familiale
13:17en croyant qu'ils allaient pouvoir
13:19télétravailler de façon souple
13:20sur le long terme.
13:22Il y a cet employé parisien
13:24qui m'a dit
13:24« Moi, aujourd'hui,
13:25je gagne deux heures,
13:26deux heures et demie
13:27de transport chaque jour.
13:28Je peux davantage profiter
13:30de mes deux enfants. »
13:31Et puis,
13:32qui se sent aussi nettement
13:33plus productif
13:34quand il est chez lui.
13:35Il dit « Moi,
13:35dès que j'allume l'ordinateur,
13:37je commence à travailler. »
13:38Alors que quand je vais au bureau,
13:40entre le moment où je badge
13:41et celui où vraiment
13:42je me mets derrière l'écran,
13:43il peut se passer
13:44trois quarts d'heure.
13:45Il y a aussi une femme
13:46qui vit à 1h30
13:48de son lieu de travail
13:50en voiture
13:51qui aujourd'hui bénéficie
13:52de trois jours de télétravail.
13:54Elle vient au bureau
13:54deux jours par semaine
13:55et elle apprécie de le faire.
13:57Mais elle dit
13:57qu'un jour de plus au bureau,
13:59c'est trois heures de plus
14:00dans les transports
14:01sur une ligne en plus
14:02où il y a pas mal de problèmes.
14:04Sans train le soir,
14:05donc sans possibilité
14:05de rentrer tardivement.
14:07Et elle avait aménagé
14:08sa vie familiale
14:10de façon à pouvoir bénéficier
14:12de ces trois jours
14:13de télétravail.
14:16À la rentrée 2024,
14:18c'est au tour du PDG
14:19de l'entreprise américaine
14:20Amazon
14:20de déclarer sa volonté
14:22d'enterrer
14:23le travail à distance.
14:24Charlotte Robinet,
14:25quelles sont
14:26les nouvelles mesures annoncées ?
14:27Amazon a opté
14:28pour une annonce radicale
14:30puisqu'elle a décidé
14:31de faire revenir
14:31tout le monde sur site
14:32tous les jours.
14:33Donc ça veut dire supprimer
14:34totalement le télétravail.
14:36Ça ne concerne pas
14:37tous les salariés
14:38car chez Amazon,
14:39il y a beaucoup d'employés
14:41qui travaillent dans les entrepôts
14:42et qui sont donc obligés
14:43de venir sur place
14:43tous les jours.
14:44Mais pour ceux
14:45qui sont concernés,
14:46comme les employés administratifs,
14:48il n'y aura plus de possibilité
14:49d'être à distance.
14:51Est-ce que cette décision
14:52concernera aussi
14:53les salariés en France ?
14:55Pour l'instant,
14:55c'est très flou
14:56et ils n'ont pas
14:58de réponse à cette question.
14:59Les salariés
15:00sont protégés
15:01par un accord
15:01à durée indéterminée
15:02qui a été signé
15:03en 2021
15:04et qui accordent
15:05jusqu'à trois jours
15:05de télétravail par semaine.
15:07Ce que nous disent
15:08les syndicats,
15:09c'est qu'on a interrogé
15:10la direction en septembre,
15:11elle nous a dit
15:12que s'ils dénonçaient
15:13cet accord,
15:14on serait les premiers
15:14informés
15:15et depuis rien.
15:16Donc ils me disent
15:17qu'en France,
15:18les salariés d'Amazon
15:19ne seront pas concernés
15:19par cette décision.
15:20On en revient
15:21à ce que l'on évoquait
15:22au début de cet épisode.
15:24Le lendemain
15:24de l'annonce d'Amazon,
15:26Ubisoft lui emboîte le pas
15:27et annonce la fin
15:28du télétravail
15:29pour ses salariés.
15:30Que se passe-t-il ensuite ?
15:32Les syndicats
15:33avaient lancé
15:33un appel à la grève
15:34qui a eu lieu
15:35du 15 au 17 d'octobre
15:36et qui a été assez suivi
15:37puisque selon
15:38le syndicat
15:39des travailleurs
15:40du jeu vidéo,
15:41le STJV,
15:42elle a mobilisé
15:431000 personnes
15:43sur trois jours
15:44sur toute la France.
15:45Donc c'est le quart
15:46de l'effectif
15:47du groupe en France.
15:48La grève a aussi eu
15:49un retentissement
15:50à l'étranger
15:50puisqu'elle a atteint
15:51le studio de Milan
15:52le jeudi.
15:54Dans la foulée,
15:55comme prévu,
15:56il y a eu
15:56une première réunion
15:57avec la direction
15:58pour fixer
15:59le calendrier
16:00des négociations
16:01qu'ils espèrent boucler
16:02d'ici la fin de l'année.
16:03Pour l'instant,
16:04les salariés
16:05n'en savent pas plus.
16:07Mais ils se sentent
16:08quand même revigorés
16:09par la mobilisation
16:11dans une industrie
16:12qui est traditionnellement
16:13assez dépolitisée
16:14et désyndicalisée.
16:17Pourtant,
16:18même si certaines entreprises
16:19font marche arrière,
16:20c'est loin d'être
16:21la fin du télétravail
16:22en France.
16:22En tout cas,
16:23ce qui est sûr,
16:24c'est qu'il n'y a pas
16:24de grandes vagues massives
16:26de retour sur le télétravail.
16:27Les entreprises
16:28n'envisagent pas
16:28de supprimer
16:29cette nouvelle organisation.
16:31On voit qu'elle
16:32l'encadre un peu plus,
16:33un peu mieux,
16:34qu'elle la régule
16:35avec un nombre de jours
16:37un peu plus restreint
16:38qu'avant.
16:38Mais il n'y a pas
16:39de grand retour
16:40en arrière
16:41sur le télétravail.
16:46Merci à Charlotte Robinet,
16:47chef adjointe
16:48au service économie
16:49du Parisien.
16:50Cet épisode a été produit
16:51par Clara Garnier-Amourou
16:53et Camille Ruiz,
16:54réalisation Marek Pancho.
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17:15Damien Delsony.
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