Le régime de Bachar al-Assad, installé au pouvoir depuis 24 ans, est tombé en seulement deux semaines. Retour sur l’ascension du chef de la rebellion armée, Abou Mohammed al-Jolani, ancien chef d’Al-Qaïda en Syrie. Code source fait le point avec Thomas Pierret, spécialiste de l’islam sunnite et de la Syrie et chargé de recherche à l’IRéMAM, Institut de recherches et d'études sur le monde arabe et musulman.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Raphaël Pueyo et Pénélope Gualchierotti - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network
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NewsTranscription
00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Le dimanche 8 décembre, Bachar el-Assad, le président syrien, a fui son pays pour se réfugier en Russie avec
00:18son épouse.
00:19Après une guerre civile de 13 ans qui a fait plus de 500 000 morts, Bachar el-Assad a été
00:24chassé du pouvoir en moins de deux semaines par une rébellion armée.
00:27Le chef de cette rébellion, Abu Mohamed al-Joulani, est un ancien djihadiste, fondateur d'un mouvement terroriste, Jabhat al
00:34-Nosra, le Front al-Nosra.
00:36Il a ensuite pris ses distances avec le terrorisme à partir de 2016 et il se présente maintenant comme un
00:42homme politique.
00:43Qui est le nouvel homme fort de la Syrie ? Quel a été son parcours ?
00:47Pour répondre à cette question, nous avons un invité, aujourd'hui dans Codesources, l'un des meilleurs spécialistes français de
00:53la Syrie, Thomas Pierret,
00:54auteur notamment de Basse et Islam en Syrie, le parti Basse qui était le parti de Bachar el-Assad.
01:05Thomas Pierret, un mot sur vous, vous êtes spécialiste de l'islam sunnite et de la Syrie, vous êtes chargé
01:10de recherche à l'IREMAM,
01:12l'institut de recherche et d'études sur le monde arabe et musulman basé à Aix-en-Provence.
01:17Pourquoi est-ce que vous aimez autant la Syrie ? C'est un beau pays ?
01:20C'est un pays magnifique évidemment, d'une extrême richesse, je dirais à la fois humaine, patrimoniale.
01:26Les deux villes les plus anciennes continuellement habitées, donc Damas et Alep qui sont des villes continuellement habitées depuis 7
01:34ou 8000 ans,
01:35avec des strates d'histoire qui sont visibles.
01:38Je veux dire, si vous allez à la mosquée des Oméades de Damas, vous avez les restes du temple romain
01:43de Jupiter
01:45qui ont été utilisés après pour construire une basilique byzantine puis une mosquée Oméade et tout ça est agencé un
01:50peu comme quand on va à Rome
01:51où on a des églises baroques construites sur des restes de temples romains.
01:56Alors bon, moi évidemment j'ai en plus une passion pour l'histoire, donc évidemment tout ça me parlait beaucoup.
02:03Alors on a choisi de commencer ce podcast sur Abou Mohamed Aljoulani le vendredi 6 décembre.
02:09Ce jour-là, il est interrogé par la chaîne internationale d'information CNN.
02:13Que dit-il en résumé ?
02:16Ce n'est pas la première fois qu'il parle à des médias américains.
02:19Il avait fait il y a trois ans notamment un entretien très remarqué avec la télévision PBS
02:24où il était apparu d'ailleurs très bien habillé en costume de ville à entrée.
02:29Donc on est toujours dans cette opération de respectabilisation, de dédiabolisation.
02:35Évidemment il se veut rassurant, il s'adresse à travers CNN bien sûr, il s'adresse aux Etats-Unis et
02:40il veut montrer pas de blanche.
02:41Il parle de la question des communautés, il dit nous ne voulons pas faire disparaître les autres communautés religieuses.
02:47Lui bien sûr il représente une rébellion qui est composée de combattants sunnites, musulmans sunnites
02:53qui correspondent à l'immense majorité de la population syrienne.
02:57On doit être aux alentours de 80% de la population.
03:00Et son message est de dire que ce n'est pas parce que nous allons prendre le pouvoir
03:05que nous allons supprimer les autres communautés religieuses minoritaires,
03:09que ce soit les chrétiens, puisqu'évidemment il sait que dans les pays occidentaux il y a un intérêt particulier
03:15pour les chrétiens.
03:16Mais là, dans l'entretien avec CNN, il y avait aussi un message qui concernait aussi et peut-être surtout
03:22la communauté alawite.
03:23Donc cette communauté qui représente peut-être aujourd'hui 7 à 8% de la population syrienne,
03:27dont est issue la famille Assad et la quasi-totalité des hauts-gradés de l'armée syrienne.
03:33Et bien sûr quand Al-Jolani parle à CNN et se veut rassurant sur cette question,
03:37c'est évidemment à ce qu'on pense, c'est au fait qu'il ne va pas chercher à se
03:41venger de manière indiscriminée
03:44contre une communauté ou une autre.
03:49Avant de revenir sur cette journée et sur ce qu'il s'est passé ensuite,
03:52on va d'abord présenter Abu Mohamed Al-Jolani.
03:55Son nom de naissance c'est Ahmed Al-Shara.
03:57Il est né en 1982 à Riyad en Arabie Saoudite.
04:01Dans quel milieu est-ce qu'il grandit ?
04:02Dans un milieu plutôt aisé et éduqué.
04:06Un père économiste, comme souvent les enfants de milieu éduqué,
04:10lui-même a un excellent niveau scolaire puisqu'il va l'amener, d'après ce qu'on sait, à la
04:14faculté de médecine.
04:16Et que la faculté de médecine en Syrie, que seuls les élèves avec les meilleures notes à la fin du
04:20lycée
04:21sont autorisés à entrer en faculté de médecine.
04:23C'est vraiment l'élite des lycéens qui est admise en médecine.
04:26Il expliquera plus tard qu'il s'est radicalisé quand il avait 17 ou 18 ans en 2000.
04:31À quel moment donc ?
04:322000 c'est le début d'une période de grande tension régionale.
04:352000 spécifiquement, c'est le début de la seconde intifada, le second soulèvement palestinien.
04:41Le soulèvement palestinien, sa répression et toutes les violences qui vont ensanglanter les territoires palestiniens
04:47dans les années suivantes vont susciter une grande émotion à travers la région,
04:50que ce soit en Syrie, en Jordanie, en Égypte.
04:53Parmi ceux-ci, certains qui vont effectivement passer de l'émotion à une forme de radicalisation,
04:59sachant que le début de l'intifada, du soulèvement palestinien,
05:02se produit environ un an avant les attentats du 11 septembre
05:05qui vont amener à l'avant-plan Al-Qaïda, l'organisation djihadiste,
05:09dans laquelle un certain nombre de jeunes de la région vont voir une réponse à leur colère.
05:15Puis on a cet enchaînement d'événements puisqu'on a, dans la foulée des attentats du 11 septembre
05:20et dans le cadre de la riposte américaine à ce qui se passe en 2001 à New York et Washington,
05:24l'invasion de l'Irak qui va être une nouvelle étape, bien sûr,
05:28dans la radicalisation d'Abou Mohamed Al-Joulani.
05:32Le choc et l'effroi, c'est le nom de l'offensive américaine,
05:36c'est aussi la réalité sur Bagdad depuis l'attaque d'hier soir.
05:41Et justement après l'invasion américaine de l'Irak en 2003,
05:44Abou Mohamed Al-Joulani part combattre dans ce pays, voisin de la Syrie,
05:48avec Al-Qaïda aux côtés du terroriste Abou Moussa Balzarkawi,
05:53le chef d'Al-Qaïda en Irak.
05:54C'est une histoire complexe, c'est-à-dire qu'Abou Moussa Balzarkawi,
05:57à la base, n'est pas un membre d'Al-Qaïda,
05:58c'est quelqu'un qui avait ses propres camps d'entraînement en Irak,
06:01même sa propre organisation, qui s'appelait El-Tawheed ou El-Djihad,
06:04l'unicité divine et djihad,
06:06qui s'est réfugié en Irak avant l'invasion américaine,
06:11puisqu'il était en Afghanistan et qu'en 2001,
06:14suite aux attentats de New York et Washington,
06:16les Américains occupent l'Afghanistan,
06:19lui s'enfuit et va se réfugier dans le nord de l'Irak,
06:22dans le Kurdistan irakien,
06:24et en particulier dans une région montagneuse
06:26qui n'est pas réellement gouvernée par qui que ce soit,
06:27donc c'est la raison pour laquelle il décide de s'y installer.
06:30Et en 2004, on est un an après l'invasion américaine,
06:34l'organisation d'Al-Qaïda fait allégeance à Al-Qaïda,
06:36donc à Oussama Bin Laden,
06:37et devient Al-Qaïda en Mésopotamie.
06:41Et donc c'est à cette organisation que se rallie Abou Mohamed Al-Joulani.
06:46Abou Mohamed Al-Joulani rejoint donc les rangs d'Al-Qaïda en Irak,
06:49mais ensuite il est fait prisonnier par les Américains.
06:52Il est détenu pendant au moins plusieurs années
06:55dans une prison tenue par les Américains en Irak,
06:58la plus célèbre étant Abou Ghraib.
07:00Mais vous tenez à rester prudent sur cette période ?
07:04Le problème est qu'il y a plusieurs versions qui circulent.
07:06Il y en a qui le voient prisonnier à la prison d'Al-Bou Ghraib,
07:09d'autres à la prison de Kambou Ka,
07:10qui semble-t-il la version correcte.
07:13La durée évoquée va de cinq ans à un an ou deux.
07:16Ces prisons, évidemment, vont mettre en contact
07:18des gens de régions différentes, de pays différents, même.
07:21Elles favorisent la création de réseaux djihadistes.
07:23On a vu d'ailleurs la même chose en Syrie,
07:25c'est-à-dire même à Sayinaya.
07:27On sait que ces prisons ont été des incubateurs, en réalité.
07:30Beaucoup plus que des endroits où ces détenus
07:32auraient pu se déradicaliser, en réalité.
07:34Ils ont densifié leurs réseaux,
07:36qu'ils ont pu mettre à profit par la suite
07:38pour développer leurs organisations.
07:42Les révoltes dans la région ont également poussé
07:45les Syriens dans la rue.
07:47Une mobilisation loin des caméras,
07:49dans un pays verrouillé.
07:50En 2011, une révolution débute en Syrie.
07:53Révolution qui est réprimée dans le sang
07:55par le leader syrien, Bachar el-Assad.
07:58Abou Mohamed Al-Joulani a retrouvé sa liberté.
08:01À ce moment-là, il part dans son pays d'origine pour se battre.
08:06En 2006, Al-Qaïda en Irak a pris le nom d'État islamique en Irak.
08:11Abou Mohamed Al-Joulani est dépêché en Syrie
08:13pour créer une filiale,
08:14mais qui ne va pas opérer sous le nom de l'État islamique en Irak,
08:18mais sous le nom d'une nouvelle organisation mystérieuse au début,
08:22Jabhat al-Nusra, le Front du Soutien,
08:24qui, quand elle annonce sa création en janvier 2012,
08:27ne fait référence à aucune espèce d'affiliation extérieure.
08:30Alors, on soupçonne très vite qu'elle est liée à la mouvance Al-Qaïda au sens large.
08:36Mais ce qui est intéressant, c'est qu'à ce moment-là,
08:38l'État islamique en Irak cherche absolument à cacher les liens
08:41qui pourraient la lier à cette organisation.
08:44En France, c'est ce qu'on appelle le Front Al-Nusra.
08:47Et effectivement, il y a des liens qui vont être révélés ensuite.
08:49Oui, en fait, ils vont d'abord être révélés parce qu'en 2013,
08:53l'État islamique en Irak, qui est mécontent des politiques de Jolani,
08:58grosso modo, il estime que Jolani est trop indépendant
09:01et qu'il, notamment, il fait des alliances avec des groupes rebelles
09:06qui ne sont pas idéologiquement alignés sur ni Al-Qaïda, ni l'État islamique,
09:10on va dire des groupes non djihadistes,
09:12pour certains, même proches des frères musulmans, etc.
09:15Et en avril 2013, Abu Bakr al-Baghdadi affirme que
09:19Jabhat al-Nusra n'a jamais été qu'une filiale de l'État islamique en Irak,
09:24que sa franchise est révoquée
09:26et qu'il n'y a désormais plus qu'une seule organisation
09:29qui opère des deux côtés de la frontière,
09:31c'est l'État islamique en Irak et au Cham.
09:34Mais lui, donc, Abu Mohamed Al-Jolani, comment il réagit face à ça ?
09:37Il refuse. Il dit non, non, moi je vais continuer sous le nom de Jabhat al-Nusra,
09:41je garde mon indépendance.
09:42Et le divorce est compliqué parce que
09:44le commandement central d'Al-Qaïda,
09:46qui se trouve entre le Pakistan et l'Afghanistan,
09:50donc à l'époque, on n'a plus Bin Laden,
09:51mais Ayman al-Zawahiri,
09:53puisque Bin Laden a été assassiné par les Américains en 2011,
09:56Zawahiri soutient Al-Jolani en disant
09:59« Mais en fait Al-Jolani a raison,
10:00il vaut mieux qu'il y ait une organisation irakienne
10:02et une organisation syrienne. »
10:05Donc il va prendre parti pour Al-Jolani
10:06et Al-Jolani, lui, cette fois-là, lui prête directement allégeance.
10:09C'est-à-dire qu'il court circuit de l'État islamique en Irak,
10:12il ne reconnaît plus aucune autorité,
10:14il va faire directement allégeance à Zawahiri.
10:16Et c'est là que le front Al-Nusra va devenir
10:20officiellement la branche syrienne d'Al-Qaïda.
10:24A partir de 2014, les terroristes de l'État islamique
10:27fondent une sorte d'État non reconnu
10:30par l'immense majorité de la communauté internationale
10:32sur une partie de l'Irak et de la Syrie.
10:34Abou Mohamed Al-Jolani et donc son mouvement,
10:37Jabhat Al-Nusra, le front Al-Nusra,
10:39ils ont quel rôle dans cet État islamique ?
10:41Aucun, parce qu'ils sont en guerre contre l'État islamique.
10:44Al-Nusra contrôlait pas mal de puits de pétrole dans l'est de la Syrie,
10:48donc dans les régions qui sont aujourd'hui contrôlées
10:50par des combattants kurdes.
10:51C'était une partie importante de ces revenus.
10:54Ces régions vont être prises par l'État islamique,
10:56donc vont priver le front Al-Nusra de ces revenus.
10:59Ils vont aussi le priver d'une grande partie de ces combattants,
11:02puisque une partie importante des combattants,
11:04notamment des combattants étrangers qui se trouvent en Syrie,
11:08vont quitter Al-Nusra et rejoindre l'État islamique.
11:12Donc c'est une traversée du désert, si j'ose dire, pour Al-Nusra.
11:15Il y a des combats aussi, des combats très très violents
11:17entre les deux organisations.
11:19La première réaction d'Al-Jolani, ça va être de faire de la surenchère,
11:22c'est-à-dire pour essayer de garder un maximum de combattants,
11:26parce qu'il y a dans les milieux djihadistes,
11:28évidemment à l'époque, une fascination pour ce qu'est en train de faire l'État islamique,
11:32puisqu'il a l'air invincible, il est en train de prendre la moitié de l'Irak,
11:37l'immense ville de Mossoul, la moitié de la Syrie,
11:40donc on a l'impression que rien ne va les arrêter.
11:43Évidemment, beaucoup de djihadistes se disent qu'ils vont monter dans le train
11:45qui avancent le plus vite. Pour garder ce qu'il peut garder de combattants,
11:49à l'époque, Jolani va jouer d'abord la carte de la radicalisation.
11:52Il va, par exemple, faire courir le bruit qu'il va proclamer un Émirat.
11:57C'est moins bien qu'un califat,
11:59parce qu'un califat, c'est censé être une autorité
12:01qui s'étend sur tous les musulmans du monde,
12:03alors qu'un Émirat est juste une entité territoriale.
12:05Il y a aussi une période, à ce moment-là, de radicalisation,
12:08au sens où on va avoir, par exemple, des exécutions publiques
12:11pour des faits de mœurs, comme ce qu'a fait l'État islamique,
12:14avec cette mise en scène de la violence,
12:16de l'imposition d'un ordre islamique extrêmement rigoriste et violent.
12:21Pendant un an, un an et demi, deux ans,
12:24Nusra va faire ce genre de choses,
12:26s'engager dans une surenchère pour essayer de faire pièce
12:30à l'État islamique.
12:34Donc Abou Mohamed Al-Joulani combat l'État islamique en Irak et en Syrie,
12:39mais sa tête est mise à prix par les États-Unis,
12:4110 millions de dollars.
12:42En 2017, Abou Mohamed Al-Joulani crée une nouvelle organisation
12:46qui va succéder au front Al-Nusra,
12:48mouvement baptisé HTS pour Hayat Tahrir Al-Sham,
12:51qu'on pourrait traduire par
12:53« Instance de libération de la Syrie ».
12:55Qu'est-ce qui change par rapport à Al-Nusra ?
12:57Pas mal de choses.
12:59Il y a d'abord précisément une rupture de l'allégeance à Al-Qaïda
13:04qui va être progressive.
13:05C'est-à-dire qu'au début,
13:07Al-Joulani présente ça à Zawahiri comme un divorce à l'amiable,
13:11mais ça va évoluer vers une rupture beaucoup plus profonde.
13:15Concrètement, à ce moment-là,
13:16Mohamed Al-Joulani prend ses distances avec le terrorisme, c'est ça ?
13:19Oui, il le fait bien savoir au service de renseignements occidentaux
13:22que non seulement son organisation n'a qu'une ambition de ce type,
13:26mais qu'elle va faire en sorte que les gens qui sont basés à Idlib
13:29fassent d'eux-mêmes.
13:31Oui, parce qu'à cette période,
13:32le HTS prend progressivement le contrôle
13:34de la province d'Idlib en Syrie,
13:37dans le nord-ouest du pays.
13:38Il y a deux volets à cette prise de contrôle.
13:40Il y a un volet militaire
13:41qui consiste en une série d'affrontements
13:44avec d'autres groupes rebelles.
13:46Dans l'espace de deux ans,
13:47tous ces groupes vont être,
13:48alors pas complètement détruits,
13:50mais suffisamment affaiblis pour être,
13:52on va dire, vassalisés.
13:53Le deuxième volet de l'action d'HTS,
13:56ça va être de créer une administration civile
13:58qui s'appelle le gouvernement de salut syrien,
14:01qui est une espèce de gouvernement technocratique,
14:03alors contrôlé par HTS,
14:06mais qui, on va dire,
14:08constitué pour l'essentiel de figures
14:10qui n'appartiennent pas à HTS,
14:12qui est une manière pour HTS
14:13de se mettre en retrait
14:14et de ne pas faire apparaître
14:17la province d'Idlib
14:18comme une espèce de nouvel émirat djihadiste,
14:20parce qu'il n'y a pas forcément
14:22un grand appétit à cette époque-là
14:23pour une nouvelle expérience
14:25de gouvernance djihadiste pure et dure.
14:28Et donc, le calcul d'Al-Jolani,
14:30c'est que cette espèce d'administration civile
14:33qu'il va contrôler à distance,
14:35c'est un système plus flexible,
14:37en fait,
14:38où il ne va pas s'exposer directement non plus
14:40sur tous les plans,
14:41notamment sur la question
14:42de la gestion économique, etc.
14:43Et comment vivent les gens
14:46dans la province d'Idlib
14:47sous contrôle indirect ?
14:49Donc, on l'a compris, d'HTS.
14:51Si ce qui vous préoccupe,
14:53c'est une stabilité minimale,
14:54un niveau de sécurité minimale
14:56et des services,
14:57des infrastructures qui tournent
14:59au niveau de l'électricité,
15:00de l'eau, etc.,
15:01on vit sans doute un peu mieux à Idlib
15:04que dans le reste de la Syrie.
15:06Si ce qui vous préoccupe,
15:07c'est, par exemple,
15:09pour une femme,
15:09de pouvoir vous promener dans la rue
15:11sans porter le voile
15:12ou d'écouter de la musique
15:16à tue-tête,
15:17bon, là,
15:18c'est sans doute pas l'endroit.
15:20Il y avait sans doute
15:21davantage de liberté
15:23de ce point de vue
15:23dans les zones contrôlées
15:24par le régime.
15:26Vous l'avez dit,
15:27Hamou Mohamed Aljoulani
15:28a pris ses distances
15:30avec le terrorisme
15:31et il l'a signalé
15:32au service de renseignements occidentaux.
15:34Il a aussi changé
15:35son apparence physique.
15:36Effectivement,
15:37il y a eu une espèce
15:38de très longue transformation.
15:40Il fait sa première apparition
15:43télévisée,
15:44si je ne m'abuse,
15:44je crois,
15:45en 2013,
15:46mais masquée,
15:47presque filmée de dos.
15:49La première fois
15:49où il va montrer son visage,
15:51c'est en 2016,
15:52lorsqu'il annonce
15:53la rupture
15:54des liens avec Al-Qaïda.
15:56Il annonce,
15:57rompre les liens
15:57avec Al-Qaïda,
15:58mais en même temps,
15:59il a un look
15:59qui fait vraiment penser
16:00à celui de Bin Laden
16:01dans sa grotte en Afghanistan.
16:03Donc très militaire,
16:04turban blanc sur la tête.
16:05Il est encore en train
16:06quand même
16:06d'en appeler
16:07un imaginaire djihadiste.
16:09Et puis,
16:10il va petit à petit
16:11enlever le turban,
16:13mettre des casquettes militaires
16:14à la place
16:15et puis même,
16:16comme je l'expliquais,
16:17en 2021,
16:19donner cet entretien
16:20à la télévision américaine
16:21PBS en costume.
16:22On l'a vu beaucoup
16:23dans des tenues
16:24un peu,
16:24je dirais,
16:26militaro-sportives
16:27que certains ont comparées
16:28au look
16:29du président ukrainien Zelensky.
16:31C'est sans doute
16:32totalement volontaire
16:33et pas du tout un hasard.
16:35Je pense qu'il a sans doute
16:35des bons conseillers
16:36en communication
16:37et il a fait des vidéos courtes
16:39où il est avec son téléphone en main,
16:40où il s'adresse
16:41à tel dirigeant,
16:42etc.,
16:42qui sont copiés
16:43effectivement
16:43sur la communication
16:44de Zelensky.
16:49Le 7 octobre 2023,
16:50les islamistes palestiniens
16:52du Hamas
16:53lancent un raid meurtrier
16:55en Israël.
16:561160 personnes sont tuées,
16:58dont environ 800 civils.
17:00Israël lance une offensive massive
17:02en représailles à Gaza,
17:03des bombardements
17:04qui vont faire
17:05plus de 40 000 morts à Gaza,
17:07dont plus de 14 000 enfants,
17:08d'après le Hamas
17:09et l'UNICEF.
17:11Israël va également
17:12viser le Hezbollah,
17:13un mouvement basé au Liban
17:14et soutenu par l'Iran
17:16et par la Syrie.
17:18Thomas Pierret,
17:19la Syrie est en pleine
17:20guerre civile
17:20depuis 2011,
17:21guerre qui a fait
17:22plus de 500 000 morts.
17:24Qu'est-ce qui change
17:25à partir de là ?
17:26Alors, ça change d'abord
17:27la donne pour le régime syrien
17:28parce qu'en fait,
17:29c'était l'Iran
17:30qui maintenait à bout de bras
17:31le régime syrien en vie.
17:33Une énorme partie
17:34des hommes en armes
17:35en Syrie
17:35qui défendait le régime
17:37était directement payée
17:38par l'Iran.
17:39C'était des dizaines
17:39de milliers de combattants
17:40qui pouvaient être syriens
17:42mais qui étaient payés
17:43par l'Iran,
17:43commandés par l'Iran.
17:45Une fois que toute
17:45cette infrastructure
17:46s'effondre,
17:47en fait,
17:47il reste une armée syrienne
17:48qui est totalement exsangue,
17:50démoralisée,
17:51corrompue
17:53et El Jolani
17:54étant très bien informé
17:55parce qu'il a
17:56vraisemblablement
17:57des réseaux
17:57de renseignements.
17:59Ça aussi,
17:59c'est une dimension
18:00qu'on découvre maintenant,
18:01qu'on avait peut-être
18:01sous-estimée,
18:02mais avec à la fois
18:03une capacité de collecte
18:04de renseignements
18:05sur l'état de l'ennemi
18:07et d'infiltration
18:08aussi de l'état syrien,
18:10je pense,
18:11avec aussi une capacité
18:12à nouer des contacts
18:13à l'intérieur
18:14de l'état syrien
18:15qui s'est révélée
18:16tout à fait impressionnante.
18:17Et tout ça lui permet
18:18de comprendre sans doute
18:20qu'à la fin de l'année 2024,
18:22le fruit est mûr
18:23et qu'il ne demande
18:23qu'à tomber.
18:24Et on l'a beaucoup dit,
18:25la présence russe
18:26en Syrie est affaiblie
18:28à cause de la guerre
18:29en Ukraine.
18:29Il y avait deux grandes bases
18:31russes en Syrie.
18:32Est-ce qu'on sait
18:33ce qu'il se passe
18:34à l'automne
18:35ou au début du mois de novembre ?
18:36Est-ce qu'il y a
18:36un élément déclencheur
18:37à ce qu'il va suivre ?
18:38Il y a un élément déclencheur
18:40à court terme
18:40qui est très local,
18:41qui est que depuis
18:43quelques mois,
18:44les populations
18:45des régions situées
18:46le long de la ligne de front
18:47n'en peuvent plus
18:49du harcèlement
18:50mené par le régime
18:52au moyen de drones.
18:54Le régime utilise
18:55des petits drones,
18:56ce qu'on appelle
18:56des FPV,
18:57donc First Person View,
18:58ces drones qui sont
18:59très utilisés en Ukraine.
19:00L'opérateur du drone
19:01a une vision
19:02comme s'il était
19:03à l'intérieur du drone
19:03et qui va lui permettre
19:04de lancer le drone.
19:05Ce sont des drones suicides,
19:07donc avec une extrême
19:07précision et le régime
19:09va en faire une utilisation
19:10intensive contre
19:12toutes les personnes
19:13qui vivent et travaillent
19:15de l'autre côté
19:16de la ligne de front.
19:17Donc ça peut être
19:17des agriculteurs,
19:18ça peut être
19:19des transporteurs routiers
19:20et ça va paralyser
19:22la vie économique
19:23dans les régions
19:25de la ligne de front
19:26et créer une espèce
19:28de pression populaire
19:28en fait sur HTS
19:30pour que quelque chose
19:31soit fait militairement
19:31pour mettre fin
19:32à ces attaques.
19:34Le 27 novembre,
19:36le HTS d'Aljoulani
19:37lance une grande
19:39offensive militaire
19:39en Syrie.
19:40C'est présenté
19:41comme une opération
19:42qui doit mettre fin
19:42à ces attaques
19:43du régime
19:44et c'est pour ça
19:45que l'opération
19:45est présentée
19:46au début
19:46comme une opération
19:47avec des objectifs
19:48assez modestes
19:48en réalité
19:49qui est de repousser
19:50la ligne de front,
19:50de dissuader le régime
19:51de poursuivre ces agressions.
19:53Mais ça va très vite.
19:54Le HTS s'empare
19:54de plusieurs villes
19:56en quelques jours.
19:57Effectivement,
19:57c'est-à-dire que les défenses
19:59d'Alep s'effondrent
20:00dès la première journée
20:01et qu'au bout
20:03de quelques jours,
20:04HTS se rend compte
20:05qu'il peut entrer
20:06dans Alep,
20:06qu'il peut prendre la ville
20:08presque sans résistance
20:09avec quand même
20:12une vraie bataille
20:13qui va avoir lieu
20:14autour de la ville
20:15de Hama.
20:16Le régime a envoyé
20:18une de ses unités d'élite
20:19qui est la 25e division
20:21qui est réputée
20:23être capable
20:23de retourner
20:24les situations difficiles
20:25sauf que là,
20:25elle va se faire écraser.
20:27Et là,
20:27je pense que c'est un séisme
20:29parmi les forces du régime
20:30et ça explique pourquoi
20:31peut-être à partir
20:32de ce moment-là,
20:33plus personne ne croit
20:33que le régime
20:34va être capable
20:34de résister
20:35à l'avancée des rebelles.
20:39Et juste après
20:40la prise d'Alep,
20:40le mouvement HTS
20:41publie des communiqués
20:43pour essayer
20:43de rassurer
20:44les différentes communautés,
20:45notamment les minorités.
20:46Parce qu'à Alep,
20:47il y a en particulier
20:49deux minorités
20:49qui sont concernées,
20:50qui sont les chrétiens.
20:51Parce qu'Alep est historiquement
20:52une ville où il y a eu
20:52une minorité chrétienne
20:54significative.
20:55Donc,
20:55il s'agit de rassurer
20:56la population
20:56des quartiers chrétiens
20:58qui vont passer
20:58sous l'autorité
20:59de l'HTS.
21:01Et il y a également
21:02un grand quartier kurde,
21:03le quartier de Sherma,
21:04Sherma,
21:04Soud.
21:05Un problème plus épineux
21:06parce que là,
21:07il y a des défenseurs
21:08armés dans le quartier kurde
21:08à qui, à ma connaissance,
21:10ils sont toujours d'ailleurs.
21:11Mais il y a une volonté
21:12de la part d'HTS
21:13d'éviter de toute façon
21:15le conflit
21:16avec les Kurdes
21:16pour l'instant
21:17parce que sa priorité,
21:18c'est de foncer
21:19vers le sud,
21:20vers Damas.
21:23On en revient au début
21:24de cet épisode
21:25de Code Source.
21:26Thomas Pierret,
21:26le vendredi 6 décembre,
21:28quand Al Joulani
21:29répond à CNN,
21:30il est donc vraiment
21:32en position de force.
21:33Il est en position de force,
21:34effectivement,
21:35puisqu'il vient de vaincre
21:36une division du régime
21:36sur laquelle tout le monde,
21:37enfin tout le monde,
21:38du côté du régime,
21:39comptait pour arrêter
21:40les rebelles.
21:41Tout le monde a compris
21:42que d'abord que l'armée syrienne
21:44n'était plus en mesure
21:45de faire quoi que ce soit
21:46et on comprend assez vite
21:47que les parrains internationaux
21:49du régime Iran et Russie
21:51sont en train de le lâcher.
21:53Il y a vraisemblablement
21:54eu une négociation,
21:55donc le CET,
21:56entre HTS et l'Iran
21:58et la Russie
21:59et c'est à ce moment-là
22:01en fait que HTS obtient
22:02le lâchage final d'Assad
22:06par ses soutiens extérieurs.
22:12Le samedi 7 décembre,
22:14les rebelles syriens
22:15foncent sur Damas
22:16et il n'y a pas de résistance
22:17ou presque.
22:18Le lendemain,
22:19le dimanche 8,
22:20Bachar al-Assad
22:21et son épouse
22:21décollent de Damas
22:22direction la Russie
22:23de Vladimir Poutine,
22:24la Russie qui dit
22:25les accueillir
22:26pour des raisons humanitaires.
22:28Quelques heures plus tard,
22:29Abu Mohamed al-Joulani
22:30entre dans Damas,
22:32il y fait quoi ?
22:33Sa première visite,
22:34c'est la mosquée des Omeyades.
22:37C'est éminemment symbolique.
22:39Je veux dire,
22:39la mosquée des Omeyades,
22:41c'est depuis le 8e siècle
22:43le lieu de la rencontre
22:46du pouvoir religieux
22:47et du pouvoir politique.
22:48C'est le siège
22:49de l'Empire Omeyade
22:50qui est le premier
22:51et le plus grand empire
22:52de l'histoire de l'islam.
22:54Même à l'époque
22:55où HTS ne contrôlait
22:56qu'une partie
22:57de la province d'Ide Libre,
22:58même pas toute la province,
23:00l'iconographie officielle
23:02d'HTS incluait très fréquemment
23:04des images
23:05de la mosquée des Omeyades
23:06qui symbolisaient
23:07l'ambition nationale
23:09du mouvement.
23:10Entrer dans la mosquée
23:10des Omeyades,
23:11c'est une manière
23:12évidemment de matérialiser,
23:14de montrer que cette ambition
23:15s'est matérialisée.
23:16Abu Mohamed al-Joulani
23:17veut maintenant
23:18qu'on l'appelle
23:18par son nom de naissance
23:20Ahmed al-Shara.
23:21Pourquoi ?
23:21Parce que Abu Mohamed al-Joulani
23:23était un nom de guerre
23:25donc qu'il renvoyait
23:26à son passé
23:27de militant djihadiste
23:28puisque dans les groupes djihadistes
23:30il est coutume
23:30d'adopter ce type
23:32de surnom
23:33et qu'il veut maintenant
23:35être un homme d'État
23:36et un homme d'État
23:37ne se fait pas appeler
23:37par son nom de guerre
23:38mais par son vrai nom.
23:41Et Abu Mohamed al-Joulani,
23:43donc Ahmed al-Shara,
23:44il est vraiment un politique ?
23:46Il est assurément un politique.
23:48Alors être un politique
23:49ne veut pas dire
23:50qu'on est nécessairement
23:52modéré
23:53ou qu'on va le rester.
23:54ça, ça va dépendre
23:55des dynamiques politiques
23:56que je ne peux pas prévoir.
23:58Mais c'est un politique
23:59en tout cas
24:00quelqu'un d'extrêmement pragmatique
24:02et qui a montré
24:03dans sa carrière déjà
24:04qu'il était capable
24:05d'être pragmatique.
24:06Il était capable
24:07d'aller dans un sens
24:09et puis dans l'autre
24:10et puis de revenir
24:10dans un sens
24:11et de repartir dans l'autre
24:13selon l'intérêt du moment.
24:15Je pense que c'est ça
24:15la définition du politique.
24:17Est-ce que les Syriens
24:18doivent se méfier de lui ?
24:20On doit toujours se méfier
24:21d'un homme fort
24:22qui est trop fort.
24:23Toute la question,
24:24c'est d'arriver à bâtir
24:25des institutions
24:26où il y a des contrepoids.
24:28Il y a les ressources
24:29pour ça en Syrie
24:30et après,
24:31je veux dire,
24:32toute cette mobilisation
24:34de la population syrienne
24:36contre le régime
24:36pendant 14 ans,
24:37il est important
24:38que ça soit préservé
24:39justement
24:40pour qu'il y ait
24:40des contrepoids
24:41face au nouveau pouvoir.
24:58Merci Thomas Pierret,
24:59je rappelle que vous êtes
25:00spécialiste de l'islam sunnite
25:01et de la Syrie,
25:02chargé de recherche
25:03à l'IREMAM,
25:04institut de recherche
25:05et d'études
25:06sur le monde arabe
25:07et musulman
25:07à Aix-en-Provence.
25:09Cet épisode de Code Source
25:10a été produit par
25:11Raphaël Pueyo
25:12et Pénélope Gualkirotti,
25:14réalisation Pierre Chaffanjon.
25:16Code Source
25:16est le podcast quotidien
25:18d'actualité du Parisien.
25:19Nous publions un nouvel épisode
25:20chaque soir de la semaine
25:22du lundi au vendredi.
25:23Et puis n'oubliez pas
25:24Crime Story,
25:25chaque samedi,
25:26notre podcast consacré
25:27aux grandes affaires criminelles,
25:29disponible également
25:30sur toutes les plateformes audio.
25:31Sous-titrage Société Radio-Canada
25:33Sous-titrage Société Radio-Canada
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