- il y a 12 heures
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Eloy Spinnler raconte les abus qu’il a subi en cuisine alors qu’il était mineur. Aujourd’hui patron de restaurant, ce chef de 30 ans veut tout faire pour ne jamais reproduire ce qu’il a vécu.
Témoignage. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Clara Grouzis, Thibault Lambert et Anaïs Godard - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
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00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Plus de 200 000 abonnés sur YouTube, 270 000 sur Instagram,
00:16Eloise Pinler, 30 ans, est l'une des nouvelles figures de la gastronomie en France.
00:21Eloise Pinler s'est fait un nom avec ses deux restaurants à Paris,
00:24mais aussi plus récemment avec son combat contre les violences en cuisine,
00:29violences dont il a lui-même été victime quand il a commencé dans le métier encore adolescent.
00:34Dans Codesource, aujourd'hui, Eloise Pinler raconte ce qu'il a vu, ce qu'il a subi
00:38et ce qu'il fait pour essayer de changer les choses au micro de Pénélope Gualquierotti.
00:52Je rencontre Eloise Pinler dans l'un de ses deux restaurants, Colère, dans le 9e arrondissement de Paris.
00:57Il porte un jean et un t-shirt, pas sa veste de cuisine, ni son harnais pour couteau.
01:02Une large ceinture de cuir devenue son emblème dans ses vidéos sur les réseaux sociaux.
01:07Il semble assez réservé.
01:09Eloise a 30 ans. Il est né le 30 octobre 1994 à Chalons-sur-Saône, en Bourgogne.
01:15Mais il grandit en région parisienne où sa famille déménage quand il a 4 ans.
01:19Il est l'aîné de 3 enfants, séparant son cadre.
01:23Les saveurs qui le marquent, à cette période, viennent de sa grand-mère.
01:28Je pense que c'est le thé de ma grand-mère, qui était un peu le rituel quand on était
01:31chez nos grands-parents avec mon frère quand il était petit.
01:33C'est un mélange de Earl Grey, de Ruchan Earl Grey, je crois, avec du sucre.
01:38Mais c'était tout con.
01:39Mais c'est vraiment ma Madeleine de Proust.
01:41C'est vraiment le premier truc que je buvais le matin et j'avais vraiment hâte de me lever pour
01:45boire ça.
01:47Je suis resté assez matinal depuis.
01:48Ma grand-mère cuisinait aussi énormément, donc j'ai de jolis souvenirs de cuisine.
01:53Elle faisait une terrine de canard colvert qui était absolument exceptionnelle.
01:56Eloy fait son stage de 3e dans un petit restaurant en 2 sur N, à l'ouest de Paris.
02:01Mon premier stage quand j'étais en 3e m'a vraiment ouvert les yeux sur le fait que j'adorais
02:06l'action et j'adorais le principe du service.
02:08Pas forcément en salle, mais vraiment en cuisine, à préparer, à dresser les plats pour les clients.
02:14Il réalise qu'il veut devenir cuisinier.
02:16Il entre en bac professionnel à l'école de cuisine Ferrandi, à Paris, en 2008.
02:21C'est l'une des plus réputées en France.
02:23Il a seulement 13 ans à ce moment-là, car il a sauté une classe.
02:29L'année suivante, il entame un apprentissage au sein du restaurant bistronomique A&M, dans le 16e arrondissement de Paris.
02:35Ça ne s'est pas super bien passé.
02:36Ça a été vraiment le choc des cultures, on va dire.
02:40Parce que j'étais très jeune, j'étais littéralement un enfant.
02:43C'était une école un peu à la dure.
02:45Un chef japonais qui était en soi un grand professionnel au sens technique,
02:49qui avait fait de la cuisine française toute sa vie,
02:52mais qui n'avait pas forcément les armes manageriales pour mener une équipe.
02:56Les sous-chefs étaient constamment sous pression.
02:58Les sous-chefs rebalançaient parfois leur pression sur les apprentis ou les commis.
03:02Et je n'étais pas le seul à subir ça.
03:03Dès son premier jour au restaurant, l'ambiance est lourde et Éloi est sous pression.
03:08La première fois que je suis arrivé chez A&M, le premier matin, j'ai vomi.
03:11Mais je n'arrivais pas à exprimer pourquoi.
03:13Le premier cuisinier que j'ai croisé n'avait pas forcément un visage très avenant, on va dire.
03:18Et c'est assez impressionnant quand on a un enfant de d'avoir ses mines fermées, ses reproches constants.
03:23C'est presque un air menaçant parfois que beaucoup de jeunes ont vécu.
03:26L'affluence varie beaucoup d'un jour à l'autre.
03:28Pour Éloi, c'est ce qui entraîne les sottes d'humeur du chef,
03:31qui se répercute ensuite sur le reste de l'équipe.
03:33En se rendant au travail, il s'inquiète de savoir quelle sera l'ambiance en cuisine.
03:37J'étais terrorisé à l'idée d'aller travailler au restaurant.
03:41Il y avait des périodes où c'était beaucoup plus calme, beaucoup plus heureux.
03:44Et puis il y avait des membres de l'équipe qui étaient vraiment très sympas.
03:47Je me rappelle que je restais à toutes les coupures.
03:48J'allais me chercher un pot de glace à gandas au picard à côté.
03:50Puis je mangeais ça en regardant des vidéos ou en lisant un livre.
03:53Mais j'étais vraiment très dépendant de l'humeur du chef ou des équipes.
03:56Donc tantôt, c'était lui qui était très dur.
03:58Il y avait un peu ce côté punching ball, on va dire.
04:02Bouc émissaire.
04:02On a l'impression d'être bien.
04:03Et puis d'un coup, on voit qu'on fait une erreur.
04:06Et en plus de s'en vouloir, on dit, là, ça va me tomber dessus.
04:09Là, je vais entendre un bruit de mécontentement.
04:12Je vais entendre une remarque déplaisante.
04:16Je me rappelle d'un service qui se passe vraiment très mal, où je suis pas bien.
04:20Et avec beaucoup d'ironie, il me dit, Eloua, t'as fait vraiment un super service.
04:25Je me rappelle avoir dit du haut de mes 14 ans.
04:27Mais c'est super, chef.
04:28Vraiment, c'est vraiment très malin de me parler comme ça.
04:30Je t'ai parti.
04:32Les maltraitances s'accumulent et s'aggravent durant cette année d'apprentissage.
04:37Au bout de quelques temps, il est aussi victime de violences physiques et sexuelles.
04:42Je savais pas trop été la limite de l'acceptable, de ce qu'il fallait endurer,
04:45de ce qui était normal, de ce qu'il n'était pas.
04:47Je me suis fait empoigner par le col une fois.
04:49Je me suis menacé avec ce sous-chef qui était là auparavant et qui m'avait mis une olive.
04:54Une olive, c'est quand on insère à travers le pantalon un doigt dans un orifice.
05:00C'est un jeu très stupide à la base.
05:02C'est un jeu très stupide.
05:03Beaucoup de gens jouent à ça.
05:04La plupart du temps, quand on m'a violenté physiquement, j'ai souvent répondu.
05:09Parce que je suis pas trop d'un naturel à accepter ça.
05:14C'était pas forcément facile d'en parler parce qu'en fait, tous les élèves se faisaient un peu
05:18taper dessus, je fais des guillemets là-dessus, mais avaient des expériences en entreprise
05:23compliquées.
05:24Et il se passe un peu la même chose partout.
05:26J'ai pas le souvenir de personne qui ait vraiment changé d'alternance en cours de route.
05:32Eloi est plusieurs fois en arrêt maladie.
05:34Son médecin s'inquiète de voir qu'il est épuisé alors qu'il n'a que 15 ans.
05:39Je crois que le premier qui m'a vraiment mis la puce à l'oreille, c'est mon médecin.
05:43Parce que je me suis brûlé une fois, deux fois, puis au bout d'un moment, mon médecin
05:46m'a dit « tu peux pas retourner au travail ». Parce qu'on doit aller vite, parce qu'on
05:52ne met pas forcément le mouvement, on doit juste aller plus vite.
05:55« T'es trop lent, t'es trop lent, t'es trop lent, t'es trop lent ».
05:56Je me suis coupé, j'ai pris des points de suture, je suis revenu au travail le jour même.
06:01Un jour, typiquement, j'ai eu une vraie coupure et je pense que j'étais, je sais pas
06:06si on peut être en burn-out à 14 ans, j'imagine que oui.
06:09Mais je me voyais plus retourner dans le restaurant et donc il y a eu un rendez-vous
06:15avec mes parents et le chef, qui a été très dur puisque le chef à l'époque a dit
06:20que j'étais pas passionné du tout, etc.
06:21Mais encore une fois, je pense qu'il n'avait aucune arme manageriale pour faire mieux
06:26finalement.
06:28Éloin en parle à son professeur principal.
06:30Il l'aide à trouver un autre apprentissage en restauration pour la direction de L'Oréal.
06:35Ça se passe mieux et il commence à reprendre confiance en sa profession.
06:39En 2012, il continue sa formation avec un bachelor de 3 ans, durant lequel il part à Londres
06:44pour faire un stage au sein du restaurant d'Alain Ducasse, 3 étoiles au guide Michelin.
06:51Je suis vraiment reparti de là-bas, avec pas forcément des bonnes armes, mais avec
06:56une confiance en moi réaffirmée.
06:58J'avais quitté le berceau familial, j'avais bossé dans un 3 étal au guide Michelin,
07:01j'avais tenu 6 mois, donc j'avais déjà beaucoup plus confiance en moi.
07:05Quelques mois après sa sortie d'école en 2016, il devient chef de cuisine au restaurant
07:09Maya en banlieue parisienne.
07:11A seulement 21 ans, il devient manager d'une équipe de cuisiniers et il reproduit certaines
07:16pratiques violentes qu'il a connues.
07:19Je ne me rendais pas compte de tout le travail que c'était un poste de chef.
07:22Donc c'était à la fois très grisant de pouvoir faire ce qu'on veut dans l'assiette
07:26et de devoir rendre des comptes qu'à soi-même sur la partie cuisine, mais je ne me rendais
07:30pas compte qu'il y avait le côté humain aussi à gérer.
07:32Les formations RH qu'on avait eu à l'époque étaient quand même bien moindres.
07:36J'ai répété certaines choses qui sont maintenant plus autorisées dans les restos, c'est le
07:39jeu du coup de torchon.
07:40Ça c'est un truc classique en restauration, mais en fait il y a des déboires qui peuvent arriver
07:43tellement vite, il y a des gens qui ont perdu un oeil.
07:46Et puis encore une fois c'est l'escalade de l'horreur, on commence avec un torchon,
07:49puis ça avec un torchon humide, puis on met du gros sel sur le torchon pour être sûr
07:52que ça fasse mal.
07:53C'est des jeux qui sont bêtes et qui n'ont rien à faire sur le travail et ça peut
07:57toujours
07:57finir mal, ça peut finir par juste une dispute parce que le mec a eu trop mal et que ça
08:01peut
08:01être une réaction normale d'en avoir marre de jouer même si on était instigateurs
08:04du jeu à la base.
08:05Il y a des trucs horribles qui se sont passés en restauration.
08:08Un événement va lui faire prendre conscience qu'il doit améliorer son management.
08:12Un jour, il a un accrochage avec un de ses employés autour du pass, le passe-plat
08:17pour envoyer les assiettes en salle.
08:19Et de colère, je lui ai dit si je fais le tour du pass, c'est pas pour t'aider,
08:22c'est
08:22pour te mettre une droite.
08:24Et là j'ai senti le malaise et il y a un gros instant de bug, que je m'en
08:30veux parce
08:30que c'est pas un comportement qui est normal.
08:32Assez vite l'est venue la période où je me suis dit ok, il faut que je vois quelque
08:35chose différent, il y a un truc qui va pas.
08:38Cet épisode le pousse à se remettre en question.
08:40Avec l'aide d'un coach, Eloy se met à interroger son rapport au travail, à la hiérarchie
08:44et à l'autorité, notamment dans le monde de la gastronomie.
08:48Pour moi le chef c'est vraiment le capitaine de bateau.
08:50C'est-à-dire qu'on est responsable de tous les membres des équipes, on est responsable
08:53de ce qu'on donne aux clients, on est responsable de l'image du restaurant et on est responsable
08:57de ce qui sort de la cuisine.
08:59Le plus important c'est que les clients soient satisfaits, donc pour que les clients reviennent
09:03et soient satisfaits, il nous faut des équipes qui sont heureuses, bien formées et des process
09:07qui permettent que ça ce soit toujours la même chose du lundi au dimanche.
09:11En 2019, alors qu'il a 25 ans, Eloy regrette de ne pas réussir à se faire plus largement
09:16connaître en tant que chef cuisinier dans un restaurant dont il n'est pas le responsable.
09:21L'envie d'ouvrir son propre établissement n'est en lui.
09:26Moi si je veux ouvrir un restaurant c'est parce que Maya n'a pas très bien fonctionné à
09:31l'époque, je pense plutôt à cause de la fréquentation et ensuite j'ai travaillé dans
09:37un autre restaurant qui n'a pas très bien fonctionné, ils ont changé de modèle au
09:39bout d'un an et en fait j'avais eu l'impression que sur ces deux expériences les restaurants
09:43ne marchaient pas et ce n'était pas de mon fait parce que je pense que la cuisine était
09:46bonne.
09:46Donc je me suis dit autant monter mon propre resto, au moins je serai responsable de tout
09:53et donc j'ai envie d'avoir un succès et de ne pas avoir l'impression de bien travailler
09:58pour rien.
09:59En 2022, Eloy décide d'essayer de se faire connaître sur les réseaux sociaux et poste
10:04des vidéos pour donner envie aux gens de cuisiner.
10:06Son nombre d'abonnés explose après une apparition dans une vidéo qui est l'imposteur
10:10du youtubeur star Squeezie.
10:20Il cumule aujourd'hui 260 000 abonnés sur Instagram et 200 000 sur YouTube.
10:25Désormais dans ses vidéos, il invite régulièrement des personnalités à cuisiner à ses côtés
10:29comme la chanteuse Clara Luciani ou la militante écologiste Camille Etienne.
10:34Donc aujourd'hui on va faire un petit curry, c'est pour ça qu'il y a plein plein d
10:36'épices.
10:36Ici on a anis vert, des petites graines qui ressemblent à de la coriandre, de l'origan.
10:40En parallèle, en avril 2022, Eloy ouvre avec deux associés son premier restaurant, Orgueil,
10:46dans le 11e arrondissement de Paris.
10:48Même s'il a à cœur d'y développer un management sain, il ne réussit pas à supprimer toute
10:53forme de violence du jour au lendemain.
10:58Je me suis de nouveau énervé, mais à chaque fois du coup, c'était débrief.
11:03Pourquoi je me suis énervé ? Est-ce que tu as compris ? Qu'est-ce que je peux faire
11:07pour que ça se passe mieux ?
11:07Il en parle autour de lui à ses amis restaurateurs et se rend compte que les violences sont presque systématiques
11:13en restauration.
11:13J'ai eu des échos de plein de restos, j'ai des trucs que j'ai vus, je peux faire
11:17un mélange des violences que j'ai pu voir.
11:19Ça peut être un coup de poing, une béquille, parce que le coup de poing n'est pas autorisé parce
11:23que la cuisine est ouverte.
11:25J'ai un de mes copains qui s'est fait refermer une porte de frigo sur le bras parce qu
11:28'il n'avançait pas assez.
11:29Les cuillères chauffées à blancs posaient sur le bras.
11:32J'ai eu une histoire, mais qui date de très longtemps, de sous-chefs qui passaient derrière les membres des
11:36équipes avec des couteaux d'office,
11:38avec juste la pointe qui les enfonçait dans les cuisses des mecs qui n'allaient pas assez vite,
11:42des mecs qui étaient obligés de retirer leurs pantalons à l'eau chaude parce que le sang avait crouté sur
11:46leurs pantalons.
11:47C'est aussi un compte Instagram qui lui permet de réaliser l'ampleur du phénomène.
11:51Compte intitulé « Jeudi non-chef » qui relaie des témoignages d'actes violents subis en cuisine.
11:56C'est en revoyant ses objectifs à la baisse qu'il réussit à diminuer la pression qui pèse sur ses
12:01équipes.
12:02J'arrête de courir après les récompenses.
12:04Ma priorité c'est vraiment mes équipes et que mes clients soient satisfaits.
12:08Il n'y a pas forcément la manière dont je vais être noté.
12:10C'est là où j'ai commencé à être vraiment sain.
12:13En étant gentil, souriant, en demandant aux personnes quand elles arrivent le matin comment elles vont.
12:18Je pense qu'on ne fait pas grand-chose de plus qu'être à l'écoute quand il y a
12:21un problème,
12:22demander comment les gens vont et respecter la loi.
12:26Je pense que ce n'est pas plus compliqué que ça.
12:27Je me suis fait coacher là-dessus pour déjà me sentir bien moi.
12:30Pour bien diriger, il faut se sentir bien.
12:32C'est vraiment très important.
12:33Et du coup maintenant quand il y a un membre de l'équipe d'encadrement qui ne se sent pas
12:38forcément bien,
12:39on lui offre des cours de coaching.
12:40Et je vais aller encore plus loin.
12:42C'est que maintenant j'ai l'impression que quand quelqu'un a un management discutable au sein du restaurant,
12:46il ne reste pas.
12:47Parler ouvertement de son histoire n'a pas été facile pour lui.
12:50Il décide finalement de partager son parcours en février 2025, dans une courte vidéo, sur France Info qui est très
12:57relayée.
12:59J'ai été victime sur ma première année de harcèlement.
13:02J'en gardais beaucoup de colère.
13:03J'étais très jeune, très âge.
13:04J'ai été apprenti.
13:05Et on m'a mis ce qu'on appelle une olive.
13:07Ça c'est un chef qui t'a fait ça ?
13:09C'est un membre de l'équipe là où je travaille.
13:11Parce qu'il pensait que ça réveillait.
13:13Ah oui d'accord.
13:15Je pense qu'il faut que les gens essayent de faire mieux.
13:18Que si ça crée des traumas, les personnes qui vont porter plainte doivent être soutenues.
13:22Parce qu'il faut du courage pour porter plainte.
13:24Moi je le ferai peut-être sur la personne qui m'a mis une olive un jour, s'il y
13:28a besoin.
13:28Parce que de toute façon j'étais enfant donc j'ai encore 6 ans pour porter plainte.
13:33Mais je pense qu'il faut beaucoup de courage pour le faire.
13:35Et c'est aussi pour ça qu'on se mobilise, c'est pour montrer que c'est possible.
13:38Pour les autres je ne porterai pas plainte.
13:40Parce que non pas que je veuille les protéger.
13:44Mais parce que plutôt j'ai conscience maintenant que c'était plus eux qui étaient malheureux que moi.
13:49Moi je m'en suis sorti.
13:50Peut-être que c'est très égoïste de réfléchir comme ça.
13:52Et que du coup il y en a d'autres qui ont subi parce que je n'ai pas porté
13:55plainte.
13:55C'est pour ça que là j'entends prendre cette action.
13:57Parce que j'espère que cette action aussi pourra aider ces personnes.
14:14Pénélope, Eloua Spindler participe aussi à des actions de sensibilisation pour essayer de lutter contre les violences en cuisine.
14:20Oui tout à fait. Il a par exemple participé à un événement le 25 mai dernier à Toulouse.
14:24Il a cuisiné, il a participé à des tables rondes.
14:27Tout ça pour lutter contre les violences en cuisine.
14:30Avec le mouvement Restore qui est un collectif d'associations qui s'est créé pour parler de ces questions là.
14:35Est-ce qu'il y a eu des conséquences négatives depuis qu'il s'exprime sur le sujet ?
14:39Ou bien est-ce que dans l'ensemble ça a été plutôt bien reçu par les autres chefs ?
14:42Non, quand je l'ai rencontré il ne m'a pas du tout parlé de points négatifs, de problématiques de
14:47ce type là.
14:48Il m'a plutôt au contraire expliqué qu'à la suite de l'événement du 25 mai à Toulouse,
14:53il avait reçu des centaines de témoignages de personnes qui avaient vécu des violences en cuisine comme lui.
14:58Donc c'est une bonne nouvelle parce que la parole est en train de se libérer.
15:01Mais c'était également difficile de recevoir autant de témoignages.
15:05Eloise Pinler raconte à ton micro qu'il a dû revoir à la baisse ses objectifs pour modifier son management.
15:12Et malgré ça, ses résultats sont bons.
15:14Oui, ses résultats sont très bons.
15:16Il a ouvert son deuxième restaurant à l'automne dernier, Colère.
15:19Et il y en a un troisième qui est en préparation.
15:22Il a également reçu le prix Jeunes Talent Go et Millot
15:24qui récompense chaque année les jeunes chefs qui se sont fait remarquer.
15:28Et les violences en cuisine, c'est un sujet dont on parle de plus en plus en ce moment.
15:31Oui, tout à fait.
15:32La journaliste Nora Boisoni vient de sortir un livre
15:35« Violences en cuisine, une omerta à la française ».
15:38Elle a enquêté pendant cinq ans et elle a réussi à obtenir une cinquantaine de témoignages
15:42de personnes qui ont été victimes de violences en restauration.
15:46C'est un livre qui vient de sortir en mai et qui a été remarqué.
15:49Nora Boisoni appelle également à l'ouverture d'une commission sur les violences en cuisine
15:54comme ce qui avait été fait avec les violences dans la culture.
15:57Merci Pénélope Gualquierotti.
15:59Cet épisode de Code Source a été produit par Clara Garnier-Amourou,
16:02Barbara Agoui, Anaïs Godard et Thibault Lambert.
16:06Réalisation, Julien Moncouquiol.
16:08Code Source est le podcast quotidien d'actualité du Parisien.
16:12N'hésitez pas à vous abonner sur votre plateforme d'écoute préférée,
16:15à nous laisser des commentaires et à partager.
16:17On vous invite également à écouter Crime Story,
16:19notre podcast hebdomadaire de faits divers.
16:22Chaque samedi, une nouvelle affaire criminelle racontée par Claudia Prolongeau
16:25et Damien Delsony.
16:27Damien Delsony, chef du service Police Justice du Parisien.
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