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Plus jeune, Nader Baraia, originaire de Vigneux-sur-Seine (Essonne), se rêvait en champion de boxe. A 32 ans, il est devenu le « fromager star » des réseaux sociaux. Récit d’un parcours unique.

Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Judith Perret - Production : Thibault Lambert, Anaïs Godard et Clémentine Spiler - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network

Archives : Instagram/O’Bon Fromage

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News
Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Le 13 janvier, l'édition de l'Essonne du Parisien a raconté une histoire de réussite inspirante.
00:18Nader Baraya a 32 ans, il a grandi au sud de Paris dans le département de l'Essonne à Vigne
00:22-sur-Seine.
00:23Adolescent, il rêvait de devenir boxeur professionnel, mais une blessure en a décidé autrement.
00:29Après avoir d'abord travaillé comme technicien aéronautique, il s'est reconverti.
00:34Et aujourd'hui, il est fromager itinérant.
00:37Il sillonne les marchés de l'Essonne et du Val-de-Marne à bord de son petit camion.
00:42Très à l'aise à l'oral, Nader Baraya anime aussi un compte TikTok, suivi par des dizaines de milliers
00:48d'amateurs de fromage.
00:49Nader Baraya a accepté de raconter son histoire aujourd'hui dans Codesource au micro de Judith Perret.
00:58Je rencontre Nader Baraya chez lui.
01:01On est à Saint-Michel-sur-Orge à côté de Paris.
01:03Il habite avec sa femme et leurs trois enfants dans un pavillon avec un grand jardin.
01:08Son camion de livraison blanc est garé devant chez lui avec écrit en lettres vertes au bon fromage.
01:14On est tous les deux assis sur un grand canapé, il est moelleux avec des coussins et quelques peluches d
01:19'enfants.
01:20C'est mercredi alors forcément ils ne sont jamais très loin.
01:23Nader Baraya est du genre jovial, des yeux rieurs et un large sourire.
01:27Surtout quand il raconte l'arrivée de ses parents en France depuis l'Egypte.
01:33Ils sont arrivés dans les années 80 ici.
01:35C'était difficile parce que nous en plus mes parents sont migrés égyptiens.
01:38Donc ça parle absolument absolument pas français.
01:41Et même quand ma maman nous raconte les anecdotes de sa première grossesse avec ma grande soeur,
01:46quand elle a dû mettre les pieds à l'hôpital, elle ne savait pas dire un mot.
01:49C'était très très compliqué pour eux.
01:51Les parents de Nader s'accrochent, apprennent le français et finissent par s'intégrer.
01:55Ils ont ensemble six enfants.
01:57Nader est le troisième de la fratrie.
01:59La famille s'installe à Vigneux-sur-Seine.
02:01C'est dans l'Essonne, à côté de l'aéroport d'Orly, au sud de Paris.
02:05Les Baraya habitent ce quartier de la Croix-Blanche.
02:07De grandes tours d'habitation, même si la campagne n'est pas très loin,
02:11Nader naît en mai 1993.
02:14Je suis un peu l'ancien, 93.
02:17Mais ce n'est pas le même monde qu'on a aujourd'hui, vraiment du tout.
02:19J'avais deux grandes soeurs.
02:22Et à l'époque, la vie, on se contentait du minimum.
02:25C'était trop bien la vie, c'était facile.
02:27Les dimanches, c'était en famille.
02:29Je trouve que tout était joyeux.
02:30Même quand on revoit nos cassettes, parce qu'à l'époque, mon père, il nous filmait avec un caméscope.
02:34On revoit nos vidéos quand on était jeune.
02:37Et la vie, elle était...
02:38Je ne sais pas si...
02:39Quand nous, on compare à notre vie aujourd'hui, pourtant, aujourd'hui, peut-être qu'on a plus d'argent.
02:42Mais en fait, avant, peut-être qu'il y avait moins d'argent, mais plus de bonheur, en fait.
02:45Si Nader devait résumer son enfance en deux mots, ce serait entraide et générosité.
02:50La famille de Nader est bien connue du voisinage.
02:53Son père a un restaurant.
02:54Moi, ma mère, elle n'a jamais porté un sac de course et elle devait rentrer du Lidl.
02:58Jamais porté un sac de course et elle marchait avec son sac de course.
03:00Tu verrais toujours un petit gars du quartier qui venait « Madame Baraya, attendez, je vous prends votre sac »
03:04parce que mon père était connu comme son resto était là-bas à l'époque.
03:07Il prenait son sac, il le faisait monter jusqu'en haut et il n'attendait rien le retour et ça
03:11partait « Allez, bonne journée à vous ! »
03:12Moi, j'ai adoré, c'était les plus beaux moments de ma vie. J'en ai que des beaux souvenirs,
03:16franchement.
03:17Nader se souvient des parties de foot avec ses copains.
03:20Un sport qui lui permet de rester dans le droit chemin, mais aussi de s'évader.
03:23Pour lui, apprendre à dribbler, c'est plus intéressant que d'apprendre ses tables de multiplication.
03:28L'école, ce n'est pas trop son truc.
03:30Nous, notre génération, on pensait à taper le ballon, on pensait à jouer, à s'amuser.
03:35On kiffait vraiment notre moment, notre vie. Moi, j'ai kiffé ma jeunesse.
03:38Des bons souvenirs d'une enfance insouciante et de tous les rêves qui vont avec.
03:42J'étais fan des bateaux, j'étais fan des avions.
03:45Je me disais, un jour ou l'autre, il faut se travailler sur un engin qui bouge, en fait, qui
03:49ne reste pas sur place.
03:50Nader grandit avec un père fan de boxe.
03:52Il se lève même la nuit pour regarder des matchs de la star britannique Prince Nassim Ahmed.
03:57Nader se souvient aussi des retransmissions de vieux combats de Mohamed Ali, une passion que le père transmet à son
04:02fils.
04:03Nader pousse les portes du club de boxe de Vigneux-sur-Seine pour la première fois quand il a 7
04:07ans.
04:09En 2001 exactement, j'ai mis les pieds dans une salle de boxe et j'ai senti une atmosphère, une
04:14adrénaline qu'il n'y a pas dans les autres sports.
04:17Et depuis, je n'ai jamais pu m'en détacher.
04:20C'est une drogue qu'on a dans notre corps.
04:22Un de mes frères, Rami, qui est rentré pareil à la boxe, est un super boxeur.
04:27Après, on a eu un autre frère qui s'appelle Shadi, qui est aujourd'hui boxeur professionnel.
04:32Il ne faut pas mal l'interpréter.
04:33Je suis quelqu'un qui aime bien la victoire pour moi-même.
04:37Je n'aime pas la partager.
04:38Et le sport d'équipe, je trouvais toujours à chaque fois, si on gagnait, c'était cool.
04:41On disait, on a gagné.
04:42Si on perdait, il fallait toujours remettre la faute sur l'autre.
04:44Alors qu'en boxe, c'est toi et toi.
04:47Il y a un coach, il y a un public, il y a ta famille.
04:49Mais ils sont là juste pour t'encourager.
04:50Mais le seul qui est sur le ring et qui prend des coups et qui donne des coups,
04:53ou qui est intelligent sur l'aspect technico-tactique, c'était toi en fait.
04:57Nader se voit boxeur professionnel.
04:59Mais un accident, quand il a 17 ans, va couper net les rêves du jeune homme.
05:02Un accident qui n'a pas lieu sur le ring, mais lors d'un banal entraînement.
05:06On était sur un exercice d'esquive rotative.
05:09Ça veut dire qu'il fallait juste esquiver de bas en haut, faire une esquive.
05:12Et au moment où je ressors de l'esquive, j'ai pris un gros coup sur le haut du crâne.
05:17Mon corps n'était pas prêt à encaisser ce coup.
05:19Ça m'a fait tomber, je suis ton père du connaissance.
05:22J'ai été diagnostiqué, c'était la vertèbre numéro 3.
05:25Un tassement, si je ne me trompe pas, de la vertèbre numéro 3.
05:28Et ça ne tenait à rien du tout.
05:30On sait ce que ça engendre les cervicales.
05:32Souvent la tétraplégie.
05:35Mon père, il voit rouge à l'époque.
05:38Parce que c'est son fils.
05:39Ce que moi je ressens aujourd'hui, maintenant, avec mon fils, quand je le vois me boxer.
05:43Donc je me dis, waouh, en fait, je comprends ce qu'il ressentait.
05:45Ma mère, qui s'est dit, du jour au lendemain, le gars, on l'a éduqué pendant 17 ans.
05:49Et il peut nous quitter d'un...
05:50C'est très difficile comme sensation.
05:52Et donc le toubib m'a dit, ouais, tu ne boxeras plus.
05:54Et sur le coup, je me dis, mince, moi, petit gars, fort en la boxe,
05:59je perds tout du jour au lendemain.
06:00Il faut que je me rattrape quelque part, en fait.
06:20Je me suis dit, voilà, au moins je garderai un pied sur le ring.
06:24Mais en dehors des deux gars qui se tapent dessus, moi, je serai le troisième homme du ring.
06:28J'ai été le plus jeune arbitre de France, en boxe professionnel.
06:32J'ai adoré, j'ai avancé dans ma carrière d'arbitre super bien.
06:36Et non, à côté de ça, j'ai été à l'école, j'ai fait mon bac.
06:38J'étais fan, comme je disais, de l'aéronautique et des navires.
06:41Donc après, je me suis plus focus sur l'aéronautique.
06:43J'ai été accepté à l'école Air France.
06:45J'ai été en tant que technicien aéronautique, dans les réacteurs d'avions.
06:49J'ai été embauché chez Air France.
06:51Et c'est de là où j'ai pu avoir ce parallèle entre ma vie sportive et ma vie professionnelle.
06:58Un renoncement, oui, mais Nader a une vie qui lui plaît.
07:01Il vit non loin de son travail et en 2016, il se marie.
07:04Je suis heureux dans ce que je fais.
07:06J'ai trouvé mon épanouissement dans ce que j'ai aimé faire, c'est de l'aéronautique.
07:12J'ai trouvé mon épanouissement dans la boxe, c'était avec l'arbitrage maintenant.
07:15J'étais quelqu'un de très heureux.
07:17Mais le vent tourne pour Nader à la fin des années 2010 et au travail, ça se passe moins bien
07:22pour lui.
07:23Il est muté dans l'autre gros aéroport de Paris, Roissy, au nord de la capitale, alors que lui habite
07:28au sud.
07:29Il fallait que je me tape tous les jours, 1h45 de route allée, 2h retour.
07:33Et au bout de 2 ans, on m'a mis muté sur Orly, mais bon, dans un poste qui n
07:37'était pas du tout à mon niveau.
07:40C'est là où ça a commencé, cette envie de voir quelque chose d'autre.
07:45Puisqu'à côté de ça, je faisais les marchés tous les week-ends.
07:47Depuis l'âge de 16 ans, je faisais les marchés tous les week-ends avec un ami de mon papa
07:51qui venait manger chez mon papa quand il était plus jeune.
07:54Je me retrouvais au contact d'une personne, la petite mamie, ça va Nader, ça va, tu vas bien ?
07:58Ce côté sociable.
08:00Et d'un coup, lundi, je devais me réveiller pour aller au travail.
08:03Et personne ne te souriait à la tête.
08:05C'était chiant en fait.
08:06En 2020, Nader a 27 ans et un autre tournant arrive dans sa vie.
08:10Un tournant qu'on connaît bien, la pandémie.
08:13Comme on ne pouvait pas trop y aller à l'étranger, car c'était un peu compliqué, on est parti
08:16en Haute-Savoie.
08:17On se balade sur un marché.
08:18Moi qui est fan des marchés, je fais les marchés.
08:20Je découvre le concept du camion-magasin.
08:22Je me dis, waouh, c'est trop marrant ce truc-là.
08:24Parce que nous, les camions comme ça en Ile-de-France, on les connaît en poulet, pizza, un peu snack.
08:30Et on appelle ça même un food truck.
08:33Alors je me dis, c'est original en fromage.
08:36Dans l'esprit de Nader, ça fuse tout de suite.
08:39Je rentre chez moi, on revient sur Paris.
08:41Je prends une feuille, un stylo.
08:42Et je me tape à dessiner en fait un logo de fromage.
08:45Mon truc, mon business.
08:47Alors que je ne connaissais absolument, absolument rien du tout.
08:51Décembre 2020, je finis de dessiner mon logo, je finis de dessiner mon projet.
08:55Et je me dis, allez, c'est parti, on y va.
08:57On balance le truc.
08:59En janvier, je vais dans le Nord, j'achète un camion.
09:01Je mets mes économies, c'était 20 000 euros à l'époque.
09:04Je reviens avec un camion.
09:05Mes parents me disent, mais t'es sérieux en fait, sérieux, ce que tu fais et tout.
09:07Ils m'ont vu revenir de loin avec mon camion, personnalisé au bon fromage,
09:12avec mon logo avec la petite cloche à fromage.
09:14Ils disent, mais c'est sérieux, donc tu vas vraiment commencer ?
09:16Et j'y connaissais absolument, absolument rien, quoi.
09:21Nader débute.
09:22Il n'y connaît rien dans fromage, c'est vrai, mais il apprend.
09:25Il lit, regarde des vidéos.
09:27Il cède même de vieux épisodes de sépa sorcier sur le fromage.
09:31Ce qui n'empêche pas Nader de vivre des moments assez cocasses.
09:35Donc le mèvier me fait, oui, je peux avoir une fondue savoyère, s'il te plaît ?
09:37Je vais faire une fondue pour deux.
09:39Alors là, gros blanc.
09:40Je ne sais même pas, je n'avais jamais de ma vie mangé une fondue.
09:42Je viens de loin, loin, loin.
09:44À l'époque, un de mes frères, le boxeur, il m'aidait.
09:47Il venait m'aider au début.
09:48Et je dis à mon frère en arabe,
09:50« Descends, fais-t'es lasser, fais-le regarde sur ton portable parce que c'est une fondue. »
09:53Et les clients étaient là, ils ne captaient pas.
09:55Je dis, « Ouais, cinq minutes, je suis à vous. »
09:56Et mon frère, il va en bas, il fait ses lasser, il me dit, Nader,
09:59« Il me sort trois fromages, ça, ça, ça. »
10:01Et je ressors, je dis, « Bon, alors je vais vous faire un super truc à la fromager. »
10:04Je lui ai fait tout un speech alors que je n'y connaissais absolument rien.
10:07Et je lui ai dit, il m'a dit les quantités qu'il fallait, mon frère.
10:10Je lui ai sorti, je lui ai préparé.
10:12Et je suis rentré chez moi.
10:13Sur le coup, on a rigolé.
10:14Et sur le coup, je me suis vexé, en fait.
10:16On ne peut pas devenir fromager comme ça.
10:17Il faut avoir une que vraie culture, Nader.
10:19Travaille ton produit.
10:20Et depuis, c'est fini.
10:22C'est comme si je passais un bac S.
10:24Travailler à fond, j'ai travaillé, travaillé, travaillé.
10:26Mon produit, je travaillais toute référence avant de commencer une référence.
10:29Je suis très calé dessus.
10:31Et maintenant, je suis implacable sur le fromage.
10:34Être fromager, ça ne s'improvise pas.
10:36Nader tisse aussi son réseau.
10:37Il se fournit à Rungis et auprès de producteurs.
10:40Le réseau était extrêmement dur à faire.
10:42Les gens n'avaient pas confiance en moi au début.
10:44Quand j'allais pour parler avec un commercial, un vendeur,
10:47il me prenait pour un commercial du Qatar.
10:51Il ne me prenait pas au sérieux.
10:53Car j'étais très rare d'origine dans ce métier-là.
10:57Qui est un métier beaucoup de père en fils.
11:01Mais Nader subit aussi du racisme.
11:03Quand j'avais ouvert à l'époque,
11:05c'était à 5 ans, on était sur un marché.
11:08Un client vient et me dit
11:09« Mais non, Nader, tu vends du fromage ? »
11:11Je dis « Ah oui ! »
11:13Il me dit « Mais non, toi, tu devrais garder les moutons en montagne.
11:16C'est bidon, c'est petit.
11:17Ok, vas-y, c'est rigolo, d'accord.
11:19Je n'ai même pas rigolé sur le coup.
11:20Je dis « Allez, si tu veux, ça te fait plaisir, tiens. »
11:21Mais Nader aime les défis.
11:23Alors, il se lance sur les réseaux sociaux.
11:25Un jour, dimanche matin, avec mon frère.
11:27On fait une vidéo.
11:28On coupe une grosse pointe de compter.
11:31Et là, 26 millions de vues.
11:33Tout a changé.
11:35Voilà.
11:37Excellent.
11:38Sur TikTok, il a 65 000 abonnés.
11:40L'occasion de partager son quotidien atypique.
11:43Deux belles mozzas.
11:44T'as vu, j'ai fait rentrer de la petite mozza au lait cru.
11:47C'est magnifique.
11:48Deux boules aussi dans le vin sac.
11:50Elle est au lait cru, celle-là.
11:51Les jeunes qui viennent me contacter maintenant,
11:53ça me fait tellement plaisir quand je reçois un petit message.
11:56Bonjour.
11:57Je suis intéressé par ton parcours.
11:59Comment t'as fait ?
11:59Comment t'as fait ?
12:00Je réponds tout de suite.
12:01En plus, je réponds à tout le monde sur les réseaux.
12:03Une petite anecdote.
12:04Deux gars que je croise sur le marché de Rungis,
12:06il y a un mois de ça,
12:07c'était juste après les fêtes, si je ne me trompe pas.
12:09Juste après les fêtes de Radar.
12:10Je les croise.
12:11Je suis en train de faire mes achats.
12:12Et il me dit « Oh, Nader ! »
12:14Il me fait un grand coucou de loin.
12:15Bonjour, bonjour.
12:16Ça va, Nader ?
12:16Tu vas bien ?
12:42Nader se souvient de la première fois
12:44où son père vient le voir sur un marché.
12:46C'est un vendredi devant la mairie blanche
12:48au toit noir d'Attis-Mons
12:50et les clients sont au rendez-vous.
12:52Et il voit un monde, un monde,
12:55comme si on faisait une inauguration
12:57de ce qu'on voit sur les réseaux,
12:59des fast-food, quand tout le monde, la foule vient.
13:01Un monde qui m'attendait.
13:03Nader ne fait plus de boxe,
13:04mais selon lui, entre le fromage et la boxe,
13:07il y a des points communs.
13:08Ce que je dirais vraiment,
13:09où je pourrais comparer les deux,
13:10c'est quand tu te lèves le matin pour aller au marché,
13:13tu ne sais absolument pas ce qui t'attend.
13:16Mais absolument pas.
13:17Tu ne peux pas savoir où il y a en toilette
13:19qui va passer, c'est sûr.
13:20Non, personne ne sait si elle va passer
13:21ou lui va passer.
13:22Tu ne t'attends à rien du tout.
13:24C'est comme un combat de boxe.
13:25Quand tu montres sur le ring, tu t'attends.
13:26Tu ne sais pas à quel moment le gars
13:27va mettre une droite ou une gauche.
13:29C'est exactement pareil.
13:31Je me lève tous les jours avec ce truc.
13:34Je ne sais pas ce qui va m'arriver.
13:35Si ça fonctionne, cool.
13:36Ça ne fonctionne pas.
13:37Ce n'est pas grave, demain est un jour meilleur.
13:38On y va, on tourne la page.
13:39Je reste très positif.
13:40Je suis quelqu'un de très positif dans ma vie.
13:42Ça se mange quand, ça ?
13:44Dimanche.
13:45Dimanche, très bien.
13:46On va les laisser bien fermés dans leur papier.
13:48Vous aurez juste à recouper
13:48les plus longues tranches en deux, d'accord ?
13:51Ok.
13:52Je suis trop fier de moi.
13:53Je suis fier de moi
13:54avant d'attendre que les autres me disent
13:55que je suis fier de toi.
13:56Je suis fier de ce que j'ai accompli.
13:58Je suis fier de pouvoir apporter
14:00à mes enfants une qualité de vie.
14:01Je suis fier d'avoir été accompagné par ma femme.
14:03Je suis fier d'avoir été accompagné
14:05par une bonne éducation.
14:06Avec plaisir.
14:08Moi, j'ai même pas pensé une seconde
14:10à l'échec
14:10où est-ce que ça pouvait ne pas fonctionner.
14:13J'ai juste dit
14:13« Eh les gars, je tente.
14:15Je m'en contrefais,
14:16c'est que de l'argent. »
14:17Et ce truc-là,
14:18quand tu sais casser cette barrière,
14:20franchement, tu te régales après.
14:21T'as peur de rien, en fait.
14:33Judith, je le disais au début
14:34de cet épisode de Codesources,
14:36l'édition de l'Essonne du Parisien
14:38a fait le portrait de Nader Baraya
14:40le 13 janvier.
14:41Est-ce qu'il est fier
14:42de s'être retrouvé dans le journal ?
14:44Oui, bien sûr.
14:45Il a même très fièrement accroché
14:47l'article sur le mur
14:48de son camion magasin.
14:49En fait, ça fait déjà 2-3 ans
14:51que les médias s'intéressent
14:52au travail de Nader Baraya.
14:53Il y a eu Actu.fr, par exemple,
14:55France 24 également.
14:57Ça plaît beaucoup à Nader, bien sûr.
14:59Déjà, ça lui fait de la publicité.
15:01En plus, et c'est comme
15:02pour son compte TikTok,
15:03ça permet de montrer à des jeunes
15:04qui ne viennent pas forcément
15:05de la campagne
15:06que n'importe qui peut être fromager.
15:08Est-ce qu'il a des projets
15:09pour la suite ?
15:09Oui.
15:10Un de ses objectifs, par exemple,
15:12c'est d'installer différents points de vente
15:13dans le Val-d'Oise
15:14ou en Seine-Saint-Denis.
15:15Nader aimerait bien aussi collaborer
15:17avec d'autres artisans
15:18comme des bouchers
15:19dans ces différents secteurs.
15:20Cette envie de s'étendre ailleurs
15:22en Ile-de-France,
15:23ça vient d'un constat
15:24qu'a fait Nader.
15:25Les jeunes aiment de plus en plus
15:26le fromage
15:27et en particulier les jeunes
15:28que côtoie Nader
15:29et qui résident en fait en banlieue.
15:31Et ça, pour lui,
15:32c'est aussi une grande fierté
15:33quand on vient le voir
15:34et qu'on lui dit
15:35qu'on s'est mis au fromage
15:35grâce à lui.
15:37Et puis Nader aimerait bien
15:38développer son commerce en ligne.
15:39Donc c'est un commerce en ligne
15:40qui existe déjà.
15:41Et Nader exporte donc
15:42dans toute la France
15:43et même jusqu'au Luxembourg.
15:45Mais c'est encore quelque chose
15:45qu'il souhaite développer.
15:47Merci Judith Perret
15:49et merci à Valentin Paco
15:50pour son aide.
15:51Cet épisode de Code Source
15:52a été produit par
15:53Clémentine Spiller
15:54et Thibault Lambert.
15:56Réalisation,
15:56Julien Moncouquiol.
15:58Code Source,
15:59c'est un nouveau podcast
15:59d'actualité
16:00chaque soir de la semaine
16:01du lundi au vendredi.
16:03Et puis n'oubliez pas,
16:04chaque samedi matin,
16:05Crime Story,
16:06notre podcast consacré
16:07aux affaires criminelles.
16:08Crime Story
16:09présenté par Claudia Prolongeau
16:10avec Damien Delsenis,
16:12le chef du service
16:13police-justice du Parisien.
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