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Quelques jours après la Fête de la musique, 145 personnes ont signalé avoir été victimes de piqûres sauvages pendant les festivités. Aucune injection de produit n’a pour l’instant été confirmée, mais ce n’est pas la première fois qu’une psychose se développe autour de la menace de piqûres. Récit. Crédits.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Clémentine Spiler, Pénélope Gualchierotti et Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
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#pique #soirées #fête
Quelques jours après la Fête de la musique, 145 personnes ont signalé avoir été victimes de piqûres sauvages pendant les festivités. Aucune injection de produit n’a pour l’instant été confirmée, mais ce n’est pas la première fois qu’une psychose se développe autour de la menace de piqûres. Récit. Crédits.
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NewsTranscription
00:01Bonjour, c'est Clémentine Spiller et vous écoutez Code Source, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Il y a un mois, au lendemain de la fête de la musique, 145 personnes, principalement des femmes,
00:18disaient avoir été victimes de piqûres sauvages lors des festivités dans de nombreuses villes de France.
00:23Elles racontent avoir scinti l'équivalent d'une piqûre de seringue au bras, au dos ou encore aux jambes
00:29alors qu'elles étaient dans la foule, et par la suite, plusieurs d'entre elles racontent avoir eu des symptômes
00:34d'étourdissement.
00:36Cette peur de se voir injecter de la drogue via une piqûre n'est pas nouvelle.
00:40Une première vague de témoignages similaires avait eu lieu en 2022 et 2023,
00:45sans qu'aucun produit ne soit jamais retrouvé dans les analyses toxicologiques des victimes.
00:50Mais des piqûres ont bel et bien lieu, et la peur d'une potentielle soumission chimique ne cesse de se
00:56répandre,
00:56quitte à se transformer en psychose et à dissuader les femmes et les adolescentes de sortir faire la fête cet
01:03été.
01:04Analyse donc d'une psychose dans cet épisode de Code Source avec Manon Oblanc,
01:08journaliste au Pôle News du Parisien, et Victoire Afring-Moulard de la cellule Police Justice Île-de-France.
01:19Des appels à attaquer et à piquer les femmes, oui, avaient été relayés sur les réseaux sociaux.
01:24Samedi soir, la fête de la musique passe son plein à Metz,
01:26mais l'ambiance festive a été gâchée par une avalanche de signalements de piqûres.
01:31À un moment, il y a quelqu'un qui passe à côté de moi, et je sens que ça me
01:33pique.
01:34Victoire Afring-Moulard, au lendemain de la fête de la musique qui s'est déroulée le 21 juin dernier,
01:39on se réveille avec de nombreux articles de presse, notamment dans Le Parisien,
01:44qui relatent une série de piqûres sauvages, c'est-à-dire des personnes, des femmes principalement,
01:49qui disent avoir été piquées avec des seringues qui contiendraient des substances inconnues.
01:54Oui, en fait, on se réveille le dimanche matin et on se rend compte qu'il y a eu des
01:57dizaines et des dizaines de signalements de piqûres de la part de femmes dans toute la France.
02:02Au total, elles sont 145 et il y a à peu près un tiers de ces femmes qui se trouvent
02:08à Paris.
02:08Et cette vague de signalements, ce n'est pas vraiment une surprise ?
02:11Non, c'est vrai qu'en fait, dans les heures qui ont précédé la fête de la musique,
02:15il y avait beaucoup d'associations sur les réseaux sociaux qui appelaient justement les femmes à faire très attention
02:21parce qu'il semblerait qu'il y avait eu des appels à piquer.
02:23Donc, c'est sûr qu'on a été surpris par le nombre de ces signalements.
02:28On va revenir à cette édition 2025 de la fête de la musique.
02:31Mais d'abord, cette crainte de se voir injecter un produit via une piqûre sauvage, ça n'est pas nouveau,
02:37Manon Aublant ?
02:37Non, effectivement, ce n'est pas nouveau.
02:39Les premiers cas dont on a entendu parler, en tout cas par la presse, ça date de l'automne 2021
02:44et c'était au Royaume-Uni.
02:46À ce moment-là, c'était une centaine d'étudiants qui avaient rapporté avoir été piqués lors de soirées dans
02:52des discothèques.
02:53Il y avait un rapport, quelques mois après, qui avait été réalisé et qui faisait état de 1382 témoignages recensés.
03:01Peu après, des cas sont signalés en France.
03:04Les lieux de fête viennent alors seulement de réouvrir après les confinements liés à la pandémie de Covid.
03:09En France, du coup, le phénomène est arrivé, lui, en 2022, en février, après la réouverture des boîtes de nuit.
03:16Et on a même un chiffre qui a été diffusé par le ministère de l'Intérieur, c'est 2100 plaintes
03:22déposées en 2022 sur ce phénomène.
03:25Et à l'époque, ça a même commencé à Nantes, où on a eu une vingtaine de jeunes femmes qui
03:30avaient rapporté avoir été piquées lors de soirées dans huit boîtes de nuit différentes.
03:35Et à partir de ce moment-là, ça s'est un peu enchaîné.
03:38Ça a été le début d'une longue série.
03:39Donc, il y en a eu à Grenoble, à Tours, à Périgueux, à Paris, à Bourges, à Amiens, à Rennes.
03:45On a eu des dizaines et des dizaines de témoignages de jeunes femmes qui expliquaient avoir repéré des traces de
03:52piqûres au lendemain d'une soirée en boîte de nuit ou un festival.
03:56C'est par exemple le cas de Zoé que nous, on avait eu dans nos colonnes en avril 2022.
04:01À l'époque, Zoé, elle a 20 ans, elle est étudiante et elle sort en boîte de nuit à Grenoble.
04:06Et elle nous raconte qu'au cours de la soirée, elle se sent mal d'un coup, alors qu'elle
04:12n'a bu qu'un verre à cette soirée,
04:13qu'elle se met à avoir un voile noir devant les yeux, la sensation de jambes coupées, qu'elle tente
04:18de sortir de la boîte de nuit et qu'elle tombe.
04:21Donc, elle va directement aux urgences pour faire une prise de sang.
04:24Et dans la nuit, elle se met même à avoir un moment très mal à la fesse droite et à
04:28la jambe, des douleurs qu'elle compare un peu à celles d'un vaccin.
04:32C'est le lendemain qu'elle va voir son médecin qui, lui, repère tout de suite sur sa fesse une
04:36petite trace rouge, une petite tâche qui est caractéristique d'une piqûre à la seringue.
04:41Donc, on ne sait pas ce qu'il y a dans ces seringues réellement, mais la peur, c'est de
04:45se voir injecter de la drogue dans le sang, c'est ça ?
04:47En fait, on craint un phénomène de soumission chimique, c'est-à-dire le fait d'administrer une substance chimique
04:53à l'insu d'une personne pour effectuer un vol, une agression sexuelle, voire même un viol.
04:59Et les victimes qui ont déposé des plaintes ou qui se sont en tout cas signalées, c'est pour la
05:04plupart des adolescentes ou des jeunes femmes d'une vingtaine d'années.
05:08Tout le mystère de ce phénomène, c'est que depuis son apparition, aucun produit, en tout cas aucune substance illicite
05:15n'a été retrouvée lors des analyses toxicologiques.
05:18Dans ces analyses toxicologiques, on a cherché notamment de la drogue et notamment du GHB, ce qu'on appelle la
05:25drogue du violeur, mais aucune substance n'a été retrouvée dans ces analyses.
05:29Est-ce qu'il y a eu des arrestations de personnes ayant potentiellement piqué ces femmes ?
05:33À l'été 2022, une dizaine de personnes avaient été arrêtées un peu partout en France, certains avec des seringues,
05:40certains avec des aiguilles, mais encore une fois, pas de substance retrouvée pour ces victimes.
05:46À l'issue de cette vague en 2022, Victoire Afringmoulard, concrètement, on a des signalements de piqûres et pas de
05:53traces de produits.
05:54Est-ce que ça peut vouloir dire que ces femmes ont bien été piquées, mais que rien n'a été
05:57injecté ?
05:58Effectivement, ça veut dire plusieurs choses.
06:00Alors, soit elles ont été piquées avec une seringue, mais dans laquelle il n'y avait rien, soit elles ont
06:06été piquées avec un cure-dent,
06:08ou même on nous a raconté l'histoire d'une jeune fille de 18 ans qui fêtait son anniversaire dans
06:15une discothèque et qui avait été effectivement piquée.
06:19Et rapidement, il s'est avéré qu'elle avait été piquée avec un trombone.
06:23Et même dans les cas où ce ne sont pas des piqûres de seringues comme celui-ci, ça reste très
06:27traumatisant.
06:27Concrètement, ces jeunes filles, ces jeunes femmes ont senti une aiguille ou un objet similaire pénétrer leur peau sans pouvoir
06:34identifier ni l'objet ni l'auteur.
06:37De la même manière qu'elles se méfient des drogues qu'on peut mettre dans leur verre, un exemple de
06:41soumission chimique très courant,
06:43elles se mettent donc à se méfier des piqûres et elles passent le mot.
06:47En fait, on s'est rendu compte après cette première vague qu'il y avait une vraie peur qui s
06:50'était installée chez les jeunes filles,
06:52que certaines allaient carrément équiper pour éviter d'être piquées, donc avec des pulls,
06:57et certaines refusaient d'aller dans des soirées où il y avait beaucoup de monde,
07:02ou des concerts ou des festivals pour éviter de prendre des risques.
07:05Des signalements ont lieu au cours de l'année suivante, 2023,
07:09mais les analyses toxicologiques ne donnent toujours pas de résultats probants.
07:13Le corps médical commence donc à douter fortement de la possibilité d'une réelle injection dans le cas de ces
07:19piqûres.
07:19Et c'est aussi parce que la peur d'être piquée peut faire ressentir des symptômes déroutants.
07:25Oui, en fait, on s'est rendu compte qu'il y avait beaucoup de témoignages de femmes qui relataient les
07:30mêmes symptômes,
07:31donc le souffle coupé, les jambes flageolantes, le cœur qui s'emballe.
07:35Et en fait, les médecins disent, oui, effectivement, ils ne mettent pas du tout en question ces symptômes,
07:40mais ils disent que, voilà, en fait, quand on part à une soirée en pensant qu'on peut être la
07:45cible d'une piqûre
07:46et qu'on est piqué ou qu'on a l'impression d'être piqué,
07:49et en fait, ça peut tout simplement provoquer ces symptômes qui s'apparentent en fait à une crise de panique.
07:53Par ailleurs, les médecins nous expliquent qu'il faut 5 à 10 secondes pour une injection
07:57et généralement, en fait, les femmes qui disent avoir été piquées ont une simple impression d'une piqûre qui dure
08:02une ou deux secondes.
08:06À ce moment-là, il n'y a donc toujours aucun cas avéré, mais la peur se répand et se
08:10développe.
08:11On ne craint plus seulement la soumission chimique, mais aussi une éventuelle transmission de VIH ou d'hépatite
08:18entre personnes piquées par la même seringue,
08:20alors même que, là encore, les médecins disent que les chances d'une transmission de ces maladies
08:25par le biais de la piqûre sont extrêmement faibles.
08:28C'est là qu'on commence à parler de psychose.
08:31Victoire à Frank Moulard, c'est quoi exactement une psychose ?
08:34En fait, une psychose, c'est un phénomène social, une peur un peu irrationnelle qui se transmet.
08:39Là, en l'occurrence, elle a été très exacerbée par les réseaux sociaux et aussi par les médias
08:44qui ont beaucoup relayé des témoignages et des histoires de jeunes femmes qui ont été piquées.
08:50Et même si on a aussi raconté le fait qu'il n'y avait pas eu de substances injectées,
08:56en fait, cette peur, elle subsiste.
08:59Sans aucun cas avéré de soumission chimique, la psychose finit par diminuer jusqu'à disparaître en 2023.
09:06Mais on fait un saut dans le temps.
09:08C'est cette année, en 2025, qu'on la voit ressurgir sur les réseaux sociaux
09:12et notamment à l'approche de l'été et des grandes fêtes et festivals où les foules sont compactes.
09:18Avant la fête de la musique, certains comptent sur le réseau social Instagram,
09:22des comptes très suivis mettent en garde contre des appels à piquer les femmes
09:27qui seraient partagés par des hommes sur d'autres réseaux sociaux comme Snapchat.
09:31Racontez-nous ça.
09:32En fait, on se rend compte que quelques heures avant la fête de la musique,
09:36il y a beaucoup de comptes qui sont très suivis et qui vont faire de la prévention,
09:40en fait, justement en disant qu'il y a eu des appels à piquer qui ont été relayés
09:43et que les femmes sont des cibles, en fait, pendant cette fête de la musique.
09:48Mais les médias, nous, on va essayer de chercher ces appels à piquer et on ne les trouvera jamais.
09:53On en revient au début de cet épisode de Code Source au lendemain de la fête de la musique 2025
09:59à Paris.
10:00Et partout en France, il y a 145 plaintes de femmes, notamment, qui disent avoir été piquées.
10:07Manon Oblanc, vous en avez interviewé quelques-unes. Qu'est-ce qu'elles vous disent ?
10:10Oui, moi, j'ai eu le témoignage de Marthe. C'est une adolescente de 18 ans qui, le soir de
10:15la fête de la musique,
10:16s'est rendue dans le centre-ville de Nantes avec sa soeur jumelle et des amis.
10:20Et elle, en fait, elle me raconte qu'à un moment dans la soirée, elle veut traverser la foule pour
10:25se rendre aux toilettes avec une amie.
10:27Elle est bousculée par quelqu'un dans la foule et elle sent d'un coup ce qu'elle compare à
10:32une piqûre derrière l'épaule.
10:34Son bras se met à chauffer, donc elle se rend auprès des services de secours qui, dans un premier temps,
10:41lui disent que
10:42si elle n'a pas plus de symptômes que ça, il n'y a globalement pas grand-chose à faire.
10:47Et en fait, dans les jours suivants, elle ressentira une très forte fatigue et elle ira faire des analyses un
10:53petit peu plus poussées auprès des urgences de la ville de Nantes.
10:57Ces analyses toxicologiques n'ont pour l'instant rien donné. Manon Oblanc, vous avez aussi parlé avec Clara, 20 ans.
11:04Alors elle, son histoire, elle est un petit peu différente parce qu'à ce moment-là, en fait, elle rentrait
11:09de soirée, elle quittait la fête de la musique
11:12et c'est un homme qu'elle a vu se précipiter vers elle et lui a grippé le bras.
11:17Donc sur le moment, elle n'a pas vraiment compris ce qui se passait.
11:19L'homme est ensuite immédiatement parti en courant et d'un coup, elle, Clara, elle raconte qu'elle a senti
11:25une vive douleur au bras,
11:27que son bras s'est engourdi, qu'elle a eu des fourmis et comme Marthe, une même sensation de brûlure
11:32similaire à celle d'un vaccin.
11:34Et là encore, elle s'est rendue immédiatement aux urgences pour faire des analyses.
11:42Là non plus, à ce jour, pas de traces de GHB, même si les analyses sont toujours en cours.
11:48Victoire Afring-Moulard, dans les jours qui suivent la fête de la musique, vous vous intéressez à la prise en
11:52charge médicale des victimes lorsqu'elles se rendent justement aux urgences.
11:56Est-ce que cette prise en charge a changé depuis 2022 et la première vague de psychose ?
12:02Oui, ça a changé parce qu'en 2022, en fait, systématiquement, quand les jeunes femmes comme ça se présentaient aux
12:08urgences, il y avait des analyses toxicologiques qui étaient faites.
12:11Aujourd'hui, en fait, suite au fait qu'on ait découvert qu'il n'y avait aucune substance qui avait
12:15été injectée sur les milliers de cas,
12:20en fait, le protocole a changé et en 2025, il n'y a plus de prélèvement automatique qui est fait.
12:25Donc, si on veut que des analyses soient faites, il faut passer obligatoirement par la plainte.
12:30C'est ça le parcours classique.
12:33La jeune fille dépose plainte et ensuite, il pourra y avoir des analyses.
12:37En tant que journaliste, comment est-ce que vous vous positionnez face à ce phénomène entre l'aspect psychose et
12:43ces victimes qui, elles, sont sûres d'avoir été réellement agressées ?
12:46En fait, c'est assez compliqué quand même à traiter comme phénomène parce que d'un côté, on ne peut
12:51pas nier que ces jeunes femmes ont ressenti des symptômes.
12:54Elles sont des dizaines et des dizaines et des dizaines à rapporter les mêmes symptômes.
12:58Et elles sont aussi nombreuses à porter des traces de piqûres ou des contusions.
13:05Et dans le même temps, il y a les faits.
13:07Et les faits, c'est qu'aucune substance n'ont été retrouvées dans les analyses.
13:11Alors, quel pourrait être le profil de ces piqueurs ?
13:14En fait, c'est une question à laquelle il est très difficile de répondre.
13:17On imagine qu'il y a plusieurs profils de piqueurs.
13:21Il y a sans doute des adolescents qui veulent un peu faire des blagues avec des copains.
13:27Il y a sans doute aussi des hommes qui veulent vraiment piquer des femmes pour effectivement leur faire peur.
13:32Et il y a aussi la possibilité d'un effet de groupe.
13:34En tout cas, toujours est-il que le résultat est que les femmes ont peur et que ça va les
13:38décourager en fait tout simplement de faire la fête.
13:41Par ailleurs, la psychose autour des piqûres a pu donner lieu à des faits de violence.
13:45Victoire Afring-Moulard, vous avez raconté dans Le Parisien le cas de cet homme de 36 ans atteint de troubles
13:51autistiques
13:52qui a été désigné par la foule comme un piqueur et violemment arrêté par les forces de l'ordre avant
13:57d'être relâché.
13:59Racontez-nous ça.
14:00Oui, en fait, ça se passe le soir de la fête de la musique.
14:03Joachim, donc à 36 ans, il est autiste Asperger.
14:06Et ce jour-là, donc qui veut profiter de la fête de la musique comme tout le monde, il est
14:10en bas de chez lui.
14:11Et à un moment donné, alors qu'il se trouve devant un concert, il y a une jeune femme autour
14:16qui se plaint d'avoir été piquée.
14:18Et dans la foule, on se rend compte que les gens cherchent qui pourrait être l'auteur et il se
14:23tourne vers Joachim.
14:24Et à ce moment-là, il le signale même à la police, alors qu'ils ne l'ont pas vu
14:27en fait en possession d'une seringue,
14:29mais il le signale quand même à la police qui va intervenir et qui va l'interpeller, alors a priori
14:34de manière assez violente,
14:35puisqu'il aura plusieurs blessures en fait sur le corps, au niveau du genou, au niveau de la cuisse.
14:40Joachim va être placé en garde à vue pendant un peu moins de 24 heures.
14:45Et rapidement, les policiers vont se rendre compte que Joachim ne comprend pas vraiment en fait les questions qu'on
14:50lui pose.
14:51Donc ils l'ont fouillé, ils ont regardé ses affaires, il n'y avait pas de seringue.
14:55Donc il va finir par être libéré et la plainte va faire l'objet d'un non-lieu.
15:00Pour le Parisien, vous avez interviewé la mère de Joachim. Qu'est-ce qu'elle vous dit ?
15:05Sa mère en fait, elle a été très choquée parce qu'en fait, elle dit que c'était assez facile
15:09de se rendre compte que Joachim n'était pas l'auteur.
15:12En fait, c'est difficile pour cette maman qui a le sentiment que son fils a été visé parce qu
15:17'il est autiste et qu'en fait, elle le dit.
15:19Oui, il peut avoir parfois l'air d'être un peu étrange parce que voilà, ça relève de son handicap.
15:24Et parfois, c'est un jeune homme qui est assez grand. Il fait 1m95, Joachim. Il est sportif, donc voilà,
15:31il peut être impressionnant.
15:33Et là, il a simplement été visé parce qu'un peu différent des autres. En tout cas, c'est le
15:37sentiment qu'elle a.
15:43On enregistre cet épisode de Code Source un mois après la fête de la musique. Qu'en est-il des
15:48145 signalements recensés le 22 juin ?
15:51En fait, il faut quand même compter un bon mois pour avoir un retour sur les analyses de sang et
15:57d'urine de ces victimes.
15:59Donc là, on est un mois tout juste après. Elles ne se sont pas forcément signalées le soir même de
16:05la fête de la musique.
16:06Il faudra attendre encore quelques semaines pour avoir éventuellement un bilan complet de cette soirée de la fête de la
16:12musique.
16:13Mi-juillet, Victoire Afring-Moulard, vous avez interviewé des jeunes filles et des jeunes femmes qui avaient décidé de ne
16:19pas sortir pour les festivités du 14 juillet par peur des piqûres.
16:24Qu'est-ce qu'elles vous ont dit ?
16:25Oui, effectivement, quand on interroge des jeunes femmes qui sont soit mineures, soit qui ont la vingtaine, on se rend
16:31compte que certaines refusent désormais d'aller dans des événements
16:33parce que justement, elles se retrouvent avec des gens qu'elles ne connaissent pas et elles ont peur d'être
16:38piquées.
16:38Donc quand on discute avec elles, on se rend compte qu'elles connaissent toutes quelqu'un qui aurait été piqué.
16:43Une amie, une amie d'une amie, une cousine. Elles ont toutes en tout cas entendu parler de ces histoires
16:48-là.
16:49Et désormais, c'est un élément qu'elles prennent en compte avant d'aller dans des soirées certaines, notamment Adjère,
16:5520 ans.
16:56C'est une Parisienne étudiante. Aujourd'hui, elle refuse d'aller par exemple au bal des pompiers parce qu'elle
17:02considère qu'il y a trop de risques.
17:10Merci à Manon Oblant, journaliste au Pôle News du Parisien, et Victoire Afring-Moulard de la cellule Police Justicile de
17:16France.
17:17Cet épisode de Code Source a été produit par Clara Garnier-Amourou, Pénélope Gualquerotti et Anaïs Gotard et réalisé par
17:24Julien Moncouquiole.
17:25N'hésitez pas à vous abonner à Code Source sur votre plateforme d'écoute préférée ou sur la chaîne YouTube
17:30du Parisien, à nous laisser des commentaires et à partager.
17:33On vous invite également à écouter notre podcast entièrement consacré aux faits divers, Crime Story, chaque samedi.
17:40Une nouvelle affaire criminelle racontée par la journaliste Claudia Prolongeau, avec Damien Delsony, le chef du service Police Justice du
17:48Parisien.