- il y a 2 jours
Retrouvez les émissions en intégralité sur https://www.france.tv/france-2/telematin/toutes-les-videos/
Télématin reçoit le comédien Stéphane Freiss, à l'affiche de la pièce de théâtre "Deuxième partie"
Télématin reçoit le comédien Stéphane Freiss, à l'affiche de la pièce de théâtre "Deuxième partie"
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Et notre invité va voir débarquer chez lui en pleine nuit, 39 ans plus tard, un camarade de collège.
00:05Ça se passe sur la scène du Théâtre Édouard Sète à Paris.
00:08Mais que vient-il faire ? Accueillons Stéphane Fraisse.
00:16Bonjour Stéphane Fraisse.
00:19Bonjour.
00:20Soyez le bienvenu.
00:21Pas une partie de Stéphane Fraisse.
00:22Pourquoi ?
00:23Je te reçois tous les temps quand on a sorti du lit.
00:26Merci d'être là.
00:27Nous aussi c'est pareil.
00:28Moi je vous ai vu déjà ce matin dans la voiture.
00:30Je me suis dit ils sont vachement éveillés.
00:33Il y a des filtres.
00:34J'ai demandé à mon taxi, vous avez une technique ?
00:36Il me dit non.
00:36Et j'ai eu un peu peur parce que je l'ai vu rouler jusqu'à ici.
00:40Effectivement, il n'a aucune technique.
00:42La pièce dont on va parler Stéphane, c'est deuxième partie.
00:45Ça cartonne, c'est le carton du moment.
00:47Théâtre Édouard Sète, regardez avec Marine Deltherme.
00:49Et Patrick Bruel, on va tout vous dire.
00:51On va raconter, enfin on va raconter pas trop.
00:53Pas facile parce qu'on ne peut pas en dire beaucoup.
00:55Exactement.
00:56Sinon on a tout dit, les gens ne viennent plus.
00:57Évidemment.
00:58On va faire ses plans en même temps.
00:59Ah non, mais il faut qu'ils y aillent, il faut qu'ils découvrent.
01:01Pour l'instant, ça s'appelle du tac au tac.
01:02Stéphane, une minute d'une petite question pour mieux vous découvrir.
01:05Très très mauvais là-dessus.
01:05C'est pas grave.
01:06D'accord.
01:07Mais non.
01:07Donc j'ai un joker ?
01:08Ouais, allez, si vous voulez.
01:09Parce que la fatigue et tout.
01:10Je le mets tout de suite.
01:12On y va ?
01:12Allez, chrono à une minute.
01:13Quelques minutes avant la toute première de cette pièce,
01:16sur une échelle de 1 à 10 du stress.
01:18Vous situiez où ?
01:21Deux.
01:22Oh, pas très stressé.
01:23Le don de la nature que vous auriez aimé avoir.
01:25Ça veut pas dire que j'étais sûr de moi.
01:26Non, non, oui, vous parlez de stress.
01:27Ça veut dire que j'avais très envie de monter sur scène.
01:29Le don de la nature que vous auriez aimé avoir.
01:36C'est très difficile ça.
01:39Ah, puis il y a le tac à tac derrière.
01:41Je vous réponds tout à l'heure.
01:42Bon, ben prenez votre joker.
01:44Adolescent, quel métier vous faisiez rêver ?
01:47Alors, d'accord.
01:49J'ai combien de jokers exactement ?
01:50En fait, j'ai eu la chance de rencontrer mon métier à 17, 18 ans.
01:55Attends, je suis rentré dans un cours des...
01:56Et avant, j'avais...
01:57Si, je vais vous dire un truc très drôle.
01:59Mon meilleur copain voulait être océanographe.
02:01Ah ouais ?
02:02Déjà, faire un métier dont vous ne pouvez pas prononcer le mot,
02:05ça ne peut pas aller très loin.
02:06Oh, d'accord.
02:07Et en fait, un jour, on m'a dit, mais ça te plaît ?
02:08Je dis, oui, j'ai un petit peu mal au cœur sur la mer.
02:11On m'a dit, il faut que tu arrêtes tout de suite.
02:12Et j'ai rencontré la dramatique et ça a été un changement de ma vie.
02:15Votre plus grande phobie, et on terminera par ça, en avez-vous ?
02:19J'ai... phobie, j'ai pas une...
02:21Non, vous n'avez peur de rien, les animaux ?
02:23J'ai peur des cons, j'ai peur de la maladie quand même.
02:27Mais vous avez un repousse-con ?
02:28Vous avez quoi quand il y a des cons ?
02:31J'en profite pour le dire à haute voix, déjà,
02:33et j'ai l'impression que je les mets un peu à distance.
02:34Ah, ça s'écarte comme ça.
02:35Non, non, je suis comme tout le monde, en fait.
02:37J'ai les mêmes phobies et les mêmes peurs que tout le monde.
02:39Donc voilà, on ne peut pas s'arrêter là.
02:41Oui, le problème, c'est que le con ne sait pas toujours qui est con.
02:43Non, il le sait rarement.
02:44Non, c'est ça le problème.
02:46Et souvent, quand on lui dit, c'est assez dépend,
02:49je veux dire, à nos dépend, parce qu'il ne le comprend pas.
02:52Non, non, c'est vrai, on est entouré de...
02:53Et d'ailleurs, je constate que j'ai eu beaucoup de chance
02:56de jouer tous les personnages que j'ai joué depuis trois ans,
02:58parce qu'entre le cercle des poètes, avec Keating et ce garçon-là,
03:03en fait, je repousse...
03:05Le théâtre, c'est un espace extraordinaire pour repousser
03:09toutes les choses qui pourraient vous nuire.
03:12Je ne sais pas dire ça autrement.
03:13Non, mais c'est joliment dit.
03:14C'est un...
03:15Comment on appelle ça, ces petits trucs avec lesquels on se balle ?
03:19Un grégui ?
03:19C'est plus qu'un grégui, ça s'appelle...
03:21Un porte-bonheur ?
03:22Ouais, on va dire ça.
03:23Je vois que vous êtes comme moi ce matin, c'est bien, ça me rassure.
03:26Non, on va vous aider si on peut.
03:27En tout cas, la pièce dans laquelle vous triomphez s'intitule,
03:30regardez, s'appelle deuxième partie,
03:31pièce de Samuel Benchetrit avec Patrick Bruel et Marine Deltherme.
03:35C'est absolument...
03:36Voilà, je regarde la caméra dans les yeux, je vous regarde,
03:37c'est absolument formidable, il y a un suspense,
03:40ça se passe donc à Édouard VII.
03:41Alors, on va y aller tout doucement, Stéphane,
03:43parce qu'on ne peut pas dire grand-chose.
03:44Non, on ne me parlait pas non plus comme si j'étais totalement à l'arrêt.
03:46Je me réveille en même temps.
03:49Donc, on y va tout doucement, non mais pas pour ça,
03:51c'est par rapport au suspense,
03:53ce qu'il faut que les gens découvrent.
03:55Vous êtes marié à Marine Deltherme depuis 30 ans.
03:59Bel appartement, on sent que vous avez bien réussi,
04:01vous rentrez d'un dîner,
04:02une demi-heure après, ça sonne à la porte, il est 23h30,
04:04c'est Pierre Kraft.
04:06Pierre Kraft, c'est Patrick Bruel.
04:07Qu'est-ce qu'on peut dire ?
04:08Qu'est-ce qu'on peut dire sur la venue en pleine nuit de cet homme-là ?
04:11Déjà, il est assez rare qu'on sonne chez vous à minuit,
04:15parce qu'en fait, il est plus qu'11h de nuit,
04:16on l'a un petit peu déplacé,
04:18et que vous entendiez derrière la porte
04:22une voix qui ne vous semble pas aussi préoccupante que ça,
04:25mais en même temps que vous ne reconnaissiez pas le nom,
04:29ni la gueule du type qui entre ensuite.
04:31Mais lui, il vous connaît.
04:32Lui, il nous connaît, nous, on ne sait rien,
04:34et il a l'air assez content de nous retrouver,
04:37et en fait, on installe à la fois quelque chose
04:41qui touche un peu à une panique, mais à une inquiétude,
04:45et en même temps une énorme curiosité,
04:48mais ça va très vite,
04:49parce que très vite, on va comprendre pourquoi il est là.
04:53On peut le dire quand même qu'il était au collège en même temps que vous.
04:58il y a 39 ans.
05:00Donc je ne sais pas si ça vous est peut-être arrivé, moi, jamais,
05:03qu'un type sonne chez moi à une heure du matin pour me dire ça va ?
05:07Alors ça arrive parfois, non mais on rigole,
05:08mais ça m'arrive parfois dans ma loge,
05:09des gens qui rentrent dans la loge et qui me disent...
05:12Tu te souviens ?
05:13Vous ne savez même pas où vous avez vu cette personne,
05:15parce que c'était il y a 39 ans au lycée.
05:17Ça, ça m'est arrivé.
05:1840 ans, j'ai déjà eu.
05:19Et vous faites le gars qui fait semblant de reconnaître
05:21ou vous êtes très honnête et vous dites je ne sais pas qui tu es ?
05:24Non, ça, je ne le fais pas.
05:25D'abord parce que la personne en face de vous est très heureuse de vous retrouver.
05:28Et puis parce qu'elle a un énorme temps d'avance sur vous,
05:30parce que ça fait 40 ans qu'elle vous voit à la télé ou sur scène.
05:33Donc pour eux, pour ces gens-là,
05:36vous avez passé le même temps qu'eux à rester près d'eux,
05:42à vous être souvenu d'eux.
05:45Voilà, non, non, non, je...
05:46Vous m'en faites.
05:47Non, je ne m'en parle pas,
05:49mais il faut respect...
05:49Moi, j'ai beaucoup de respect pour les gens
05:51qui ont maintenu et qui ont entretenu une tendresse
05:55et un souvenir de moments qui ont été heureux pour eux, d'ailleurs.
05:59Le titre de la pièce, c'est Deuxième Partie.
06:01Est-ce que ça fait référence à une deuxième partie de vie aussi, c'est ça ?
06:05Oui, il y a beaucoup de deuxièmes parties dans le titre,
06:08mais c'est vrai que ce sont des adultes d'un certain âge
06:14qui vont voir leur vie bouleversée,
06:16remise en question par l'arrivée de cet homme,
06:19et c'est un re-questionnement sur quel sens on donne
06:22à notre deuxième partie de vie.
06:24On a tous une deuxième partie de vie,
06:26ou même une troisième partie,
06:27elle n'arrive pas toujours au même moment,
06:29disons que pour moi, ça arrive à l'arrivée de ces garçons.
06:32Stéphane Très, on va avoir des images du shooting photo.
06:34Oui, je dirais une chose, je me rends compte que j'ai beaucoup de chance
06:41d'avoir vécu depuis quelques années des belles rencontres avec des grands auteurs.
06:47Samuel Benchetrit est un grand auteur.
06:49Absolument.
06:49Parce que pour jouer une bonne pièce, c'est tout bête à dire,
06:52mais il faut avoir un grand auteur, il faut avoir un grand metteur en scène
06:55qui entend la musique de l'auteur.
06:59Il faut être soutenu par un texte qui ne vous laisse pas dans le vide.
07:04Chaque jour, quand je rentre dans cette pièce,
07:05je me dis que j'ai quelque chose à défendre,
07:07ça me demande beaucoup d'énergie, vous l'avez vu,
07:10parce que je suis mis dans les cordes très rapidement.
07:15C'est vrai que c'est un peu frustrant pour nous,
07:16mais on ne peut vraiment pas dire.
07:18Vous êtes d'accord ?
07:19On spoil un peu.
07:21Est-ce que la pièce va prendre un virage dramatique,
07:24un virage romantique ?
07:25Qu'est-ce que Patrick Bruel vient faire ?
07:2739 ans plus tard.
07:28On peut dire qu'ils vont beaucoup rire.
07:29Ah ça, c'est sûr.
07:30Mais on rit par moments, parce que moi, c'est terrible,
07:34on rit d'un personnage qui est dans les cordes,
07:37et puis on rit de l'absurde d'une situation,
07:40et pour ça, Samuel est très fort.
07:43Et puis on rit aussi, parce que je pense que la pièce nous renvoie tous,
07:47un peu à nous-mêmes, à des choix.
07:50Et vous savez, moi ce que j'aimerais, c'est mettre des caméras dans les voitures
07:53des gens qui, en partant, les couples.
07:56Mais vous ne pouvez pas savoir.
07:57Moi, je suis au restaurant, ensuite, il y a un restaurant dans le théâtre,
08:00et parfois, il y a des gens derrière moi qui n'ont pas vu que je me suis assis,
08:03et j'entends des choses du genre,
08:06alors je te dis tout de suite, si tu fais comme lui, je te quitte demain.
08:09Et je vois que la conversation s'envenime un peu dernière,
08:12parce que, évidemment, ça renvoie les couples à ce qu'ils ont fait ou pas fait de leur vie de
08:21couple.
08:22Et on peut en parler longtemps, c'est quoi un couple ?
08:24C'est comment on vit bien un couple, surtout quand il a duré 25 ou 30 ans.
08:28C'est ça.
08:28Est-ce que les deux sont sur la même longueur d'onde ?
08:31Est-ce que les deux sont sur la même longueur d'onde quand ils se sont connus ?
08:34Eh oui, exactement.
08:36La suite, c'est sur la scène du Théâtre Édouard VII à Paris.
08:39Vous parliez du Cercle des Poètes Disparus que vous avez joué,
08:42dans laquelle vous avez triomphé.
08:43Vous avez enchaîné directement avec cette pièce-là.
08:45Oui, j'ai eu beaucoup de chance.
08:46Et dans votre métier, vous faites de jolies rencontres,
08:48cher Stéphane Fraisse.
08:49Et lui aussi, il n'a rien oublié de l'aventure du Cercle des Poètes Disparus.
08:53C'est Ethan O'Liel qui a un petit message pour vous.
08:56Regardez, surprise pour Stéphane.
08:58Capitaine, mon capitaine, comment tu vas ?
09:00Ça va ?
09:01Alors écoute, je suis ici à Issoir, dans un hôtel,
09:03puisque ce soir, je joue ma toute dernière date du Cercle des Poètes Disparus.
09:06Donc comment ne pas penser à toi ?
09:08Comment ne pas penser à nous ?
09:09Et je repensais notamment à nos toutes premières répétitions.
09:12Je pensais, tu sais, à ces répétitions dans le froid, au théâtre,
09:15où se mêlaient tout à la fois l'inquiétude, l'espoir
09:18et l'impossibilité de savoir l'extraordinaire aventure
09:22qu'on allait vivre ensemble.
09:23Je crois que quand on commence un projet,
09:25on espère toujours qu'on aura des collègues un peu sympas.
09:28Et dans celui-là, on a eu la chance de se faire des amis
09:30et je l'espère pour la vie.
09:33Il a tout dit.
09:33C'est merveilleux, c'est un garçon tellement génial.
09:36Il a eu un Molière.
09:37Il a eu le Molière, mais on entend comment il aime les mots,
09:39comment il parle.
09:42Et lui et toute la bande, parce que ça a été une famille.
09:44Moi, j'ai rencontré des jeunes qui m'ont porté,
09:48qui m'ont rajeuni, qui m'ont fait un bien fou,
09:50qui m'ont reposé des questions,
09:51qu'on oublie de se poser quand on passe, on va dire,
09:54modestement, j'ai 38 ans.
09:56Alors, je prends les noms de tous ceux qui ont...
09:59C'est un très bon comédien, c'est pour ça qu'on rit.
10:01J'essaie de relever un volet.
10:03Mais ils m'ont permis de rester éveillé
10:07sur ce que devient le monde aujourd'hui.
10:09Ça a été...
10:10Mes enfants, tellement intelligents.
10:14Il est féru de culture, il lit, il aime les mots, il est joueur.
10:19Et j'ai vécu une tournée, comme je n'oublierai jamais de ma vie.
10:21Quand vous arrivez avec un spectacle, comme celui que je joue en ce moment,
10:24mais le cercle a été un moment important,
10:27même dans le théâtre parisien,
10:29quand vous arrivez dans une ville où les gens vous attendent depuis un an,
10:32que vous savez que vous allez délivrer un message,
10:34qui est un message, même pour nous,
10:36après 370 fois que je l'ai joué,
10:38un message qui me tenait debout,
10:40qui me faisait réfléchir sur le monde.
10:41Vous arrivez dans une ville,
10:43vous savez que vous allez délivrer ce message.
10:45Vous voyez l'émotion des jeunes,
10:47parfois qui ont 10 ans et qui sortent avec les larmes.
10:49Vous dites...
10:51Le théâtre s'est procuré...
10:52J'ai bien fait de faire tout ce voyage,
10:54parfois dans des conditions qui sont un peu peignées pour les rencontres.
10:56Merci à lui, en tout cas, c'était la surprise.
10:58On va ouvrir les archives avec Mathilde.
11:01On va rajeunir aussi,
11:03on va retourner dans les années 80.
11:05Alors, je ne vais pas vous ressortir les épaulettes et la coupe minée,
11:07je ne suis pas sûr que...
11:08C'est vrai, enfin, je n'étais pas né en un seul mot d'ailleurs.
11:11Pourtant, j'ai vu quelques images dans l'adaptation du Croque-Monsieur.
11:15Vous vous souvenez de cette pièce ?
11:17Avec Jacqueline Maillan ?
11:19Oh non, ne me sortez pas ça, j'ai 14 ans.
11:21Ben, regardez, vous n'avez pas bougé.
11:23Non, mais je sais...
11:24Il est allé de nager ailleurs.
11:25Mais un autre whisky ?
11:26Volontiers, mais ne prends pas de s'en prater.
11:28Quand je suis parti, je suis parti.
11:29Je ne vous ennuie pas.
11:31Au contraire, madame, vous nous ravissez.
11:34Alors, si je comprends bien, nous en sommes à mon premier beau-père.
11:36Celui-là me voulait à tout prix.
11:37Il m'a eu, hein ?
11:38Je suis très...
11:40Wow !
11:40Je suis très Paul Paul.
11:41Vous ne l'aviez pas revu ?
11:42Ah ben non !
11:44J'ai fait ça il y a 40 ans, quoi.
11:4684, ouais.
11:47Comment c'était avec Jacqueline Maillan ?
11:49Ça doit être incroyable.
11:51J'avais oublié que j'avais travaillé avec elle.
11:54Oui !
11:54Non, mais j'avais oublié...
11:55On oublie, oui.
11:56Non, mais ce n'est pas ça.
11:56Je m'en souvenais, mais on oublie avec le temps.
11:59J'ai fait beaucoup de rencontres, mais...
12:01En fait, comment vous dire ?
12:02J'avais à peine 22, 23, 24 ans, je ne sais pas.
12:06J'étais tout jeune, j'étais un jeune acteur.
12:08Je me retrouvais avec Jacqueline Maillan,
12:09qui était un monstre du théâtre et d'un monstre du...
12:11et qui était une femme de mémoire.
12:16Ah oui, perfectionniste, très carrée.
12:17Très perfectionniste, très cadrée, très carrée.
12:20Donc, moi, j'étais un peu impressionné.
12:23Et puis en plus, je jouais un jeune homme de bonne famille.
12:28Je n'étais pas très à l'aise non plus.
12:29Ce n'était pas exactement ce que je...
12:31Même si je n'étais pas exactement comme ça.
12:33Et j'ai un souvenir très heureux
12:35avec des gens qui m'avaient accueilli avec bonheur.
12:38Alors, on vous voit sur les planches, mais aussi au cinéma.
12:40Il y a un film qui a marqué votre carrière.
12:43C'est Chouan, de Philippe De Broca.
12:45Cinq ans plus tard, vous décrochez le César du meilleur espoir masculin
12:48avec une entrée digne d'un film.
12:51C'est vraiment...
12:52Stéphane Fresse.
13:22Je ne m'y attendais pas.
13:26Et j'entends du ciel.
13:29En fait, je suis un garçon beaucoup plus timide
13:33que je donne l'impression d'être.
13:35Et dans ma timidité, je me disais
13:37que je vais être incapable d'entrer sur une scène
13:39et de dire merci et bravo à tout le monde.
13:41Vraiment, je le pensais.
13:42Or, je jouais un personnage virevoltant.
13:44J'étais à la comédie française en même temps.
13:46Je me dis, je joue un personnage qui s'illustre dans un siècle
13:50qui va...
13:51On parle de révolution dans le film,
13:53qui va énormément bouger.
13:54Et pour cause, je suis à la comédie française
13:56où je joue en même temps Shakespeare.
13:59Et si j'allie les deux ?
14:00Donc, je fais, à mon avis...
14:02J'en fais beaucoup trop.
14:03Parce que c'est vrai, je me jette.
14:06Parce que c'est le personnage.
14:07Et que ça m'amuse.
14:07Et puis que je trouve que c'est soirée des récompenses.
14:12Quand je les mettrais à mes enfants,
14:14bien plus tard,
14:14parce qu'ils ne l'avaient pas vu évidemment au début,
14:16je n'avais pas d'enfant,
14:17je leur avais dit, méfiez-vous, je fais n'importe quoi.
14:19Ils m'ont dit, non papa, c'est tout ce que tu fais.
14:22J'aurais pu me retenir de parler en accent
14:24parce que c'était une manière de dire à la comédie française
14:26merci de m'avoir libéré.
14:27À l'époque, quand on était aux Français,
14:29on ne pouvait pas aller tourner des films comme ça.
14:31Donc, en fait, ils m'ont donné un blanc-seing
14:35et une autorisation pour aller faire ce film.
14:37C'était très romanesque.
14:39J'avais beaucoup de panache.
14:40En fouillant dans les archives,
14:42j'ai découvert que vous aviez une passion un peu étrange,
14:44ado.
14:45Vous alliez à l'aéroport,
14:46mais sans billet d'avion.
14:49Quand mes parents étaient séparés,
14:51mon frère venait une fois par semaine dîner à la maison.
14:53Et j'avais 18 ans,
14:56je venais d'avoir une toute petite voiture complètement cabossée.
14:58Et lui et moi étions complètement épris d'aviation.
15:01Lui, il a fait son métier.
15:02Moi, je l'utilise beaucoup.
15:05Et mon père me demandait de ramener mon frère chez lui.
15:08Et en fait, on prenait direction Orly.
15:10On arrivait vers 11h du soir.
15:12Et on écoutait l'arrivée,
15:14et on voyait l'arrivée des quatre derniers vols
15:16qui arrivaient en décalage horaire de Hawaï, de Tokyo.
15:19On était tous les deux assis comme deux cons sur un banc.
15:21On écoutait l'arrivée du vol 747 de Hawaï.
15:24On fermait les yeux, on rêvait.
15:26Vous ne faites plus ça.
15:28Il n'y a plus le temps.
15:29Non, parce que mon frère est devenu pilote.
15:31Et moi, je suis devenu comédien.
15:32Et en fait, j'étais à l'aune de ma carrière.
15:35Lui n'avait pas encore son diplôme de pilote.
15:39Entre-temps, il est comme en haut de bord sur un des très gros avions.
15:43Et on se voyait peu parce qu'on était séparés,
15:45parce qu'on était des enfants divorcés.
15:47On s'aimait beaucoup.
15:48Et je venais, comme je le dis dans l'interview,
15:51je venais d'avoir une petite voiture.
15:53Et on ne disait rien à personne.
15:54Et on tirait un bord vers Orly.
15:56Et Orly, on y entrait comme on rentre chez Monop.
16:00On se mettait au dernier rang, au dernier étage,
16:04sur la seule banquette.
16:06On voyait passer les pilotes de lignes de décalage horaire.
16:09Donc, ils avaient toujours une certaine gueule avec leur casquette.
16:13Et on les voyait passer.
16:14Et lui, il m'envoyait en voyage.
16:16Et moi, je lui racontais le voyage qu'on allait faire sur place.
16:20Et ça a marqué notre sens.
16:21Merci beaucoup Mathilde.
16:22On l'a appris plein de choses sur vous.
16:23Merci beaucoup Mathilde.
16:25Et alors, il paraît que vous avez toujours une chanson dans la tête.
16:27Et ça a inspiré l'interview de Binti.
16:29Oui Stéphane, j'ai lu pas mal d'interviews de vous.
16:32Et j'ai réalisé que vous étiez du style.
16:33Tout pour la musique.
16:35Tout pour la musique.
16:36Depuis l'enfant, je crois que vous écoutez pas mal de musique.
16:38Il y a notamment Brahms.
16:39Patrick Bruel.
16:40C'est entré Patrick Bruel.
16:42Vous citez Brahms, vous citez Yves Montand.
16:44On va regarder votre playlist ensemble ce matin.
16:45J'ai sélectionné 5 singles des chansons dont vous avez parlé récemment.
16:49On commence par qui ?
16:50Vous choisissez.
16:52Il n'y a que des gens que j'aime bien.
16:53Mais il n'y a pas ma fille.
16:54Mais si, c'est son nouveau single.
16:58Ah, mais je ne l'ai pas vu au milieu.
16:59Et bien voilà.
17:00Kurt Titane.
17:01Libre de l'estat.
17:02Vous êtes donc une fille, votre fénée, qui est chanteuse.
17:04Racontez-nous.
17:05Vous aimez beaucoup sa plume, je crois.
17:07Ça ?
17:08Sa plume.
17:08Sa plume.
17:09Mais d'abord, je trouve qu'elle écrit extrêmement bien.
17:12Elle a glissé vers la techno.
17:16Elle est super.
17:18Je ne sais pas si vous avez entendu ce qu'elle chante.
17:21Moi, j'aime beaucoup ce qu'elle fait.
17:21Elle est aussi actrice.
17:22On l'avait vu dans une série d'affaires évalidées.
17:24Mais au départ, elle a commencé par l'écriture.
17:27Elle a chanté ses chansons.
17:29On n'entendait plus sa voix évidemment qu'en techno.
17:31Moi, je suis très touché par le grain de sa voix.
17:34Et d'ailleurs, c'est marrant parce que si vous écoutez ma voix aujourd'hui
17:37et celle que j'ai sur…
17:38Quand je l'écris maintenant, j'ai du mal à me reconnaître tellement
17:40ma voix est descendue dans les graves.
17:42Elle a une voix qui m'envoûte.
17:45Elle est très travailleuse.
17:46Elle a un talent dingue.
17:47Moi, quand je l'écoute, je suis émerveillé.
17:49Allons découvrir son travail.
17:51Non, mais vraiment, je dis, j'aime ce qu'elle écrit.
17:55J'aime la foi qu'elle a et l'énergie qu'elle a.
18:00Parce que quand on monte sur scène devant 30 000, moi, je n'ai jamais fait ça.
18:04Donc, je suis admiratif.
18:05On redit son nom quand même, Liv Delestal.
18:06Pardon, mais je pensais que vous l'aviez cité.
18:08Non, non, Liv Delestal.
18:10Elle n'a ni gardé mon prénom d'origine parce qu'elle a pris un prénom qu'elle s'est
18:14approprié.
18:15Elle a pris le nom de sa mère.
18:16Un autre choix, cher Stéphane, s'il vous plaît.
18:18J'ai une grande tendresse pour Nino Ferrer parce qu'on ne le cite jamais assez.
18:21Mais c'est un petit vrai.
18:22Je l'ai eu la chance de le rencontrer.
18:24Mon père était copain avec lui.
18:26J'ai des souvenirs de lui.
18:27Vous savez, j'ai des souvenirs de...
18:29On va écouter la roue à Madurera.
18:31Vous êtes rentré chez lui par une voiture.
18:32Il faut nous raconter cette anecdote.
18:34Il vivait à Marne-la-Coquette, dans cette espèce de domaine où il y avait Johnny, où il y avait
18:40pas mal.
18:41Et pour rentrer chez lui, il y avait une Rolls.
18:44Et on rentrait par la porte.
18:46On part de la Rolls.
18:47On sortait par la porte gauche.
18:48On était chez lui.
18:49Il y avait une haie et la porte, trop, que de continuer la haie.
18:51C'est le souvenir que j'en ai.
18:52En tout cas, peut-être que je l'ai un peu fantasmé, je crois pas.
18:55Et on se retrouvait dans un jardin qui est exactement le jardin dont il parle.
18:59Quand il parle de sa chanson, évidemment, il est un peu tôt pour moi pour me souvenir du titre de
19:06la chanson.
19:06De Néo Ferreira, le sud ?
19:08Le sud.
19:08Le sud, voilà.
19:09Et le sud, c'était ça.
19:11C'était les enfants à poil qui couraient dans la pelouse, les petits canards.
19:14Le linge qui pendait aux fenêtres.
19:15Et lui qui était là-haut et qui écrivait, qui faisait des signes depuis la fenêtre.
19:19J'ai des souvenirs extrêmement…
19:21Ce qui me touche beaucoup, en plus, c'est que c'était…
19:23Moi, j'aimais sa voix, j'aimais le bonhomme.
19:26Et c'est surtout qu'il aurait voulu être autre chose.
19:29Il a toujours dit ça.
19:31Il s'est donné la mort de ça aussi.
19:34Et ça m'a impressionné parce qu'il avait tellement de talent.
19:37Il était…
19:38Moi, je ne sais pas, c'était…
19:39Si on réécoute ses chansons, elles disent tellement de choses sur cette époque.
19:44Et sur nous, je trouve que c'est une grande tristesse.
19:48Merci beaucoup, Binti.
19:49Et on remercie notre invité, Stéphane Fraisse, d'être venu sur notre plateau.
19:52Allez l'applaudir avec Marine Delter, mais Patrick Brouel, c'est un triomphe mérité.
19:57C'est au théâtre.
19:57J'ai deux bons partenaires, il faut le dire.
20:00Et on est trois, on ne quitte pas la scène ensemble.
20:03C'est une aventure collégiale et heureuse.
20:06Et vous allez aller de rebondissement en surprise si vous allez découvrir cette pièce.
20:10Merci Stéphane.
20:10Merci.
Commentaires