- il y a 2 jours
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00:02:10Bon, laissez, laissez. On va y aller à pied.
00:02:18Vous déposerez les bagages au café de la marine.
00:02:31Bonjour.
00:02:37Vous vous êtes présenté ?
00:02:39Ils sont pas très causants.
00:02:41Ça promet.
00:02:46Mourir dans un endroit pareil...
00:02:48Une semaine près, elle était à nous.
00:02:50Elle et les bijoux de la rue Vignon.
00:02:55Mais qu'est-ce qu'elle est venue faire ici ?
00:03:12Bienvenue, commissaire. Bonjour.
00:03:14Inspecteur Lachenal ?
00:03:15Paul Lachenal.
00:03:17Ils attendent depuis quand ?
00:03:18Depuis la découverte du corps ce matin.
00:03:21Interpol nous a prévenu que la morte était sous mandat d'arrêt international lancé par vous.
00:03:25On a fermé l'écluse, interdiction de bouger.
00:03:28On leur a juste permis de promener leurs chevaux.
00:03:31On n'a pas touché au cadavre.
00:03:33Mais il faudra faire vite.
00:03:44Je comprends que tant d'hommes se soient laissés avoir.
00:03:48Mes respects, commissaire Maigret.
00:03:50Je suis le médecin mandaté par la Sécurité.
00:03:55Inspecteur ?
00:03:57Rarement envie de travail aussi bien fait.
00:03:59Quelqu'un qui avait envie.
00:04:02Envie de quoi ?
00:04:03De tuer.
00:04:04Quelqu'un de dur à la tâche, qui n'a pas lésiné, qui a tué au fond des choses.
00:04:08Cartilage brisé, cervical aussi.
00:04:10Vous voulez dire ?
00:04:12Qu'on aurait pu serrer moins fort.
00:04:13L'effet aurait été le même.
00:04:18On ne lui a rien volé apparemment.
00:04:22En tout cas, les bijoux sont pas là.
00:04:25Ça a pas l'air d'un crime de voleur.
00:04:30On dirait plutôt...
00:04:33Une histoire passionnelle.
00:04:36.
00:04:57Boxeur !
00:04:58Oh ! Boxeur !
00:04:59Boxeur !
00:05:01Il est arrivé ?
00:05:02À toi de jouer.
00:05:03Qu'on ne reste pas bloqué ici jusqu'à Noël.
00:05:12Commissaire ?
00:05:13Combien de temps on va devoir rester inquiet là ?
00:05:16Alors on ne se présente pas ?
00:05:17Tout le monde vous connaît, commissaire.
00:05:19Moi je parle pour moi-même et surtout pour ceux-là.
00:05:21Et vous êtes qui pour parler au nom de ceux-là ?
00:05:24On m'appelle le boxeur.
00:05:25C'est ce que je suis.
00:05:26Et moi c'est ce que j'étais.
00:05:27Vous tenez encore la forme.
00:05:30On a du travail, nous.
00:05:31Il y en a certains qui ont les sous de pleine ici.
00:05:34Alors il faudrait veiller à ne pas rester trop longtemps ici.
00:05:36Allez, allez.
00:05:37Laissez faire.
00:05:38Si vous voulez que ça aille vite, laissez faire.
00:05:40Si vous avez besoin de quoi que ce soit, je suis à votre disposition.
00:05:44Vous savez où me trouver.
00:05:47Et si vous ennuyez ?
00:05:49Oh non, mais il m'en ira pas.
00:05:53Merci.
00:06:01C'est pour ces messieurs ?
00:06:05Ennuie ?
00:06:05Deux.
00:06:11Qu'est-ce qu'il y a ici, dans le coin, à part votre établissement et le canal ?
00:06:16Rien.
00:06:17Pas d'hôtel, pas de tourisme.
00:06:20Rien.
00:06:22Rien pour des filles comme ça.
00:06:24Des filles comme beau.
00:06:26Je vais pas vous apprendre votre métier.
00:06:29Cette fille, c'est une...
00:06:32Ma fille.
00:06:37Il ne reste pas la hughette.
00:06:39C'est une quoi ?
00:06:41C'est une putain.
00:06:43Vous l'avez pratiquée ?
00:06:46Mes paroles, commissaire.
00:06:48Première fois que je l'ai vue, c'était ce matin dans l'écurie.
00:06:50Elle était déjà morte.
00:06:53Ça vous a pas empêché d'en déduire sa raison sociale ?
00:06:56D'où vous est venue cette illumination ?
00:07:00Je sais pas.
00:07:01Sa tenue, on s'habille pas comme ça par ici.
00:07:04Son sac, la richesse, tout.
00:07:06Ses chaussures.
00:07:08Ses chaussures.
00:07:09Ouais, on a pas idée de se promener sur le chemin de Valage avec des...
00:07:12avec des talons hauts.
00:07:14Ouais, on se tordra les chevilles.
00:07:15Pas vrai, Huguette ?
00:07:17Ça, j'aimerais bien voir qu'on puisse marcher avec des talons sur un chemin comme ça.
00:07:20De toute façon à quoi ça servirait, hein.
00:07:22Parce que c'est utile d'être coquette ici.
00:07:26On met parole, commissaire.
00:07:27On vit tranquille ici, sur ce canal.
00:07:29Une chose pareille, c'est jamais arrivé ici.
00:07:31Faut bien qu'elle y soit pour quelque chose, dans ce moment.
00:07:35Non.
00:07:39Celui qui y est pour quelque chose, c'est peut-être d'abord celui qui l'a tué.
00:07:42Non.
00:07:47C'est silencieux, la nuit, ici.
00:07:48Oh, elle est là.
00:07:52Et la nuit des crimes ?
00:07:54Il n'y a pas eu de bruit de moteur, rien.
00:08:01Elle a bien dû arriver ici d'une manière ou d'une autre.
00:08:07Cheval, à la rigueur, j'aurais pu pas entendre.
00:08:10Cheval.
00:08:12Ah oui, c'est ça.
00:08:13Elle avait tout à fait l'air d'une cavalier.
00:08:15Avec ses bottes, sa bombe, sa cramache.
00:08:23Elle est tout de même pas venue de Bruxelles à pied.
00:08:26Non.
00:08:27Elle avait l'air d'un ange, qui aurait été posée du ciel sans toucher terre.
00:08:31Tu veux dire une croqueuse de diamants, oui.
00:08:34Échouée dans une aigurie du brabant-vallon.
00:08:53Je pense que c'est le temps que nous devons avoir quelque chose à commencer aujourd'hui.
00:08:57Si vous voulez, colonel.
00:08:59Café de la Marine.
00:09:01That looks nice.
00:09:04I need something to drink.
00:09:05Do you feel thirsty ?
00:09:07Not really.
00:09:29Vous avez du champagne ?
00:09:31Oui, j'en ai.
00:09:32Très bien, de coupe.
00:09:38Monsieur, commissaire Maigret, police judiciaire, puis-je vous poser une question ?
00:09:44Où étiez-vous la nuit dernière ?
00:09:52En amont.
00:09:55Mais encore.
00:09:59Où nous étions à porte-peu ?
00:10:01Ah, ça m'importe, moi.
00:10:03Mais pour quelles raisons ?
00:10:04Un crime a été commis ici.
00:10:07La nuit dernière.
00:10:09On vous l'a dit, la nuit dernière, nous étions loin derrière.
00:10:13C'est ça que ça veut dire, en amont.
00:10:17La nuit dernière, on faisait la fête.
00:10:20Paul, va visiter le bateau de ces messieurs.
00:10:24De quel droit ?
00:10:25Laisse, Willy.
00:10:27Bon, ben j'y vais.
00:10:30Vous voyez tous ces gens, là ?
00:10:32Ils ont de la marchandise plein leur soute.
00:10:35On les attend.
00:10:37Et vous ?
00:10:40Non.
00:10:41Alors ?
00:10:43C'est parfait.
00:10:45Pas parfait.
00:10:46Personne ne me fait attendre, moi, si je ne veux pas attendre.
00:10:53Toutefois-ci, nous pouvons vous aider.
00:10:56Mais je n'en attendais pas moins de vous.
00:10:59Alors vous allez commencer par me dire si vous avez croisé cette jeune femme
00:11:04sur le canal, en amont.
00:11:12Mais c'est une femme femme.
00:11:16Votre femme.
00:11:18En fait, ma femme.
00:11:26Depuis quand ?
00:11:27Ben depuis notre mariage.
00:11:31Depuis un mois.
00:11:36Et bien...
00:11:37Nous allons aller la voir.
00:11:59Vous la reconnaissez ?
00:12:02Oui.
00:12:05C'est où ?
00:12:08C'était là.
00:12:16Chloria, ma fille, je me suis dit...
00:12:18Faut que tu quittes ce rafiot.
00:12:20Faut que tu vises plus haut.
00:12:22Alors vous pensez maintenant ?
00:12:23Maintenant quoi ?
00:12:25Ben maintenant, vous me dites que Marie est morte.
00:12:29Vous vous entendiez bien avec Marie ?
00:12:31Non, c'est pas ça.
00:12:32C'est pas qu'on s'entendait bien.
00:12:34C'était la seule à ne pas boire tout le temps.
00:12:35La seule qui avait quelque chose dans la tête.
00:12:38Elle aussi, elle aurait voulu devenir riche.
00:12:41Comme moi.
00:12:43Elle vous l'a dit ?
00:12:44C'est des choses qui se sentent.
00:12:46Vous voulez pas me tenir les cheveux ?
00:12:49Depuis que le colonel est revenu des Indes,
00:12:51il croit que la Terre entière, c'est les Indes.
00:12:54C'est pour ça qu'il vit sur un bateau.
00:12:57Chaque fois qu'il s'arrête, il est déçu.
00:13:00Ben, il sent bien que c'est pas pareil.
00:13:02Qu'est-ce qui est pas pareil ?
00:13:03L'obéissance.
00:13:05Là-bas, tout le monde marche au pas.
00:13:07Pas ici.
00:13:09Vous croyez que Marie y obéissait ?
00:13:11Je sais pas.
00:13:13Rien du tout, Marie était libre comme l'air.
00:13:16J'ai d'ailleurs jamais compris pourquoi
00:13:18elle s'accrochait à cette noix.
00:13:20Cette noix ?
00:13:21Raffio.
00:13:23Pourquoi elle s'accrochait à Willy,
00:13:26cette crapule de Willy, cette sangsue.
00:13:27C'est bon les cheveux.
00:13:30Il a lâché pas.
00:13:34Vous le répétez à personne, hein ?
00:13:36Mais on aurait cru que c'était lui le mari.
00:13:39Et pourtant...
00:13:40Et pourtant quoi, Gloria ?
00:13:41Le vieux était complètement fou d'elle.
00:13:43Complètement maboule.
00:13:46Le soir, quand il était sous,
00:13:49c'est-à-dire tous les soirs,
00:13:51il la regardait, c'est tout.
00:13:54On aurait cru qu'il voulait la boire à la place de son jean.
00:13:57Et vous ?
00:13:58Qui est fou de vous ?
00:14:01Ça vous regarde ?
00:14:17Je descends avec ces messieurs.
00:14:29Nom, prénom, qualité ?
00:14:33Sir Walter Lamson,
00:14:35colonel en retraite de l'armée des Indes.
00:14:39Monsieur ?
00:14:40Ben, c'est un ami, Willy Marco.
00:14:45Grec par mon père,
00:14:47hongrois par ma mère.
00:14:48Votre métier, c'est quoi ?
00:14:50Ben, je vous l'ai dit, c'est un ami.
00:14:52Ah.
00:14:53C'est un beau métier.
00:14:56Et la jeune fille sur le pont ?
00:14:58Oh, Gloria, ben, c'est aussi une amie.
00:15:01Oh, mais vous êtes très entouré.
00:15:03Ben oui, c'est les voyages qui attirent.
00:15:07Et là ?
00:15:09Les cabines.
00:15:26Votre femme.
00:15:27Enfin, la dernière,
00:15:28parce que je suppose qu'il y en a eu beaucoup d'autres.
00:15:31Ben, ça regarde que moi.
00:15:33Pour l'instant.
00:15:36Marie, vous l'avez connue en voyage aussi ?
00:15:38Ah, ben, je ne l'ai pas connue dans les mers du Sud, non ?
00:15:41Je l'ai connue chez vous, en France.
00:15:44Don't touch !
00:15:54Qu'est-ce qu'il y a à fait ? On sait ?
00:15:57Non, on ne sait pas.
00:16:00Avec une colle ?
00:16:01Avec ça.
00:16:09Quand avez-vous vu Marie-Lampson pour la dernière fois ?
00:16:15Oui, lui.
00:16:18Il y a deux jours.
00:16:20On a pensé qu'elle avait disparu pour la soirée.
00:16:23Elle n'est pas revenue.
00:16:25Ça ne vous a pas inquiété ?
00:16:27Et pourquoi ? Elle fait ce qu'elle veut, n'est-ce pas ?
00:16:31Et elle disparaissait comme ça ?
00:16:35Souvent ?
00:16:44Souvent ?
00:16:48Passez votre temps sur le pont, comme ça ?
00:16:50Dès qu'il fait beau, je sors.
00:16:52Vous devez en savoir des choses.
00:16:55Et pourquoi j'en saurais des choses ?
00:16:59Parce que vous êtes à la fois dehors,
00:17:02à la fois dedans,
00:17:04que vous voyez tout ce qui s'y passe.
00:17:06Si vous essayez de me faire dire que je sais qui a tué Marie,
00:17:10vous vous mettez le doigt dans l'œil.
00:17:14Hé, oh !
00:17:15On n'est pas chez Guignol ici, hein !
00:17:17Allez, dégagez !
00:17:32Et votre matelot, qui est-ce ?
00:17:34Qui, Vladimir ?
00:17:36C'est un ancien aspirant de la marine russe.
00:17:40Pas de domestique ?
00:17:42Vladimir s'occupe de tout.
00:17:47Bon, commissaire Maigret, qu'est-ce que vous cherchez, hein ?
00:17:51Ce que vous savez.
00:17:58Et c'était quel genre de fête, la nuit où Marie a disparu ?
00:18:05Une belle nuit, oui.
00:18:11Ah, vous pourriez pas comprendre.
00:18:14Je vais faire un effort.
00:18:15La nuit qui n'en finit pas, le jour qui se lève jamais,
00:18:19le temps qui s'arrête, n'est-ce pas ?
00:18:21Une fête comme toutes nos fêtes.
00:18:24Musique sur le pont, champagne, des invités.
00:18:28Des mariniers ?
00:18:31Des membres du Yacht Club.
00:18:33Le beau monde est toujours disposé à passer sa soirée sur le Southend Cross.
00:18:36Pensez l'armée des Indes.
00:18:38Marie n'était pourtant pas de ce monde-là.
00:18:41Comment vous le savez ?
00:18:42Vous me permettrez de poser les questions et d'attendre les réponses.
00:18:46Non, elle faisait pas partie de ce monde-là, mais...
00:18:50Elle brillait comme une étoile.
00:18:55Il vous arrive donc de supporter qu'on ne soit pas de votre milieu ?
00:18:59Sir Walter Lamson ne s'occupe jamais de l'origine sociale de ces femmes.
00:19:07Et vous ?
00:19:08Quoi, moi ?
00:19:10Hongrois, grec, mais encore.
00:19:12On vous l'a dit ?
00:19:13Non, mais j'ai pas bien entendu.
00:19:16Je m'occupe du colonel.
00:19:18Ça lui coûte cher ?
00:19:20Demandez-lui.
00:19:21Je répète, ça lui coûte cher ?
00:19:23Pas tant que ça.
00:19:25On verra.
00:19:26On verra quoi ?
00:19:27J'aime bien savoir ce que gagnent les gens.
00:19:30Et surtout, comment ils le gagnent ?
00:19:38Vous faites la fête.
00:19:41Marie n'est pas là.
00:19:42Elle ne rentre pas.
00:19:43Et vous partez sans l'attendre.
00:19:45Sans avertir la police.
00:19:46Sur le canal, on peut pas s'envoler.
00:19:49Marie, elle pouvait nous rattraper à n'importe quelle écluse.
00:19:53Oui, c'est ce qu'elle a fait.
00:19:54Et cette fois-ci, vous allez l'attendre.
00:19:56What it means ?
00:19:57Ça veut dire que tant que Marie ne m'a pas révélé le nom de son assassin,
00:20:00vous êtes consigné à qui ?
00:20:02Par rapport au colonel, à Willy, à Vladimir.
00:20:06Vous êtes qui ?
00:20:08Qui je suis ?
00:20:11Rien.
00:20:12Une dont on sert ?
00:20:14Et qui se sert de vous en particulier ?
00:20:17Tout le monde.
00:20:22On continuera plus tard.
00:20:29Commissaire.
00:20:30Sœur Lambson ne tiendra pas longtemps à quai.
00:20:32Il va vite se sentir mal.
00:20:34Il faut qu'il bouge, vous comprenez ?
00:20:36C'est quand même un ancien...
00:20:37L'armée des Indes, je sais.
00:20:39Mais puisque vous n'avez rien trouvé sur le bateau.
00:20:41Comment rien ?
00:20:42Et Marie, elle était pas sur le bateau ?
00:21:05Sous-titrage Société Radio-Canada
00:21:06Sous-titrage Société Radio-Canada
00:21:22Sous-titrage Société Radio-Canada
00:21:38S'il vous plaît, si on pouvait la lui passer à la mort.
00:21:45On peut savoir ?
00:21:47Le colonel souhaite que Marie soit mise en terre avec une certaine robe.
00:21:51Sans bijoux ?
00:21:52Pardon ?
00:21:53Vous l'enterrez sans bijoux ?
00:21:56Pourquoi voulez-vous qu'on mette des bijoux à une morte ?
00:21:58Ça se fait.
00:22:00Les Indiens font ça.
00:22:02Les Indiens ?
00:22:03Oui, les Indiens des Indes.
00:22:04Ceux que le colonel a fréquentés, jadis.
00:22:07Mais...
00:22:08Peut-être le colonel n'a-t-il jamais offert de bijoux à Marie ?
00:22:12Non.
00:22:13Il ne lui en a jamais offert.
00:22:14Vous non plus ?
00:22:16Moi ? Vous rigolez ?
00:22:17Pourquoi j'aurais fait ça, c'était pas ma femme ?
00:22:19Ah...
00:22:22Tiens, donne-leur un coup de main.
00:22:35Tiens, donne-leur un coup de main.
00:22:52Faudrait pas gâcher leurs vacances.
00:22:57On n'est pas en croisière, nous, le commissaire.
00:22:59Vous avez vu nos femmes sur le pont des Péniches en train de se faire bronzer, là ?
00:23:02C'est pas elles que vous allez passer de la pommade, hein ?
00:23:06J'ai de la charge dans la soute, moi.
00:23:07Et du périssable qui m'attend.
00:23:09Alors quitte à être retenu ici, autant que ce soit pour être interrogé.
00:23:14Ça tombe à pic.
00:23:16C'est exactement ce que j'allais vous demander.
00:23:19C'est où chez vous ?
00:23:26C'est la première juste en face, là.
00:23:29La solitude ne vous pèse pas trop ?
00:23:31Pas avec la carrière que j'ai eue, non.
00:23:34C'est bien ?
00:23:36Les souvenirs suffisent largement.
00:23:38Des souvenirs de quoi ?
00:23:40Soixante combats, quarante-cinq victoires.
00:23:43Et la moitié avant la limite.
00:23:44Et vous avez pas fini champion du monde avec un palmarès pareil ?
00:23:49Avec votre carrière, vos souvenirs, je comprends que la solitude ne vous pèse pas trop, mais...
00:23:53Pour manœuvrer tout ça...
00:23:55De bons bras et une bonne tête.
00:23:58Et quand on s'entraîner avec Cerdan, c'est pas une péniche qui va décider du sens des choses.
00:24:06Elles sont en quoi, vos femmes ? En papier ?
00:24:09Ça doit être dur avec votre tempérament.
00:24:14Le Robinson, on peut pas le serrer dans ses bras, même avec des bras comme les vôtres.
00:24:21Vous éprouvez toujours le besoin de cogner ?
00:24:24Ça m'arrive, oui.
00:24:29Et quand ça vous arrive, ça tombe sur qui ?
00:24:32Ça dépend.
00:24:35Ça dépend de quoi ?
00:24:37Ça dépend de qui j'ai en face de moi.
00:24:42Et la dernière fois, c'était qui en face de vous ?
00:24:46Ça, c'est mes affaires, commissaire.
00:24:50Il faut voir.
00:25:19Vous les connaissez, les gens de la Providence ?
00:25:21On se connaît tous, oui.
00:25:23Et quel genre de rapport vous avez avec eux ?
00:25:26Vous voulez savoir si on s'est mis ensemble pour tuer la fille ?
00:25:31Vous feriez un excellent flic.
00:25:35Allez, continue.
00:25:40Bon, eh ben, on va y aller.
00:25:46Alors, la nuit du crime, vous faisiez quoi ?
00:25:49La nuit du crime, je dormais.
00:25:51Personne à vos côtés ?
00:25:53Quoi ?
00:25:55Personne qui puisse témoigner que cette nuit-là, qui est une nuit un peu particulière, vous dormiez.
00:26:00Si quelqu'un pouvait, je le ferais taire.
00:26:03Pour quelles raisons ?
00:26:04Faut que personne ne vienne fouiller dans mes nuits.
00:26:07Il m'appartienne, j'en fais ce que je veux.
00:26:10De même que certains.
00:26:13Certains ?
00:26:14Eh, ceux qui se tortissent au lieu d'en face.
00:26:16Pendant que vous m'empêchez, moi, de gagner ma vie.
00:26:18Bon. Alors, la nuit du crime, vous dormiez. C'est parfait. Et la veille ?
00:26:24Je serais battre un Panama dans le but d'écluser en tête, ici.
00:26:28Et pour votre gouverne, un Panama, c'est une péniche qui n'a ni moteur ni chevaux à bord.
00:26:32On loue un Chartier avec ses bêtes.
00:26:34On va tirer.
00:26:36Vous savez, le commissaire a une grande expérience. Moi, non.
00:26:39Il a de la patience, mais j'en ai moins. C'est normal, je suis jeune, je sors de l
00:26:42'école.
00:26:43Mais je connais la loi, comme vous connaissez la navigation.
00:26:46Or, il y a quelque chose, dans votre regard, qui ressemble fort à de l'outrage à magistrats.
00:26:54Dans le regard ?
00:26:56Tant que ça reste dans le regard, inspecteur.
00:27:11Colonel, on ne peut pas rester là.
00:27:13Ces types finissent toujours par trouver ce qu'ils veulent.
00:27:15Même s'il n'y a rien à trouver.
00:27:18Donc, qu'est-ce que ?
00:27:20Je ne sais pas. Vous connaissez le monde entier. Des gens qui peuvent mettre un terme à n'importe quelle
00:27:23enquête.
00:27:24Ce maigret n'opère même pas dans son pays.
00:27:28Maigret, il peut opérer où il veut.
00:27:30C'est pas en le fuyant qu'on peut lui échapper.
00:27:34Moi, je n'ai jamais fui.
00:27:35Ni dans les Indes, ni pendant le chemin des Dames, en 14.
00:27:40Non, à la mort, je ne l'ai jamais fui.
00:27:58Commissaire Maigret.
00:28:00Je sais, on s'est vus au café. Et puis, on parle beaucoup de vous, ici.
00:28:04Ah.
00:28:06Vous savez, on n'est pas comme tout le monde.
00:28:09On comprend.
00:28:11Vous comprenez quoi ?
00:28:13Que vous nous reteniez.
00:28:15Un crime pareil, sur un canal aussi tranquille, une si belle dame.
00:28:20Oui.
00:28:22On m'appelle la Hollandaise.
00:28:25Et là-bas, ce sont mes deux hommes, Henri et Jean.
00:28:28Vos deux hommes ?
00:28:29Henri, c'est mon mari et Jean, c'est notre chartier.
00:28:32Ah, nous ne sommes pas un Panama.
00:28:34Nous avons nos chevaux à bord.
00:28:35De toute façon, nous n'aurions pas de quoi nous offrir un moteur.
00:28:40Henri, mon mari et Jean.
00:28:45On se connaît.
00:28:46On s'est déjà salués.
00:28:49Vous vouliez un renseignement ?
00:28:50Autant me le demander à moi.
00:28:51Mon mari ne parle que le flamand.
00:28:53Et quant à Jean, c'est notre ours.
00:28:57Est-ce que quelqu'un a vu ou entendu quelque chose d'anormal sur le canal la nuit du crime
00:29:03?
00:29:08S'il y avait eu quelque chose à voir, Jean l'aurait vu. Il se lève tous les matins à
00:29:11trois heures.
00:29:14Alors ?
00:29:15Jean, la nuit dernière, à trois heures, rien ?
00:29:23Rien, monsieur le commissaire.
00:29:25Il est muet ?
00:29:26Mais je vous l'ai dit, monsieur le commissaire, c'est un ours.
00:29:29On peut voir où il dort.
00:29:33Vous soupçonnez Jean ?
00:29:34Je soupçonne tout ce qui a demain et qui était présent sur le canal la nuit du crime.
00:29:47C'est là qu'il dort ?
00:29:49C'est là.
00:29:50Ah, c'est lui qui l'a choisi.
00:29:52On lui a bien proposé de partager la cabine avec nous, mais il n'a jamais rien voulu savoir.
00:29:56C'est bête, c'est tout ce qui l'intéresse, c'est bête.
00:30:00Et les femmes ?
00:30:02Quoi les femmes ?
00:30:04Ça l'intéresse ?
00:30:07Ben, ça vous regarde ?
00:30:09C'est que les hommes m'ont l'air bien seuls sur le canal.
00:30:13Pas le bien tout de même.
00:30:15Non, non, pas votre mari.
00:30:19Vous voyez, à peine fini de manger, il est avec eux.
00:30:24Qu'est-ce qu'il leur raconte ?
00:30:26Je sais pas.
00:30:28Ils seront des mots grossiers, mais dit avec tellement de gentillesse.
00:30:32On dirait qu'il ne connaît que ces mots-là.
00:30:53On peut savoir où vous comptez aller, messieurs.
00:30:56D'ordinaire, mon cher, le soir, nous sortons.
00:30:58Nous accostons toujours dans les villes. Dans les villes, il y a des fêtes chaque nuit.
00:31:02Les villes sont des fêtes. Vous n'ignorez pas.
00:31:05Vous partez pas d'ici.
00:31:07Avec ce yu-yu et ce rameur, et où voulez-vous qu'on aille ? Jusqu'aux Ganges ?
00:31:12Sachez, monsieur, que le colonel Lamson n'a jamais tenté d'échapper à son destin.
00:31:16Même sur le chemin des dames.
00:31:19En Inde, il n'a pas fui le tigre. Le tigre du Bengale, inspecteur.
00:31:22Je voudrais juste être sûr que vous n'en portez rien avec vous.
00:31:25Qu'est-ce qu'on en porterait ?
00:31:28Vous le savez aussi bien que moi, non ?
00:31:29Ça.
00:31:34Non, non, pas ça, non.
00:31:37Est-ce qu'on finira bien par trouver, même si je dois le découper au chaliment, votre bateau ?
00:31:40Bon, allez, Winnie. Allons-y, ram.
00:32:13Bon, allez, s'il vous plaît.
00:32:15Bon, alors, les gars, qu'est-ce que vous prenez ?
00:32:17Je sens qu'il y a une délégation qui se prépare.
00:32:20Non, l'arche n'est pas là.
00:32:22Marcel Cerdan.
00:32:25Mon oncle, vous m'avez appris que les meilleurs indices se trouvaient là, on ne les cherchait plus.
00:32:30Alors, vous me permettez de retourner là où rien n'était trouvé ?
00:32:32Dans les curies ?
00:32:34Exact.
00:32:38Petite goutte pour finir, commissaire, offerte par la maison.
00:32:41Petite goutte, alors.
00:32:43Bonsoir, commissaire.
00:32:46Et vous me ferez le plaisir de ne pas me l'offrir.
00:32:51Votre chambre-prête, commissaire. Linge propre et tout ce qu'il faut.
00:32:55Bien sûr que le linge est propre.
00:32:59Bon, allez, c'est bon comme ça. Va te coucher, Huguette.
00:33:13Bonsoir.
00:33:18Bonsoir.
00:33:27Bonsoir.
00:33:29Chut.
00:33:32Pourquoi ?
00:33:35Pourquoi quoi ?
00:33:37Pourquoi moi ?
00:33:38Pourquoi pas ?
00:33:42Pourquoi ?
00:33:43Si je veux pas ?
00:33:49Si je veux pas.
00:33:53Tant.
00:33:58Tant.
00:34:00Tant.
00:34:02Tant.
00:34:04Tant.
00:34:04Tant.
00:34:10Tant.
00:35:41...
00:36:20Oh, c'est pas une bonne planque.
00:36:23À votre place, je me méfierais des taupes, des verts et tout ce qui rouille là-dedans.
00:36:30À moins que ce que vous cachiez soit impérissable.
00:36:34Allez, donnez-moi ça.
00:36:46Ah, bah c'est ça.
00:36:49C'est exactement ça.
00:36:54J'espère que tout y est.
00:36:57Presque.
00:37:00On verra plus tard.
00:37:01Pour le moment, dites-moi comment tout ça est entre vos mains.
00:37:06Vous avez les bijoux, votre enquête est finie.
00:37:08Non, non, pour l'enquête, c'est moi qui décide.
00:37:10Et puis vous semblez oublier une petite chose.
00:37:13Une femme est morte à cause de ça.
00:37:17C'est pas à cause des bijoux que Marie est morte.
00:37:20Et c'est à cause de quoi, alors ?
00:37:22Ben j'en sais rien, commissaire. J'en sais rien.
00:37:27Eh ben vous voyez, l'enquête continue.
00:37:38Commençons par le commencement.
00:37:40Et le commencement, c'est Marie.
00:37:44Je l'ai rencontré à Deauville.
00:37:47Le colonel joue au casino, il adore jouer le colonel.
00:37:50On était au bar, Marie et moi, on s'est mis à causer.
00:37:54Elle était belle.
00:37:55Oui, je sais.
00:37:56Vous l'avez rencontré avant qu'elle ne connaisse le colonel ?
00:38:00C'est moi qui laissais présenter.
00:38:02Elle ne vous plaisait pas ?
00:38:03C'est moi qui ne convenais pas à une si belle femme,
00:38:06si riche,
00:38:07une femme qui se cachait, qui cherchait un mari.
00:38:10Un mari, mais pas n'importe lequel, qui en impose.
00:38:12Qui puisse la sortir de France, lui procurer une nouvelle identité.
00:38:15Elle m'a montré ses bijoux.
00:38:16Elle n'avait pas le choix, elle vous sentait derrière son dos.
00:38:19J'étais pas loin, c'est vrai.
00:38:22Elle m'a demandé de ne pas m'enquérir de leur provenance, je l'ai aidé.
00:38:26Pourquoi ?
00:38:28Je l'aimais.
00:38:30Les bijoux aussi ?
00:38:32Quoi ?
00:38:33Vous aimiez les bijoux aussi.
00:38:38Elle vous aurait chargé de les écouler.
00:38:41Donnant, donnant.
00:38:42Vous aviez un mari sous la main, elle avait les bijoux.
00:38:44Vous auriez partagé les bénéfices.
00:38:47Ce meurtre était une aubaine.
00:38:52Il vous laissait seul mettre des bijoux.
00:38:54C'est pas vrai.
00:38:56J'ai voulu les jeter à l'eau, ces bijoux.
00:38:58Vous avez voulu.
00:38:58J'ai pas pu.
00:39:01Une fortune pareille, ça se fait pas.
00:39:04Rien ne se fait de ce que vous avez fait depuis le début, Willy.
00:39:08Depuis votre accord avec Marie.
00:39:13Qu'est-ce que vous savez de ce qu'on pouvait faire ou non pour Marie une fois qu'on
00:39:15l'avait dans la peau ?
00:39:23On va déranger ou être dérangé.
00:39:25Suivez-moi.
00:39:32Prenez l'escalier.
00:39:48Donc vous présentez Marie au colonel.
00:39:52Elle lui plaît noyer dans ses vapeurs et ses ânes.
00:39:57J'étais à son service depuis des années.
00:39:58Je connaissais ses goûts.
00:40:01Premier regard, le colonel est devenu fou amoureux de Marie.
00:40:05Il n'y avait jamais vu de femme pareille.
00:40:07Ni aux Indes, ni ailleurs.
00:40:13Bien entendu, le colonel ne savait rien des bijoux.
00:40:16Rien.
00:40:20Et pour Marie et vous, il savait ?
00:40:23C'est petit Hayout.
00:40:25Vous faisiez ça dans le liotte.
00:40:27On faisait ça quand le colonel était trop sou pour bouger de son fauteuil ou de sa couchette.
00:40:32Je n'aurais jamais cru que la vie puisse être aussi trépidante à bord d'un si petit bateau.
00:40:37Ne vous moquez pas, commissaire.
00:40:38Non, je ne me moque pas.
00:40:42Marie vous aimait-elle ?
00:40:44Commissaire, vous l'avez bien compris, non ?
00:40:46Non, mais j'ai mieux entendre que comprendre.
00:40:48Marie ne m'aimait pas.
00:40:50Mais elle dépendait un peu de moi, alors elle me permettait de temps en temps.
00:40:54Et vous n'en avez jamais parlé avec le colonel ?
00:40:57Il ne faisait pas l'amour avec Marie.
00:40:58Il suffisait qu'elle soit là, autour, qu'ils la sentent.
00:41:03Je n'ai jamais vu quelqu'un comme lui.
00:41:05Aimé avec une telle force.
00:41:17Mais elle est morte et les 20 ans du colonel aussi.
00:41:19Et depuis, il m'a en vœu de tout.
00:41:21D'avoir été l'amant de Marie, d'abord, comme s'il n'avait rien su depuis le début.
00:41:26Il boit de plus en plus et il s'en prend à moi maintenant.
00:41:28Aujourd'hui, il a failli me tuer.
00:41:29Sans compter qu'avec la fouille de ce matin et votre inspecteur, ces histoires de chalumeaux,
00:41:34Sir Lamson voulait savoir pourquoi on s'en prenait à son bateau.
00:41:36Et c'est à moi qu'il l'a demandé, avec ses paluches comme des battoirs.
00:41:42Commissaire, les bijoux, vous ne pensez pas que c'est moi qui les ai volés ?
00:41:46Je sais qui les a volés.
00:41:48Et vous saviez où ils étaient.
00:41:52Nous sommes quittes.
00:41:54Quittes ?
00:41:56Vous n'avez pas tué Marie.
00:42:00Par contre, vous pouvez peut-être me dire comment elle est venue du yacht jusqu'à l'écluse.
00:42:06Dans le canot, celui du South Sand Cross.
00:42:09Comment c'est elle qui ramait ?
00:42:11C'est moi.
00:42:12Et elle avait rendez-vous avec qui ?
00:42:14Si je le savais.
00:42:15Si vous le saviez ?
00:42:18Je ne retournerai peut-être pas sur le South Sand Cross.
00:42:22Pourquoi ?
00:42:23Le colonel et les femmes, ça n'a jamais collé.
00:42:25Mais Marie, il les met trop pour supporter qu'elle le quitte.
00:42:33Je vais vous rendre un service, Willy.
00:42:36Ah oui.
00:42:40L'interdiction de quitter l'écluse ne vaut plus bon mot.
00:42:45Partez.
00:42:46Allez prendre l'air ailleurs.
00:42:47Vous me téléphonerez pour me dire où vous êtes.
00:42:49Et où est-ce que j'irais, commissaire ?
00:42:51Je ne sais pas.
00:42:52On n'avait personne.
00:42:53Pas de famille, pas d'amis, pas d'argent.
00:42:58J'avais Marie.
00:43:02J'avais des bijoux.
00:43:19Je ne sais pas, même plus.
00:43:30Je sais pas.
00:43:32Je sais pas, j'aurais Didier.
00:43:36Je ne sais pas.
00:43:39Je ne sais pas que j'irais.
00:43:40L'autre chose.
00:43:57T'es un somniaque ?
00:44:00Ça tombe bien moi aussi.
00:44:09C'est quoi qui t'a donné soif comme ça ?
00:44:11C'est d'avoir causé.
00:44:13J'ai beaucoup causé.
00:44:17De qui ?
00:44:19De moi ?
00:44:21Oui.
00:44:22J'ai réveillé le commissaire pour lui parler de toi, Gloria.
00:44:25Et je lui ai expliqué que t'étais une femme comblée,
00:44:27qui n'attendait qu'une seule chose, que Marie disparaisse.
00:44:31Pour rassurer-toi, je ne lui ai pas dit que tu l'avais tué.
00:44:35Seulement que, sans marier à l'heure qu'il est,
00:44:37le yacht serait à toi, le colonel serait à toi,
00:44:39et que tu t'appellerais Miss Gloria Lamson.
00:44:41Sale petit con !
00:44:43Mais tu t'appelles pas comme ça ?
00:44:44T'as pas de nom.
00:44:46T'es comme moi.
00:44:53Et si on se mariait tous les deux ?
00:44:55Va crever.
00:45:09Montrez.
00:45:14Les bijoux de la Révinion.
00:45:17Un clip.
00:45:21Un pendentif.
00:45:26Un colis.
00:45:28Tu feras l'inventaire, il doit manquer deux ou trois bagues.
00:45:32Mais vous les avez trouvées où ?
00:45:35T'as mis Willy à cran avec tes histoires de chalumeaux.
00:45:38C'est comme s'il me les avait livrées à domicile.
00:45:42Le casque de la Révinion, un casque banal,
00:45:45qui tourne mal, un policier tué.
00:45:48Le braqueur, blessé, qui réussit à s'enfuir,
00:45:53il retrouve sa femme, Marie Dupin.
00:45:58Et il meurt dans ses bras.
00:46:02Marie se sauve avant notre arrivée.
00:46:05Avec les bijoux, bien sûr.
00:46:07Et après ?
00:46:09Attends, j'y viens.
00:46:12Grâce à Willy, qui devient son amant,
00:46:15elle se trouve un nouveau mari.
00:46:17Un aristocrate anglais d'un autre âge.
00:46:20Walter Larson.
00:46:22Sir Walter Larson.
00:46:25Le braqueur mort s'accomplisse aussi.
00:46:27Les bijoux entre nos mains.
00:46:28Qu'est-ce qu'il nous reste à faire ?
00:46:29Et ça t'intéresse pas de savoir pourquoi Marie a été tuée ?
00:46:33Et qui l'a fait ?
00:47:02Monsieur le comissaire.
00:47:05Monsieur le comissaire.
00:47:08Monsieur le comissaire.
00:47:11Monsieur le comissaire.
00:47:12Monsieur le comissaire.
00:47:12On essaie de sortir un homme de Louvre.
00:47:14On est sur Saint-Croces.
00:48:16Approchez, colonel
00:48:24Quel rôle vous lui faisiez jouer à Willy ?
00:48:28Il m'a supporté
00:48:30C'est pour ça qu'il était à mon service
00:48:33Vous pouvez tout lui dire, le traîner dans la bouille, brancher, pas, jamais
00:48:37Je n'ai jamais connu de serviteur plus dévoué depuis les Indes
00:48:41Votre vie ne s'arrête pas aux Indes ?
00:48:44Ma vie, elle s'arrête à Marie
00:48:47Elle a commencé avec elle, elle a fini avec elle
00:48:51Je n'ai pas vécu longtemps, n'est-ce pas ?
00:48:56Nous avons fait ça ensemble, l'un l'autre
00:49:00Elle a dit stop, j'ai dit stop, ou le contraire
00:49:05C'est un peu confus, comment dois-je interpréter ça ?
00:49:09Comme vous voulez
00:49:11Mary
00:49:13Willie
00:49:25Conseil de crime, vous pouvez me jeter dans la prison, si ça vous chante
00:49:29La prison, je connais, je connais bien
00:49:32Ça vous intéresse ?
00:49:37Les antécédents judiciaires m'intéressent toujours
00:49:39Ah ben alors vous pourrez feuilleter les archives de la Wehrmacht, vous y verrez mon nom
00:49:50Continuez
00:49:58La dernière guerre, je ne l'ai pas faite en Inde
00:50:01Mais chez vous, au sol
00:50:04Le problème c'est que je n'ai pas fait longtemps
00:50:07Oui oui, j'ai commencé au ciel en parachute
00:50:09Et puis j'ai fini en bas dans un trou dans la forteresse
00:50:13C'est depuis que ?
00:50:15Non, c'est à cause
00:50:17C'est à cause de ça que je me suis fait prendre
00:50:22Sauter, je ne pouvais pas y arriver tant que je n'avais pas fait monter la pression
00:50:26Il a l'acheté commissaire, il a l'acheté
00:50:30Toutes les bêtises de ma vie, c'est à cause de ça
00:50:34Marie aussi ?
00:50:36Même Marie
00:50:39Sauf qu'elle
00:50:41Il y avait comme moi qui avait le droit de la toucher, vous comprenez ?
00:50:44Comme moi !
00:50:46Aïe !
00:50:54Vous devriez vous soigner
00:50:56Sous-titrage Société Radio-Canada
00:51:22Deux morts
00:51:24On suivait une femme pour complicité de vol et on se retrouve avec deux morts
00:51:27On la retrouvait où exactement ?
00:51:31Là, flottant entre le Cerceur de Cross et le Robinson
00:51:36Ça ne veut pas dire qu'il soit tombé d'un de ses bateaux
00:51:38Il a très bien pu être balancé plus loin et il aurait dérivé jusqu'ici
00:51:42Ce serait trop beau que les assassins se mettent à abandonner les cadavres au pied de leur maison
00:51:48Elle ne s'arrange pas, hein ?
00:51:51Il faudrait peut-être penser à nous laisser partir
00:51:53Avant qu'on y passe tous
00:51:55Quelque chose me dit que si quelqu'un doit y passer, ce ne sera pas vous
00:52:13Ça n'a pas pu se passer au diable Vauvert
00:52:16Ça a dû se passer par ici
00:52:19Oui, il ne s'est même pas battu, c'est ça ?
00:52:21Il n'a pas pu mourir sans se défendre
00:52:24On ne se laisse pas être ranglés comme ça
00:52:26Sauf si l'adversaire est trop fort
00:52:27Beaucoup plus fort que soi
00:52:29Dis ton colonel que tu penses, Willy et Louis se sont disputés l'après-midi
00:52:33Mais seulement disputés, c'est tout
00:52:37Willy n'est pas mort de cette dispute-là
00:52:38Il est mort d'une autre, plus sérieuse
00:52:41Qui a eu lieu juste après qu'il m'ait quitté
00:53:01Soit Willy et son assassin sont venus ici pour discuter
00:53:04Et la discussion a mal tourné
00:53:06Soit on a poursuivi Willy qui s'enfuyait
00:53:08Et on l'a cueilli ici
00:53:29Soit on a cueilli ici pour aller
00:53:38Sous-titrage Société Radio-Canada
00:53:48Sous-titrage Société Radio-Canada
00:54:09Non, merci. Dites-moi, Willy faisait partie du Yacht Club de France ?
00:54:17Moi, j'appartiens au Yacht Club de France et j'appartiens même au Royal Yacht Club d'Angleterre.
00:54:25Pourriez-vous me montrer le veston que vous portiez hier ?
00:54:28Il a dit bien le veston.
00:54:43Vous parliez d'une dispute, c'était une bagarre.
00:54:46Oui, je parle mal le français.
00:54:48Quand ça vous arrange.
00:54:52Cette dispute, où a-t-elle eu lieu ?
00:54:56Quand votre inspecteur a bonté de nous laisser partir, Willy et moi, on a abordé sur la berge, pas loin.
00:55:05Ça, c'était le soir.
00:55:07Fine.
00:55:10Et vous y êtes retourné pendant la nuit ?
00:55:12Pour nous battre ?
00:55:13Par exemple ?
00:55:14Non, un gentleman ne se bat pas la nuit, ça, jamais.
00:55:18La nuit, c'est bon pour les petits, les malfrats, les flics.
00:55:24Sœur Lamson, les flics ne se battent pas non plus la nuit, sauf quand ils y sont obligés.
00:55:30Par exemple, pour éviter que de pauvres types soient repêchés dans le canal.
00:55:45On le laisse ?
00:55:46Pourquoi on le laisse ?
00:55:48T'as des charges contre lui ?
00:55:50Bien sûr.
00:55:52Quand c'est moi qui trouve les indices, ça compte pas, c'est ça ?
00:55:54C'est un violent, un hyper-violent.
00:55:56Non, le tueur est d'une force exceptionnelle, on le sait depuis le premier jour, le colonel est d'une
00:56:00force exceptionnelle.
00:56:01Il n'est pas le seul.
00:56:43Vous n'étiez pas sur le Robinson cette nuit.
00:56:47Écoutez, si c'est moi qui avais fait le coup, je me tairais.
00:56:49Et si je l'avais vu faire, je me tairais aussi.
00:56:52Vous savez pourquoi ?
00:56:53Je crois savoir, oui.
00:56:55Je vous le dis quand même.
00:56:56Parce que les condés me font de la nausée.
00:56:58Il n'y a qu'à vous, on y flèche.
00:57:00C'est la dernière fois que je vous le demande.
00:57:05Où avez-vous passé la nuit ?
00:57:10Avec moi, commissaire.
00:57:17Et aujourd'hui aussi, on est ensemble.
00:57:20Et demain, et tous les jours de notre vie.
00:57:25Je vais partir de ce trou.
00:57:27De ce maudit café, de cette écluse toujours la même depuis que je suis née.
00:57:31On va se marier.
00:57:34Vous lui avez fait croire ça.
00:57:38Oh, vous avez bien réussi à faire croire que vous étiez boxeur.
00:57:42Moi-même, je l'ai cru.
00:57:44Un boxeur, un vrai.
00:57:46Après avoir accroché, il aurait pris 20 kilos.
00:57:49Il aurait autant de bourrelets autour de la taille que d'abdominaux jadis.
00:57:53Il ne taperait plus dans un sac.
00:57:56Il en aurait trop pris ou trop donné.
00:58:01J'ai jeté un oeil sur vos papiers.
00:58:03Je n'ai pas trouvé de licence.
00:58:0865 combats, ça fait à peu près 6 années d'activité.
00:58:136 licences délivrées par la fédération, une par an.
00:58:17Ne me dites pas que vous les avez toutes perdues.
00:58:20Je n'ai jamais eu besoin de papiers, moi, pour prouver que je vais me battre.
00:58:24Qu'est-ce que ça fait que tu sois un vrai boxeur ou pas ?
00:58:26Regarde, ils trempent tous devant toi.
00:58:29Ce qui compte, c'est que tu me tires de là.
00:58:31Tu m'emmèneras loin, au bout du monde.
00:58:34On verra.
00:58:39Je n'ai pas oublié.
00:58:51...
00:59:01...
00:59:03...
00:59:03Get away!
00:59:05Tu m'en vais.
00:59:07Viens, je vais voir ça.
00:59:10J'ai marre de vous deux.
00:59:13J'en ai marre de vous voir.
00:59:15Ce bateau, l'alcool, cette odeur.
00:59:18Gloria, tu vas te faire du mal.
00:59:21Et tu vas faire du mal au colonel.
00:59:23Celle-là veut faire du mal à moi.
00:59:25Je ne la vois pas.
00:59:27Je ne me suis même pas perçu qu'elle était sur le bateau.
00:59:30Elle est sur le bateau, on l'a dit bien.
00:59:33Je suis malade.
00:59:34Vous pouvez vous mettre à genoux.
00:59:35Je ne reviendrai pas, c'est fini, ça.
00:59:37Fini, je ne reviendrai pas.
00:59:39Oui, c'est l'argent que tu veux, hein?
00:59:43Allez, donne-lui l'argent, Vladimir.
00:59:46Toutes les filles qui viennent chez moi, elles n'ont jamais d'argent.
00:59:49Jamais.
00:59:50Alors, tu lui donnes ce qu'ils font pour le taxi, l'hôtel.
00:59:54Tout ce qu'ils font, Vladimir.
00:59:57Salaud!
00:59:59Salaud!
01:00:03...
01:00:07...
01:00:08...
01:00:15...
01:00:33Regarde ce qui m'a dégoté
01:00:36Il fera un meilleur inspecteur que toi
01:00:38Impossible, j'ai passé la nuit à fouiller toute la paille
01:00:40Brun par brun, je les ai tous comptés
01:00:41C'est qu'on l'a déposé après ta fouille
01:00:47Ça chauffe chez les anglais
01:00:48Vladimir est au café pour téléphoner et Gloria s'habille
01:00:50Gloria s'habille, on va pas la reconnaître
01:01:19Non, tu laisseras avoir par ses oeillades et ça comme ça l'heure
01:01:24Occupe-toi de vin du mien
01:01:34Police
01:01:37Primer taxi
01:02:07C'est pas à vous par hasard
01:02:10Merci
01:02:11C'est pas de quoi, vous l'aviez perdu ?
01:02:14Pas perdu, tombé à l'eau
01:02:16J'ai nettoyé l'hélice avec une gaffe
01:02:18On fait que ça ici
01:02:22Comprenez ?
01:02:22Ouais
01:02:24Il est tombé à l'eau
01:02:24Et ensuite ?
01:02:26Ensuite ?
01:02:28Ensuite le courant l'emportait vers la Providence
01:02:31C'est la femme gentille, la hollandaise qui l'a attrapée
01:02:33Elle avait son linge, elle avait le calot avec
01:02:37La dernière fois que je l'ai vu, lui, il a séché sur le pont de la Providence
01:03:31Qui est-ce ?
01:03:32Commissaire Maigret
01:03:39Je préférais qu'on soit venu pour me tuer plutôt que pour me cuisiner
01:03:42Parce que j'en ai marre de cette vie
01:03:45Marre des tarés que je suis obligée de me coltiner pour vivre
01:03:49Et là où il y a les tarés, il y a la police
01:03:53Et la police la voilà dans toute sa splendeur
01:03:56Maigret, inspecteur Maigret
01:03:58Commissaire
01:04:01Il ferait mieux de poser vos questions à ceux qui peuvent y répondre
01:04:05Mais vous n'osez pas, hein ?
01:04:06Parce qu'il est colonel, parce que c'est Sir Lambson, un joli sœur
01:04:10Si je racontais la moitié de ce que je sais
01:04:13C'est sûr que je devrais être contente qu'il ne m'ait pas tué
01:04:15Ou fait tuer, parce qu'il a son homme de main avec lui
01:04:18Les bas-œuvres, c'est pas un sœur qui va s'y coller
01:04:22Décorer de la dernière guerre avec ça
01:04:26Je dirais rien, la police me dégoûte autant que les Anglais
01:04:33Il y en aura d'autres, vous comprenez ?
01:04:36Pendant que vous êtes là, il boit
01:04:39Puis il boit, puis il devient mauvais
01:04:42Tout à l'heure, quand vous serez de retour à l'écluse
01:04:44Vous vous repentirez d'être là me cuisiner
01:04:47Parce que de deux, on sera passé à trois
01:04:49Il sera temps de prendre votre retraite, commissaire
01:04:53Expliquez-moi
01:04:54Pourquoi le colonel aurait-il tué Marie ?
01:04:56Vous le faites exprès ou quoi ?
01:04:58Admettons
01:05:00Elle ne l'aimait pas, tiens
01:05:02C'était une poule
01:05:04Et on tue les gens parce qu'ils ne vous aiment pas ?
01:05:06Quand on est colonel de l'armée des Indes, oui
01:05:10Quand on a été obéi toute sa vie
01:05:12Et que là, une femme, rien qu'une femme
01:05:16Elle se refusait à lui ?
01:05:17Elle se refusait quoi ?
01:05:18Elle n'était plus capable de rien
01:05:19Luce qui voulait, c'était l'amour
01:05:22L'amour, le vrai
01:05:23A la vie, à la mort
01:05:26On ne dirait pas à le voir comme ça
01:05:30Ça dépend de quel œil on le regarde
01:05:37Vous permettez ?
01:05:39Il fait plus chaud que sur le canal ici
01:06:07Sous-titrage MFP.
01:06:37Sous-titrage MFP.
01:07:07Sous-titrage MFP.
01:07:28Sous-titrage MFP.
01:08:07Sous-titrage MFP.
01:08:38Sous-titrage MFP.
01:08:47Sous-titrage MFP.
01:09:24Sous-titrage MFP.
01:09:27Quelqu'un décrochait un linge sur le pont.
01:09:31Un homme.
01:09:33Willy l'a vu aussi.
01:09:36Et il l'a suivi.
01:09:42Jusqu'à l'écurie du café.
01:10:21Mais encore vous ?
01:10:24Ça suffit pas que votre inspecteur, il nous ait bassiné avec son calot ?
01:10:28Un calot ?
01:10:29Vous parlez d'une preuve.
01:10:31Et puis quand est-ce qu'on va pouvoir lever l'encre ?
01:10:33Mais qu'est-ce qui vous arrive ?
01:10:35Jusqu'ici, vous étiez la plus patiente de tous.
01:10:38Souvenez-vous, nous on est pas comme les autres, on vous comprend.
01:10:41Qu'est-ce qui s'est passé que vous soyez si pressés ?
01:10:45Vous cherchez Jean ?
01:10:48Pourquoi vous voulez voir Jean ?
01:10:49Laissez-le tranquille.
01:11:01Trois heures du matin, c'est votre heure ?
01:11:02Hein ?
01:11:04C'est l'heure à laquelle vous êtes sortis la nuit dernière.
01:11:06Comme toutes les nuits, mais cette fois-ci sans vos chevaux.
01:11:09Mes chevaux ?
01:11:10Oui, vos chevaux Jean.
01:11:12Qu'est-ce que vous faisiez sans eux sur le pont de la Providence ?
01:11:16Rien.
01:11:17Le pont ?
01:11:18Moi ?
01:11:19À trois heures du matin.
01:11:21Hier.
01:11:22Qu'est-ce que vous avez fait du calot ?
01:11:25Le calot ?
01:11:26C'est moi qui l'ai pris le calot.
01:11:28Et alors, il m'appartenait ?
01:11:30Je l'ai repêché, je l'ai lavé, je l'ai mis à sécher.
01:11:33Je pouvais bien aller le jeter dans l'écurie.
01:11:35Oui, c'est moi. C'est moi qui ai fait ça.
01:11:38Pourquoi ?
01:11:39Parce que les coupables, c'est ceux du yacht.
01:11:41Tout le monde le sait sur vous.
01:11:42Ça ne concerne pas les mariniers, et encore moins Jean.
01:11:48C'est une histoire de la haute.
01:11:49De gens pas comme tout le monde.
01:11:52La preuve, ils se tuent entre eux.
01:11:55C'est un joint.
01:11:57C'est un joint.
01:12:06C'est une histoire de lalarını.
01:12:18Leipst谁.
01:12:18C'est un joint.
01:12:18C'est un joint.
01:12:20C'est un joint.
01:12:21Un joint.
01:12:22C'est un joint.
01:12:25Hé, Marcel Cerdan ! Ça suffit pour aujourd'hui, les conneries, hein ?
01:12:28Maintenant, on va gentiment remonter sur cette pléniche, retrouver ses petits souvenirs, d'accord ?
01:12:31C'est facile avec un flingue.
01:12:33Hein ? Tu te sens bien, là ? La flicaille.
01:12:37Qu'est-ce que tu sais faire sans lui ?
01:12:40Tu as appelé ton oncle, c'est ça ?
01:12:43C'est vrai que vous êtes de la même famille, tous les deux, hein ?
01:12:47Et lui, il a des idées.
01:12:49T'as de la déduction, lui.
01:12:50Et toi, qu'est-ce que t'as ?
01:12:52Hein ?
01:12:53Qu'est-ce que t'as ? Tu veux te battre ?
01:12:55Allez, viens.
01:12:56Vous voulez un arbitre ?
01:12:58Au secours !
01:13:00Au secours !
01:13:05Au secours !
01:13:07Jean !
01:13:10Jean !
01:13:12Vous avez gagné, commissaire !
01:13:13Il est à l'eau, là, vous voyez, grâce à vous !
01:13:15Il s'est jeté, je l'ai vu, il s'est jeté !
01:13:22Allez !
01:13:25Allez !
01:13:27Un esprit simple !
01:13:29Vous l'avez poussé au désespoir !
01:13:47Regardez cette carcasse !
01:13:49Il est bâti comme un ours !
01:13:51Jamais vu des eaux pareilles !
01:13:53Il s'est jeté !
01:13:55Entre le quai et la péniche, au moment où on ouvrait les vannes !
01:13:58Mais au moment, pour se jeter à l'eau !
01:14:00Pour lui, oui !
01:14:01La poitrine défoncée, les côtes cassées, il était pris dans un étau !
01:14:10Il faudrait l'emmener à l'hôpital !
01:14:12Par le chemin de Halage ?
01:14:14Vous voulez rire ?
01:14:16On va le laisser là jusqu'à demain !
01:14:17Qu'on lui fasse faire un faux mouvement et...
01:14:20Il peut reprendre connaissance ?
01:14:22Commissaire, je ne comprends pas comment ce galet est encore en vie !
01:14:26Vous permettez ?
01:14:27Oui, bien sûr !
01:14:33La lésion ?
01:14:35Non, Cayenne.
01:14:37Tenez !
01:14:39Son numéro de matricule.
01:14:58Je peux le voir ?
01:15:00Je ne préfère pas.
01:15:01On l'a déjà beaucoup fatigué.
01:15:02Oui, mais moi, ce n'est pas pareil.
01:15:04Qu'est-ce qui n'est pas pareil ?
01:15:05On a tellement voyagé ensemble.
01:15:08Docteur, s'il vous plaît !
01:15:09Je vous l'ai dit, il est très fatigué.
01:15:11N'insistez pas.
01:15:14La Cayenne, oui.
01:15:16Oui, oui, oui, le commissaire est certain.
01:15:19Bon, vous me trouvez son identité, vous me rappelez ?
01:15:22Ça va.
01:15:23D'accord.
01:15:25Merci, à tout à l'heure.
01:15:59La chenalle, j'écoute.
01:16:01Oui, c'est bon, je vous écoute.
01:16:04Oui, c'est bon, je vous écoute.
01:16:12Étudiant ?
01:16:14Étudiant quoi ?
01:16:16D'un chambaud.
01:16:18Oui, doucement, alors.
01:16:27Vous pouvez m'aider, s'il vous plaît.
01:16:31Oui.
01:16:37D'accord.
01:16:38Très bien.
01:16:39Je vous remercie.
01:16:40Au revoir.
01:16:43Jean, c'est pas son nom.
01:16:44Son vrai nom, c'est Roger d'Archambaud.
01:16:46À l'époque, avant le bagne, il était étudiant en médecine.
01:16:48C'est d'ailleurs la médecine qui l'a menée aux assises.
01:16:54Continue.
01:16:55D'Archambaud m'est une femme qu'on n'a jamais vue au procès, qu'on n'a jamais pu
01:16:58identifier
01:16:58et sur laquelle il a toujours tenu le secret le plus absolu.
01:17:02Pourtant, c'est pour elle qu'il a tué.
01:17:04Elle était gourmande, très gourmande, c'est tout ce qu'on sait d'elle.
01:17:08Il était pauvre, mais il avait une tente bien pourvue.
01:17:11Il était le seul héritier.
01:17:12Comme elle tardait un peu à passer la main, D'Archambaud l'a aidée.
01:17:15Un calme en base d'arsenic.
01:17:21Alors, il prend 15 ans à Cayenne.
01:17:22Libéré pour bonne conduite, on perd toute trace de lui depuis sa sortie.
01:17:28Et on retrouve la femme qu'il n'a jamais cessé d'aimer, Marie Dupin.
01:17:33Qu'il croise par le plus grand des hasards sur le canal.
01:17:52...
01:17:55...
01:18:04......
01:18:06...
01:18:10...
01:18:38Sous-titrage MFP.
01:18:41...
01:19:13Oh, tu es vivant.
01:19:19Je vais te soigner, tu vas voir.
01:19:21Je vais bien te soigner.
01:19:25On va repartir.
01:19:27Et c'est moi qui mènerai les chevaux sur le chemin de Halachan.
01:19:30Moi-même.
01:19:31Le temps que tu te remettes.
01:19:36La vie ne peut pas s'arrêter comme ça.
01:19:39Parce que tu rêvais quelque chose de mal dans ta jeunesse.
01:19:44Mais c'est quoi la jeunesse ?
01:19:46C'est loin, hein ?
01:19:47Si loin pour nous.
01:19:49Dans notre vie, on la fait ensemble.
01:19:52Et c'est ensemble qu'on la finira.
01:20:00Oh, mon petit Jean.
01:20:06Mais tu étais donc si désespérée que ça, Jean.
01:20:10Pourquoi tu ne m'as rien dit ?
01:20:12Tu as pensé que je pouvais te dénoncer ?
01:20:15Moi ?
01:20:19Il n'est rien arrivé.
01:20:21Rien du tout.
01:20:22Tu n'as jamais empoisonné personne.
01:20:24Parce que ça, c'était dans une autre vie.
01:20:26Le bagne, c'était dans une autre vie.
01:20:32La vie, c'est tout l'écurie.
01:20:35Tes chevaux.
01:20:36Les chevaux.
01:20:41Regarde, ils t'attendent.
01:21:20Vous voyez, commissaire, il est revenu à la niche.
01:21:25Vous saviez qu'il avait fait du bagne.
01:21:30Et vous ne m'avez rien dit.
01:21:32On n'avait pas à parler de ça.
01:21:35Ni de ses capacités.
01:21:37Comme de soigner.
01:21:40Le mari et moi, il nous soignait.
01:21:41Et mieux qu'un médecin.
01:21:44Oui, il avait de l'instruction.
01:21:45Il cherchait à l'oublier, c'est tout.
01:21:48Il était trop modeste.
01:21:50Voilà le résultat.
01:22:02Vous allez me répondre, Jean.
01:22:07Par des mouvements de paupières, si c'est tout ce que vous pouvez faire.
01:22:12Cette femme, Marie, vous l'avez rencontrée par hasard alors que vous aviez tout fait pour l'oublier.
01:22:20Vous l'avez rencontrée, pendant vos années de bail, d'abord.
01:22:23Et puis, ici, sur la Providence, vous l'avez rencontrée parce qu'un yacht de luxe descendait le même canal
01:22:34que vous.
01:22:38Elle était restée la même, elle, jolie, toutes les joies étaient à sa portée.
01:22:47On dansait sur le pont du yacht.
01:22:52Alors, toutes vos souffrances sont remontées d'un coup au visage.
01:22:58Quand vous lui avez proposé une nuit d'amour, une seule nuit,
01:23:03pour vous laver de toutes ces nuits d'insomnie que vous aviez passées avec des bagnards et puis avec des
01:23:09chevaux,
01:23:11elle n'a pas pu refuser.
01:23:14N'est-ce pas, Jean ?
01:23:22Alors ?
01:23:26Vous avez voulu faire l'amour
01:23:29pour la première fois depuis 20 ans
01:23:33avec la femme, la seule femme que vous n'ayez jamais aimée.
01:23:40Elle a refusé.
01:23:42Elle a refusé, elle s'est débattue et ça vous a fait mal.
01:23:46Tellement mal que vous la lui avez fait payer.
01:23:57Alors, vous avez pris peur.
01:23:59Parce que c'est vrai, vous vous étiez refait une vie ici.
01:24:03Vous avez essayé de faire porter les soupçons sur les gens du yacht.
01:24:08Oui, il vous a surpris.
01:24:09Alors que vous vous rendiez à l'écurie avec le calot de Vladimir.
01:24:15Il a fallu le supprimer lui aussi.
01:24:23On peut le laisser là, dites.
01:24:25Vous voulez qu'il meurde dans une écurie ?
01:24:29On lui a bien laissé vivre.
01:25:13De même.
01:25:19Oui, j'ai besoin, Marie, Willie.
01:25:26Maintenant, je ne vais plus trouver l'un ni l'autre.
01:25:30Je vais regarder autour de moi.
01:25:33Je ne pourrai plus aimer l'un, disputer l'autre.
01:25:38Mais je vais penser à eux, au beaucoup.
01:25:42Ça la fera vivre, n'est-ce pas, commissaire?
01:25:49Ça la fera vivre jusqu'à ce que je m'en aille, moi aussi.
01:25:55Mais jusque-là...
01:25:58Vous savez, commissaire, Marie, elle était...
01:26:06Comme une étoile.
01:26:12Oui, vous êtes un gentleman.
01:26:23Commissaire, c'est fait.
01:26:48Sous-titrage Société Radio-Canada
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