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  • il y a 2 semaines

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00:02Ravie de vous retrouver dans les informés. Nous sommes ensemble jusqu'à 9h30 pour décrypter l'actualité avec vous Renaud
00:07Délit.
00:08Bonjour Agathe.
00:08Bonjour Renaud. Deux questions à la une aujourd'hui. Alors que le Premier ministre reçoit parti et groupe politique face
00:15à la guerre, l'Union Nationale est-elle possible ?
00:18Et puis quelles sont les premières conséquences du conflit sur le pouvoir d'achat et à quoi s'attendre dans
00:24les semaines qui viennent ?
00:25Pour tout comprendre, pour nous éclairer ce matin, nos informés, Henri Vernet, éditorialiste politique à France Info TV, Radio Orient
00:32et France 24. Bonjour Henri.
00:33Bonjour.
00:34Et Adrien Brachet, journaliste politique au Point. Bonjour Adrien.
00:37Bonjour Agathe.
00:38On commence donc Renaud avec cette première question. Sébastien Lecornu reçoit les chefs de parti aujourd'hui. Est-ce que
00:44l'Union Nationale est possible ?
00:45Nous sommes aujourd'hui donc au douzième jour de ce conflit qui oppose les Etats-Unis et Israël à l
00:49'Iran. Des bombardements qui continuent.
00:52Et c'est dans ce contexte que, vous le disiez, Sébastien Lecornu va recevoir cet après-midi à 15h à
00:57Matignon, les chefs de parti, les chefs de groupe parlementaire,
01:00en présence d'un certain nombre de responsables de très haut niveau des armées, mais également d'ailleurs de Gérard
01:07Larcher et Yaël Braun-Pivet, les présidents des deux assemblées.
01:12Qu'en attendent justement les opposants qui seront reçus par le Premier ministre cet après-midi ?
01:17Je vous propose d'écouter ce qu'on disait ici, ici même sur ce plateau hier, Olivier Faure, le Premier
01:21secrétaire du PS.
01:23Qu'il soit là pour dire quelle est la position que la France tiendra au cours des prochains jours, qu
01:29'il fasse la clarté sur nos intentions, ça me paraît être une bonne chose.
01:33Et que nous sachions exactement comment la France se positionne par rapport à Trump, par rapport à Netanyahou, mais aussi
01:40par rapport aux autres Européens, pour qu'on sache que nos bases sont claires.
01:44Alors cette position de la France dans ce conflit, Jean-Noël Barrault, le ministre des Affaires étrangères, l'a répété
01:50hier soir, c'était dans l'émission L'Événement sur France 2.
01:54Cette guerre, nous ne l'avons pas approuvée et nous n'y avons pas participé. Nous ne l'approuvons pas
01:58et nous n'y participons pas.
02:00Nous appelons à une désescalade la plus rapide possible, à la cessation des hostilités, mais je le dis, cela passe
02:05nécessairement par un changement radical de posture et d'attitude de la République islamique d'Iran.
02:12Ce qui, à l'heure qu'il est, évidemment, ne semble pas du tout être le cas.
02:15Donc dans ce contexte, comment la France peut-elle se faire entendre, d'une part, dans ce conflit ?
02:18Et puis Sébastien Lecornu peut-il, en recevant les différents chefs de parti cet après-midi à Matignon, esquisser ou
02:24pas une forme d'union nationale derrière cette position de la France ?
02:28Henri Vernet, déjà, est-ce que la voix de la France pèse quelque chose quand Emmanuel Macron, le ministre des
02:33Affaires étrangères, appelle à la désescalade ? Ça marche ou pas ?
02:36Non, on voit en tout cas que pour l'instant, ça ne marche pas, ni au Liban, ni en Iran.
02:40Et c'est normal, parce que la France ne fait pas partie des belligérants.
02:42Sa position, c'est quand même de l'équilibrisme, parce que, bien sûr, là encore, Jean-Noël Barraud rappelle que
02:50cette guerre n'a aucune légalité internationale.
02:53Néanmoins, il ne la condamne pas, ni lui, ni le président.
02:55Donc, condamner les frappes américaines et israéliennes sur l'Iran, pas plus d'ailleurs que vraiment sur le Liban.
03:03Et donc, c'est une position qui, finalement, n'a de valeur que l'attachement et la défense par la
03:09France du droit international.
03:11Mais ce droit international, ça fait maintenant bel oreille qu'il est bafoué aventure américaine après aventure américaine, et en
03:17l'occurrence israélo-américaine.
03:19En fait, c'est vrai que c'est difficile.
03:21En réalité, la voie, et vous parliez tout à l'heure d'union nationale, sur ce terrain-là, cependant, il
03:26y a des nuances, il y a des divergences d'appréciation, mais il n'y a pas vraiment de désunion.
03:30En réalité, il y a une voie, mais qui ne sera pas représentée aujourd'hui parmi ceux qui, les personnalités
03:35politiques qui assisteront à la rencontre à Matignon, c'est celle de Dominique de Villepin.
03:40Alors, qui pèse politiquement assez peu, en réalité, mais enfin, disons qu'il est fort de son nom de 2003,
03:46son fameux discours.
03:47Et lui, appelle à une position très ferme, une France qui prendrait la tête d'une coalition pour faire cesser
03:53la guerre, donc d'une offensive diplomatique réelle, avec le plus de pays rassemblés, pour faire stopper ça, et donc
04:00s'adresser directement à Trump et à Netanyahou.
04:03Mais c'est le seul, en l'occurrence, lui, ce qu'il voudrait, c'est un peu une position à
04:07la Pedro Sanchez, l'espagnol, qui lui a clairement dit non, mais c'est le seul européen à l'avoir
04:11fait, qui a clairement dit non.
04:12Le premier ministre socialiste espagnol, qui a refusé l'accès à ses bases aux Américains, malgré les pressions de Donald
04:17Trump.
04:17En tout cas, il a dit qu'il le ferait.
04:18Adrien Brachet, la classe politique n'est pas si divisée, finalement, sur cette guerre, mais Sébastien Lecornu reçoit les chefs
04:25de partis, les chefs de groupe, ça sert à quoi ?
04:27Oui, alors, elle est moins, de manière flagrante, divisée, que notamment sur la question du Venezuela, mais elle est quand
04:35même un petit peu, je dirais, qu'il y a une sorte de clivage du volume sonore, si vous voulez.
04:39C'est-à-dire que vous avez une partie de la classe politique, qui, sans soutenir le régime des Mola,
04:43va, depuis le début de l'opération militaire,
04:47beaucoup plus dénoncer l'opération militaire, dénoncer une violation du droit international, une déstabilisation de la région, dans un registre
04:55un peu poétique, classique, historique, d'appel au respect du droit international.
04:59Vous avez une autre partie de la classe politique, qui, elle, préfère mettre le volume à fond, si vous voulez,
05:04et insister à fond, sur le fait que le régime des Mola est un régime sanguinaire,
05:08qui, lui-même, ne respecte pas, depuis bien longtemps, le droit international, et que, donc, à ce titre-là, il
05:15ne peut pas être traité comme un État comme un autre.
05:17C'est un peu la position qu'a adoptée Gabriel Attal, juste après le début de l'opération militaire, en
05:23disant qu'il fallait dépasser les cadres habituels, en ayant des mots très critiques vis-à-vis de l'ONU,
05:28et en appelant à ce qu'il appelle une sorte de multilatéralisme conditionnel, c'est-à-dire, en gros, on
05:34respecte le droit international avec ceux qu'il respecte, et on se comporte un peu différemment avec ceux qu'il
05:37ne respecte pas.
05:38Donc, il y a quand même une sorte de clivage en filigrane qui se tisse au sein de la classe
05:42politique, même s'il est peut-être un peu moins flagrant.
05:45Et d'ailleurs, ce qui est intéressant, c'est que ce clivage-là n'est pas tant, en fait, seulement
05:48sur cette question du Moyen-Orient, de cette intervention en Iran,
05:51mais plus généralement sur la question de l'ordre international, de l'ordre mondial, comment la France doit se positionner
05:57à une époque de retour des empires, de retour d'un certain règne de la force.
06:02Oui, vous avez raison, ce clivage, il est moins lisible, parce qu'il est quand même extrêmement difficile, politiquement,
06:07pour des acteurs politiques français, de défendre et fort le régime du Mola, de brandir le respect du droit international,
06:12alors qu'il y a à peine deux mois, le régime iranien a massacré sa population par dizaines de milliers,
06:17et que ce n'est pas la première fois, évidemment, en 47 ans de dictature.
06:22Donc, on voit que ceux qui tonnent le plus, si j'ose dire, outre Dominique de Villepin, comme souvent, il
06:28faut le connaître,
06:28sans une grande efficacité, d'ailleurs, vous le disiez.
06:30C'est vrai que c'est assez confortable.
06:32Oui, oui, bien sûr, mais sans une grande efficacité, vous le disiez, d'ailleurs, Dominique de Villepin est quand même
06:36un petit peu tout seul.
06:39Les Insoumis, qui eux aussi, évidemment, tonnent contre l'opération des Etats-Unis et d'Israël,
06:46le font en essayant d'éviter de s'afficher comme des soutiens implicites.
06:51Voilà, si on met à part l'eurodéputé Rima Hassan, c'est vrai que Jean-Luc Mélenchon, à chaque fois,
06:55il est à la limite.
06:57Il n'affiche pas, évidemment, un soutien quand même au régime des Mola.
07:01Le problème, c'est que par rapport à la nature de ce régime, évidemment, le droit international ne suffit pas
07:08comme argument.
07:08En tout cas, il n'est pas suffisamment audible auprès de l'opinion.
07:12Donc, tout le monde anticipe, en fait, enfin, tout le monde anticipe, tout le monde espère, si j'ose dire,
07:16une guerre relativement courte,
07:18même si celle-ci, évidemment, ne résoudrait rien, puisqu'avec déjà la succession annoncée et officialisée du kit suprême en
07:27Iran,
07:28et un régime toujours en place, on voit bien que cette dimension-là, qui est en fait la démocratisation de
07:34l'Iran,
07:34qui interdit aux responsables politiques d'aller plus loin dans la dénonciation de l'opération militaire,
07:40on voit aussi que ce n'est pas le premier objectif de Donald Trump.
07:45Ni le troisième, ni le quatrième.
07:46Voilà, ni d'ailleurs celui d'Israël.
07:48L'objectif d'Israël, et il est bien compréhensible, c'est sa sécurité, c'est la sécurité de l'État
07:52d'Israël menacé de destruction par le régime iranien.
07:56À 15h, donc Sébastien Lecornu, le Premier ministre, va recevoir les oppositions, les groupes.
08:01Ces oppositions, elles sont un peu aveugles.
08:03Si l'exécutif ne les réunissait pas, comme Emmanuel Macron l'a fait au début de la guerre en Ukraine,
08:09elles auraient aussi du mal à s'exprimer, peut-être aussi qu'elles attendent d'en savoir plus.
08:13Quel type d'informations on peut leur donner ?
08:15Justement ce que vous dites, il y a quand même beaucoup de choses qui circulent de sources assez ouvertes.
08:19Mais c'est vrai, c'est vrai qu'il n'y a pas de débat, mais ça c'est assez
08:20traditionnel à la France.
08:22Cela dit, ça devient le cas également aux États-Unis, puisque Trump a déclenché sa guerre sans même en parler
08:27à son congrès.
08:29Mais oui, ce qu'ils attendent, c'est en effet des informations assez précises, y compris techniques.
08:33Il y aura d'ailleurs des autorités militaires, à commencer par le chef d'état-major, le général Mandon,
08:37qui est d'ailleurs assez... on a vu que lui ne l'ésigne pas quand il faut être alarmiste, il
08:42sait le faire.
08:42On l'avait vu avec sa sortie assez tonitruante sur la France qui pourrait perdre de ses enfants.
08:46Il parlait là de la menace existentielle de la Russie.
08:50Il y a également les patrons du renseignement militaire, de la DGSI, la sécurité intérieure,
08:55parce qu'évidemment, il y a aussi un risque, une menace terroriste accrue dans ces cas-là de manière assez
09:00classique.
09:00DGSE aussi qui sera représentée.
09:03Donc c'est vraiment cette information.
09:04Et c'est ça en fait, c'est une réunion d'informations.
09:06Et c'est vrai qu'elle est utile parce que la France, quand même, qui connaît bien cette région,
09:10qui a une longue expérience, qui reste aussi la première puissance européenne militaire, on le voit bien.
09:14Le déploiement naval aujourd'hui, il est très conséquent.
09:17Sur trois points, la Méditerranée orientale, le golfe d'Aden et puis plus haut.
09:21Et donc ça, c'est aussi une responsabilité et un engagement français dont il faut informer les responsables politiques.
09:29D'autant plus que là, il pourrait y avoir quand même un engagement.
09:32C'est-à-dire que la France, à la fois, bien sûr, elle met en avant sa posture défensive.
09:37Néanmoins, c'est une posture défensive qui peut évoluer.
09:39D'abord, les Français s'attendent, quand je parle de l'exécutif et de ses conseillers, s'attendent à un
09:44conflit qui va durer.
09:45Ça, c'est vraiment les analystes.
09:46Quand vous discutez avec eux, on voit bien que pour les Français, l'idée de deux semaines, trois semaines, c
09:52'est peu réaliste.
09:53Ça pourrait aller plus loin, surtout si en effet, tout cela se ponctue par, alors pas du tout une intervention
09:57au sol.
09:57Néanmoins, quand même, peut-être des points, force spéciale, des points assez précis pour essayer, malgré tout, de faire chuter
10:03le régime.
10:03Et donc, pourquoi est-ce que la France pourrait être engagée ?
10:05Parce qu'elle a des accords très contraignants avec les pays de la région, notamment les Émirats Arabes Unis.
10:10Pour l'instant, ces pays-là, eux-mêmes, ne surjouent pas parce qu'ils veulent rester comme un peu des
10:15havres qui peuvent attirer.
10:17Néanmoins, si vraiment ces pays demandaient à la France d'honorer ces accords,
10:20eh bien, la France se retrouverait engagée, peut-être de manière défensive,
10:24mais quand même, dans des échanges, il y a déjà des rafales français qui sont basés là-bas aux Émirats
10:28Arabes Unis,
10:28qui tirent, qui abattent des drones iraniens.
10:30Juste un petit point sur la position de la France, sur l'éventuelle durée du conflit.
10:34Il faut comprendre qu'a priori, du côté de l'exécutif, on envisage une hypothèse qui peut se confirmer,
10:41dans les jours ou dans les semaines qui viennent, c'est une forme d'éloignement des positions entre les États
10:45-Unis et Israël.
10:46On voit que, et d'ailleurs, Donald Trump l'a déjà dit, il a déjà dit que la guerre était
10:49presque finie,
10:50comme si les États-Unis avaient déjà atteint leur but.
10:52Il est en proie, évidemment, à des dissensions, d'abord au sein de son propre camp,
10:55et puis il est lâché par une grande partie de l'opinion américaine.
10:57C'est aussi sa boussole, évidemment, et qui est assez hostile à cette intervention.
11:03Donc, il est possible que les États-Unis, eux, d'une façon ou d'une autre, en tout cas,
11:08cessent les hostilités dans les jours, voire dans les semaines qui viennent, mais assez rapidement.
11:12Alors qu'Israël peut avoir intérêt, évidemment, encore une fois, pour sa propre sécurité,
11:18au regard de la menace que fait peser le régime iranien sur Israël, à ce que le conflit dure.
11:21Donc, il est possible que les États-Unis et Israël, finalement, aient deux positions assez disjointes.
11:26C'est, en tout cas, ce qu'anticipent les autorités françaises.
11:28Et bien, notamment au Liban, contre l'Esbole.
11:29Oui, bien sûr, et l'Esbole en particulier.
11:31Oui, on sent bien, si vous voulez, que la France et l'Europe, de manière générale,
11:34tentent une sorte d'entre-deux un peu inconfortable.
11:37C'est-à-dire, d'un côté, comme vous citiez tout à l'heure Jean-Noël Barraud,
11:40dire, nous ne participons pas directement à cette guerre, nous ne l'avons pas voulu.
11:45Et, en même temps, on voit bien que la France et l'Europe ne veulent pas totalement passer à côté
11:48de l'histoire,
11:48et à côté des bouleversements au Moyen-Orient.
11:51Et donc, évoquent, en effet, le fait d'assurer ces accords de défense avec les pays de la région.
11:58On parle de sécuriser le détroit à Dormuz.
12:01Donc, on voit bien qu'il y a une sorte de pas de deux qui est assez inconfortable,
12:05d'autant plus que, et on l'a dit aussi, les Européens ne sont pas forcément d'accord entre eux.
12:08On a évoqué la position de Pedro Sanchez, qui n'est pas du tout celle de la France ou de
12:14l'Allemagne.
12:14Donc, la France et l'Europe sont dans une situation quand même assez inconfortable.
12:18Dans un instant, les informés, on va parler des conséquences concrètes pour le pouvoir d'achat des Français qu'a
12:23ce conflit.
12:24Mais tout de suite, il est 9h18 et c'est l'info en une minute avec Philippine Thibodeau.
12:28Jusqu'où vont aller les prix du carburant ?
12:30Inquietude avec la guerre au Moyen-Orient.
12:32Le baril de Brent est ce matin à 89 dollars.
12:34Pour faire face à une envolée des prix, le ministre des Transports indique sur France Info
12:38qu'il réunira la semaine prochaine les transporteurs français.
12:41Depuis le début de la guerre et la fermeture du détroit d'Ormuz, le transport maritime est paralysé.
12:4652 à 53 navires à intérêt français sont actuellement bloqués dans le golfe Persique, soit une cinquantaine de marins.
12:53Sur le front, deux drones sont tombés près de l'aéroport de Dubaï.
12:56Quatre personnes ont été blessées, mais le trafic n'a pas été affecté.
13:00Le guide suprême iranien est sain et sauf, c'est ce qu'affirme le fils du président iranien,
13:05également conseillé au gouvernement.
13:07Mojtaba Khamenei désigné le week-end dernier a été blessé lors du raid visant son père et prédécesseur.
13:13Le mondial de foot et l'équipe iranienne toujours la bienvenue aux Etats-Unis.
13:17La promesse de Donald Trump au patron de la FIFA que Gianni Infantino rapporte sur X,
13:22le mondial qui est prévu du 11 juin au 19 juillet.
13:37Avec nos informés Henri Vernet, éditorialiste politique, notamment à France 24, France Info TV,
13:42Adrien Brachet, journaliste politique au point.
13:44On parle du prix des carburants, de l'inflation.
13:47Renaud, quelles conséquences pour le portefeuille des Français ?
13:50Quelles conséquences pour le pouvoir d'achat des Français peut avoir cette guerre au Proche-Orient,
13:55avec en particulier l'envol des prix du carburant depuis le début du conflit, vous l'avez dit,
13:59mais aussi au-delà, d'ailleurs, plus largement, un éventuel, un hypothétique retour de l'inflation.
14:04Le cours du baril de pétrole, lui, est extrêmement volatile ces derniers jours.
14:08Ça monte et ça redescend, mais globalement, ça a quand même déjà nettement grimpé, évidemment, depuis le début du conflit.
14:13Et dans ce contexte, on a vu des distributeurs qui ont très vite répercuté la hausse de ces prix à
14:22la pompe,
14:22la hausse des prix des carburants.
14:25Et l'un d'entre eux, Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres Leclerc,
14:29a mis en cause, en début de semaine, les raffineurs.
14:32À ses yeux, ce sont d'abord, d'ailleurs, les raffineurs qui ont profité de ce contexte pour augmenter leurs
14:36tarifs très rapidement.
14:37Alors, y a-t-il effectivement des profiteurs de guerre, en quelque sorte ?
14:41La réponse de Michel-Edouard Leclerc, qui était votre invité, il y a quelques minutes sur ce plateau.
14:45Je pense que tout le monde a un peu les pétoches, donc je ne vais pas dire que ce sont
14:50des profiteurs,
14:51mais beaucoup d'industriels aussi, dans tous les métiers, anticipent que ça va monter.
14:57Alors, ils prennent leur mise le plus rapidement possible, ils ont peur après de s'entendre dire qu'on va
15:02bloquer les prix et tout ça.
15:03En tout cas, moi, je suis comme les automobilistes, et je n'ai pas compris la rapidité avec laquelle on
15:09est passé d'une hausse du pétrole brut
15:11à de l'essence très chère dans les magasins.
15:15Alors, il ne le dit pas, le mot profiteur, Michel-Edouard Leclerc, mais il le pense quand même très très
15:18fort.
15:20Est-ce qu'il y a, dans ce contexte, un certain nombre d'intermédiaires qui en ont profité, justement, pour
15:25conforter leur marge,
15:27qu'il s'agisse des raffineurs, peut-être des distributeurs aussi ou autres ?
15:29Et puis, comment est-ce que l'État peut intervenir pour essayer de protéger, justement, le pouvoir d'achat des
15:34Français,
15:35qu'il s'agisse du prix des carburants d'abord ? Est-ce qu'il y a des méthodes, des
15:38outils qui peuvent être utilisables ?
15:39Et puis, au-delà, d'ailleurs, pour anticiper un éventuel retour de l'inflation si ce conflit dure ?
15:44Est-ce que certains ont profité de cette guerre, Adrien ? Les distributeurs, les raffineurs ?
15:48On voit bien que tout le monde s'accuse mutuellement, on le voit bien Michel-Édouard Leclerc vis-à-vis
15:52des raffineurs,
15:53on voit bien les oppositions, le Rassemblement National et la France Insoumise qui s'opposent au gouvernement là-dessus.
15:59Il y a forcément un petit peu un jeu de communication.
16:02Quand Michel-Édouard Leclerc dit, je suis du côté des automobilistes, bien sûr qu'il y a de la communication
16:06là-dessus, il ne faut pas être dupe.
16:09Maintenant, je le rejoins quand il dit que tout le monde a un peu la pétoche,
16:12c'est-à-dire qu'on sent que tout le monde est en train un peu de tâtonner, en particulier
16:17le gouvernement.
16:17C'est ma collègue Philippine Robert au point qui a dit que le gouvernement naviguait à vue sur ce dossier
16:22-là pour plusieurs raisons.
16:23Déjà parce qu'il y a la question de la durée du conflit, on ne sait pas exactement combien de
16:27temps va durer le conflit
16:28et ça, ça aura une véritable incident sur ce qu'il faudra faire ou non.
16:31Et puis, on sent bien que le gouvernement ne veut pas refaire le quoi qu'il en coûte
16:37et la politique du chèque qu'il y avait eu au moment de l'invasion de l'Ukraine par la
16:42Russie
16:42parce qu'on est dans une situation budgétaire extrêmement compliquée, extrêmement difficile
16:47parce que la politique du chèque ne fonctionne pas toujours très bien.
16:50Souvent, on ne cible pas les bonnes personnes et ça coûte très cher
16:53et surtout, on ne résout pas la problématique de fond qui est pourquoi les prix augmentent.
16:58Donc peut-être qu'en effet, la réponse est davantage, alors ça paraît immense, ça paraît énorme
17:02mais elle est peut-être davantage sur le plan géopolitique, sur la question de la sécurisation de la région,
17:07du détroit d'Ormouz, sur lequel transitent 20% du pétrole chaque jour, de la consommation de pétrole chaque jour.
17:15Donc peut-être que la réponse, elle est davantage là que dans des outils au niveau national
17:22qui ne règlent pas la problématique de fond.
17:24Et pourtant, il y a encore sur France Info, Olivier Faure, le patron du PS, réclamé un chèque énergie ciblé
17:29sur les plus modestes.
17:31Henri Vernet, est-ce que l'exécutif va être contraint de faire quelque chose, même si les caisses sont vides
17:35?
17:35Contraint, en tout cas, il va être contraint d'expliquer pourquoi il ne peut pas accéder aux demandes aux pistes
17:42qui sont donc demandées par un Olivier Faure, mais également par Marine Le Pen et Jordan Bardella
17:46sur l'abaissement de la TVA à 5,5%, c'est-à-dire à 5,5% au lieu de
17:5020%, c'est-à-dire le tarif applicable sur les produits de première nécessité.
17:54Et puis, un tas d'autres mesures qui sont ainsi préconisées, parce que là, on est devant un objet qui
17:58est éminemment politique.
17:59D'ailleurs, vous l'avez relevé, la formule d'un Michel Édouard Leclerc lui-même, on peut se demander s
18:02'il n'y a pas d'arrière-pensée politique.
18:03On dit « je suis un automobiliste ».
18:05Donc, on voit bien que là, on est vraiment dans l'opinion.
18:07Et c'est vrai que Marine Le Pen s'était emparée du sujet déjà en 2022.
18:12Avant cela, quand il y a eu les restrictions sur l'énergie suite à l'invasion de l'Ukraine par
18:16Poutine,
18:17ils avaient été les premiers au RN à demander cette aide immédiate et donc de jouer sur la fiscalité.
18:22Certains pays, d'ailleurs, le font, l'Italie notamment.
18:26Alors, pourquoi est-ce que la France ne le fait pas ?
18:27C'est vrai qu'on répète à l'envie que, bah oui, mais en France, il y a quand même
18:29malgré tout un parc nucléaire
18:30qui n'est pas dans le même mauvais état qu'il était en 2022 et que donc on peut assurer.
18:35Mais vous avez raison.
18:36C'est-à-dire que l'idée, c'est de jouer non pas sur la fiscalité.
18:38Alors, ce matin, dans les colonnes du Parisien, David Amiel, le nouveau ministre des Comptes Publics,
18:43a rappelé qu'en 2022, l'ensemble de ces efforts, donc les efforts consentis par le gouvernement,
18:48ça représentait quelques 80 milliards d'euros.
18:50Dans un pays qui a un tel déficit et qui est actuellement en lutte contre cela, évidemment, c'est dur.
18:55Mais convaincre, répondre aux consommateurs, donc aux automobilistes, comme il est dit là,
19:01qu'il faut plutôt tabler sur des mesures géopolitiques, c'est-à-dire en effet,
19:05essayer de sécuriser le détroit d'Hormuz, très bien,
19:07mais, comment dire, le président a évoqué, Macron a évoqué cette idée-là il y a déjà une semaine
19:14et pour l'instant, on ne voit pas bien les contours que ça pourrait prendre,
19:17militaires, diplomatiques, pour l'instant, ce n'est pas encore en œuvre.
19:20Il y a plus immédiat.
19:21Au moment où Sébastien Lecornu recevra les chefs de parti,
19:25lui-même, Emmanuel Macron, participera à une réunion du G7 des puissances
19:31qui pourraient décider ensemble d'agir, par exemple, sur les réserves géostratégiques,
19:35sur cet ensemble-là, pour diminuer la tension.
19:37Mais c'est vrai que ce sont des réponses, disons, macro-économiques et géopolitiques, pas évident.
19:41Ce qui est sûr, c'est que dans une crise de cette ampleur,
19:44dont on n'a pas du tout, justement, manque de lisibilité sur la durée, les conséquences, etc.,
19:48on voit à quel point le fait d'être dans l'opposition est une situation extrêmement confortable.
19:53Parce qu'il faut rappeler quand même que les partis, par exemple,
19:55qui préconisent le blocage des prix des carburants,
19:57comme la France Insoumise ou la baisse des taxes,
20:00sont les mêmes qu'il y a quelques semaines dans le débat budgétaire,
20:02refusaient toute forme d'économie en matière de dépenses publiques,
20:05réclamaient la suspension de la réforme des retraites ou autre.
20:08C'est-à-dire que, d'un côté, on refuse de réduire les déficits,
20:11et quelques semaines plus tard, on propose même de les accroître.
20:14Ça n'a évidemment aucune pertinence d'un point de vue économique.
20:17On voit la situation financière de la France,
20:19elle ne peut absolument pas prendre des mesures de cet ordre-là,
20:21qui pèseraient pour 10, 12, 17 milliards d'euros.
20:23Donc, là où c'est très complexe, vous évoquiez le chèque carburant,
20:27c'est-à-dire le cibler des populations précises,
20:30du côté de l'exécutif, on réfléchit à un dispositif,
20:33mais là aussi, ça semble très complexe,
20:34visant à lisser les prix des carburants,
20:37de façon à ce que, justement, il y ait moins de profiteurs potentiels.
20:40Et juste une toute dernière notation au passage,
20:42mais ça, c'est juste pour relever à quel point le débat public a changé,
20:45qu'il s'agit du débat médiatique, d'ailleurs, du débat politique, etc.
20:48C'est que, dans ce contexte-là, plus personne n'évoque l'impératif écologique.
20:51C'est-à-dire qu'il faut rappeler qu'on est aussi dans une période...
20:54Normalement, on a un objectif visant à réduire notre dépendance aux énergies fossiles.
20:58Plus personne, pas même les écologistes, d'ailleurs,
21:00n'évoque le fait que toutes ces mesures visant à baisser le prix du carburant,
21:03évidemment, inciteraient à renforcer notre dépendance aux énergies fossiles.
21:06Michel-Édouard Leclerc, l'ami des automobilistes,
21:09a lancé un appel à se mettre à la voiture électrique.
21:12C'est paradoxal en même temps, tout en disant
21:14« Venez faire le plein chez moi, parce que l'essence est moins chère. »
21:18Lui aussi n'est pas un paradoxe près, Michel-Édouard Leclerc.
21:20« Moins chère et plus stable, l'électrique. »
21:23Merci beaucoup, les informés.
21:24Merci Adrien Brachet, journaliste politique au point.
21:27La une du point ?
21:28Le livre noir des Molas.
21:30Précipitez-vous dans les meilleurs kiosques.
21:32Merci.
21:33Henri Vernet, éditorialiste politique à France Info TV, France 24 et Radio Orient.
21:38Merci Renan.
21:39Merci Agathe.
21:40Les informés reviennent ce soir avec Victor Maté.
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