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DB - 06-03-2026
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01:06Merci.
01:34Merci.
02:02Merci.
02:29Merci.
03:11Merci.
03:29Merci.
03:49Couvrez.
03:51Couvrez vite.
03:53Vous m'avez bien dit que M. foule à ton voyage.
03:55Parti ce soir, oui.
03:56Eh bien, il y a un cambrioleur chez lui.
03:58Dans le canot.
04:27Entrez, entrez.
04:27Je n'ai pas encore fini.
04:34Vous avez fait vite.
04:35Asseyez-vous.
04:38Ils sont formidables aux canards.
04:41Chaque fois qu'il leur manque une copie, c'est toujours sur moi que ça retombe.
04:44Horoscope, trois feuillets de pluie.
04:46Comme si c'était facile.
04:49Vous êtes nouveau ?
04:50Oui.
04:51Enfin.
04:52Et vous ?
04:54Vous connaissez ?
04:55Non, c'est la première fois.
04:58Je me disais aussi.
04:59Je passais par hasard, alors le patron m'a demandé de...
05:07Vous lui remettrez ceci.
05:09Celui-là.
05:13Celui-là aussi.
05:15C'est ça.
05:16Entendez.
05:18Vous travaillez à quelle rubrique ?
05:20Les sports.
05:21Les sports avec Victor ?
05:23Oui, c'est ça.
05:24Faites-lui mes amitiés.
05:29Vous êtes cancer.
05:31Moi ?
05:32Oui.
05:33Date de naissance ?
05:353 juillet 1920.
05:36À Paris ?
05:37Oui.
05:38Méfiez-vous des béliers.
05:41J'étais ravie de vous connaître.
05:43Pardon.
05:45Excusez-moi.
06:02Mlle Robin ?
06:02Oui.
06:03Police.
06:04Vous n'avez rien remarqué d'anormal ?
06:06Non, pourquoi ?
06:07Un cambriolat se serait introduit chez M. Foulin, votre voisin du second.
06:10Non, non, je travaillais.
06:12M. lui cherchait ma copie.
06:13Il travaille au journal.
06:14Je me présente.
06:15Robert Favre.
06:17Et vous êtes monté depuis combien de temps ?
06:195, 10 minutes.
06:21Et en montant l'escalier, vous n'avez rencontré personne ?
06:23Non.
06:26Excusez-moi.
06:27Merci.
06:28Je m'en vais, moi aussi.
06:30Au revoir, Mlle Robin.
06:30Au revoir, cher ami.
06:32Et comptez sur moi, je me ferai vos amitiés à Victor.
06:34C'est gentil.
06:36Accompagnez monsieur jusqu'en bas pour qu'on l'ait sorti.
06:41Je vous remercie.
06:43Au revoir.
06:43Au revoir.
06:44Au revoir, monsieur.
07:01Au revoir.
07:35Le monsieur, où allez-vous ?
07:37Chez Mlle Robin, je viens chercher ses textes.
07:39Est-ce qu'il y a quelqu'un qui est pas venu ?
07:40Oh non, sans blague.
07:41Revenez ici.
07:59Je ne doutais de rien, moi.
08:04En attendant, il a filé.
08:05Et alors, moi, qu'est-ce que je ramène au canard ?
08:07J'ai pas fait de double.
08:09Faut que je réécrive tout mon article.
08:19C'était à lui, je suppose.
08:22Où allez-vous trouver ça ?
08:24Dans la potiche.
08:25Mlle Robin, vous allez m'aider à établir un signalement précis.
08:30C'est un cancer, conjonction Mars et Saturne en lion.
08:46Oh !
08:48Debout !
08:59L'âge de vache, il est mort.
09:01Regarde, là, les traces de pneus.
09:04Pour le buter, la voiture a dû monter sur le trottoir jusqu'à la palissade.
09:08Par choc, il a dû en prendre un coup.
09:16Qui ça ?
09:17Qui ça ?
09:18Ah oui, le type du tapage nocturne.
09:21Oui, mon vieux, vous tombez bien.
09:22Vous ne voulez pas le recevoir à ma place ?
09:23Oui, bien sûr.
09:24Oui, França arrive.
09:26Merci.
09:32Dès que Marie, il sera là, dites-lui de venir me voir rapidement.
09:37Votre cas est très simple.
09:38Il y a contre vous une plainte pour tapage nocturne.
09:40Je sais, oui.
09:41Elle provient de mon voisin, M. L'Espina.
09:42Asseyez-vous.
09:44Ça fait plusieurs fois que M. L'Espina s'appelle les agents pour leur faire constater le tapage.
09:47Alors, pourquoi vous obstinez-vous à gêner vos voisins ?
09:50Ah, pardon.
09:51Je ne gêne pas mes voisins.
09:52Je n'en gêne qu'un seul.
09:53Ensuite, moi, j'aime m'amuser la nuit.
09:55Bon, et asseyez-vous.
09:57Tout de même, je lis dans le dossier que la semaine dernière, à deux heures du matin,
10:00vous jouiez au boule au deuxième étage de votre immeuble.
10:03Or, M. L'Espina s'habite au premier.
10:04J'étais avec des amis.
10:06L'un d'eux m'a défié me disant que j'étais incapable de réussir un corot à six mètres.
10:09Il me semble que M. L'Espina a raison.
10:11Non, monsieur.
10:12Et permettez-moi de vous dire pourquoi.
10:14Dans ma maison, un tout petit immeuble, nous ne sommes que cinq locataires, dont M. L'Espina.
10:19Or, chaque soir, j'invite tous mes voisins, et en particulier M. L'Espina, à venir participer à mes distractions.
10:25Tous sont ravis, acceptent.
10:26Sauf M. L'Espina, qui prétend vouloir se coucher.
10:29Navrez de vous dire que c'est son droit.
10:30Eh bien, permettez-moi de vous dire que ce n'est pas juste.
10:32Nous sommes quatre locataires qui m'ont rigolé toute la nuit.
10:34Et il suffit que le cinquième ne soit pas d'accord pour venir nous en empêcher.
10:38Si c'est ça la démocratie...
10:39Bon, je vais vous lire l'article du code concernant le délit pour sa page nocturne.
10:43Si vous hésitez...
10:51Alors, Marie.
10:52J'ai examiné le corps. C'est bien mon cambrioleur.
10:55D'ailleurs, j'ai retrouvé dans sa poche l'horoscope.
10:57Enfin, l'article que lui avait donné Mlle Robin.
10:59Et pas de papier d'identité ?
11:00Non, rien. Un portefeuille avec 25 000 anciens francs.
11:04Pas d'initial sur sa chemise ?
11:05Non plus. Ce matin, au labo, ils font l'autopsie.
11:09Entre le lieu du cambriolage et celui où l'on a retrouvé le cadavre,
11:12il y a à peine 800 mètres.
11:14Alors, il faut faire vite, ratisser le quartier et trouver des témoins. Allez-y.
11:18Ah, dites-moi...
11:20Oui ?
11:21Ne revenez pas sans rien. Martial m'a demandé de prendre l'affaire en main.
11:29C'est une certitude.
11:30Votre cambrioleur a bel et bien été écrasé par une voiture. Et volontairement.
11:34Là-dessus, tous les légistes sont d'accord.
11:36À quelle heure la mort ?
11:37À brune heure du matin.
11:38Et les empreintes ?
11:40On a épluché toutes les fiches des spécialistes de la cambriole ou rien.
11:44Ce qui prouve qu'on aurait à faire à un amateur.
11:47Entrez !
11:51Ne nous dites pas que vous n'avez rien trouvé.
11:53Justement, je n'ai rien trouvé.
11:54Pourquoi pas de témoin ?
11:55Pas un seul.
11:56Les gens emportés disparus ou recherchés par leur famille ?
11:59J'ai traîné une demi-douzaine de personnes à la mort et avec l'espoir qu'elles le reconnaîtraient.
12:03Rien.
12:04Et l'hypothèse d'un règlement de compte dans le milieu ?
12:06J'ai mis deux gars sur le coup. On saura bientôt.
12:09Mais comme justement la victime n'appartenait pas au milieu, ça paraît plutôt étonnant.
12:12Autrement dit, pour identifier notre cambrioleur, nous ne possédons que ses vêtements.
12:16Oui. Et le journal, tu l'avais sur lui. Un journal du soir, dernière édition.
12:21Il faut retrouver où il a acheté.
12:23Je vais m'en occuper.
12:24Je le sais.
12:36Mademoiselle, je voudrais parler à monsieur le commissaire. Sébastien Foulin. On a tenté de me cambrioler hier.
12:41Monsieur Foulin est là. Il voudrait vous parler.
12:43Dites-lui, je ne reste que quelques minutes en matin.
12:45Dites-lui, entrez.
12:53Je vous en prie, entrez.
12:57Sébastien Foulin.
12:58Bonjour, monsieur.
13:00Déjà de retour de voyage ?
13:01J'avais un contrat signé à Barcelone hier soir. J'ai fait l'aller-retour.
13:05Votre concierge, je pense, vous a mis au courant du cambriolage de votre appartement.
13:09Oui. C'est la raison de ma visite. Comme on ne m'a rien volé, je ne porte pas plainte.
13:14Ah, mais pourtant, monsieur Foulin, moi, j'estime, c'est mon bras. J'ai horreur des complications et de perdre
13:19mon temps.
13:20Je vous en prie.
13:24Asseyez-vous.
13:24Non, merci. J'ai très peu de temps.
13:27Vous ne soupçonnez personne ?
13:29Non, absolument pas.
13:31Mais je connais parfaitement le processus. On porte plainte. On est obligés de revenir plusieurs fois.
13:35La police n'est pas pressée. Et puis, finalement, de toute façon, on n'arrête pas le coupable.
13:40Vous êtes pessimiste ?
13:41Non.
13:41J'aimerais connaître le nombre des cambriolages qui se pratiquent chaque année à Paris.
13:46Et le pourcentage des voleurs arrêtés, ça ne doit pas être très brillant.
13:49Mais je peux vous donner les statistiques.
13:52Surtout pas.
13:54Je suis en retard.
13:59Au revoir, monsieur.
14:01Franchement, je ne vous approuve pas.
14:04Eh bien, tant pis.
14:08Au revoir, monsieur.
14:16Dites-moi, monsieur Leblanc.
14:17Oui ?
14:17Vous habitez bien au 12 de la rue Sénac ?
14:19Oui, pourquoi ?
14:20Vous ne connaissez pas au 10 un certain monsieur Roland ?
14:22Oh, moi, mes voisins, je m'en occupe pas.
14:24Oh, ben, vous avez tort.
14:25Si Abadie était là, il vous dirait que la première tâche d'un policier...
14:27Bon, ben, je n'ai pas de conseil à recevoir de vous.
14:29Oh, ben, pourquoi êtes-vous aussi agressif ?
14:31Oh, puis pas seulement avec moi, d'ailleurs.
14:32Moi, agressif ?
14:44Qu'est-ce que vous lui voulez à ce monsieur Roland ?
14:47Je vous ai parlé de ma soeur Georgette.
14:49Non.
14:49Mais si !
14:51Bon, enfin, ça n'a pas d'importance.
14:53Georgette est tombée amoureuse.
14:54Le coup de foudre.
14:55Alors, à table, elle ne mange plus.
14:57S'il téléphone pas, elle pleure.
14:59Ce monsieur Roland paraît-il veut l'épouser.
15:00Mais moi, je me méfie.
15:01Il a une voiture américaine des grosses moustaches
15:03qui ne me plaît pas du tout à moi.
15:04Bon, et alors ?
15:05Ben, alors, Georgette, ça fait trois fois qu'on la fiança.
15:08Et puis, alors, au dernier moment, craque.
15:10Alors, je pensais que...
15:11Si, par hasard, vous aviez su quelque chose
15:13ou si vous pouviez apprendre, enfin...
15:15Me demander de faire une enquête ?
15:16Mais c'est interdit.
15:17Un policier, pour des raisons privées, n'a pas le droit.
15:18Mais non, bien sûr que non.
15:20Si je voulais une enquête, j'aurais demandé à papa
15:21ou à l'oncle Arthur qui travaille à la mondaine.
15:23Non, je ne sais pas, moi, simplement.
15:25Quelques renseignements, comme ça, au voisin.
15:27Il n'en est pas question.
15:27Oh, vous, alors.
15:30Moi, quoi ?
15:31Si je vous disais ce que je pense de vous.
15:33Dites-le.
15:34Si vous feriez la tête pendant une semaine, alors...
15:36Allez-y, ne vous gênez pas.
15:38Vous êtes sinistre.
15:40J'ai jamais vu un type de votre âge aussi sinistre.
15:42Tenez, hier, vous plaignez des vieux,
15:44vous les accusiez de tout,
15:45et ben, eux, au moins, ils sont plus gays que vous.
15:46Ça, naturellement, quand on ne prend pas son boulot au sérieux...
15:48Mais on peut tout faire avec le sourire.
15:50Même les cartes d'identité.
15:51Vous n'arriverez pas à me vexer, alors.
15:53Bon, restons-en là, hein.
15:54Je ne suis pas ici pour m'amuser.
15:58Ben, ça se voit.
16:07Ah, il y avait longtemps.
16:09Jusqu'à quelle heure le soir vendez-vous les journaux ?
16:11Jusqu'à la fermeture du métro.
16:13Le soir, c'est ma mère qui me remplace.
16:15Mais depuis huit jours, elle a la grille.
16:17Depuis huit jours.
16:18Mais hier soir, qui vendait les journaux, ici ?
16:20Eh bien, moi.
16:24Vous connaissez ?
16:25Dites donc, quand vous l'avez photographié, il était mort ?
16:28Vous connaissez ?
16:29On le voit par un coup.
16:31Des fois, pendant quatre ou cinq jours.
16:34Et puis, il disparaît, comme ça.
16:35Hier soir, vous l'avez vu ?
16:38Je ne sais pas, je ne me souviens plus.
16:40Mais ces jours-ci, oui.
16:42Et il vous parlait ?
16:43Non, jamais.
16:46Mais c'était un homme, c'est ce qu'il y a de bien.
16:48Vous savez peut-être où il habite.
16:50Non.
16:52Enfin, quoi sûrement dans le quartier.
16:54Bon, merci, madame.
16:57Pas de quoi.
17:23Allô, patron ?
17:26Mareuil, j'ai trouvé l'adresse du bonhomme.
17:28Où êtes-vous ?
17:32Bon, bon, très bien, j'arrive.
17:51Mme Régal, monsieur le commissaire Lambert.
17:53Madame.
17:55Comme je le disais à monsieur, cet homme est bien mon client.
17:58Il a une chambre ici, mais il n'est pas rentré depuis avant-hier.
18:01Et pourquoi n'avez-vous pas signalé sa disparition ?
18:03Mais je ne pensais pas qu'il s'agissait d'une disparition.
18:06Il s'absentait souvent.
18:07C'est un voyageur de commerce.
18:09Dans quelle branche ?
18:10L'automobile.
18:11Ah oui, il travaillait pour quelle marque ?
18:13Des voitures d'occasion, je crois.
18:15Il était établi à son compte ?
18:17Ah, ça, je ne saurais pas vous dire, non.
18:20Il recevait du courrier ?
18:21Très peu, autant que je m'en souvienne.
18:24Son nom, donc, c'est...
18:30La Prade.
18:31Albert La Prade.
18:32Oui.
18:33Vous avez noté tout ça ?
18:34Oui.
18:36J'ai fait des recherches.
18:37Il est venu pour la première fois il y a un an environ.
18:40Depuis, il a fait de très courts séjours, mais il a toujours gardé sa chambre.
18:45Cigarette ?
18:46Non, merci.
18:48Vous avez eu l'occasion de bavarder avec lui ?
18:51Non.
18:52Je fréquente très peu mes clients, à vrai dire.
18:54Et puis, M. La Prade était un taciturne, très froid, mais...
18:57Il payait régulièrement ?
18:59Ah oui.
19:00Très souvent en avance.
19:02Chère madame, si cela ne vous dérange pas, j'aimerais visiter sa chambre.
19:06C'est le troisième, le 23.
19:07Vous demanderez à la femme de chambre, elle vous ouvrira.
19:10Vous êtes très émane.
19:12M. le commissaire,
19:14à partir de quand pourrais-je disposer de la chambre ?
19:16Nous vous préviendrons, mais pour l'instant, ne touchez à rien.
19:19Je vous en prie.
19:20Merci.
19:22Merci.
19:28Je vous reconnais, vous.
19:30Moi ?
19:41Ça y est, je me rappelle.
19:42L'ami du beau dédé.
19:44Oui, le beau dédé, j'en ai ma claque.
19:45Je ne veux plus le voir, celui-là.
19:46En attendant, à l'audience, vous avez refusé de témoigner contre lui.
19:49J'aurais dû.
19:51Il serait resté deux ans de plus en cabane.
19:53Vous connaissez le client qui habite cette chambre ?
19:55Presque pas, je l'ai vu trois ou quatre fois.
19:57Quel genre ?
19:58Un genre à qui je fais ni chaud ni froid.
19:59Il ne vous parlait jamais ?
20:01Jamais.
20:02Moi non plus, remarquez, je suis correcte avec les clients.
20:07Des photos, une carte d'électeur, une carte d'identité, au nom de l'aproi d'Albert, né à Vick,
20:11faisant acte.
20:12Ah ben c'est parfait, ça va nous permettre de remonter la filière.
20:14Je pense à une chose.
20:15L'étudiante du 22 à côté pourrait peut-être vous rencarder.
20:18Elle le connaissait ?
20:19Il paraît qu'elle lui prêtait des bouquins.
20:20Elle est là ?
20:21Non, dans la journée, elle s'appelle à Sorbonne.
20:23Maroye ?
20:24Oui ?
20:25Vous laisserez une convocation pour Mademoiselle, au fait, comment s'appelle-t-elle ?
20:29Forest, Mademoiselle Forest.
20:31Bon, merci.
20:35Dites, si vous rencontrez le beau Dédé, lui dites pas que vous m'avez vu.
20:40Il sait pas que je bosse ici.
20:43Promis ?
20:44Promis.
21:00Alors, il s'appelait La Prade, Albert La Prade.
21:04Il habitait parfois Paris, à l'hôtel.
21:07Et le reste du temps, il voyageait, paraît-il, en province pour vendre des voitures d'occasion.
21:13Né dans les Pyrénées, à quitter son pays très jeune, n'est plus aucun parent là-bas.
21:18L'adresse sur ses papiers d'identité, périmée depuis longtemps, est la maison des moindilles.
21:23Très bien, on ne peut pas dire que vous soyez gâtés, hein ?
21:26C'est tout.
21:27Et rien au fichier, c'était pas un professionnel.
21:29Ou alors La Prade est un génie, un type qui a réussi à ne jamais se faire prendre.
21:34Mais si c'était un débutant !
21:36Mais non, voyons, on ne débute pas dans le fric frac à 45 ans, c'est trop tard.
21:40Martial a diffusé le signalement complet ?
21:42Oui, hier.
21:43Et jusqu'ici, ça n'a rien donné.
21:45Alors, si je comprends bien, tout s'est passé dans le même quartier.
21:48Oui, il habitait à 900 mètres de l'endroit du cambriolage et à 300 de celui où on l'a
21:53trouvé mort.
21:54Sa voisine de chambre, une étudiante, aurait pu nous fournir des renseignements.
21:56Ben oui, mais malheureusement, depuis notre visite à l'hôtel, elle n'est pas rentrée à son domicile.
22:00Non, si on ne trouve rien aujourd'hui, la PJ va nous retirer l'affaire.
22:14Je suis mademoiselle Forrest, on m'a demandé de passer.
22:17Monsieur va s'occuper de vous.
22:26Monsieur le commissaire va vous recevoir.
22:29Patron, mademoiselle Forrest vient d'arriver.
22:31Bon qu'elle vienne, et tout de suite.
22:34L'étudiante est arrivée, laissez-moi seule avec elle.
22:36Oui, oui, on connaît vos habitudes.
22:43C'est très aimable à vous, mademoiselle, d'avoir pris la peine de venir nous rendre visite.
22:47Vous ne pouvez pas faire autrement.
22:48Asseyez-vous.
22:49Il faut ?
22:49Ah, si vous préférez rester debout.
22:53Madame Rigal m'a dit que mon voisin de chambre s'était fait descendre.
22:58Oui, enfin...
22:58Je viens seulement de rentrer à l'hôtel, j'ai passé la nuit chez une copine.
23:01Parlez-moi de monsieur Laprade.
23:03Oh, il n'y a rien à en dire.
23:05Pourquoi ça ?
23:05Oh, je ne sais pas.
23:06C'était rien du vide.
23:08Il parlait, il parlait.
23:09De quoi ?
23:10De tout.
23:11De refaire sa vie.
23:12Un jour au Brésil, le lendemain en Australie, enfin un mythomane.
23:16Il vous parlait de son métier ?
23:19Des voitures d'occasion ?
23:20Il se plaignait que ça ne marche pas très bien.
23:22Comment l'avez-vous connu ?
23:24Un soir, il y a eu une fuite d'eau dans ma chambre.
23:26Je suis sortie sur le palier, j'ai appelé personne.
23:30Il est venu, il me l'a réparé.
23:32On a bavardé ensemble.
23:33J'avais des bouquins qui l'intéressaient, je lui en ai prêté.
23:35Quel genre de bouquin ?
23:36Des romans policiers.
23:39A votre égard, quelle était son attitude ?
23:41Vous voulez dire ?
23:42Oh, rien, très correct.
23:44Non, ça ne l'intéressait pas.
23:46Il vous plaisait ?
23:47Oh, non.
23:49Non, au début, il me faisait plutôt pitié.
23:51Et par la suite ?
23:52Il me barbait vraiment.
23:55Pourtant, c'était un homme qui avait une certaine classe, de l'allure.
23:58Il était bien habillé, non ?
23:59Oui.
24:02Vous savez, moi, j'ai toujours considéré comme un raté.
24:05À son âge, vivre à l'hôtel et vendre des bagnoles minables.
24:08Était-il marié ?
24:09Non, je ne pense pas.
24:11Enfin, en tout cas, il ne portait pas d'alliance.
24:13Vous êtes sortie avec lui ?
24:14Oh, non, quelle horreur.
24:16Quand l'avez-vous vue pour la dernière fois ?
24:18La semaine dernière.
24:21Vendredi, je crois.
24:21Oui, c'est ça.
24:23Je suis sortie pour aller au Sina.
24:24Je me suis arrêtée au bureau de tabac pour m'acheter un paquet de pipes.
24:26Il était assis à la terrasse.
24:28Il a tenu à m'offrir un café.
24:29Il m'a dit qu'il allait faire un voyage.
24:33Fréquentaient-ils d'autres personnes de l'hôtel ?
24:36Non, je ne pense pas.
24:38À votre avis, pourquoi recherchaient-ils votre compagnie ?
24:40Il voulait qu'on l'écoute, c'est tout.
24:41Vous habitiez déjà l'hôtel quand il s'y est installé ?
24:44Non, c'est le contraire.
24:45Je suis arrivée après lui.
24:46Lui, connaissiez-vous un autre lieu de résidence ?
24:49Non.
24:50Non, mais il m'a dit qu'il avait séjourné dans une pension de famille rue de Lanzac,
24:53tout près de l'hôtel.
24:55Rue de Lanzac.
25:05Bonjour, mademoiselle.
25:06Madame.
25:07Bonjour, monsieur.
25:08Madame.
25:08Je viens voir mon mari, monsieur Chape.
25:11On m'a prévenu de la banque que la police était venue le chercher.
25:15Mais vous êtes comptable dans cet établissement depuis combien de temps ?
25:19Il y a 22 ans au mois de juin.
25:23Des tournements de fonds qui vous sont reprochés portent sur des chiffres énormes.
25:27Mais, monsieur, je vous le répète, je ne suis pour rien dans cette affaire.
25:30Et pourtant, tout l'argent passait entre vos mains.
25:33Oh, l'argent ne fait vraiment que passer.
25:35À votre décharge, je dois dire que l'enquête n'a pas réussi à découvrir le moindre changement dans votre
25:40train de vie.
25:42Parce que, justement, hélas, je ne pouvais pas me le permettre, contrairement à ce que vous semblez croire.
25:48Non, ne vous entêtez pas.
25:49Les preuves sont là.
25:51Accablantes pour vous.
25:53Monsieur, je suis victime d'une monstrueuse erreur.
25:57Derrière mon dos, des gens ont falsifié mes livres.
26:00Mais alors, pour...
26:02Excusez-moi.
26:05Oui, fais la rentrée.
26:09Votre femme est là.
26:11Que me veut-elle ?
26:12Ça, j'en sais rien.
26:17Contrez, madame.
26:18Dès que la banque m'a prévenue, j'ai préparé la valise.
26:21Mon minec.
26:23Tiens, là-dedans, tu trouveras un nécessaire de toilette, deux pyjamas, des tricots et du linge de corps.
26:29Et puis là, du miel.
26:32J'ai eu tellement peur que tu manques de miel.
26:34Quelle idée ? Mais ce soir, je serai rentré à la maison.
26:37Mais on ne sait jamais.
26:38Il me faut prendre des préconcients.
26:40Je suis innocent.
26:41Ils vont le voir tout de suite.
26:42Mais oui, mon minet, mais oui.
26:46Il vous a tout raconté, j'espère.
26:48Il est honnête, je vous assure.
26:50S'il a commis une erreur, ce n'est que par la fatigue.
26:53Mais surmener, tous les soirs, par exemple.
26:56Eh bien, il rapportait à la maison les livres de corps.
26:57Mais bon, ça va, merci de m'avoir apporté ça.
27:00J'ai à parler avec monsieur.
27:01Je vous en prie, mais nous avons tout le temps.
27:03Assiedez-vous, madame.
27:04Merci, monsieur.
27:05Merci.
27:05Mon minet.
27:06Eh voilà.
27:07Qui interroge-t-on, va-t-on, va-t-on ?
27:09Me voyons, monsieur Schaap.
27:11Soyez galant.
27:12Laissez parler votre femme.
27:15Je vous écoute, madame.
27:17Pour vous prouver combien il est consciencieux.
27:19Mais il faut l'avoir vu pour le croire.
27:22Toutes les nuits, il raturait les livres de comte.
27:24Il grattait, gommait.
27:25Mais tais-toi !
27:26Il lui fallait du chlore pour mieux effacer ses erreurs.
27:29Du chlore, vous vous rendez compte ?
27:31Mais la poilette, tu dis raisonne !
27:33Mais n'écoutez pas, monsieur l'inspecteur de police.
27:35Mais elle dit n'importe quoi !
27:36Mais pas du tout.
27:37Il faut que monsieur sache combien tu prends ton métier au sérieux.
27:40Mais c'est très intéressant tout ça, madame.
27:44C'est un brave homme, vous savez.
27:46Et je suis fière d'être sa femme.
27:48L'année dernière, pour l'anniversaire de notre mariage, regardez ce qu'il m'a fait.
27:55Il est vrai.
27:57Ça aussi.
27:59Vous vous rendez compte ?
28:01Ce qu'il a fallu qu'il économise pour m'offrir ça.
28:03Mais tais-toi ! Tais-toi ! Tais-toi !
28:06Sa seule distraction, c'était les courses.
28:09Ça, dès qu'il avait une minute de libre, Auteuil, Chantilly, Longchamp.
28:13Heureusement qu'il avait ça pour lui changer les idées.
28:15Qu'il prenait du bonheur.
28:16J'ai raison, n'est-ce pas, de vous raconter tout ça ?
28:18Oh, bien sûr, madame, bien sûr.
28:22Oh, mais ne te fais pas de mauvais sens.
28:25Maintenant, grâce à moi, monsieur te connaît un peu mieux.
28:27Et je suis sûre que t'es pas là pour longtemps.
28:31Oui, c'est ça, la prade.
28:34Il a habité ici deux mois.
28:35Il s'absentait souvent.
28:38Madame, c'est bien lui, sur cette photo ?
28:43Oui, on le reconnaît bien.
28:47Vous a-t-il donné sa précédente adresse ?
28:5318 rue Donat, Paris.
28:56L'adresse portée sur les papiers d'identité était bien celle-là ?
28:59Non, mais une autre qui était beaucoup plus ancienne.
29:03Vous me dites 18 rue Donat.
29:11Bonjour, madame.
29:11Bonjour.
29:12Oh, la police, entrez, entrez.
29:15Je suis l'aimerais de vous recevoir comme ça, mais dans votre métier, on ne peut pas prévenir.
29:18Asseyez-vous, je vous en prie.
29:19Vous voulez du café ?
29:20Non, merci, madame.
29:21Alors, un petit rhum.
29:22Non, merci.
29:23Oh, vous me vexez.
29:25Bon, alors, si vous voulez.
29:27Vous êtes concierge depuis combien de temps ici ?
29:30Depuis que j'ai abandonné l'art lyrique, en 23.
29:33Ah, j'en ai vu des filets dans cette loge, des policiers.
29:38Vraiment, sans nous, les concierges, je me demande comment vous feriez.
29:43En 1937, c'est grâce à moi qu'on a arrêté M. Fred, l'assassin de la petite danseuse du
29:48casino de Paris.
29:48Oh, j'ai là toutes les coupures de presse.
29:53Pardon.
29:54Voilà.
29:55Merci.
29:55Oh, regardez, regardez.
30:07Là, c'est plus tard, en 46, avec un de vos collègues, à la suite d'un cambriolage.
30:11Eh, vous rappelez-vous de M. Laprade, qui fut votre locataire ?
30:15Robert, le mécano ! Oh, vous pensez !
30:17On jouait à la manie avec lui, ensemble, avec mon pauvre mari.
30:20Non, mais nous parlons bien du même Laprade, Albert Laprade.
30:22Ah, ben, c'est le seul qui est demeuré ici.
30:24À quelle époque a-t-il quitté l'immeuble ?
30:26Voyons, ça fait au moins quatre ans.
30:29Parlez-nous de lui. Il était assez renfermé, je crois.
30:32Ah, marrant, vous voulez dire. Avec lui, on s'embêtait jamais. Toujours le mot pour rire.
30:38Encore une larme ?
30:39Oui. Il a habité longtemps ici, merci.
30:42Oui, près de dix ans.
30:43Il était un mécanicien ?
30:44Oui, dans un garage.
30:46Où ça ?
30:46Rue Périssac.
30:48Le dimanche, il nous emmenait à la campagne dans sa petite Rosangar.
30:50Ah, c'était chouette. Mais tenez, attendez, j'ai peut-être là une photographie.
30:56Il était célibataire ?
30:57Oh, pas toujours.
31:00Oui, enfin, légalement, oui.
31:02Ah, ça, on l'a drôlement regretté quand il est parti s'installer en Normandie.
31:05En Normandie ?
31:06Il vous a donné de ses nouvelles ?
31:08Ah, ben, oui, la première année. Et puis, plus rien.
31:12Oh, mais je ne l'en veux pas aller. On a eu du bon temps ensemble.
31:15Montrez-lui une photo de la Prade.
31:20Mais c'est pas lui !
31:22Oh, la Prade était un petit gros, avec une bonne bouille et des hurilleurs.
31:26La Prade ? Oh, je ne l'ai pas connue.
31:28Tout le personnel a changé quand M. Gray a vendu.
31:30Il y a longtemps ?
31:31Deux ou trois ans, peut-être.
31:32Vous avez l'adresse de M. Gray ?
31:33Non, mais ils ont au bureau, forcément.
32:05Police. Nous voudrions voir M. Gray.
32:07M. Gray est en voyage. Le mot est là, si vous voulez entrer.
32:13Bonjour, madame.
32:15Nous cherchons des renseignements au sujet d'un ancien employé de votre mari.
32:19Je les ai tous connus. Peut-être puis-je vous aider ?
32:21Ah, il s'agit d'un certain Albert La Prade.
32:23La Prade ? Oui, il est mort il y a deux ans.
32:27Il est mort ?
32:28Non, vous êtes sûre ?
32:29Mon mari s'est même rendu à son enterrement en Normandie.
32:32Il buvait beaucoup. Je crois qu'il a été victime d'une cirrhose.
32:35Votre mari rentre bientôt de voyage ?
32:38Je l'ignore. Il ne lui tient jamais au courant de ses déplacements.
32:42Quand est-il parti ?
32:43Il y a une semaine.
32:44Il voyage pour ses affaires ?
32:46Oui, à présent, il vend des voitures d'occasion.
32:49Nous avons eu des revers de fortune.
32:51Pourriez-vous nous tenir au courant, nous prévenir quand il sera de retour ?
32:54Bien entendu.
32:56Dans quel pays en Normandie La Prade s'était-il installé ?
32:59Je dois trouver ça dans les papiers de mon mari, si vous voulez bien attendre quelques instants.
33:09Si La Prade est mort, quelqu'un d'autre a pris son identité ?
33:11Eh bien oui, notre victime.
33:26Regardez.
33:29La Prade.
33:33Je n'ai rien trouvé, hélas, mais quelqu'un doit pouvoir vous renseigner.
33:36Malheureusement, je n'ai pas son adresse.
33:38C'est Berard, l'ancien gérant de mon mari, un ami.
33:40Il travaille à présent dans un garage du 16e.
33:43C'est votre mari ?
33:44Oui.
33:46L'été dernier, en vacances.
33:49Ce monsieur Graham menait une double bille.
33:51Il s'était approprié les papiers de son employé La Prade lors de la mort de celui-ci.
33:56Il les a falsifiés en changeant les photos.
33:58C'est un travail facile, mais bien fait.
34:01Il quittait parfois sa femme en lui racontant qu'il partait vendre des voitures en province.
34:05Et il ne partait pas, en tout cas pas toujours.
34:07L'année dernière, il s'installait dans une pension de famille et depuis lors dans un hôtel, toujours le même.
34:13C'est en rentrant à cet hôtel, un soir, après son cambriolage raté, qu'on l'a écrasé contre une
34:18palissade.
34:23Reste à savoir, pourquoi cette double bille ?
34:27Ben oui, c'est d'autant plus étonnant qu'il ne profitait pas de ses escapades pour s'amuser.
34:30Là-dessus, tous les témoins sont d'accord.
34:32Je les ai interrogés moi-même.
34:33Il y a longtemps que je ne vous avais pas vu aussi passionné pour une affaire.
34:36Ben, il y a aussi très longtemps que vous ne m'en aviez pas confié une de ce genre.
34:42Qu'est-ce que vous voulez dire par là ?
34:44Ben, chaque fois qu'il y a un crime dans mon secteur, vous autres de la PJ, vous vous en
34:47emparez.
34:48Nous autres, on doit se contenter des cambriolages ou des constats d'adultère.
34:51Tâchez d'arriver vite au but, sinon ?
34:53Sinon, oui, la prochaine fois, oui, j'ai compris.
34:56Madame Gray, la veuve, ignorait tout de la double vie de son mari, c'est sûr.
35:04Autant qu'on peut être sûr de quelque chose dans ce métier.
35:07Non, quand on lui a annoncé la nouvelle, elle s'est effondrée.
35:09Il a fallu qu'un tout-bible lui fasse des piqûres pour qu'elle tienne le coup.
35:12À la morgue, elle a reconnu formellement le corps comme étant celui de son mari.
35:16Elle a été très courageuse.
35:18J'ai interrogé leur médecin.
35:19Son diagnostic, Gray, était un instable, enfance heureuse, riche, incapable de s'adapter,
35:26tendance à la paranoïa, à l'idée fixe, quoi.
35:29Mais les rapports des médecins, moi, j'ai appris à m'en méfier.
35:31Moi aussi.
35:32Mais pas autant que ceux des experts.
35:33Au revoir.
35:34Au revoir.
35:48Vous connaissez, mademoiselle Forest, une étudiante ?
35:50Non.
35:52Et celui-là ?
35:54Oui.
35:55Vous le connaissez ?
35:56Ben oui, je vous ai dit oui.
35:58Il venait souvent ici ?
35:59Des fois, on le voyait tous les jours, des fois, on le voyait plus de longtemps.
36:02Il vous parlait ?
36:03Non.
36:03Et vous ?
36:04Si pour un pourboire, il faut encore leur tailler une bavette.
36:07Il venait vers quelle heure ?
36:08N'importe quand.
36:10Il passait une après-midi entière devant un carviche, tout seul, assis toujours à la même table.
36:16Ici.
36:17Ici ?
36:18Ben oui, je vous ai dit ici.
36:20Qu'est-ce que je vous sers ?
36:22Rien.
36:23Si, apportez-moi un café.
36:24C'est un café.
36:53Grey, il passait des journées assis devant un vichy.
36:56Et savez-vous pourquoi il allait toujours s'asseoir là ?
37:00Parce que de ce café, on aperçoit la maison qui l'a cambriolée.
37:02Ah ben, c'est un coup minutieusement préparé.
37:04Et depuis plus de six mois, vous vous rendez compte ?
37:06Et le gérant, l'ami de Grey, dont nous a parlé sa femme, vous l'avez retrouvé ?
37:09Bérard ?
37:09Non.
37:10Et pourtant, j'ai fait tous les garages du 16e.
37:12Oui.
37:14À propos, Mlle Moreau, j'ai oublié de vous en parler ce matin.
37:18J'ai des tuyaux sur M. Roland, le fiancé de votre sœur.
37:21Ah oui ?
37:22L'Américaine lui appartient.
37:23Il l'a acheté neuve.
37:24Voilà les renseignements.
37:26Associé dans une affaire de céréales.
37:27C'est une assez grosse affaire.
37:28Il a un bureau rue de la Boétie, une villa à Jeuant-les-Pains et une autre à Deauville.
37:32Célibataire.
37:33Oui, ben vous fatiguez pas parce qu'il n'a plus aucune chance d'entrer dans la famille.
37:36Quoi ?
37:36Ma sœur vient de rompre avec lui.
37:40Demain à midi, vous êtes libre.
37:41Pourquoi ?
37:42Je vous invite à déjeuner.
37:44Oui, bon, ben on en reparlera demain.
37:51Dites-moi, le type que Grey a cambriolé, il s'appelle bien Foulin ?
37:55Oui, pas tant.
37:55Sébastien Foulin ?
37:56Oui.
37:57Bon, eh ben l'année dernière, on a déjà cambriolé un certain Sébastien Foulin,
38:00mais à une autre adresse, au 8 rue Méliès.
38:03C'est França qui a fait l'enquête.
38:06Venez.
38:188 rue Méliès.
38:20Ça ne vous dit rien ?
38:22Absolument rien.
38:27Sébastien Foulin.
38:29Ah, oui, oui, je me souviens, c'est ça.
38:31L'histoire des 20 millions en espèces, jamais retrouvée.
38:33Et le voleur non plus, d'ailleurs.
38:34Moi, j'aimerais bien cela s'il s'agit du même Sébastien Foulin.
38:37Ah, ben je dois avoir d'autres documents sur l'affaire.
38:39Pardon.
38:40Pardon.
38:47Ah, voilà.
38:49Sébastien Foulin, propriétaire de garage.
38:52Propriétaire de garage, vis-à-vis.
38:55Ah, ça, alors c'est la même adresse.
38:57Ben, à ce moment, la Foulin était le propriétaire du garage qui était tenu précédemment par Gray.
39:01C'est-à-dire que Gray a cambriolé son successeur une fois, en tout cas.
39:04Eh, peut-être même deux.
39:05Ça, ça reste à prouver.
39:07Moi, je vais aller rendre une petite visite à ce monsieur Foulin tout à l'heure.
39:11Tout à l'heure.
39:19On vous avait déjà cambriolé l'année dernière.
39:21Oui.
39:23Pourquoi ne pas nous en avoir parlé ?
39:24Cela me semblait inutile.
39:26On s'est voilà, d'ailleurs, j'avais porté plainte.
39:29Résultat, je vous le demande.
39:31On n'a jamais retrouvé le ou l'être coupable.
39:34Au cours de ce précédent cambriolage, on vous avait volé combien ?
39:38Une vingtaine de millions.
39:40L'assurance vous a remboursé ?
39:42Évidemment, je paie des assez grosses primes pour ça.
39:45Pensez-vous qu'il y ait un rapport entre les deux cambriolages ?
39:47Non.
39:48Et vous ?
39:52Je ne sais pas, je cherche.
39:57Connaissez-vous cet homme ?
40:00Non.
40:01Vous êtes sûr ?
40:02Oui.
40:04Cet homme s'appelle Gray.
40:07Emmanuel Gray.
40:09C'est à lui que vous avez acheté le garage Périssac.
40:11Alors, il a bien changé.
40:13Je ne l'ai pas connu sur la photo.
40:17Je vous remercie.
40:21Je vous tiendrai au courant des développements de l'affaire.
40:23Je vous rappelle que je ne porte pas plainte.
40:24Oui, je sais.
40:39Un client pour vous.
40:42Monsieur.
40:43Je voudrais parler à monsieur le commissaire Lambert.
40:46De la part de qui, s'il vous plaît ?
40:47Pas assez personnel, mon nom ne lui dirait rien.
40:51Patron, il y a quelqu'un qui veut vous voir, mais il refuse de donner son nom.
40:55J'arrive.
40:58Il vient.
40:59Merci, monsieur.
41:04Monsieur ?
41:04Vous ne me connaissez pas, monsieur le commissaire.
41:06Je m'appelle Bérard.
41:08Il y a quelques années, j'étais le gérant de ce malheureux monsieur Gray.
41:11Ah, monsieur Bérard, justement, nous vous avons cherché dans tous les garages du 16e arrondissement.
41:15Ah, du 16e ? Non, moi, je suis place Ballard.
41:17Ah, bon, je ne vous en présenterai pas.
41:18Pardon, pardon.
41:23Je vous présente monsieur Bérard, le gérant de monsieur Gray.
41:26Monsieur.
41:28Excusez-moi.
41:29Ah, si, vous vous en prie.
41:30Merci.
41:32J'ai été bouleversé ce matin en lisant le journal et en apprenant la mort de monsieur Gray.
41:37Bouleversé.
41:38Oui, nous savons, vous étiez son ami.
41:39Ah, je l'aimais bien.
41:41Il avait confiance en moi.
41:45Vous avez été son gérant pendant combien de temps ?
41:49Cinq ans.
41:50Mais je le connaissais bien avant.
41:52J'ai été le mécanicien de son père dans le temps, aux 24 heures du Mans.
41:55Pour quelles raisons Gray a-t-il vendu son garage à Foulin ?
41:58Bon, en fait, Gray n'a pas vendu son garage.
42:01Ou plutôt, il l'a vendu parce qu'il ne pouvait pas faire autrement.
42:04Mais de son père, Gray avait une jolie fortune.
42:07Seulement, il n'était pas très doué pour les affaires.
42:09Alors, Foulin en a profité.
42:11Il l'a entraîné dans des spéculations, dans des coups fourrés dont lui-même était bénéficiaire.
42:15Enfin, bref, il l'a ruiné puis il lui a racheté son garage pour une bouchée de pain.
42:19Par la suite, vous avez encore travaillé avec monsieur Foulin ?
42:21Deux mois seulement.
42:22Je ne m'entendais pas avec lui alors j'ai préféré m'en aller.
42:24Quel genre de messe, monsieur Foulin ?
42:26C'est un opportuniste, un brasseur d'affaires.
42:29Maintenant, il est dans l'immobilier.
42:31Il a lâché l'automobile et il trouvait que ça ne rapportait pas assez.
42:34Gray, vous avez toujours continué à le voir ?
42:36Ah oui ? Oui, j'allais quelquefois chez lui le dimanche.
42:39Je suis le parrain de sa fille.
42:41Savez-vous qu'il menait une double vie ?
42:43Qu'il s'installait souvent à l'hôtel ?
42:46Ah non, ça je l'ignorais.
42:48Oh, ça m'étonne de lui.
42:49Il en voulait à Foulin ?
42:50Bien sûr, dites donc, l'autre l'avait quand même escroqué d'une centaine de millions.
42:55Et monsieur Foulin, depuis que vous avez quitté le garage, vous l'avez revu ?
42:59Non, jamais.
43:01Par amitié pour Gray ?
43:02Non, pas seulement pour ça.
43:04Foulin est une de ces fripouilles qui connaissent les lois à la perfection et les utilise au détriment des autres.
43:08Je n'ai jamais eu de sympathie pour lui.
43:10Moins d'une heure avant sa mort, monsieur Gray s'est introduit chez Foulin en l'absence de celui-ci.
43:16Il a fracturé la porte.
43:18Pensez-vous que ce soit dans le but de récupérer une partie de son argent ?
43:21Gray a commis un cambriolage.
43:23L'année dernière, il y avait eu un autre cambriolage au précédent domicile de Foulin.
43:29On s'était emparé ce jour-là de 20 millions.
43:31Le volet n'a jamais été retrouvé, l'argent non plus.
43:34Ah ben, je l'ignorais.
43:37Mais pourtant...
43:38Pourtant, je me souviens, quand je travaillais encore avec Foulin,
43:41on avait essayé de valer la caisse une nuit.
43:44Un troisième cambriolage ?
43:45On n'avait rien emporté, remarquez.
43:48Moi, à ce moment-là, je m'étais demandé si Gray n'était pas mêlé à cette tentative.
43:52C'est tout de même curieux.
43:53Ce type qui quitte sa famille et qui va s'installer à l'hôtel sous un faux nom pour préparer
43:57ses casses.
43:58Ah, mais moi, je trouve ça au contraire assez génial.
44:00C'est une jolie couverture.
44:03Pour récupérer son bien, il n'a jamais songé à faire appel à la justice.
44:08Foulin est trop fort pour lui.
44:09En justice, il aurait perdu.
44:11Votre témoignage est pour nous d'une grande importance et je vous remercie d'être venu vous mettre spontanément à
44:15notre disposition.
44:17Il y a quelques mois, Gray m'avait confié un paquet à remettre à sa femme au cas où il
44:21lui arriverait quelque chose.
44:23Le voici.
44:24Alors, je suis venu vous demander conseil.
44:26Qu'est-ce que je dois faire ? Le porter à Mme Gray ?
44:28Vous avez ouvert le paquet ?
44:29Ah ben non, je n'ai pas osé.
44:31Bon, rassurez-vous, de toute façon, nous le remettrons à Mme Gray.
44:35Ah ben, vous croyez qu'on a le droit de l'ouvrir ?
44:42Ben, ce sont des livres de contes ayant appartenu à Sébastien Foulin.
44:47Ben, il faudra les examiner.
44:49Il y a peut-être des preuves contre Foulin.
44:51Sans savoir pourquoi Grimm les aurait-il remis.
44:53A votre avis, comment Gray a-t-il pu se procurer ces livres ?
44:56Ben, je l'ignore.
44:58Ça ne peut pas être au cours du cambriolage du garage ?
45:00Oh non, non, on n'avait rien emporté.
45:02Oui, il y a peut-être eu un quatrième cambriolage.
45:07Gray vous a bien précisé, au cas où il m'arriverait quelque chose.
45:11Oui.
45:12Ça signifie qu'il se méfiait de Foulin, qui le croyait capable de tout.
45:15Ben, probablement.
45:16Bien.
45:17Alors, vous qui connaissez bien Foulin,
45:19croyez-vous que pour faire cesser, disons, les revendications de Gray,
45:23il aurait été capable de le tuer ?
45:25Oh ben, dis donc, c'est très grave ce que vous me demandez là.
45:27Parlez franchement.
45:34Je crois que oui.
45:39Quelle heure est-il ?
45:4111h05.
45:42Il ne viendra pas ?
45:43Ça, ça m'étonnerait.
45:47Au téléphone, il ne semblait pas hésiter.
45:49Mais depuis, il a peut-être appris qu'il était le suspect numéro un.
45:51Enfin, le seul.
45:53C'est encore rien, ça vous verrez.
45:54Je m'en doute.
45:54Un type qui a peut-être fait tuer un homme après l'avoir volé et escroqué.
46:00Oui.
46:01Oui, qu'il vienne.
46:05C'est lui.
46:11Entrez.
46:16Le commissaire Adjoint.
46:19Sébastien Foulin.
46:23C'est bien à 10h que nous avions rendez-vous.
46:25Oui, mais j'avais des affaires urgentes à régler.
46:28On ne peut pas être partout à la fois.
46:30Nous vous avons dérangé, et je m'en excuse,
46:33afin de vous poser quelques questions.
46:36Oui.
46:37Pourquoi vous abstinez-vous à nous cacher les précédents cambriolages
46:41dont vous avez été la victime ?
46:42Je ne cache rien.
46:44On avait également tenté de voler la caisse du garage Périssac
46:47quand vous en étiez le propriétaire.
46:49Je crois, oui.
46:54Et vous n'imaginez pas que quelqu'un vous envoie ?
46:58Des ennemis, j'en ai, je le sais.
47:00Je n'ai pas l'habitude de faire du sentiment j'ai horreur de ceux qui en font.
47:03Monsieur Gray, l'ancien propriétaire du garage en question,
47:06est mort.
47:08Le saviez-vous ?
47:09Non.
47:11Il a été écrasé par une voiture.
47:13Un soir de la semaine dernière, peu après, s'être introduit chez vous.
47:15Je vous prie à me parler sur un autre ton.
47:17C'était le mardi 18.
47:19Mardi 18.
47:21À quelle heure ?
47:22Un peu après minuit.
47:24C'était à Barcelone.
47:25Ils sont en train de signer un contrat pour la construction de 120 logements.
47:28C'est facile à vérifier.
47:29Mais nous vérifierons.
47:31Nous avons parcouru deux de vos livres de comptes.
47:34Deux de mes livres de comptes ?
47:36Comment ça ?
47:37Quelqu'un où les a remis ?
47:39Votre comptabilité est à la limite de la légalité.
47:43Quelqu'un qui étudierait vos chiffres de prêts pourrait fort bien vous causer des ennuis.
47:47J'ai toujours agi légalement.
47:49Il y a la manière.
47:51Monsieur Gray, par exemple.
47:52Vous n'avez pas dépouillé.
47:54Oh, j'y suis.
47:56Vous avez vu Bérard, mon ancien gérant, un pleurnichard, un jaloux.
48:00Les déclarations de Madame Gray concordent avec celles de Bérard.
48:03C'est possible.
48:04Monsieur Foulin, je veux vous dire pourquoi vous ne vouliez pas porter plainte pour votre dernier cambriolage.
48:08Parce que vous saviez qu'on vous avait volé ces livres précédemment et vous saviez qui vous les avait volés.
48:13Quoi que vous en disiez, vous n'avez pas envie qu'on se penche dessus et qu'on épluche vos
48:17chiffres.
48:18C'est ça, hein ?
48:18Oh ! Où voulez-vous revenir ?
48:21Ce que j'avoue, avoir tué Gray, ce minable, il n'était pas à Paris ce soir-là.
48:26Vous avez très bien pu payer quelqu'un.
48:28Un tueur, ce serait assez dans vos méthodes, non ?
48:30Monsieur Foulin !
48:36Sur la photo hier, vous aviez parfaitement reconnu Gray.
48:42Oui, oui, je l'avais reconnu.
48:43Alors pourquoi cette attitude ?
48:45Parce que si vous étiez à ma place, vous en auriez assez de ce bonhomme qui depuis deux ans me
48:49cavale après, me cambriole, me vole.
48:51Sous prétexte qu'il a fait avec moi une mauvaise affaire.
48:53J'ai toujours cherché pour ma part à ce que cette affaire prenne fin et qu'on n'en parle
48:56plus.
48:57Évidemment, vous seriez plus tranquille.
48:58Non !
48:59Je lui ai même offert de le dédommager, il a refusé.
49:01Il voulait tout ou rien.
49:04Une seule personne avait intérêt à la disparition de Gray.
49:09Et c'est vous.
49:10Je ne répondrai plus à vos questions.
49:11C'est ce que nous verrons.
49:13Je veux téléphoner à ma secrétaire pour qu'elle prévienne mon avocat.
49:16Plus tard.
49:20François.
49:21De toute façon, n'espérez pas sortir d'ici avant d'avoir signé une déposition.
49:24Et une déclaration de culpabilité.
49:28J'avoue que plus on essaie de le pousser à avouer, moins j'étais convaincu d'avoir le coupable dans
49:33mon bureau.
49:33De toute façon, c'est une crapule.
49:35Oui, bien sûr, mais des types dans son genre, il y en a beaucoup.
49:37Ce n'est pas forcément des assassins.
49:40Madame Bert, j'en prendrais bien encore un petit peu de gigot bordelaise.
49:46Vous aussi ?
49:47Non, merci, j'ai plus faim.
49:48Un café, s'il vous plaît.
49:49Madame Bert, qu'est-ce que vous mettez dans le gigot bordelaise ?
49:51Vous mettez ça, je le sais, du jambon haché et des filets d'anchois.
49:55Mais qu'est-ce qui donne ce petit parfum en dehors de l'échalote ?
49:58Mais c'est tout simple, monsieur Lambert.
49:59Je fais briser mon gigot, fils de l'air, mais des carottes et des pieds de veau.
50:03C'est tout.
50:05Ça vous a plu ?
50:06Formidable.
50:08Ah, le blanc.
50:14Asseyez-vous, mon vieux.
50:15Vous avez mangé ?
50:16Non, pas encore.
50:17Bon, un autre couvert, s'il vous plaît.
50:18Vous aimez le gigot bordelaise ?
50:20Non, merci.
50:21Alors, patron, j'ai vérifié.
50:22Son alibi tient le coup.
50:23Il était effectivement dans le train avec des amis.
50:26Pas de veine.
50:33Vous avez faim ?
50:34Ah non, pas du tout.
50:35Eh bien, asseyez-vous quand même.
50:36Madame Berthe a porté l'heure deux gigots.
50:38Et un pour moi aussi, bien sûr.
50:39N'oubliez pas mon café, s'il vous plaît.
50:41Alors, pardon.
50:42Non, ça...
50:43Alors, d'abord, j'ai vu Madame Gray.
50:44Les 20 millions, elle n'en a jamais entendu parler.
50:46Jamais ?
50:47Ah non.
50:48Ensuite, je suis allé à la banque.
50:50Et puis, j'ai épluché le compte de Gray.
50:52Aucune rentre importante.
50:53Alors, on a dû passer ces 20 millions.
50:55Enfin, Gray dérobe 20 briques à foulins.
50:57On n'en trouve la trace nulle part.
50:58Ça ne tient pas debout.
50:59J'ai ma petite idée là-dessus.
51:00Les plats, patron ?
51:01Non, non, non.
51:02Mangez d'abord.
51:03On n'a pas le droit de gâcher un plat de cette qualité.
51:06Chaque chose en son temps.
51:07Tenez, pardon.
51:08Je vous apporte votre café.
51:10Alors ?
51:11Alors, c'est bon ?
51:12Oui.
51:13Ah ben non, c'est beaucoup mieux que ça, non ?
51:16Ben non, allez, prenez des forces.
51:17On aura pas mal à faire ce soir.
51:31On aura pas mal à faire ce soir.
51:51Messieurs ?
51:52Monsieur Bérard, nous vous attendions.
51:54Ah, je suis navré.
51:55Je m'excuse, mais j'ignorais.
51:57Le soir, je ne me dépêche pas de rentrer depuis que je suis tout seul.
52:00Mais venez, messieurs, je vous en prie.
52:05Mais pourquoi ne m'avez-vous pas téléphoné au garage ?
52:07Je vous avais donné le numéro.
52:08Vous pouvez rentrer, messieurs, entrez.
52:09Non, nous avons préféré passer.
52:10Ah, vous avez du nouveau ?
52:11Ben, asseyez-vous, asseyez-vous, je vous en prie.
52:16Hier, je suis allé rendre visite à Mme Gray.
52:18La pauvre.
52:20D'apprendre la mort tragique de son mari, ça a été un coup très dur pour elle.
52:24Si ça ne vous dérange pas, nous avons quelques questions à vous poser.
52:27Mais je vous écoute.
52:28Vous êtes en grande partie propriétaire de ce garage dont vous vous occupez, Place Ballard.
52:33Oui, oui, c'est une société.
52:35J'ai les huit douzièmes départs.
52:36Ah oui, ben c'est ça, nous l'avons appris cet après-midi au cours de notre enquête.
52:39Vous avez investi 16 millions dans l'affaire, n'est-ce pas ?
52:42Oui, exact.
52:43Ma femme avait quelques économies qui lui venaient de sa famille.
52:46Seulement, elle ne voulait pas y toucher.
52:48Alors, après sa mort, moi, je les ai placés dans ce garage.
52:51Mais 16 millions d'économies, c'est... c'est beaucoup.
52:54C'est peut-être une coïncidence, mais vous avez utilisé ces 16 millions moins de deux mois après le cambriolage
53:01chez Foulin où 20 millions avaient disparu.
53:03Ben, c'est une coïncidence, rien de plus.
53:05Et si Gray, en vous passant le livre de comptes, vous avez également remis les 20 millions afin de les
53:11donner à sa femme au cas où il y arriverait quelque chose ?
53:13Enfin, monsieur le commissaire, Gray était mon ami.
53:17Jamais je ne me serais approprié son argent.
53:19Il a eu assez de mal lui-même à le récupérer.
53:21Ah non, la j'ai l'impression, là, là, vous vous trompez.
53:24Vous avez le rapport en question ?
53:32Oui, notre ami a eu la chance de passer cet après-midi à votre garage et de pouvoir interroger un
53:36de vos employés.
53:43Allez-y.
53:44Je sous-signé Marcel Solot, employé au garage Bérard, etc., déclare avoir réparé les ailes et le pare-chocs avant
53:51de la voiture de mon patron, monsieur Bérard, le 21 de ce mois.
53:55Le 21, c'était le lendemain du jour où l'on a retrouvé Gray mort, écrasé contre une palissade.
54:03C'est une coïncidence, quoi.
54:05Il y a trop de coïncidences en ce qui vous concerne.
54:08Vous allez nous suivre au commissariat.
54:13Par la terrasse.
54:19Il est sur les toits.
54:31Il est sur les toits.
55:03Il t'est sur les toits.
55:04Il est sur les toits.
55:56Et voilà mon cher ami, l'affaire est close.
55:59Bérard s'était approprié l'argent que lui avait confié Gray.
56:02J'ai libéré Foulin hier soir, c'est tout.
56:05Bon, je vous remets ces comptes rendus et puis ces dépositions et aussi ces deux livres de comptes.
56:11Faites-les examiner.
56:12Peut-être permettront-ils d'obliger M. Foulin de rendre à Mme Gray un peu de ce qui lui est
56:17dû.
56:17Oh, comptez sur moi. Je m'en occupe.
56:21Pardon. Voilà, merci.
56:26Allez, au revoir. Au revoir, Martial.
56:29Au revoir.
56:33Au revoir.
57:04Au revoir.
57:36Au revoir.
58:06Au revoir.
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