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  • il y a 12 heures
Alors que l'Etat s'apprête à envoyer une lettre aux Français de 29 ans pour les informer sur les dons de gamètes, Valentin Boissais a enquêté pour RTL sur ces dons sauvages de sperme qui se déroulent à travers les réseaux sociaux : des Françaises choisissent Facebook pour trouver des donneurs, un moyen de contourner les délais et les difficultés inhérents aux parcours médicaux qui est, lui, légal...
Regardez RTL Événement avec Valentin Boissais du 06 mars 2026.

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Transcription
00:01RTL événement
00:02Et notre événement ce matin sur RTL, c'est une enquête absolument incroyable sur ces dons sauvages de sperme
00:09qui se déroulent chez nous en France, sur les réseaux sociaux.
00:11Ça veut dire que des femmes choisissent Facebook pour trouver des donneurs, pour ensuite se débrouiller
00:16et contourner ainsi les délais et les difficultés de la procédure légale en France.
00:21Bonjour Valentin Boisset.
00:22Bonjour à tous.
00:23Et votre enquête commence donc avec ces annonces précisément postées sur des groupes Facebook que vous avez consultées.
00:29Oui, je vais vous en lire une pour commencer.
00:31Bonjour, cherche un donneur dans le Morbihan, couple de femmes, merci de présenter un test VIH.
00:36Ces annonces fleurissent sur ces groupes, on y précise ses conditions physiques recherchées, dont gratuits ou non.
00:42Une femme a accepté de me répondre, nous l'appellerons Laurie, 32 ans, elle veut avoir un enfant seule
00:48et explique être engagée actuellement dans un parcours PMA depuis 3 ans.
00:52Moi, j'ai commencé la PMA en 2023, première assimilation juin 2025, qui n'a rien donné du tout.
00:59Au début, on est à fond dedans et on ne se rend pas compte et au bout d'un an,
01:03deux ans, psychologiquement, l'attente, c'est très très long.
01:06Et c'est à ce moment-là que vous vous êtes intéressé à ces groupes Facebook, c'est ça, de
01:09donneurs ?
01:09Oui, voilà, depuis 2023, j'ai commencé à trouver le temps un peu trop long.
01:12Vous avez eu des discussions un petit peu avec ces donneurs ?
01:15Oui, surtout au niveau des origines, au niveau de la méthode, les pipettes, donc ça c'est la méthode artisanale.
01:20Il y a la méthode naturelle qui implique donc un rapport sexuel.
01:23Vous n'aviez pas le sentiment que c'était un peu dangereux quand même ?
01:25Je pense que c'est plus simple, mais il y a plus de risques.
01:27Il faut être assez ouvert d'esprit à ce moment-là.
01:29C'est illégal, mais en même temps, il n'y a pas officiellement de preuves non plus, tout simplement.
01:32Laurie précise qu'elle n'est pas allée au bout de ses dons sauvages sur Facebook.
01:35Elle compte tenter une troisième insémination légale au printemps prochain, trois ans après le début de son parcours.
01:41Et Valentin, est-ce qu'on arrive à quantifier le phénomène de ces dons sauvages ?
01:45Alors, il n'y a pas de chiffres officiels.
01:47Le plus gros groupe Facebook que j'ai trouvé compte plus de 6000 membres.
01:50J'ai contacté un administrateur de l'une de ses pages, c'est un Allemand.
01:54Il s'appelle Philippe.
01:55Il a créé une application pour mettre en relation donneurs et receveuses une sorte de site de rencontre hébergé en
02:02Allemagne.
02:02Selon lui, la France est le second pays qui l'utilise le plus.
02:06Sur les 30 derniers jours, on a compté en France 230 utilisateurs fréquents.
02:11Ce sont beaucoup de couples de femmes et des femmes seules.
02:13La démarche leur semble plus simple.
02:16Vous êtes conscient que c'est illégal en France ?
02:18Oui, je le sais, c'est délicat, mais c'est simplement une plateforme pour tomber enceinte.
02:23Sur les sites de rencontres comme Tinder, c'est pareil.
02:25On s'inscrit parfois pour faire des bébés.
02:28On offre le même service.
02:31Illégale, voire dangereux.
02:32Marine Janté est directrice générale de l'agence de biomédecine et elle déconseille vivement cette démarche.
02:38On voit des femmes qui sont dans une situation de détresse.
02:40Ça peut être très dangereux pour les femmes concernées.
02:42Non seulement il n'y a pas de vérification de la qualité du sperme, il y a parfois des viols.
02:47On n'est pas sûr que ces personnes ont signé un consentement qui garantisse qu'ils ne reconnaissent pas une
02:51paternité dans les années à venir.
02:53Selon les derniers chiffres disponibles datant de 2024,
02:5610 600 femmes étaient en attente d'une PMA en France pour seulement 1079 donneurs recensés.
03:02Merci beaucoup Valentin Boisset, enquête édifiante sur ces dons sauvages.
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