00:00Il est important de rappeler que les marges de l'industrie agroalimentaire restent structurellement faibles. Depuis 2021, l'industrie a
00:07été confrontée à une succession de chocs sans précédent.
00:10Crises sanitaires, tensions logistiques mondiales, flambées des coûts de l'énergie, hausses des matières premières agricoles et industrielles, ainsi que
00:17les conséquences de la guerre en Ukraine.
00:19Depuis 2022, nous faisons face à une crise inflationniste d'une ampleur exceptionnelle. Certaines matières premières agricoles ont connu des
00:25hausses majeures, en particulier le cacao, dont le prix a été multiplié par plus de 2 entre 2021 et 2025,
00:32avec une augmentation de plus de 84% sur la seule année 2024.
00:36Dans le même temps, les coûts de l'énergie ont progressé d'environ 30% depuis 2020. Sur la période
00:432021 à 2025, nos coûts liés au marché français ont ainsi augmenté deux fois plus vite que nos prix de
00:51cession négociés avec nos clients, entraînant une érosion significative de nos marges.
00:58Dans ce contexte, j'aimerais souligner que les hausses de prix relevées par les panélistes en magasin ne reflètent pas
01:05un enrichissement des industriels, mais une adaptation progressive à l'évolution de nos coûts.
01:12Notre entreprise n'a pas répercuté l'intégralité de ces hausses sur le marché français, absorbant une part significative de
01:18l'inflation au travers de ses marges, de ses gains de productivité et de ses investissements.
01:23Concrètement, une très grande partie de notre chiffre d'affaires est absorbée par des coûts incompressibles.
01:28Cette situation a conduit à une dégradation structurelle de la rentabilité de nos activités sur le territoire national, avec un
01:35recul significatif par rapport à notre niveau des années précédentes
01:39et un écart qui se creuse par rapport aux autres filiales du groupe.
01:43La rentabilité globale des opérations de Mondelez liées au marché français se situe aujourd'hui à un niveau inférieur à
01:51celui de nombreuses autres filiales internationales du groupe.
01:55Cette réalité macroéconomique se traduit très concrètement au niveau local.
01:58Pour un site industriel, ce qui compte n'est pas une moyenne mondiale, mais l'équilibre économique réel de ses
02:07activités sur son territoire.
02:09La compétitivité de ses territoires constitue dès lors un facteur déterminant dans la pérennité de nos investissements.
02:16Le maintien d'un appareil productif suppose un équilibre économique soutenable.
02:21Lorsque cet équilibre se dégrade de manière prolongée, il devient plus difficile de préserver l'investissement, l'innovation et l
02:29'emploi.
02:30Cette situation illustre la réalité des choix auxquels l'industrie agroalimentaire est confrontée.
02:34Maintenir une production compétitive, investir dans l'innovation et la transition, tout en préservant l'ancrage territorial dans une logique
02:42d'allocation globale des ressources.
02:44En définitive, l'enjeu est de préserver un équilibre durable entre coûts agricoles, coûts industriels, investissements et dynamiques concurrentielles.
02:54Chaque maillon de la chaîne dispose de contrats propres.
02:59La chaîne alimentaire fonctionne comme un écosystème indépendant.
03:02Fragiliser un acteur, c'est fragiliser l'ensemble.
03:05Nous pensons que la réponse aux défis actuels repose sur un dialogue exigeant entre tous les acteurs.
03:12Dans cet esprit, nous sommes pleinement engagés dans les démarches collectives visant à améliorer le partage de la valeur, notamment
03:19dans le cadre des lois EGALIM.
03:21Ces dernières années, le travail législatif a permis de faire évoluer le cadre des relations commerciales et d'introduire des
03:27avancées importantes,
03:28notamment en matière d'expérimentation destinée à améliorer l'équilibre des négociations.
03:34Comme toute réforme structurelle, la mise en œuvre demeure complexe et appelle sans doute des ajustements.
03:40Nous aurons l'occasion d'y revenir lors de nos échanges.
03:42Mais nous sommes convaincus que les avancées engagées constituent une base utile qu'il convient de consolider.
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