- il y a 13 heures
C pas si loin propose de décrypter les enjeux contemporains en France et à l'international depuis les Outre-mer. Présenté par Karine Baste, C pas si loin explore le monde depuis les Outre-mer. Cette France des trois océans, au carrefour de frontières et d'influences croisées, répond autrement aux dynamiques économiques, écologiques, géopolitiques et culturelles. Ce magazine propose un regard singulier sur nos enjeux contemporains et la place des territoires ultramarins dans le monde. Année de Production :
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00:10Bonjour à tous, très heureuse de vous accompagner pour ce nouveau numéro de C'est pas si loin.
00:14Elle est entrepreneuse, présidente de l'association Innovation Outre-mer, Stéphanie Mareva Fayou est notre invité aujourd'hui.
00:22On va revenir ensemble sur plusieurs thèmes abordés cette semaine dans votre magazine, à commencer par le sur-endettement.
00:28De plus en plus de foyers peinent à affronter les dépenses du quotidien, loyer, alimentation, carburant, une vie de plus
00:35en plus chère, insoutenable.
00:37Outre-mer, du fait du coût de la vie, la situation est pire encore.
00:418 jeunes sur 10 passés par le RSMA sont considérés comme insérés dans la vie professionnelle 6 mois après leur
00:48sortie.
00:48Le régiment du service militaire adapté est-il donc une réponse au chômage outre-mer ? Le regard de notre
00:54invité à suivre.
00:56Et puis à plus de 4000 mètres sous la surface de l'eau, dans le Pacifique, une course silencieuse, celle
01:03aux métaux rares et stratégiques, nickel, cobalt, lithium.
01:08On en reparle évidemment.
01:11Bonjour Stéphanie Mareva Fayou.
01:13Bonjour.
01:14Je suis ravie de vous avoir sur le plateau de ces passinois.
01:16Vous êtes diplômée de Harvard, de Cambridge, de Sciences Po, passée par des banques d'affaires et vous présidez désormais
01:24l'association Innovation Outre-mer.
01:26Lorsque vous vous adressez aux investisseurs, aux politiques, est-ce qu'on voit en vous d'abord l'ultramarine, l
01:33'exotisme de la Tahitienne ou alors la professionnelle, la banquière passée par Harvard ?
01:40Ce n'est pas une question binaire.
01:43Alors dans ce cas, vous êtes libre ?
01:45Je pense qu'il voit la totalité.
01:46Donc il y a à la fois l'ultramarine, il y a la professionnelle avec les différents parcours dans différents
01:57pays et je pense qu'il voit aussi la femme.
02:00Oui.
02:01Je vous pose la question parce que souvent quand on vient d'outre-mer et c'est le retour qu
02:04'on a de la part de beaucoup d'invités, on voit avant tout l'ultramarine ou l'ultramarine.
02:09Presque une certaine dose d'exotisme avant de voir le professionnalisme.
02:13Donc ma question n'était pas volontairement provoquante, mais elle était à dessein compte tenu de la réalité de certains
02:19ultramarins.
02:20Je n'ai jamais ressenti cette séparation.
02:25Et ma foi, tant mieux.
02:26Vous auriez pu faire carrière de façon très confortable finalement dans la haute finance.
02:29Pourquoi l'outre-mer ?
02:31Est-ce qu'il est question d'attachement, besoin de sens ou peut-être une responsabilité quelconque ?
02:38Le passage n'a pas été immédiat.
02:42Après la banque d'affaires pendant plus de dix ans, je me suis intéressée à d'autres modèles économiques et
02:48financiers avant l'outre-mer.
02:50C'est arrivé avec la crise financière en 2008.
02:53Et là, je me suis rendue compte qu'on faisait un peu n'importe quoi avec la finance.
02:56Et il fallait vraiment re-guider ce capital vers des choses utiles.
03:00J'ai regardé l'entrepreneuriat social.
03:03J'en ai fait un documentaire sur le social business comme nouvelle voie pour le capitalisme.
03:10Et ça m'a amenée à cheminer, à rencontrer beaucoup d'entrepreneurs, beaucoup de créateurs.
03:15Ça va de l'artiste à la tech, je dirais, et également aux femmes qui créent.
03:25Et l'outre-mer est arrivé après.
03:27Ça a été une évolution naturelle.
03:30Ça a été vraiment la grande banque d'affaires.
03:33Ensuite, l'entrepreneuriat social qui sert à quelque chose et comment est-ce qu'on guide les capitaux.
03:37Et ensuite, vraiment, la partie géographique, elle est venue sur le tard.
03:42Il y a 9 ans, 2017 ou 2016, je ne sais plus, 9-10 ans, où j'ai rencontré, où
03:48je suis allée à la soirée Innovation Outre-mer.
03:51Et j'ai rencontré Daniel Yersault, le fondateur.
03:53Et là, ça m'a ouvert les yeux parce que je ne savais pas qu'il y avait des entrepreneurs
03:57en Outre-mer, des start-upeurs.
04:01Parce que quand je suis partie de Tahiti en 1990, quand j'ai eu mon bac, les deux tiers des
04:05étudiants voulaient être fonctionnaires.
04:08Fonctionnaires, comme beaucoup pendant longtemps.
04:11Je pense que ce n'est pas que la Polynésie.
04:13Non, clairement, comme beaucoup d'ultramarins pendant longtemps, c'est ce que je voulais dire.
04:16Du coup, cette association Innovation Outre-mer, elle se destine à qui ? Elle permet quoi ? Et de quelle
04:21façon ?
04:22Avant Innovation Outre-mer, il y a ce réseau qui est Outre-mer Network,
04:26qui a été aussi fondé par Daniel en 2009 après les émeutes en Martinique,
04:30sur le constat qu'il y a des personnes en détresse, notamment des jeunes,
04:35et qu'il y a des innovations qui se créent, je pense, par nécessité.
04:41Oui.
04:42Et donc, il a créé ce réseau pour les mettre en valeur.
04:45Et Innovation Outre-mer a commencé comme un concours pour identifier les meilleures start-ups.
04:49Mais le concours, c'est l'excuse pour émuler les régions, pour faire émerger leurs projets.
04:53Oui.
04:54Donc, du coup, j'ai oublié la question.
04:58Ma question, c'était quelles étaient les missions de votre association et qui vous accompagnait ?
05:03Ça a commencé par identifier ces projets comme solutions.
05:08Et quand j'ai rencontré Daniel, je me suis dit, c'est vraiment génial, mais il faut qu'on continue.
05:13Parce qu'à un moment, quand on les a identifiés, que toi, tu les recueilles à Station F pendant quelques
05:18temps
05:18et que tu essayes de les guider, de les aider sur leur business model, on a un problème de financement.
05:24Oui.
05:26Et donc, il faut absolument créer un fonds d'investissement.
05:28Donc, on travaille dessus.
05:29Je pense qu'on va bientôt y arriver.
05:31Oui.
05:31Et il y a également la création de l'écosystème et l'accès au réseau.
05:36Parce que ce n'est pas juste le capital.
05:38Bien sûr.
05:38C'est aussi le réseau.
05:39Bien sûr.
05:40Et la façon de penser le réseau, il est différent quand on est en Outre-mer.
05:44Enfin, après, je ne connais pas les enzymes, mais je pense que c'est assez semblable.
05:47En Polynésie, c'est tellement petit.
05:49Tout le monde se connaît.
05:50Bien sûr.
05:51Donc, finalement, on dit le réseau, mais en fait, tout le monde connaît tout le monde.
05:54Mais ce n'est pas ce réseau juste de proximité.
05:56C'est vraiment les réseaux qui comptent.
05:58Les réseaux au capital, les réseaux aux grands comptes et les réseaux internationaux, les opportunités.
06:04Allez, on en vient au thème sur lequel vous avez choisi de vous arrêter cette semaine.
06:08Je l'évoquais en début d'émission, le surendettement explose partout.
06:12Mais la situation est pire encore Outre-mer, où 32% des dossiers concernent des familles monoparentales,
06:17contre 18% dans l'Hexagone.
06:19Extrait.
06:24Pour Rachel, faire ses courses et simplement acheter le goûter que sa fille souhaite relève désormais du casse-tête.
06:32Au supermarché, chaque achat doit bien être réfléchi.
06:43Depuis qu'elle est sans emploi, la mère de famille a dû revoir toute son organisation quotidienne.
06:51Les courses, avant je les faisais au moins, ça me revenait beaucoup moins cher.
06:57Et maintenant, je le fais un petit peu au compte-gouttes, en fonction des besoins.
07:02Et puis c'est surtout, je fais plus attention à la qualité, je fais plus attention à ce que j
07:08'ai envie de manger réellement.
07:10Je fais plus attention au prix et à ce que je peux m'offrir.
07:14Le rapport entre ce qui rentre et ce qui sort, il n'est pas du tout équitable.
07:19En général, je paye mes factures, je regarde tout ce que j'ai à faire d'important.
07:23Et en fonction de ce qui me reste, là, je vois ce que je peux me permettre.
07:27Car il y a 10 ans, la fille de Rachel est porteuse d'un handicap.
07:31Pour lui obtenir et faire officiellement reconnaître le statut administratif de son enfant,
07:36cette mère seule doit enchaîner les rendez-vous médicaux pour beaucoup non remboursés.
07:41Ah non, je suis dans le livre de français.
07:43Ça c'est mat.
07:45Pour assurer un avenir même, à ce niveau-là, je le vois de façon très sombre.
07:49Parce que je me dis, plus on va, plus c'est difficile.
07:52C'est difficile de gérer, c'est difficile d'avoir des aides.
07:56Mettre de côté, ça devient de plus en plus difficile.
07:59Et je me dis, pour ma fille, quand elle fera ses études, les choses comme ça, c'est plus ça
08:05va et puis on sait.
08:06Donc on prend toujours la vie du bon côté, mais on se voile pas la face, on sait qu'on
08:10est obligé de galérer beaucoup plus qu'avant.
08:14Stéphanie-Marie Vafailloux, Outre-mer, tout coûte plus cher que dans l'Hexagone, on le sait.
08:18Vous le savez, en Polynésie, c'est la même chose.
08:20Est-ce qu'on peut parler de mauvaise gestion lorsque, sur la ligne de départ, on débute avec un tel
08:26handicap ?
08:29Je pense que ce n'est pas juste le niveau des prix.
08:33Même s'ils sont beaucoup plus chers, on parle de plus de 40% dans l'alimentaire, 40-45%.
08:40Je crois que ça remet, en fait, dans cet extrait, enfin pas cet extrait, mais ce reportage.
08:46Moi, ce qui m'a frappée, ça a été le fait que ce soit les femmes qui soient surendettées.
08:52Donc, il y a beaucoup de questions qui sont soulevées.
08:54Ce n'est pas juste le niveau des prix, mais c'est aussi pourquoi il y a autant de femmes
08:58seules
09:01qui doivent affronter et soutenir la charge de la famille et de l'enfant.
09:08Donc, il y a plusieurs choses qui me sont venues.
09:10L'autre chose, c'est la prise en charge de la santé.
09:11Oui.
09:12Pourquoi c'est aussi long d'avoir une prise en charge pour son enfant ?
09:16Cette petite fille handicapée.
09:17Et la troisième chose qui m'a frappée aussi, c'était une autre séquence dans ce reportage,
09:25quand il y a les classes qui offrent des cours de gestion.
09:30Oui.
09:30Et donc, c'est au-delà des cours de gestion, c'est vraiment la culture financière
09:34qui est importante, savoir gérer son budget.
09:36En fait, c'est la base.
09:39Et…
09:39Oui, mais sauf que cela, on ne l'apprend pas, Stéphanie Marie Vafaillou.
09:43On ne nous apprend pas ça à l'école.
09:44Vous qui avez enseigné la finance durable,
09:47est-ce que nous, citoyens, manquons d'éducation en la matière, justement ?
09:50Alors, la finance, moi, je n'ai pas appris à l'école.
09:52Oui.
09:53Mais vous l'avez enseignée.
09:54Je l'ai enseignée parce que c'était un besoin.
09:57Et j'avais besoin que les étudiants comprennent la finance.
10:01Oui.
10:01Pour pouvoir se la réapproprier.
10:03Parce que la finance, dans le discours public, est souvent perçue comme l'ennemi,
10:08comme la cause de tous les maux.
10:10Alors qu'en fait, c'est comme Internet, c'est juste un outil.
10:13Oui.
10:14Et c'est un secteur qui est particulier parce qu'il se trouve en haut de la pyramide.
10:17C'est celui qui alloue le capital.
10:19La finance, c'est un instrument d'allocation du capital.
10:22Et s'il ne l'alloue pas au bon endroit,
10:24s'il l'alloue dans des secteurs spéculatifs
10:28et pas dans l'éducation et pas dans la santé,
10:30on va avoir ces problèmes-là.
10:32Mais alors, à l'école, à la base, nous, citoyens lambda,
10:35est-ce qu'on manque d'éducation en la matière ?
10:37Est-ce qu'on a besoin d'apprendre à gérer notre argent
10:39pour éviter de vivre pareilles situations ?
10:41Peut-être plus encore, je ne sais pas, les jeunes filles,
10:43pour expliquer peut-être que plus tard,
10:47on se retrouve dans de telles situations ?
10:49Oui, ce n'est pas juste la gestion de l'argent,
10:52parce qu'à l'école, ce qu'on apprend, c'est les mathématiques.
10:54Oui.
10:54Donc, on sait faire des additions et des soustractions.
10:59Je crois qu'il y a plusieurs choses aussi qui sont soulevées.
11:02C'est que pourquoi les prix sont aussi chers ?
11:05Oui.
11:05C'est qu'il y a les taxes à l'importation.
11:07Je parle pour la Polynésie.
11:09Les taxes à l'importation sont importantes.
11:12C'est aussi un des plus gros revenus,
11:15voire le plus gros revenu de l'État,
11:17cette taxe à l'importation.
11:18Donc, on est dans un cercle vicieux
11:19où ils ont du mal à dissuader les grands groupes d'importer,
11:26parce qu'on pourrait produire localement.
11:29Je parle juste de la nourriture.
11:30Oui.
11:31Mais je pense que le gouvernement est pris entre deux eaux
11:34en disant que si je force à produire localement,
11:37je vais perdre ma source de taxes à l'importation.
11:41Donc, ça, c'est la première chose.
11:42La deuxième chose, c'est aussi l'endettement.
11:46Et ça, c'est un cercle vicieux.
11:47Et ça, on le voit,
11:48c'est parce qu'il n'y a pas de compétition dans les banques.
11:51Les taux d'intérêt des banques sont trop élevés en Outre-mer.
11:56Là, je vais me faire détester par toutes les banques,
11:59mais c'est la réalité.
12:00C'est plus élevé en Outre-mer qu'en Hexagone.
12:03Et c'est un cercle vicieux.
12:04De toute façon, on a ce cercle vicieux en Hexagone aussi,
12:06de surendettement.
12:07C'est qu'à un moment, quand vous êtes dans le rouge,
12:10les banques prélèvent des AGIO
12:11et puis après, on rentre dans un système
12:14qui est extrêmement difficile de s'en sortir.
12:16Et là, il y a peut-être quelque chose à faire
12:20pour suspendre ces AGIO
12:21ou forcer les banques à baisser leur taux d'intérêt en Outre-mer.
12:24Et donc, peut-être limiter la casse.
12:26C'est ce que vous nous dites en substance.
12:28Allez, deuxième thème de la semaine
12:29sur lequel vous avez choisi de vous arrêter, le RSMA.
12:32L'objectif n'est pas tant le diplôme
12:33que l'efficacité à prendre un métier.
12:36et être opérationnel.
12:3765 ans que le régime du service militaire adapté
12:41accompagne des jeunes en Outre-mer.
12:43Un dispositif unique en son genre dédié aux 16-25 ans
12:46éloignés de l'emploi.
12:48Extrait.
12:53Camp de la ville d'Arwe en Polynésie.
12:565, 4, 3, 2, 1, stop !
13:02Ils ont entre 16 et 25 ans
13:04et chaque année, ils sont près de 800 jeunes
13:07à effectuer un service militaire adapté, le SMA.
13:11Ce service accueille un jeune ultramarin sur six.
13:15Ils se donnent pour mission de faciliter leur insertion
13:18dans la vie active.
13:19Et tous les matins, la journée commence par une session de sport.
13:24Alors, je suis ici depuis mars.
13:27Ça fait bien.
13:28Ça fait trois mois que je suis ici.
13:31Au début, je n'acceptais pas la discipline militaire.
13:36J'étais pas du tout sportive.
13:38Depuis que je suis arrivée au sein du RSMA,
13:40je commençais le sport.
13:41et j'apprécie parce que maintenant, je suis bien dans mon corps.
13:48Pendant près de dix mois, les volontaires suivent une formation professionnelle.
13:53Ils sont logés, nourris, rémunérés
13:56et peuvent passer leur permis de conduire gratuitement.
14:01Ça fait maintenant trois mois que je suis au RSMA
14:03et je suis là parce que je voulais aussi aller m'engager dans la marine.
14:08Comme ça, il n'y a pas à rester dans les rues, à aglander, à rester.
14:15Le cadre militaire, c'est très bien aussi.
14:18C'est strict.
14:18C'est pour nous apprendre à mûrir aussi dans la tête.
14:22C'est un grand moyen aussi de changer notre avenir.
14:27Bravo pour la session.
14:32En Polynésie, les moins de 30 ans sont particulièrement exposés au chômage.
14:36Près d'un jeune sur cinq est concerné.
14:39Dans ce contexte, accompagner les volontaires vers l'emploi est primordial.
14:44Huit jeunes sur dix sont insérés dans la vie professionnelle
14:48après être repassés par le RSMA.
14:50Est-ce que le succès de ce dispositif dit quelque chose des carences
14:54en matière d'emploi ou peut-être d'accès à l'emploi et donc de scolarité peut-être ?
15:01Quand j'ai quitté la Polynésie, je vous disais que les deux tiers voulaient être fonctionnaires.
15:06Pour faire le passage, on n'est pas dans une augmentation des postes de fonctionnaires.
15:11Au contraire, je pense qu'il y a toujours un vide et clairement pas assez d'emplois pour les jeunes.
15:17J'ai été surprise, en fait, dans ce reportage par le chiffre d'un an, un jeune sur cinq,
15:22parce que moi, les chiffres que j'ai vus, c'est plus de 50% du chômage des jeunes.
15:26C'est en hexagone que c'est un jeune sur cinq, 20%.
15:29Mais en Outre-mer, c'est le double, plus du double.
15:32Après, c'est vrai que ça fluctue d'un territoire à l'autre.
15:34Mais bon, c'est de toute façon un chiffre bien trop élevé.
15:37Bien sûr.
15:38Et ce programme, il répond à ce vrai sujet qui, moi, j'applaudis.
15:45Qu'est-ce qui fait que tant de jeunes sont éloignés de l'emploi ?
15:48Pour parler de la Polynésie, en l'occurrence, d'où vous venez, où a été tourné ce reportage ?
15:53Est-ce que cela découle de ce que vous nous expliquez à l'instant,
15:56de ce choix d'être fonctionnaire et de moins en moins de postes disponibles ?
15:59Qu'est-ce qui fait que tant de jeunes sont éloignés de l'emploi ?
16:01Alors là, je vais, pareil, me faire détester par toute l'éducation nationale.
16:05Mais peut-être parce que l'éducation est trop théorique.
16:10Et en fait, en Polynésie, il n'y a pas de postes de fonctionnaire.
16:14Il n'y avait pas d'université.
16:15Bon, maintenant, il y a.
16:16Maintenant, oui, bien sûr.
16:17Et quand même, l'éducation, elle est très, très théorique.
16:22Et dans un petit pays comme ça, où il y a plein de choses à faire,
16:25entre la soudure, la cuisine, la plomberie et autres,
16:29ce ne sont pas des filières éducatives qui sont poussées.
16:33Elles ne sont même des fois pas offertes.
16:36Et donc, je pense que là, il y a un manque d'adaptation de l'éducation
16:40par rapport aux besoins.
16:41Malgré tout, il y a pas mal de dispositifs civils qui existent
16:44pour accompagner les jeunes éloignés de l'emploi.
16:46Qu'est-ce qui explique le succès d'un dispositif militaire, selon vous ?
16:52Je pense que là, dans le reportage, ce qui est revenu plusieurs fois,
16:55c'était comment ces jeunes appréciaient d'avoir un cadre et la discipline.
17:01Et aujourd'hui, plus qu'à notre époque, la discipline pour un jeune,
17:07c'est très difficile.
17:08Avec les réseaux sociaux, la distraction technologique, elle est violente.
17:14Moi, je me souviens, enfin, enfant, on allait à la plage.
17:17On allait au cinéma que le mercredi.
17:19Et puis, bon, on était couché tôt, le soleil, et on était levés tôt.
17:23Et après, la télé s'arrêtait.
17:25Enfin, je dirais, il n'y a plus rien.
17:27Soit on prenait un livre, mais sinon, on ne pouvait pas passer notre temps au téléphone.
17:31Ça coûtait très cher, même les appels domestiques.
17:34Même les appels domestiques.
17:34Et donc, on avait un rythme de vie beaucoup plus sain.
17:38Et d'ailleurs, on le voit aussi, une autre chose,
17:40c'est qu'on les fait travailler physiquement.
17:42Et il y a un problème qui a été exposé,
17:46c'est le problème de santé publique.
17:47Quand j'étais enfant, on était faim.
17:49Aujourd'hui, il y a 70% des habitants de la Polynésie qui sont surpoids.
17:54Oui.
17:55Et 40% obèses et beaucoup de jeunes.
17:58Donc, je trouve que ce programme, il adresse l'éducation,
18:01l'insertion professionnelle, la santé et la discipline.
18:04Oui.
18:06Le RSMA.
18:07Donc, franchement, je trouve que c'est une super initiative.
18:10Allez, on en vient au troisième thème de la semaine.
18:13Stéphanie Marie Vafailloux, ces fonds marins qui,
18:16dans le Pacifique, justement, attisent les convoitises internationales.
18:19Dans cette partie du globe, sous la surface de l'eau,
18:22des minerais hautement stratégiques et surtout une guerre silencieuse.
18:25Regardez.
18:28C'est ici que se joue la rivalité sino-américaine.
18:31Les îles Cook, au cœur du Pacifique, un domaine maritime parmi les plus vastes du monde.
18:37En février 2025, l'archipel signe un premier partenariat avec la Chine.
18:43Elle l'autorise à exploiter ses fonds marins en échange de 2,3 millions d'investissements dans ses infrastructures.
18:50Six mois plus tard, les États-Unis ripostent et signent à leur tour un accord avec les îles Cook pour
18:55exploiter leurs fonds marins.
18:59Mais cette course effrénée aux terres rares est loin de faire l'unanimité parmi les autres nations du Pacifique.
19:06Vous avez une mosaïque d'intérêts étatiques très différents les uns des autres.
19:11Il y a les États qui sont pour l'ouverture de l'exploitation des fonds marins,
19:16des États qui aimeraient qu'il y ait des études environnementales qui soient faites au préalable
19:21pour s'assurer que si l'exploitation il y a, elle ne porte pas atteinte à la biodiversité.
19:26Vous avez aussi les États qui s'appuient sur le tourisme, notamment maritime, pour une partie importante de leur économie
19:33et qui n'ont pas du tout envie que l'État voisin ouvre des mines sous-marines qui pollueraient leurs
19:39côtes,
19:40qui pollueraient leurs lagons, etc.
19:43Voisine des îles Cook, c'est la crainte de la Polynésie française.
19:47Elle met en place un vaste programme de recherche scientifique dans ses aires marines.
19:51Le gouvernement de Polynésie a raison de se poser la question justement du partenariat des îles Cook avec les États
19:59-Unis
19:59concernant une exploitation potentielle dans la ZE des îles Cook,
20:03puisque justement les deux zones économiques exclusives sont voisines.
20:07Donc la question c'est est-ce qu'une exploitation des ressources minérales marines des îles Cook
20:12aurait un impact significatif sur les écosystèmes qu'on va trouver dans la zone de Polynésie française.
20:21Effectivement, c'est ce qu'on a vu cette semaine en faisant cette émission.
20:23La Polynésie s'inquiète, la Nouvelle-Calédonie s'inquiète, Walis et Futuna également dans cette zone pacifique.
20:29Votre regard sur ce qu'il se passe dans le Pacifique ?
20:33Alors, c'est vraiment un enjeu de souveraineté.
20:37Oui.
20:38Donc, c'est ce que je disais à votre journaliste.
20:41Vraiment les deux thèmes, c'est la géopolitique et la pollution qui sont ressorties de ce reportage.
20:48On a la plus grande surface sous-marine au monde, la France.
20:51Notamment grâce à la Polynésie parce que c'est le Pacifique.
20:55Et ce que l'on voit, c'est que tous les pays sont là et attendent de pouvoir s'emparer
21:02de ce trésor.
21:03Donc là, on le voit via l'extraction des fonds marins, mais le trésor, c'est la mer.
21:11Et du coup, j'ai encore oublié votre question.
21:12Est-ce que vous avez le sentiment que la France a une stratégie ?
21:15Puisqu'effectivement, à travers ces territoires ultramarins, elle est présente et elle est partie prenante de cette guerre finalement.
21:21Est-ce qu'elle a une stratégie ? Est-ce qu'elle protège ces territoires ultramarins du Pacifique ?
21:25Il y a la volonté de protéger.
21:27Et c'est ce qui a été annoncé à l'UNOC l'année dernière de rendre la Polynésie entièrement en
21:32air marine protégée.
21:33Mais au-delà de l'annonce qui a été faite, quels sont les moyens qui sont mis au service de
21:41cette surveillance ?
21:42Et c'est un territoire qui fait plus de 5 millions de kilomètres carrés.
21:45Donc après l'annonce de l'UNOC, dites-moi si je me trompe, mais je n'ai pas vu comment
21:50est-ce qu'il protège.
21:51Et c'est vrai qu'à l'occasion de cette conférence des Nations Unies sur les océans,
21:54Emmanuel Macron avait parlé de folie furieuse, me semble-t-il, en évoquant ces extractions,
22:00enfin en tout cas l'idée d'aller forer et s'intéresser aux fonds marins sans même savoir ce qui
22:05se joue
22:05et sans même avoir étudié finalement ces fonds marins.
22:09Ça veut dire que depuis, il n'y a pas eu d'échanges avec les gouvernements polynésiens, calédoniens,
22:14pour essayer justement d'en savoir plus sur ces fonds marins et protéger davantage cette zone ?
22:19Alors il y a peut-être eu des échanges, mais je n'ai pas vu en termes de déploiement de
22:23moyens.
22:24La France a le plus grand territoire sous-marin au monde, mais en termes de flotte et d'équipement,
22:28il me semble qu'on est septième au monde.
22:31Donc on est loin d'avoir la capacité de surveiller.
22:34Je vous donne une anecdote, quand ils ont créé le SWAC de l'hôpital,
22:37le SWAC c'est le système de climatisation à l'air conditionné,
22:41ils ont entendu des vibrations, les ingénieurs, et donc ils se sont dit
22:45il y a quelqu'un qui est en train de creuser quelque part le fond.
22:50Donc on ne sait pas qui, on ne sait pas où, mais c'est forcément pas très très loin,
22:53et c'est certainement dans la ZEE française.
22:58Et comment est-ce qu'on arrête ces personnes ?
23:01C'est le même sujet par rapport à la pêche, par rapport à ceux qui pêchent dans les eaux.
23:07Il ne faut pas les arrêter.
23:08Et donc vous parliez de l'hôpital en Polynésie qui est climatisé
23:11grâce à l'énergie puisée dans les fonds marins.
23:14Stéphanie Marie-Vafayou, est-ce que les territoires français d'outre-mer,
23:16dans le Pacifique du coup, peuvent devenir centraux dans cette bataille géopolitique,
23:20ou alors peut-être à l'inverse les grands oubliés des décisions qui seront prises ?
23:26Je n'avais jamais questionné, depuis que je suis enfant,
23:30qu'il y a des consulats de tous les pays en Polynésie.
23:34Chine, Norvège, États-Unis, Australie, ils sont tous là.
23:37Et on se demande pourquoi.
23:41Et donc il y a toujours des tentatives qui reviennent de vouloir mettre un pied,
23:47que ce soit via des fermes aquacoles.
23:52Il y a vraiment clairement cette volonté.
23:54Moi, ce que je dis à la France, c'est que tous les pays alentours,
23:58donc l'Azerbaïdjan, donc la Russie via l'Azerbaïdjan,
24:00ils sont tous en train d'attendre.
24:04Et donc si on n'a pas une vraie stratégie, au-delà de la protection,
24:09c'est pas juste protéger, c'est comment est-ce qu'on utilise ces espaces en termes d'opportunités,
24:14comment est-ce qu'on pousse ces projets qui donneraient le leadership de la France
24:20dans l'utilisation de la mer comme une ressource énergétique.
24:27Il nous reste une petite minute, on va terminer rapidement avec votre photo du jour
24:31que l'on découvre qui s'affiche.
24:33Voilà, la voici.
24:34Restez, restez assis, je vous en prie, je vous en prie.
24:37Qui est sur ce cliché ?
24:42Alors, il faut que je décrive ?
24:44Expliquez-nous rapidement, il nous reste 40 secondes.
24:46Alors, c'était en janvier à la présidence,
24:48et c'était le retour d'expérience d'innovation outre-mer.
24:50Sur cette photo, vous avez sur la gauche Warren Dexter, le ministre de l'économie,
24:55et sur la droite, le président de la French Tech, Thibaut Desambert,
24:59Mia Williams, qui travaille sur le recyclage des perles,
25:03et d'autres personnes qui soutiennent la French Tech et qui sont également entrepreneurs.
25:07Et je trouvais que ça indiquait bien la collaboration nécessaire entre les différents acteurs,
25:12à la fois public et privé, et comment cette construction d'écosystèmes
25:17demande à ce que l'on puisse fédérer des personnes de tous les groupes.
25:22On ne pourra pas réussir sans le gouvernement,
25:24mais on ne pourra pas réussir non plus si on n'ouvre pas la porte
25:27et on ne soutient pas des innovations qui sont à la fois des opportunités,
25:31et pas juste que de la nécessité.
25:33Nécessaire coopération.
25:34Merci beaucoup Stéphanie-Marie Zafayou d'être venu sur notre plateau.
25:37Merci à vous d'être fidèle à votre rendez-vous.
25:39Ce n'est pas si loin, émission que bien sûr,
25:41vous pouvez retrouver en replay sur la plateforme france.tv,
25:44ainsi qu'en podcast sur toutes les plateformes audio.
25:46Excellente fin de journée sur France Télévisions.
25:48Très bon week-end également.
25:49À la semaine prochaine, même lieu, même heure.
25:51Sous-titrage Société Radio-Canada
25:58Télévisions
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