- il y a 14 heures
Au sommaire cette semaine nous suivrons ces syriens exilés, de retour sur leur terre natale, après la chute du régime de Bachar Al-Assad. Un immense chantier les attend. Plus au sud, le partage de l'eau du Nil sème la brouille entre l'Egypte, le Soudan et l'Ethiopie, où un nouveau gigantesque barrage a été inauguré en 2025. Enfin nous serons à Malte avec les pêcheurs et les constructeurs de ces barques traditionnelles : les « Luzzi ». Année de Production :
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00:05Au sommaire cette semaine, nous suivrons ces exilés syriens
00:09de retour sur leur terre natale, après la chute de la dictature.
00:13Un immense chantier les attend.
00:15Plus au sud, le partage de l'eau du Nil sème la brouille
00:18entre l'Egypte, le Soudan et l'Ethiopie,
00:20où un nouveau gigantesque barrage a été inauguré en 2025.
00:25Enfin, nous serons à Malte avec les pêcheurs et les constructeurs
00:28de ces barques traditionnelles, les Luzzi.
00:30Bienvenue dans Méditerranéo.
00:55Un Syrien sur quatre, soit six millions de personnes,
00:59n'ont eu d'autre choix que l'exil, sous le régime de Bachar el-Assad.
01:03Essentiellement en Europe et jusqu'au Canada.
01:05Depuis la chute du dictateur, ils sont un million à être rentrés au pays.
01:10Au-delà de la joie des retrouvailles, d'immenses défis les attendent.
01:25Le jour se lève à Damas.
01:28Pour Kinen el-Khutsi, c'est la joie d'un petit déjeuner syrien dans les règles de l'art.
01:37Et donc ça, on doit le manger rapidement parce que quand c'est chaud, c'est bien.
01:43Mais c'est surtout un nouveau jour avec les siens.
01:47Après 13 ans d'exil, ce Syrien retrouve enfin son pays et sa famille.
01:52Ce qu'on a ressenti quand Kinen est rentré surpasse les mots.
01:56C'était une joie immense.
01:58Personne n'arrivait à y croire.
01:59On n'en croyait pas nos yeux.
02:00C'était comme un rêve, oui, un rêve, un rêve.
02:03On est enfin redevenu une famille.
02:05Et c'est ce qu'il y a de plus beau au monde.
02:07Tout ce qui est après la chute de la Régime, c'est des nouvelles vies qu'on a.
02:17Pour avoir mis en place un système d'hôpitaux clandestins
02:20au début de la Révolution syrienne,
02:22Kinen a été arrêté par les services de renseignement syriens.
02:26Il parvient à s'enfuir.
02:28Son exil le mènera en Égypte, aux Émirats, en Turquie, puis en France,
02:34jusqu'au 8 décembre 2024 et la fuite de Bachar el-Assad.
02:39Tous les Syriens étaient contents.
02:41C'était des sentiments très forts, disons, ouais, et les chuter.
02:46On va dans la place de la République, on fait la fête jusqu'à le soir.
02:51Il n'y a pas des mots qui peuvent expliquer qu'est-ce qui s'est passé.
02:55Comment on a senti ?
02:56Parce que c'était le...
02:59C'était le demande des peuples syriens depuis 2011.
03:23Ce consultant en finance s'est mis en tête d'œuvrer à son échelle à la reconstruction de son pays.
03:28Je suis content, je suis là, parce que si on n'est pas là, si on attend deux ans, trois
03:35ans pour que les choses, ça va être mieux, ça ne va jamais arriver.
03:41Il n'y a personne qui ne t'adonne les autorités.
03:44C'est à toi de le prendre.
03:46C'est les peuples qui doivent protéger ses droits.
03:50Employée par une ONG américaine, Kinen sillonne le pays à la recherche de projets à financer.
03:59Comme ici, en banlieue de Damas.
04:01C'est les membres de la ville de Harasta qui travaillent dans le développement des projets locaux.
04:09Dans cette zone dévastée par la guerre, ils ont pour projet de recycler les débris des ruines alentours grâce à
04:14cette machine.
04:15Mais en Syrie, les choses ne sont pas si simples.
04:19Le premier problème qu'ils ont, c'est qu'il n'y a pas d'électricité.
04:22Donc on réfléchit avec eux de trouver des nouveaux moyens pour l'électricité.
04:28Peut-être que c'est l'électricité verte, c'est-à-dire qui vient de les panneaux solaires.
04:34On a plus de 540 000 m3 de ruines qui attendent d'être traités.
04:39Tout ça à cause de la dévastation semée par l'ancien régime.
04:42Ce qu'on attend de Kinen, c'est qu'il parle de notre projet et lève des fonds pour le
04:47financer.
04:48La Syrie est un chantier à ciel ouvert.
04:52Une blessure à vif aussi pour Kinen.
04:55À quelques encablures de là, il nous emmène voir son ancien quartier, ou plutôt ce qu'il en reste.
05:02J'ai loué un petit appartement dans l'autre bâtiment qui est disparu maintenant.
05:08Et j'ai habité à peu près deux ans ici.
05:12Chaque fois que je passe d'ici, je sens très très très mal.
05:16Il y avait pas mal de gens qui habitent ici, les enfants.
05:19Ça, on peut refaire.
05:22Les pâtiments, tout ce qui est caillots, tous les matériaux, on peut le faire.
05:26Mais comment faire pour les gens qui ont parti ?
05:36Vivre, avec l'absence, c'est désormais le lot de tout un pays.
05:44En Syrie, la liste des morts semble irréelle.
05:50Plus de 500 000 en 14 années de guerre.
05:56Bilal Shoraba en sait quelque chose.
06:02J'ai des amis enterrés ici.
06:04J'en ai enterré, certains, de mes propres mains.
06:06J'ai plus d'amis ici, dans ce cimetière, que d'amis vivants désormais.
06:10Ici, par exemple, c'est la tombe de mon ami Maj.
06:12C'est lui qui m'a soufflé l'idée de faire des graffitis sur les murs.
06:15À Daraya, en banlieue de Damas, Bilal Shoraba fait partie des jeunes Syriens qui ont pris les armes, mais aussi
06:22les pinceaux.
06:24On peut dire que ces failles font aussi partie de l'œuvre.
06:26Elles prouvent que tout cela a bien eu lieu.
06:30Combattant auprès de l'armée syrienne libre contre les forces du régime al-Assad, il était aussi graffeur.
06:36Les affres de la guerre, il les a racontées à sa façon.
06:42C'est vrai que c'était dangereux de dessiner sur les murs.
06:45Le danger a émergé en même temps que la Révolution.
06:48Alors peindre ces œuvres, ce n'est pas spécialement plus courageux qu'autre chose.
06:51Il y a des personnes qui bravaient les balles.
06:53C'est leur courage qui m'a donné la force de faire ce que j'ai fait.
06:56La question de la mort ne se posait pas alors.
06:58Je préférais mourir en train de peindre, plutôt que de mourir en étant tapis quelque part.
07:02Je ne voulais pas mourir sans avoir fait passer tous mes messages, sans avoir dit tout ce que j'avais
07:06à dire.
07:10Son engagement militaire et artistique en font une cible.
07:14En 2022, Bilal Shorab a fait le choix de s'exiler en Turquie.
07:21Quand on a réalisé que Bachar al-Assad s'est enfui et que l'armée était en déroute, on a
07:25été très choqués par cette nouvelle.
07:27Je m'en rappelle bien.
07:28J'ai passé 4 heures à pleurer, tout seul dans ma chambre, oui en train de pleurer.
07:33Et dès que j'ai commencé à retrouver un peu mes esprits, j'ai appelé mon frère et je lui
07:36ai dit, je veux rentrer aujourd'hui même en Syrie.
07:41Aujourd'hui, Bilal Shorab va vivre un autre grand jour.
07:46Il a reçu une invitation à se produire au Salon du Livre de Damas.
07:55Quelqu'un veut participer et peindre avec nous ?
07:57Une fresque collective qui raconte une guerre pas si lointaine.
08:03Je suis étonné par l'affluence.
08:05D'habitude, je peins seul dans les endroits isolés.
08:08C'est à la fois étrange et encourageant.
08:10Il y a peu, ma vie était menacée par ce que je dessinais.
08:13Et là, je suis en plein Damas, invité par les autorités.
08:16C'est un moment important, évidemment, et je suis très heureux.
08:19Je n'aurais jamais imaginé que cela arrive un jour.
08:21C'est comme si c'était un rêve.
08:30De son côté aussi, Kinnan El-Khutsi vit des moments aux airs de science-fiction à ses yeux.
08:39Malgré les multiples emplois qu'il occupe,
08:41le jeune homme trouve le temps aussi de s'impliquer dans la vie culturelle de son pays.
08:46Après des expositions et des concerts,
08:49ce soir, il lance avec des amis un ciné-club.
08:54Et là, c'est le sentiment que c'est chez nous.
08:57Il y a la plupart des gens que je connais et c'est très amical.
09:04Vas-y, on parle avec Lahila.
09:07Et la maîtresse des lieux est elle-même une Syrienne
09:10revenue d'Allemagne à la chute du régime.
09:12Bahila, c'est elle qui a créé le lieu avec son partenaire qui n'est pas ici,
09:19qui est au Berlin pour l'instant.
09:21Elle a de retour cette année et elle a lancé un super projet.
09:27Je suis revenue pour ce genre de personnes, pour reconstruire notre pays.
09:33On essaye de financer ou en tout cas offrir un espace gratuit
09:37à la scène culturelle syrienne parce qu'il y a beaucoup de talents ici.
09:42Mais il n'y a pas de lieu qui permet de les réunir sous un même toit.
09:46On est quasiment comme une famille, oui, une grande famille d'expatriés de retour.
09:52On se voit sans même s'appeler trois ou quatre fois par semaine.
09:55Dès qu'il y a une activité, on s'y retrouve.
10:00Après plus d'un demi-siècle de dictature d'Assad,
10:05Kinan, Bilal et leurs amis revenus d'exil croient, ou du moins espèrent,
10:10que la Syrie pourra enfin prendre son destin en main.
10:21Un nouveau barrage éthiopien à la frontière avec le Soudan
10:25sème la discorde entre les deux pays ainsi qu'avec l'Égypte.
10:29Situé en aval, sur le Nil bleu,
10:32il craigne une diminution des débits d'eau dont dépendent les agriculteurs, par exemple.
10:37Depuis son inauguration, aucun accord n'a été trouvé avec Addis Abeba
10:41sur le partage de la ressource.
10:56Le grand barrage qui symbolise la renaissance éthiopienne
10:59alimente la plus grande centrale hydroélectrique d'Afrique
11:02avec une puissance à plein régime de plus de 6000 MW
11:05et un réservoir de 74 milliards de mètres cubes.
11:19Inaugurée en septembre 2025,
11:21elle a été construite par l'entreprise italienne WeBuild
11:23et a coûté 5 milliards de dollars.
11:26Pour Addis Abeba, il s'agit d'un atout stratégique
11:29qui permettra de fournir l'électricité à 60% de la population.
11:33Mais ce barrage fait depuis longtemps l'objet de vives tensions
11:36avec le Soudan et l'Egypte, étant donné qu'il retient les eaux du Nil Bleu,
11:40principal affluent du Nil depuis des millénaires,
11:43la seule ressource en eau des deux pays situés en aval.
11:53Il y a quelques jours, lors d'un sommet au Caire,
11:56le Premier ministre de l'Egypte, Moustapha Bab Bouli,
11:59et le Premier ministre du Soudan, Kamel Idris, ont déclaré
12:02« L'eau des fleuves transfrontaliers est protégée par le droit international
12:06et les décisions unilatérales de l'Ethiopie ne seront plus tolérées. »
12:10Addis Abeba a répondu « Le Nil Bleu naît en Éthiopie, nous ferons comme bon nous semble. »
12:16« La question du grand barrage de la Renaissance est très importante pour l'Egypte.
12:20Après 13 ans de négociations avec l'Ethiopie, nous sommes arrivés à un tournant décisif.
12:24Le barrage est désormais achevé et fonctionne, bien qu'un régime réduit.
12:28Le Soudan, actuellement plongé dans une guerre civile,
12:30ne peut pas participer activement aux négociations sur l'utilisation des eaux du Nil.
12:34En 2019, un accord avait été conclu grâce à la médiation des Etats-Unis,
12:38mais l'Ethiopie a fait marche arrière avant la signature.
12:41En 2024, l'Egypte a laissé tomber les négociations estimant qu'elles étaient devenues inutiles
12:46puisque l'Ethiopie continuait d'agir à sa guise.
12:49Le CAIR demande à être consulté avec le Soudan sur toutes les décisions
12:53entraînant des conséquences majeures sur le débit du fleuve.
12:56Les Etats-Unis font pression pour un nouvel accord,
12:58mais pour l'instant, nous avons peu de raisons d'être optimistes. »
13:12L'Egypte considère le Nil comme une ressource indispensable.
13:16Le pays s'approvisionne en eau potable grâce à des dapes phréatiques
13:19alimentées par le fleuve, à environ 1000 mètres de profondeur.
13:23Toutes les cultures du pays sont irriguées à l'eau du Nil.
13:25De plus, une grande partie de la population vit avec de petites exploitations agricoles,
13:30comme c'est le cas d'Abdo Chaban, âgé de 62 ans.
13:36« Je travaille ici depuis toujours.
13:39Je cultive la terre, je m'occupe du bétail,
13:42je plante du trèfle, du chou, du blé, du maïs et des pommes de terre.
13:46Je suis agriculteur depuis tout petit.
13:49Je ne vends rien, tout cela sert à nourrir mes enfants ou mes animaux.
13:52Nous prenons l'eau directement du Nil. »
14:00« Nous cultivons des épinards, des radis et des aubergines.
14:04Nous cultivons tout ce que vous pouvez imaginer.
14:10Ces champs font vivre ma famille, ainsi que celle de mes frères et de mes cousins.
14:21L'Ethiopie a construit un barrage sur le Nil bleu,
14:23lequel fournit environ 60% de l'eau alimentant le Nil,
14:27soit près de 50 milliards de mètres cubes par an.
14:29Chaque année, l'Egypte prélève 55 milliards de mètres cubes d'eau depuis le Nil,
14:34ce qui représente 97% de ses besoins.
14:37Lorsque la construction du barrage a débuté, en 2011,
14:40un comité regroupant les pays concernés a été mis en place
14:43pour coordonner le remplissage et la gestion du barrage.
14:46Cependant, l'Ethiopie n'a pas respecté ses engagements
14:49et a commencé à remplir le barrage en 2020,
14:51retenant ainsi une bonne partie des eaux en direction du Nil.
14:54Nous n'avons pas subi de conséquences grâce au barrage d'Asouan,
14:57qui dispose d'une réserve de 162 milliards de mètres cubes d'eau,
15:00ainsi qu'à des mesures telles que la réutilisation des eaux de drainage
15:04et de la réduction des cultures de riz très gourmande en eau.
15:08Toutefois, sans ces réserves,
15:09l'Egypte aurait déjà perdu la moitié de ses terres cultivées.
15:13Quoi qu'il en soit, nous avons déjà dépensé près de 10 milliards de dollars
15:16pour limiter les répercussions du barrage éthiopien.
15:20Nous espérons que l'Ethiopie acceptera un accord tenant compte des pays en aval.
15:24Nous savons qu'elle envisage de construire d'autres barrages sur les affluents du Nil,
15:28mais l'Egypte ne permettra plus que cela se fasse de manière unilatérale.
15:43Mais si l'Egypte a pu atténuer les conséquences du barrage éthiopien
15:47grâce à l'énorme barrage d'Asouan,
15:49il en a été autrement au Soudan.
15:54L'Ethiopie a tendance à stocker trop d'eau
15:56et au début du mois d'octobre dernier,
15:58des fortes pluies ont provoqué le débordement du barrage inondant le Soudan.
16:02La nouvelle saison des pluies débutera en juin
16:04et si l'Ethiopie commet la même erreur,
16:07le Soudan pourrait subir de nouvelles inondations
16:09car il ne dispose pas de grands barrages pour se protéger des crues.
16:12Il faut savoir que le grand barrage de la Renaissance compte 21 vannes.
16:17Il a suffi d'en ouvrir 4 pour provoquer une inondation.
16:19Que se passerait-il si l'Ethiopie en ouvrait 10, 15 ou 21 ?
16:23Cela dévasterait le Soudan.
16:26L'Egypte dispose du grand barrage d'Asouan
16:28qui protège le pays contre toute inondation.
16:31Mais les erreurs de l'Ethiopie entraînent aussi des conséquences chez nous.
16:35En octobre, nous avons dû ouvrir des déversoirs
16:37pour évacuer une partie de l'eau
16:39laquelle a fini par être gaspillée, engloutie par le désert.
16:42C'est pourquoi une coordination internationale est nécessaire.
16:50Ces dernières années, l'Egypte a souvent tenu des propos menaçants
16:54à l'égard d'Adissa Débat.
16:55Un contingent militaire égyptien est déployé en Somalie,
16:58non loin de la frontière avec l'Ethiopie.
17:00Mais quel est le risque d'un conflit autour de l'eau du Nil ?
17:06L'option militaire est pratiquement impossible.
17:09Le barrage est déjà plein.
17:10Il contient près de 74 milliards de mètres cubes.
17:14Le bombarder entraînerait des conséquences catastrophiques
17:16en Éthiopie, au Soudan et en Égypte.
17:18De plus, la solution militaire ne s'inscrit pas
17:21dans la tradition politique égyptienne
17:23respectueuse du droit international.
17:25En revanche, le CAIR demande à la communauté internationale
17:28de faire pression sur Addis Abeba
17:30afin de trouver une solution diplomatique
17:32à un problème qui touche 150 millions
17:34de citoyens égyptiens et soudanais.
17:39Cependant, le dialogue n'est possible
17:40que si les conséquences restent limitées.
17:43Une saison de forte sécheresse
17:44pourrait rendre les eaux du Nil
17:46un bien particulièrement précieux et convoité,
17:49compliquant toute négociation.
17:51Je pense que si on en arrive là,
17:53l'Egypte risque de réagir avec force.
18:13Restons sur l'eau, à Malte,
18:15où les traditions maritimes restent bien présentes.
18:18Les loutsous et barques de bois colorées
18:20sont encore fabriquées dans un petit village typique
18:23de l'archipel et utilisées pour la pêche.
18:34En Maltais, le nom de ce lieu, Marsachlok,
18:38signifie la baisse ou le vent.
18:41Et justement, aujourd'hui, la tramontane souffle sur ce port de pêche,
18:45l'un des plus anciens de l'archipel de Malte.
18:50Yosef a tardé l'un des rares marins en mer ce matin.
18:54Au fil des saisons, il pêche dans la Méditerranée
18:57des calamars, des poulpes, du thon, de l'espadon et des mérons.
19:02Dans sa famille, ils sont tous ici des travailleurs de la mer,
19:06de père en fils.
19:11Marsachlok est un très bel endroit.
19:13Je n'irai nulle part ailleurs.
19:14Je suis toujours ici car c'est l'endroit idéal pour pêcher.
19:18Pour vivre de ma passion et de mon métier,
19:20ici, je ressens quelque chose de spécial
19:23qui m'accompagne tous les jours.
19:26Le trésor de Marsachlok,
19:28ce sont ces loutzous multicolores,
19:3274 barques traditionnelles en bois
19:34qui traversent le temps.
19:38Ça, c'est un loutzou fabriqué à Malte.
19:40Ce bateau est très solide en mer.
19:43Il est peint avec des couleurs traditionnelles,
19:45bleu, rouge, blanc et brun cannelle.
19:50Sur l'avant du bateau, il y a un œil pour la chance,
19:53la protection et éloigner le mauvais œil.
19:57Si vous prenez soin de votre bateau,
19:59il prend soin de vous.
20:03Près de 200 pêcheurs sont basés à Marsachlok.
20:06Et parmi eux, il y a un ami de Yosef,
20:10Emmanuel Mouskat,
20:11qui revient du large avec un casier bien rempli.
20:15Tu as pêché des poulpes ?
20:18Oui, à 11 km au large.
20:20Je vais les amener vivants au marché.
20:23Le marché de Marsachlok
20:25est l'un des plus réputés de Malte.
20:34Dorade, poulpe, calamar, sèche, thon.
20:38Tous les dimanches matin,
20:39les Maltais viennent de tout le pays
20:41pour acheter ici du poisson frais.
20:49Seulement deux ?
20:50Oui, très bien.
20:52Très bien.
20:53Cinq euros.
20:56Notre poisson est frais et local.
20:59Il est pêché par mon père.
21:03Les hommes s'occupent de la pêche
21:05et les femmes de la vente,
21:06tout se fait en famille.
21:12Le poisson ici est vraiment très bon.
21:14Il est plus frais ici qu'ailleurs
21:16car la plupart des habitants de Marsachlok
21:18sont des pêcheurs.
21:21C'est ce qui fait qu'on voit à ce marché
21:23des gens venus de tout le pays,
21:25même de l'île voisine de Gozo.
21:29J'ai acheté de l'arouate.
21:31Je vais les faire griller,
21:32mais on peut aussi se faire
21:33une soupe de poisson.
21:36La soupe de poisson,
21:38l'aliota,
21:40c'est justement la spécialité
21:41de Victor Aquilina.
21:44Chaque jour,
21:45Victor cuisine ce plat traditionnel
21:47pour les clients de son restaurant
21:48de spécialité maltaise.
21:50Il fait cuire lentement à feu doux
21:52des poissons
21:53qu'il intègre ensuite
21:54dans une préparation à base d'ail,
21:57d'oignon,
21:57d'huile d'olive,
21:59de tomates fraîches,
22:00de menthe et de persil.
22:02Une soupe savoureuse
22:03qui cuit pendant trois heures
22:05et à laquelle il ajoute à la fin
22:07des petits morceaux de pommes de terre.
22:12« C'est ma mère qui m'a enseigné
22:14la recette.
22:15Je n'ai pas fait une école de cuisine,
22:17je cuisine avec mon cœur
22:18et avec mes yeux. »
22:23Pour accompagner la soupe de poisson
22:25servie en entrée,
22:27Victor prépare un bar
22:28et un vivano rouge de Malte.
22:30Avant de les faire cuire
22:31pendant 25 minutes à la vapeur,
22:33il ajoute une garniture méditerranéenne.
22:35« Je mélange des tomates fraîches,
22:41de l'ail, de la menthe et du persil,
22:43puis je place cette garniture
22:45dans le ventre du poisson. »
22:50Les Maltais, à 80% catholiques,
22:53sont nombreux à manger du poisson
22:55le vendredi,
22:56comme le veut la tradition chrétienne.
22:58« J'adore les dorades lampoukis
23:02grillés avec des tomates fraîches
23:03et des câpres,
23:04c'est délicieux.
23:09Le poisson est tellement frais
23:10qu'en le mangeant,
23:11on a le goût de la mer en bouche. »
23:16La ville de Marsachloch,
23:17qui compte près de 4000 habitants,
23:19serait l'un des plus vieux ports de Malte
23:21et aurait été fondée par les Phéniciens
23:24au IXe siècle avant Jésus-Christ.
23:26On ressent encore ici
23:28l'influence des civilisations romaines,
23:30byzantines, arabes, espagnoles,
23:33françaises et britanniques,
23:35qui se sont succédées dans l'archipel maltais.
23:39Un petit pays,
23:40situé entre l'Italie et la Tunisie,
23:43qui n'a pas oublié son lien avec la mer.
23:51A 8 kilomètres de Marsachloch,
23:53dans la ville de Calcara,
23:56Andréa Delcheppo est l'un des derniers fabricants
23:58de bateaux traditionnels de Malte.
24:01Il est en train de donner vie
24:02à cette embarcation traditionnelle,
24:04faite avec des bois exotiques,
24:06du freine et du tec.
24:08Il restaure aussi ce vieux Luzzu de 5 mètres de long
24:12et 2 mètres de large,
24:13comme son grand-père le lui a appris.
24:18Ces bateaux de pêche traditionnels maltais,
24:20on ne les trouve nulle part ailleurs.
24:22Leur conception est très spécifique.
24:24C'est comme les gondoles de Venise,
24:26c'est iconique.
24:28C'est pour ça que nous devons préserver
24:30notre patrimoine.
24:33Salut Andréa !
24:34Ah, bonjour !
24:35C'est Daniel Spiteri
24:37qui a commandé à Andréa
24:39cette toute nouvelle barque traditionnelle en bois
24:41avec laquelle il va transporter des touristes.
24:44Une manière de continuer à faire vivre un héritage
24:47et un savoir-faire fragile.
24:50Andréa va travailler plus de 3 mois
24:52pour donner vie à ce tout nouveau bateau en bois.
24:57Autrefois, dans le grand port de la Vallette
24:59et dans le port de Marsamchette,
25:01les bateaux comme celui-là servaient
25:02à faire des allers-retours dans le port
25:04pour transporter des passagers.
25:06Ma passion, c'est de faire en sorte
25:07que ces bateaux continuent à exister.
25:13Ce qui est beau quand je fais ces bateaux,
25:15c'est que je les crée à partir d'une page blanche.
25:18Je fais le dessin, je le fabrique
25:20et quand il est mis à l'eau,
25:22c'est comme avoir un enfant.
25:23C'est ma propre création.
25:25Tout ce que j'ai dans ma tête,
25:27je le concrétise avec mes mains.
25:31Des rêves qui prennent forme sur le papier,
25:35puis dans le bois,
25:36avant d'être façonnés par le tumulte de la Méditerranée.
25:40Des trésors du patrimoine
25:42qui continuent de faire vivre les pêcheurs de Malte
25:45et l'histoire de l'archipel.
25:54Et c'est déjà la fin de ce magazine.
25:56A bientôt pour de nouvelles découvertes en Méditerranée.
26:19Sous-titrage Société Radio-Canada
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