- il y a 3 heures
Les canicules deviennent de plus en plus fréquentes en France.
Entre¿2017 et 2024, plus de 34 000 décès ont été attribués à la chaleur, selon Santé publique France. Dans le même temps, les épisodes de canicule se multiplient : ils duraient en moyenne¿3 jours par an dans les années 1990, contre¿près de 12 jours par an aujourd'hui, d'après Météo-France. Qui sont les personnes les plus exposées ? Au-delà des personnes âgées vulnérables sommes nous tous concernés¿? Quels sont les messages de prévention prioritaires ? ¿Et surtout, la France est-elle vraiment prête à affronter un climat de plus en plus chaud ? Pour en débattre, Axel de Tarlé reçoit médecin et sénateur : Frédéric Adnet, chef de service du SAMU de Paris et Antoinette Guhl, sénatrice socialiste de Paris. Année de Production : 2025
Entre¿2017 et 2024, plus de 34 000 décès ont été attribués à la chaleur, selon Santé publique France. Dans le même temps, les épisodes de canicule se multiplient : ils duraient en moyenne¿3 jours par an dans les années 1990, contre¿près de 12 jours par an aujourd'hui, d'après Météo-France. Qui sont les personnes les plus exposées ? Au-delà des personnes âgées vulnérables sommes nous tous concernés¿? Quels sont les messages de prévention prioritaires ? ¿Et surtout, la France est-elle vraiment prête à affronter un climat de plus en plus chaud ? Pour en débattre, Axel de Tarlé reçoit médecin et sénateur : Frédéric Adnet, chef de service du SAMU de Paris et Antoinette Guhl, sénatrice socialiste de Paris. Année de Production : 2025
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TVTranscription
00:02Prévention, solidarité, accès aux soins, innovation.
00:07La Mutualité française présente
00:10Et la santé, ça va ?
00:12Bienvenue dans Et la santé, ça va !
00:15De plus en plus de canicules en France avec des conséquences dramatiques
00:19puisqu'entre 2017 et 2024, on dénombre plus de 34 000 décès liés à la chaleur
00:25et les épisodes caniculaires sont à la fois plus fréquents et plus longs
00:29puisque dans les années 90, il durait 3 jours en moyenne, désormais c'est 12 jours par an.
00:34D'où ces questions, quelles sont les personnes les plus vulnérables ?
00:38Comment éviter les catastrophes ?
00:40Et puis surtout, la France est-elle vraiment prête à affronter un climat de plus en plus chaud ?
00:45On en parle dans Canicule, comment être prêt ? C'est tout de suite.
01:03Nos invités, Antoinette Gull, vous êtes sénatrice groupe écologiste de Paris
01:08et Frédéric Adnet, vous êtes chef de service du SAMU de Paris.
01:12Merci de participer à cette émission.
01:13D'abord, un peu de définition.
01:15Chez les professionnels de santé, on a appris à ce que c'était qu'une canicule.
01:19Vous avez une définition à nous apporter de savoir quand on entre en canicule ?
01:23Oui, il y a une définition un petit peu objective, un petit peu factuelle.
01:27On considère en France qu'une canicule est observée surtout dans la durée,
01:32c'est-à-dire qu'il faut plus de 3 nuits avec des températures supérieures au normal.
01:36Et c'est contre-intuitif, mais on définit plutôt la canicule sur la température nocturne,
01:40qui est normalement une température où on se réfroidit, où on a arrêté la vague de chaleur.
01:46Et lorsque l'atmosphère ne se réfroidit pas assez, c'est un grand marqueur de canicule.
01:51Donc c'est 3 nuits consécutives avec une température supérieure à, en général, autour de 20 degrés.
01:56Et le jour, en France, on considère que c'est une température supérieure à 30 degrés.
02:00Ce mot canicule, il s'est invité brutalement dans la vie des Français en 2003.
02:06Vous étiez en poste, vous m'expliquez, à cette époque, en 2003.
02:09On n'a pas compris ce qui nous était tombé sur la tête.
02:12Je rappelle les chiffres.
02:1315 000 décès supplémentaires pour la France, c'était 60% de plus que la normale.
02:18Oui, et c'est vrai que je l'ai vécu en direct, puisque j'étais en poste de responsabilité au
02:23SAMU.
02:23Et on voyait effectivement des choses qu'on ne connaissait pas bien, nous, professionnels de santé.
02:28Les coups de chaleur, les insolations, les hyperthermiques malignes,
02:32dont on n'avait pas des protocoles de prise en charge,
02:34et une mortalité effroyable, avec des dizaines d'arrêts cardiaques par jour,
02:41où on avait même du mal à envoyer les moyens,
02:43tellement on avait de sollicitations pour des pathologies gravissimes.
02:48Antoinette Gull, est-ce que ça a été, d'ailleurs, cette canicule de 2003,
02:52un coup de semence pour le monde politique,
02:54et depuis, on en a tiré les deux leçons,
02:56et on a pris des mesures pour mieux résister à ces vagues de chaleur ?
03:02Alors, je vous répondrai oui et non.
03:04Oui, ça a été un coup de semence, parce que ça a été un phénomène qui a,
03:07j'allais dire choqué, bien sûr, l'ensemble des citoyens,
03:10et qui a montré qu'on allait effectivement avoir de nouveaux dangers,
03:16et des dangers de chaleur.
03:18Jusque-là, on n'en avait pas eu à ce point.
03:21De là à dire qu'on en a tiré toutes les conclusions
03:26et qu'on a mis en place les politiques nécessaires,
03:29je crois qu'on ne peut pas dire ça.
03:30Je crois qu'encore aujourd'hui, on recule sur les politiques nécessaires
03:35à la protection des citoyens pour les canicules.
03:38Le plan national canicule, donc il est activé, ce plan du 1er juin au 15 septembre ?
03:45Il y a quand même eu des…
03:46Tout à fait, il y a des choses qui ont été faites.
03:47Je dis juste que dans la prévention des canicules,
03:50là, il y a des budgets qui sont encore aujourd'hui très sous-estimés,
03:54qui sont coupés, je pense, au budget pour l'isolation des logements,
03:58je peux penser aussi à la…
04:01– Et on va voir ô combien c'est stratégique les logements.
04:03On va regarder dans quelques instants un reportage.
04:05Frédéric Adnet, 15 000 morts supplémentaires.
04:08Les trois quarts sont les chiffres de Santé publique France.
04:10Les trois quarts des victimes étaient âgées de plus de 75 ans.
04:13Quels sont les effets, en fait, de cette canicule ?
04:15– Oui, parce que les premières victimes de la canicule,
04:17c'est les personnes les plus à risque de déshydratation, de coup de chaleur,
04:22et malheureusement, c'est les âges extrêmes de la vie.
04:25Pourquoi ? Parce qu'on sait bien que chez les patients âgés,
04:28ils ont moins le réflexe de boire, de s'hydrater,
04:31ils ont moins le ressenti du coup de chaleur,
04:33et malheureusement, ils rentrent dans un cercle vicieux,
04:36avec une déshydratation qui aggrave les symptômes,
04:39et à un moment donné, il est trop tard,
04:42c'est-à-dire que le coup de chaleur est en deçà de toute thérapeutique,
04:46et le patient, malheureusement, décède.
04:49Et pour nous, ça a été une vraie surprise,
04:51mais on a très vite appris, puisque maintenant,
04:53on connaît bien cette pathologie.
04:56– Antoinette Gull, la canicule, c'est de la chaleur,
04:58et alors, quelque chose aussi qu'on ne voit pas,
05:00c'est de la pollution atmosphérique, bien souvent.
05:02– Tout à fait.
05:03Et c'est pour ça que je dis que la prévention est importante,
05:06le fait de limiter la circulation,
05:10le fait d'être en capacité d'avoir une ville apaisée et rafraîchie,
05:14eh bien, c'est ce qui fait la différence
05:15au moment où ces épisodes arrivent.
05:18Et donc, la préparation n'est pas qu'une préparation à court terme,
05:21mais il y a aussi des politiques à moyen terme et à long terme à avoir,
05:24et c'est bien dans ces trois temps qu'il faut évaluer,
05:28j'allais dire, les politiques publiques qui sont menées
05:29pour lutter contre les canicules.
05:31– Alors, on le disait, on est évidemment plus vulnérable
05:34à la canicule aux périodes de chaleur selon son âge,
05:37mais selon également son logement.
05:39Je vous propose de voir le portrait et la vie de Johanna.
05:42Elle est en Seine-Saint-Denis, elle vit au septième étage,
05:45s'envolée sous les toits.
05:47Pour elle, c'est l'enfer.
05:48Et vous allez le voir, les épisodes de chaleur
05:50peuvent commencer bien avant l'été.
05:53– Saint-Denis dans la banlieue de Paris.
05:56– Ici, on est dans les salons.
05:58Par exemple, on peut voir ici, on est au septième étage,
06:02c'est plein de soudes, donc il y a vraiment beaucoup de soleil
06:07qui rentre pendant l'été.
06:11C'est ici que vit Johanna.
06:13Après ses études à Bordeaux, cette Portugaise de 32 ans
06:16décroche un travail de data-analyste à Paris.
06:19– Ici, c'est ma chambre.
06:21Au printemps 2025, elle a un coup de cœur
06:24pour cet appartement lumineux de 29 mètres carrés.
06:27– C'était un super appartement avec une belle vue.
06:31Même si c'est au septième état,
06:33je trouvais que c'était vraiment un bon appartement
06:36pour un super début de ma carrière ici en France.
06:40– Quand elle emménage le 2 août,
06:43en pleine canicule avec ses deux chats,
06:47le charmant de pièce se révèle être une fournaise.
06:50– Les premiers jours que je suis arrivée,
06:54la première chose que j'ai faite, c'était d'acheter un ventilateur
06:59parce qu'il faisait tellement, tellement chaud
07:01que c'était impossible d'être ici.
07:05– Les murs en briques emmagasinent la chaleur
07:08qui peut alors monter jusqu'à 38 degrés.
07:11– En fait, dès que je suis là, il est avec moi.
07:14Je suis dans la cuisine, il est dans la cuisine.
07:16Donc je suis obligée d'être avec lui pendant toute la journée
07:22ou tout le temps que je suis chez moi.
07:25– Johanna peut prendre jusqu'à 3 douches par jour.
07:29– C'est des douches vraiment froides
07:31et quelques demi-heures après, je suis déjà crevée de chaud.
07:37Les journées suffocantes s'enchaînent
07:39avec des effets directs sur la santé physique et mentale de Johanna.
07:43– J'étais toujours stressée, principalement quand j'ai parti au boulot
07:48et je me laissais mes chats ici.
07:50Pour moi, j'arrivais toujours en me disant
07:54est-ce qu'ils sont bien, est-ce qu'on ne se sent pas bien
07:56parce qu'ils ne peuvent pas allumer les ventilos.
08:01Donc j'ai eu du mal à dormir pendant la nuit
08:04parce que c'était impossible.
08:05Et après, avec l'effet de mal dormir,
08:10j'ai toujours eu mal à la tête pendant l'été.
08:14Donc oui, bien sûr que je n'étais pas bien.
08:18– Johanna doit se résoudre à trouver d'autres solutions
08:20pour elle et pour ses chats.
08:22– Alors ça, qu'est-ce que c'est ?
08:23– Là, par exemple, c'est le tapis que c'est réfrichant pour les chats.
08:28Donc il y a une espèce de gel dedans.
08:33Donc ce que je faisais pendant l'été,
08:36j'ai mis au frigo pendant quelques heures,
08:40comme ça il est fraîche.
08:41D'ailleurs, j'ai acheté plusieurs,
08:43mais pour moi, pendant la nuit,
08:45j'ai mis ça dans mon lit,
08:47comme ça j'ai posé mes pieds ici.
08:49ça donnait une sensation aussi de fraîcheur.
08:53Johanna souffre de stress thermique.
08:56Désormais, à chaque montée de température,
08:58elle appréhende.
09:00– Les solutions que j'ai envisagées,
09:04c'est vraiment déménager,
09:06principalement avant l'été,
09:07parce qu'être ici, c'est impossible.
09:12– Frédéric Adnet, c'est vrai qu'on voit qu'au fond,
09:15on souffre le plus de la canicule la nuit,
09:17on a l'impression presque le jour.
09:18C'est ce que disait cette jeune femme.
09:21Est-ce que vous avez des conseils à donner ?
09:23– Oui, alors les conseils, on les connaît bien,
09:25et puis c'est les campagnes de prévention
09:27qui donnent justement ces conseils,
09:28qui ont permis de réduire énormément
09:30la mortalité des canicules,
09:33on l'a bien vu en 2019.
09:34Alors, dans le cas présent, bien sûr,
09:36elle a un bon réflexe de prendre des douches,
09:38parce que d'humidifier le corps
09:40accélère le processus d'évacuation de la chaleur
09:43par le phénomène de la transpiration
09:45et de l'évaporation de tout ce qui est clair.
09:47– Le ventilateur va diminuer parce qu'elle a une énergie…
09:49– Parce que les gouttelettes d'eau vont s'évaporer
09:51et en s'évaporant, elles transmettent la chaleur vers l'extérieur.
09:55Donc on connaît très bien ce système-là,
09:57d'ailleurs on l'utilise chez les patients,
09:59d'utiliser aussi des brumisateurs.
10:01C'est très très efficace, les brumisateurs,
10:02car ça évacue la chaleur corporelle
10:05par un phénomène d'évaporation.
10:07– Le ventilateur, dormir à côté d'un ventilateur,
10:09on se réveille le matin, on n'a plus de voix.
10:10– Oui, mais le ventilateur, lui, sans brumisateur,
10:14est moins efficace, on peut allier les deux.
10:16Mais ce qui est important, c'est le brumisateur,
10:19c'est d'ailleurs s'humidifier.
10:20Bien sûr, s'hydrater, parce que la chaleur s'évacue du corps
10:23grâce à la circulation sanguine.
10:25Et plus on favorise la circulation sanguine,
10:28c'est-à-dire plus on met du volume dans nos vaisseaux,
10:30grâce à une bonne hydratation,
10:33plus l'évacuation de la chaleur est efficace
10:36par la circulation sanguine.
10:38C'est pour ça que la déshydratation aggrave
10:42les coûts de chaleur et les pathologies liées à la chaleur,
10:44car l'organisme a de plus en plus de mal
10:47à évacuer cette chaleur par la circulation sanguine.
10:51Donc c'est pour ça qu'on dit aux patients
10:53de s'hydrater, ça veut dire quoi s'hydrater ?
10:56Nos besoins sont en gros 1,5 litre par jour,
10:59il faut aller à 3 litres, 4 litres par jour.
11:01– Y compris quand on n'a pas soif.
11:03– Y compris quand on n'a pas soif,
11:04et c'est ce que je vous disais en début d'émission,
11:06c'est que chez les patients âgés,
11:07ils n'ont pas le réflexe de la soif.
11:09Et donc c'est ça qui aggrave les choses.
11:11Ne pas oublier de prendre de temps en temps un petit peu de sel,
11:13parce que de l'eau pure, il peut y avoir aussi
11:16une intoxication à l'eau,
11:17donc il faut faire attention de prendre
11:20une alimentation normale
11:22pour garder l'eau dans son organisme
11:24grâce au sel.
11:26– Prendre un peu de sel ?
11:27– Oui, oui.
11:28Alors on ne dit pas prendre du sel pur,
11:30mais quand vous buvez beaucoup d'eau,
11:33vous risquez de manquer de sel,
11:35et donc on conseille aux personnes
11:36de manger à côté,
11:39sans se restreindre sur le sel.
11:41– Antoinette Gull,
11:42on voyait cette jeune femme prise au piège
11:44d'un appartement qu'elle avait acheté,
11:46sans s'imaginer l'enfer qu'elle allait vivre
11:48durant les nuits d'été.
11:50Le logement, au fond,
11:52il y a une énorme inégalité selon là où on vit.
11:54– Bien sûr.
11:54– D'ailleurs, le mot est apparu de bouilloire thermique,
11:57c'est un mot qu'on ne connaissait pas auparavant.
11:59– Tout à fait.
12:00– Il y a près de 5 millions en France
12:01de bouilloires thermiques.
12:03– Tout à fait, et donc comment on va lutter
12:04contre ces bouilloires thermiques ?
12:06C'est pour ça que je disais,
12:07c'est aussi un choix politique,
12:08c'est qu'en fait, il faut rénover ces logements,
12:11il faut ré-isoler ces logements
12:13qui ont été mal conçus,
12:14qui ont été mal faits,
12:15parce qu'une isolation,
12:17parce que conçue trop rapidement,
12:19construit trop vite,
12:20construit trop peu cher, etc.
12:23où on se retrouve avec des logements
12:25qui aujourd'hui ne sont pas efficaces
12:26et dont il faut impérativement
12:29faire l'isolation thermique.
12:31Et c'est pour ça que MaPrimeRénov',
12:32qui est un dispositif intéressant,
12:35nécessite qu'on y mette des moyens.
12:37Or, depuis des années,
12:38nous avons un gouvernement
12:39qui coupe MaPrimeRénov'
12:40année après année,
12:42moins 600 000,
12:43moins 1 million,
12:44moins 1 milliard, etc.
12:46Aujourd'hui, on doit être à 3,5 milliards.
12:48Quand il y a deux ans,
12:49on était à plus de 5 milliards
12:50sur MaPrimeRénov'.
12:51Donc en fait, il y a une nécessité
12:52de mettre de l'argent public
12:54dans cette isolation des logements
12:57pour pouvoir lutter
12:59contre ce type d'exemple
13:02que vous venez de montrer.
13:03– Alors, on parle de logement,
13:04il y a une idée qui circule.
13:05En cas de canicule,
13:06les personnes âgées,
13:07qui sont les plus exposées aux canicules,
13:10doivent-elles rester chez soi ?
13:12C'est la question qu'on a posée
13:13à Bertrand Fougère.
13:14Il est professeur en gériatrie
13:16au CHU de Tours.
13:18Son livre « L'âge, c'est dans la tête,
13:20c'est chez Hubert »
13:21et il nous aide à y voir plus clair.
13:23– Pendant la canicule,
13:24quand on est vieux,
13:24il faut rester enfermé
13:25et ne plus rien faire.
13:26Ben non, c'est un préjugé
13:28et un mauvais conseil.
13:30La chaleur, oui, c'est sérieux.
13:31Mais le message,
13:32ce n'est pas arrêter de vivre.
13:34Le message, c'est adaptez-vous.
13:36On évite les heures les plus chaudes,
13:38on garde son logement au frais,
13:39on boit régulièrement,
13:41on se mouille,
13:42on va dans les lieux rafraîchis
13:43si nécessaire.
13:44Et surtout,
13:45on ne confond pas
13:46protection et punition.
13:48Être âgé,
13:49ce n'est pas être condamné
13:50à l'immobilité.
13:51On peut continuer à bouger,
13:53doucement,
13:54intelligemment,
13:54tôt le matin,
13:55plus tard le soir,
13:56dans un parc ombragé
13:57ou un lieu frais
13:58ou chez soi
13:59si l'environnement est adapté.
14:01Parce que ne plus rien faire,
14:02c'est aussi risquer de s'isoler,
14:03de se laisser aller,
14:05de perdre le moral.
14:06Bien vieillir,
14:07ce n'est pas se mettre en pause,
14:08c'est rester acteur de sa vie,
14:09même quand il faut changer de rythme.
14:12Donc,
14:12pendant la canicule,
14:14prudence oui,
14:15repli total non.
14:16On ne s'enferme pas
14:17dans la chaleur
14:18ni dans les clichés
14:19sur l'âge.
14:20Alors,
14:20on ne s'enferme pas
14:21dans la chaleur.
14:22Antoinette Gull,
14:23à Barcelone,
14:24on sait qu'ils ont mis en place
14:25des abris climatiques.
14:26Ce sont des lieux
14:27où l'on peut aller se réfugier,
14:28où l'air est frais.
14:29Et vous me faisiez remarquer,
14:30mais nous aussi,
14:31on le fait à Paris,
14:31sauf qu'on n'en parle pas.
14:33C'est moins connu.
14:34Eh bien oui,
14:34ça se fait également à Paris.
14:36Ça se fait en France ?
14:37Oui, bien sûr,
14:38dans beaucoup de grandes villes,
14:39ça se fait.
14:44que ce soit par exemple
14:45la salle des fêtes
14:46des mairies d'arrondissement,
14:48souvent à Paris,
14:49qui sont ouvertes
14:50parce qu'elles peuvent être
14:51climatisées
14:52et donc elles peuvent être
14:53un lieu d'accueil
14:54pour des personnes
14:55qui ont trop chaud
14:56chez elles.
14:57Mais ça peut être
14:58d'autres endroits
14:58à proximité,
14:59dans les quartiers.
15:00Il faut téléphoner à la mairie
15:01pour savoir
15:01quels sont les...
15:02Alors, on peut téléphoner
15:03à la mairie, bien sûr,
15:04sur le site internet
15:05de paris.fr
15:07ou de toutes les municipalités
15:09qui le font,
15:09vous l'aurez.
15:10Mais ça ne se fait pas
15:10qu'à Barcelone,
15:11ça se fait effectivement
15:12dans toutes les municipalités
15:13ça fait partie
15:14en fait des plans canicules
15:16des municipalités
15:17et de dire
15:18à tel endroit
15:18vous avez des salles
15:20rafraîchies.
15:21Bien sûr.
15:21Frédéric,
15:22concrètement,
15:22qu'est-ce qui a changé
15:23entre 2003 et 2019
15:24qui fait qu'il y a
15:25moins de morts aujourd'hui ?
15:25Il y a eu le plan canicule
15:27qui a par exemple,
15:28et on l'a évoqué,
15:29donné l'obligation
15:30aux maisons de retraite,
15:31aux EHPAD
15:31d'avoir une salle
15:33réservée,
15:33climatisée
15:34sur laquelle
15:36les pensionnaires
15:36pouvaient venir
15:37se, entre guillemets,
15:38réfugier
15:39lorsque les températures
15:41étaient les plus élevées.
15:41L'organisation de maraudes
15:43par des secours associatifs
15:45parce que l'isolement
15:47est un facteur de risque
15:48très important
15:50chez les personnes âgées
15:52notamment
15:52dans les épisodes
15:53de canicule.
15:54Donc l'organisation
15:55des maraudes
15:56pour casser
15:57l'isolement
15:57de ces personnes âgées,
16:00les, entre guillemets,
16:00forcer à s'hydrater,
16:02à boire
16:04et tous ces messages
16:06grand public
16:06qui permettent
16:07de donner
16:07les conseils
16:08de ne pas sortir
16:10et ne pas faire
16:11son jogging
16:11entre 11h et 16h,
16:13etc.
16:14Et nous,
16:15on est alertés
16:17dans les cas
16:18les plus graves,
16:19le SAMU,
16:19on appelle le 15,
16:20bien sûr,
16:22avec l'ensemble
16:22des signes
16:23qu'on nous rapporte,
16:24on déclenche
16:25les secours
16:25et les signes
16:26les plus fréquents,
16:27c'est des maux
16:28de tête inhabituels,
16:30c'est des troubles
16:31de la conscience,
16:31un patient
16:32qui devient somnolent,
16:34voire dans les cas
16:35les plus graves
16:36qui convulse
16:38et c'est tout
16:40signe neurologique
16:41avec une augmentation
16:42de la température corporelle
16:43qui fait qu'on est
16:45très alertés
16:45sur le coup de chaleur
16:46qui est une pathologie
16:47gravissime,
16:48c'est ce qu'on appelle
16:49une urgence vitale
16:49pour laquelle on dépêche
16:51une équipe de réanimation
16:53préhospitalière
16:53avec un SAMU.
16:54Alors l'adaptation
16:56passe aussi par la transformation
16:57de nos villes
16:58et de nos logements,
16:59je vous propose
17:00de revoir
17:01Johanna
17:01qui reçoit la visite
17:02de la Croix-Rouge
17:03avec à la clé
17:04des conseils
17:04pour adapter son appartement
17:05en vue des prochaines
17:07vagues de chaleur
17:08mais aussi
17:09de faire en sorte
17:10que son propriétaire
17:12engage les fameux
17:13travaux de rénovation
17:14énergétique.
17:15On regarde.
17:16Voilà,
17:17Madame Moreira.
17:18Imad et Patricia
17:19travaillent pour la Croix-Rouge.
17:21Ils interviennent
17:22chez des particuliers
17:23pour réaliser
17:24des diagnostics
17:25socio-énergétiques.
17:26Septième étage.
17:28Bonjour Madame Moreira,
17:30ça va ?
17:30Vous allez bien ?
17:31Johanna a fait appel
17:33à eux
17:33pour trouver
17:33des solutions
17:34à court terme
17:35pour essayer
17:35de faire baisser
17:36la température
17:37de son appartement.
17:38Je vais refaire aussi
17:39quelques relevés
17:40de température.
17:41D'accord ?
17:43Imad et Patricia
17:44ont inspecté
17:45les fenêtres,
17:46mesuré l'humidité
17:46et la température.
17:49Ils montent encore
17:50un peu plus
17:50parce que la chaleur
17:51en fait,
17:51elle vient de ce côté-là.
17:54Lors de leur première visite,
17:56alors que l'hiver
17:56n'était même pas terminé,
17:58ils ont été très surpris.
18:00Début mars,
18:01nous sommes venus
18:02dans le logement
18:02de Johanna.
18:03Elle a eu des murs
18:04qui étaient autour
18:05de 32 et 38 degrés,
18:07ce qui est anormalement chaud
18:09pour début mars
18:10et anormalement chaud
18:11de manière générale.
18:12Là, regardez,
18:13je vous le montre.
18:14Là, vous voyez,
18:14vous avez le joint
18:15où on va poser celui-là.
18:17On pose cette partie-là.
18:19Imad et Patricia
18:19donnent des conseils
18:20et du matériel à Johanna.
18:23Des astuces
18:24qui paraissent
18:24un peu dérisoires
18:25mais qui, cumulées,
18:26pourront malgré tout
18:27faire baisser
18:27de quelques degrés
18:28la température
18:29lors du prochain été.
18:31D'accord ?
18:32Surtout,
18:33vous n'hésitez pas,
18:33vous faites tout le tour.
18:34Donc, nous,
18:35conseils, ici,
18:36rideau occultant
18:37parce qu'on n'a pas
18:38de volet de ce côté-là.
18:39Les appareils électroménagers,
18:41les éteindre
18:41quand vous partez
18:42de la maison
18:43ou même quand vous êtes
18:43dans la maison,
18:44en fait,
18:44si vous ne les utilisez pas,
18:45de débrancher,
18:47de tout éteindre.
18:49Un cas qui n'est malheureusement
18:50pas isolé
18:51dans le département
18:52le plus pauvre
18:53de la France hexagonale.
18:55Dans le département
18:56de la Seine-Saint-Denis,
18:57en 2025,
18:58nous avons réalisé
18:59300 visites
19:00et sur ces 300 visites,
19:01on a 55% des ménages
19:03qui nous ont indiqué
19:04avoir eu très chaud
19:05l'été dans leur logement.
19:08La lutte contre ce qu'on appelle
19:10la précarité énergétique,
19:12c'est le combat porté
19:13par Christine Dacosta,
19:14responsable de projet Slim,
19:16un programme à l'initiative
19:18des visites
19:18dont a bénéficié Johanna.
19:21Depuis 2013,
19:22elle et ses équipes
19:23ont accompagné
19:24plus de 80 collectivités territoriales
19:26et 95 000 ménages
19:28en situation
19:28de précarité énergétique.
19:31Aujourd'hui,
19:32on a à peu près
19:33un tiers des logements
19:34qui ne sont pas
19:35adaptés aux vagues de chaleur.
19:37Et en fait,
19:38les ménages qui vivent
19:39dans des bouillards thermiques,
19:40ils n'ont pas le choix
19:41que de vivre
19:42dans ces bâtiments
19:44qui sont peu performants
19:45parce qu'un logement
19:47de qualité,
19:47ça coûte plus cher.
19:48Quand c'est le logement
19:50qui rend malade
19:50parce qu'il est trop chaud
19:52en été,
19:53trop froid en hiver,
19:55eh bien oui,
19:56on peut dire que
19:57le logement est devenu
19:58un enjeu de santé publique.
19:59Si la réglementation
20:01interdit à la location
20:02des logements
20:03trop mal isolés,
20:04la loi reste évasive
20:05concernant la chaleur
20:06des habitations.
20:08Dans ce rapport inégal
20:09avec les propriétaires,
20:10Christine Dacosta
20:11tente d'aider les locataires.
20:14C'est vrai que le locataire
20:16n'est pas dans une position
20:17de force,
20:18c'est le moins qu'on puisse dire.
20:20Après,
20:21s'il ne parvient pas
20:23à ses fins,
20:24le locataire
20:25peut demander
20:26une aide juridique
20:27via le programme Slim
20:29il peut être orienté
20:31vers des acteurs
20:32qui vont l'aider
20:33à trouver
20:33un autre logement
20:36pour vivre
20:36un petit peu plus dignement.
20:40– Antoinette Gull,
20:41ça va chauffer
20:41sans mauvais jeu de mots
20:43entre les locataires
20:44et les propriétaires
20:45parce que les locataires
20:45qui arrivent à obtenir
20:47de leurs propriétaires
20:48qu'ils fassent des travaux
20:49qu'ils n'ont pas forcément
20:50envie d'engager.
20:51Moi, je me mets même
20:52à la place des propriétaires,
20:53c'est un casse-tête,
20:54on ne sait pas par quel bout
20:54s'y prendre
20:55et en plus,
20:55on se dit
20:56je risque de tomber
20:57sur un margoulin
20:58qui va m'escroquer.
20:59– D'où l'importance
21:02de MaPrimeRénov'
21:02ou des dispositifs
21:04qui permettent
21:04d'aider les propriétaires
21:06à faire ces travaux,
21:07de les aider financièrement.
21:08– Ça va coûter
21:08des milliards
21:09et des milliards d'euros.
21:10– Tout à fait,
21:10mais ça va permettre
21:12également d'avoir
21:12des habitats
21:13qui, à la fois l'hiver
21:15et l'été,
21:16sont vivables,
21:17ce qui n'est pas le cas
21:18aujourd'hui
21:19pour tous ces appartements.
21:22en fait,
21:22en réalité,
21:23il y a plusieurs mois par an
21:24où on ne vit pas
21:26dignement
21:26dans ces appartements,
21:27soit parce qu'il fait trop froid,
21:29soit parce qu'il fait trop chaud.
21:30Donc,
21:30en réalité,
21:31ce travail-là
21:32est un travail
21:32absolument indispensable
21:34qu'il faut faire,
21:35cette rénovation
21:36qui va faire du bien
21:37à l'économie,
21:38qui va faire du bien
21:39aux habitants
21:40et qui va pouvoir
21:41permettre globalement
21:42d'améliorer la situation.
21:44Ça,
21:45c'est important.
21:45– Frédéric Adnet,
21:46si on va au bout
21:47de la rénovation énergétique,
21:49l'idéal,
21:50c'est la climatisation.
21:51Est-ce que d'ailleurs,
21:52c'est ce qui se passe
21:52dans les hôpitaux
21:53et les maisons de retraite
21:54devraient être climatisées ?
21:56– Oui,
21:56la climatisation,
21:57on va dire,
21:58pour moi,
21:59c'est la solution facile
21:59parce qu'on sait tous
22:00très bien
22:01que ces épisodes caniculaires
22:03sont liés
22:04au réchauffement climatique
22:05et rejeter la chaleur
22:07dans le milieu extérieur
22:08à grave…
22:09– Ah oui,
22:09parce que quand on fait du froid,
22:11c'est la loi de la physique,
22:12on est obligé
22:12de faire du chaud par ailleurs.
22:13– Exactement,
22:13on exclète la chaleur
22:14et on la rejette.
22:16– Et on la rejette.
22:18– Oui,
22:18c'est évidemment
22:19qu'il faut climatiser
22:19les services d'urgence,
22:20évidemment qu'il faut
22:21climatiser les chambres
22:22des malades
22:23mais il faut vraiment
22:24avoir une réflexion
22:25à plus long terme
22:26car on sait
22:27que tout va s'aggraver
22:28et qu'on ne va pas
22:29en plus remettre
22:30du combustible
22:31dans ce réchauffement climatique
22:33par une généralisation
22:35de la climatisation.
22:36– Alors Antoine Edgul,
22:39dans le monde du travail,
22:40la plupart des bureaux
22:41sont climatisés.
22:42Est-ce qu'il va falloir
22:43climatiser les écoles ?
22:45Passer son bac
22:46quand il fait 35 degrés
22:47et puis moi tout bêtement
22:48je me mets à la place
22:48des enseignants
22:49et je me disais
22:50pourquoi moi
22:50je n'aurais pas le droit
22:51comme les autres salariés
22:52à un bureau climatisé ?
22:54– Vous posez la question
22:55de l'adaptation
22:56au réchauffement climatique.
22:57C'est un vrai sujet.
22:59C'est un sujet
22:59que nous écologistes
23:00on met sur la table
23:01depuis des années.
23:02En fait nous avons besoin
23:03d'adapter notre société
23:07et nos manières de vivre
23:08au réchauffement climatique.
23:10Donc les écoles,
23:10qu'avons-nous fait à Paris ?
23:12À Paris nous avons fait
23:13le contraire.
23:13Nous avons débitumé les cours,
23:17nous avons végétalisé
23:18puisqu'on sait
23:19que le couvert végétal
23:20fait baisser la température
23:22de 4, 5, 6 degrés.
23:24– On enlève le goudron
23:26retour à la terre,
23:27ça fait baisser ?
23:27– Retour à la terre,
23:28plantation, arbre,
23:30ça fait baisser la température
23:31de 4 à 5 degrés.
23:32– Y compris dans les classes ?
23:33– Y compris dans les classes
23:35si l'école est faite correctement.
23:37Vous ajoutez à ça
23:37l'isolation thermique
23:39des bâtiments
23:40puisque ça, ça a été fait.
23:42Par exemple, à Paris,
23:43nous avons lancé
23:43depuis 15 ans maintenant
23:47le programme de rénovation
23:49et donc bientôt
23:50toutes les écoles
23:51auront été rénovées,
23:52les écoles seront rénovées,
23:53les cours seront des cours oasis,
23:55c'est-à-dire avec de la terre,
23:57avec des plantations, etc.
23:58et bien ça, ça permet
24:00de pouvoir continuer
24:03à rester dans l'école
24:04tout en ayant un peu de confort,
24:06y compris en période de camicule.
24:07Mais il y a beaucoup d'autres choses.
24:09Par exemple, aujourd'hui,
24:10nous avons beaucoup d'appartements
24:11parce que ça a été fait comme ça,
24:12l'urbanisation a été faite comme ça,
24:14sans voler,
24:17sans voler, non pas sans fenêtre,
24:18mais sans voler.
24:19Pourquoi ?
24:20Parce qu'on mettait des stores,
24:22c'était pas grave
24:23qu'il n'y ait pas de voler, etc.
24:24Or, aujourd'hui,
24:25on se rend compte
24:25que pour se protéger
24:27de la chaleur
24:27ou du froid en hiver
24:29ou de la chaleur en été,
24:30les volets sont utiles.
24:31Donc ça veut dire aussi
24:33demander, par exemple,
24:33aux bailleurs sociaux
24:34de faire tout ce travail,
24:35de remettre des volets,
24:37ça veut dire,
24:38dans l'espace public,
24:40d'avoir des ombrières,
24:41ça veut dire,
24:42ça nécessite, par exemple,
24:44d'avoir des brumisateurs d'eau.
24:46Les points d'eau,
24:47c'est très important.
24:48Dans les villes ?
24:48D'avoir des fontaines,
24:49dans les villes,
24:50tout à fait, dans les villes,
24:51d'avoir des fontaines,
24:52d'avoir des brumisateurs,
24:53de manière à ce qu'on puisse,
24:55malgré tout,
24:56utiliser cet espace public
24:57et ne pas être confiné
24:59dans des appartements
25:00qui ne sont souvent pas appropriés.
25:02Et on pense à ceux
25:03qui travaillent en extérieur.
25:06Est-ce qu'il va falloir vivre
25:07à l'espagnol, j'allais dire,
25:08entre midi et 16h ?
25:09On fait la sieste.
25:10Tout à fait.
25:11Et c'est sérieux.
25:12Puisqu'on a parlé
25:14des populations à risque.
25:15Il y a une troisième population à risque.
25:16Je parle des âges extrêmes de la vie.
25:19C'est les travailleurs,
25:20les travailleurs en plein air,
25:21les travailleurs des travaux publics.
25:22Et là, on a eu
25:24là aussi une mortalité effroyable
25:27chez des patients
25:28qui avaient entre 30 et 50 ans,
25:30qui étaient exposés au soleil,
25:32qui ne buvaient pas assez
25:33et qui finalement
25:34avaient ces fameux coups de chaleur
25:36sur lesquels
25:36on avait une gravité extrême.
25:39– Ce qui fait que, Frédéric Adnet,
25:41les hôpitaux autrefois étaient en sous-activité l'été.
25:46Maintenant, l'été, c'est une période à risque.
25:48Pour vous, c'est presque une période de suractivité ?
25:50Enfin, comme le reste de l'année,
25:51il n'y a plus de période de repos ?
25:54– Si, bien sûr.
25:56On ne soigne pas toujours que les crises sanitaires.
25:59On soigne la population en général.
26:01Et c'est vrai que l'été,
26:03en région parisienne, là où je travaille,
26:05la plupart de la population part en vacances.
26:07– Eh bien oui.
26:07– Donc globalement, on a un bruit de fond,
26:10si vous voulez, une activité qui est plus réduite.
26:12Par contre, en cas de crise sanitaire,
26:14une canicule qui se prolonge,
26:15c'est une crise sanitaire.
26:17Évidemment, on a une augmentation brutale
26:19de l'activité sur laquelle on va s'adapter.
26:21Et les hôpitaux, maintenant,
26:23ont des plans d'accueil, d'afflux de victimes
26:27sur lesquels on active notre cellule de crise.
26:30On déprogramme des patients
26:31qui devaient rentrer à l'hôpital.
26:34On libère des lits, etc.
26:35Donc les crises sanitaires nous ont appris
26:37à nous organiser.
26:39Mais si vous voulez,
26:40ces pics d'activité liés à la canicule,
26:41c'est ponctuel sur, si vous voulez,
26:45une activité qui est globalement en baisse l'été.
26:48– Et Antoine Edgul, malheureusement,
26:50tout ça ne va faire que s'accentuer,
26:51puisque les dernières projections,
26:53là on est à plus 1,5, c'est plus 4,
26:54d'ici le fin du siècle.
26:56– Tout à fait.
26:56– Merci beaucoup de nous avoir éclairés
26:58sur les enjeux de ces canicules à répétition
27:00à 12 jours par an, on le disait en moyenne aujourd'hui.
27:03Pour aller plus loin,
27:04je peux citer le site Santé publique France
27:07qui s'affiche, ainsi que Météo France.
27:09Et la santé, ça va, c'est terminé.
27:11Merci de nous avoir suivis.
27:13Émission à retrouver sur la plateforme publicsénat.fr.
27:16À bientôt pour une prochaine émission.
27:37Prévention, solidarité, accès aux soins, innovation.
27:46C'était…
27:47– Et la santé, ça va ?
27:48– Avec la mutualité française.
27:50– Sous-titrage Société Radio-Canada
27:50...
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