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  • il y a 3 heures
Élus par les territoires, les sénatrices et les sénateurs connaissent le terrain et côtoient les acteurs de notre patrimoine agricole et nourricier, tout ce qui fait de la France un pays où le contenu de l'assiette relève d'un engagement quotidien.
Vincent Ferniot rencontre ces hommes et ces femmes, en compagnie d'un sénateur ou d'une sénatrice, sur son territoire. Année de Production :

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00:01Retrouvez, mangez, s'évoter avec le concours général agricole.
00:16Bonjour, vous qui connaissez vos châteaux de la Loire sur le bout des doigts,
00:21vous savez qu'on est à Azèlerideau, château magnifique au bord de l'Indre,
00:26à quelques kilomètres de la Loire, donc Indre et Loire.
00:30C'est le nom du département qui s'assimile à la Touraine,
00:33que nous allons visiter en compagnie de Vincent Louau,
00:36le sénateur du groupe Les Indépendants République et Territoire.
00:39Il est à la fois agriculteur et vice-président de la Commission des Affaires Économiques du Sénat.
00:46D'ailleurs, je crois qu'il m'attend au milieu de ces vaches.
01:19Ce sénateur, si vous m'avez amené ici, c'est que vos racines sont ici,
01:24et que c'est votre métier, agriculteur. Sénateur, ce n'est pas votre métier.
01:28Ah non, sénateur, ce n'est pas mon métier.
01:30La politique, j'ai commencé sur le tard, il y a une dizaine d'années maintenant.
01:33Je veux être un bon sénateur, donc j'investis beaucoup de mon temps,
01:36plutôt 95% de mon temps sur le Sénat,
01:39et 5% de mon temps sur mon exploitation agricole.
01:42Ah oui ?
01:43Moi, j'ai toujours vécu ma vie d'agriculteur,
01:46c'est réallié avec cet élevage de limousines.
01:49Elle vous aime autant que les mères qui vous élisent ?
01:52La fidélité est très bovine, elle est plus qu'humaine.
01:55La fidélité en politique, c'est un peu plus compliqué.
01:59Donc, non, non, c'est cool.
02:01Les vaches, c'est cool.
02:03Tout part d'ici.
02:05Donc, famille d'agriculteurs, votre père, sénateur avant vous.
02:10Agriculteur et sénateur.
02:11Mon père a commencé, j'avais 4 ans.
02:13Moi, je commence il y a 10 ans, donc j'avais 43 ans.
02:16Moi, mon histoire familiale a beaucoup souffert de la politique de mon père.
02:19La famille a explosé.
02:20J'aurais toujours voulu à mon père et à ma maman...
02:22L'avoir sacrifié un peu la famille à la République.
02:25...à la politique.
02:26Donc, moi, je ne m'étais toujours dit jamais la politique.
02:29Donc, ce choix, en fait, d'être sénateur après mon père a été très compliqué.
02:33J'ai mis plus de 6 mois à faire ce choix.
02:36Pourquoi ? Parce que passer derrière quelqu'un d'emblématique dans un département,
02:40il a fait beaucoup pour son territoire.
02:43Je ne me trouvais pas légitime, même si j'y étais, parce que j'avais énormément travaillé
02:47sur tout un tas de sujets.
02:49Mais en fait, c'est un peu crétin de passer derrière son père.
02:52Ça s'est enchaîné par beaucoup de hasards, parce que ce n'était pas prévu.
02:55Je n'avais vraiment pas prévu ça.
02:56Quand je deviens maire de Sigogné, puis vice-président de ma communauté de communes,
03:00puis conseiller départemental, imaginez, j'allais voir les maires.
03:03Ils adoraient tous mon père.
03:05Ah, le petit loup !
03:07Et puis, les maires, ils me disaient, ceux qui me connaissaient un peu,
03:09ils me disaient, non, mais attends, on va te challenger,
03:12parce que ça ne va pas être aussi simple que la continuité.
03:14Donc, j'ai dû bosser encore plus fort.
03:16Mais en fait, moi, j'ai un rêve d'enfant, c'est de changer le monde.
03:18Et pour ça, il faut aller à Paris.
03:23Moi, je me suis beaucoup amusé,
03:25et j'ai eu beaucoup de plaisir dans mon travail d'agriculteur.
03:28J'ai peut-être été au bout de tout ce qui se passait,
03:31parce qu'on a quand même pris des chetards changement climatique.
03:33Nous, on sait ce que c'est, on le prend dans la tronche,
03:36tous les jours, le changement climatique.
03:37L'impact aussi de la mondialisation, l'agriculture,
03:40c'est le seul qui vend ses produits au cours mondial.
03:42Je vends du blé au cours mondial.
03:43Vous vous rendez compte, qui est payé au cours mondial en France, aujourd'hui ?
03:47Et aussi ce millefeuille administratif, 36 000 communes,
03:49vous savez, ce n'est pas moderne.
03:5036 000 communes, le plus dur pour moi, c'est de rester calme,
03:54en fait, dans ce monde parisien, d'entre-soi, de technocratie,
03:59qui, au bout du compte, ne comprend pas
04:02le vrai mal-être de certains Français et des Français globalement.
04:05On va dire de la ruralité dans son ensemble, et pas seulement.
04:08Et pas seulement.
04:09Et moi, tout mon job, ma défense à Paris,
04:11je tape, je tape, je tape, et je ne lâcherai jamais rien, en fait.
04:14Et quand je suis fatigué, je viens ici, je viens voir mes vaches,
04:17parce qu'elle est au moins un même,
04:18et je me dis, c'est dur, la vie politique, parce que c'est dur.
04:21Vous savez, on mène beaucoup de combats,
04:23et on n'a pas beaucoup de victoires.
04:33Nous nous rendrons au foyer de Cluny,
04:35à la fois EHPAD et ESAD,
04:37établissements d'aide par le travail,
04:39où l'on prend soin autant des pensionnaires
04:41que des équipes.
04:42Ensuite, nous prendrons soin des chèvres d'Angélique
04:45et de Christophe,
04:46qui produisent le fameux Sainte-Mort de Touraine,
04:48à Sainte-Mort de Touraine.
04:50Munis de ce beau fromage,
04:52nous irons chercher du pain chez Jérémy Hébert,
04:54à la fois paysan, meunier et boulanger bio,
04:57et rien ne s'accordera mieux à cette tartine
05:00que le vin de Vouvray que nous découvrirons
05:03chez les Foraux, au domaine du Clonodin.
05:05Mais d'abord, direction les serres de Jérôme Tarnier,
05:08qui nous présente ses beaux légumes
05:10et un mode de distribution hors du commun.
05:16Alors là, c'est extraordinaire,
05:18parce qu'ici, ça sent vraiment la feuille de tomate.
05:22Ah ben là, ça sent la feuille,
05:23ça sent la végétation,
05:24puis les plantes, elles sont en pleine vie,
05:26elles sont en pleine croissance,
05:27en pleine production.
05:28Puis nous, c'est de la pleine terre,
05:29on travaille dans le sol.
05:30C'est ce que je vois.
05:31Zéro phyto.
05:32Tout le monde croit que l'agriculture,
05:34on fait des traitements...
05:36On bombarde.
05:37On bombarde.
05:38Pour le rendement.
05:39Pour le rendement.
05:40Mais personne, ça coûte une blinde.
05:42Mais oui, c'est une corde.
05:44C'est une corde.
05:46C'est une corde artificielle
05:47aux modèles de prévision sur les maladies.
05:50Si on peut enlever des traitements,
05:51mais c'est du bénef tout de suite.
05:53Oui, oui, oui.
05:53T'enlèves un traitement fongicide sur du blé,
05:55c'est tout bénef.
05:56Donc nous, en fait,
05:57on s'adapte énormément,
05:58parce que ça ne nous amuse pas
05:59de payer des phytosanitaires.
06:02D'ailleurs, si je me souviens bien,
06:04vous avez voté par Lola Duplan, vous.
06:06Les agriculteurs et l'agriculteur que je suis
06:08ne peuvent pas comprendre
06:09qu'une molécule...
06:10Les fameux néonicotinoïdes.
06:12Non, mais l'acétamépride en est un.
06:14C'est le seul qui est autorisé en Europe.
06:16Il est autorisé partout en Europe,
06:18sauf en France.
06:18Dans toute l'Europe,
06:19ça a été utilisé sur des cultures
06:22qui ont le droit d'être vendues en France.
06:23Voilà.
06:24Donc il y a quand même un problème.
06:25Là, on a la preuve d'un mec
06:26qui fait des légumes.
06:28Il a enlevé 95% des pesticides.
06:30Enfin, je veux dire,
06:31seulement si vous lui enlevez
06:33l'assurance de ne pas perdre
06:34toutes ses tomates,
06:36et il n'a plus rien à vendre.
06:41Toute cette installation.
06:43On est quand même dans des serres
06:44extrêmement modernes
06:46avec des enrouleurs
06:47pour tenir vos plans de tomates.
06:49C'est de l'eau chaude.
06:50C'est de l'eau chaude.
06:50C'est le chauffage, voilà.
06:51C'est le chauffage.
06:52Est-ce que ça a pour but
06:54de faire baisser la main-d'oeuvre
06:56et les coûts de main-d'oeuvre, notamment ?
06:58Non.
06:59Ça a pour but de gagner
07:01en précocité,
07:02d'avoir des tomates à vendre
07:04en mai-juin.
07:05Et le parapluie
07:06qu'on est au-dessus de la tête,
07:07s'il y a des orages pendant deux semaines,
07:09la métomate à son plein de milieu
07:10ou un coup de grêle à son fini.
07:12C'est-à-dire que là, je suis assuré.
07:13C'est surtout une protection du ciel.
07:16Et puis, ça gagne des calories,
07:18donc on gagne des semaines de récolte.
07:19Là, on est sur trois ou quatre générations.
07:22T'es la quatrième génération.
07:24On est sur une famille
07:27qui connaît son terroir,
07:28qui connaît ses clients,
07:29qui voit aussi l'évolution
07:30de la demande des clients.
07:31C'est des clients de mère en fille.
07:33Combien vous avez de surface, ici,
07:35de culture ?
07:3630.
07:3630 hectares de maraîchage ?
07:38Que de maraîchage, 100%.
07:40Je ne sais pas faire votre chose.
07:40C'est une grosse exploitation,
07:4130 hectares de maraîchage.
07:43Surtout diversifiés.
07:44C'est un truc de malade.
07:4530 hectares en monoculture,
07:47c'est beaucoup plus simple.
07:48C'est sûr.
07:48Tous ces artisans,
07:50tous ces chefs d'entreprise
07:52méritent notre respect, quoi.
07:53Notre respect et notre soutien.
07:54On ne l'a pas beaucoup.
07:55Et on ne l'a pas beaucoup.
07:56Voilà.
07:57Et vous voyez,
07:57c'est ça aussi le résultat
07:58de ce marisalisme.
07:59Même quand ils croquent dans vos tomates ?
08:00Ah non, nos clients,
08:01il n'y a pas de problème.
08:01Mais c'est autour.
08:03C'est ceux qui n'ont pas
08:04croqué dans la tomate.
08:04Ceux qui ne nous connaissent pas,
08:05ceux qui...
08:06On est des petits, quoi.
08:24Ah, mais c'est incroyable !
08:26Mais il y en a combien
08:27des casiers de distribution ?
08:30En légumes, il y en a 140.
08:33Et il n'y a pas que des légumes, ici ?
08:34Il y a nos légumes
08:35et il y a aussi autre chose.
08:36Jus de fruits, froid,
08:38beaucoup de choses.
08:39Viande, la nouvelle façon
08:41de consommer, c'est une réalité.
08:42Et c'est des nouveaux consommateurs.
08:43C'est avant,
08:44tu n'es que sur le marché.
08:45Il y a des gens,
08:46ce n'est pas leur truc,
08:46ils n'ont pas le temps,
08:47ils ne veulent pas passer deux heures.
08:48Ils ne sont pas levés.
08:48C'est trop tôt, trop tard,
08:50ce n'est pas le jour, machin.
08:50Là, c'est toutes les heures.
08:529h le soir,
08:53c'est temps le matin,
08:54tu fais tes courses.
09:01Alors, on est au foyer de Cluny,
09:02à Ligueuil,
09:03à 30 km de Tours,
09:04dans le grand sud Touraine.
09:05Et on va visiter un ESAT
09:07avec une maison de retraite
09:08qui a la particularité
09:09d'avoir une cuisine collective
09:12intégrée.
09:13Ah, alors on mange bien, ici ?
09:15Ah, ben là, on mange bien.
09:17Super !
09:17Bonjour, messieurs.
09:19Monsieur le sénateur.
09:20Bonjour.
09:20Bonjour.
09:21Bonjour, bienvenue au Fécluny.
09:29Bonjour à tous.
09:30Bonjour.
09:31Donc, je vous présente Mélanie.
09:34Ah, bonjour Mélanie.
09:35Bonjour.
09:36Vous avez combien de personnes
09:38en brigade ici, Mélanie ?
09:39On a entre 10 et 12 travailleurs
09:40au quotidien avec nous.
09:42Et toute votre brigade,
09:43ce sont des gens
09:44en situation de handicap ?
09:45Exactement.
09:46Mais à divers niveaux, j'imagine.
09:47À divers niveaux, c'est ça.
09:49Donc, on adapte,
09:50les tâches sont distribuées
09:51en fonction du niveau de chacun.
09:52Comment est-ce que ça se passe, Stéphane ?
09:54C'est le rôle des responsables
09:55de la cuisine
09:56que d'adapter le travail.
09:57Évidemment.
09:58De le découper en séquences simples
10:00et puis après,
10:01de faire en sorte
10:02que la sauce prenne.
10:03Ça s'inclut totalement
10:04dans la vie économique existante.
10:06Vous travaillez pour des industriels,
10:08vous travaillez pour des collectivités,
10:10vous vous incorporez totalement
10:11dans la vie économique
10:12qui est forte en ruralité.
10:14Et c'est là où l'État
10:14doit être en soutien
10:15pour prendre tout simplement
10:17soin de ceux
10:18qui sont en difficulté.
10:19Et le travail est la meilleure
10:21des solutions
10:21pour aider les personnes
10:23en situation de handicap.
10:25Est-ce que je...
10:26Dites-donc,
10:27ça ne va pas accrocher,
10:28j'espère, Réanine ?
10:29Non, vous inquiétez pas.
10:29Parce que je vois les oignons, là.
10:31Oui, bon.
10:33Globalement,
10:33combien de tickets
10:34pour un repas ici ?
10:35aux alentours de 3,50 euros par repas.
10:38En coût matière ?
10:39En coût matière, exactement.
10:39C'est-à-dire des produits.
10:40Des produits, voilà, c'est ça.
10:42Aujourd'hui, on est dans une cuisine
10:43où on cultive des légumes,
10:46où on utilise les produits locaux.
10:48Donc, on est dans tout ce qu'on aime
10:50de notre territoire, en fait.
10:51Comment ça, on cultive des légumes ?
10:53Pourquoi vous cultivez, vous ?
10:54Oui, en fait,
10:55on a une exploitation agricole
10:56qui est un autre atelier de l'ESAT,
11:00donc avec des personnes
11:01en situation de handicap
11:03qui produisent des légumes,
11:04mais aussi des volailles.
11:05On peut aller voir,
11:06il fait beau en plus,
11:07on en profite ?
11:08Avec grand plaisir.
11:17Nous sommes arrivés
11:17à la ferme de l'association
11:19et je vous présente Zoé de Witt.
11:21Bonjour Zoé.
11:22Bonjour Zoé.
11:23Alors Zoé, elle s'occupe des poulets ?
11:25Tout à fait.
11:26Entre autres, oui.
11:27Entre autres.
11:27C'est une grosse partie
11:28de votre activité ?
11:29Oui, la ferme est composée
11:31de trois ateliers différents.
11:33Qui sont ?
11:33L'élevage avicole,
11:35le maraîchage et les céréales.
11:37Qu'est-ce que c'est comme race, ça ?
11:38C'est une race locale ?
11:39C'est du coup nu.
11:40Du coup nu.
11:42Tout ce qui sort d'ici
11:43est distribué vers quel type
11:45de consommateurs ?
11:46La cuisine centrale, d'abord ?
11:47Vous voyez, voilà.
11:48Ensuite ?
11:49Les particuliers.
11:50Là, on a une petite tuerie,
11:51donc avec un agrément.
11:54Mais par contre,
11:55nous n'abattons que nos volailles.
11:56C'est ça.
11:57Poulet, jéline de Touraine,
11:58pintade,
11:59et puis quelques chapons
12:00pour les fêtes de fin d'année
12:01que l'on produit.
12:02Et c'est beaucoup moins lourd
12:03que de devoir envoyer
12:04parfois à 100 km
12:06dans un abattoir
12:07des bêtes
12:08qui reviennent après
12:09au point de départ.
12:10Et beaucoup d'abattoirs en France
12:11ferment.
12:12Toutes les semaines,
12:13il y a des fermetures d'abattoirs.
12:14Et on perd
12:16ce tissu d'aménagement
12:17du territoire
12:18qui est très important.
12:19Alors nous,
12:20comme l'abattoir est sur la ferme,
12:22les poulets arrivent
12:23à l'abattoir
12:24en deux minutes maximum.
12:25Donc ça permet
12:26de ne pas créer de stress
12:28sur la volaille.
12:29Celui du transport,
12:30en fait,
12:30et du regroupement,
12:32du tassement
12:32dans les camions.
12:33Dans des caisses
12:33et tout ça.
12:35Donc on le voit
12:35sur la viande.
12:37Ça change tout.
12:38Là, on est dans un système
12:39qui est vertueux
12:39et qui marche.
12:40Et ils le prouvent
12:40depuis 20 ans.
12:41Et vous voyez,
12:42certains veulent inventer
12:43la poudre tous les jours
12:45et nous font des grosses
12:45sons de morale
12:46en disant,
12:47M. le maire,
12:48on va faire une ferme,
12:49on va faire des légumes
12:50qui vont coûter
12:5110 fois le prix d'un légume
12:52alors qu'ils n'ont jamais
12:53traversé la rue
12:53pour aller voir
12:54des vrais éleveurs
12:54ou des maraîchers bio
12:55qui sont à quelques kilomètres
12:57de leur village.
12:58Et il faut aller voir
12:59l'environnement
13:00dans lequel on vit
13:01quand on est un élu.
13:07Alors là,
13:08M. le sénateur,
13:09on va où ?
13:10Alors là,
13:11on va rendre visite
13:11à Angélique et Christophe,
13:14producteurs de Sainte-Mort
13:15de Touraine,
13:17fermiers,
13:18AOP,
13:19et là,
13:20t'es dans le berceau
13:21de la Touraine
13:22avec ses bons fromages.
13:28Vous ne trouvez pas
13:28que les chèvreries,
13:29elles sont meilleures
13:30que les étables ?
13:30C'est une autre odeur,
13:33une autre bestiole.
13:34Bonjour.
13:36Angélique ?
13:36Angélique.
13:37Bonjour Christophe.
13:38Bonjour.
13:39Ça va Angélique ?
13:39Je note tout de suite
13:40en arrivant,
13:41vous,
13:42vous avez deux races ici.
13:43Les Sahnen,
13:44les Alpines chamoisées.
13:45À la base,
13:46en Touraine,
13:47c'était des Alpines.
13:49Oui, c'est ça.
13:50Donc vous voulez vous conformer
13:51un peu à l'habitude locale.
13:52Voilà,
13:53puis j'aime bien
13:55ne pas faire comme les autres.
13:56Est-ce que le fait
13:57de travailler pour l'AOP,
13:59l'appellation
14:00d'origine protégée
14:01Sainte-Mort-de-Touraine
14:02a changé la donne pour vous ?
14:04Aujourd'hui,
14:04ça nous garantit
14:05quand même une certaine valeur
14:06parce qu'il y a un cahier
14:07des charges à respecter,
14:08bien sûr.
14:09Et les gens viennent
14:10à Sainte-Mort-de-Touraine
14:11pour acheter du Sainte-Mort-de-Touraine.
14:13Puis à savoir
14:13qu'on n'est plus que trois producteurs
14:14à Sainte-Mort-de-Touraine.
14:15Ils ont disparu
14:17la tendance
14:18et un tous les 12-18 mois,
14:19un producteur fromager.
14:21C'est des fermes
14:22qui disparaissent
14:23mais aussi un gros savoir-faire.
14:25Un gros, gros savoir-faire
14:26et ça, c'est bien dommage.
14:27Là, tu as des agriculteurs
14:29qui ont bientôt
14:30quatre métiers, quoi.
14:31Entre faire pousser
14:32les céréales,
14:33s'occuper des animaux,
14:34l'alimentaire,
14:36la traite,
14:37la fabrication
14:38et la commercialisation.
14:41Et l'administratif, derrière.
14:43Sans compter l'administratif.
14:44La fatigue morale
14:47des agriculteurs
14:47lorsqu'on ne gagne plus sa vie
14:49avec un choc
14:50sur le prix du lait
14:51ou le prix des fromages,
14:52c'est très dur à vivre
14:53parce que c'est vécu
14:55comme une grande injustice.
14:56Tu fais plutôt
14:5680 heures, 90 heures par semaine
14:58et tu te retrouves
14:59à tirer le diable par la queue,
15:01à avoir du mal
15:01à élever tes gamins
15:02et ça plombe toute la famille.
15:04Il faut vraiment que
15:06nos habitants,
15:07ils se rendent compte
15:07que la valeur
15:08de l'alimentation,
15:09c'est autre chose
15:10qu'un acte d'achat.
15:11C'est que derrière,
15:12il y a énormément
15:12de main-d'oeuvre,
15:14de personnes,
15:15de contraintes
15:16et qui aiment leurs animaux
15:17parce que si en plus,
15:18on parle du bien-être animal
15:19et là, on voit bien
15:20que les chèvres,
15:20elles sont heureuses,
15:21elles sont en train
15:22pour certaines
15:22en train de bronzer au soleil.
15:24Tout ça,
15:24ça demande un peu de respect.
15:26Oui, parce qu'il faut dire
15:27qu'on connaît bien
15:28le Sainte-Mort
15:29qui est donc
15:29une bûchette cendrée
15:32dans laquelle
15:32on va mettre une paille
15:33qui aide à tenir
15:34le cahier frais
15:35parce qu'effectivement,
15:36comme c'est long,
15:37ça a tendance
15:38à se péter par le milieu.
15:39Mais cette paille,
15:40elle est gravée
15:41au nom du producteur,
15:42le numéro d'agrément
15:44et le nom de la structure.
15:46Et puis en plus,
15:47c'est une paille
15:48de seigle.
15:50C'est tout l'avantage
15:51des AOP
15:52parce que ça protège
15:54les producteurs,
15:56ça met en valeur
15:56un savoir-faire
15:58basé sur du lait cru,
16:00sur du vrai
16:00frontage fermier
16:01qui n'est plus
16:02trop à la mode aujourd'hui.
16:03C'est-à-dire que
16:03les gros laiteries,
16:05les gros faiseurs
16:05de fromage,
16:06ils disent
16:07vous emmerdez
16:08avec le lait cru.
16:09Et ces éleveurs
16:10sont très précieux
16:11parce que
16:11vous n'êtes plus que
16:12trois à Sainte-Mort
16:13de Touraine.
16:14Bon an, mal an,
16:14l'équilibre financier.
16:16Ça fait deux ans
16:16qu'on va arriver
16:17à des bilans négatifs.
16:18Vous produisez
16:19combien de fromage
16:20par an ?
16:21Autour de 60 000 fromages.
16:41Mais qu'est-ce qu'on fait là ?
16:43On avait dit
16:43il nous faut du pain
16:45avec le Sainte-Mort
16:46de Touraine.
16:47Qu'est-ce qu'on fait
16:47au milieu d'un champ ?
16:48Écoute,
16:49t'es pas au milieu d'un champ,
16:50t'es à la jonction
16:50entre deux parcelles
16:51de blé.
16:52Et là,
16:52je t'emmène
16:53chez un paysan
16:55meunier
16:56boulanger.
16:57Et là,
16:57c'est le même.
16:58Et c'est le même
16:59qui fait tout.
17:00Bonjour, bonjour.
17:02Bonjour, messieurs.
17:03Jérémy,
17:04monsieur le sénateur
17:05me disait
17:05il fait tout.
17:07On a le temps
17:07de tout faire ?
17:08Je ne fais que
17:09deux jours de pain
17:09par semaine
17:10et exclusivement
17:11sur commande.
17:12Et ensuite,
17:13il y a les activités
17:14dans les champs.
17:15Après,
17:15en fil rouge de tout ça,
17:16il y a le moulin
17:17et la meunerie
17:18pour avoir en permanence
17:19de la farine
17:20pour la production
17:21de pain.
17:22Mais vous,
17:23vous n'êtes pas
17:24paysan de naissance,
17:26je veux dire,
17:27ni meunier,
17:28ni boulanger ?
17:29En effet,
17:29j'ai travaillé 17 ans
17:30dans l'industrie
17:31comme ingénieur
17:32de production.
17:33Je cultive 63 hectares
17:34d'un seul tenant
17:36tout autour de la ferme.
17:37Et ça,
17:37c'est un gain de temps
17:38absolument énorme.
17:39On peut aller
17:40jeter un oeil
17:40au moulin ?
17:41Mais certainement.
17:42Parce que votre deuxième métier,
17:43ça m'intéresse aussi.
17:44J'ai des questions
17:44aux meuniers.
17:45Exactement.
17:46Allons-y.
17:47Allons-y.
17:56Et donc,
17:56voici le moulin,
17:57messieurs.
17:58Ah oui,
17:59je ne voyais pas ça
18:00comme ça.
18:00Il faut dire
18:00que je n'avais pas vu
18:01les ailes du moulin.
18:02C'est très petit
18:04comme moulin.
18:04C'est ce que les gens
18:05remarquent beaucoup.
18:06Il est alimenté
18:06électriquement.
18:07Et donc,
18:08je vais vous montrer
18:08comment il fonctionne.
18:14Donc,
18:15je charge la trémie.
18:16Oui.
18:20Ah oui,
18:21ça va.
18:21Ça va.
18:22le grain
18:24arrive entre les deux
18:25meules de granit.
18:27Il est déroulé.
18:29Ah,
18:29c'est des meules en pierre.
18:30Ce sont des meules en pierre.
18:31Ce qui permet de dire
18:32farine à la meule de pierre.
18:34Exactement.
18:35Et ensuite,
18:35on arrive dans la bluterie.
18:37La bluterie,
18:38c'est ce très grand ami
18:39qui va séparer
18:40les éléments de la farine
18:42des éléments du son
18:43qui va être le déchet
18:45qui n'en est pas un,
18:46de déchet.
18:47parce que le son,
18:48c'est encore plein
18:49de fibres et de protéines
18:51et on le donne
18:52à manger aux animaux.
18:53On sort la farine,
18:54on remet le son.
18:56Et j'ai les platines.
19:07Et voilà.
19:08Donc là,
19:09c'est vrai qu'il a sa belle couleur.
19:10Il a sa belle couleur jaune.
19:12On a une mie
19:13qui va être
19:15un petit peu plus dense
19:16qu'une boule de blé.
19:18Mais vous allez pouvoir
19:19apprécier
19:20les aromatiques
19:23d'un tel produit.
19:25Voilà.
19:26Voilà.
19:28C'est pas mal.
19:39Là,
19:40on est appellation vous vraie,
19:42au Clonodin.
19:43Tiens.
19:43Eh bien,
19:43Philippe,
19:44bonjour.
19:45Bonjour.
19:46Vous allez bien ?
19:46Bonjour,
19:47Philippe.
19:48On est dans une
19:49des plus belles appellations
19:50de la vallée de la Loire
19:52et notamment pour le blanc
19:53avec ce cépage chenin
19:55qui est le roi ici.
19:57Le rendu sur la Loire,
19:58bon,
19:58il est exceptionnel.
19:59On a une finesse,
20:00un équilibre
20:01entre la fraîcheur
20:03qui est liée
20:04à ce cépage
20:05et à notre latitude.
20:06Alors,
20:06c'est un cépage
20:07qui demande quand même
20:08beaucoup de soin à la vigne.
20:09Sinon,
20:09le rendu est très moyen.
20:11Donc,
20:11il demande exigence,
20:13précision.
20:14Et quand on voit une vigne
20:15comme ça,
20:15mon grand-père disait,
20:17il y a quand même
20:18de l'amour à la vigne.
20:19Elle est bien bichonnée,
20:20c'était le terme
20:21qu'ils employaient.
20:22Pour être nettoyé,
20:23il est nettoyé.
20:23C'est même tiré au cordeau.
20:25J'insiste,
20:25sans désherbant chimique.
20:27Donc,
20:28désherbant,
20:28on n'a jamais mis.
20:30Insecticide,
20:30on a abandonné
20:31sur le millésime 2004
20:33où on est passé
20:34à ce qu'on appelle
20:34la confusion sexuelle.
20:36Donc,
20:36il est utilisé en bio.
20:38Donc,
20:38c'est les petits diffuseurs
20:39que vous voyez.
20:40Là,
20:40il y en a un,
20:40le marron.
20:41Ça diffuse des hormones
20:43et ça empêche
20:44l'accouplement
20:44des papillons.
20:46Et de ce fait,
20:47ils sont censés
20:48ne pas pondre.
20:49Philippe Rau,
20:50ici,
20:51en bord de Loire,
20:52il y a un sous-sol
20:53très calcaire.
20:54On est sur une parcelle
20:55cadastrée les perruches
20:56qui veut bien dire
20:58argile à silex.
20:59Donc,
21:00quand on goûte
21:00après le vin,
21:01on s'aperçoit
21:02que l'argile,
21:02il a un rôle.
21:03Il vous amène
21:04la texture délicate,
21:05soyeuse du vin.
21:06Et le silex,
21:07il va vous ramener
21:07la tension,
21:08la minéralité.
21:09Et bon,
21:10cet équilibre
21:11entre les deux
21:12fait des vins
21:12un peu d'excellence.
21:13Un verre de vin,
21:14ça doit être
21:15le reflet d'un milieu.
21:16Bon,
21:16on y va alors.
21:17On va aller voir ça.
21:17C'est vrai que j'ai soif aussi.
21:27Ici,
21:27on est dans les fameuses
21:29caves de Tufon
21:30des bords de la Loire.
21:33Quand on sait
21:34que c'est la famille
21:34qui l'a creusée,
21:35à chaque fois
21:36que je rentre
21:36dans cette cave,
21:37il y a de l'émotion.
21:39Ils ont commencé
21:40le travail
21:40dans les années 1918
21:42et ils ont terminé
21:44par une rotonde,
21:45une pièce ronde,
21:47dans les années 70.
21:51Il y a un autre sujet
21:52qui me passionne,
21:53c'est le cuivre.
21:55Vous êtes en bio ici.
21:57Oui.
21:57Donc,
21:58le cuivre,
21:59c'est vraiment
21:59un peu
22:00le désinfectant
22:01à tout faire
22:03contre notamment
22:03le mildiou
22:04dont on parlait.
22:05Anti-champignons.
22:07Si aujourd'hui,
22:08on ne peut plus mettre
22:08de cuivre,
22:09il n'y a plus
22:10de culture en bio.
22:11Est-ce qu'aujourd'hui,
22:12c'est interdit ?
22:122026 n'est pas un problème.
22:13Le problème,
22:14ça va être en 2027.
22:15Ah,
22:16mai 2027,
22:17on donne un avis
22:18ou on interdit
22:20le cuivre.
22:21C'est l'aspirine
22:22de la vigne
22:23et t'enlèves ça,
22:24il n'y a pas de solution
22:24pour le mildiou.
22:25Si encore,
22:26on avait une solution,
22:27alors certains disent
22:27mais si,
22:28les solutions vont venir.
22:29Mais attendez,
22:29ça ne se décrète pas.
22:31Qu'est-ce qu'il y a
22:32dans cette bouteille du coup ?
22:33Alors donc,
22:34j'ai choisi
22:36un demi-sec.
22:38Ça me les émets de 2015.
22:42Effectivement,
22:42il y a du minéral,
22:44il y a de la tension
22:44mais en même temps
22:45toute l'amabilité
22:46de ce léger sucre.
22:47C'est un vin consensuel,
22:49c'est un vin centrist.
22:50Ça vous va bien,
22:51je trouve,
22:51Vincent ?
22:51Ça va pas mal.
22:52Merci beaucoup.
23:00J'ai eu envie
23:01qu'on termine
23:02cette journée
23:02en bord de Loire.
23:03Face au château d'Amboise,
23:05on est super bien.
23:06Ce qu'on a vu
23:07pendant cette journée,
23:09c'est en fait,
23:09dans cette petite France,
23:11une agriculture
23:12qui est multiple,
23:12une agriculture
23:13qui est belle,
23:13une agriculture
23:14qui travaille beaucoup,
23:15une agriculture
23:16qui mérite
23:17d'être considérée.
23:18Et moi,
23:18je suis très fier
23:19de mon territoire
23:20parce que cette petite France,
23:21en fait,
23:23nous donne plein d'espoir
23:24sur la capacité
23:25des habitants
23:26à écrire des partitions
23:28qui sont belles
23:29et qui sont pleines de valeurs
23:30que je défends,
23:31moi, en politique.
23:32Oui, mais Vincent Louot,
23:33vous avez la réputation
23:34d'être quelqu'un
23:35qui a la langue bien pendue,
23:37qui ne pratique pas
23:38la langue de bois,
23:38on l'a vu,
23:39tout au long de cette journée.
23:41Mais est-ce qu'on peut
23:42quand même parler aux Français
23:45sans leur vendre du rêve ?
23:46On doit apporter
23:47des réponses sonantes
23:48et trébuchantes
23:49à nos habitants
23:49et arrêter ce mal français
23:52de dévitalisation
23:53de notre économie
23:54par le poids des charges,
23:56le poids des normes
23:57et le poids des impôts.
23:58Et ça,
23:59c'est un challenge énorme.
24:01On a un super beau pays,
24:02on doit être positif,
24:03on a des énergies
24:05de malades
24:06de nos habitants,
24:07mais on doit vraiment quitter
24:11ce politiquement correct
24:12où on ne dit pas les choses.
24:13On a parlé
24:14avec des vrais gens,
24:15avec des vrais habitants.
24:17Et on a écouté.
24:18Et on a écouté, voilà.
24:20Tu dis le terme
24:20qui est important,
24:23l'homme politique
24:24qui arrête de parler
24:24est quand même
24:25un bon homme politique.
24:29Le Sénat,
24:30c'est une chambre
24:31qui donne un destin national
24:33à des hommes
24:34et des femmes du terroir.
24:35Et vous,
24:36vous le rendez un petit peu
24:36à vos administrés ?
24:37Je suis parti à Paris
24:38pour une chose,
24:39c'est que le temps politique,
24:40on ne décide pas, en fait.
24:43Et je serai la petite souris
24:45qui va trouver son trou
24:46dans la politique parisienne
24:47pour essayer de ramener
24:49beaucoup de bon sens
24:49et beaucoup d'énergie positive.
24:51C'est quoi votre rêve
24:52ou votre vision
24:54à 10 ans ?
24:55L'efficacité en politique,
24:57on sort des idéologies,
24:58quelles qu'elles soient,
24:59dans tous les excès,
25:00on sort de tous les excès
25:01pour être pragmatique
25:02et basé sur une chose,
25:04la science,
25:05les scientifiques
25:05qui nous expliquent
25:06quand c'est dangereux,
25:07on arrête,
25:07quand ce n'est pas tout à fait avéré,
25:09on continue,
25:10on trouve d'autres solutions,
25:11mais on avance étape par étape,
25:13marche par marche,
25:13et on ne met pas
25:15nos agriculteurs
25:16ou nos industriels
25:17et notre population
25:18dans des difficultés.
25:19valables pour la loi du plomb,
25:22pour le cuivre,
25:23pour tout un tas d'exemples
25:24et on en a des dizaines
25:25dans l'industrie
25:27et les idéaux utiles
25:28de toute cette macroéconomie
25:30seront ceux qui consommeront
25:32des produits importés
25:33à 90 ou 100%.
25:35Merci, monsieur le sénateur,
25:37pour cette belle randonnée
25:38en République
25:38dans la vallée des Rois.
25:40Je ne sais pas si le bonheur
25:42est en Indre-et-Loire,
25:43mais en tout cas,
25:43ça y ressemble ce soir.
25:45Et si vous n'avez pas l'occasion
25:46de passer dans le département,
25:47au moins, vous nous retrouvez
25:49sur Public Sénat
25:50ou alors sur la plateforme
25:51publicsénat.fr
25:52Mangez, c'est voté.
25:53A très vite.
25:55Voilà, vous m'avez coupé, bordel.
25:57Non, je rigole.
25:58Non, mais surtout,
25:58ils n'ont rien enregistré
25:59jusque-là, c'est ça ?
26:01Ah non, ça, vous ne me faites pas répéter ?
26:04Je suis incapable de répéter les choses.
26:06Moi, ça ne marche pas.
26:06On ne répétera pas.
26:08C'était Mangez, c'est voté
26:10avec le concours général agricole.
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