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  • il y a 2 jours
Lundi 5 janvier, les médecins de ville, spécialistes libéraux, cliniques privées et jeunes praticiens se sont engagés dans une mobilisation d'ampleur devant durer à minima 10 jours. Plus de 14 500 professionnels se sont déjà déclarés grévistes, selon le syndicat Jeunes Médecins Ile-de-France. Fait rare, toutes les générations de praticiens et syndicats font front commun pour dénoncer diverses mesures du budget de la Sécurité sociale de 2026, adopté le 16 décembre à l'Assemblée nationale. Ce dernier prévoit une limitation de la progression des dépenses d'assurance maladie à 1,6 %, contre 3,4 % en 2025, pour un total de 270,4 milliards d'euros, un niveau jugé insuffisant face à l'augmentation naturelle des besoins de santé, notamment liée au vieillissement de la population. Ces mesures visent à réduire les dépenses dans le champ de la santé de 7,1 milliards d'euros afin de réduire le déficit de la branche maladie à 4,7 milliards d'euros. Parmi les griefs dénoncés par les syndicats : un contrôle accru des prescriptions d'arrêt de travail et des mesures permettant aux autorités de baisser « de façon autoritaire » les tarifs de certains actes et la restriction de la liberté d'installation, objet de textes en cours d'examen au Parlement. Si certaines concessions ont été obtenues depuis l'annonce de la grève le 26 novembre, les organisations professionnelles les jugent insuffisantes. Dans un communiqué commun, syndicats de médecins libéraux, internes et jeunes praticiens dénoncent « une accumulation d'attaques sans précédent » contre la médecine libérale. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, défend pour sa part la nécessité de réguler les dépassements d'honoraires, invoquant le renoncement aux soins pour des raisons financières, tout en affirmant vouloir « renouer le dialogue » et ouvrir un chantier sur les modes de rémunération des médecins. La médecine libérale est-elle en train de basculer dans un bras de fer durable avec l'État ?

Invités :
- Nathalie Coutinet, économiste de la santé en poste à l'université Sorbonne Paris Nord
- Yannick Neuder, député « droite républicaine » de l'Isère, ancien ministre de la Santé
- Docteur Valérie Briole, rhumatologue, vice-présidente du syndicat de l'Union Française pour une Médecine Libre (UFMLS)
Chroniques :
« Le chiffre du jour » : 15 milliards, alerte sur le coût des arrêts maladie par Fanny Guinochet
« Quelle histoire ! » : Groenland, l'agneau de Trump ? par Laurent Guimier

LA QUESTION QUI FÂCHE / La France a-t-elle toujours une place dans le nouvel ordre mondial ?

Dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier 2026, le président Donald Trump a mené une opération militaire d'envergure avec la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro. Donald Trump accuse Nicolas Maduro d'être à la tête d'un vaste réseau de narcotrafic, ce que l'intéressé dément, reprochant aux États-Unis de vouloir le renverser pour s'emparer des réserves de pétrole du pays, les plus grandes de la planète. Neuf heures après l'

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00:00:00Musique
00:00:00Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP.
00:00:27Et permettez-moi d'abord au nom de toute l'équipe de vous souhaiter une très belle année 2026.
00:00:32Merci d'avoir réservé le meilleur accueil à Chaque Voix Compte en 2025
00:00:35parce que les audiences qui nous ont été transmises en fin d'année nous honorent et nous obligent.
00:00:40Chaque Voix comptera plus que jamais en 2026.
00:00:44Je salue mes deux camarades du soir, Fanny Guinochet, journaliste à France Info.
00:00:48Bonsoir Fanny.
00:00:49Bonsoir, bonne année.
00:00:50Et bonne année à vous ma chère Fanny.
00:00:51Et meilleure vœu aussi à Laurent Guignet.
00:00:53Bonsoir Laurent.
00:00:53Bonsoir Adeline.
00:00:54Prêt pour une nouvelle année ?
00:00:56À fond.
00:00:56Alors c'est parti pour le sommaire.
00:00:58Et la santé surtout.
00:01:00Les médecins observent depuis hier une grève inédite de 10 jours pour protester contre plusieurs mesures du budget de la Sécu.
00:01:06Un mouvement suivi qui pose de nombreuses questions.
00:01:09On en parle ce soir avec vous Valérie Briol.
00:01:11Bonsoir.
00:01:12Vous êtes médecin rhumatologue et vice-présidente du syndicat de l'Union française pour une médecine libre.
00:01:19Merci d'être là aux côtés de Yannick Noder, ex-ministre de la santé du gouvernement Bayrou et députée droite républicaine de l'ISER.
00:01:26Bonsoir.
00:01:26Bonsoir.
00:01:26Merci d'être là et je salue Nathalie Coutinet, économiste de la santé.
00:01:30Merci d'être là Nathalie.
00:01:32Fanny Guinochet, quel est votre chiffre du jour ?
00:01:34C'est un chiffre colossal.
00:01:3615 milliards d'euros.
00:01:37C'est ce que coûtent les arrêts maladie, en tout cas c'est ce qu'ils ont coûté l'année dernière.
00:01:41Et on en parlera tout à l'heure avec vous Fanny.
00:01:42Dans la deuxième partie de chaque voix compte, il y aura la question qui fâche.
00:01:46Mais avant cela ce sera bien sûr quelle histoire avec Laurent Guignet.
00:01:48Et vous savez que Donald Trump veut s'emparer du Groenland.
00:01:51Vous connaissez le loup et l'agneau.
00:01:53Et bien je vais vous raconter le loup et l'agneau sur glace.
00:01:55Et vous nous raconterez ça tout à l'heure sans autre forme de procès évidemment.
00:01:59Et ensuite on parlera après le coup de force de Donald Trump au Venezuela de la question qui fâche.
00:02:04Quelle place pour la France et pour l'Europe dans ce nouvel ordre mondial ?
00:02:08Nous en débattrons avec Frédéric Petit, député des démocrates des Français établis hors de France.
00:02:13Membre de la commission des affaires étrangères.
00:02:15David Riman, député GDR de Guyane sera aussi avec nous.
00:02:18Ainsi que Dominique Simonnet, journaliste et écrivain spécialiste des Etats-Unis et des relations internationales.
00:02:23Et vous pouvez leur poser vos questions ou nous faire part de vos réflexions en flashant le QR code qui s'affiche ici.
00:02:29Sans oublier bien sûr Bourbon Express, le journal de l'Assemblée nationale préparé et présenté ce soir par Valérie Brochard.
00:02:35Nous parlerons au hasard de discothèques, de neige et d'audiovisuel public.
00:02:39Restez bien là, c'est le menu de ce soir.
00:02:41Installez-vous confortablement, chaque voix compte c'est parti.
00:02:43Vous avez sans doute entendu comme moi à la radio ce matin, attention c'est pas le moment de tomber malade.
00:02:55Il y aurait donc un moment idéal pour tomber malade, pour choisir de tomber malade.
00:03:00Passons donc sur ce débat sémantique.
00:03:01Ce qui est sûr, c'est qu'effectivement vous aurez du mal à trouver un médecin avec la grève entamée hier et qui doit durer 10 jours.
00:03:09Cabinets et cliniques fermés, blocs opératoires à l'arrêt, urgences débordées depuis hier.
00:03:14Les blouses blanches s'insurgent contre plusieurs mesures du projet de loi de financement de la sécurité sociale qui a été votée en fin d'année dernière.
00:03:21Nous faisons d'abord le point avec Marion Becker.
00:03:29Suspicion généralisée entrave à leur indépendance, les médecins libéraux craignent pour leur avenir.
00:03:34Il dénonce le budget de la sécurité sociale adopté sur un fil le 16 décembre dernier à l'Assemblée.
00:03:42En cause notamment, le contrôle accru des arrêts maladie.
00:03:45Les médecins pourront prescrire un mois maximum renouvelable.
00:03:49Dans l'hémicycle déjà, la mesure faisait débat.
00:03:51Cet article est à lui seul un petit musée des horreurs.
00:03:54Il instaure une véritable défiance à l'égard des patients comme à l'égard des médecins.
00:03:58Depuis 2017, la logique est toujours la même.
00:04:01Porter le soupçon sur les malades et sur leurs soignants en prétendant que les arrêts de travail sont des arrêts de complaisance.
00:04:08Autre mesure contestée.
00:04:09La fin du remboursement des prescriptions des médecins de secteur 3 non conventionnés.
00:04:14Et surtout la possibilité donnée au gouvernement de modifier unilatéralement sans dialogue social les règles de remboursement de certains actes médicaux.
00:04:24Au-delà du projet de loi de financement de la sécurité sociale, les médecins craignent aussi la restriction de leur liberté d'installation.
00:04:33Un texte est en cours d'examen au Parlement ainsi qu'un projet de loi contre la fraude.
00:04:38Selon ce texte, l'assurance maladie pourra imposer aux soignants qui prescrivent plus d'arrêts maladie que leur père,
00:04:45des mises sous objectifs et des sanctions financières.
00:04:49Si la taxation des dépassements d'honoraires a finalement été abandonnée par le gouvernement,
00:04:53leur encadrement et la maîtrise des prescriptions restent des sources d'inquiétude pour les médecins
00:05:00qui dénoncent également la mise en place du dossier médical partagé, jugé trop complexe et peu utile.
00:05:08Alors on va revenir sur chacun de ces points en détail dans un instant.
00:05:11Mais d'abord Valérie Briol, je voulais voir avec vous si vous étiez en mesure ce soir de nous dire si le mouvement était bien suivi.
00:05:17C'était le deuxième jour de grève des médecins aujourd'hui.
00:05:18Alors bonsoir, oui nous avons des échos sur un fort engagement, une forte implication des médecins qui font la grève,
00:05:27qui se préparent à une manifestation le 10 et ensuite un accompagnement des chirurgiens vers des bus
00:05:34qui vont s'exiler vers Bruxelles pour marquer leur mécontentement.
00:05:42Et le premier point, avant d'aller dans les détails, c'est vraiment cette transformation de la législation
00:05:51où on légifère par sanctions financières.
00:05:55C'est la première fois que l'exercice médical donne lieu à des pénalités financières.
00:06:01Et quand on regarde les montants proposés, même s'il y a un article qui a été écarté par le Conseil constitutionnel...
00:06:09On va revenir sur le dossier médical partagé.
00:06:11Le montant, c'est 2500 euros par dossier non renseigné.
00:06:15Mais je ne sais pas, délit de prostitution...
00:06:19Là en l'occurrence, puisque vous en parlez, on parle d'une mesure qui a été retoquée par le Conseil constitutionnel.
00:06:24Oui, mais qui va ressortir.
00:06:25Vous, vous pensez que même si elle a été retoquée, elle réapparaîtra ailleurs ?
00:06:28Bien sûr.
00:06:29Yannick Noder, vous qui êtes désormais député, est-ce que cette mesure qui a été retoquée par le Conseil constitutionnel mardi dernier...
00:06:35Donc, pour vous donner le détail, on parle de la mesure qui consistait à sanctionner les médecins qui ne jouent pas le jeu du DMP,
00:06:44le dossier médical partagé.
00:06:45Les sanctions pouvaient aller jusqu'à 10 000 euros par an.
00:06:48Le Conseil constitutionnel a estimé qu'il s'agissait d'un cavalier législatif,
00:06:52c'est-à-dire que cette mesure de sanction n'avait rien à faire dans un projet de loi de financement de la sécurité sociale.
00:06:57Est-ce qu'on est sûr que cette mesure ne va pas réapparaître ailleurs à un moment ?
00:07:00C'est un exemple qui illustre la situation que moi je prends très au sérieux,
00:07:06qui est une situation de gravité.
00:07:07Moi, ça fait 30 ans que je fais de la médecine, j'étais hospitalier,
00:07:10je n'ai jamais vu le monde libéral aussi en colère, aussi remonté,
00:07:15même avec un côté assez, même parfois, irrationnel,
00:07:18parce qu'il y a une perte de confiance, et moi j'entends ce que dit cette confrère.
00:07:24Je crois que la question, c'est qu'on ne peut pas contraindre nos médecins, nos soignants,
00:07:31on a besoin de tout le monde dans notre système de santé,
00:07:34et on ne peut pas, au moment des grippes, au moment des cyclones, au moment du Covid,
00:07:40applaudir nos soignants et puis leur faire des PLFSS qui ne leur conviennent pas
00:07:45et qui ne permettent pas cet exercice.
00:07:46– Mais pardon, je suis un peu gênée de vous entendre dire ça, Yannick Noder,
00:07:49alors que vous étiez ministre de la Santé il y a un peu plus d'un an,
00:07:52que vous êtes député, donc vous avez voté ce PLFSS ?
00:07:55– Non, je n'ai pas voté.
00:07:56– Enfin, je dis vous, vous êtes la représentation nationale,
00:07:59– Justement, non mais pardon, moi je suis très à l'aise avec ça,
00:08:02puisque je n'ai pas accepté de rester dans ces fonctions de ministre,
00:08:05c'est que je ne valide pas cette façon, cette approche,
00:08:08je pense qu'on a besoin de stabilité, on a besoin de pluriannualité,
00:08:12là, personne n'est content, les professionnels de santé ne sont pas contents,
00:08:17le gouvernement n'est pas content, la Caisse nationale d'assurance maladie n'est pas content,
00:08:22on ne parle que de coup de rabot, il n'y a aucune politique de prévention,
00:08:26aucune stratégie de prise en charge, non, non, je ne suis pas satisfait.
00:08:29– Ce dont se défend le gouvernement, quand on va sur le site du gouvernement
00:08:33pour voir le détail du PLFSS, il y est question de prévention,
00:08:37il y est question d'accès aux soins, de lutte contre les déserts médicaux.
00:08:42– Mais ça dépend par rapport à quoi, on se compare,
00:08:44si on veut regarder nos dépenses de santé en France,
00:08:48regardons par gros bloc, on voit bien qu'en termes de prévention,
00:08:52on est autour de 187 euros par patient en France,
00:08:57on est à plus de 280 en Allemagne,
00:09:01même certains secteurs beaucoup plus puisque c'est régionalisé.
00:09:04On voit bien que le problème de la santé en France,
00:09:06c'est qu'on va avoir besoin de beaucoup de soignants
00:09:09parce qu'on va avoir beaucoup de demandes.
00:09:11Le vieillissement de la population, les maladies chroniques,
00:09:15un temps de travail des soignants qui, comme dans toutes les professions,
00:09:18a adapté son temps de travail,
00:09:20et ça malheureusement, on ne l'anticipe pas
00:09:23puisque nos dépenses de santé, si on se compare par rapport à l'Allemagne,
00:09:27c'est souvent ce qui est fait,
00:09:28on est à 12,4 points de PIB de dépenses de santé,
00:09:31l'Allemagne est à 12,7.
00:09:33Par contre, le problème de ce PLFSS,
00:09:35c'est pour ça que moi je pense qu'au final,
00:09:37il faudrait le supprimer ce PLFSS,
00:09:39c'est qu'on oublie quand même quelque chose,
00:09:41c'est que pour l'équilibre, l'acceptation sociétale,
00:09:44on a fait une réforme et on a renoncé aux retraites.
00:09:48Et pardon, mais la France a un problème,
00:09:50mais oui, mais la France a un problème de recettes et de travail,
00:09:53parce que si on regarde en même point de PIB,
00:09:56eh bien l'Allemagne, c'est 10 points de PIB les retraites,
00:10:00en France, c'est 14 points de PIB,
00:10:02la moyenne de l'Europe, c'est 8,5.
00:10:04Est-ce qu'on est obligé de s'aligner sur le moins dix ans ?
00:10:07Non, ce que je pense que...
00:10:08Il y a des retraités qui sont...
00:10:09Le vrai sujet, c'est qu'on ne peut pas mentir aux Français
00:10:13en expliquant qu'en travaillant moins,
00:10:15on va pouvoir améliorer la prise en charge
00:10:18et la pérennité de notre modèle social.
00:10:19Restons sur la grève des médecins, si vous voulez bien.
00:10:21Laurent ?
00:10:22En tout cas, il y a des questions,
00:10:24il y a des réactions qui commencent à arriver à M. Noderre.
00:10:27Vous dites, personne n'est content, vous n'êtes pas content,
00:10:28les professionnels ne sont pas contents,
00:10:30et les patients non plus,
00:10:31puisqu'il y a Sarah qui envoie un message.
00:10:32Je soutiens pleinement cette grève,
00:10:34nous voulons plus de moyens pour le soin,
00:10:35un métier moins difficile pour les médecins
00:10:37et pour l'ensemble des personnels.
00:10:39Elle évoque notamment, je cite,
00:10:40les pressions de la sécu sur les prescripteurs.
00:10:44Nathalie Coutinet.
00:10:44Cette grève, c'est un peu beaucoup de choses, en fait.
00:10:49C'est aussi une démonstration de force des médecins
00:10:52contre un certain nombre de mesures
00:10:55qu'ils ne souhaitent pas voir arriver.
00:10:57Les médecins oublient parfois
00:10:58qu'ils sont quand même en partie payés par la Sécurité sociale.
00:11:02Et donc, c'est finalement le donneur d'ordre,
00:11:04d'une certaine manière, c'est la Sécurité sociale,
00:11:06qui impose un certain nombre de mesures,
00:11:08justifiées ou pas, ça dépend desquelles.
00:11:11Et que le problème majeur, c'est que ça fait des années
00:11:14qu'on n'a pas de réflexion globale sur le système de santé.
00:11:17On fait des petites mesures
00:11:18pour faire des économies de bout de chandelle.
00:11:21Et ça, c'est vrai depuis des années.
00:11:22Alors qu'on a besoin d'un système de santé performant.
00:11:25On a aussi besoin de réfléchir
00:11:27aux recettes de la Sécurité sociale
00:11:28que la droite, depuis des années,
00:11:31a fait baisser en faisant des allogements
00:11:33de cotisations sociales pour les entreprises
00:11:35qui, la Cour des comptes le dit,
00:11:37ce n'est pas moi qui le dit, sont inefficaces.
00:11:39Donc, on n'a pas assez de recettes
00:11:40pour la Sécurité sociale.
00:11:41Et on fait des coups de rabot de dépense
00:11:43de manière un peu inconsidérée.
00:11:46La question des arrêts maladie, par exemple,
00:11:48ce n'est pas tellement qu'il y en a plus,
00:11:49c'est qu'ils coûtent plus cher.
00:11:50Ils coûtent plus cher
00:11:50parce que les salaires ont augmenté, notamment.
00:11:53Donc, ils coûtent plus cher.
00:11:54Mais ces arrêts maladie,
00:11:56avant, il y avait des médecins conseils
00:11:57à la Sécurité sociale
00:11:58qui surveillaient les arrêts maladie.
00:11:59Ils ont disparu
00:12:00parce qu'il faut faire supprimer les fonctionnaires.
00:12:02Et du coup, aujourd'hui,
00:12:03la Sécurité sociale
00:12:04n'a plus aucun contrôle sur les arrêts maladie.
00:12:06Ils se reportent sur les médecins et les patients
00:12:08pour les contrôler.
00:12:08Il y a quelque chose
00:12:10qu'on pourrait vraiment anticiper.
00:12:12Et c'est tout simple.
00:12:13Il faut le faire demain
00:12:13au niveau ministériel.
00:12:15C'est de regarder les territoires,
00:12:18regarder les médecins qui manquent,
00:12:20dont les spécialistes,
00:12:21parce qu'il y a des tonnes d'arrêts de travail,
00:12:24des tonnes d'indemnités journalières
00:12:26qui sont juste parce qu'il n'y a pas l'accès
00:12:28au rhumatologue, sur rhumatologue.
00:12:29Le gars, il attend 4 mois de rendez-vous.
00:12:32Les délais à l'imagerie, c'est 3 mois.
00:12:33C'est 6 mois en province.
00:12:35Donc, juste,
00:12:36nommé le nombre de spécialistes,
00:12:38vous savez combien on nomme de rhumatologues
00:12:40pour toute la France cette année ?
00:12:4386.
00:12:44Il n'y en a pas un par département.
00:12:46Et alors que les troupes de l'appareil locomoteur,
00:12:50c'est le deuxième motif de consultation en France.
00:12:51Ça ne va pas s'arranger
00:12:52avec le vieillissement de la population.
00:12:53Donc, c'est un truc hallucinant.
00:12:56Est-ce qu'il ne faut pas anticiper ce nombre-là ?
00:12:59Mieux le calibrer,
00:13:00puisqu'il va y avoir le numerus apertus.
00:13:02Et ça, nous, on l'a déprimé.
00:13:03Veux-nous rappeler de quoi il s'agit,
00:13:04le numerus apertus.
00:13:05Parce que le grand public connaît le numerus clausus.
00:13:08Alors, le numerus apertus,
00:13:10parce que c'était la loi que j'ai portée,
00:13:12le 19 juin,
00:13:13elle a été votée définitivement au Sénat.
00:13:15C'est de justement supprimer
00:13:16le numerus apertus.
00:13:17On forme globalement le même nombre de médecins
00:13:20qu'en 1970,
00:13:23alors que nous sommes 15 millions d'habitants en plus,
00:13:25que l'augmentation des maladies chroniques
00:13:27est extrêmement importante,
00:13:29le vieillissement de la population.
00:13:30Et puis, le rapport au travail de nos soignants
00:13:32a beaucoup changé.
00:13:33Puisque quand un médecin part en retraite,
00:13:35un médecin généraliste,
00:13:36il en faut 2,3 à 2,5.
00:13:38Donc, ce n'est pas que des questions de droite,
00:13:40des questions de gauche.
00:13:41Personne n'a anticipé,
00:13:43et je crois que ça,
00:13:43s'il faut sortir de ce débat gauche-droite,
00:13:45c'est depuis 30 ans.
00:13:46On a mis un système qui ne fait pas face
00:13:49notamment aux nouvelles pratiques professionnelles.
00:13:52Et dans cette loi de numerus apertus,
00:13:53c'est-à-dire qu'il faut former plus de médecins
00:13:56dès la première année
00:13:57parce qu'on sait très bien
00:13:58que le temps de travail a évolué.
00:14:00Excusez-moi, le temps de travail par médecin,
00:14:03il est différent.
00:14:04Et nous, on a les constatations,
00:14:06et même Ligas le dit.
00:14:0736 % de temps de travail en plus
00:14:09dans la médecine libérale
00:14:10par rapport à la médecine salariée.
00:14:12Or, on veut tous nous entraîner vers le salariat
00:14:14et on veut promouvoir les centres de santé
00:14:17dont on sait qu'ils travaillent
00:14:1936 % de temps d'accès aux soins en moins
00:14:21pour un déficit de 12 % en plus.
00:14:24Donc, est-ce que c'est une logique économique ?
00:14:26Est-ce que c'est une logique pour l'économie de santé ?
00:14:28Je ne sais pas.
00:14:29Moi, je voulais rappeler que le numerus clausus,
00:14:31il avait été mis en place par les gouvernements de droite.
00:14:33On ne va pas faire qu'un débat de droite-gauche
00:14:35parce que c'est beaucoup plus complexe que ça.
00:14:36Mais il avait quand même été mis
00:14:38parce que l'idée du numerus clausus,
00:14:39c'était que si on réduisait le nombre de médecins,
00:14:41on réduit l'offre de soins
00:14:43et du coup, on réduit la dépense.
00:14:45On a vu où ça nous a venu.
00:14:46Et c'était aussi approuvé par les médecins
00:14:48qui voyaient moins de concurrence,
00:14:50moins de médecins formés, moins de concurrence.
00:14:51La soignée coûte beaucoup plus cher.
00:14:53Alors qu'il y avait quand même, je suis désolée,
00:14:54mais les statistiques démographiques sont quand même très précises
00:14:57et qu'on pouvait prévoir qu'on allait avoir un embouteillage
00:15:00et un manque de médecins.
00:15:01C'est vraiment quelque chose qui était extrêmement prévisible.
00:15:04Il suffit de regarder la démographie,
00:15:06le nombre de médecins, l'âge des médecins,
00:15:07on pouvait prévoir qu'on soit dans une situation...
00:15:08Mais on partage ce constat.
00:15:09Moi, la seule chose que je dis,
00:15:10c'est que chaque année qui passe
00:15:11et qu'on ne réforme pas justement cet entonnoir,
00:15:14on forme moins de médecins.
00:15:16Et ce qui est insupportable pour nos concitoyens,
00:15:18c'est qu'il manque de médecins
00:15:19et qu'on voit nos jeunes partir chaque année
00:15:22en Espagne, en Roumanie, faire des études à l'étranger.
00:15:25Donc dans cette loi,
00:15:26il y a la suppression effectivement du numerus apertus.
00:15:30Et puis il y a surtout de permettre le retour
00:15:32de ces étudiants qui sont partis étudier à l'étranger.
00:15:35Vous ne les ferez pas revenir ?
00:15:36Ils ont commencé leur cursus en Espagne ou ailleurs ?
00:15:40En tout cas, il faut se donner les moyens
00:15:41de pouvoir leur permettre.
00:15:42Moi, je les ai beaucoup rencontrés.
00:15:44Je les ai accueillis à l'Assemblée nationale,
00:15:46que je sois député ou ministre.
00:15:48Et ils ont quand même une volonté de revenir servir leur pays.
00:15:51Par contre, il ne faut pas qu'on soit naïf.
00:15:52C'est-à-dire que si la France n'est pas en capacité
00:15:55d'organiser des pistes pour que ses étudiants reviennent,
00:15:59eh bien d'autres pays vont les chercher.
00:16:01L'Allemagne, le Maroc.
00:16:03Et ils vont être démarchés.
00:16:05Et nous-mêmes irons chercher des médecins à l'étranger.
00:16:09Je crois qu'il y a besoin de mettre à plat le système
00:16:11et de former davantage.
00:16:13Est-ce que c'est dans l'air du temps ?
00:16:14Parce qu'on a tellement parlé du budget.
00:16:15Oui, mais le problème, c'est qu'à force de jamais le faire,
00:16:18les mandats s'enchaînent et ils ne se passent pas.
00:16:20Et ils ne se font pas.
00:16:21Donc je crois qu'on a besoin de tout le monde.
00:16:23On a besoin des paramédicaux.
00:16:24On a besoin de travailler entre les différents professions
00:16:28au sein de la santé.
00:16:30On a besoin des étudiants qui sont partis étrangers.
00:16:32On a des primo-étudiants.
00:16:33Et pour la première fois en France,
00:16:35le Conseil national de l'ordre a émis un rapport
00:16:39que depuis l'année dernière,
00:16:41le nombre de médecins libéraux qui s'installent
00:16:43est devenu inférieur au nombre de médecins salariés.
00:16:46Et ça, c'est le drame.
00:16:47Et si en plus, vous légiférez pour pénaliser
00:16:50les médecins libéraux, vous allez aggraver cette situation.
00:16:54Je voudrais qu'on parle d'une des mesures...
00:16:55Et puis dernier point, pardon, l'hôpital, par le coup,
00:16:57ne peut pas en capacité d'absorber
00:17:00ce qui est réalisé par la médecine de ville.
00:17:03Et je crois qu'on a un système de santé
00:17:05qui est loin d'être parfait, mais qui marche sur deux jambes.
00:17:07Une médecine hospitalière, public-privé,
00:17:10une médecine de ville.
00:17:11Et je crois qu'il est important de garder cet équilibre.
00:17:14Je voulais qu'on parle d'une des mesures
00:17:16les plus controversées de ce PLFSS
00:17:18et qui vous pousse aujourd'hui à faire grève.
00:17:20C'est la restriction des prescriptions d'arrêt de travail.
00:17:23Fanny Guinochet, c'est votre chiffre du jour.
00:17:25Effectivement, et ces 15 milliards d'euros,
00:17:27c'est ce qu'ont coûté les arrêts de travail l'année dernière,
00:17:29un peu plus même.
00:17:30Et c'est vrai que ce chiffre de 15 milliards d'euros,
00:17:33il est colossal et surtout, il augmente assez rapidement
00:17:35puisque c'est 6% d'augmentation par an.
00:17:38Donc depuis 2019, avant le Covid,
00:17:40on est quasiment à plus de 30%.
00:17:41Et ce que dit la Sécurité sociale,
00:17:43c'est que si on ne fait rien,
00:17:45on arriverait à 41 milliards d'euros
00:17:47d'ici 2030, c'est-à-dire dans à peine 4 ans.
00:17:50D'où la volonté des parlementaires
00:17:52dans le dernier budget de la Sécurité sociale
00:17:54qui a été voté, celui-là,
00:17:56d'encadrer ces arrêts de travail.
00:18:00Alors, la durée des arrêts de travail a été encadrée.
00:18:03Un mois, pas plus,
00:18:04pour un arrêt de travail initial
00:18:06et puis pour un renouvellement,
00:18:08on ne peut pas aller plus de deux mois
00:18:10et ça doit être justifié.
00:18:11Mais les médecins le vivent
00:18:13comme une limitation de leur liberté de prescription.
00:18:16Oui, parce que pour eux,
00:18:17un arrêt de travail, c'est un soin
00:18:19et ce n'est pas un arrangement comme ça.
00:18:22Il faut arrêter de porter la défiance
00:18:24sur les médecins et sur les patients,
00:18:26libre à eux de décider
00:18:27combien de temps un patient doit être arrêté.
00:18:30En plus, ce qu'ils expliquent,
00:18:32c'est qu'en fonction des patientelles,
00:18:33vous avez parfois des territoires
00:18:35où vous avez plus de métiers pénibles,
00:18:37effectivement, avec des conditions de travail
00:18:39qui nécessitent plus de difficultés
00:18:42et donc d'arrêt de travail.
00:18:44Et ça n'est absolument pas au gouvernement
00:18:46de légiférer.
00:18:47C'est une question d'indépendance.
00:18:49Alors, le gouvernement, lui,
00:18:51il explique que quand même,
00:18:55il y a des grilles,
00:18:58selon la Haute Autorité de Santé,
00:18:59à suivre un référentiel
00:19:01et que pour certains arrêts de travail,
00:19:02certaines pathologies,
00:19:04vous n'avez pas besoin de doubler
00:19:05les arrêts de travail
00:19:06et que ces visites,
00:19:09puisque la durée des arrêts de travail
00:19:10est limitée,
00:19:11ces visites obligent les patients
00:19:13à aller voir plus souvent leurs médecins
00:19:16et donc ça occasionne
00:19:18un meilleur suivi des patients.
00:19:20En réalité,
00:19:21pardon, je vous interromps,
00:19:23Fanny, il y a Valérie Briole
00:19:24qui veut absolument intervenir.
00:19:25On a fait une étude
00:19:26au sein des URPS Médecins Île-de-France,
00:19:28que je préside également,
00:19:30sur justement les arrêts de travail
00:19:32quand les premières salaires sont sorties
00:19:34et donc on a eu pas mal de réponses,
00:19:37on a eu plus de 2000 répondants
00:19:39et parmi ces arrêts de travail,
00:19:41certains ont dit,
00:19:438%,
00:19:44qu'ils donnaient parfois
00:19:47des arrêts de travail injustifiés.
00:19:49C'est des médecins qui reconnaissent
00:19:50donner des arrêts de travail injustifiés ?
00:19:52Oui,
00:19:52et parmi ces 8%,
00:19:5383% disaient qu'ils étaient obtenus
00:19:57sous la menace.
00:19:58Donc il faut quand même évoquer
00:19:59ce sujet de la violence
00:20:00pour laquelle les médecins sont pas...
00:20:02Alors attendez,
00:20:02il y a un sujet de violence...
00:20:04Attendez ça, attendez.
00:20:05Et deuxièmement, pardon,
00:20:06deuxièmement, pardon,
00:20:08en fait,
00:20:08le maximum des motifs,
00:20:10c'était vraiment aussi
00:20:11des motifs psychologiques.
00:20:12Et par exemple,
00:20:13dans mon domaine,
00:20:14une personne qui s'est rompu les tendons,
00:20:17qui est repasseuse,
00:20:18je suis désolée,
00:20:19en un mois,
00:20:19elle ne sera pas guérie.
00:20:20Donc je vais lui donner
00:20:21trois mois d'emblée.
00:20:22C'est effectivement ce que dit
00:20:23sur les conditions de travail.
00:20:25C'est pour ça que je disais...
00:20:26Oui, c'est ça,
00:20:27la ministre de la Santé...
00:20:28En fonction des pathologies,
00:20:29en fonction des métiers,
00:20:31il y a nécessité plus ou moins
00:20:33d'adapter.
00:20:33Mais c'est une responsabilité collective,
00:20:34ce n'est pas que la responsabilité
00:20:36entre guillemets
00:20:37des médecins,
00:20:38des patients.
00:20:39Je pense qu'il y a aussi
00:20:39quelque chose
00:20:40qui a poussé à l'extrême
00:20:41ce sujet,
00:20:42c'est pour ça
00:20:42qu'il prend tant d'ampleur,
00:20:43c'est qu'on a tous entendu
00:20:45dans notre entourage
00:20:46quand il y a un conflit...
00:20:47Je me suis fait prescrire un arrêt.
00:20:48Non, non, mieux.
00:20:50C'est-à-dire dès qu'il y a un conflit,
00:20:51je vais me mettre
00:20:52en arrêt de travail.
00:20:53Il faut quand même peut-être rappeler
00:20:54que c'est une décision médicale
00:20:56après un diagnostic,
00:20:58un examen clinique
00:20:59et qu'on ne peut pas décréter.
00:21:00C'est la richesse
00:21:01de notre modèle social.
00:21:01Pour revenir au problème
00:21:02de la liberté de prescription,
00:21:04Stéphanie Riste,
00:21:05la ministre de la Santé,
00:21:07a essayé de calmer le jeu
00:21:08dans la lettre
00:21:08qu'elle a adressée
00:21:09aux médecins la semaine dernière.
00:21:10Effectivement,
00:21:10elle dit qu'on peut déroger
00:21:12en fonction de la situation
00:21:15du patient
00:21:15qui a cette liberté-là,
00:21:17qui est maintenue
00:21:18pour les médecins,
00:21:19que les parlementaires
00:21:21ont assoupli la position
00:21:22du gouvernement.
00:21:23Au départ,
00:21:23ce n'était pas un mois
00:21:24le premier arrêt,
00:21:26c'était 15 jours.
00:21:27Il n'empêche,
00:21:28la pilule,
00:21:28elle ne passe pas,
00:21:29on le voit.
00:21:30C'est vraiment
00:21:31un bras de fer
00:21:32entre gouvernement
00:21:34et médecins.
00:21:35Et puis,
00:21:35attendez,
00:21:36je vais te terminer.
00:21:37Et puis,
00:21:37il y a aussi,
00:21:39quand même,
00:21:39il faut le dire,
00:21:39de vraies fraudes
00:21:41identifiées
00:21:42aux arrêts de travail.
00:21:42Voilà,
00:21:42alors il y a plusieurs choses.
00:21:43La Sécu,
00:21:44elle ne le dit pas trop,
00:21:45la Sécurité sociale,
00:21:46mais c'est ce que vous disiez,
00:21:47elle en a marre
00:21:48de payer des arrêts de travail
00:21:50parce qu'il y a
00:21:51des conditions de travail,
00:21:52des conditions de management
00:21:53qui poussent les gens
00:21:55au burn-out
00:21:56parce qu'ils n'en peuvent plus
00:21:58et que ces arrêts de travail-là,
00:22:00elle estime que ce n'est pas
00:22:01à la Sécurité sociale
00:22:02et à la collectivité
00:22:03de les prendre en charge.
00:22:05C'est ce que vous disiez
00:22:05sur la responsabilité collective.
00:22:09Et la dernière chose,
00:22:10c'est qu'il y a effectivement
00:22:11des fraudes là,
00:22:12très, très identifiées.
00:22:13Et la Sécurité sociale
00:22:14a vraiment fait
00:22:15des progrès de contrôle
00:22:16puisque là,
00:22:17on voit des réseaux entiers
00:22:19de délivrance
00:22:20de faux arrêts de travail
00:22:22qui vous permettent
00:22:25d'avoir...
00:22:26Sur le web,
00:22:27sur le réseau.
00:22:28Je ne sais même pas
00:22:29s'il y a besoin
00:22:29d'aller sur le dark web.
00:22:30Et là, ça coûte cher
00:22:31à la Sécurité sociale
00:22:32puisque c'était
00:22:3342 millions d'euros
00:22:34en 2024.
00:22:36C'est pas la faute des médecins.
00:22:36C'est pas la faute des médecins.
00:22:36C'est pas la faute des médecins.
00:22:36Ils ont piraté des arrêts.
00:22:39Exactement.
00:22:39Donc, c'est vraiment là.
00:22:40Il y a aussi ce phénomène-là,
00:22:41un vrai héritable phénomène de fraude.
00:22:43Et c'est vrai
00:22:44que la Sécurité sociale,
00:22:45pour le coup,
00:22:46renforce ses contrôles.
00:22:47Ce que n'acceptent pas
00:22:48les médecins du tout,
00:22:49c'est avant,
00:22:51lorsque vous étiez
00:22:52dans les 10%,
00:22:53parce que là,
00:22:54en fait,
00:22:55tous les médecins
00:22:56de chaque territoire
00:22:56risquent d'être sanctionnés.
00:22:58Tous ceux qui sont
00:22:59à 10% au-dessus.
00:23:00Alors, certains récupèrent
00:23:01la patientèle d'un collègue.
00:23:03Certains sont dans des bassins
00:23:04où ça travaille beaucoup.
00:23:05D'autres dans des bassins
00:23:05où c'est retraité.
00:23:06Donc, forcément,
00:23:06ils vont être dans les 10%.
00:23:08Il y aura toujours des 10%.
00:23:09Et ces 10% avant
00:23:11avaient le choix
00:23:12d'avoir deux sanctions,
00:23:14je dirais.
00:23:15Une qui s'appelle
00:23:15mise sous entente préalable,
00:23:17c'est-à-dire que
00:23:17l'arrêt de travail
00:23:18était soumis à l'accord
00:23:19du médecin-conseil,
00:23:20mais il n'y a plus
00:23:21de médecin-conseil.
00:23:22Et le deuxième,
00:23:23c'est mise sous objectif.
00:23:24Et c'est là-dessus,
00:23:26la Sécurité sociale dit
00:23:28qu'on ne va mettre
00:23:29que sous objectif.
00:23:31C'est-à-dire que
00:23:31c'est le médecin
00:23:32qui va payer
00:23:33son excès de prescription.
00:23:35Mais qu'est-ce que ça veut dire ?
00:23:36Vous avez l'impression
00:23:37de payer pour ceux
00:23:38qui ont abusé ?
00:23:40Si vous êtes
00:23:41dans un bassin de population
00:23:42et que vous récupérez
00:23:43une patientèle active
00:23:44et dans un territoire
00:23:46où il y a beaucoup
00:23:47d'ouvriers,
00:23:48etc.,
00:23:48pourquoi vous payerez
00:23:49les arrêts de travail
00:23:50que vous préciez ?
00:23:50Il y a aussi des entreprises
00:23:51qui peuvent être responsables
00:23:52des arrêts de travail
00:23:53quand elles ne prennent pas soin
00:23:54de leurs salariés,
00:23:55notamment dans des métiers
00:23:56dangereux, par exemple.
00:23:57Est-ce que ce n'est pas ça
00:23:58l'angle mort,
00:23:59en fait,
00:23:59quand on parle du budget
00:24:00de la Sécu
00:24:01et des arrêts de travail,
00:24:02de se dire à un moment
00:24:03le vrai problème,
00:24:04ce n'est pas pourquoi
00:24:05on est malade,
00:24:06c'est qu'est-ce
00:24:06qui nous a rendu malade.
00:24:07Et là, en l'occurrence,
00:24:08il n'y a pas de vaccin
00:24:09contre le burn-out.
00:24:10Non, mais je ne sais pas
00:24:11la question qui est posée.
00:24:12Il y a des entreprises
00:24:12qui sont identifiées
00:24:13comme étant plus susceptibles
00:24:16d'avoir des salariés
00:24:17qui sont en arrêt de travail
00:24:18parce que les conditions
00:24:19de travail sont très dégradées.
00:24:19Mais dans ce cas,
00:24:20est-ce que c'est les médecins
00:24:20qui donnent des arrêts de travail
00:24:22et qu'il faut...
00:24:23Vous sanctionnez
00:24:24ou est-ce que c'est
00:24:24les entreprises ?
00:24:25C'est multifactoriel,
00:24:26c'est la qualité.
00:24:27Il faut probablement,
00:24:28je ne vais pas remettre
00:24:29une pièce,
00:24:30mais je pense qu'il faut
00:24:30probablement travailler plus
00:24:32mais probablement
00:24:32travailler mieux.
00:24:33Donc on voit bien
00:24:34qu'on parle du budget
00:24:35de la Sécu
00:24:36mais on veut toujours
00:24:37parler du budget de la Sécu
00:24:38en budget de la santé.
00:24:39Mais moi, je rappelle quand même
00:24:40qu'il y a cinq branches
00:24:41dans ce budget de la Sécu.
00:24:43Il y a quand même
00:24:43la retraite dedans
00:24:44et que tout ça est lié,
00:24:45est intimement lié
00:24:46et que vouloir juste
00:24:48sortir le budget de la santé
00:24:49et faire cet équilibre
00:24:51sur la branche santé
00:24:53est quelque chose
00:24:54qui est très court-termiste
00:24:57et qui est un coup de rabot
00:24:58et qui ne permet pas
00:24:59de se projeter.
00:25:00Imaginez les structures
00:25:00qui ne peuvent pas
00:25:02non plus prévoir
00:25:02le projet d'investissement
00:25:04sur la pluriannualité.
00:25:06Chaque année,
00:25:06ils ne savent pas
00:25:07quels seront le coût des tarifs,
00:25:08quels seront les prix.
00:25:09Vont-ils pouvoir
00:25:10faire leurs investissements ?
00:25:11Aucune entreprise
00:25:12ne pourrait être gérée comme ça
00:25:14et dans les structures privées,
00:25:16publiques,
00:25:16peuvent se permettre
00:25:17d'avoir un déficit.
00:25:18Dans le privé,
00:25:18c'est beaucoup plus difficile
00:25:19plus de 50% des cliniques
00:25:21sont en déficit.
00:25:22Et c'est vrai
00:25:23que la question
00:25:23des entreprises
00:25:24où il ne ferait pas bon vivre
00:25:27justement,
00:25:28la sécurité sociale
00:25:29essaye de pointer
00:25:30en tout cas
00:25:31de regarder
00:25:32dans un même secteur
00:25:34de prendre
00:25:35quelles sont les entreprises
00:25:36qui a priori
00:25:37sont soumises
00:25:37aux mêmes contraintes
00:25:39celles où il y a
00:25:40plus d'arrêt de travail
00:25:41pour justement...
00:25:42Mais une fois
00:25:42qu'on les a identifiés,
00:25:42on fait quoi ?
00:25:43Et c'est toute la difficulté
00:25:44parce que derrière,
00:25:45il faut que le patronat accepte
00:25:46et là,
00:25:47on se heurte,
00:25:47en tout cas le gouvernement
00:25:48se heurte à d'autres difficultés
00:25:50qui veut dire...
00:25:51Et ça fait très longtemps
00:25:52par exemple
00:25:52que les syndicats demandent
00:25:54une grande conférence
00:25:55ou en tout cas
00:25:56qu'on se pose la question
00:25:57des conditions de travail
00:25:59parce que ça explique
00:26:00les arrêts de travail
00:26:01mais ça donne aussi
00:26:03des envies de partir
00:26:04plus tôt à la retraite.
00:26:06Donc c'est aussi...
00:26:06C'est une mesure d'attractivité
00:26:07quand vous travaillez
00:26:09dans de bonnes conditions.
00:26:10Vous pouvez justement
00:26:11travailler davantage,
00:26:12travailler plus
00:26:13et il y a toute la question
00:26:14de la pénibilité.
00:26:14Et les patients dans tout ça,
00:26:16que pensent-ils
00:26:16de cette grève,
00:26:18de ces motifs,
00:26:19de l'avenir de la médecine
00:26:20en France
00:26:21puisque chaque voix compte,
00:26:22nous allons entendre la leur.
00:26:24Reportage de Baptiste Garry-Chartier
00:26:26et Eva Billon
00:26:26à Rueil-Malmaison
00:26:27dans les Hauts-de-Seine
00:26:27chez un médecin
00:26:28qui fait grève depuis hier.
00:26:31C'est sans doute
00:26:32l'une des dernières fois
00:26:32que ce médecin libéral
00:26:33se rendra à son cabinet
00:26:35cette semaine.
00:26:36Jean-Luc Lémarie
00:26:37plie bagage aujourd'hui.
00:26:38Pas de consultation
00:26:39ces prochains jours.
00:26:40Je vais me mettre en grève
00:26:43en raison des différentes lois
00:26:47qui ont été votées
00:26:48par le Parlement
00:26:48il y a quelques jours.
00:26:50En 30 ans de carrière,
00:26:51il n'aura fait grève
00:26:52que trois fois.
00:26:53Une décision rare,
00:26:54mûrement réfléchie.
00:26:55Il parle d'un dialogue rompu,
00:26:57d'une écoute absente
00:26:58du côté du gouvernement.
00:26:59Alors, pour expliquer
00:27:00sa démarche aux patients,
00:27:02il les appelle
00:27:02un par un.
00:27:03Nous avions normalement
00:27:04rendez-vous
00:27:05demain
00:27:06à 11h30.
00:27:08Au total,
00:27:09une centaine de coups de fil
00:27:10passés,
00:27:10les rendez-vous
00:27:11ont tous été déplacés
00:27:12ultérieurement.
00:27:13Je vous montre,
00:27:14ça c'est un agenda rempli
00:27:15du docteur Lémarie.
00:27:16C'est la semaine,
00:27:18cette semaine,
00:27:18donc il y a quelques plages
00:27:19qui sont remplies.
00:27:22C'est les plages
00:27:23de gens que je vais devoir
00:27:24voir en urgence
00:27:25parce que là,
00:27:26ce n'était pas possible
00:27:26de décaler.
00:27:27On doit assurer
00:27:28le service
00:27:30à la santé
00:27:31de nos patients
00:27:32avant toute chose.
00:27:33Ces prochains jours,
00:27:34plus de 15 000 médecins
00:27:35et spécialistes
00:27:36feront grève.
00:27:37La plupart des patients
00:27:38sont prévenus
00:27:39par ce type
00:27:40de messages.
00:27:40Bonjour,
00:27:41je tenais à vous informer
00:27:42de mon absence
00:27:43du 5 au 15 janvier.
00:27:44Grève nationale
00:27:45des médecins
00:27:45et chirurgiens libéraux
00:27:46contre le PLFSS
00:27:48cordialement.
00:27:49Les maisons médicales
00:27:50et les cliniques
00:27:51seront aussi touchées
00:27:52par la mobilisation
00:27:53comme celle-ci
00:27:54au cœur de Paris.
00:27:55Les quelques habitants
00:27:56du quartier
00:27:56sont inquiets,
00:27:58parfois même excédés.
00:27:59Je pense que c'est bien
00:28:00du tout.
00:28:00Pourquoi ?
00:28:01Parce qu'on a besoin
00:28:02de médecins aujourd'hui
00:28:03pour les gens malades
00:28:04et je trouve ça
00:28:05pas normal.
00:28:06Ça peut être un problème,
00:28:07ça c'est clair.
00:28:08Pourquoi ?
00:28:10Parce que si on a une urgence
00:28:12et qu'il n'y a personne
00:28:13pour nous recevoir.
00:28:14Il se trouve que je devais
00:28:15avoir une petite intervention
00:28:16chirurgicale qui est différée
00:28:17du coup à la fin du mois.
00:28:19Parce que votre médecin
00:28:20fait grève ?
00:28:20Parce que mon médecin
00:28:21fait grève,
00:28:21tout à fait.
00:28:22Pour éviter la saturation
00:28:23des services d'urgence,
00:28:25les agences régionales
00:28:26de santé recommandent
00:28:27de se rendre en pharmacie
00:28:28ou si possible
00:28:29dans des cabinets
00:28:30de téléconsultation.
00:28:32Voilà,
00:28:32et cette grève
00:28:33est donc prévue
00:28:33pour durer 10 jours
00:28:35avec une grande manifestation
00:28:36samedi
00:28:37et une action symbolique
00:28:38des médecins
00:28:39qui, pour certains,
00:28:40notamment les chirurgiens,
00:28:41vont s'exiler à Bruxelles
00:28:42pour marquer
00:28:43ce mouvement
00:28:45de protestation.
00:28:47Je voulais qu'on parle
00:28:47encore de deux choses.
00:28:49D'abord,
00:28:50le déremboursement
00:28:51de certains actes,
00:28:52de certaines prescriptions
00:28:53et on en a parlé
00:28:54au début de l'émission,
00:28:55le DMP,
00:28:55le dossier médical partagé.
00:28:58Pourquoi est-ce que ça provoque
00:28:59quand même votre colère,
00:29:00Valérie Briol,
00:29:01même si le Conseil constitutionnel
00:29:04a retoqué
00:29:04les mesures de sanctions
00:29:06contre les médecins ?
00:29:07Alors,
00:29:07le DMP,
00:29:09ce n'est pas quelque chose
00:29:09de fluide.
00:29:10On a fait une enquête
00:29:11auprès des collègues,
00:29:12c'est 5 à 10 minutes
00:29:13par dossier
00:29:14pour se remplir
00:29:15ou se consulter.
00:29:16Premièrement.
00:29:17Deuxièmement,
00:29:17tous les patients
00:29:18ne sont pas forcément équipés.
00:29:20Troisièmement,
00:29:20les logiciels
00:29:21ne sont pas forcément
00:29:22fonctionnels pour ça.
00:29:23Pour les médecins généralistes,
00:29:25il y a eu une aide
00:29:26de l'État.
00:29:27Pour les autres,
00:29:28non.
00:29:29Il va y avoir
00:29:29une deuxième vague,
00:29:30mais c'est 2027,
00:29:31donc on ne peut pas légiférer
00:29:32sur quelque chose
00:29:33qui n'est pas opérationnel.
00:29:35déjà.
00:29:36Ensuite,
00:29:37j'ai un collègue
00:29:37qui a fait ça
00:29:38pendant une semaine.
00:29:39Il est équipé.
00:29:40Il m'a dit
00:29:40je vais regarder
00:29:41si je vais être passible
00:29:42d'amende.
00:29:43Et donc,
00:29:44sur une semaine,
00:29:45il y a eu 8 fois
00:29:45où soit ça buguait,
00:29:47soit ça ne fonctionnait pas
00:29:49parce que le patient
00:29:49n'avait pas ouvert le machin,
00:29:51soit il n'y avait pas eu
00:29:51l'autorisation.
00:29:528 fois,
00:29:538 fois,
00:29:5320 000 euros.
00:29:54Super,
00:29:55quoi ?
00:29:55En une semaine ?
00:29:56C'est plafonné
00:29:57à 10 000 euros par an.
00:29:57Les sanctions
00:29:59n'auraient pas pu
00:29:59dépasser 10 000 euros
00:30:00par an et par médecin.
00:30:02Si vous consultez,
00:30:02si vous conseignez,
00:30:03ça fait 20 000.
00:30:04Mais qui a 20 000 euros
00:30:05pour travailler ?
00:30:05Ce dossier médical partagé,
00:30:07on en parle depuis des années
00:30:08et ce n'est toujours pas au point.
00:30:10Donc,
00:30:10on force les médecins
00:30:11à se servir d'un outil
00:30:12qui n'est pas opérationnel.
00:30:14C'est-à-dire qu'on voit bien
00:30:15que demain,
00:30:15avec de nouveaux outils
00:30:16comme l'intelligence artificielle,
00:30:18on a parlé de politique
00:30:19de prévention.
00:30:20Je vais prendre les spécialités
00:30:20que je connais,
00:30:21la cardiologie.
00:30:22Si par exemple,
00:30:23demain,
00:30:23on veut faire des vraies
00:30:24campagnes de prévention
00:30:25cardiovasculaire,
00:30:27dépister le diabète,
00:30:28le cholestérol,
00:30:30l'attention chez les patients,
00:30:32on voit bien
00:30:32qu'on peut requêter
00:30:34si on a une base de données
00:30:35bien faite
00:30:36et qu'on prend tous les patients
00:30:37de tel âge
00:30:37avec tous ces facteurs de risque.
00:30:39Donc,
00:30:39si on n'a pas des bonnes
00:30:40rentrées de données,
00:30:42c'est compliqué.
00:30:42Maintenant,
00:30:42il faut pouvoir donner
00:30:43les moyens à chaque médecin
00:30:45de pouvoir le faire.
00:30:46Il faut que chaque patient
00:30:47ait lui-même ouvert
00:30:49son espace santé.
00:30:50Et là encore,
00:30:51je pense que c'est
00:30:51un sujet important.
00:30:52Il y a une démarche
00:30:53proactive de la CNAS.
00:30:54Il y a aussi
00:30:55une vraie inquiétude
00:30:56et ça,
00:30:57pour en avoir parlé
00:30:57avec des médecins,
00:30:58ça a reçu.
00:30:58Quand vous n'avez pas ouvert
00:30:58votre examen,
00:30:59votre espace partagé,
00:31:01souvent,
00:31:01ça produit
00:31:02de refaire des examens
00:31:04parce que vous êtes
00:31:05parfois en ville,
00:31:06vous allez à l'hôpital,
00:31:07on ne peut pas avoir accès
00:31:08à votre privé.
00:31:08Il y a une vraie inquiétude
00:31:09aussi sur le secret médical
00:31:12de ce dossier médical partagé,
00:31:14c'est-à-dire
00:31:14dans quelle main
00:31:15il finira par tomber.
00:31:16Est-ce qu'il est garanti
00:31:18aujourd'hui
00:31:18que les mutuelles
00:31:19n'auront jamais accès
00:31:20aux données de santé ?
00:31:21Mais le Sénat
00:31:24C'est toujours un sujet délicat,
00:31:26c'est-à-dire qu'on met
00:31:27dans la même feuille
00:31:29la lutte contre la fraude
00:31:30et il faut que l'information
00:31:32circule pour pouvoir contrôler
00:31:34et d'un autre côté,
00:31:35il faut être extrêmement vigilant
00:31:36et vous avez raison de le dire,
00:31:38pour pas que demain,
00:31:39dans le cadre de mutuelles,
00:31:41elles puissent choisir
00:31:42entre guillemets
00:31:43leur patient,
00:31:44leur client
00:31:45ou si vous avez un diabète,
00:31:47si vous avez trop de complications,
00:31:48eh bien,
00:31:49on ne vous assurera pas.
00:31:50Donc, je crois
00:31:50que c'est un juste équilibre.
00:31:52C'est pour ça
00:31:52que ce projet de loi fraude
00:31:53est quand même particulièrement
00:31:55intéressant à étudier
00:31:56parce que cette fraude sociale
00:31:58est quand même importante.
00:31:59C'est 13,5 milliards d'euros
00:32:01et je crois que chaque euro
00:32:02qui globalement est fraudé,
00:32:04c'est un euro de moins
00:32:04pour la santé des Français
00:32:05et on voit bien
00:32:06que s'il n'y avait pas de fraude,
00:32:07quelque part,
00:32:07il n'y aurait plus de déficit.
00:32:08Nathalie Coutinet,
00:32:09il y a aussi ce sujet
00:32:10du déremboursement
00:32:12de certaines prescriptions,
00:32:14des dépassements d'honoraires
00:32:16pour les médecins
00:32:18de secteur 2
00:32:19et de secteur 3.
00:32:20Vous voulez bien
00:32:20nous rappeler d'abord ce cadre ?
00:32:22Alors, le secteur 3,
00:32:23c'est des médecins
00:32:23qui ne sont pas conventionnés
00:32:24par la Sécurité sociale,
00:32:25c'est-à-dire pour les patients
00:32:26qui ne seront pas remboursés
00:32:27quand ils fonctionnent
00:32:28le médecin,
00:32:29qui payent comme s'ils
00:32:30consultaient autre chose.
00:32:31Le secteur 2,
00:32:32c'est des médecins
00:32:32qui sont conventionnés
00:32:33avec la Sécurité sociale
00:32:35mais qui ont droit
00:32:35à un dépassement d'honoraires.
00:32:36Alors, un des problèmes,
00:32:38c'est que les dépassements
00:32:39d'honoraires ont explosé,
00:32:40c'est la Haute Autorité de Santé
00:32:41qui le dit.
00:32:42Ils ont augmenté
00:32:43de manière bien supérieure
00:32:44à l'inflation
00:32:44avec certains médecins
00:32:46qui sont à 184%
00:32:47du tarif de la Sécurité sociale.
00:32:50Alors ça,
00:32:50c'est à la charge des patients.
00:32:51Certaines mutuelles,
00:32:52enfin, certaines complémentaires
00:32:54prennent les dépassements
00:32:54d'honoraires
00:32:55mais pas toutes.
00:32:56Certaines n'y prennent pas
00:32:57donc c'est à la charge des patients.
00:32:58Les spécialistes
00:32:59ont plus recours
00:33:00de manière générale.
00:33:01C'est la moitié
00:33:01des spécialistes qui s'installent
00:33:03qui sont en dépassement d'honoraires.
00:33:05Donc, ça génère évidemment
00:33:06des inégalités de santé
00:33:07très importantes
00:33:08et le gouvernement
00:33:10n'arrive pas bien
00:33:11à limiter
00:33:12ces dépassements d'honoraires
00:33:13sachant évidemment
00:33:14que ces dépassements d'honoraires
00:33:16ils ont été utilisés
00:33:17parce que les médecins
00:33:18n'étaient pas augmentés.
00:33:19Donc, c'était un moyen
00:33:19d'augmenter les médecins
00:33:20sans gréver le budget
00:33:21de la Sécurité sociale.
00:33:22Mais on voit bien
00:33:23qu'il y a une limite avec ça.
00:33:24Est-ce que parmi ces dépassements
00:33:25donnés,
00:33:27les chiffres sont donnés
00:33:28par les mutuelles,
00:33:29les complémentaires,
00:33:30est-ce que figurent
00:33:34les remboursements
00:33:35des non-médecins ?
00:33:36C'est-à-dire des ostéopathes,
00:33:38psychologues, etc.
00:33:39Est-ce qu'on les a mis dedans ?
00:33:40Parce que ça se trouve
00:33:41on les a mis dedans.
00:33:42Non, non, non,
00:33:43ça c'est les données de l'adresse
00:33:44qui ne sont pas dedans.
00:33:45Excusez-moi, en pourcentage,
00:33:47on était à 56%
00:33:49au-dessus des tarifs opposables
00:33:51il y a 10 ans
00:33:53et maintenant,
00:33:55on est à 49%.
00:33:56Donc, ça n'a pas explosé.
00:33:58Mais il y a plus de jeunes
00:33:59qui sont installés
00:33:59sous ce secteur-là
00:34:01parce que le secteur 1
00:34:01n'était pas viable
00:34:02et les banques
00:34:03ne suivent pas les installations.
00:34:05Donc, les spécialistes...
00:34:05Non, non, mais je ne dis pas
00:34:06qu'ils ne sont pas
00:34:06à ce secteur 1.
00:34:07Je n'ai pas dit ça.
00:34:08J'ai dit que c'était un problème
00:34:09parce que certains...
00:34:09C'est une absence
00:34:10de revalorisation des ingres
00:34:11depuis 20 à 30 ans.
00:34:13Ce matin,
00:34:13j'ai discuté
00:34:14avec des gastro-entérologues.
00:34:15Une endoscopie digestive
00:34:16n'a pas été revalorisée
00:34:17depuis 35 ans.
00:34:18Il y a quand même
00:34:18des médecins qui exagèrent.
00:34:19Donc, on voit bien
00:34:19qu'il y a un problème.
00:34:20Mais il y a aussi
00:34:21des médecins qui exagèrent.
00:34:22Juste un dernier mot
00:34:23parce que l'heure tourne.
00:34:24Valérie Briole,
00:34:25qu'est-ce qui pourrait faire
00:34:27que votre grève
00:34:28ne dure pas 10 jours ?
00:34:29Alors, juste...
00:34:31Très vite.
00:34:31Pour terminer,
00:34:32juste, je voulais dire
00:34:33le déremboursement
00:34:35des actes
00:34:35des médecins secteur 3
00:34:37pénalise les patients
00:34:38en premier.
00:34:39En premier.
00:34:40Parce qu'un patient
00:34:41qui paye pour sa santé,
00:34:43il paye la sécu,
00:34:43il paye les complémentaires,
00:34:44il ne rembourse rien.
00:34:45C'est le seul pays,
00:34:46c'est le pays de l'égalité
00:34:47qui légifère comme ça.
00:34:49Bon, ça, c'est une première chose.
00:34:50Qu'est-ce qui nous aiderait ?
00:34:52Le retrait des articles.
00:34:54On les a.
00:34:56Le docteur Noder
00:34:57a suggéré le retrait
00:34:58carrément du PLFSS.
00:35:00Nous, on a les articles précis
00:35:01qui sont celui
00:35:03où le directeur de la CNAM
00:35:04détermine précisément
00:35:05les tarifs.
00:35:06Donc, ça ne sert plus à rien
00:35:08de faire des négociations
00:35:09tarifaires.
00:35:11Ce que suggère Yannick Noder,
00:35:12je vais parler peut-être
00:35:12à votre place, pardonnez-moi.
00:35:13C'est une loi santé,
00:35:14en fait, pluriannuelle,
00:35:15comme une loi des armées,
00:35:16comme une loi...
00:35:17Voilà.
00:35:17C'est que le budget de la sécu
00:35:17ne soit plus voté
00:35:18par le Parlement.
00:35:19Mais voilà, il faut qu'on ait...
00:35:20Le cadre de la convention
00:35:21entre la CNAM
00:35:23et les patients.
00:35:23Les patients ont quand même
00:35:25leur mot à dire sur le...
00:35:27Tout à fait, tout à fait.
00:35:28Mais le PLFSS est un outil
00:35:30de 85,
00:35:32gouvernement Juppé,
00:35:32gouvernement droite,
00:35:33qui ne correspond plus
00:35:34à la situation.
00:35:35Nous avons eu quelques crises,
00:35:36que ça soit économiques,
00:35:39épidémiques.
00:35:40Ah ben si, il y a un rapport
00:35:41quand même à la prévention,
00:35:43le vieillissement de la population.
00:35:44Je pense qu'il faudrait
00:35:45quand même qu'on ait
00:35:45une lisibilité
00:35:46et une programmation
00:35:47pour pouvoir justement
00:35:48organiser ça,
00:35:49pas par contre.
00:35:50Merci en tout cas
00:35:51à tous les trois
00:35:53d'être venus en parler
00:35:54ce soir sur le plateau
00:35:56de chaque voix compte.
00:35:57Et retenez bien
00:35:58que de toute façon,
00:35:58ce n'est jamais le moment
00:35:59de tomber malade, d'accord ?
00:36:01Merci à tous les trois.
00:36:03Dans un instant,
00:36:03on va passer à la question
00:36:04qui fâche
00:36:05après le coup de force
00:36:06de Donald Trump
00:36:06au Venezuela
00:36:07et ses visées maintenant
00:36:08sur le Groenland.
00:36:09La France et l'Europe
00:36:10sont-elles hors jeu ?
00:36:11Nous en débattons
00:36:12avec nos trois prochains invités.
00:36:13Mais avant cela,
00:36:14c'est Quelle Histoire ?
00:36:15Et c'est Laurent Guimier.
00:36:24On voyage ce soir avec Laurent.
00:36:25Vous nous emmenez
00:36:26au Groenland.
00:36:27Vous nous racontez
00:36:28la façon dont Donald Trump
00:36:29s'y prend pour mettre la main
00:36:30sur ce territoire
00:36:31qu'il convoite
00:36:32en fait depuis son premier mandat.
00:36:34Tout à fait, Adeline.
00:36:35Et je me suis rendu compte
00:36:36en fait que Trump
00:36:37est en train de rejouer
00:36:37une histoire très ancienne.
00:36:40Une fable dont il actionne
00:36:42impeccablement
00:36:43toutes les ruses narratives.
00:36:45La raison du plus fort
00:36:46est toujours la meilleure.
00:36:47Nous l'allons montrer
00:36:48tout à l'heure.
00:36:49C'est le début
00:36:50du loup et l'agneau
00:36:51de Jean de La Fontaine.
00:36:52Bravo, on ne peut rien
00:36:53vous cacher.
00:36:53Comme souvent
00:36:54avec le président américain,
00:36:56la première strophe
00:36:57de notre fable
00:36:58commence à bord
00:36:59d'Air Force One,
00:36:59l'avion présidentiel,
00:37:01où Trump a expliqué
00:37:02il y a quelques jours
00:37:03tranquillement
00:37:04pourquoi les Etats-Unis
00:37:06ont besoin
00:37:07du Groenland.
00:37:07Regardez, écoutez.
00:37:08Alors vous avez bien entendu
00:37:34l'artifice déployé.
00:37:35le Danemark est incapable
00:37:37de s'occuper de la sécurité
00:37:38du Groenland
00:37:39et donc de protéger
00:37:40des incursions chinoises
00:37:43ou russes.
00:37:44Donc s'emparer du territoire,
00:37:46c'est protéger les Américains.
00:37:47Et c'était exactement,
00:37:49très exactement
00:37:50la première ruse du loup
00:37:51dans la fable de La Fontaine
00:37:53qui accuse l'agneau
00:37:54de troubler l'eau.
00:37:56Peu importe que ça soit faux,
00:37:57en fait, l'important
00:37:57c'est que l'anneau
00:37:58devienne l'accusé
00:37:59et que le loup
00:38:00devienne la victime.
00:38:01C'est ni plus ni moins
00:38:02ce qu'on appelle aujourd'hui
00:38:03l'inversion accusatoire.
00:38:05Et Donald Trump
00:38:05n'est d'ailleurs pas le seul
00:38:06à pousser ce discours belliqueux
00:38:08vis-à-vis du Groenland ?
00:38:09Oui, parce que la meute
00:38:10hurle plus fort que le loup.
00:38:12Ça, c'est assez courant
00:38:13depuis l'investiture
00:38:15de Donald Trump.
00:38:16Une personnalité très en cours
00:38:17à la Maison Blanche
00:38:18avait publié
00:38:19quelques heures
00:38:19avant les mots de Trump
00:38:20une carte du Groenland
00:38:21enveloppée dans le drapeau américain
00:38:23avec un seul mot
00:38:24« soon »,
00:38:25c'est-à-dire « bientôt ».
00:38:27Cette femme,
00:38:28Cathy Miller,
00:38:28n'est pas n'importe qui.
00:38:30C'est une conseillère
00:38:31en communication,
00:38:32épouse d'un membre
00:38:32du premier cercle.
00:38:35Elle a l'habitude
00:38:35de taper très très fort
00:38:36sur les réseaux sociaux.
00:38:37Tiens, par exemple,
00:38:38hier sur un autre sujet,
00:38:38juste un exemple,
00:38:40regardez ce qu'elle écrivait.
00:38:41En France,
00:38:42des personnes sont emprisonnées
00:38:43pour des tweets injurieux
00:38:44envers Brigitte Macron,
00:38:46bien entendu,
00:38:47atteinte à la liberté d'expression.
00:38:49Alors, allusion
00:38:49à la condamnation
00:38:50de 10 prévenus,
00:38:51dont 1 à de la prison ferme,
00:38:53pour cyberharcèlement
00:38:54de Brigitte Macron
00:38:55et pas simplement
00:38:56des injures.
00:38:57C'est quand même
00:38:57un sérieux raccourci
00:38:58dans la fable.
00:39:00Je reviens à ma fable.
00:39:01Le loup est très bon
00:39:02en exagération
00:39:03et en fake news.
00:39:05Souvenez-vous.
00:39:06En substance,
00:39:07tu as dit des mensonges
00:39:08sur moi.
00:39:09Mais non,
00:39:09je n'étais pas né.
00:39:10Si ce n'est toi,
00:39:11c'est donc ton frère.
00:39:12Ça, c'est la deuxième ruse
00:39:13de l'opération
00:39:14Groenland,
00:39:15grossir le trait
00:39:16et parfois mentir,
00:39:18comme dans la fable.
00:39:19Et comment réagit
00:39:19l'agneau de votre histoire ?
00:39:21Pas comme dans la fable.
00:39:22Il la joue rationnelle,
00:39:24froid,
00:39:25pardonnez-moi le calembour,
00:39:26et droit dans ses moonboots.
00:39:27Le premier ministre groenlandais
00:39:29a répondu à Cathy Miller
00:39:30sur Facebook.
00:39:31Regardez,
00:39:32notre pays n'est pas à vendre
00:39:33et notre avenir
00:39:34n'est pas déterminé
00:39:35par les messages
00:39:36sur les réseaux sociaux.
00:39:37Ça va, c'est calme.
00:39:38La veille de Noël,
00:39:39il avait dit,
00:39:40regardez cet autre message,
00:39:42merci aux dirigeants
00:39:43gouvernementaux
00:39:43qui ont manifesté
00:39:44leur respect
00:39:45pour le Groenland,
00:39:46nos institutions démocratiques
00:39:47et les principes fondamentaux
00:39:49du droit international.
00:39:50ça me rappelle en fait
00:39:51Zelensky,
00:39:52du Zelensky dans le texte,
00:39:54le Zelensky
00:39:55d'avant 24 février 2022,
00:39:57c'est-à-dire
00:39:57avant l'invasion ruse
00:39:59de l'Ukraine.
00:40:00Regardez,
00:40:01j'ai retrouvé
00:40:01des messages
00:40:02que le président ukrainien
00:40:03avait postés.
00:40:05J'apprécie le soutien
00:40:06ferme et indéfectible
00:40:07du Royaume-Uni,
00:40:08en l'occurrence,
00:40:08c'était avec Johnson,
00:40:10à la souveraineté
00:40:11et à l'intégrité
00:40:12territoriale de l'Ukraine.
00:40:14Concordance des mots
00:40:14et puis concordance
00:40:16des images également.
00:40:17Ça peut paraître
00:40:18un tout petit peu exagéré,
00:40:20mais ça ne l'est pas.
00:40:21En 2022,
00:40:22face à Poutine,
00:40:23son loup à lui,
00:40:24Zelensky se mettait en scène
00:40:25avec les autres dirigeants européens.
00:40:27Regardez,
00:40:28en 2025,
00:40:29notre premier ministre
00:40:30du Groenland
00:40:31pose avec les mêmes,
00:40:32dont Mme von der Leyen,
00:40:34dont Emmanuel Macron.
00:40:36De là à comparer
00:40:37Poutine et Trump,
00:40:39pardon,
00:40:39mais est-ce qu'on peut
00:40:39vraiment aller jusque-là, Laurent ?
00:40:41En 2022,
00:40:42Vladimir Poutine
00:40:43disait qu'il n'attaquait
00:40:44pas l'Ukraine,
00:40:45mais qu'il protégeait
00:40:45les russophones du Donbass.
00:40:47Même inversion accusatoire
00:40:48que Trump au Groenland,
00:40:50même allusion à la fable.
00:40:52Et si je me souviens bien
00:40:53de la fable de La Fontaine,
00:40:54à la fin,
00:40:55l'agneau se fait croquer,
00:40:56non ?
00:40:56Ah oui, tout cru.
00:40:57Le loup l'emporte
00:40:58et puis le mange,
00:40:59sans autre forme de procès.
00:41:01Alors,
00:41:01dans la vraie vie,
00:41:02c'est sans doute
00:41:02une autre question
00:41:03et on va peut-être
00:41:04en parler pour une fois.
00:41:05Sans doute.
00:41:06Qui osera hurler
00:41:07encore plus fort
00:41:08pour faire déguerpir
00:41:09le grand méchant loup ?
00:41:10Je préférais le loup
00:41:11d'avant Noël
00:41:12dont vous nous aviez parlé
00:41:13de la publicité télévisée.
00:41:15C'était une publicité,
00:41:15ça n'est pas la vraie vie.
00:41:16Eh bien,
00:41:17on passe à la question
00:41:17qui fâche directement.
00:41:18Ils ont bien ri
00:41:27en écoutant Laurent Guimier,
00:41:28j'accueille sur le plateau
00:41:28de chaque voix compte
00:41:29Frédéric Petit,
00:41:30député Les Démocrates
00:41:31des Français établis
00:41:32hors de France,
00:41:33membre de la Commission
00:41:33des Affaires étrangères.
00:41:34Bonsoir.
00:41:35Bonsoir.
00:41:35Merci d'être là
00:41:36aux côtés de David Riemann,
00:41:37député GDR de Guyane.
00:41:39Bonsoir.
00:41:39Et bonsoir Dominique Simonnet,
00:41:41journaliste, écrivain.
00:41:42Vous publiez notamment
00:41:43Réquiem pour Un Monde Libre
00:41:45aux éditions de l'Observatoire.
00:41:46Merci d'être avec nous
00:41:48ce soir.
00:41:49Il fallait s'en douter un peu.
00:41:50Le coup de force
00:41:50de Donald Trump au Venezuela
00:41:51a occupé une bonne partie
00:41:53des questions au gouvernement
00:41:54cet après-midi
00:41:55à l'Assemblée nationale.
00:41:56Question sur la réaction
00:41:57française à cette opération,
00:41:59question sur le rôle
00:42:00que peuvent ou que doivent
00:42:01jouer la France et l'Europe.
00:42:03C'est Katia Gilder
00:42:04qui vous pose ce soir
00:42:05la question qui fâche.
00:42:10Nicolas Maduro
00:42:11amené Manu Militari
00:42:12aux Etats-Unis,
00:42:14menotté et filmé.
00:42:15L'image digne
00:42:16d'une série américaine
00:42:17a provoqué une onde
00:42:18de choc mondial
00:42:19et une réaction française
00:42:20cacophonique.
00:42:22Avec d'abord
00:42:22cette déclaration
00:42:23du Quai d'Orsay.
00:42:25L'opération militaire
00:42:26ayant conduit
00:42:27à la capture
00:42:27de Nicolas Maduro
00:42:28contrevient au principe
00:42:29de non-recours à la force
00:42:30qui fonde le droit international.
00:42:33Puis,
00:42:34un communiqué tardif
00:42:35d'Emmanuel Macron.
00:42:36Le peuple vénézuélien
00:42:38est aujourd'hui débarrassé
00:42:39de la dictature
00:42:40de Nicolas Maduro
00:42:41et ne peut que s'en réjouir.
00:42:42Un message republié
00:42:45par Donald Trump
00:42:46lui-même
00:42:46sur son réseau social.
00:42:48A l'Assemblée,
00:42:49la gauche exige
00:42:50une clarification
00:42:51de la position française
00:42:52avec quatre interpellations
00:42:54au vitriol
00:42:55pour fustiger
00:42:56l'alignement de la France
00:42:58sur les Etats-Unis.
00:42:59La déclaration du président Macron
00:43:01est une insulte
00:43:03à notre histoire
00:43:04et une humiliation.
00:43:06La France et l'Europe
00:43:07ne sont pas des vassaux.
00:43:09Emmanuel Macron
00:43:10nous fait honte.
00:43:12Ni condamnation
00:43:13ni mention de l'agresseur.
00:43:14Jusqu'où le président
00:43:16abaissera-t-il la France ?
00:43:17Pourquoi s'est-il couché
00:43:18devant Donald Trump ?
00:43:19Monsieur le Premier ministre,
00:43:20je vous sais gaulliste.
00:43:21Je vous sais soucieux
00:43:22de l'indépendance du pays.
00:43:24Partagez-vous la réaction première
00:43:25du président de la République
00:43:26ou reconnaissez-vous
00:43:28que nous devons
00:43:29regagner notre liberté
00:43:30face aux Etats-Unis de Trump ?
00:43:32Pour Sébastien Lecornu pourtant,
00:43:34la position de la France
00:43:35est très claire.
00:43:36La position de la France
00:43:37a d'abord été affirmée
00:43:39et exposée
00:43:39par le ministre de l'Europe
00:43:40et des Affaires étrangères
00:43:41puis par le tweet
00:43:42du président de la République
00:43:42l'un allant avec l'autre.
00:43:45Et au fond,
00:43:45s'il faut le résumer,
00:43:46tout est illégal
00:43:47dans cette affaire.
00:43:48Alors la question
00:43:49qui fâche ce soir,
00:43:51face à Trump,
00:43:52Poutine ou Xi Jinping,
00:43:53la France a-t-elle encore une place
00:43:55dans le nouvel ordre mondial ?
00:43:57Je voudrais d'abord
00:44:00qu'on revienne ensemble
00:44:00sur les mots prononcés
00:44:01cet après-midi
00:44:02par Sébastien Lecornu
00:44:03lors de ses questions
00:44:03au gouvernement.
00:44:04Tout est illégal
00:44:05dans cette affaire
00:44:06s'agissant de l'opération
00:44:07américaine au Venezuela.
00:44:09Est-ce que, Dominique Simonnet,
00:44:10la position de la France
00:44:11vous paraît plus claire
00:44:12ce soir ?
00:44:14Oui, enfin,
00:44:15c'est compliqué pour la France.
00:44:17On voit qu'ils sont
00:44:17en train de naviguer
00:44:18entre deux,
00:44:20avec deux caps,
00:44:22c'est-à-dire le fait
00:44:22de dire qu'un bon débarras,
00:44:24parce que Maduro
00:44:25est quand même un dictateur
00:44:26qui faisait souffrir son pays
00:44:29et qui causait
00:44:30de sérieux problèmes
00:44:31à tout le monde,
00:44:32au monde entier
00:44:33et à l'Europe aussi,
00:44:36avec notamment
00:44:36les narcotrafiques.
00:44:38Et de l'autre côté,
00:44:39c'est vrai que la méthode employée,
00:44:40elle est contraire
00:44:42aux règles internationales,
00:44:44sachant que le droit international,
00:44:46il est quand même
00:44:46un peu dévalorisé,
00:44:48que l'ONU ne joue plus
00:44:49vraiment un rôle
00:44:50et qu'on est rentré
00:44:51dans une autre époque.
00:44:53Et c'est cela
00:44:53qu'il faut arriver
00:44:55à comprendre,
00:44:56c'est qu'on est
00:44:56dans le monde
00:44:57de Donald Trump,
00:44:58c'est-à-dire dans le monde
00:44:58des empires,
00:44:59des nationalismes,
00:45:01où la force
00:45:03et le profit
00:45:03sont les règles.
00:45:08Et on voit que Trump,
00:45:10là, avec ce succès,
00:45:11il faut bien dire,
00:45:11que c'est une opération
00:45:12qui a quand même
00:45:13assez bien réussi,
00:45:15très bien réussi,
00:45:16même mené de main de maître.
00:45:18Là, il se sent plus,
00:45:19si j'ose dire,
00:45:20très vialement.
00:45:21Trump, là, ça y est,
00:45:22c'est l'hubris
00:45:23et il menace le Groenland.
00:45:26Évidemment,
00:45:26la Colombie
00:45:27et Cuba,
00:45:29dans le texte,
00:45:30doivent avoir
00:45:31chaud aux fesses,
00:45:32ce sont ses mots.
00:45:34Donc,
00:45:35on est vraiment,
00:45:36nous,
00:45:37quand je dis on,
00:45:38c'est français et européens,
00:45:39dans un autre monde.
00:45:40et on voit qu'en même temps,
00:45:42les Européens essayent
00:45:43d'aller très vite maintenant,
00:45:44de se concerter.
00:45:46La coalition des volontaires
00:45:48qui vient de se réunir
00:45:49a décidé de faire
00:45:50une surveillance
00:45:52du cessez-le-feu
00:45:54en Ukraine,
00:45:55si le cessez-le-feu avait lieu,
00:45:57avec les Américains,
00:45:58parce qu'il faut à la fois
00:45:59résister à Trump,
00:46:02mais en même temps,
00:46:02l'amadouer,
00:46:03parce qu'on a besoin de lui,
00:46:04notamment pour le renseignement
00:46:05en Ukraine.
00:46:06Est-ce que c'est ce qui fait
00:46:08que dans sa première réaction,
00:46:09Emmanuel Macron
00:46:10n'avait pas parlé
00:46:11de l'opération militaire
00:46:13américaine à proprement parler,
00:46:14mais simplement
00:46:15de la capture de Maduro ?
00:46:16Oui,
00:46:16c'est parce qu'effectivement,
00:46:17la position est très compliquée.
00:46:19Il ne faut pas fâcher
00:46:20Donald Trump.
00:46:21Parce que fâcher
00:46:22Donald Trump,
00:46:23ça veut dire que
00:46:24l'Ukraine n'a plus
00:46:26de renseignement
00:46:26et l'Ukraine est perdue.
00:46:29Donc,
00:46:29c'est une situation
00:46:30extrêmement difficile.
00:46:32Les agneaux,
00:46:32dont parlait Laurent Guimier
00:46:33tout à l'heure,
00:46:34sont obligés un petit peu
00:46:34de flatter le loup
00:46:36en disant
00:46:36on est avec toi,
00:46:37ça va bien.
00:46:38Voilà.
00:46:39Je pense que
00:46:40simplement,
00:46:41on voit bien
00:46:41que l'Europe est faible.
00:46:43Elle se réveille
00:46:44un peu tard,
00:46:45peut-être trop tard,
00:46:47et qu'il est plus que temps
00:46:49d'avoir une cohésion
00:46:51comme essaye
00:46:52de le faire,
00:46:54ou en tout cas
00:46:55de le suggérer
00:46:57Emmanuel Macron.
00:46:58Frédéric Petit,
00:46:58c'est le regard
00:46:59que vous avez aussi
00:47:00à la fois sur la réaction
00:47:01de la France
00:47:02et sur les propos
00:47:02tenus cet après-midi
00:47:03à l'Assemblée nationale
00:47:04par Sébastien Lecornu,
00:47:05tout est illégal
00:47:06dans cette affaire.
00:47:08Oui, bien sûr,
00:47:08tout est illégal
00:47:09dans cette affaire.
00:47:09Je crois que,
00:47:10je ne suis pas d'accord,
00:47:11je vais essayer
00:47:11de faire trois remarques
00:47:12assez directes.
00:47:13Je ne suis pas
00:47:14un grand spécialiste
00:47:15de la mise en scène,
00:47:17donc je vais être
00:47:18assez direct.
00:47:19Je vais essayer
00:47:19d'apporter des images
00:47:20de ce qui est mon travail.
00:47:21C'est tout ce qu'on vous demande.
00:47:22Ce qui est mon travail quotidien,
00:47:23c'est-à-dire que je suis
00:47:24à la Commission
00:47:24des Affaires étrangères
00:47:25et assez investi
00:47:27dans les conflits
00:47:28dans le monde,
00:47:28en particulier en Ukraine,
00:47:29mais partout.
00:47:31Il n'y a pas de cacophonie.
00:47:33Il faut lire,
00:47:34d'abord,
00:47:35il faut lire
00:47:35l'ensemble du communiqué
00:47:40de l'Élysée
00:47:40qui reprend ce que disait
00:47:42lui aussi.
00:47:43Mais effectivement,
00:47:44la France,
00:47:45et je pense que c'est
00:47:46quelque chose
00:47:46qui n'est pas assez dit
00:47:47aujourd'hui,
00:47:49c'est quand même
00:47:50une victoire facile militaire
00:47:52parce qu'il y a
00:47:53beaucoup de gens
00:47:53qui disent
00:47:54qu'il y a une autre réalité
00:47:55et la France
00:47:57en était au courant
00:47:58avant,
00:47:59qui est le fait
00:47:59que c'est peut-être
00:48:00aussi un coup d'État
00:48:01interne,
00:48:02c'est-à-dire qu'il y a
00:48:03une partie...
00:48:03Donald Trump a bénéficié
00:48:04de complicité interne
00:48:06au pouvoir vénézuélien
00:48:07pour pouvoir entrer
00:48:08dans le Venezuela
00:48:09comme dans du beurre.
00:48:10Complicité, c'est sûr,
00:48:11mais c'est même plus que ça.
00:48:13Ce qui est en jeu
00:48:14aujourd'hui au Venezuela,
00:48:15c'est qui...
00:48:17Est-ce qu'il n'y a pas eu
00:48:18coup d'État
00:48:19en allant s'appuyer sur toi ?
00:48:20C'est-à-dire l'inversion,
00:48:21vous parliez tout à l'heure
00:48:22d'inversion,
00:48:22une inversion
00:48:23et qui est,
00:48:24quand on regarde,
00:48:25il ne faut jamais se précipiter
00:48:26avec les tweets.
00:48:27Moi, je prends le temps
00:48:28de travailler,
00:48:29je ne réagis pas
00:48:30à la minute.
00:48:31Voilà, on se dit au début,
00:48:32il y a quand même
00:48:32des choses un peu bizarres
00:48:33et puis petit à petit,
00:48:34en vérifiant,
00:48:35on s'aperçoit quand même
00:48:36que des radars...
00:48:36On le saura,
00:48:37Dominique Simonnet.
00:48:38Il y a des radars
00:48:39qui ne s'allument pas
00:48:39au bon moment, etc.
00:48:41De toute façon,
00:48:41on sait déjà
00:48:42qu'il y a eu une coopération.
00:48:45Il y a un travail considérable
00:48:46qui a été mené
00:48:47pendant des mois,
00:48:48notamment sur une réplique
00:48:49de la forteresse de Maduro,
00:48:50un peu comme...
00:48:52C'est un peu l'épisode
00:48:53de Ben Laden,
00:48:53je ne sais pas
00:48:53si vous vous souvenez.
00:48:54Oui, bien sûr.
00:48:55Bon, là,
00:48:55ce n'est pas les mêmes
00:48:56forces spéciales,
00:48:57mais malgré tout,
00:48:58ce sont des...
00:48:59Il y a eu un entraînement,
00:49:00il y a eu des complicités
00:49:01à l'intérieur même
00:49:02du gouvernement,
00:49:03d'après ce que dit
00:49:06la Maison-Blanche,
00:49:07sans préciser évidemment,
00:49:08c'est une opération
00:49:09qui a été préparée
00:49:11de longue date.
00:49:12Simplement,
00:49:12il y a eu aussi,
00:49:13préalablement,
00:49:14des tentatives
00:49:15de négociation
00:49:16avec Maduro.
00:49:17La Maison-Blanche
00:49:17lui a dit
00:49:18va-t'en,
00:49:20on te débrouille,
00:49:21tu auras une retraite...
00:49:24Oui, c'est des négociations
00:49:25façon Trump.
00:49:26Façon Trump, bien sûr.
00:49:27Mais vivement,
00:49:28Maduro n'a pas cru
00:49:30à une opération...
00:49:32On peut corroborer
00:49:33sa question du coup d'État
00:49:34implicite.
00:49:36On verra,
00:49:37on est encore un peu tôt,
00:49:38mais pour moi,
00:49:39il y a des choses
00:49:39qu'il faut dire
00:49:40parce qu'on en parle très peu,
00:49:41on voit un grand cow-boy
00:49:43et on aglimente
00:49:45à coups de petits messages
00:49:47et de mises en scène.
00:49:48pour moi,
00:49:49il y a quelque chose
00:49:50de beaucoup plus complexe
00:49:51et c'est cette complexité
00:49:52qui se reflète
00:49:53dans la position
00:49:53de la France.
00:49:55Maduro,
00:49:56c'est quand même
00:49:56quelqu'un
00:49:56qui a écrasé
00:49:57des manifestations
00:49:59avec des chars.
00:50:00C'est pire
00:50:00que Tiena de Mienne.
00:50:00Lui,
00:50:01il ne s'est pas arrêté.
00:50:03Deuxième chose
00:50:04que je voulais dire
00:50:04qui est absolument importante,
00:50:05c'est que je suis
00:50:06tout à fait d'accord
00:50:06avec vos analyses générales.
00:50:09Je crois que ce qui est en jeu,
00:50:10ce n'est pas le loup,
00:50:11l'agneau,
00:50:11mais ce qui est en jeu,
00:50:12c'est l'autoritarisme,
00:50:14les dictatures
00:50:15et les démocraties.
00:50:16Et nous avons affaire,
00:50:17je travaillais cet après-midi
00:50:18encore sur la dictature
00:50:19de Loukachenka
00:50:21au Bélarus,
00:50:23nous avons affaire aujourd'hui
00:50:25à des dictateurs
00:50:26qui sont modernes,
00:50:28qui sont agiles,
00:50:29qui sont efficaces,
00:50:30forts
00:50:31et agressifs.
00:50:33Et effectivement,
00:50:34vous dites
00:50:34une Europe faible,
00:50:36je veux dire,
00:50:36moi je dis,
00:50:37effectivement,
00:50:38nous sommes dans un réveil démocratique
00:50:39où on s'aperçoit
00:50:40qu'il faut aussi
00:50:40que les démocraties
00:50:41se réveillent
00:50:42et soient modernes.
00:50:44quand on regarde
00:50:45cette maison ici,
00:50:46on se dit
00:50:47que la démocratie française
00:50:48pourrait se moderniser
00:50:48sur plein de sujets
00:50:50modernes,
00:50:52agiles,
00:50:53efficaces
00:50:53et ne soient pas agressives
00:50:55comme les autoritaires
00:50:56et comme les dictatures,
00:50:56mais soient capables
00:50:57de se défendre.
00:50:58Et vous mettez donc
00:50:58l'Amérique de Trump
00:50:59du côté des démocraties
00:51:00et pas des dictatures ?
00:51:02Je mets l'Amérique
00:51:04du côté des grandes démocraties
00:51:05à cause de son histoire,
00:51:07à cause des Américains
00:51:07que je connais,
00:51:08moi je suis allé
00:51:09trois fois aux Etats-Unis.
00:51:10Mais celle de Trump,
00:51:11l'Amérique de Trump ?
00:51:12Mais l'Amérique de Trump,
00:51:13je ne sais pas
00:51:13ce que ça veut dire.
00:51:13Dans une démocratie,
00:51:14un pays,
00:51:15ce n'est jamais un dirigeant
00:51:16sauf sur Twitter.
00:51:18Voilà.
00:51:18Et sauf sur certains
00:51:19plateaux télé,
00:51:20pas ici.
00:51:21Mais voilà.
00:51:22L'Amérique est complexe.
00:51:24Je vais aux Etats-Unis
00:51:25pour essayer de travailler
00:51:26sur l'Ukraine,
00:51:27sur le soutien à l'Ukraine.
00:51:27C'était en mai dernier
00:51:28avec une coalition
00:51:30de parlementaires européens.
00:51:32Nous avons beaucoup de mal
00:51:33avec les Républicains
00:51:34à Washington.
00:51:34Puis nous faisons
00:51:35quelques heures de bus
00:51:36et nous allons en Pennsylvanie
00:51:37où je suis accueilli
00:51:38dans un parlement de Pennsylvanie
00:51:39qui est un parlement
00:51:40d'un État fédéral.
00:51:41beaucoup plus grand,
00:51:43beaucoup plus moderne
00:51:43qu'ici,
00:51:44qui marche beaucoup mieux
00:51:44avec cette maison
00:51:45en tant que parlement,
00:51:46où tout le monde
00:51:47soutient l'Ukraine,
00:51:50où j'ai 100 personnes
00:51:51qui viennent nous écouter,
00:51:51qui viennent travailler avec nous.
00:51:53Qu'est-ce que c'est
00:51:53l'Amérique de Trump ?
00:51:54C'est aussi quelque chose
00:51:56qui n'est pas homogène
00:51:58et heureusement,
00:51:59le seul endroit
00:51:59où il n'y a plus de conflits
00:52:00où tout est homogène,
00:52:01c'est le cimetière.
00:52:02Moi, je ne suis pas précieux
00:52:03d'y aller.
00:52:03La dernière chose
00:52:05qui est très importante
00:52:05et qu'on ne dit pas assez
00:52:06sur le Groenland
00:52:07parce que c'est lié
00:52:08et ça,
00:52:09Trump le dit
00:52:09et il faut écouter
00:52:10quand Trump parle
00:52:11parce que ce qu'il dit,
00:52:11c'est ce qu'il pense.
00:52:13C'est le renversement
00:52:14des hémisphères.
00:52:16C'est-à-dire que nous ne sommes plus
00:52:17dans une division
00:52:18des hémisphères
00:52:18nord et sud,
00:52:20nous sommes dans une division
00:52:21des hémisphères
00:52:23est et ouest
00:52:23et c'est ça
00:52:24qui redéfinit
00:52:26la position
00:52:27de l'Union européenne
00:52:28et de l'Afrique.
00:52:29C'est très important pour nous.
00:52:30C'est-à-dire,
00:52:31vous dites,
00:52:31est-ce que l'Union européenne
00:52:32est encore,
00:52:33est-ce que la France
00:52:33est encore dans la cour des grands ?
00:52:35Oui,
00:52:36nous sommes aujourd'hui,
00:52:37le Groenland d'abord
00:52:37devient une frontière,
00:52:38vous l'avez dit tout à l'heure,
00:52:39le Groenland devient une frontière
00:52:40entre l'empire de Trump
00:52:43puis celui,
00:52:44parce que ça se touche,
00:52:45les gens voient la carte développée
00:52:46mais en fait ça se touche,
00:52:48le Groenland est la frontière,
00:52:50le point de contact
00:52:51entre les trois grands empires,
00:52:52la Chine,
00:52:52la Russie
00:52:53et les Etats-Unis
00:52:57avec l'Islande
00:52:58qui est maintenant quasiment
00:52:59colonisée par la Chine.
00:53:00Je finis tout de suite.
00:53:02Et nous sommes,
00:53:03nous,
00:53:04Europe
00:53:04et Afrique
00:53:06très liés,
00:53:08ce qui est une bonne nouvelle,
00:53:09nous sommes l'enjeu,
00:53:11nous sommes au milieu
00:53:12et c'est pour ça
00:53:13qu'il faut que nous nous renforcions
00:53:14et que nous prenions
00:53:15notre destin en main
00:53:16sur des manières
00:53:18de travailler,
00:53:19de coopérer,
00:53:20de multilinguisme,
00:53:21de démocratie
00:53:22peut-être un peu différente
00:53:23et surtout modernisée.
00:53:24Je voudrais vous entendre,
00:53:25David Riemann,
00:53:26votre groupe GDR
00:53:27avait demandé,
00:53:28fait partie des groupes
00:53:29qui ont demandé un débat
00:53:30à l'Assemblée nationale
00:53:31sur l'opération militaire
00:53:32américaine au Venezuela.
00:53:34Sébastien Lecornu a dit
00:53:35si je suis saisi
00:53:36de l'article 51,
00:53:37il y aura ce débat
00:53:38à l'Assemblée nationale.
00:53:39Pourquoi est-ce que
00:53:40vous voulez ce débat ?
00:53:41Mais c'est important
00:53:42de clarifier les choses
00:53:43parce que la question
00:53:43qui est posée ce soir,
00:53:44effectivement,
00:53:45est-ce que la France
00:53:45fait partie de la table des grands ?
00:53:47Moi, je mettrais plus
00:53:48un bémol dans la réponse.
00:53:50Plutôt, je ne sais pas,
00:53:51pour ne pas dire non
00:53:52parce que moi,
00:53:53j'étais au Togo
00:53:54il n'y a pas très longtemps.
00:53:56La France,
00:53:56sa place en Afrique,
00:53:57elle a perdu, clairement.
00:53:59On voit que la ES
00:53:59s'est mis en place.
00:54:00Il y a encore des relations
00:54:01avec la CEDAO,
00:54:03la partie ouest africaine.
00:54:04Mais on voit que
00:54:05Trump s'intéresse
00:54:06de plus en plus à l'Afrique.
00:54:07Il a eu des frappes
00:54:08américaines au Nigeria
00:54:09avec la validation du Nigeria.
00:54:11On voit que...
00:54:12La vraie question
00:54:13dans tout ça,
00:54:13c'est qu'est-ce qu'au travers
00:54:14d'un pays
00:54:15où on aurait supposément
00:54:16des dictateurs
00:54:17ou supposément
00:54:18un pays narcotrafic,
00:54:20puisque je rappelle
00:54:20qu'il n'y a pas que
00:54:21dans l'Amérique du Sud,
00:54:23il n'y a pas que
00:54:23potentiellement
00:54:24le Venezuela
00:54:25qui produirait de la drogue.
00:54:26Il y a le Paraguay,
00:54:27il y a la Colombie,
00:54:28il y a d'autres.
00:54:29Il en parle aussi.
00:54:30Oui, mais sauf que pour autant,
00:54:32pourquoi aller faire le choix
00:54:33d'aller mener un bombardement
00:54:34pour capturer
00:54:35un président en exercice,
00:54:36qu'on le veuille ou non,
00:54:37et ensuite l'exfiltrer
00:54:38de la sorte ?
00:54:39Il faut aller plus loin que ça.
00:54:40On voit qu'il y a
00:54:41des raisons économiques,
00:54:42il y a des raisons énergétiques,
00:54:43il y a le monde
00:54:45tel qu'on le connaît
00:54:45en train d'évoluer clairement.
00:54:48Mais moi, en l'occurrence,
00:54:51on ne peut pas cautionner
00:54:52ce que Trump a fait.
00:54:53On ne peut pas,
00:54:54à aucun moment,
00:54:55et même s'il aurait été
00:54:56le pire des dictateurs
00:54:57qu'il pourrait y avoir au monde,
00:54:59à ce moment-là,
00:54:59pourquoi Trump ne va pas
00:55:01bombarder Kim Jong-un
00:55:02et le récupérer
00:55:03l'exfiltrer aussi
00:55:03de la Corée du Nord ?
00:55:06On ne peut pas avoir
00:55:06de posture selon son intérêt.
00:55:08Et c'est là qu'au travers du monde,
00:55:10les États réagissent
00:55:11ou l'Europe réagit
00:55:12selon son intérêt.
00:55:13Il est bien résumé.
00:55:15Pourquoi le président Macron
00:55:16n'attaque pas trop fort ?
00:55:17C'est que l'Europe
00:55:18dépend des Américains
00:55:20sur beaucoup de sujets.
00:55:21Encore plus sur le sujet
00:55:22du numérique,
00:55:22du digital,
00:55:23on dépend des Américains.
00:55:24Donc, on voit bien
00:55:24que cette réalité-là
00:55:26pose un problème majeur
00:55:27dans la prise de position
00:55:28qui doit être claire
00:55:29lorsqu'on a une telle situation.
00:55:31Et moi,
00:55:31je n'irai même plus
00:55:31aujourd'hui dans la question,
00:55:32c'est est-ce qu'aujourd'hui,
00:55:33le droit international
00:55:34tel qu'il est posé
00:55:35existe toujours,
00:55:37réellement ?
00:55:38Est-ce que le droit international
00:55:39est devenu optionnel,
00:55:41Dominique Simonnet ?
00:55:42Écoutez,
00:55:43l'ONU n'est plus efficiente
00:55:46du tout,
00:55:46on le voit bien.
00:55:48Elle est contrôlée
00:55:50par un certain nombre
00:55:50de dictatures.
00:55:52On a quand même fait
00:55:53une déclaration aujourd'hui
00:55:54l'ONU pour dire
00:55:55l'intervention américaine
00:55:56au Venezuela
00:55:57a sapé un principe fondamental
00:55:58du droit international.
00:55:59La Russie a son droit
00:56:00de veto,
00:56:01on voit bien
00:56:01comment se comporte
00:56:02la Russie.
00:56:03Donc,
00:56:03c'est vrai que face à cela,
00:56:06c'est-à-dire,
00:56:07on est dans un changement
00:56:08extrêmement rapide
00:56:10et qui nous effare un peu
00:56:11parce que les alliances
00:56:13et l'équilibre,
00:56:14l'ordre mondial
00:56:16qui a pourtant connu
00:56:18plein de déboires
00:56:19mais qui avait été mis en place
00:56:20après la Seconde Guerre mondiale,
00:56:21le monde libre
00:56:22comme on l'appelait,
00:56:24toutes ces alliances
00:56:25se défont.
00:56:27Donald Trump déteste l'Europe,
00:56:29il n'aime pas
00:56:29l'Union européenne.
00:56:30Pour lui,
00:56:31il préfère des discussions,
00:56:34des négociations
00:56:34avec des nations
00:56:36l'Europe pour lui,
00:56:37c'est quelque chose
00:56:38qu'il veut détruire en fait
00:56:39et c'est en cela d'ailleurs
00:56:41qu'il est proche de Poutine.
00:56:44Donc,
00:56:45face à cela,
00:56:46on est décontenancé
00:56:48parce qu'on se retrouve
00:56:49dans un monde
00:56:50où on voit
00:56:51le président américain
00:56:54qui revendique
00:56:56la doctrine Monroe
00:56:57officiellement,
00:56:58ça fait plusieurs mois
00:57:00qu'on en parle
00:57:00mais la doctrine Monroe
00:57:021823,
00:57:03c'est le continent américain
00:57:05est une zone
00:57:07d'influence
00:57:08et de sécurité
00:57:09des Etats-Unis
00:57:10et l'Europe,
00:57:11elle,
00:57:11doit rester dans son coin.
00:57:13C'était réciproque
00:57:14à l'époque.
00:57:15C'était que l'Europe
00:57:15ne devienne plus
00:57:17des Etats-Unis.
00:57:18Un tout petit mot,
00:57:19ce qui change aujourd'hui,
00:57:20on parle beaucoup
00:57:20du droit,
00:57:21on parle de la politique,
00:57:22les Français mettent ça
00:57:23tout en haut,
00:57:24mais le logiciel
00:57:25de tous ces grands
00:57:26pauvres,
00:57:28on a envie de dire,
00:57:28pour reprendre
00:57:29votre terminologie,
00:57:30c'est l'économie,
00:57:31c'est le business,
00:57:32c'est fondamental
00:57:34d'avoir aujourd'hui
00:57:35une carte
00:57:36qui fait que
00:57:37pourquoi on s'intéresse,
00:57:38pourquoi Trump
00:57:38s'intéresse aujourd'hui
00:57:39à tel pays
00:57:40ou au Groenland,
00:57:41c'est parce que
00:57:42la cartographie,
00:57:43le logiciel
00:57:43de Donald Trump
00:57:44comme celui de Xi Jinping,
00:57:46comme celui de Trump,
00:57:47de Poutine,
00:57:48c'est le business
00:57:49et c'est ça aussi
00:57:50le changement fondamental
00:57:52qu'on peut avoir.
00:57:53Les valeurs de Trump,
00:57:54ce ne sont pas
00:57:55la démocratie.
00:57:56Il n'est pas,
00:57:56d'ailleurs le mot
00:57:57démocratie n'apparaît pas
00:57:58dans le...
00:57:59Il nous reste très très peu de temps.
00:58:00Juste, je voulais vous entendre
00:58:01Frédéric Petit sur le Groenland.
00:58:03Que peut faire l'Europe
00:58:04pour empêcher les Etats-Unis
00:58:05d'annexer le Groenland ?
00:58:06Est-ce que vous êtes favorable
00:58:07à un déploiement militaire ?
00:58:09D'abord, je suis...
00:58:11Moi, je n'ai pas le droit
00:58:12de me prononcer,
00:58:13je ne suis pas dans l'exécutif
00:58:14et je suis pour la séparation
00:58:15des pouvoirs
00:58:15parce que je suis un vrai démocrate.
00:58:17Donc je verrai
00:58:17si les décisions du gouvernement,
00:58:20je les contrôlerai.
00:58:20Je voudrais revenir
00:58:21sur cette notion de faiblesse
00:58:22et sur ce que vous avez dit
00:58:24sur le business.
00:58:25Mais l'Europe doit s'intéresser
00:58:27à l'économie d'abord.
00:58:28L'Europe est une création économique,
00:58:30c'est pour ça qu'elle gêne Trump.
00:58:31L'Europe gêne Trump
00:58:33parce que nous sommes
00:58:33une puissance économique.
00:58:35La différence qu'il y a,
00:58:36la différence qu'il y a,
00:58:37ce n'est pas qu'il y en a
00:58:38qui veulent faire du business
00:58:39et des autres
00:58:39qui veulent faire de la poésie.
00:58:41La différence qu'il y a,
00:58:42c'est qu'il y en a un
00:58:43qui est impérialiste
00:58:44et il y en a un
00:58:45qui veut faire du développement,
00:58:46qui veut faire de l'égalité,
00:58:48qui veut faire de la promotion,
00:58:50qu'on puisse collaborer
00:58:52avec des gens
00:58:52qui ne parlent pas notre langue,
00:58:53de la coopération économique.
00:58:55C'est ça la différence.
00:58:56C'est que l'Europe est un modèle
00:58:58qui a dit
00:58:59je vais travailler avec mon ennemi.
00:59:01Je vous rappelle
00:59:02que les premiers jumelages
00:59:03franco-allemands,
00:59:03c'est en mai 45.
00:59:05En mai 45 !
00:59:07Contre l'avis des petits villages.
00:59:10C'est du courage de dire
00:59:11je vais travailler avec mon ennemi,
00:59:12ce n'est pas mon ennemi,
00:59:13je vais faire de l'économique avec lui.
00:59:15Donc il faut être prudent
00:59:16sur cette idée.
00:59:17Il y a les méchants
00:59:18qui veulent faire du business
00:59:19et les gentils
00:59:19qui veulent faire de la poésie.
00:59:21Non.
00:59:21Nous devons faire Union européenne,
00:59:23nous devons reprendre
00:59:24notre destin en main
00:59:25et faire de l'économie
00:59:26et reconstruire des relations économiques,
00:59:28mais des relations économiques
00:59:29qui soient démocratiques
00:59:30et de coopération économique.
00:59:32Merci en tout cas
00:59:33à tous les trois.
00:59:34Vous restez là
00:59:34parce que tout de suite
00:59:35c'est Bourbon Express,
00:59:35c'est le journal de l'Assemblée nationale
00:59:37présenté par Valérie Brochard.
00:59:38Bonsoir Valérie et bonne année.
00:59:46Bonne année à Dine.
00:59:47Bon voilà, les vacances sont finies,
00:59:48les travaux reprennent
00:59:49à l'Assemblée nationale,
00:59:50c'est le grand retour
00:59:50du Bourbon Express
00:59:51et c'est aussi le grand retour
00:59:52du budget.
00:59:52Ah oui.
00:59:53On en revient toujours au budget.
00:59:55On l'avait laissé en loi spéciale
00:59:56fin 2025,
00:59:57il revient en 2026 à l'Assemblée,
00:59:59mais alors sous quelle forme ?
00:59:59Sous forme de projet de loi de finances
01:00:01tout simplement
01:00:02qui revient au Palais Bourbon.
01:00:03Mais pour parler des discussions,
01:00:06pour les préparer,
01:00:07la ministre des Comptes publics
01:00:09et le ministre de l'Économie
01:00:10ont réuni cet après-midi à Bercy
01:00:12les représentants
01:00:14de tous les groupes parlementaires,
01:00:16alors tous,
01:00:16sauf le Rassemblement national
01:00:18et la France insoumise
01:00:19qui n'ont pas été conviés
01:00:20et les écologistes
01:00:21et les communistes
01:00:22qui ont décliné.
01:00:24Les autres discutent encore
01:00:25au moment où on se parle,
01:00:26mais peu importe.
01:00:27Pour le président de la commission
01:00:29des finances,
01:00:30ce sont des discussions
01:00:30totalement vaines.
01:00:32Ça se terminera par un 43.
01:00:34Est-ce que le gouvernement espère
01:00:35que, pour aller vite,
01:00:38le Parti Socialiste
01:00:38ne vote pas la censure
01:00:39comme il l'avait fait
01:00:40avec M. Bérou
01:00:41en échange de quelques miettes ?
01:00:43On verra bien
01:00:43si le Parti Socialiste
01:00:44accepte ces miettes.
01:00:45Alors le budget reviendra
01:00:47justement devant
01:00:48la commission des finances
01:00:49dès jeudi prochain
01:00:50et figurez-vous
01:00:51qu'Amélie de Montchallat
01:00:52a proposé de s'y rendre,
01:00:54de venir elle aussi
01:00:55en commission
01:00:55pour échanger.
01:00:57Est-ce que la présence
01:00:58de la ministre
01:00:58pourra changer la donne ?
01:01:00Allez savoir.
01:01:01En tout cas,
01:01:01les débats vont pouvoir
01:01:03se poursuivre
01:01:03deux semaines après.
01:01:04On va pouvoir refaire
01:01:04à chaque fois-compte
01:01:05sur le budget, Valérie.
01:01:07Les questions au gouvernement
01:01:08ont aussi repris
01:01:08cet après-midi.
01:01:09On en a parlé
01:01:10il y a un instant.
01:01:11Juste avant le début
01:01:11de la séance,
01:01:12l'Assemblée a rendu hommage
01:01:13aux victimes de l'incendie
01:01:14à Cran-Montana en Suisse.
01:01:16Absolument.
01:01:16À la demande de la présidente
01:01:17de l'Assemblée nationale,
01:01:19une minute de silence
01:01:19a été observée
01:01:21en tout début de séance.
01:01:2240 personnes ont péri
01:01:29dans la nuit du 31 décembre
01:01:31au 1er janvier 2026.
01:01:33Un drame qui a aussi
01:01:34fait 119 blessés.
01:01:37Et c'est pour rendre hommage
01:01:38aux disparus,
01:01:39aux blessés
01:01:39et à tous leurs proches
01:01:40que Yael Brun-Pivet
01:01:41a transmis ses condoléances
01:01:43au nom de tous les élus.
01:01:45Un peu plus tard,
01:01:46dans l'hémicycle,
01:01:47le député démocrate
01:01:48Christophe Blanchet
01:01:49est revenu
01:01:49sur le drame.
01:01:51Lui qui connaît bien
01:01:51le sujet,
01:01:53l'élu du Calvados
01:01:54a dirigé
01:01:55plusieurs établissements
01:01:55à Caen,
01:01:57dont une discothèque.
01:01:58Alors pour lui,
01:01:59les mesures de sécurité,
01:02:00les normes de sécurité
01:02:01n'ont plus aucun secret
01:02:02mais elles n'auraient pas
01:02:03tout à fait été respectées
01:02:04en Suisse.
01:02:05Pas d'alarme incendie,
01:02:07trop de monde au mètre carré,
01:02:08pas de système
01:02:09de désenfumage,
01:02:10pas de textiles
01:02:11ou matériaux inifugés,
01:02:13un nombre insuffisant
01:02:14de sorties de secours.
01:02:15Ce qu'il s'est passé
01:02:17ce 1er janvier
01:02:17peut à tout moment
01:02:18se reproduire en France.
01:02:20Il ne s'agit pas
01:02:21de réinventer des normes
01:02:22ou des réglementations
01:02:23mais de faire appliquer
01:02:24strictement
01:02:25celles qui existent.
01:02:27Alors dans sa réponse,
01:02:28le ministre de l'Intérieur
01:02:29précisera que
01:02:30les préfets
01:02:31procèdent déjà
01:02:32de très nombreux
01:02:33contrôles
01:02:34dans les établissements
01:02:34recevant du public
01:02:35mais qu'ils seront
01:02:36dorénavant renforcés.
01:02:38Le travail reprend aussi
01:02:39pour la commission d'enquête
01:02:40sur l'audiovisuel public,
01:02:42la neutralité,
01:02:43le fonctionnement
01:02:43et le financement
01:02:44d'audiovisuel public précisément.
01:02:45Oui, mais alors attention
01:02:46Adeline,
01:02:46cet après-midi,
01:02:47son président a prévenu
01:02:49on reprend les auditions
01:02:51mais seulement
01:02:52dans de bonnes conditions.
01:02:53Jérémy Patrier-Lettus
01:02:54a réuni le bureau
01:02:56de l'instance
01:02:56pour dire stop
01:02:57aux échanges tendus,
01:02:59stop à la mauvaise ambiance.
01:03:00Il ne veut plus voir
01:03:01sa commission transformée
01:03:02en, je le cite,
01:03:04tribunal politique
01:03:04en procès individuel
01:03:06ou en lieu
01:03:06de la politique spectacle.
01:03:08Le député Horizon
01:03:09a réuni toute la bande
01:03:10aujourd'hui
01:03:10à 16h pour redonner
01:03:12un cadre clair
01:03:14et repartir
01:03:15sur de bonnes bases
01:03:15une démarche nécessaire
01:03:17pour la députée
01:03:18qui va suivre
01:03:18Sophie Taillé-Pollian
01:03:20et l'une des secrétaires
01:03:21de cette commission.
01:03:22On l'écoute.
01:03:23Tout le monde a convenu
01:03:24y compris le rapporteur
01:03:25y compris l'intégralité
01:03:26des groupes politiques
01:03:27qui étaient représentés
01:03:28quasiment tous
01:03:28que les choses
01:03:29ne s'étaient pas déroulées
01:03:30correctement
01:03:30ces dernières semaines
01:03:31et je crois
01:03:32que ça a donné
01:03:34une image déplorable
01:03:34de notre assemblée
01:03:36et des commissions
01:03:38d'enquête.
01:03:39Dans cette réunion
01:03:40il a notamment
01:03:41été demandé d'arrêter
01:03:42de diffuser
01:03:43des tweets
01:03:44des vidéos
01:03:44publiées en direct
01:03:45sur les réseaux sociaux
01:03:47et une remarque
01:03:48visant directement
01:03:49le rapporteur UDR
01:03:51Charles Aloncle
01:03:51et si le moindre
01:03:53extrait tronqué
01:03:54se retrouve sur le net
01:03:55Jérémy Patrier-Lettus
01:03:56l'a promis
01:03:56il suspendra à nouveau
01:03:58les auditions
01:03:59c'est dit.
01:04:00Bon
01:04:00on termine
01:04:01ce Bourbon Express
01:04:02avec un clin d'œil
01:04:04à la météo
01:04:04bien sûr
01:04:05d'autant que
01:04:06vous ne voyez pas
01:04:06en dessous
01:04:07je la balance
01:04:08j'ai les mots de moutes
01:04:09elle est venue équiper
01:04:10pour la neige
01:04:12toujours bien s'équiper
01:04:13alors pour cette nouvelle année
01:04:14Adeline
01:04:14je vous offre
01:04:1522 secondes
01:04:17de poésie
01:04:18quelques images
01:04:19de douceur
01:04:19avec ce magnifique
01:04:20manteau neigeux
01:04:21qui habille
01:04:22le Palais Bourbon
01:04:23depuis hier
01:04:24c'est cadeau
01:04:25c'est de la rigolade
01:04:26c'est beau
01:04:35et ce sera encore plus beau demain matin
01:04:49exactement
01:04:50à surveiller
01:04:51depuis nos fenêtres
01:04:52merci Valérie
01:04:53merci à tous les trois
01:04:54d'être venus ce soir
01:04:55sur le plateau
01:04:55de chaque voix compte
01:04:56merci à vous
01:04:57chez vous
01:04:57de nous avoir suivis
01:04:58merci Fanny
01:04:59et merci Laurent
01:05:00cette émission est rediffusée
01:05:01tout à l'heure
01:05:02à 23h30
01:05:02vous la trouvez également
01:05:04sur lcp.fr
01:05:05en replay
01:05:05et sur les plateformes
01:05:06de podcast
01:05:07évidemment
01:05:07nous revenons demain
01:05:08en direct
01:05:09à 19h30
01:05:10d'ici là
01:05:10passez une excellente soirée
01:05:12sur LCP
01:05:13à demain
01:05:13Sous-titres par Jérémy Diaz
01:05:26Sous-titres par Jérémy Diaz
01:05:27Sous-titres par Jérémy Diaz
01:05:28Sous-titres par Jérémy Diaz
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