00:02Bonjour à tous, bonjour Monsieur l'Ambassadeur.
00:04Israël annonce il y a quelques instants avoir lancé une nouvelle vague d'attaques sur Téhéran.
00:10Est-ce que vous confirmez cette attaque et quel en est l'objectif ?
00:13L'objectif est de continuer la guerre. Vous savez, nous avons trois objectifs à cette guerre.
00:17L'un, c'est le programme nucléaire, le second, c'est le programme balistique
00:20et le troisième, c'est d'affaiblir le régime afin de pouvoir aider les Iraniens à prendre le contrôle de
00:27leur pays.
00:27Et donc, ça rentre dans le cadre de tout ça.
00:30Mais alors là, quand il y a des frappes sur le centre de Téhéran, comme ça a l'air d
00:33'être le cas,
00:33on a le sentiment qu'il ne s'agit pas de cibler des arsenaux,
00:37mais vraiment de cibler le régime et ses infrastructures.
00:40N'oublions pas que, par exemple, avant-hier, nous avons ciblé une infrastructure qui était à Téhéran,
00:46qui était une infrastructure nucléaire dans laquelle le régime iranien développait l'arme nucléaire vraiment,
00:52c'est-à-dire l'armement nucléaire.
00:54Donc, le fait que ce soit à Téhéran ne veut pas dire que ce n'est pas militaire.
00:59Ce matin, je n'ai pas d'informations qui me disent que c'est une des cibles militaires.
01:04Ça pourrait être des cibles du régime, c'est-à-dire l'affaiblissement du régime qui fait partie de nos
01:10cibles.
01:10– Pitek Set, le ministre américain de la Défense, a dit que le régime est anéanti.
01:14Est-ce que vous pensez de cette déclaration ? Est-ce que vous confirmez ? Est-ce que ça vous
01:17paraît exagérer ?
01:18– Il est en voie d'avoir un très gros problème.
01:21– Mais, anéanti, j'ai senti que ce ne sont pas vos termes.
01:26– Chacun choisit les termes qu'il préfère. Je pense que je préfère faire attention avec les termes que j
01:32'utilise.
01:32Il est très affaibli, il est dans une très mauvaise posture.
01:37– Justement, riposte, donc frappe israélienne sur Téhéran, mais riposte iranienne sur Israël.
01:44On a le sentiment que cette riposte faiblit, que les frappes sur votre… tout à fait, vous confirmez ?
01:48– Tout à fait, oui. Vous savez, dans la première journée de la guerre, les Iraniens ont tiré 350 missiles.
01:54Aujourd'hui, dans la nuit, ils ont tiré 3 ou 4 missiles.
02:00Ils choisissent de tirer beaucoup moins.
02:02La raison, peut-être qu'ils ont beaucoup moins de munitions, ou bien qu'ils pensent au futur,
02:05mais le fait est qu'on ne parle pas d'une journée de centaines de missiles
02:10qui sont tirés sur le territoire estrain, les missiles, les drones, etc.
02:13Et donc, oui, il y a une situation différente de celle de la première…
02:16– Moins dangereuse ?
02:17– Moins dangereuse. Vous savez, un missile d'une tonne, d'une tonne et demie
02:22peut tuer une vingtaine de personnes.
02:25– Oui, mais moins de missiles sont tirés, moins il y en a qui ont de chances de passer le
02:28domaine de fer.
02:28– Exactement.
02:31Votre Premier ministre, Benyamin Netanyahou, et notre président Emmanuel Macron
02:34se sont parlé hier. Vous avez assisté à cet entretien, vous avez entendu ce qu'ils se sont dit.
02:41C'était leur première conversation depuis longtemps.
02:44– C'était une première conversation depuis quelques mois, effectivement.
02:47C'était une bonne conversation. C'est une conversation très importante.
02:52Les deux dirigeants se sont parlé ouvertement, franchement.
02:56Il y avait une bonne ligne de conversation. On a décidé de continuer cette conversation.
02:59– Le climat, on sait que les relations n'ont pas toujours été faciles entre les deux.
03:03Est-ce que vous avez le sentiment que le climat entre les deux chefs d'État
03:07et chefs de gouvernement se réchauffe un petit peu ?
03:09– Vous savez qu'il y avait effectivement des grandes différences
03:12entre la France et Israël sur le dossier palestinien.
03:16– Sur la reconnaissance de la Palestine par la France.
03:19– Exactement. Mais sur le dossier iranien, la France et Israël ont toujours été
03:22plus ou moins alignés dans leur politique.
03:24Et donc ce n'est pas une surprise. La France a une position très dure
03:29par rapport au nucléaire iranien et par rapport aux efforts de déstabilisation
03:32que l'Iran mène dans la région. Et donc c'est tout à fait normal
03:37que autour de ce sujet il y ait une bonne discussion
03:40et c'est une bonne raison de relancer les relations sur un bon pied.
03:44– Alors pour autant il reste des différences.
03:47On va voir ce qu'a dit le Président de la République hier après cet entretien.
03:50Il a demandé, j'ai appelé le Premier ministre israélien, à préserver l'intégrité territoriale du Liban
03:55et à s'abstenir d'une offensive terrestre.
03:59Pour autant est-ce que cette offensive terrestre de Tzahal à l'intérieur du Liban a commencé ?
04:03– Il faut comprendre. Nous n'avons pas, ce n'est pas notre volonté de rentrer dans le Liban,
04:08d'envahir le Liban et de prendre des territoires au Liban n'est pas du tout.
04:12Ce que nous voulons c'est que le Hezbollah arrête de tirer sur Israël.
04:15Le Hezbollah a fait un choix. Il a fait le choix de rentrer dans la guerre.
04:19Il a tiré des requêtes et des missiles contre mon pays.
04:22Et donc nous avons répondu. Nous continuerons à en répondre si le Hezbollah n'arrête pas.
04:26Et si nous sommes obligés, nous rentrerons dans le territoire iranien pour détruire les infrastructures.
04:32– Vous rentreriez dans le territoire iranien ?
04:34– Libanien, pardon. Libanais.
04:35– Libanais.
04:36– Trop tôt le matin.
04:37Les Libanais, pour détruire les infrastructures du Hezbollah, s'il le faut, bien sûr, c'est quelque chose que nous...
04:42– Vous y êtes déjà ? Ça allait déjà assez profondément ?
04:45– Non, pas trop profondément.
04:46– Pas trop profondément ?
04:47– Mais c'est quelque chose que nous préférons ne pas faire, qu'il soit clair.
04:51Nous ne voulons pas, encore une fois, nous engager dans une guerre au Liban, pas du tout.
04:55Ce que nous voulons, simplement, c'est que le Hezbollah arrête de tirer.
04:59– Est-ce que la guerre israélienne va durer encore sur l'Iran ?
05:02Là, j'en reviens à l'Iran, va durer encore longtemps ?
05:04– Vous savez, je ne pense pas.
05:06– Vous ne pensez pas ?
05:08– Non, je ne pense pas qu'elle durera trop longtemps.
05:10Ça dépend de la définition de longtemps.
05:13Malheureusement, nous avons terminé maintenant une guerre qui a duré extrêmement longtemps.
05:17Pendant deux ans, nous étions en guerre avec le Hamas dans le sud.
05:21Ce n'est pas du tout ce genre de guerre...
05:23– Et c'est quelques jours, quelques semaines ? Qu'est-ce que vous diriez ?
05:25– Quand la guerre a commencé, le Premier ministre, le chef d'État-major, ont parlé de quelques semaines.
05:32Donc, je pense que quelques semaines reste toujours la bonne définition.
05:36Je ne pense pas que ce soit un grand nombre de semaines, un petit nombre de semaines, pas plus que
05:40ça.
05:40– Il semble que le fils de l'Ayatollah Khamenei est de fortes chances de devenir le nouveau guide suprême.
05:46Israël va-t-elle tenter de l'exécuter comme son père ?
05:51– Je pense que nous avons clarifié notre position à ce sujet.
05:57Les dirigeants islamistes de l'Iran sont tous des cibles,
06:02tant qu'ils ne changent pas leur décision d'essayer de détruire mon pays.
06:06– Mais donc, avant même que le nouveau guide ait été à l'œuvre, que vous voyez sa politique,
06:12il sera sur la kill list, comme on dit, il sera sur la kill list israélienne.
06:16– Il fait partie des dirigeants islamistes du pays.
06:21Nous avons ciblé une rencontre des 88 qui devait justement choisir
06:27qui serait le remplaçant de Khamenei.
06:31S'il lui décide de continuer la politique de son père,
06:34il n'y a aucune raison qu'il ne le soit pas.
06:36– Je suis Azarka, ambassadeur d'Israël en France, invité des 80.
06:39Merci monsieur l'ambassadeur d'être venu.
06:41C'était vous, Adrien. Bonne journée à tous.
06:43– Sous-titrage ST' 501
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