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  • il y a 3 heures
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:0113h, 14h, Europe Info.
00:03Europe Info avec vous, Rudy Saada, et vos deux chroniqueurs, George Fenech et Jean-Michel Salvatore.
00:07Et on évoquait en début de débat la posture de la France qui se pose en observateur attentif,
00:12qui distribue les bons et les mauvais points.
00:14Mais il y a des pays occidentaux qui ont plus clairement affirmé leur opposition à cette initiative américaine et israélienne.
00:21C'est le cas de l'Espagne qui a refusé l'autorisation aux Américains d'utiliser ses bases.
00:26Et cela, évidemment, ne plaît pas du tout au président Trump.
00:32L'Espagne nous a dit qu'on ne peut pas utiliser leur base.
00:37On pourrait le faire, leur imposer.
00:40Mais nous n'avons pas besoin de le faire.
00:44C'est une nation maintenant inimicale.
00:48Nous n'avons pas besoin d'eux.
00:50Nous respectons leur peuple, mais pas leur gouvernement.
00:54Donc nous allons mettre fin à tout échange commerciux avec l'Espagne.
00:59Voilà, donc c'était Donald Trump hier.
01:01Et Pedro Sanchez, le premier ministre espagnol, a répondu à Donald Trump ce matin.
01:06Nous ne serons pas complices d'une action néfaste pour le monde et contraires à nos valeurs et à nos
01:11intérêts simplement par peur des représailles de certains.
01:15Nous condamnons le régime iranien qui réprime et tue sauvagement ses citoyens, en particulier les femmes.
01:21Mais dans le même temps, nous rejetons ce conflit et appelons à une solution diplomatique et politique.
01:29Certains nous accuseront de naïveté, mais ce qui est naïf, c'est de penser que la violence est la solution.
01:34C'est de croire que les démocraties ou le respect entre les nations naissent des ruines.
01:39Voilà, Pedro Sanchez, le premier ministre espagnol.
01:42Et on apprend à l'instant par l'Elysée qu'Emmanuel Macron exprime sa solidarité envers Pedro Sanchez.
01:50Comment interprétez-vous ce nouvel en même temps signé Emmanuel Macron, Georges Penech ?
01:55J'ai du mal à suivre ces zigzags depuis quand même maintenant 3 ou 4 jours.
02:01Ce que je constate, c'est que M. Macron dit finalement la même chose que Jean-Luc Mélenchon.
02:07Parce que le seul soutien qu'il y a eu en France de Pedro Sanchez, c'était celui de Jean
02:10-Luc Mélenchon.
02:11Donc même combat.
02:12Alors qu'on m'explique comment on peut être à la fois à envoyer son porte-avions Charles de Gaulle
02:18sur zone
02:19et en même temps dire je ne serai pas complice comme l'a dit Pedro.
02:23Où on y va ou on n'y va pas.
02:25C'est évident.
02:26C'est entre deux lacs, si je puis dire, entre deux mers, entre deux porte-avions.
02:30Ce n'est pas possible.
02:31Je pense que l'armée a besoin d'avoir une conduite et une seule conduite.
02:34Le chef de l'État, il est là pour décider.
02:36Il apporte son soutien à un Européen espagnol qui s'inscrit en faux contre nos alliés.
02:42Ce sont quand même nos alliés américains et dans ce combat contre l'Iran.
02:47Mais on sait très bien que l'Espagne d'ailleurs, il y a quand même, il faut le dire, un
02:50fond d'antisémitisme.
02:52Un petit peu.
02:52Ça a été un pays qui a été en tête pour soutenir la cause palestinienne.
02:58Et pour ne pas dire le Hamas.
02:59Les enfants débarquaient à l'aéroport de Valence.
03:02Le tour de France, on n'en veut pas parce qu'il y a une délégation israélienne.
03:05Les condamnations successives d'Israël, les manifestations dans les rues.
03:09Donc attaquer l'Iran, c'est quelque part, avec Israël, ça gêne beaucoup l'Espagne.
03:14Et là, nous avons notre président de la République qui, à mon avis, commet, je vais dire un gros mot,
03:19une faute politique, en disant je soutiens l'Espagnol.
03:22Parce qu'on ne peut pas soutenir un Espagnol qui, aujourd'hui, attaque frontalement les États-Unis.
03:27Jean-Michel Salvatore.
03:28Moi, je suis tout à fait d'accord avec Georges.
03:29Je ne comprends pas, je ne comprends pas cette prise de position d'Emmanuel Macron.
03:33Celle de Pedro Sanchez, je la comprends parce qu'il est coutumier du fait.
03:37Il a toujours été très opposé à Donald Trump.
03:40Il fait partie de ces pays qui ont toujours considéré qu'il ne devait pas faire un effort supplémentaire de
03:43défense,
03:44alors que les Américains considéraient que c'était quand même aux Européens de se défendre eux-mêmes.
03:48Moi, ce qui me choque dans la phrase de Pedro Sanchez,
03:52mais qu'a repris d'une certaine façon Emmanuel Macron hier,
03:57c'est ce qui concerne le peuple iranien et la négociation avec les Iraniens.
04:03Hier, Emmanuel Macron disait, moi je suis pour une paix durable
04:06et c'est la diplomatie qui doit reprendre ses droits.
04:09Je ne vois pas très bien comment on peut rediscuter avec les Iraniens
04:13quand on voit ce qu'ils ont fait ces dernières semaines,
04:16quand on est capable de tuer 50 000 personnes, 60 000 personnes, 80 000 personnes en quasiment une nuit.
04:23Je ne vois pas très bien comment on peut considérer que ces gens-là sont des interlocuteurs valables
04:27pour trouver une solution à ce qui se passe en Iran.
04:31Et puis, sur Pedro Sanchez, il y a une déclaration que je trouve aussi assez choquante
04:34quand il dit la violence n'est pas la solution, mais la violence elle est de quel côté ?
04:39Bon, évidemment c'est la guerre, mais la première violence c'est la violence de l'agime envers son peuple.
04:45C'est les gardiens de la révolution, etc.
04:49Donc je trouve que si vous voulez, il y a une espèce de très grande mauvaise foi chez Pedro Sanchez
04:54et il y a chez Macron un espèce d'en même temps qui là gâche tout en fait.
04:59Parce qu'hier, il avait pu quand même engranger le soutien de certaines forces politiques
05:06comme le Rassemblement National, comme les Républicains.
05:08Bon, parce que là, il y a un peu l'effet de rapports en disant
05:10bon, il y a le Charles de Gaulle, c'est bien, on va défendre nos intérêts, c'est bien.
05:14Ok ? Bon, il y avait quand même dans le discours
05:17quelques petites bombes à retardement sur
05:19bon, on est pour une paix durable et on est pour la reprise du dialogue diplomatique.
05:23Mais là, finalement, fin de la séquence d'hier
05:27où finalement, Macron est rattrapé par ces démons du en même tantisme.
05:31On va voir effectivement les réactions politiques qui vont venir, mais la position de l'Espagne
05:36ouvre un débat qui est plus vaste, comme Orban en Hongrie, dans un tout autre registre.
05:43Est-ce que l'Espagne n'est pas en train de tourner le dos à l'Union Européenne ?
05:47Chypre a été attaquée.
05:49Est-ce que ce n'est pas aussi une manière de se désolidariser de l'Europe,
05:54mais de l'Occident aussi, du camp occidental ?
05:56C'est pour cela que moi, j'aimais toujours une très grande réserve
06:00quand le président de la République nous parle de défense européenne, voyez-vous ?
06:04D'armée européenne, de parapluies nucléaires européennes,
06:08enfin, une dissuasion, comment dit-il, une dissuasion avancée, n'est-ce pas ?
06:15Ou avancée, vous voyez déjà l'Espagne ?
06:17Donc, la position espagnole qui est très en retrait, effectivement, de l'Union Européenne
06:23montre qu'il y a encore beaucoup de chemin avant d'arriver à organiser une défense commune.
06:28À force d'être anti-impérialiste, est-ce que certaines gauches européennes
06:32ne vont pas s'exclure de facto de ce camp occidental et de ce partage de valeurs ?
06:39C'est quand même le monde à l'envers, d'avoir un pays européen
06:43qui, quelque part, soutient le régime des Mola.
06:45Alors, il y a deux pays qui prennent leur distance, quand même.
06:48Il y a l'Espagne, puisque le Premier ministre refuse que ces bases en Andalizou
06:53soient utilisées par l'armée américaine.
06:56Et puis, il y a aussi un autre travailliste qui est britannique,
06:59et qui, lui aussi, alors il ne fait plus partie de l'Europe, bien sûr,
07:02mais lui aussi a pris ses distances avec Trump,
07:04et lui aussi ne veut pas prêter sa base qui se trouve dans l'Océan Indien,
07:10qui est à Diego Garcia, ne veut pas prêter cette base militaire aux Américains
07:18dans le cadre de la guerre contre l'Iran.
07:21C'est un élément extrêmement nouveau, ça.
07:24Jamais, les Britanniques ont toujours marché du même pas.
07:26Bien sûr, bien sûr.
07:27Quoi que décident les Américains, Bush en Irak, ils y sont allés,
07:31même s'ils y sont allés, on ne discutait pas.
07:34Là, c'est nouveau, quand même, ce qui est en train de se passer.
07:36Merci, messieurs, ça sera le mot de la...
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