00:0013h, 14h, Europe 1 Info, avec Clélie Mathias sur Europe 1 et c'est l'heure d'accueillir à 13h21
00:07vos deux chroniqueurs du jour Clélie, les deux journalistes Yvan Riouffol et Thomas Bonnet.
00:11On va parler du coût réel de nos soins dans un instant.
00:14Juste avant vous avez certainement lu, enfin en tout cas Thomas Bonnet j'en suis à peu près sûre,
00:17je ne vous ai pas salué, bonjour, bienvenue.
00:18Bonjour Clélie, bonjour à tous.
00:20Non parce qu'on parle.
00:21Directement dans le bain, pourquoi pas.
00:22Ouais comme ça, on y va, cache en direct.
00:25Non mais vous avez lu évidemment l'interview accordée à la presse régionale de notre Premier ministre
00:29qui a détaillé sa feuille de route jusqu'à l'été, on va dire déjà.
00:34Et puis il a aussi affirmé qu'il avait signé deux décrets qui réformaient l'aide médicale d'État.
00:40Alors ce dispositif, je le rappelle, ça permet aux étrangers en situation régulière
00:43d'avoir les soins de santé qui sont pris en charge.
00:47Les deux décrets ont été publiés je crois au journal officiel.
00:51Le premier renforce la lutte contre la fraude avec des perspectives d'économie de 180 millions d'euros.
00:57C'est ce qu'a dit Sébastien Lecornu.
00:58Et le deuxième décret modernise les systèmes informatiques de l'État
01:02pour que tous les fonctionnaires en charge du dossier puissent y avoir accès.
01:05Je vous propose, avant qu'on en parle, d'écouter Gabrielle Cluzel,
01:09la rédactrice en chef de Boulevard Voltaire.
01:11Elle était au micro de Christine Kelly ce matin sur Europe 1 à ce sujet.
01:15Sébastien Lecornu a fait du Sébastien Lecornu,
01:17c'est-à-dire qu'il a donné un peu du grain à moudre à l'aile la plus à droite.
01:23Vous voyez, je m'occupe de l'AME, je fais en sorte, je sais, j'ai compris que l'AME était un sujet pour vous,
01:30donc je fais en sorte de réduire un peu.
01:33Mais en réalité, c'est absolument symbolique.
01:37L'AME institutionnalise la présence en France, en réalité, crée des assurés sociaux.
01:42Donc l'AME en soi est un sujet au-delà de son montant et de ce qu'elle coûte aux Français.
01:47– Et vous aussi, vous avez vu ces deux décrets.
01:50Alors qu'est-ce que vous dites ?
01:51Vous dites, comme Gabrielle Cluzel, il aurait pu faire mieux ?
01:55Ou est-ce que vous dites, c'est déjà ça, on avance ?
01:57– Non, mais c'est rien du tout.
01:58Si vous l'avez dit vous-même, c'est 100 millions d'économies.
02:02– 180.
02:02– 180 millions, donc c'est absolument dérisoire.
02:04Ça me conforte dans cette idée qu'aujourd'hui, on ne peut plus rien…
02:07– C'est pas moi qui le disait d'ailleurs, c'est Sébastien Lecornu lui-même.
02:09– On ne peut plus rien attendre aujourd'hui des dirigeants actuels
02:13pour qu'ils réforment, pour qu'ils s'intéressent tout simplement à ce problème colossal
02:17qui est celui d'une immigration de peuplement qui ne s'intègre plus
02:20et qui fait venir en effet, notamment avec le soutien du Conseil d'État,
02:24qui fait venir également des demandeurs d'asile qui voudraient être soignés.
02:29– Mais là, il envoie quand même un signal, non ?
02:31– Non, pas du tout.
02:32De mon point de vue, non, on est encore dans la mascarade.
02:35Mais simplement, on est dans le sujet de l'immigration.
02:39Ce sujet de l'immigration est tellement radioactif
02:41et a été tellement dénigré par ceux qui sont au gouvernement
02:44critiquant ceux qui se plaignaient de cette immigration,
02:46qu'ils étaient des populistes,
02:47que le gouvernement s'interdit même d'aller sur ce terrain-là
02:50et singulièrement sur le terrain de l'AME
02:52qui est quand même ce que l'on appelle une des pompes aspirantes,
02:55il y en a plusieurs, de cette immigration de peuplement
02:57qui commence à bousculer l'identité, la cohésion nationale.
03:01Et donc, je pense qu'intellectuellement, idéologiquement,
03:04le Premier ministre et surtout le Président de la République
03:07s'interdisent, ne serait-ce que de marcher sur les plates-bandes
03:11de ce qui reste, de ce qui est encore celui de ce que sont
03:15les plates-bandes du Rassemblement national.
03:17Pardon, je...
03:18– Thomas Bonnet.
03:18– Non, mais je suis d'accord.
03:19En fait, presque, il fallait mieux rien faire que de faire ça.
03:21– C'est ce que j'allais dire.
03:23Là, il a quand même dit à la presse quotidienne régionale,
03:26voilà, j'ai pris du décret sur l'AME.
03:28– Non, mais en fait, ce que je me demande,
03:29c'est est-ce qu'il y a des communicants autour de lui
03:31qui lui ont dit, bon, écoute, là, il faut envoyer des petits signaux à la droite,
03:33essayer de dire quelque chose sur l'aide médicale d'État.
03:36Si c'est ça, franchement, ce n'est pas réussi,
03:37parce que ce que disent un certain nombre de représentants politiques à droite,
03:41notamment au Rassemblement national,
03:43c'est en effet, c'est ce que disait Bruno Rotaillot aussi,
03:45la France est mieux disante que beaucoup d'autres pays
03:47sur les questions des soins ou de l'immigration,
03:50de la manière avec laquelle elle l'accueille.
03:51Et ce sont des signaux qui sont évidemment perçus à chaque fois
03:53par les réseaux de passeurs, notamment.
03:55Donc ils savent très bien qu'en France,
03:56vous aurez des conditions mieux disantes sur un certain nombre de sujets.
04:00Il ne s'agit pas de dire que ça nous coûte un pognon de dingue,
04:02pour reprendre l'expression, l'AME, je crois que c'est 1,8 milliard,
04:04c'est beaucoup, et en même temps, on peut se le permettre.
04:06Je pense qu'on peut passer, en revanche, à l'aide médicale d'urgence,
04:09qui là répondrait effectivement aux situations d'urgence,
04:12aux épidémies éventuelles dont il faudrait soigner les réfugiés ou les immigrés.
04:18Mais là, ce qu'il vient de proposer Sébastien Lecornu,
04:20honnêtement, c'est un peu du détail, 180 millions, la fraude,
04:23on passe un peu à côté du sujet.
04:24Le sujet, en fait, c'est le panier de soins,
04:25c'est quels sont les soins aujourd'hui qui sont couverts par cette aide médicale d'État,
04:28et le rapport sur lequel il s'appuie d'ailleurs, le rappeur Evan Stéphanini,
04:32disait, bon, peut-être qu'on peut revoir un certain nombre de prestations
04:34qui sont actuellement offertes et qui, en réalité,
04:37pourraient ne pas dépendre de cette aide médicale d'État.
04:40Très rapidement.
04:40Oui, le Premier ministre démontre qu'à partir du moment
04:43où vous n'avez pas de volonté politique,
04:44et là, il n'y a pas de volonté politique,
04:45vous ne réglerez pas ce problème qui est le problème central de l'immigration
04:48qui sera au cœur de la prochaine présidentielle.
04:50Surtout quand vous dépendez des socialistes,
04:51parce que c'est ça aussi qu'on n'a pas dit,
04:52c'est que s'il avait décidé d'attaquer l'AME,
04:54que vous ne voulez pas, effectivement, vous laisser caricaturer
04:58en populiste potentiel,
05:00eh bien, vous allez laisser faire, effectivement,
05:02cette submersion migratoire.
05:03Je peux vous demander, puisqu'on parle de santé,
05:05qu'est-ce que vous en pensez de cette proposition de l'Institut Montaigne
05:08d'afficher le coût réel des soins sur chaque facture ?
05:10En disant, vous ne déboursez rien, mais voilà ce que ça vous coûte.
05:13Par exemple, un bras cassé, une jambe cassée, 70 000,
05:17une cataracte, une opération de cataracte, 2000 euros.
05:21Qu'est-ce que vous en pensez ?
05:21Je trouve que c'est une très bonne idée, en effet,
05:23parce qu'on a pris l'habitude, effectivement,
05:25parce que, comme les soins sont très globalement gratuits,
05:28et en effet, c'est un grand luxe que nous pouvons avoir
05:31avec cette sécurité sociale-là,
05:33il est bien, effectivement, de rappeler aux Français
05:35que cela coûte, et que cela coûte à la collectivité,
05:37et que le malade coûte également.
05:39Donc, oui, ça me paraît très important.
05:41Je trouve ça plutôt positif aussi.
05:43Attention, quand même, à ne pas verser dans une forme de stigmatisation
05:45ou d'accusation de ceux qui ont, par exemple,
05:47de longues pathologies, qui vont recevoir un certain nombre de factures,
05:50et qui vont se dire, au bout d'un moment,
05:51« Je coûte énormément d'argent à la communauté nationale,
05:55je deviens un poids ».
05:56En fait, je mets ça en lien, pardon,
05:58avec le sujet de l'euthanasie,
05:59où on va arriver à peu près dans les mêmes choses.
06:01On va dire, bon, ça coûte un peu cher
06:03de vous maintenir en vie,
06:04est-ce qu'il ne faudrait pas abréger tout ça ?
06:06Moi, j'ai peur, attention, à cette dérive-là.
06:07Évidemment, à la pédagogie, oui.
06:09Attention à ne pas stigmatiser,
06:10ni mettre en accusation qui que ce soit.
06:11On reste ensemble, on continue notre débat.
06:13On a beaucoup parlé de Théo,
06:15Béthane, vous savez,
06:16c'est deux jeunes qui ont été agressés sauvagement
06:18par une bande de jeunes mineurs.
06:20Alors, la violence des mineurs,
06:21on va en parler.
06:22Vous avez certainement entendu
06:24François-Xavier Bellamy,
06:25ce matin sur Europe 1,
06:26qui a dit que la France était en état d'urgence éducative.
06:29On en débat dans un instant
06:30dans Europe 1 Info,
06:31avec vous deux,
06:32Yvan Rioufol et Thomas Bonnet.
06:33Europe 1, il est 13h27.
06:3413h-14h, Europe 1 Info.
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