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  • il y a 10 heures
Jean-Philippe Gillet, président des activités données fixées chez SES, était l'invité de François Sorel dans Tech & Co, la quotidienne, ce mardi 3 mars. Il s'est penché sur le premier fournisseur mondial de services de télécommunication par satellite, et notamment ses objectifs à court terme, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Tech & Co, la quotidienne sur BFM Business.
00:04Et pour terminer ce Tech & Co, donc depuis le Mobile World Congress,
00:09on va encore parler de satellite avec un opérateur très important dans ce domaine,
00:13un opérateur européen, il s'agit de SES et Jean-Philippe Gillet est avec nous.
00:19Bonsoir Jean-Philippe.
00:20Bonsoir, merci beaucoup.
00:21Président des activités données fixes chez SES.
00:25Alors je vous recevais l'année dernière, mais avec un autre titre,
00:29vous étiez le patron d'Intelsat, qui a été en fait racheté par SES, c'est ça ?
00:36Tout à fait.
00:36Expliquez-nous ce qui s'est passé là.
00:38En 12 mois, il y a pas mal de trucs qui se sont déroulés.
00:42Donc beaucoup de choses qui se passent dans le domaine du satellite.
00:45Aujourd'hui, ce qui est important, si on veut être un concurrent
00:48et fournir des services à grande échelle, il faut avoir une taille critique.
00:52Pour avoir une taille critique, il faut avoir une présence dans plusieurs pays.
00:57Donc il y a deux sociétés qui se sont regroupées.
01:00SES qui a décidé d'acquérir Intelsat.
01:04À partir du mois de juillet, c'est devenu une société commune avec beaucoup plus de satellites,
01:08beaucoup plus de moyens, beaucoup plus de présence internationale.
01:11Très bien.
01:13SES, et pour tous les anciens qui regardaient la télévision par satellite,
01:17se souviennent peut-être de Astra, qui étaient les prémices de la télévision par satellite.
01:23On pointait notre parabole sur Astra et on se retrouvait avec, notamment, je crois,
01:27les chaînes de Canal ou beaucoup de chaînes européennes, en fait, qui étaient diffusées.
01:31C'était une fenêtre incroyable qui s'ouvrait sur le monde, finalement, la télé par satellite.
01:37Eh bien, c'était vous à l'époque.
01:38Exactement.
01:39Donc à ce moment-là, déjà, beaucoup d'innovation.
01:41Innovation de distribution de télévision avec le gouvernement luxembourgeois
01:46a donné une impulsion pour créer une société qui s'appelait Astra.
01:51Aussi parce qu'il y avait beaucoup de contenu, aussi SES.
01:55Le Luxembourg, c'est aussi l'endroit où RTL a été présent.
01:58Donc avec du contenu qui était créé, avec les premiers satellites de distribution,
02:03de télévision et de radio qui ont été focalisés sur les marchés européens,
02:10en particulier sur les marchés allemands.
02:13Et ensuite, petit à petit, Astra, qui est devenu SES,
02:17qui s'est développé des acquisitions aux États-Unis, des acquisitions internationales,
02:22pour fournir beaucoup plus de services partout dans le monde.
02:29Aujourd'hui, vous êtes donc à la tête de 120 satellites, c'est ça ?
02:33120 satellites multi-orbites.
02:35Donc on opère dans les trois orbites.
02:38On est dans les satellites géostationnaires.
02:41C'est les satellites qui distribuent la télévision.
02:43Voilà, à 36 000 km d'altitude.
02:4536 000 km d'altitude.
02:46On opère aussi une flotte de à peu près 30 satellites médium orbite
02:52qui couvre, qui bouge, mais qui couvre le monde.
02:56Et on a des accords stratégiques pour des satellites low orbit, qu'on appelle Léo.
03:03Voilà, basse orbite, comme Starlink.
03:06Exactement.
03:06Ou même Léo, qui est le nom d'ailleurs du prochain service d'Amazon.
03:11Aujourd'hui, il y a plusieurs opérateurs.
03:13Il y a un opérateur européen, Hotelsat, avec une offre OneWeb.
03:16Il y a des opérateurs internationaux.
03:19Et pour nous, ce qui est important, c'est d'offrir un service qui couvre tous les besoins des clients.
03:24Et tous les besoins des clients, ce n'est pas un seul orbite.
03:27C'est avoir cette capacité à intégrer différentes solutions qui permettent ensuite de dire,
03:33pour des solutions de type connectivité aux avions,
03:36on va avoir une solution qui va être sur un orbite Géo et sur un orbite Léo.
03:42Et de même, on va avoir des services miniers, on va avoir des services de connectivité pour des pétroliers en
03:49particulier.
03:49Et on offre ce type de solution en faisant une complémentarité entre les différents orbites.
03:55Donc, qui sont vos clients finalement ?
03:57Ce n'est pas le particulier.
04:00Ça va être les entreprises, ceux qui ont besoin de connectivité.
04:04Vous parliez du transport aérien ou des bateaux finalement, c'est ça ?
04:09Donc, aujourd'hui, nous ne fournissons pas de services aux particuliers.
04:14Donc, c'est vraiment un secteur sur lequel on n'est pas focalisé.
04:18On est focalisé sur fournir des services aux opérateurs de téléphonie immobile.
04:22Le type de service qu'on fournit aux opérateurs de téléphonie immobile, c'est de la connectivité pour étendre leur
04:28réseau.
04:29Donc, en plus des connectivités fibres, on offre ce type de connectivité par satellite.
04:34Et aussi pour tout ce qui est désastre.
04:37Quand il y a un problème, quand il y a une inondation, on a besoin d'offrir des services complémentaires
04:42par satellite.
04:43On fournit des services aux compagnies aériennes, connectivité aux avions.
04:48On fournit des services aux bateaux.
04:51Et bien entendu, toute la télévision est encore une grosse partie de notre métier.
04:57Comme un Telsat d'ailleurs.
04:58Et il y a un marché qui est en très forte croissance aujourd'hui, c'est les activités gouvernementales.
05:04Comment est-ce qu'on peut offrir des services qui offrent de la souveraineté sur des satellites pour offrir des
05:12services de surveillance de frontières,
05:15des services de aide au déploiement de troupes, des services de connectivité à des drones et autres ?
05:22J'imagine qu'en ce moment, l'activité de défense doit être importante, non ?
05:27L'activité de défense est importante.
05:29La souveraineté est importante.
05:30Et c'est là où on a quelque chose qui est très différenciateur.
05:35Où sur des satellites d'orbite basse, on est capable d'offrir des services souverains.
05:43Et ces services souverains, ça permet à un pays de conserver les données dans son pays
05:50et d'opérer, même sur des satellites qui sont partagés entre plusieurs clients, des services qu'ils contrôlent à 100%.
05:59Votre objectif dans les années qui viennent, c'est quoi ?
06:01C'est de lancer de nouveaux satellites, de proposer de nouveaux services.
06:05Quelle est votre stratégie maintenant que vous êtes un acteur encore plus important que les années précédentes
06:10puisque avec le rachat d'Intelsat, vous passez à une taille critique ?
06:15Les grands sujets aujourd'hui pour nous, c'est comment est-ce qu'on est intégré de manière transparente pour
06:24les opérateurs de téléphonie ?
06:26Comment est-ce que ce qu'on appelle le NTN, Non-Terrestrial Solution, est intégré dans le réseau TN, Terrestrial
06:35Solution,
06:36de l'opérateur de téléphonie mobile ?
06:39On veut rendre ça totalement transparent.
06:42Le deuxième sujet, c'est la connectivité directement au téléphone mobile.
06:47On a un partenariat avec une société qui s'appelle Link, on est un investisseur dans une société qui s
06:52'appelle Link,
06:52qui développe une flotte de satellites qui se connectent directement au téléphone mobile.
06:59Et l'idée, c'est de faire une complémentarité avec le réseau terrestre, le réseau satellite,
07:06qui non seulement couvre les entreprises, les tours, les gateways, mais aussi l'opérateur final.
07:14Jean-Philippe Gillet, quand on voit la puissance aujourd'hui d'un Starlink qui lance des milliers de satellites par
07:18an,
07:19avec une couverture incroyable et un service d'excellente qualité,
07:22quand on voit qu'Amazon s'apprête à lancer aussi sa constellation,
07:30franchement, est-ce que vous continuerez à tirer votre épingle du jeu, finalement ?
07:36Parce qu'on voit que c'est des investissements qui sont colossaux,
07:40qu'aucun acteur européen ne pourra égaler, finalement.
07:45Il y a un espoir, malgré tout ?
07:47Évidemment, il y a un espoir.
07:48L'espoir, il doit être défini par les cibles.
07:53Quels sont les clients qu'on va servir ?
07:55Aujourd'hui, ce qui est clair pour nous,
07:57c'est que délivrer de la connectivité broadband à l'opérateur final,
08:02ce n'est pas quelque chose qu'on va faire.
08:04Délivrer une solution souveraine pour un gouvernement,
08:08délivrer une solution qui est avec le standard d'un opérateur de téléphonie mobile.
08:14Pour tous les opérateurs de téléphonie mobile,
08:17de leur donner de la résilience,
08:19de leur donner une possibilité de s'étendre plus rapidement
08:23dans les zones dans lesquelles il n'y a pas de zone de couverture,
08:26ce sont des marchés sur lesquels on a une offre,
08:29et on aura une offre dans le futur,
08:31qui sera vraiment résiliente et valide pour nos clients.
08:37Vous y croyez, à l'explosion de la réception par satellite sur les téléphones ?
08:43On voit qu'il y a de plus en plus de constructeurs
08:45qui proposent des services d'urgence,
08:48ou même d'envoi de SMS par satellite.
08:51On voit que ça commence à se propager.
08:55Ça va arriver ?
08:57C'est quelque chose qui va bouleverser, à votre avis,
08:59le monde des télécoms ?
09:00Pour moi, je vois ça comme des services qui sont complémentaires.
09:04C'est un outil en plus dans la boîte à outils des opérateurs de téléphonie mobile.
09:10Des services d'urgence, c'est une réalité.
09:14Ce ne sont plus des projets.
09:17C'est une réalité aujourd'hui.
09:18Il y a déjà des services, je l'ai testé moi-même,
09:21ça fonctionne très très bien.
09:23Dès que vous commencez à vouloir fournir des hauts données
09:29dans des zones qui sont des zones urbaines,
09:31le satellite n'est pas la bonne solution.
09:33Et ça ne sera pas la bonne solution.
09:34Oui, parce que ce sera la 5G qui sera toujours...
09:37Exactement.
09:37Ou la fibre.
09:38Par contre, avoir des services qui sont complémentaires
09:41avec des bons niveaux de données dans des zones qui sont plus rurales,
09:46ça aussi, ça va devenir une réalité.
09:48Et on n'est pas en train de parler d'une réalité qui sont 2035.
09:51On est en train de parler de réalités qui sont dans cette décennie.
09:54Est-ce qu'à votre avis, il faudrait qu'il y ait une espèce de sursaut européen
09:58pour avoir un Starlink-like, finalement ?
10:04Est-ce que c'est quelque chose que vous aimeriez en vous associant peut-être,
10:11en essayant de récolter des capitaux ?
10:13Ça a du sens ou pas, à votre avis ?
10:15Il y a déjà un projet européen qui s'appelle Iris Carré.
10:19Il y a déjà des partenaires.
10:21On est un des partenaires fondateurs.
10:23Il y a déjà des projets qui sont en train de se faire.
10:26Aujourd'hui, on doit travailler, on doit collaborer en tant que partenaire européen.
10:32On doit aussi démontrer notre puissance et être une solution
10:37qui est à un bon prix, bonne qualité de service pour nos clients.
10:42Ça doit être ça, notre ambition.
10:44Ce n'est pas un marché protégé qui va nous donner une position stratégique.
10:50Mais il y a déjà des acteurs européens qui se sont regroupés avec Hôtelsat,
10:55avec Ispasat dans le domaine du satellite.
10:57Et il y a déjà quelque chose qui se met en place.
11:00Merci beaucoup Jean-Philippe.
11:02Jean-Philippe Gillet, président des activités de Donnefix chez SES.
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