00:04Où en sont les entreprises de gestion de patrimoine en matière de stratégie d'intelligence artificielle ?
00:11C'est le sujet qui va nous animer à présent dans l'œil de l'expert.
00:13Et pour en parler, nous avons le plaisir d'accueillir Vincent Aurez.
00:16Bonjour Vincent.
00:17Bonjour.
00:17Merci d'être avec nous. Vous êtes président de FigenEI.
00:19Alors on parle beaucoup quand on parle d'intelligence artificielle, de régulation, de cadre européen, de risque.
00:24Est-ce que ça pousse les entreprises, que ce soit institutionnelles ou entreprises qui interviennent sur le sujet de la
00:29gestion de patrimoine, à attendre dans le contexte actuel ?
00:32Écoutez, on a d'abord une chance.
00:34C'est qu'effectivement, il y a un tas de réglementations qui poussent les entreprises à s'y intéresser.
00:39Mais il y a surtout une urgence.
00:40Ce qu'on voit, c'est qu'on peut attendre des fois la réglementation et sa mise en application qui
00:45peut prendre du temps.
00:46Par contre, il y a un acteur du marché qui, lui, n'attend pas du tout.
00:49C'est les clients.
00:50Les clients, eux, utilisent ChatGPT ou autres au quotidien désormais, pour le meilleur et pour le pire.
00:56Et donc, il y a une urgence aujourd'hui pour les entreprises puisqu'elles font face à un afflux croissant
01:00de particuliers qui leur disent « j'ai vu ça sur ChatGPT ».
01:04Ça veut dire qu'en fait, on a des clients qui se font conseiller pour leurs investissements par une intelligence
01:08artificielle
01:08et qui vont challenger ce que peut leur dire une banque, un institutionnel ou un conseil en gestion de patrimoine.
01:14Exactement. Et puis, il y a six mois, on pouvait dire que c'était anecdotique l'usage de ChatGPT.
01:19Aujourd'hui, c'est plus de trois quarts des personnes qui utilisent ChatGPT ou autres, encore une fois, ces IA
01:25généralistes.
01:25Pourquoi ? 78% d'entre elles, c'est pour se conseiller.
01:28D'accord.
01:29Donc, on utilise en fait des IA aujourd'hui quand on est un client particulier d'une entreprise du patrimoine,
01:34d'un CGP, d'une banque, d'un groupement, pour se conseiller.
01:39Et ça veut dire que quand on est entreprise, d'un côté, on attend la régulation, de l'autre, il
01:43y a urgence à au moins avoir une réponse à apporter à ces clients-là ?
01:47Exactement. Une réponse qui peut justement démonter, d'ailleurs, ce qu'a dit l'IA généraliste, qui est basée à
01:52San Francisco et qui ne connaît pas forcément la fiscalité française.
01:55Mais c'est aussi démonter sur l'approche du risque, puisqu'il y a toute une psychologie de l'investissement.
01:59Où là, c'est le métier justement de professionnel du conseil financier pour écouter, pour comprendre aussi tout ce qui
02:04n'a pas été dit.
02:05D'accord.
02:05Pour savoir, attention, ça c'est risqué. Est-ce que vous êtes vraiment prêt à faire face à une telle
02:10volatilité, par exemple ?
02:11Donc le sujet, c'est quoi ? C'est former ses conseillers pour répondre à ce qu'aurait conseillé l
02:15'intelligence artificielle ?
02:16Ou c'est intégrer de l'IA aussi dans le conseil qu'on peut apporter à ses clients, mais avec
02:20les risques que ça comporte ?
02:21Totalement, c'est un, se former et deux, mettre en application ce qui est formidable avec l'intelligence artificielle.
02:27C'est que dès lors qu'on l'implémente, au bout de sept semaines, en moyenne, on commence déjà à
02:31avoir des retours sur investissement.
02:32D'accord.
02:32On n'est pas obligé non plus de transformer tout son système IT pour mettre de l'IA partout.
02:37Pas du tout, on est dans un univers régulier. On peut commencer par exemple par augmenter le conseiller après le
02:42rendez-vous ou avant le rendez-vous, voire son retour.
02:45Et là, d'un coup, on voit aussi qu'il y a un vrai retour sur investissement dans le développement
02:49commercial, dans l'accompagnement client.
02:51Et les clients, ça, ils le comprennent ? Parce que quand ils l'utilisent chez eux, ils l'ont choisi,
02:55ils l'utilisent chez eux.
02:56Ils comprennent quand ils vont voir une entreprise spécialisée du sujet, qu'est d'avoir là aussi un outil d
03:02'intelligence artificielle, pas forcément le même, mais un outil d'intelligence artificielle qui va les conseiller ?
03:06Oui, il faut l'accompagner effectivement. Je pense qu'on est exactement face aux choses. Mon expert comptable aujourd'hui
03:12utilise un outil informatique et utiliser Excel.
03:14Ça ne me dérange pas du tout parce qu'effectivement, il va beaucoup plus vite dans ses calculs, dans ses
03:18analyses, dans le croisement de données.
03:20Et ça ne me viendrait pas à l'idée de lui dire « attendez, je vous paye, il faut écrire
03:25tout à la main ».
03:25Je pense qu'avec l'IA, c'est strictement la même chose.
03:28Les entreprises que vous accompagnez, avec lesquelles vous discutez, elles en sont où sur les sujets aujourd'hui ?
03:34Il y a ce sujet d'urgence et en même temps, on attend de voir comment on y va concrètement,
03:39on développe en interne ?
03:41Alors oui, il y a toujours, on peut développer en interne et certaines vont y arriver, je pense.
03:46Il y a un sujet de confidentialité de données.
03:47Il y a un sujet énorme de sécurité, confidentialité des données, sécurité des données aussi à l'heure géopolitique actuelle.
03:53Comment être plus autonome, plus souverain aussi sur les données qu'on utilise, sur les données qu'on envoie, sur
04:00les modèles qu'on utilise ?
04:01Et c'est là où il y a tout un tas d'acteurs qui arrivent sur ce sujet et tant
04:05mieux pour offrir des outils à des acteurs européens
04:08pour ne pas être dépendants d'acteurs outre-Atlantique ou côté chinois, pour aller vers plus de sécurité, plus de
04:15confidentialité.
04:16Et un autre mot du patrimoine, c'est la traçabilité.
04:20Comment l'IA a raisonné ? Pourquoi l'IA a proposé ça à mon conseiller ?
04:24Il faut pouvoir retracer exactement le raisonnement et ça, c'est ce que ne fait absolument pas une IA généraliste.
04:29Et avec quand même une montée en compétence aussi pour être capable de contredire ou en tout cas accompagner
04:34et comprendre ce qu'a conseillé une IA dans la sphère privée à ses clients qui arrivent avec une conviction
04:40et dont il faut comprendre d'où ça vient parfois.
04:42Exactement, on a vécu ça avec Doctolib, pas Doctolib, pardon, Doctissimo.
04:48Oui, bien sûr.
04:48Pour ceux qui connaissent, quand Doctissimo est arrivé, certains étaient sûrs de leurs symptômes,
04:55étaient sûrs de leur diagnostic et puis on s'est aperçu finalement que les médecins sont toujours là.
04:59Merci Vincent Horez, je rappelle que vous êtes le président de Figenéa et merci beaucoup.
05:02Et quant à nous, on se retrouve très vite sur Be Smart for Change.
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