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Cinq ans d'attente pour le Cameroun Business Forum : pourquoi ce dialogue crucial entre le public et le privé est-il au point mort ?

Le Cameroun Business Forum (CBF), autrefois pilier du dialogue public-privé et moteur de réformes économiques significatives, a cessé de se tenir depuis 2020. Cette interruption soulève des questions urgentes sur l'avenir de l'environnement des affaires au Cameroun, à un moment où le pays doit impérativement relever les défis de croissance et de développement.

L'absence du CBF a créé une divergence entre les secteurs public et privé, entravant la collaboration nécessaire pour surmonter les obstacles économiques. Cet espace d'échange était essentiel pour des avancées notables, telles que la dématérialisation des procédures et l'adoption de lois incitatives.

L'invitation du président du GECAM, Dany-Claude Abattie, dans "Les Questions Économiques" vise à décortiquer les raisons de cette stagnation. L'incapacité à s'accorder sur le nouveau format du CBF, après le retrait de la SFI en tant que facilitateur, semble être au cœur du problème.

Alors que le secteur privé et le gouvernement peinent à trouver une voie commune, l'espoir renaît suite à la récente rencontre au Premier Ministère. Comment relancer efficacement cette plateforme de dialogue ? Quel format adopter pour garantir une participation équitable et des résultats concrets ? Découvrez les enjeux et les pistes de solution pour revitaliser le partenariat public-privé au Cameroun.



#CamerounAffaires #DialoguePublicPrivé #EconomieCamerounaise

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Transcription
00:04Musique
00:12Madame, Monsieur, bonsoir et bienvenue à cette édition des questions économiques.
00:17Pour que revive le Cameroun Business Forum, les pouvoirs publics prennent langue avec le secteur privé.
00:24C'était le 17 février dernier dans les services du Premier ministre.
00:28En effet, le CBF ne s'est pas tenu depuis cinq ans.
00:32Du coup, le secteur privé et le secteur public semblent regarder dans des directions opposées
00:37au moment où le Cameroun doit plus que jamais affronter les défis de la croissance et du développement.
00:44C'est que le CBF était l'une des principales plateformes de dialogue public-privé dans notre pays.
00:50L'instance a écrit les belles pages du classement d'We Business en faveur du Cameroun.
00:56La dématérialisation de certaines procédures fiscalo-douanières, la promotion des thèmes,
01:01les lois incitatives et des dizaines de réformes étaient issues du Cameroun Business Forum
01:07malgré des insuffisances enregistrées ça et là.
01:11Alors, doit-on relancer cette machine à dialogue ?
01:15Si oui, pourquoi et dans quel format ?
01:17Ce sont ces questions et bien d'autres que nous allons aborder.
01:21C'est avec notre invité du soir, le président du MECAM.
01:24Bonsoir, Dany-Claude Abattie.
01:26Bonsoir, Madame Abengard.
01:27Merci de m'inviter sur votre plateau.
01:30C'est un honneur de vous recevoir sur ce plateau des questions économiques.
01:35Alors, cinq ans déjà que le CBF ne s'est pas tenu.
01:40C'est quoi le problème ?
01:42Alors, c'est quoi le problème ?
01:44Je pense qu'il faut d'abord dire que le CBF était une rencontre, comme vous l'avez si bien
01:49introduit,
01:50une rencontre de haut niveau, de dialogue public-privé qui permettait au gouvernement,
01:59avec à sa tête le premier ministre chef du gouvernement et le secteur privé,
02:04les principales organisations représentatives du secteur privé,
02:07de se rencontrer annuellement au cours d'un forum qui lui-même était précédé par un certain nombre de rencontres
02:17techniques
02:17pour préparer le grand forum dans l'optique de discuter des problématiques liées à l'environnement des affaires.
02:27Alors, ce CBF s'est tenu pendant 12 ans.
02:30Il y a eu 12 éditions.
02:32Et puis, en 2020, il s'est arrêté du fait que lorsqu'on a évalué les 12 premières éditions,
02:42on s'est rendu compte que s'il y a eu des avancées, dont je pense d'ailleurs qu'on
02:47reviendra,
02:49le secteur privé n'était pas totalement satisfait du format de ce CBF
02:57et surtout, on va dire, des résultats en termes de concrétisation des réformes qui étaient adoptées dans ce forum.
03:06Et avaient donc souhaité, et le gouvernement est tombé d'accord avec le secteur privé,
03:10qu'il fallait revoir le format de ce nouveau CBF pour engager un nouveau cycle.
03:17Et il se trouve que malheureusement, malgré les rencontres, les discussions qui ont été faites,
03:23qui se sont déroulées, le secteur privé n'a pas réussi à se mettre d'accord.
03:29Sur quoi ? Sur le format ?
03:31Sur le format de l'organisation, le fonctionnement du nouveau CBF.
03:37Et naturellement, le secteur privé ne parlant pas d'une seule voix sur cette question,
03:42il est devenu difficile également de s'entendre avec le gouvernement sur comment avancer, sous quel format.
03:48Et nous en sommes là aujourd'hui, depuis cinq ans malheureusement, la situation n'a pas beaucoup évolué.
03:56Mais nous espérons qu'avec la rencontre qui s'est tenue au Premier Ministère le 17 février dernier,
04:02que ça va relancer un peu les discussions, non seulement au sein du secteur privé,
04:06mais entre le secteur privé et le gouvernement, pour sortir un peu de cette impasse
04:11dans laquelle se trouve le CBF, le dialogue public-privé au Cameroun depuis cinq ans.
04:16Alors, à côté de ces dissensions, de ces dissonances au niveau du secteur privé,
04:25il y a quand même également eu le retrait de la SFI. Est-ce que ça n'a pas joué
04:29?
04:30Non, ça n'a pas joué parce qu'il était entendu dès le départ que la SFI allait se retirer.
04:36La SFI avait amorcé un processus dont le Cameroun devrait s'approprier.
04:40Parce qu'il faut bien comprendre que nous parlons là de l'amélioration du climat des affaires au Cameroun.
04:46Donc c'est d'abord l'affaire des Camerounais.
04:48La SFI était un partenaire qui a voulu accompagner le Cameroun.
04:51Elle l'a fait pendant 12 ans.
04:53À un moment, elle a pensé que cet accompagnement était déjà suffisamment mature,
04:59que les Camerounais étaient capables de prendre eux-mêmes en main ce processus.
05:03Et le retrait de la SFI a donc donné l'occasion aussi d'évaluer ce qui s'est fait pendant
05:09les 12 ans où la SFI était là,
05:12pour qu'en se réappropriant totalement le processus,
05:15que le nouveau format corresponde aux aspirations des parties prenantes de ce dialogue public-privé.
05:25Malheureusement, je dirais que la transition ne s'est pas faite aussi rapidement qu'on l'aurait espérée,
05:31pour les raisons que nous avons évoquées en début d'émission,
05:34à savoir que le secteur privé et le gouvernement ne sont pas encore totalement accordés
05:41sur le format consensuel qui permettrait à toutes les parties prenantes de participer
05:47et puis d'attendre un certain nombre de résultats.
05:51Monsieur le Président, vous avez dit tout à l'heure qu'il était entendu que la SFI devait partir
05:59pour que l'initiative soit portée par le Cameroun.
06:03Quand vous dites portée par le Cameroun, c'est portée par le secteur privé ou alors portée par le gouvernement
06:10?
06:10Par les deux.
06:11Par les deux.
06:12Par les deux.
06:12Parce que même lorsque la SFI était là, la SFI ne portait pas totalement.
06:19La SFI a agi un peu plus comme un facilitateur, mais à chaque édition, il y avait bien entendu une
06:29prise en charge importante du gouvernement,
06:32mais le secteur privé a porté également sa contribution.
06:35Et le secteur privé, dans le nouveau format, a voulu même, en tout cas il y a des acteurs du
06:41secteur privé
06:41qui veulent même prendre tout le processus en charge.
06:47Mais naturellement, il se trouve que parfois ces demandes-là sont conditionnées aussi par des exigences
06:55qui font en sorte que ça peut créer une sorte d'inéquité au sein des participants.
07:03Alors justement, c'est peut-être là que le bas blesse.
07:07Nous allons parler de la position du GECAM par rapport à cette hibernation du CBF.
07:15Le GECAM qui estime que ça doit rester une initiative portée par le secteur privé de manière exclusive.
07:23Et le GECAM qui, entre-temps, a donc créé les rencontres économiques du Cameroun,
07:29dont la première édition s'est tenue en 2025.
07:33Et le GECAM qui pense que cette nouvelle initiative portée par le secteur privé,
07:39en l'occurrence par le GECAM, doit être le seul cadre officiel d'échange
07:44entre le secteur privé et le gouvernement.
07:47Est-ce que c'est un avis que vous partagez?
07:50Je ne sais pas si c'est ça vraiment l'intention qui se tramait derrière les rencontres économiques.
07:58De toutes les façons d'information que je vous donne, je la tiens du GECAM.
08:01J'ai bien compris parce que d'ailleurs la question est revenue lors de la rencontre du 17 février.
08:07Mais le représentant du GECAM a dit que cette rencontre n'avait pas pour ambition ou pour but de remplacer
08:13le CBF.
08:16En tout état de cause, Mme Bunga.
08:19Vous savez, le secteur privé au Cameroun, comme dans un certain nombre de pays de l'Afrique centrale,
08:26est représenté par un certain nombre d'organisations.
08:29Et il est évident qu'au sein de cette famille du secteur privé, il peut y avoir ici ou là
08:36des différences de perception
08:40entre les uns et les autres.
08:43Il peut y avoir ici ou là des problèmes de positionnement de leadership qui peuvent influencer.
08:51Toujours est-il que le dialogue public-privé, tel qu'il s'est déroulé jusqu'à présent,
08:58il est souhaitable, et c'est la position du GECAM, il est souhaitable qu'il soit représentatif,
09:02qu'il ne soit pas un dialogue à la sauce ou défini par une seule organisation.
09:08C'est pour ça qu'on parlait d'une équité tout à l'heure ?
09:11Oui, c'est pour ça que je disais qu'il faut préserver les équilibres.
09:16Parce que les principales forces du secteur privé au Cameroun, généralement, c'est lesquelles ?
09:21Vous avez naturellement le GECAM, qui est la plus grande organisation privée,
09:28mais il faut savoir que dans l'organisation institutionnelle du secteur privé,
09:31le secteur privé est un peu derrière la Chambre de commerce.
09:36C'est pour ça que vous verrez par exemple que lorsqu'il y a la présentation des corps constitués au
09:40Palais de l'Unité,
09:41celui qui dirige la délégation du secteur privé, c'est le président de la Chambre de commerce.
09:47Alors il y a certains qui estiment que la Chambre de commerce n'est pas une organisation totalement privée
09:52et qu'elle ne saurait se mettre en avant du secteur privé.
09:58D'autres, dont je fais partie, estiment que ce n'est pas le cas,
10:02puisque le président de la Chambre de commerce et les membres de la Chambre de commerce sont des hommes d
10:08'affaires.
10:08Il est vrai que le président est nommé par décret du président de la République.
10:13Mais ça n'en fait pas moins un homme d'affaires.
10:15Oui, c'est pas moins un homme d'affaires.
10:17Mais cependant, effectivement, ceux qui pensent que la Chambre de commerce n'est pas totalement indépendante,
10:23du fait justement que le président est nommé par décret par un acte public,
10:30n'ont pas tort, n'ont pas totalement tort,
10:32parce que nous pensons aussi que le dialogue public privé doit être porté par un secteur privé totalement indépendant
10:42et qui ne subit d'aucune manière l'interférence des pouvoirs publics.
10:48Donc comment agencer tout ça ? Comment équilibrer tout ça ?
10:52Mais il n'y a pas que la Chambre de commerce.
10:54Il n'y a pas que la Chambre de commerce, vous avez le MECAM, il y a le MECAM,
10:57il y a le Sainte-du-Soupirme, il y a la PECAM,
10:59il y a l'OGFA, il y a un certain nombre d'organisations aussi qui ont leur mot à dire.
11:05Donc il faut s'assurer que cette représentativité du secteur privé là soit vraiment plurielle
11:12et qu'elle porte les voix de toutes ces organisations dont je rappelle toujours d'ailleurs
11:20quels que soient les critères qu'on peut définir ici ou là,
11:25nous avons aujourd'hui au Cameroun plus de 400 000 entreprises
11:28et je ne pense pas que toutes ces organisations que nous formons
11:33avons comme membres même le quart de ces 400 000.
11:38Alors vous, certains se limitent aux critères fiscales pour dire
11:42nous sommes une organisation qui contribue le plus,
11:45mais vous savez, en matière économique, en matière sociale et économique,
11:49il n'y a pas que la fiscalité, il n'y a pas que l'État.
11:51Il y a les PME qui, par exemple, n'apporte peut-être pas de paye par de grands impôts
12:01parce qu'ils ne sont pas des grandes entreprises,
12:03créent des emplois et ces emplois contribuent aussi à la stabilité socio-économique
12:07parce que les PME sont les nets créateurs d'emplois.
12:10Donc chacun, de mon point de vue, chacun a sa place, chacun doit jouer son rôle
12:14et le plus important d'ailleurs, Mme Benga,
12:17et je pense que c'est un peu à ça que nous devons aller,
12:20le plus important n'est pas que le CDF nouveau soit beaucoup plus dominé par X ou par Y
12:29parce qu'au final, sur le terrain, les entreprises,
12:32il n'y a pas des entreprises du JICAM, des entreprises du MECAM,
12:36ce sont des entreprises du Cameroun.
12:37Elles ont toutes besoin d'un environnement, des affaires qui soient propices aux affaires.
12:43Si l'environnement est dégagé, donc le plus important pour nous,
12:46il me semble, devrait être comment le CBF peut contribuer à être plus efficace
12:54par rapport aux douze premières éditions, à ce que nous avons vu pendant les douze premières éditions,
12:58notamment au niveau de la convertibilité ou la mise en œuvre ou application des réformes qui sont adoptées.
13:04Monsieur le Président, permettez-moi une petite digression.
13:07Vous avez cité il y a quelques instants les différents regroupements, j'imagine,
13:15qui ont pris part à la rencontre chez le secrétaire général, à la rencontre avec le secrétaire général des services
13:24du Premier ministre.
13:26Et j'ai entendu dire quelque part que les conseils n'étaient pas représentés ou suffisamment représentés à cette rencontre.
13:36Est-ce que cette information est fondée?
13:39Les conseils qui estiment qu'ils ont un rôle particulier à jeu et qu'ils sont plus proactifs,
13:45qu'ils sont moins budgétivores que les ateliers, quelle est la vérité du fait?
13:49Oui, j'ai lu cette remarque, mais elle n'était pas de mon modeste point de vue appropriée parce que
13:55la rencontre était quand même la rencontre des décideurs
13:58et les différentes principales organisations du secteur privé qui devaient évaluer le travail fait.
14:04Naturellement, dans le processus du Cameroun Business Forum, les conseils ont leur place.
14:10Parce que je vous ai dit que le Cameroun Business Forum, ce n'est pas simplement le grand forum que
14:15le Premier ministre préside.
14:16Avant ce forum, il y a les groupes de travail qui travaillent sur un certain nombre de thématiques qui seront
14:24abordées officiellement
14:26ou en tout cas feront l'objet des grandes thématiques du grand forum.
14:33Donc, il y a un travail qui est fait en amont.
14:35Et au niveau de ce travail technique, effectivement, les conseils ont leur place et sont souvent, je dirais, conviés à
14:43venir apporter leurs contributions.
14:46Il faut aussi savoir que nous parlons quand même là des organisations du secteur privé et de l'administration
14:53qui sont déjà au quotidien, ont déjà des conseils.
14:56L'administration a des chargés d'études qui étudient quand même un certain nombre de questions vues du point de
15:03vue du public.
15:05Nos organisations, nous avons parmi nous des cabinets d'études, nous avons parmi nous des consultants qui sont membres.
15:11Donc, il ne faut pas penser que nous arrivons au dialogue public-privé ou à ces rencontres
15:16sans avoir bénéficié des conseils, que ce soit sur le plan fiscal, que ce soit sur le plan administratif, sur
15:23le plan foncé.
15:24Nous avons, au sein de nos organisations, des capacités de conseil qui nous servent, mais qui ne sont pas non
15:32plus limitées.
15:35Quand c'est nécessaire, nous allons vers d'autres conseils extérieurs.
15:37Il est arrivé d'ailleurs que, pour certaines questions du secteur privé, nous fassions d'ailleurs appel à des cabinets
15:44de conseils étrangers
15:46pour certaines problématiques dont nous ne trouvions pas forcément ici sur place,
15:52ou en tout cas pour lesquelles on voulait avoir un peu un benchmarking de ce qui se fait ailleurs,
15:56dont les conseils ont leur place.
15:58Mais pour la rencontre de l'autre jour, il n'était pas forcément nécessaire qu'ils soient là,
16:03parce que ce n'était pas une réunion de travail sur les thématiques.
16:07C'était beaucoup plus une réunion pour évaluer les réformes qui avaient été adoptées au cours du cycle de 12
16:16ans,
16:16et dont on voulait évaluer l'impact qu'elles ont eu sur l'environnement des affaires.
16:25Nous allons marquer un premier arrêt dans cette édition des questions économiques dans quelques instants.
16:30Le temps pour nous de clôturer cette question relative à l'hibernation du CBS, M. le Président.
16:39Le secteur privé, on l'a dit, ne s'entend pas encore,
16:43et dont le gouvernement ne saurait s'entendre avec une partie du secteur privé.
16:46J'imagine que le gouvernement veut s'entendre avec l'ensemble du secteur privé.
16:50Oui, le gouvernement aimerait recevoir une proposition consensuelle du secteur privé,
16:55ce qui n'est pas encore tout à fait le cas.
16:59Ce qui ne veut pas non plus dire qu'il n'y a pas de point de convergence.
17:02Nous sommes tous…
17:03Alors, ça va prendre combien de temps encore ?
17:07Est-ce qu'il faudra encore attendre 5 ans ?
17:08Il a bien fallu attendre 5 ans pour que le gouvernement vous convoque,
17:13entre guillemets, pour vous demander qu'est-ce qu'on fait ?
17:16Il y a des questions de croissance et de développement qui pressent.
17:21Le dialogue de sourdes ne peut pas continuer.
17:26Quel est le délai que vous vous fixez encore ?
17:282 ans, 3 ans, 4 ans, 5 ans encore ?
17:30Vous comprenez que je suis mal placé pour répondre tout seul à cette question
17:35qui demande de la bonne volonté de tous.
17:39Mais je pense que ce n'est pas une question, et je l'ai dit à la réunion du 17,
17:43ce n'est pas une question qui doit uniquement être celle du secteur privé.
17:47Parce que vous observerez, Mme Benga, que pendant que le gouvernement nous dit
17:52que c'est le secteur privé qui doit s'entendre,
17:55et que le gouvernement nous dit que c'est telle ou telle situation qui fait blocage,
17:59nous voyons le gouvernement aussi organiser des rencontres,
18:06participer avec le secteur privé à des rencontres, à des activités qui…
18:11Rélectorielles, peut-être ?
18:13Pas toujours, pas toujours.
18:15Donc nous pensons aussi que dans cette affaire,
18:19le gouvernement ne doit pas adopter une attitude trop libérale,
18:23de laisser le secteur privé…
18:25Le gouvernement, pour être plus clair,
18:28le gouvernement ne doit pas faire du pensylactisme, c'est ce que vous voulez dire.
18:30Exactement, exactement, parce que nous pensons…
18:32Et je le dis parce que je pense que le gouvernement peut faire quelque chose.
18:37Le gouvernement ne peut pas vous amener sur la table du dialogue avec un sujet sur la table ?
18:45Non, pas du tout, et je ne pense pas que c'est ce que nous demandons,
18:48mais je dis que je vois que beaucoup, la plupart des présidents de nos organisations,
18:56quand je dis la plupart, je devrais même dire tous les présidents de nos organisations,
19:02nous avons de très très bons rapports avec le gouvernement,
19:05de très très bons rapports avec le Premier ministre, chef du gouvernement.
19:09Donc il n'y a pas de raison, comme je l'ai dit à la Réunion,
19:11que les gens qui s'entendent bien ne trouvent pas de solution.
19:14Pourquoi il y a un blocage ?
19:16Et si ce blocage persiste, est-ce qu'il n'arrange pas certains ?
19:22Nous nous interrogeons, nous autres.
19:23Est-ce que ce gel de cinq ans n'arrange pas ?
19:28Certains, l'OTAN nous le donnera, mais en ce qui nous concerne,
19:31nous pensons qu'il est possible de faire ces dépassements
19:34et de trouver rapidement une formule.
19:36Monsieur le Président, vous n'allez pas me dire que vous soupçonnez le gouvernement
19:44de se plaire, de se complaire dans cette hibernation,
19:49d'être heureux de voir le secteur privé se regarder peut-être en chaînes de faïence
19:56ou alors parler de manière aussi dissonante ?
20:01Madame, je ne vais pas employer le mot soupçonné parce qu'il est un peu péjoratif,
20:06mais je le pense quelque peu.
20:09Voilà.
20:10Je le pense quelque peu.
20:11Quel serait l'intérêt du gouvernement ?
20:13Alors, quand je dis je le pense quelque peu, je n'accuse pas spécifiquement le gouvernement.
20:19Je dis ceci.
20:21Le gouvernement nous dit, je suis prêt à tenir le Cameroun Business Forum si vous vous entendez.
20:28secteur privé, si vous vous entendez, mais comme je vois que vous ne vous entendez pas,
20:33je vous observe et j'attends que vous vous entendez.
20:37Et le gouvernement dont vous ne vous entendez pas semble pointer du doigt quelque part dans le secteur privé.
20:43Il pointe du doigt.
20:45Mais nous observons que le gouvernement travaille en étroite collaboration avec ceux qui sont situés à l'endroit,
20:54il pointe du doigt.
20:55Alors, nous nous disons si les rapports sont si cordiaux, si nous pouvons faire d'autres choses ensemble.
21:02Vous pouvez également faire celle-là.
21:03Nous pouvons aussi faire le CBS.
21:05Voilà un peu ma réflexion.
21:06Si nous pouvons faire tant de choses parce que le dialogue public-pivé n'est pas mort au Cameroun.
21:14Il continue sous des formes variées.
21:17Sauf que l'instance qui était un peu l'instance de haut niveau,
21:21qui, je dirais un peu, fédérait un peu les différentes instances de dialogue public-pivé
21:30qui se font au plan sectoriel et autres,
21:33ne se tient pas depuis cinq ans.
21:35Cinq ans, c'est long.
21:37C'est beaucoup.
21:38Et je pense aussi que de notre côté, le secteur privé,
21:42nous pouvons constater que ce n'est pas à notre avantage.
21:45Parce que ces cinq dernières années, nous avons quand même constaté
21:52que ce gel du dialogue public-pivé a quand même un impact négatif.
21:58Donc nous-mêmes, nous n'avons pas intérêt à rester dans cette situation.
22:01À cette situation perdue.
22:02Oui, à cette situation.
22:04Donc s'il n'est pas dans l'intérêt du gouvernement et du secteur privé
22:08que cette situation perdue,
22:10nous devons pouvoir trouver une solution le plus rapidement possible.
22:14En tout cas, cinq ans, ça fait beaucoup.
22:16Et il est vraiment temps qu'on sort de cet impasse.
22:18Tout à fait.
22:19Et lorsque vous le dites, on va quand même se souvenir que le CBF a permis d'avancer
22:26sur plusieurs réformes au Cameroun.
22:30Et justement, dans ce reportage que nous propose Thierry Tchinanga,
22:33on va passer un peu en revue les différentes réformes,
22:37les différentes réalisations qu'on peut mettre à l'actif du CBF.
22:41C'est dans ce reportage.
22:52Premier signal fort, la création d'entreprises.
22:55Ce qui relevait autrefois du parcours du combattant
22:58se fait désormais en un temps réduit
23:00grâce au Centre de formalité de création d'entreprises
23:03et à la plateforme mybusiness.cm
23:06qui permettent de formaliser une activité à moins de 72 heures.
23:10À cela s'ajoute le guichet unique des opérations du commerce extérieur,
23:14GUS, qui a réduit les délais de passage des marchandises au port de Douala,
23:18boostant ainsi notre compétitivité.
23:21Sur le financement, une revendication longtemps portée par le patronat
23:25a fini par se concrétiser.
23:27La banque camerounaise des PME.
23:29En 10 ans, l'établissement a injecté près de 100 milliards de francs CIFA
23:33pour soutenir le tissu économique local
23:36et accompagner la croissance des petites et moyennes entreprises.
23:39Sur la dernière décennie,
23:41le Cameroun Business Forum a joué un rôle d'accélérateur.
23:45Près de 100 réformes ont déjà été adoptées
23:47sur environ 200 recommandations formulées.
23:50Côté fiscalité, le virage est numérique.
23:53Le paiement des impôts par voie mobile
23:55et virement bancaire est désormais la norme.
23:58Au final, une tendance se dessine.
24:00Le partenariat public-privé,
24:02structuré par le Cameroun Business Forum,
24:05demeure l'un des leviers clés
24:07pour construire une économie plus compétitive et plus résiliente.
24:11Retour sur ce plateau, M. le Président.
24:14Vous avez donc suivi dans ce reportage
24:17quelques-unes des réformes qui ont été menées,
24:20qui sont une émanation en fait du CBF.
24:23Et je voudrais à la suite de ce reportage
24:25que nous évaluons certaines de ces réformes,
24:29ce qu'elles ont pu apporter,
24:31mais également les faiblesses qu'on a pu observer.
24:34Je voudrais qu'on commence, si vous le voulez bien,
24:36par la création de l'agence des petites et moyennes entreprises,
24:39de l'agence des PME et la banque des PME.
24:43C'était une belle réalisation, c'était une belle avancée.
24:48En tout cas, c'était des très belles réponses
24:50de la part du Président de la République
24:52par rapport aux sollicitations du secteur privé.
24:55Parce qu'il faut savoir que l'écosystème entrepreneurial au Cameroun
25:00compte plus de 98 % des petites et moyennes entreprises,
25:05dont plus de 70 % sont même des micro-entreprises.
25:11Donc, la plupart de nos entreprises nationales sont des PME.
25:15Et les PME avaient une grande difficulté
25:18à obtenir des financements auprès des banques commerciales,
25:22compte tenu du fait que la plupart n'ont pas toujours les garanties,
25:26les collatéraux que ces établissements de crédit demandent
25:31et aussi que ces établissements de crédit ont du mal à accorder des crédits longs.
25:35Parce qu'elles-mêmes utilisent, en tout cas,
25:41transforment des dépôts qui sont à vue.
25:44Donc, on ne peut pas se permettre toujours d'accorder des financements longs.
25:48À maturité longue.
25:49À maturité longue.
25:50À maturité longue, qui sont pourtant souvent ces financements
25:52qui sont le plus demandés par les entreprises.
25:54Parce que ce sont ces financements qui permettent aux entreprises d'acquérir
25:59ou en tout cas d'investir dans leurs outils de production.
26:02Donc, le président de la République,
26:05ayant pris connaissance, n'est-ce pas,
26:07de ses préoccupations du secteur privé,
26:10a créé la banque des PME
26:12et l'agence de développement,
26:15l'agence de promotion des PME,
26:19qui ont vraiment deux rôles importants et complémentaires.
26:25La banque des PME était censée financer les PME
26:29en tenant compte de leurs spécificités.
26:32Et l'agence de promotion était censée préparer les PME
26:36à être structurées de manière à pouvoir être facilement accompagnées
26:41par la banque des PME
26:44et ou tout autre partenaire financé.
26:47Parce que vous savez que pour qu'on vous accorde aussi du crédit,
26:50il faut qu'il y ait quand même une certaine structuration
26:52de votre entreprise,
26:55une meilleure organisation, une meilleure gouvernance,
26:58une meilleure comptabilité
26:59et des formations qui vous permettent également
27:02d'être opérationnel.
27:04Donc, ces deux structures étaient très importantes.
27:08Alors, après la création,
27:09nous observons qu'elles ont été utiles,
27:13mais n'ont pas totalement joué leur rôle.
27:17Est-ce que l'objet a été dévoyé, détourné ?
27:21Vous parliez tout à l'heure de maturité longue pour la production.
27:26Pour la banque des PME, disons que le premier constat,
27:32c'est qu'en termes de fonctionnement,
27:37elle obéit pratiquement aux mêmes critères prudentiels
27:40que les banques commerciales.
27:41Donc, tout en étant une banque des PME,
27:45elle se retrouvait avec les mêmes contraintes
27:48qu'ont les banques privées commerciales,
27:51à devoir respecter ces règles prudentielles
27:55qui font également qu'en termes d'exigence,
27:59par exemple, pour accorder des crédits,
28:02c'est pratiquement les mêmes exigences.
28:04Mais, au-delà de ça, la banque des PME,
28:08de notre point de vue, comme l'a été constaté,
28:11s'est beaucoup plus consacrée à financer
28:14un type d'entreprise de PME
28:17qu'elle n'aurait pas dû accompagner à cette ampleur-là.
28:23Parce que le constat que nous avons fait
28:26après cette évaluation,
28:28l'évaluation, c'est que 90% de ressources pratiquement
28:33qui ont été mobilisées par la banque des PME
28:36sont allées vers des entreprises qui faisaient,
28:40des entreprises du secteur tertiaire,
28:42qui faisaient dans les marchés publics,
28:43dans le commerce,
28:44et très peu vers des entreprises du secteur secondaire.
28:49La transformation,
28:50ces entreprises qui transforment les matières premières,
28:53c'est dans la transformation que se trouve la plus-value.
28:55Or, c'est dans la transformation que se trouve la plus-value,
28:57et c'est dans la transformation que le secteur privé,
29:00également, peut mieux répondre
29:02à la stratégie d'impôt-substitution,
29:04qui est aujourd'hui l'axe majeur
29:07de la politique économique du gouvernement.
29:11Donc, à ce niveau-là,
29:13la banque des PME s'est un peu écartée.
29:16Mais, au-delà aussi de cette question,
29:18nous avons observé, en tout cas pour ce qui est du MECAM,
29:20nous l'avons dit à cette réunion,
29:23nous constatons quand même que les ressources
29:25qui ont été mises à la disposition de ces deux structures,
29:28l'Agence de promotion des PME
29:30et la banque des PME,
29:32sont, de notre modeste point de vue,
29:35très insuffisants par rapport aux besoins.
29:37Donc, il y a aussi un problème de ressources.
29:39Les ressources qui ont été vraiment,
29:42que ce soit le capital de la banque des PME,
29:45que ce soit le budget
29:47de l'Agence de promotion des investissements,
29:49nous pensons que tout cela a eu des effets limitants,
29:55ne les a pas permis également de jouer pleinement leur rôle.
29:59Donc, oui, ces structures ont été créées,
30:02elles répondaient à une demande du secteur privé,
30:06elles étaient censées adresser des problématiques spécifiques
30:09aux PME,
30:10mais elles n'ont pas pu le faire à la fois
30:13pour des problèmes de ressources limités,
30:15mais aussi parce que, pour certaines,
30:18elles n'ont pas vraiment agi dans le créneau stratégique
30:23qui a été conçu dès le départ.
30:25Mais pour la banque des PME,
30:27nous sommes rassurés
30:28parce que je pense qu'il y a un processus de restructuration
30:30qui est pratiquement achevé
30:33et qui va être mis en œuvre,
30:35je serais facilement,
30:36avec l'appui de la Banque mondiale
30:37et qui va permettre à la Banque des PME
30:39de se recentrer,
30:40de revenir un peu vers son cœur de métier
30:46qui est d'accompagner les entreprises
30:49vraiment du secteur secondaire
30:52et de la transformation,
30:54que ce soit sur le plan agroalimentaire,
30:56que ce soit sur le plan de l'élevage
30:58et sur d'autres aspects,
31:00d'accompagner l'industrie locale.
31:01Monsieur le Président,
31:02à côté de ces structures
31:04qui étaient des émanations du CBF
31:08et qui ont trouvé un écho favorable
31:10auprès du Président de la République,
31:12il y a eu d'autres avancées
31:14qui ont été enregistrées.
31:16D'abord, l'amélioration de notre classement
31:18au niveau du Doing Business
31:21après la troisième édition du CBF.
31:24Le Cameroun est passé la 155e place
31:26à la 70e place,
31:28ce qui n'est pas rien en termes d'images.
31:32Quand on renvoie à l'opinion internationale
31:35en termes d'amélioration du climat des affaires
31:38partir de la 155e place à la 70e place,
31:42c'était quand même quelque chose déjà.
31:44Oui, comme je vous l'ai dit en début d'émission,
31:47le CBF, malgré ses insuffisances
31:50et ses faiblesses,
31:53a contribué à permettre au Cameroun
31:57d'améliorer sensiblement son environnement des affaires.
32:00Vous savez que, par exemple,
32:02le CBF a permis la création des entreprises
32:06au Cameroun en 24 heures.
32:07Avant, le CBF, ça prenait des semaines,
32:11des mois pour créer une entreprise.
32:14Donc, grâce aux réformes du CBF
32:15et la mise en place des centres de formalité
32:18des entreprises,
32:19on a pu créer des entreprises au Cameroun
32:21au départ en trois jours
32:22et en 24 heures.
32:24Et au départ, on avait commencé par deux centres pilotes
32:28ayant une des doigts.
32:29Après, ça s'est étendu sur l'ensemble du territoire.
32:32Ce qui fait qu'aujourd'hui,
32:33créer une entreprise au Cameroun n'est plus...
32:36Donc, il y a eu des vraies avancées sensibles,
32:39importantes comme celle-là.
32:40Et il y a l'abaissement du capital minimum
32:43pour une société à responsabilité limitée.
32:46Aujourd'hui, au Cameroun,
32:47vous savez que vous pouvez,
32:48même avec un capital de moins de 100 000 francs,
32:53vous pouvez ouvrir une entreprise
32:55à responsabilité limitée.
32:57Ce n'était pas possible.
32:58Il y a le recours alternatif au notaire
33:01parce que vous savez que
33:02lorsque vous deviez constituer une entreprise au Cameroun,
33:06vous avez l'obligation de passer fait le notaire
33:08et les notaires prélevaient à eux-seuls
33:11pratiquement 40 % du coût des créations,
33:15ce qui limitait les PME.
33:17Tout ça a été favorisé.
33:21Vous avez également un certain nombre de lois
33:23qui ont favorisé aujourd'hui,
33:25en tout cas qui sont censées inciter les investissements.
33:28Vous avez la dématérialisation des valeurs mobilières
33:31qui a également rencontré la dématérialisation
33:34des procédures fiscales et douanières.
33:37Donc, il y a des réformes vraiment comme ça
33:38qui ont permis...
33:39Il y a des dématérialisations des procédures
33:40du commerce extérieur également.
33:41Et du commerce extérieur, naturellement,
33:43qui ont permis d'améliorer sensiblement
33:48l'environnement des affaires.
33:50Malheureusement, il y a aussi, dans le même temps,
33:52des réformes qui auraient permis
33:55d'aller beaucoup plus loin
33:56et qui n'ont pas abouti,
33:59notamment, par exemple,
34:00la réforme de la justice des affaires.
34:01Quel est votre problème à ce niveau-là ?
34:03Est-ce que c'est le fait que la justice,
34:08au niveau des affaires jusqu'à présent,
34:10que les conflits commerciaux soient traînés
34:14ou alors jugés devant les tribunaux de droit commun
34:18et non devant les tribunaux de commerce ?
34:21Est-ce que c'est ce qui vous pose problème ?
34:22C'est ce qui pose problème.
34:24C'est ce qui pose effectivement problème.
34:26C'est-à-dire, comme vous l'avez si bien dit,
34:28que les contentieux d'affaires continuent à être traités
34:31ou jugés dans les tribunaux de droit commun.
34:34Et lorsqu'ils sont jugés dans les tribunaux de droit commun,
34:36qui sont déjà engorgés par toutes sortes d'affaires,
34:39donc il y a d'abord des problèmes de temps.
34:41Ça prend beaucoup de temps pour juger.
34:43Or, vous savez, comme on dit en anglais,
34:45« time is money ».
34:46Donc, les contentieux d'affaires doivent être jugés
34:50de manière rapide.
34:51Ça rassure également les investisseurs
34:53que si jamais j'ai un problème,
34:54je vais investir au Cameroun et j'ai un problème,
34:56je ne vais pas aller à la justice.
34:57Et je peux obtenir facilement une décision de justice rapidement.
35:01Le fait que ces problèmes vont dans les tribunaux de droit commun,
35:05qui sont déjà alourdis par d'autres types d'affaires,
35:10font que ça traîne.
35:11De l'eux, les magistrats des tribunaux de droit commun
35:14ne sont pas toujours formés aux contentieux d'affaires.
35:18Donc, les affaires se retrouvent également à être jugées
35:21par des magistrats qui sont bien formés
35:23sous le plan de la magistrature,
35:25mais qui n'ont pas toujours l'expertise,
35:28en tout cas la spécialisation qu'il faut pour juger les affaires.
35:31Alors, sur ce point,
35:33le gouvernement et le secteur privé
35:36se sont tombés d'accord sur cette problématique
35:39et il a été adopté la mise en place
35:41des tribunaux de commerce au Cameroun.
35:43Donc, ce n'est plus simplement...
35:44Comme ça se voit ailleurs.
35:45Comme ça se voit ailleurs.
35:46Donc, ce n'est plus simplement une exigence du secteur privé.
35:49Le gouvernement et le secteur privé
35:50sont déjà tombés d'accord
35:52qu'il faut aller vers ce processus.
35:54Et j'en parle avec beaucoup d'autorité
35:57parce que j'avais été chargé du suivi de cette question
36:01pour le compte du secteur privé
36:03et j'ai rencontré le ministre de l'État
36:05en charge de la justice
36:06qui m'a rassuré de sa bonne volonté
36:08de vouloir mettre en œuvre cette réforme.
36:12Mais il dit qu'il a une contrainte majeure
36:15qui est le fait qu'il ne dispose pas
36:17d'infrastructures, en tout cas des bâtiments,
36:20pour lui permettre de loger ses tribunaux.
36:22Parce que les bâtiments qu'il a en ce moment
36:25ne sont pas déjà suffisants
36:27pour les tribunaux de droit commun
36:30et les tribunaux de droit administratif.
36:34S'il faut encore ajouter les tribunaux de commerce,
36:35il dit je ne sais pas où les loger.
36:39Donc voilà la problématique au gouvernement
36:41qui semble bloquer cette réforme.
36:44Mais nous ne pouvons continuer
36:46qu'à demander au gouvernement
36:47de faire des efforts
36:49pour que cette réforme soit mise en place
36:51parce que ça va rassurer les investisseurs
36:52et ça va permettre que cette réforme-là
36:55qui est une réforme qui renforce
36:58la confiance des investisseurs,
37:00ça va permettre que les choses avancent
37:02sur ce plan-là.
37:03Alors dans la même veine, M. le Président,
37:04je pense qu'on peut également évoquer
37:07la réforme foncière
37:09qui semble également n'avoir pas encore totalement abouti
37:11et qui vous donne quand même quelques insomnies
37:15pour un investisseur qui a acquis
37:18de vastes espaces
37:20et qui un jour se voit arraché entre guillemets
37:24la terre acquise ou l'espace acquis.
37:27C'est quand même également un gros risque.
37:29C'est une insécurité qui fait en sorte
37:31que du coup, on a peur d'investir
37:37à un certain niveau
37:38sachant qu'à tout moment,
37:40on peut tout paître.
37:41Oui, tout à fait.
37:42Comme je vous l'ai dit,
37:43il y a deux réformes majeures
37:44qui ne sont pas encore réalisées au Cameroun
37:47et qui permettent d'avancer.
37:48La première, nous l'avons évoqué,
37:50la réforme de la justice d'affaires.
37:51La seconde, c'est effectivement
37:53cette réforme foncière
37:54qui doit permettre à terme
37:56qu'au Cameroun,
37:57lorsque vous avez acquis un espace
38:02pour mettre votre investissement,
38:05que vous soyez sûr
38:07que cet espace vous appartient
38:09et ne peut pas être contesté
38:11si vous l'avez acheté régulièrement.
38:11Que le titre ne sera pas annulé le lendemain.
38:13Oui, si il a été acheté régulièrement,
38:15que non seulement il ne sera pas annulé demain,
38:18mais que peut-être les voisinages,
38:21les riverains et autres
38:22ne viendront pas contester
38:23ou que quelqu'un d'autre
38:25ne va pas se présenter
38:25avec un titre de propriété
38:27sur la même parcelle.
38:29Mais vous avez bien fait de le souligner
38:31si vous l'avez acheté régulièrement
38:33et parfois c'est là
38:34que les opérateurs économiques pêchent.
38:36Est-ce qu'ils achètent toujours
38:37le terrain de manière régulière ?
38:38En tout cas, la plupart du temps, oui.
38:41La plupart du temps, oui.
38:42Parce qu'en général,
38:44les opérateurs économiques sont victimes.
38:46Sont victimes d'un processus
38:48qui n'est pas transparent,
38:50qui n'est pas intègre
38:51et où il y a un certain nombre de choses.
38:54Parce que de toutes les façons,
38:56lorsque l'administration vous délivre
38:58un titre de propriété,
39:00vous supposez que
39:02on a fait toutes les diligences.
39:03Elle a fait toutes les vérifications.
39:05Voilà, toutes les diligences.
39:06Et il n'y a pas mieux.
39:06Sinon, si les actes
39:09qui sont pris par l'administration
39:10souffrent eux-mêmes de doute,
39:12vous comprenez que ça sème le doute
39:15sur l'environnement des affaires.
39:18Parce qu'il ne s'agit pas simplement ici
39:20de sécuriser une propriété foncière,
39:22mais vous savez également
39:23que le foncier concourt
39:24également dans les processus
39:27de financement.
39:28Parce qu'une des exigences,
39:30un des collatéraux
39:31que les banques demandent,
39:33c'est souvent le titre foncier
39:35qui vous permet souvent
39:36de garantir votre crédit.
39:39Si celui-là,
39:40les titres fonciers,
39:41n'est plus sûr,
39:41les banques même seront réticentes.
39:44Non pas à cause du projet,
39:45mais à cause des garanties
39:48que les demandeurs de crédit apportent.
39:51Donc tout ça n'est pas de nature,
39:55n'est-ce pas,
39:55à sécuriser les investisseurs,
40:00à créer de la confiance.
40:01Or, l'investissement privé
40:03a surtout besoin de cette confiance
40:05pour que les investisseurs,
40:08qu'ils soient nationaux ou étrangers,
40:11qui investissent au Cameroun,
40:12soient sûrs que si jamais ils investissent,
40:15s'ils ont mis leurs investissements
40:17quelque part,
40:18ils ne seront pas contestés,
40:19ni dans la propriété du site
40:23qu'ils ont acquis,
40:24régulièrement d'après eux,
40:26mais aussi que s'il y a même
40:28un contentieux,
40:29lorsqu'ils auront ce prévalor en justice,
40:32que la justice va prêter
40:34avec diligence ce problème
40:37et trancher éventuellement.
40:40À tout cas,
40:41dans le sens de la justice.
40:43Nous allons marquer un autre arrêt
40:45dans cette édition des questions économiques.
40:48Vous avez évoqué un certain nombre de points,
40:50un certain nombre d'avancées,
40:51un certain nombre d'insuffisances,
40:53de faiblesses qui ont été évoquées
40:55et qui pourraient peut-être
40:57meubler les prochaines rencontres,
41:00la prochaine rencontre du CBIF,
41:02si jamais le secteur privé
41:04parvient à s'entendre sur le format
41:07et la tenue de cette réunion.
41:08De toutes les façons,
41:09en vous écoutant,
41:10il y a comme une nécessité
41:12de renouer avec ce dialogue,
41:15de renouer avec ce rendez-vous,
41:17comme le précise Isaac Dimaissou
41:19dans ce reportage.
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