00:05Musique
00:07Bonjour André, vous êtes le fondateur du groupe Ramos
00:10et vous venez nous parler de votre nouveau projet au royaume du Maroc, Casa Dora.
00:15On rend accessible la résidence secondaire à tout le monde.
00:18Nous créons un décor de vacances idéal.
00:21Beaucoup d'activités de loisirs et beaucoup de services sans limite.
00:24Je suis né dans ce pays merveilleux.
00:26C'est un pays d'histoire, merveilleuse culture.
00:28Plus d'infos sur casa-dora.fr
00:31Casa Dora, vous allez adorer.
00:4312h33 sur Europe 1, craignez-vous l'escalade.
00:47Et puis le rôle de la France, on se posera toutes les questions dans cette dernière partie jusqu'à 13h
00:52sur Europe 1
00:53avec notamment Guillaume Lagan, enseignant à Sciences Po Paris,
00:59mais aussi Farid Vaid qui est cherché en relations internationales et qui est avec nous dans le studio.
01:05Thomas Bonnet.
01:06Et bien sûr, c'est Bidé Farsi qui va nous quitter.
01:09Peut-être un dernier mot.
01:10Vous êtes réalisatrice iranienne.
01:11Vous avez dit depuis le début de cette émission à quel point, oui, vous êtes pour la chute du régime
01:17des Mullah,
01:18mais non au bombardement, oui, à la discussion diplomatique, mais non à toute cette tension et cet embrasement.
01:26Voilà.
01:26Vous avez le mot avant de nous quitter, c'est Bidé Farsi.
01:29Un petit rappel de mon enfance que j'ai passé dans un quartier multiconfessionnel à Téhéran,
01:34Yusuf Oboad, avec des camarades de classe de confession juive, chrétienne,
01:40donc chrétienne, assyrienne, arménienne, puis des musulmans.
01:46Vous voyez, le peuple iranien peut débarer des orastriens.
01:50Le peuple iranien sait vivre cette complexité.
01:54Il faut lui laisser, il faut lui en laisser la possibilité.
01:58Le chemin le plus direct et le plus court n'est pas forcément le meilleur.
02:04Donc je redirais que je pense qu'il faut trouver une autre voie que l'escalade.
02:09Il faut désescalader.
02:10Je salue l'appel de Jean-Noël Barraud.
02:12J'espère qu'il y aura une cessation des bombardements
02:17et qu'on trouverait une autre manière d'isoler le régime
02:20et de le faire chuter avec la voix du peuple.
02:24Je rappelle aussi qu'il y a beaucoup plus de victimes qu'on le dit,
02:27ne serait-ce que dans la frappe sur l'école Aminob,
02:30il y a 165 écolières qui sont mortes.
02:33Donc je veux dire, ça va très très vite en fait, les victimes, les dommages collatéraux.
02:37Il faut vraiment éviter ça.
02:39Et j'espère qu'on y arrivera.
02:41Merci infiniment, Sylvie Farsi, d'être venue en direct dans le studio d'Europe 1.
02:46Merci pour votre regard.
02:48On va se demander effectivement, est-ce que la France doit s'impliquer ?
02:52Nous avons aussi Rina Bassit qui est journaliste israélienne.
02:56D'abord, je voulais vous faire écouter Emmanuel Macron
02:58qui a organisé deux conseils de défense ce week-end à l'Elysée
03:01et s'est exprimé hier soir avant le conseil.
03:04Écoutez-le.
03:05Nous avons dès les premières heures pris nos responsabilités,
03:08en effet pour protéger nos ressortissants, nos intérêts,
03:11être aux côtés des pays de la région et nous continuerons de le faire.
03:13Et je souhaite que ce conseil nous permette d'examiner l'option,
03:16regarder aussi la cinétique des opérations et des frappes,
03:20l'évolution en Iran, l'évolution dans la région.
03:23Et enfin, nous ferons le point sur la situation nationale,
03:26les risques tels que nous les évaluons
03:28et évidemment les conséquences économiques de ce conflit.
03:33Les conséquences économiques de ce conflit,
03:35je vous fais écouter Jean-Noël Barraud,
03:37ministre de l'Europe et des Affaires étrangères,
03:40qui a tenu une conférence de presse ce matin,
03:41après une réunion qui a eu lieu tôt ce matin.
03:44Nous avons aux Émirats arabes unis un hangar de notre base mitoyenne,
03:47de la base émirienne qui a été...
03:48La France exprime son soutien entier et sa pleine solidarité.
03:53Elle se tient prête, conformément aux accords qu'il allie à ses partenaires
03:58et au principe de légitime défense collective
04:01prévue par le droit international à participer à leur défense.
04:06La France doit-elle t'impliquer ?
04:08D'abord Thomas Bonnet.
04:09Ce qui est frappant, je trouve, c'est l'évolution du discours d'Emmanuel Macron
04:12entre le samedi, premier conseil de défense,
04:14il dit que la France n'a ni été prévenue, ni impliquée,
04:17et puis le lendemain, autre conseil de défense,
04:19la tonalité est totalement différente.
04:20Alors ce qu'il faut dire, c'est qu'entre-temps, la donne a changé,
04:22une base navale aux Émirats arabes unis a été touchée,
04:25sans dégâts humains, mais quand même, ça montrait que
04:27la France était impliquée, de fait.
04:29Je trouve que la réaction d'Emmanuel Macron d'hier
04:31est quand même plus à la hauteur de ce qu'on attend
04:33de nos dirigeants français.
04:36Après, en effet, on sent qu'ils sont embarrassés
04:37dans les propos de Jean-Noël Barraud ce matin.
04:39Il y avait un certain embarras, parce qu'on ne sait pas très bien
04:42de quel côté penche la France, ce n'est pas très clair,
04:44et je pense justement qu'il y aurait la nécessité
04:46de clarifier la position de la France,
04:48est-ce qu'on soutient ou non cette offensive
04:51américaine et israélienne,
04:52ou est-ce qu'au contraire, on la condamne ?
04:54Mais là, pour l'instant, je n'ai pas de réponse à cette question
04:56qui est fondamentale, parce qu'elle dit ce qu'est la France.
04:58Elle dit avec qui la France, demain,
05:00a envie de partager justement
05:02des offensives diplomatiques ou même opérationnelles.
05:05Thomas Bonnet, en direct sur Europe 1.
05:07Guillaume Lagan, vous êtes enseignant
05:08à Sciences Po à Paris.
05:10Selon vous, la France doit-elle s'impliquer ?
05:12Votre livre « Géopolitique de l'Europe » aux éditions PUF ?
05:16Alors justement, dans mon livre,
05:17j'évoque, si vous voulez, la position des Européens
05:19sur le Moyen-Orient, et je rappelle qu'elle a énormément
05:21varié dans l'histoire. Je rappelle par exemple
05:23que la France, elle était une partie prenante,
05:25si vous voulez, de la géopolitique de la région,
05:27puisque la Syrie et le Liban, après la Première Guerre mondiale,
05:29ça a été des mandats français, c'est nous qui avons
05:31dessiné la géographie administrative,
05:34l'État, les institutions
05:35de ces pays.
05:37Et je dirais que jusque dans les années 50, on a gardé
05:39une politique très proactive. Par exemple, quand
05:41M. Nasser, qui était le leader
05:43de l'Égypte, vous savez, il a nationalisé le canal de Suez,
05:45la France, l'Angleterre et à l'époque Israël
05:47ont agi contre l'Égypte
05:49et ont voulu procéder à un changement de régime,
05:51ont voulu renverser le président Nasser
05:53et puis finalement, la pression des Russes
05:55et des Américains nous a chassés de la région.
05:57Depuis, on est quand même beaucoup plus prudents,
05:58mais on est quand même loin d'être absent du paysage.
06:01Par exemple, en Irak, on a combattu
06:03l'État islamique aux côtés de l'État irakien,
06:05en Syrie, on a également appuyé les Kurdes.
06:07Nous sommes présents dans la Finule, au sud du Liban,
06:09nous avons une base militaire aux Émirats arabes unis.
06:11Donc la France est une puissance qui pèse dans la région,
06:13mais c'est vrai qu'au regard du droit international,
06:15elle est quand même plus prudente que ne le sont
06:17les États-Unis et Israël. Je pense que
06:19la position qu'elle va prendre, à mon avis, va ressembler
06:21à celle de la guerre des 12 jours l'année dernière. Rappelez-vous,
06:23la France avait participé
06:25aux opérations militaires de manière défensive,
06:27c'est-à-dire en réduisant le nombre
06:29de missiles ou de projectiles
06:31qui allaient vers Israël, mais elle ne s'était
06:32évidemment pas impliquée dans les attaques offensives.
06:35Et cette position de la France,
06:36c'est intéressant aussi de le relever, elle est assez
06:39proche de ce que les autres Européens apparemment veulent faire
06:41aujourd'hui. Les Anglais ont pris une position un peu
06:43similaire, les Allemands également.
06:45Maintenant, dernier rebondissement,
06:47la Chypre, on a parlé de ce
06:49missile qui est allé sur Chypre. Ça c'est intéressant
06:51parce que si le conflit s'élargit, et si
06:53Chypre est impliquée, et Chypre c'est l'Union Européenne,
06:55ça pourrait faire évoluer effectivement la position
06:57des Européens. Effectivement, et on pensait
06:59effectivement que ce serait peut-être l'entrée de l'Ukraine
07:01au sein de l'Union Européenne, mais là ça serait peut-être
07:03effectivement Chypre qui
07:05pourrait être le point
07:07d'accélération
07:08et de l'entrée de l'Union Européenne.
07:11Farid Ravid, votre
07:13regard, peut-être Vahid, votre regard
07:15chercheur en relations internationales. Ensuite,
07:17je vous donne la parole, Rina
07:19Bassit.
07:21Alors ce qui est sûr, et ça peut être
07:23et ça laisse sans doute, c'est frustrant,
07:25c'est que nous Européens, nous sommes des
07:27observateurs, nous ne sommes plus des acteurs de ce qui
07:29se passe dans la région. Alors les
07:30Américains sont acteurs. Alors c'est bien ou c'est pas bien ?
07:32Justement le fait d'être observateur et pas
07:35acteur de ce qui se passe ? Alors ça dépend
07:36de notre philosophie. Les Norvégiens,
07:38les Autrichiens, ils assument complètement de ne pas avoir
07:40des ambitions planétaires et ils s'occupent
07:42de leur économie et de leur bien-être.
07:44Alors ce qui est un peu paradoxal, c'est que nous
07:46Français, nous avons quand même des grandes ambitions
07:49internationales, nous avons, nous nous
07:50sommes tant quand même investis de cette mission
07:53de, voilà, de peser sur les affaires du monde
07:54et nous ne donnant pas les moyens de le faire.
07:57Aujourd'hui, les Américains, ils sont acteurs
07:58en Iran par leurs moyens militaires,
08:01par les sanctions économiques,
08:02par les moyens technologiques, comme
08:04Starlink. Les Israéliens,
08:06je ne vous en parle pas, par la domination des
08:08renseignements israéliens, par leur puissance
08:10militaire, mais nous, Français
08:12ou les Britanniques ou les Allemands,
08:14franchement, je vais être tout à fait honnête avec vous.
08:16Quand vous parlez à des Iraniens, je pense que c'est la même chose.
08:18Quand on parle à des Israéliens, personne ne vous parle
08:20aujourd'hui des Européens. Alors on parle
08:22des Américains, on parle des acteurs régionaux,
08:24mais personne n'attend une soi-disant réaction.
08:28Alors oui, l'Europe a une influence culturelle très importante,
08:31l'Europe a un poids, on va dire,
08:33d'une autre nature, un soft power
08:34important dans la région,
08:36mais je ne pense pas que là, dans l'immédiat,
08:38nous sommes quand même dans une guerre,
08:39avec des avions de chasse
08:41sur le ciel iranien,
08:43et je ne pense pas que dans cette configuration-là,
08:46la France soit capable de changer
08:47les équilibres dans la région.
08:51Farid Vaid,
08:51cherche en relation internationale sur Europe 1.
08:54Quel est votre regard,
08:55Rina Bassiste ?
08:56Vous êtes journaliste israélienne,
08:58correspondante pour la radio publique israélienne Cannes.
09:00Oui, je pense qu'il y a une certaine hypocrisie
09:04dans la position française,
09:06parce que c'est exactement ce que Farid a dit.
09:08Les ambitions sont énormes,
09:10et la France se cache d'une certaine façon
09:12derrière cette façade,
09:14qu'il faut absolument avoir
09:15une résolution du Conseil de sécurité
09:18pour que Paris soutienne ce genre d'action.
09:22Or, M. Barraud,
09:23le ministre des Affaires étrangères,
09:25il a admis,
09:26dans son allocation aujourd'hui,
09:29que c'est impossible, en fait,
09:31d'arriver dans la configuration actuelle
09:34avec la Russie et avec la Chine.
09:37Jamais il n'y aura
09:38une telle résolution.
09:41Ce qui explique, en fait,
09:43cette opération conjointe
09:45américano-israélienne
09:46sans demander
09:48en aval l'approbation de l'ONU.
09:51Donc, il y a
09:52les ambitions,
09:53d'un côté,
09:54de l'autre côté,
09:55il y a les intérêts français.
09:57Il est clair que la France
09:59essaie de garder ses bonnes relations
10:01avec tous ces pays
10:04très riches du Golfe.
10:06C'est ça, en fait,
10:07qui intéresse Paris le plus.
10:10Je ne crois pas
10:11qu'on va voir la même chose
10:12qu'on a vu
10:12dans la guerre de juin
10:14où il y avait quand même
10:16la France a aidé
10:18d'une certaine façon Israël.
10:19Là, je pense,
10:20ce côté-là est complètement exclu.
10:22Et que la France
10:23reste en retrait par rapport à Israël.
10:24Voilà, je ne vois pas du tout.
10:26C'est là,
10:27il y a des relations
10:29extrêmement compliquées
10:30entre M. Macron
10:31et M. Netanyahou,
10:33des relations aussi
10:33très compliquées
10:34entre M. Macron
10:36et le président américain.
10:38Il n'y a aucune volonté
10:40de Paris, justement,
10:42d'être aperçu
10:43comme si la France
10:46s'arrange
10:46côté israélien.
10:47On marque une pause,
10:48on revient
10:49avec Rina Bassiste
10:51que vous avez entendue,
10:52journaliste israélienne,
10:53correspondante
10:54pour la radio publique israélienne,
10:55avec Guillaume Lagan,
10:57enseignant à Sciences Po Paris,
10:59et Farid Vaid,
11:00chercheur en relations internationales,
11:02et bien sûr,
11:02Thomas Bonnet.
11:03pour ce dernier quart d'heure,
11:05nous nous demanderons
11:05effectivement
11:06quel est le rôle
11:06de la France.
11:07Est-ce que la France
11:08a un rôle un peu trop timide ?
11:10Est-ce qu'elle veut
11:11trop préserver
11:12ses relations ?
11:13Quel rôle
11:13la France peut-elle
11:14encore jouer
11:15dans la région ?
11:16On marque une pause,
11:17on revient sur Europe 1.
11:1711h30-13h,
11:18vous écoutez Christine
11:19Pélie et vous sur Europe 1
11:20et vous réagissez aussi,
11:21bien sûr,
11:21chers auditeurs,
11:2201-80-20-39-21.
11:24Il est 12h44,
11:25à tout de suite sur Europe 1.
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