00:0016h-18h, Pascal Praud sur Europe 1.
00:04Avec des annonces, avec des annonces que nous allons décrypter,
00:07Emmanuel Macron, notre dissuasion est robuste et efficace.
00:11À l'heure où vacillent les certitudes,
00:13où les adversaires s'enhardissent,
00:17où les alliances faceillent,
00:20la dissuasion est et doit demeurer un intangible français.
00:26En tant que président de la République,
00:29élu au suffrage universel direct, j'en suis le garant.
00:35Et je suis venu ici vous redire avec la plus grande force
00:38l'attachement de la nation, mon attachement,
00:44à la poursuite de cette mission fondamentale.
00:48Notre dissuasion est robuste et efficace.
00:53Tous ceux qui auraient l'audace de vouloir s'en prendre à la France
00:57savent le prix insoutenable qu'il y aurait pour eux à payer.
01:04Emmanuel Macron, à la base opérationnelle de Lille-Longue,
01:07dans le département du Finistère, c'était tout à l'heure,
01:09où il a retrouvé ce ton qu'on lui connaît,
01:12ce ton parfois de très grande solennité,
01:15et lorsqu'il prend la parole sous la forme d'allocution,
01:18sur le fond de notre dissuasion est robuste et efficace.
01:20C'est vrai, Régis Le Sommier ?
01:22C'est la pierre angulaire, finalement,
01:27de notre protection nationale.
01:29Ça a été décidé par le général de Gaulle,
01:32immédiatement mis en forme par les deux premiers sous-marins nucléaires
01:35qui ont été le redoutable et le terrible,
01:37début des années 70,
01:39et depuis, c'est l'ombrel qui fait qu'il n'y a pas de guerre en France,
01:42et qui fait que, par exemple,
01:44on entend régulièrement des menaces avec la Russie, etc.,
01:48mais deux puissances nucléaires ne peuvent pas se faire la guerre,
01:51sinon il n'y a plus de terre.
01:52Donc c'est plutôt vrai.
01:53Oui, tout à fait.
01:53Deuxième passage d'Emmanuel Macron,
01:55nous devons quand même renforcer cette dissuasion nucléaire.
01:58Écoutons le président de la République.
01:59Le monde se durcit,
02:00et les dernières heures l'ont encore démontré.
02:04C'est donc avec beaucoup de gravité
02:07que je viens aujourd'hui annoncer à la nation
02:10une évolution,
02:11à la hauteur de nos défis nationaux et européens.
02:17Nous devons renforcer notre dissuasion nucléaire
02:20face à la combinaison des menaces,
02:22et nous devons penser notre stratégie de dissuasion
02:25dans la profondeur du continent européen,
02:28dans le plein respect de notre souveraineté,
02:31avec la mise en place progressive
02:33de ce que j'appellerais une dissuasion avancée.
02:39Oui, nous vivons actuellement
02:41au plan géopolitique une période de rupture,
02:44pleine de risques,
02:46et nos compatriotes en ont pleinement conscience.
02:50Cette période
02:52justifie
02:52un durcissement de notre modèle.
02:55Dissuasion avancée,
02:56le souci c'est qu'on n'a pas un centime.
02:59On n'a pas un centime,
03:00et puis on peut se demander
03:00qu'est-ce qu'il se trame derrière,
03:03est-ce que c'est le signe
03:04qu'on rentre dans un fédéralisme européen
03:08dans lequel les moyens qui sont propres à la France
03:10et qui ont été étudiés, je le rappelle,
03:12à la base et conçus pour protéger la France,
03:15seraient, on va dire,
03:17mis à disposition d'autres,
03:19ce qui n'est pas illogique.
03:20Vous avez senti ça dans le discours d'Emmanuel Macron tout à l'heure ?
03:22J'ai eu le sentiment au contraire
03:24qu'il disait que la France
03:26resterait la seule à décider
03:28de son arme nucléaire
03:29et qu'elle ne partagerait pas, bien sûr, le commandement.
03:32Le fait qu'on commente
03:35depuis pas mal de mois
03:37autour de cette notion, justement,
03:40de partage de notre dissuasion,
03:42est la preuve même, à mon sens,
03:44qu'il y a aussi, il y a quand même une évolution.
03:45Là, on a trouvé le terme avancé,
03:48une dissuasion avancée
03:49qui permettrait peut-être d'envoyer des avions
03:52puisque ce sont nos rafales aujourd'hui
03:54qui ont la capacité,
03:55qui peuvent avoir les capacités nucléaires
03:56un peu partout en Europe.
04:00La vraie question, c'est
04:01est-ce que la France reste maître de son destin ?
04:04Est-ce que la France reste maître de ses armes ?
04:06Et la dissuasion
04:08est la garantie qu'il n'y a pas de guerre ?
04:11C'est-à-dire, on n'utilise pas la dissuasion
04:13mais on sait qu'elle est là.
04:16C'est ce qu'il a expliqué.
04:17En un sens, il a les mots
04:18mais il faut voir l'intention
04:20et il faut voir quelles sont
04:21les intentions du président.
04:23On le voit dans beaucoup de domaines.
04:24On parle de souveraineté française.
04:26Il parle de souveraineté française
04:27et puis très rapidement après,
04:29il parle de souveraineté européenne, par exemple.
04:32Georges Henech.
04:33Écoutez, moi je l'ai écouté, le discours là.
04:35J'ai peu entendu parler de la France.
04:37J'ai entendu l'Europe, l'Europe, l'Europe.
04:40Voilà, c'est ce que je dis.
04:41C'est son mantra.
04:43Donc, il nous dit finalement
04:44que la doctrine qui est quand même
04:48légèrement différente de la doctrine
04:49que nous avons eue depuis le général de Gaulle,
04:51c'était celle qui a été voulue
04:52par tous ses prédécesseurs depuis Mitterrand.
04:54Nous dit-il.
04:55Et il ajoute,
04:56tous nos partenaires européens,
04:58je crois pouvoir dire,
04:59dit-il,
04:59sont sur le même avis que nous.
05:02Moi, ce qui me frappe dans cette affaire,
05:04c'est que le président de la République
05:06décide d'un changement de doctrine,
05:08c'est un changement de doctrine,
05:10sans consultation des forces politiques.
05:12Ça ne date pas d'hier.
05:13Ça fait déjà un moment qu'il le dit.
05:15Sans consultation de l'Assemblée nationale,
05:17sans consultation des groupes politiques,
05:19il décide tout seul,
05:21bien qu'il soit le chef des armées,
05:22j'entends bien,
05:23qu'il est le seul à pouvoir appuyer sur le bouton,
05:25mais c'est quand même un engagement du pays
05:28qui n'est pas neutre.
05:29Donc, je suis un petit peu dubitatif.
05:32Pour ce qui est frappant,
05:32Régis Le Soumier,
05:33si on cherche à synthétiser
05:35ce qu'a dit le président de la République,
05:37c'est qu'il se pose comme leader de l'Europe.
05:40C'est ça.
05:40Et que le nucléaire était la seule chose
05:44qui, j'allais dire, tenait debout.
05:45J'exagère un peu,
05:46il y a d'autres choses qui tiennent debout en France,
05:47mais le partage n'était pas à l'ordre du jour.
05:50Et là, on a ce sentiment
05:52que la doctrine peut évoluer.
05:54Alors, avec Emmanuel Macron,
05:56c'est toujours du milliard à trois bandes.
05:58À quoi pense-t-il ?
05:58Est-ce qu'il pense à lui ?
06:00Est-ce qu'il pense à son avenir ?
06:01Est-ce qu'il pense à présider l'Europe ?
06:04Parce qu'on sait que le mandat arrive l'année prochaine.
06:07C'est pour ça qu'on est toujours avec lui.
06:10Je dirais qu'on n'est pas en tranquillité d'esprit.
06:13On se demande quel mauvais coup il prépare parfois,
06:16pardonnez-moi de le dire aussi,
06:17d'une manière aussi triviale.
06:18Mais en même temps, je vous pose la question.
06:20Est-ce que mon interprétation est bonne
06:21ou est-ce qu'elle est erronée ?
06:22Non, non, elle est très bonne.
06:24Je pense qu'Emmanuel Macron,
06:25il faut rajouter à tout ça,
06:28il a l'Allemagne dans la tête.
06:30Il a la montée en puissance de l'armée allemande.
06:33Mais qui, elle, précisément,
06:35l'industrie et l'armée conventionnelle,
06:38est en train de nous écraser.
06:39Tout à fait.
06:41Et donc, ce qui nous reste, effectivement,
06:42dans ce décor,
06:44c'est une armée, quand même,
06:45qui est la plus puissante d'Europe,
06:48mais qui, combien de temps le restera ?
06:49Le restera-t-elle ?
06:50La Pologne a déjà monté en puissance
06:53depuis très longtemps.
06:54Et l'Allemagne a décidé
06:55de mettre les bouchées doubles.
06:57Nous copions sur l'histoire
06:58du service militaire,
06:59mais avec des conditions
07:00bien plus avantageuses.
07:01L'Allemagne met les moyens
07:02pour faire son armée.
07:03Et nous, on sent bien que,
07:05même s'il y a des déclarations,
07:07même si on brandit des menaces, etc.,
07:09pour le moment,
07:09il n'y a pas de concrétisation véritable.
07:12On a des usines, par exemple,
07:14de fabrication d'obus en Bretagne,
07:15qui n'ont toujours pas reçu
07:16de carnet de commandes
07:17et qui s'en plaignent.
07:18On sent qu'il y a une obligation
07:21de revoir à la hausse nos budgets.
07:23Tout est...
07:24Mais que, concrètement,
07:26ce qui reste à la France,
07:28dans, on va dire...
07:29Il y a, de toute façon,
07:30une compétition au niveau
07:31du leadership européen
07:32qui est en train de monter.
07:34Il y a là aussi la question
07:35de l'avenir de l'OTAN
07:36qui se pose,
07:37avec Donald Trump
07:38qui, de plus en plus,
07:39fait faux bon,
07:40de plus en plus,
07:41sur des questions
07:42comme l'Ukraine, par exemple,
07:43ou même sur la question
07:44de la défense du continent européen,
07:46finalement, a pris la place
07:47arrière dans la voiture
07:48et que, face à ça,
07:50eh bien, forcément,
07:51ça aiguise certains appétits.
07:53On sent bien que le chancelier Mertz,
07:54lui, est à la manœuvre
07:56pour prendre la suite.
07:5716h11, décryptage,
07:58notamment avec Régis Le Sommier
08:00de l'intervention du Président
08:01de la République
08:01qui vient de donner un discours
08:02à la base opérationnelle
08:03de l'île Longue
08:04avec, effectivement,
08:05des éléments
08:06qui nous font penser
08:07qu'il y aurait peut-être
08:08un changement
08:08de stratégie nucléaire.
08:10Mais il faut être, évidemment,
08:12prudent à 16h11.
08:13Je vous propose peut-être
08:14une page de réclame,
08:18une page en couleur
08:19en cette jolie journée
08:22de mars,
08:24de mars,
08:25qui est plutôt printanière,
08:26en tout cas à Paris.
08:27Je salue ceux qui nous écoutent
08:29et qui sont encore en vacances
08:30et qui profitent du temps libre
08:31et de quelques jours de repos.
08:34Et nous revenons dans une seconde.
08:36Excellent début de semaine.
08:37Vous êtes à l'écoute de Repin.
08:39Pascal Proevo,
08:39c'est entre 16h et 18h,
08:41du lundi au vendredi.
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