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  • il y a 2 heures
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:0016h-18h, Pascal Praud sur Europe 1.
00:04Avec des annonces, avec des annonces que nous allons décrypter,
00:07Emmanuel Macron, notre dissuasion est robuste et efficace.
00:11À l'heure où vacillent les certitudes,
00:13où les adversaires s'enhardissent,
00:17où les alliances faceillent,
00:20la dissuasion est et doit demeurer un intangible français.
00:26En tant que président de la République,
00:29élu au suffrage universel direct, j'en suis le garant.
00:35Et je suis venu ici vous redire avec la plus grande force
00:38l'attachement de la nation, mon attachement,
00:44à la poursuite de cette mission fondamentale.
00:48Notre dissuasion est robuste et efficace.
00:53Tous ceux qui auraient l'audace de vouloir s'en prendre à la France
00:57savent le prix insoutenable qu'il y aurait pour eux à payer.
01:04Emmanuel Macron, à la base opérationnelle de Lille-Longue,
01:07dans le département du Finistère, c'était tout à l'heure,
01:09où il a retrouvé ce ton qu'on lui connaît,
01:12ce ton parfois de très grande solennité,
01:15et lorsqu'il prend la parole sous la forme d'allocution,
01:18sur le fond de notre dissuasion est robuste et efficace.
01:20C'est vrai, Régis Le Sommier ?
01:22C'est la pierre angulaire, finalement,
01:27de notre protection nationale.
01:29Ça a été décidé par le général de Gaulle,
01:32immédiatement mis en forme par les deux premiers sous-marins nucléaires
01:35qui ont été le redoutable et le terrible,
01:37début des années 70,
01:39et depuis, c'est l'ombrel qui fait qu'il n'y a pas de guerre en France,
01:42et qui fait que, par exemple,
01:44on entend régulièrement des menaces avec la Russie, etc.,
01:48mais deux puissances nucléaires ne peuvent pas se faire la guerre,
01:51sinon il n'y a plus de terre.
01:52Donc c'est plutôt vrai.
01:53Oui, tout à fait.
01:53Deuxième passage d'Emmanuel Macron,
01:55nous devons quand même renforcer cette dissuasion nucléaire.
01:58Écoutons le président de la République.
01:59Le monde se durcit,
02:00et les dernières heures l'ont encore démontré.
02:04C'est donc avec beaucoup de gravité
02:07que je viens aujourd'hui annoncer à la nation
02:10une évolution,
02:11à la hauteur de nos défis nationaux et européens.
02:17Nous devons renforcer notre dissuasion nucléaire
02:20face à la combinaison des menaces,
02:22et nous devons penser notre stratégie de dissuasion
02:25dans la profondeur du continent européen,
02:28dans le plein respect de notre souveraineté,
02:31avec la mise en place progressive
02:33de ce que j'appellerais une dissuasion avancée.
02:39Oui, nous vivons actuellement
02:41au plan géopolitique une période de rupture,
02:44pleine de risques,
02:46et nos compatriotes en ont pleinement conscience.
02:50Cette période
02:52justifie
02:52un durcissement de notre modèle.
02:55Dissuasion avancée,
02:56le souci c'est qu'on n'a pas un centime.
02:59On n'a pas un centime,
03:00et puis on peut se demander
03:00qu'est-ce qu'il se trame derrière,
03:03est-ce que c'est le signe
03:04qu'on rentre dans un fédéralisme européen
03:08dans lequel les moyens qui sont propres à la France
03:10et qui ont été étudiés, je le rappelle,
03:12à la base et conçus pour protéger la France,
03:15seraient, on va dire,
03:17mis à disposition d'autres,
03:19ce qui n'est pas illogique.
03:20Vous avez senti ça dans le discours d'Emmanuel Macron tout à l'heure ?
03:22J'ai eu le sentiment au contraire
03:24qu'il disait que la France
03:26resterait la seule à décider
03:28de son arme nucléaire
03:29et qu'elle ne partagerait pas, bien sûr, le commandement.
03:32Le fait qu'on commente
03:35depuis pas mal de mois
03:37autour de cette notion, justement,
03:40de partage de notre dissuasion,
03:42est la preuve même, à mon sens,
03:44qu'il y a aussi, il y a quand même une évolution.
03:45Là, on a trouvé le terme avancé,
03:48une dissuasion avancée
03:49qui permettrait peut-être d'envoyer des avions
03:52puisque ce sont nos rafales aujourd'hui
03:54qui ont la capacité,
03:55qui peuvent avoir les capacités nucléaires
03:56un peu partout en Europe.
04:00La vraie question, c'est
04:01est-ce que la France reste maître de son destin ?
04:04Est-ce que la France reste maître de ses armes ?
04:06Et la dissuasion
04:08est la garantie qu'il n'y a pas de guerre ?
04:11C'est-à-dire, on n'utilise pas la dissuasion
04:13mais on sait qu'elle est là.
04:16C'est ce qu'il a expliqué.
04:17En un sens, il a les mots
04:18mais il faut voir l'intention
04:20et il faut voir quelles sont
04:21les intentions du président.
04:23On le voit dans beaucoup de domaines.
04:24On parle de souveraineté française.
04:26Il parle de souveraineté française
04:27et puis très rapidement après,
04:29il parle de souveraineté européenne, par exemple.
04:32Georges Henech.
04:33Écoutez, moi je l'ai écouté, le discours là.
04:35J'ai peu entendu parler de la France.
04:37J'ai entendu l'Europe, l'Europe, l'Europe.
04:40Voilà, c'est ce que je dis.
04:41C'est son mantra.
04:43Donc, il nous dit finalement
04:44que la doctrine qui est quand même
04:48légèrement différente de la doctrine
04:49que nous avons eue depuis le général de Gaulle,
04:51c'était celle qui a été voulue
04:52par tous ses prédécesseurs depuis Mitterrand.
04:54Nous dit-il.
04:55Et il ajoute,
04:56tous nos partenaires européens,
04:58je crois pouvoir dire,
04:59dit-il,
04:59sont sur le même avis que nous.
05:02Moi, ce qui me frappe dans cette affaire,
05:04c'est que le président de la République
05:06décide d'un changement de doctrine,
05:08c'est un changement de doctrine,
05:10sans consultation des forces politiques.
05:12Ça ne date pas d'hier.
05:13Ça fait déjà un moment qu'il le dit.
05:15Sans consultation de l'Assemblée nationale,
05:17sans consultation des groupes politiques,
05:19il décide tout seul,
05:21bien qu'il soit le chef des armées,
05:22j'entends bien,
05:23qu'il est le seul à pouvoir appuyer sur le bouton,
05:25mais c'est quand même un engagement du pays
05:28qui n'est pas neutre.
05:29Donc, je suis un petit peu dubitatif.
05:32Pour ce qui est frappant,
05:32Régis Le Soumier,
05:33si on cherche à synthétiser
05:35ce qu'a dit le président de la République,
05:37c'est qu'il se pose comme leader de l'Europe.
05:40C'est ça.
05:40Et que le nucléaire était la seule chose
05:44qui, j'allais dire, tenait debout.
05:45J'exagère un peu,
05:46il y a d'autres choses qui tiennent debout en France,
05:47mais le partage n'était pas à l'ordre du jour.
05:50Et là, on a ce sentiment
05:52que la doctrine peut évoluer.
05:54Alors, avec Emmanuel Macron,
05:56c'est toujours du milliard à trois bandes.
05:58À quoi pense-t-il ?
05:58Est-ce qu'il pense à lui ?
06:00Est-ce qu'il pense à son avenir ?
06:01Est-ce qu'il pense à présider l'Europe ?
06:04Parce qu'on sait que le mandat arrive l'année prochaine.
06:07C'est pour ça qu'on est toujours avec lui.
06:10Je dirais qu'on n'est pas en tranquillité d'esprit.
06:13On se demande quel mauvais coup il prépare parfois,
06:16pardonnez-moi de le dire aussi,
06:17d'une manière aussi triviale.
06:18Mais en même temps, je vous pose la question.
06:20Est-ce que mon interprétation est bonne
06:21ou est-ce qu'elle est erronée ?
06:22Non, non, elle est très bonne.
06:24Je pense qu'Emmanuel Macron,
06:25il faut rajouter à tout ça,
06:28il a l'Allemagne dans la tête.
06:30Il a la montée en puissance de l'armée allemande.
06:33Mais qui, elle, précisément,
06:35l'industrie et l'armée conventionnelle,
06:38est en train de nous écraser.
06:39Tout à fait.
06:41Et donc, ce qui nous reste, effectivement,
06:42dans ce décor,
06:44c'est une armée, quand même,
06:45qui est la plus puissante d'Europe,
06:48mais qui, combien de temps le restera ?
06:49Le restera-t-elle ?
06:50La Pologne a déjà monté en puissance
06:53depuis très longtemps.
06:54Et l'Allemagne a décidé
06:55de mettre les bouchées doubles.
06:57Nous copions sur l'histoire
06:58du service militaire,
06:59mais avec des conditions
07:00bien plus avantageuses.
07:01L'Allemagne met les moyens
07:02pour faire son armée.
07:03Et nous, on sent bien que,
07:05même s'il y a des déclarations,
07:07même si on brandit des menaces, etc.,
07:09pour le moment,
07:09il n'y a pas de concrétisation véritable.
07:12On a des usines, par exemple,
07:14de fabrication d'obus en Bretagne,
07:15qui n'ont toujours pas reçu
07:16de carnet de commandes
07:17et qui s'en plaignent.
07:18On sent qu'il y a une obligation
07:21de revoir à la hausse nos budgets.
07:23Tout est...
07:24Mais que, concrètement,
07:26ce qui reste à la France,
07:28dans, on va dire...
07:29Il y a, de toute façon,
07:30une compétition au niveau
07:31du leadership européen
07:32qui est en train de monter.
07:34Il y a là aussi la question
07:35de l'avenir de l'OTAN
07:36qui se pose,
07:37avec Donald Trump
07:38qui, de plus en plus,
07:39fait faux bon,
07:40de plus en plus,
07:41sur des questions
07:42comme l'Ukraine, par exemple,
07:43ou même sur la question
07:44de la défense du continent européen,
07:46finalement, a pris la place
07:47arrière dans la voiture
07:48et que, face à ça,
07:50eh bien, forcément,
07:51ça aiguise certains appétits.
07:53On sent bien que le chancelier Mertz,
07:54lui, est à la manœuvre
07:56pour prendre la suite.
07:5716h11, décryptage,
07:58notamment avec Régis Le Sommier
08:00de l'intervention du Président
08:01de la République
08:01qui vient de donner un discours
08:02à la base opérationnelle
08:03de l'île Longue
08:04avec, effectivement,
08:05des éléments
08:06qui nous font penser
08:07qu'il y aurait peut-être
08:08un changement
08:08de stratégie nucléaire.
08:10Mais il faut être, évidemment,
08:12prudent à 16h11.
08:13Je vous propose peut-être
08:14une page de réclame,
08:18une page en couleur
08:19en cette jolie journée
08:22de mars,
08:24de mars,
08:25qui est plutôt printanière,
08:26en tout cas à Paris.
08:27Je salue ceux qui nous écoutent
08:29et qui sont encore en vacances
08:30et qui profitent du temps libre
08:31et de quelques jours de repos.
08:34Et nous revenons dans une seconde.
08:36Excellent début de semaine.
08:37Vous êtes à l'écoute de Repin.
08:39Pascal Proevo,
08:39c'est entre 16h et 18h,
08:41du lundi au vendredi.
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