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  • il y a 4 heures
Christine Kelly revient, de 11h30 à 13h, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Europe 1, Christine Kelly.
00:03Dernière partie sur Europe 1 à 12h48, c'est cette mission spéciale sur la situation en Iran avec votre chroniqueur
00:10Thomas Bonnet et vos invités autour de la table.
00:12Chère Christine, avec vous Guillaume Lagan, enseignant à Sciences Po Paris, spécialiste des questions de défense.
00:17Avec vous aussi, Rina Bassiste, journaliste israélienne et Farid Vaid, chercheur en relations internationales,
00:23co-rit-directeur de l'Observatoire de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient à la Fondation Jean Jaurès.
00:27Oui, quelques minutes pour terminer cette émission avec cette question.
00:31La France doit-elle s'impliquer ?
00:33Quand je reprends les mots de Jean-Noël Barraud, qui dit que la France se tient prête conformément aux accords
00:41qu'il allie à ses partenaires
00:42et en principe de légitime défense collective prévue par le droit international à participer à l'heure des Frances, la
00:49France est prête.
00:50Guillaume Lagan.
00:52Moi, je pense qu'effectivement, comme ça a été dit tout à l'heure, la position de la France, elle
00:56va d'abord dépendre du droit international.
00:58C'est vrai que spontanément, notre position a toujours été de dire qu'on ne devait pas participer à des
01:03opérations militaires
01:04qui n'étaient pas autorisées par le Conseil de sécurité.
01:06Et c'est vrai que là, dans cette affaire, il faut quand même le relever.
01:09Rappelez-vous, il y a 20 ans, en 2003, lorsqu'il y avait la guerre en Irak, il y avait
01:12eu tout un sujet pour savoir s'il fallait ou pas que le Conseil de sécurité...
01:15Les Américains disaient, bon, on va bien y aller, mais à l'époque, les Français avaient été une position très
01:19claire.
01:19Ils avaient dit, on mettra notre veto.
01:21Résultat, la guerre s'est faite sans autorisation du Conseil de sécurité.
01:24Cette fois, il n'y a même pas eu de discussion.
01:25Les Etats-Unis et Israël se sont lâchés sans aller rechercher.
01:28Comme si l'on n'existait plus.
01:30Voilà, donc ça, c'est un premier élément.
01:31D'ailleurs, pour nous, Français, c'est un problème, parce qu'en aimant au permanent du Conseil de sécurité,
01:35à partir du moment où plus personne ne s'adresse à ce Conseil, qu'est-ce qui va nous rester
01:38en termes de pouvoir diplomatique ?
01:39En revanche, il y a un deuxième aspect du droit international, c'est le fameux article 51 de la Charte,
01:43qui nous dit, les Etats ont droit à la légitime défense et ils peuvent être aidés par leurs alliés.
01:47Et là, c'est vrai que régionalement, on a des accords de défense avec certains Etats,
01:51notamment dans le Golfe Persique, notamment par exemple les Émirats arabes unis, le Qatar.
01:54Et donc ces Etats étant aujourd'hui agressés par l'Iran de manière indiscriminée,
01:58parce que je rappelle qu'eux, personnellement, ils n'ont pas attaqué l'Iran,
02:01eh bien la France, elle a légitimement la possibilité d'intervenir à leur profit.
02:05Alors est-ce que ça profitera ou pas à la coalition occidentale ?
02:09C'est vrai que le discours français aujourd'hui, il est un peu marqué par l'ambiguïté,
02:12parce qu'on n'approuve pas les frappes militaires, mais en même temps,
02:15on a entendu les représentants du gouvernement finalement se réjouir,
02:18par exemple de la disparition du pouvoir iranien,
02:22suite notamment aux manifestations qui avaient été réprimées dans le sang.
02:26Donc peut-être qu'à travers cette voie de l'accord régional et de l'aide aux alliés régionaux,
02:31la France va rentrer dans le jeu de cette guerre.
02:34Mais la France va rentrer comment selon vous, Farid Vaid ?
02:36Comment la France peut-elle entrer alors qu'on sait qu'on a une grande voix, on va dire,
02:42mais on a peu de moyens ?
02:43Sincèrement, je pense qu'elle ne peut pas.
02:45Les Américains, ils ont mis quatre semaines à envoyer des porte-avions,
02:48des avions de chasse dans la région avant de se lancer dans une aventure militaire contre l'Iran.
02:52Alors, le seul cas de figure où je peux imaginer la France rentrer militairement dans cette aventure,
02:58je dirais, c'est si les Iraniens cherchent vraiment à perturber le golfe Persique
03:02et de fermer le détroit d'Hormoz.
03:03Et là, au nom de la sécurité énergétique et de l'économie mondiale,
03:07effectivement, dans un cadre de mission maritime,
03:09la marine française pourrait jouer un rôle dans la région.
03:12Mais au-delà de la question militaire, la France peut jouer aussi un autre rôle très intéressant.
03:16Vous savez, beaucoup des opposants au régime de la République islamique
03:19se trouvent ici en France, à Paris.
03:20Le prince héritier Rézapalabi, mais beaucoup d'autres aussi.
03:23Alors, pourquoi pas ? Moi, je rêve, depuis plusieurs années,
03:26un congrès d'un Iran libre, dans un beau château français, à Chantilly,
03:31regrouper toute l'opposition iranienne, leur permettre de se regrouper.
03:34Vous savez, le vrai travail, c'est aussi ça, c'est le travail politique.
03:36Alors, les Américains, les Israéliens, ils font certes affaiblir le régime,
03:40mais ils ne vont pas envoyer des soldats sur le terrain.
03:42Et in fine, dans deux semaines, dans deux mois,
03:43ce sera aux Iraniens de revenir dans la rue
03:45avec une nouvelle vague de manifestations pour essayer de finir le travail.
03:48Et pour ça, je pense que nous, on peut jouer un rôle très utile.
03:52C'était Farid Vaid, en direct sur Europe,
03:55un chercheur en relations internationales.
03:57Je me tourne vers vous.
03:59Réna Bassiste, qu'est-ce que vous pensez, effectivement,
04:01à propos de cette intervention de la France,
04:04à propos de cette ONU qui affaiblit ?
04:06On voit que c'est ce machin, comme il disait,
04:10qui ne sert presque plus à rien.
04:12Et on voit, effectivement, que toutes les données classiques
04:16des relations internationales ont explosé.
04:19Donc, on ne sait plus où ira la France,
04:23où ira les États-Unis,
04:24combien de temps ça va durer,
04:25que peut faire la France,
04:26et avec, justement, un niveau international,
04:29l'ONU qui disparaît complètement.
04:31Je trouve que la France,
04:32qui se voit comme un champion des droits de l'homme,
04:35se trouve en ce moment,
04:36en une situation pas très confortable,
04:38pas très jolie.
04:39Pourquoi je dis ça ?
04:40Parce que si vraiment la France va aider ses partenaires,
04:43bon, c'est très bien peut-être aider les Émiratis,
04:46aider les Saoudiens, aider la Kuwait.
04:49Imaginez-vous une situation où la France aide militairement Qatar,
04:53un pays qui a quand même pendant des années
04:55financé des organisations terroristes.
04:58Mais pour l'instant, la France a lâché tous les Iraniens.
05:03La France ne fait rien pour aider, justement,
05:07tous les manifestants qui sont allés dans la rue.
05:10Il y avait quand même 30 000 morts.
05:12La France n'est ni les autres pays.
05:14Oui, mais chaque pays avec ses ambitions,
05:18avec ses prétentions.
05:20Là, il y a des membres de famille,
05:22des amis de 30 000 personnes
05:24qui sont morts,
05:25qui se demandent,
05:26est-ce que les morts de nos bien-aimés,
05:29est-ce que ça a servi à quelque chose ?
05:31La France n'est pas en train d'aider ça,
05:34n'est pas en train d'aider, justement,
05:37une transition vers la démocratie.
05:39Donc, si on prétend être le champion des droits de l'homme,
05:42on peut se demander
05:43quel rôle vous jouez dans cette situation.
05:46Excellente remarque,
05:47Rina Bassiste, journaliste israélienne,
05:49correspondante pour la radio publique israélienne,
05:52Kahn Thomas Bonnet.
05:53Je me tourne vers vous.
05:53Effectivement, on se dit
05:54la France championne de la démocratie,
05:58qui est plutôt absente.
06:00On voit effectivement qu'elle est partagée,
06:02on voit son rôle ambigu.
06:04On a presque souri, souri.
06:06En même temps, on a eu mal
06:07lorsqu'on a vu que ça s'est fait sans la France,
06:09lorsqu'on a vu que la France avoue
06:10que ça s'est fait sans elle,
06:11et que là, on sent que la France a envie de jouer
06:15un rôle en réaction collective de défense
06:17par rapport au Qatar et aux partenaires,
06:19comme dit Jean-Noël Barraud.
06:21Mais la France doit-elle s'impliquer ?
06:23En plus, il faut rappeler,
06:25il faut le faire quand même,
06:26c'est que la France a un rôle
06:27dans ce qui se passe aussi en Iran,
06:29parce que c'est la France
06:30qui a abrité Roménie dans les années 70,
06:32il faut le rappeler,
06:33avec Giscard d'Estaing,
06:34c'est ensuite un avion français
06:35qui l'a fait rentrer en Iran.
06:36Donc, il y a une responsabilité,
06:38j'allais dire presque morale aussi,
06:39de la France dans ce qui se passe.
06:40Effectivement, vous vous rappeliez
06:41le précédent de 2003,
06:42je crois que malheureusement,
06:43ça montre le déclassement de l'ONU
06:45effectivement depuis 2003,
06:46mais à travers l'ONU,
06:47de la France aussi,
06:48qui a perdu sans doute de son pouvoir.
06:50J'ai envie de dire,
06:51qu'est-ce qu'on peut faire, nous, la France,
06:52si ce n'est effectivement
06:53sur un plan diplomatique ?
06:54On peut évidemment, je pense,
06:56avoir un poids,
06:56parce que nous sommes membres
06:57du Conseil d'Escurité de l'ONU.
06:59Attention aussi,
07:00dans ce qui guide notre action,
07:00je pense qu'il y a le rôle de nos otages,
07:02le sort de nos otages.
07:03Nous avons toujours deux otages
07:04à l'ambassade de France en Iran.
07:06Ça, à mon avis,
07:06joue aussi dans la réaction que nous avons.
07:08On a terminé un mot très court,
07:09peut-être Guillaume Lagann ?
07:09Non, je suis tout à fait d'accord.
07:10Après, on n'a rien empêché en 2003.
07:12L'invasion s'est faite.
07:13Oui, c'est vrai.
07:14Au moins, on a dit non.
07:16Merci infiniment.
07:16Merci Farid Vaid,
07:18chercheur en relations internationales,
07:20Guillaume Lagann,
07:21enseignant à Sciences Po,
07:22Rina Bassiste,
07:23journaliste israélienne.
07:24Bonjour, Udi Saada.
07:26Bonjour, Christine.
07:26Quel est le menu de votre émission ?
07:28Nous allons bien évidemment
07:29revenir sur les derniers développements
07:31en Iran et au Proche-Orient.
07:33Puis, on s'interrogera
07:34avec nos débatteurs
07:35sur la position de la France,
07:37mais aussi de la France insoumise
07:39face à ce conflit.
07:40Il y a de quoi dire.
07:41Merci infiniment.
07:42Merci à tous.
07:43Merci, Christine.
07:43Nous avons suivi.
07:44Merci, ma chère Géraldine,
07:45pour cette émission.
07:46Cette édition spéciale,
07:48Christine Kelly et vous.
07:49Restez en contact avec Europe 1.
07:51Bien à l'écoute.
07:52A demain.
07:53C'était Christine Kelly.
07:53Avec plaisir.
07:54Retour demain de 11h à 30 à 13h
07:55sur Europe 1.
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