- il y a 6 semaines
Vouloir être un parent parfait… ça parlera sûrement à beaucoup d’entre vous. Mais est-ce vraiment possible ? Cette quête de perfection peut vite devenir un piège : vouloir appliquer chaque règle à la lettre, s’enfermer dans des modèles rigides, jusqu’à s’épuiser davantage qu’à s’épanouir. Et si l’objectif était plutôt de s’en libérer pour retrouver une parentalité plus simple, plus apaisée et plus naturelle ?
Lénaïg Steffens, psychologue clinicienne spécialisée en psychologie de l’enfant et autrice du livre Parents, soyez heureux, partage son regard sur ces injonctions qui pèsent sur les familles. Elle rappelle que poser un cadre n’est pas une punition, mais un besoin essentiel : un repère rassurant pour l’enfant au cœur de ses tempêtes émotionnelles. Elle explique aussi comment faire la paix avec son propre passé pour exercer une autorité juste, loin des étiquettes et de la pression du quotidien. Un éclairage précieux pour prévenir le burn-out parental, lâcher la culpabilité et retrouver plus de sérénité à la maison.
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Lénaïg Steffens, psychologue clinicienne spécialisée en psychologie de l’enfant et autrice du livre Parents, soyez heureux, partage son regard sur ces injonctions qui pèsent sur les familles. Elle rappelle que poser un cadre n’est pas une punition, mais un besoin essentiel : un repère rassurant pour l’enfant au cœur de ses tempêtes émotionnelles. Elle explique aussi comment faire la paix avec son propre passé pour exercer une autorité juste, loin des étiquettes et de la pression du quotidien. Un éclairage précieux pour prévenir le burn-out parental, lâcher la culpabilité et retrouver plus de sérénité à la maison.
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00:00Si je lui dis non, toute sa vie il m'en voudra, il retiendra une image négative de moi.
00:05L'enfant et l'éducation sont souvent un prétexte pour parler en réalité de soi, de ce qu'on a
00:10vécu, de nos traumatismes, etc.
00:12Des coachs, des experts en parentalité, qui ne sont pas du tout des professionnels de l'enfance,
00:16qui ne sont pas du tout psychologues ni pédopsychiatres, se sont emparés de l'éducation positive
00:20et en ont fait une éducation exclusivement positive, c'est-à-dire qu'ils ont un peu chassé tout ce
00:25qui concernait le cadre, les limites, etc.
00:27Effectivement, il y a beaucoup d'injonctions et donc les parents ont aussi du mal à se faire confiance
00:32et à intérioriser eux-mêmes ce qu'ils ont envie de transmettre à leurs enfants.
00:39Bonjour à tous, aujourd'hui une nouvelle émission de On va tout partager.
00:43On reçoit l'ENAIG qui est psychologue clinicienne et spécialisée en psychologie de l'enfant.
00:48On va discuter aujourd'hui d'éducation de manière assez large et du poids de la société
00:55sur notre métier de parent au quotidien, les injonctions et ce que ça peut provoquer comme stress, comme culpabilité chez
01:04les parents.
01:05Tu es l'autrice de « Parents, soyons heureux ». Est-ce que tu peux nous en parler ?
01:09Bonjour à tous, effectivement, j'ai écrit ce livre « Parents, soyez heureux » avec un petit sous-titre qui
01:13s'appelle
01:13« Petit guide illustré pour se libérer de la bien-pensance parentale ».
01:17Je trouve qu'aujourd'hui, il y a quand même beaucoup d'injonctions dans la parentalité
01:19qui empêche les parents un peu de développer et de déployer leur potentiel de parents, de joie, de bonheur, etc.
01:27Donc j'ai trouvé intéressant de rappeler que déjà la première étape dans la parentalité
01:32et dans notre rôle de parent, c'est de trouver ce qui nous rend heureux de nous
01:35puisque le bonheur parental ruisselle toujours sur le bonheur et la joie des enfants au quotidien
01:41et c'est vraiment un modèle qu'on offre à nos enfants et qu'ils vont garder pour toute la
01:45vie.
01:46Oui, on va le voir, mais on reçoit énormément de messages sur la communauté « On va tout partager ».
01:51On sent que les parents, ils sont paumés.
01:54En 2026, les parents sont paumés, ils sont en rupture face à l'éducation qu'ils ont pu recevoir dans
01:59leur enfance.
02:01Les conseils qu'on peut lire un peu partout sont quand même devenus plus des injonctions
02:05que vraiment genre des aides à la parentalité
02:07et que la parentalité, elle a quand même beaucoup évolué ces dernières années
02:13par rapport à ce que même nous, on a pu connaître dans notre enfance.
02:16Aujourd'hui, il y a une prédominance des écrans, des réseaux sociaux
02:20et ce n'est pas seulement nos enfants qui sont mis face à tout ça, c'est nous aussi en
02:25tant que parents.
02:25Et donc, on voit beaucoup de contenu passer sur la parentalité
02:28et parfois, on a du mal à prendre ce recul.
02:31Est-ce que tu rencontres des parents qui sont un peu paralysés par tout ce qu'ils entendent ?
02:37Oui, bien sûr, tous les parents sont, à un moment en tout cas de leur parentalité et de leur histoire,
02:42paralysés par tout ce qu'ils entendent, ils ne savent pas ce qui est bon, ce qui est mauvais pour
02:47leur enfant.
02:48On lit quand même beaucoup de choses, de contenus qui effraient les parents.
02:53Si je fais ça avec mon enfant, je vais le traumatiser à vie.
02:55Si je lui dis non, toute sa vie, il m'en voudra, il retiendra une image négative de moi.
03:01Si je réagis comme ça, il va être traumatisé par ça.
03:04Ou au contraire, il ne faut agir que comme ça et c'est la seule façon de le rendre heureux,
03:08etc.
03:08Donc, effectivement, il y a beaucoup d'injonctions.
03:11Et donc, les parents ont aussi du mal à se faire confiance
03:14et à intérioriser eux-mêmes ce qu'ils ont envie de transmettre à leurs enfants.
03:18Je vais te lire quelques témoignages qu'on a reçus sur le groupe et on va pouvoir en discuter.
03:28Le premier, c'est donc sur l'éducation Montessori.
03:32On vient de m'accuser de donner une éducation Montessori parce que je laisse des choix à mes enfants
03:36et que je prends des décisions avec eux.
03:38Pour certains, les parents décident et les enfants obéissent.
03:42Ça, c'est quelque chose qu'on a vachement vécu, nous, dans notre enfance.
03:45Moi, j'essaie de négocier, de discuter et résultat, je suis jugée et mes enfants aussi.
03:50Il y a plusieurs choses dans cet extrait.
03:54Déjà, c'est quelque chose dont on parle beaucoup aujourd'hui, c'est l'éducation Montessori.
03:58C'est bien ça que tu disais tout à l'heure.
04:00En fait, l'éducation Montessori, il faut quand même mettre un petit peu les choses au clair,
04:05aujourd'hui n'a pas vraiment de sens.
04:07Montessori, c'est initialement une méthode d'apprentissage qui a été créée au début du XXe siècle
04:11pour développer l'autonomie, la concentration des enfants.
04:14Et donc, c'était vraiment une méthode d'apprentissage avec du matériel
04:19qui a été créée pour prendre en compte l'enfant comme une personne à part entière.
04:24Parce qu'il faut quand même savoir qu'au siècle dernier et au début du siècle dernier encore plus,
04:28les enfants n'ont pas du tout le même statut qu'aujourd'hui.
04:30N'oublions pas que François Zolto a écrit au siècle dernier « Le bébé est une personne ».
04:35Aujourd'hui, ça nous paraît très lunaire d'écrire un livre comme ça.
04:38C'est évident pour nous que le bébé est une personne.
04:39Mais au siècle dernier, ça n'était pas le cas.
04:41Donc, cette méthode d'apprentissage a été créée pour que l'enfant développe son autonomie,
04:48que l'adulte l'accompagne dans ses apprentissages, etc.
04:54Mais dans la méthode Montessori d'apprentissage, il y a vraiment le cadre qui est bien mis en place,
04:59qui est prédominant.
05:00L'enfant apprend, mais il y a des règles à respecter.
05:04Et il doit donc se confronter à la frustration, etc.
05:07Ça, c'est vraiment ce qui s'est passé au siècle dernier.
05:10Aujourd'hui, avec l'avènement de l'éducation exclusivement positive,
05:13dont on reparlera, j'imagine, mais qui a été...
05:16L'éducation positive aussi a été mise en place, je dirais, au siècle dernier,
05:22a été inventée au siècle dernier.
05:24En fait, les enfants étaient tellement contrariés dans ce qu'ils voulaient,
05:29dans leur désir, tellement étouffés, etc.
05:32et peu pris en compte qu'il y a des psychologues qui ont dit
05:35« Là, il faut mettre le cadre et les limites,
05:38mais il faut aussi mettre de la tendresse et de l'amour. »
05:40C'est quand même important dans le développement de l'enfant.
05:42Ils se sont attachés à expliquer aux parents que l'enfant a besoin de cadres,
05:45de limites, de structures, mais aussi d'amour, de tendresse,
05:49de rires, de joies partagées, de moments un peu de joie, etc.
05:54Donc, vraiment, l'éducation positive associait les deux.
05:58Et au siècle... Là, récemment, je dirais au début de notre siècle,
06:03des coachs, des experts en parentalité,
06:05qui ne sont pas du tout des professionnels de l'enfance,
06:07qui ne sont pas du tout psychologues ni pédopsychiatres,
06:09se sont emparés de l'éducation positive
06:11et en ont fait une éducation exclusivement positive,
06:14c'est-à-dire qu'ils ont un peu chassé tout ce qui concernait le cadre,
06:17les limites, etc.
06:18Et donc, ça donne aujourd'hui ce qu'on appelle, nous,
06:21l'éducation exclusivement positive,
06:23c'est-à-dire essentiellement du partage émotionnel,
06:26de la reformulation, de la verbalisation des émotions, etc.
06:28Mais assez peu d'explications de comment mettre le cadre précisément.
06:32Parce qu'un enfant a besoin, effectivement, d'amour,
06:34de tendresse et de cadre et de limites.
06:37Donc, quand j'entends dans le commentaire,
06:39je mets une éducation Montessori,
06:42malheureusement, ça ne correspond un petit peu à rien.
06:43J'entends plutôt que ça correspond, je pense,
06:45à l'éducation bienveillante que cette maman a voulu mettre en place.
06:48Complètement. Elle dit « On vient de m'accuser de donner une éducation Montessori »
06:52parce que c'est devenu une expression pour dire
06:54« Oh, toi, t'es Montessori, moi, je suis Guettosori ».
06:57L'éducation Montessori, enfin, la pédagogie Montessori,
07:00s'est un peu diluée aujourd'hui dans les appellations un peu contemporaines.
07:05Maintenant, très précisément,
07:07quand elle dit « On m'accuse de laisser le choix à mon enfant ».
07:10De négocier et de discuter.
07:12Alors, ce qui est sûr, c'est que l'enfant a besoin d'avoir des parents
07:15qui sont sécurisants pour l'enfant.
07:18Et un parent sécurisant est un parent qui peut discuter avec son enfant,
07:22mais qui, à un moment donné, dit aussi
07:24« Là, je sais ce qui est bon pour toi, et voilà ce qui est bon pour toi,
07:26donc tu vas faire ce que je te dis, parce que moi, je suis ton parent,
07:29je suis responsable de toi, et c'est moi qui décide. »
07:32Et quand on dit à son enfant « C'est moi qui décide ».
07:35Et que par ailleurs, on est tendre, on donne de l'amour, de la joie, etc.,
07:38l'enfant entend aussi que son parent lui dit « Je te protège ».
07:41Ça, c'est quelque chose de très important à avoir en tête.
07:43C'est que si on est aimant, tendre, joyeux,
07:47qu'on a des moments vraiment de détente avec nos enfants,
07:50de kiff, de partage vraiment très fort,
07:52on peut, le reste du temps, quand on sait ce qui est bon pour notre enfant,
07:55lui dire « Ça, c'est non. »
07:57Et « Fais-moi confiance. Moi, je sais ce qui est bon pour toi, je te protège. »
08:01Et ça, c'est hyper, hyper structurant pour l'enfant.
08:03C'est vraiment ce dont il a besoin le plus, c'est-à-dire l'amour et les limites.
08:08Donc, laisser le choix à un enfant, pourquoi pas ?
08:11Mais à un moment, il va quand même falloir se plier, je dirais, aux règles du monde.
08:16C'est quand même très important.
08:17C'est aussi le rôle de l'éducation, de rendre nos enfants disponibles et efficaces dans le monde.
08:24Et ça, malheureusement, ça passe aussi par des confrontations à la frustration qui sont inévitables.
08:30On a un deuxième témoignage.
08:38Et là, effectivement, on sent le poids du passé aussi sur l'éducation qu'on essaye de donner à nos
08:43enfants.
08:43Totalement.
08:44Donc, on a une maman qui nous dit « J'ai grandi dans une éducation très stricte, faite de menaces,
08:49de coups et d'insultes.
08:50Aujourd'hui, avec ma fille de deux ans, je veux faire autrement, mais je me surprends parfois à user de
08:56violence quand je suis dépassée.
08:58Je culpabilise énormément. J'ai peur de reproduire ce que j'ai vécu. Autour de moi, l'éducation bienveillante est
09:04mal vue. Je me sens seule et jugée. »
09:07C'est très touchant, ce partage. Effectivement, c'est très, très courant. Il faut vraiment prendre soin des parents.
09:13Et quand on lit des messages comme ça, on a surtout envie de mettre la main sur l'épaule de
09:17cette maman et lui dire « On va y arriver, ça va aller. »
09:21Son analyse est très bonne. Ce que j'observe, et ce que nous, les psychologues qui accompagnons les familles et
09:26principalement les parents,
09:27ce que nous observons, c'est que systématiquement, quand les parents ont été brimés dans leur enfance,
09:33c'est-à-dire soit carrément violentés, donc maltraités, et donc là, vraiment, on pose ce mot-là.
09:38Madame, en fait, vous avez été maltraités, vous n'auriez jamais dû vivre ça.
09:41Si vous étiez venus me voir et si vos parents étaient venus me voir quand vous étiez enfant,
09:44je leur aurais dit immédiatement d'arrêter de vous malmener, de vous faire des câlins,
09:48de vous emmener au Père Castérix, de vous demander ce que vous avez envie de faire ce week-end,
09:53de vous donner des bonbons, des chocolats, etc. Bref.
09:56Donc, il y a beaucoup de parents qui ont été vraiment maltraités sur le plan physique,
09:59mais aussi beaucoup de violences psychologiques et de mauvais traitements de l'enfant,
10:05de non prise en compte de ce qu'il a, etc.
10:07De ce qu'était cette petite, cette maman quand elle était enfant.
10:10C'est aussi complètement inadmissible et il ne faut surtout pas reproduire ça.
10:13Mais on voit, comme cette maman a vécu cette enfance injuste, compliquée,
10:19elle veut à tout prix ne pas reproduire ça avec ses enfants.
10:21C'est très bien.
10:23Mais, en fait, cette maman s'est fait cette promesse quand elle était petite fille et quand elle a grandi,
10:27quand j'aurai des enfants, jamais je ne leur ferai vivre ça.
10:30Cette petite enfant qui parle, à qui on n'a peut-être pas rendu justice d'une certaine manière,
10:34à qui on n'a pas dit ce que tu as vécu, c'était inadmissible et tu n'avais pas
10:36à le vivre,
10:37eh bien, elle s'est fait cette promesse de ne pas reproduire et donc,
10:41elle ne fait pas du tout la différence entre le besoin d'amour, de tendresse et aussi le besoin de
10:46limites.
10:46Donc, tout va être confondu dans l'éducation de cette maman avec sa fille.
10:51Donc, quand sa fille va lui demander un câlin, elle va lui donner,
10:53mais quand sa fille va faire une colère et qu'elle a besoin que sa maman lui dise ça,
10:55c'est interdit, tu ne peux pas te comporter comme ça.
10:58Va à cinq minutes dans ta chambre ou va lire un livre calmement
11:01ou juste là, on arrête cette séquence relationnelle qui n'a aucun intérêt,
11:05qui est vraiment très mauvaise pour nous deux.
11:07Eh bien, à ce moment-là, la mère aussi entend un appel d'amour et de réconfort
11:11puisqu'elle, elle avait besoin d'amour et de réconfort.
11:14Donc, vous voyez, elle, elle appelait l'amour le réconfort, on ne lui a pas donné.
11:17Son enfant appelle l'amour le réconfort, elle lui donne, mais appelle aussi les limites et le cadre.
11:21Et là, elle a beaucoup de mal à lui donner parce qu'elle confond abus de pouvoir et autorité.
11:25D'accord ? Abus de pouvoir interdit, inadmissible, autorité légitime et nécessaire.
11:30Et donc, elle va donner un câlin alors que sa fille a besoin qu'on lui dise
11:36va te calmer cinq minutes.
11:37Et à ce moment-là, comme on ne répond pas aux besoins d'appel et aux besoins de limites de
11:42sa fille,
11:42elle va continuer d'appeler, d'appeler, d'appeler de plus en plus fort.
11:45Et donc, inévitablement, la mère va être dépassée par cet appel de limites
11:48qui va grandir, grandir, grandir.
11:50Donc, elle va être dans la violence.
11:52Ce n'est pas elle, c'est tous les parents de France seraient dans cet état-là.
11:57Et moi, les parents qui viennent me voir, viennent surtout me voir pour ça.
12:00Ils nous disent, nous, psy pour enfants, je ne sais plus quoi faire.
12:04Là, je viens vous voir, vous êtes notre dernière chance parce que je lui mets déjà une fessée par semaine
12:07et je n'ai pas envie d'en mettre plus.
12:09Donc, évidemment, on donne des fessées, elle crie, c'est contre-productif, pas du tout bien.
12:16Enfin, vraiment, ça ne fonctionne pas.
12:17Et en plus, ça contribue à lui donner une mauvaise image d'elle-même en tant que parent.
12:22Et avec son histoire, elle se dit, mais j'ai tout raté, ce n'est pas possible.
12:24Et donc, elle culpabilise.
12:26Donc, moi, j'invite plutôt les parents à faire le point sur ce qu'ils ont vécu,
12:31ce qu'ils n'ont pas envie de reproduire et à comprendre vraiment surtout très important
12:34que dans l'éducation, il y a deux missions, deux chantiers.
12:37L'amour de zéro, enfin, pour toute la vie, mais principalement de zéro à un an et demi.
12:41Et à un an et demi, il y a un autre chantier qui apparaît subitement,
12:45alors qu'on ne s'y attend pas du tout parce qu'on ne nous prépare pas du tout à
12:47ça,
12:47qui est celui des limites.
12:49Et il faut répondre à ce besoin-là de l'enfant.
12:51Et pour ça, et pour y répondre le plus sereinement possible,
12:54il faut que le parent ait un peu fait le tri dans son histoire.
12:56C'est vrai que l'amour, c'est aussi poser des limites.
12:59Éduquer, c'est aimer aussi.
13:01Et c'est vrai qu'en fin de journée, on a une fatigue émotionnelle
13:03et on peut monter dans les tours de zéro à 100 hyper vite
13:06et sans vouloir, vraiment sans vouloir.
13:09Mais là, en plus, c'est compliqué, quand on n'a pas reçu cette éducation,
13:13de faire comprendre à ses propres parents
13:15que nous, on n'a pas envie de reproduire ce qu'ils ont fait.
13:19Ils se sentent juger eux-mêmes, en fait.
13:21Puis je dirais aussi, ce qui est important, je pense,
13:25c'est de pouvoir avoir soi-même une sorte de feuille de route
13:28où on se dit, voilà comment je vais réagir quand il y a des transgressions.
13:31Voilà ce qui est important, voilà, d'avoir un peu une méthode d'éducation.
13:36C'est-à-dire qu'on dit qu'il n'y a pas de méthode toute faite et tout,
13:38j'entends, mais il y a quand même des outils qui sont très utiles,
13:41qui fonctionnent très bien et qui permettent aussi de mettre de la distance
13:43entre le parent et l'enfant au moment où l'enfant déborde.
13:46Quand l'enfant déborde, et j'insiste un peu là-dessus,
13:48il appelle souvent les limites éducatives.
13:50Quand on est sûr qu'il a été aimé, qu'on lui a donné plein de tendresse
13:52et que par ailleurs, on a des très bons liens avec lui,
13:55quand il transgresse et qu'il déborde, qu'il hurle, qu'il tape,
13:58qui sort du cadre, c'est probablement qu'il appelle les limites.
14:01Et à ce moment-là, il faut avoir un peu cette rigueur de dire,
14:03dès qu'il commence à m'appeler au sujet des limites éducatives,
14:07je lui réponds.
14:08Donc je lui dis par exemple, écoute, va te calmer 5 minutes dans ta chambre
14:10parce que là, c'est pas possible d'être en lien,
14:12donc va te calmer 5 minutes.
14:13Et quand il revient, ensuite discuter et reprendre le lien tendre
14:17qu'on avait mis en place.
14:18Mais je dirais que si on n'a pas un peu cette feuille de route
14:21et ce cadre précis de méthode éducative,
14:23c'est très compliqué quand on rentre justement du travail,
14:26qu'on est fatigué, qu'on est un peu surchargé émotionnellement,
14:28d'arriver à tenir ça.
14:29Alors que quand les choses sont bien posées dès le début
14:32et qu'on est d'accord entre parents sur ce qu'on va mettre en place,
14:35c'est beaucoup plus facile.
14:36Oui, j'imagine.
14:43On a une autre maman qui nous dit, mon bébé a 9 mois
14:46et ma famille me juge sans arrêt.
14:49Que ce soit l'allaitement, le bruit, l'éducation.
14:52Elle dit que sa famille lui a carrément dit,
14:57je doute de tes capacités à mettre des limites.
14:59À 9 mois, je veux juste qu'il s'exprime, est-ce que je fais mal ?
15:03On a tendance aussi à entendre, de la part de la génération précédente,
15:08des conseils, mais dès la toute petite enfance.
15:11Vraiment, quand ils sont nourrissons,
15:13tu ne devrais pas dormir avec, tu ne devrais pas le laisser au sein,
15:16tu ne devrais pas lui donner la tétine,
15:18tu ne devrais pas lui donner un doudou,
15:19il ne devrait pas dormir comme si tu fais trop en fonction de lui, etc.
15:25C'est vrai qu'on vient aussi d'une génération
15:26où les enfants devaient suivre tout le temps
15:29et on n'écoutait pas nécessairement leurs besoins.
15:32Et ça, c'est quelque chose que, personnellement,
15:34moi j'ai trouvé difficile au début de la parentalité
15:37de devoir se mettre en rupture par rapport à ça,
15:41de dire, oui, là, en fait, elle pleure parce qu'elle a faim.
15:43Ah, mais elle peut attendre qu'on soit au restaurant ?
15:45Non, en fait, elle a six mois.
15:46Elle n'a aucune idée qu'on va dans un restaurant
15:49et qu'il faut qu'elle attende pour prendre un biberon.
15:51Donc c'est vrai qu'il y a plein de choses comme ça
15:52où je trouve que c'est difficile de se mettre en rupture
15:56avec la génération précédente.
15:58Oui, alors moi, c'est quand même un sujet très important,
16:02l'histoire des grands-parents.
16:03Moi, je dis toujours aux grands-parents,
16:06il n'y a globalement pas grand-chose à faire
16:09quand on est grands-parents à part féliciter,
16:13soutenir et garder les enfants.
16:14Voilà, il y a trois choses à faire.
16:16À part ça, il n'y a pas grand-chose à faire.
16:17De toute façon, ça se passera mal si les parents font autre chose,
16:19si les grands-parents font autre chose.
16:20Les conseils, jamais, sauf quand les parents les sollicitent.
16:25Et la valorisation, c'est hyper important.
16:27Quand on a une belle-mère, une maman, un père, un beau-père
16:29qui nous dit bravo pour ce que tu as fait, je suis impressionnée.
16:32Mais en fait, l'impact sur les parents est énorme, vraiment énorme.
16:36Donc, précisément par rapport à ça,
16:38de zéro à un an, 18 mois,
16:40il n'est pas question d'éducation.
16:42Il n'est que question de lien, d'amour,
16:44de portage,
16:46de tendresse, de câlin.
16:49L'enfant a besoin de se nourrir de la corporalité de ses parents.
16:52Et n'oublions pas que quand l'enfant sort du ventre de sa mère,
16:55il a passé quand même neuf mois collé à elle.
16:57Et il a besoin de poursuivre ce lien avec sa mère et son père.
17:03Donc, je dirais que, vraiment, il faut faire confiance aux mères,
17:09il faut faire confiance aux pères, aux coparents, etc.
17:13Il faut porter un maximum l'enfant.
17:14On ne le laisse pas pleurer.
17:15On ne lui donne que des câlins dans cette première année de vie.
17:21On ne le laisse pas pleurer pendant des heures.
17:23Enfin, même pas du tout.
17:24On lui donne à manger globalement plus ou moins à la demande,
17:26en tout cas les cinq, six premiers mois.
17:28Enfin, je dirais les quatre, cinq premiers mois.
17:30L'enfant a besoin de manger à la demande, l'allaitement, c'est à la demande.
17:33Voilà, vraiment tout ça.
17:34En fait, ce qu'il faut vraiment avoir en tête,
17:36c'est que l'enfant naît un peu vierge de tout.
17:37Et c'est la tendresse, l'amour, la joie partagée
17:41qui donne à l'enfant l'envie d'aller découvrir le monde.
17:43Si, dès le début, l'enfant est cadré avec des horaires d'adulte,
17:46ça ne fonctionnera pas.
17:46Il aura quand même une image du monde pas très réjouissante.
17:49Donc, cet amour-là inconditionnel et permanent est essentiel.
17:53Et c'est ce qu'il donne à l'enfant le réservoir d'amour un petit peu
17:56pour aller explorer le monde.
17:57Donc, il n'y a pas de question d'éducation.
17:59L'éducation va arriver après, ça c'est sûr.
18:01Mais quand ça va arriver, si l'enfant est rempli d'amour, de tendresse,
18:05il pourra appeler les limites.
18:06Mais s'il n'est pas rempli de ça, il n'aura pas envie d'aller explorer le monde.
18:09Il n'aura pas envie de faire des progrès moteurs comme ça.
18:12Donc, je dirais entendre ce qu'on nous dit, mais pas écouter.
18:17Sauf s'il y a danger, sauf si vraiment la mère est perdue,
18:21enfin les parents sont perdus et qu'on voit qu'il y a vraiment un danger.
18:24Là, il faut vraiment écouter et aller demander de l'aide.
18:26Mais pas forcément aux grands-parents et aux beaux-parents,
18:27mais plutôt à des personnes habilitées, aux psychologues, aux sages-femmes, etc.
18:32Sur les grands-parents, toujours, on a des grands-parents qui,
18:36tu le disais, le rôle du grand-parent, c'est de féliciter, d'accompagner,
18:40de garder les enfants, d'être une aide, en fait.
18:43Et pour certains, ils peuvent être très intrusifs.
18:52Donc, on a un parent qui nous dit, voilà,
18:54les grands-parents sont très intrusifs dans l'éducation de nos enfants.
18:58Et quand ils sont seuls avec eux, ils imposent des règles qui ne sont pas les nôtres.
19:02Et nos enfants se font punir pour des choses que nous, nous tolérons.
19:05Cela crée de la confusion et de l'injustice pour eux.
19:08Comment leur en parler sans créer de grosses disputes ?
19:11Parce que dès qu'on évoque nos méthodes d'éducation, ils sont tout de suite très fermés.
19:16Alors, dans ta question, il y a quelque chose qui m'intéresse particulièrement,
19:18c'est qu'elle dit, cela crée de la confusion et de sentiments d'injustice.
19:22La première chose, moi, que je viens de réquestionner, c'est qu'est-ce que ça crée chez vous, parents
19:25?
19:26Est-ce que ce sentiment d'injustice et de confusion,
19:29ce n'est pas déjà ce que les parents ressentent avec leurs propres parents ?
19:33Ça, c'est très important à avoir en tête.
19:34On prend un tout petit peu de recul et on se dit que l'enfant et l'éducation est souvent
19:38un prétexte
19:38pour parler en réalité de soi, de ce qu'on a vécu, de nos traumatismes, etc.
19:44Et là, c'est probablement ce qui se passe.
19:45Je suis quasiment sûre que cette maman a vécu des choses difficiles avec ses parents,
19:50qu'elle n'a pas envie de revivre.
19:52Et que par ailleurs, il y a eu des injustices, mais tout n'était pas non plus à jeter à
19:55la poubelle.
19:55C'est la première chose.
19:58Maintenant, il est vrai que quand les grands-parents sont très présents dans la vie des enfants,
20:04il est normal qu'ils participent à l'éducation.
20:11Si ce n'est pas le cas, il n'y a pas de raison.
20:13Mais s'ils les voient de manière presque quotidienne,
20:16c'est normal que les grands-parents aient envie d'agir sur l'éducation.
20:20Je dirais que ce qui est très important, c'est de se mettre d'accord,
20:23déjà entre parents, avec le parent, le parent d'eux, le père, la mère,
20:27sur quelles sont les règles chez nous.
20:28Pour ça, je donne à mes patients une feuille de route,
20:30en disant voilà ce que c'est les règles à respecter.
20:32Ne pas parler trop fort, ne pas crier, ne pas couper la parole,
20:35se tenir correctement dans les lieux publics, dire bonjour,
20:39ne pas taper, ne pas violenter, ne pas cracher sur les autres, ne pas les mordre, etc.
20:44Ça, c'est des règles de base.
20:45Ce ne sont pas les règles des parents, en réalité.
20:47C'est les règles du monde.
20:48Si l'enfant ne respecte pas ces règles,
20:50c'est lui qui va être vraiment perdu dans ce monde-là,
20:54il n'en aura pas les codes,
20:55et ça va être l'enfant la première victime de ça.
20:57Il faut vraiment avoir ça en tête.
20:58L'histoire des limites et du cadre,
20:59ce n'est pas un caprice de parents pour faire en sorte
21:01que les enfants soient sages et que les parents soient tranquilles.
21:03Pas du tout.
21:04C'est équiper les enfants pour la vie sociale,
21:09la vie professionnelle, la vie amoureuse,
21:11qui sont quand même des grosses sources de réjouissance dans la vie.
21:15On est beaucoup plus heureux quand on a une vie professionnelle,
21:17amoureuse, sociale, épanouie.
21:19Et donc, ça, c'est...
21:21C'est leur donner les clés pour demain.
21:23Exactement.
21:24Donc, se mettre d'accord sur les règles à respecter.
21:26Et se mettre d'accord aussi sur si mon enfant ne respecte pas ces règles,
21:29qu'est-ce qui se passe ?
21:29Est-ce que je vais négocier pendant des heures ?
21:31Est-ce que je vais lui expliquer pendant longtemps ?
21:33Est-ce que je vais lui le punir ?
21:35Voilà, ça, se mettre d'accord.
21:36Moi, ce que je conseille toujours aux parents,
21:38c'est une fois que les règles sont précises
21:39et sont posées entre parents,
21:41les exprimer à l'enfant.
21:42Voilà, dans notre maison, il y a des règles,
21:43personne ne se tape, ne se fait de la peine,
21:45et tout le monde, si possible, s'aime, se soutient.
21:48Ces lois, elles ne changeront jamais à la maison
21:50et si jamais tu ne les respectes pas,
21:53nous, on agira toujours pour que tu comprennes ces règles
21:56et que tu les respectes.
21:57Donc, on explique à l'enfant, une fois, deux fois, trois fois,
22:00si malgré le fait qu'on lui expliquait plusieurs fois,
22:03l'enfant ne comprend pas,
22:04c'est que maîtriser l'information intellectuellement
22:06ne lui suffit pas.
22:07Et donc, il a besoin peut-être d'aller 5 minutes dans sa chambre.
22:09Donc, on peut parler de punition,
22:12on peut aussi parler d'isolement quelques minutes,
22:13de mise à distance avec le parent,
22:16aussi pour préserver le parent.
22:18Parce que s'il y a des débordements émotionnels,
22:19s'il y a des fessées, s'il y a des cris,
22:21c'est parce que le parent n'a pas mis de distance tout de suite
22:23avec la transgression de son enfant.
22:25Donc, voilà, se mettre d'accord sur les règles,
22:27sur les méthodes à mettre en place,
22:29et donc de dire aux grands-parents,
22:30voilà comment ça se passe chez nous.
22:32Et la méthode dont je vous parle aujourd'hui
22:34d'exclusion systématique de l'enfant
22:36dès qu'il déborde,
22:36c'est une méthode non violente et non humiliante.
22:41Pourquoi je vous dis ça ?
22:42C'est que dans les familles où il n'y a pas de règles,
22:44et d'ailleurs chez les grands-parents, c'est ça aussi,
22:46où on n'a pas de méthode très précise,
22:48très rapidement, ça dérape.
22:49Et donc, très rapidement, il y a des cris,
22:51il y a de la violence,
22:54verbale, émotionnelle et physique,
22:56y compris chez les grands-parents.
22:57Donc, on peut aussi se dire,
22:59moi, je confie mes enfants
23:01dans des lieux où je sais qu'ils vont être sécurisés
23:04par une matrice éducative ferme.
23:05Et s'il n'y a pas cette matrice éducative
23:09bienveillante, pleine de joie, de tendresse, etc.,
23:10mais aussi de fermeté,
23:12la bienveillance, la joie ne pourra pas s'exprimer.
23:14Ça, c'est important dans ma tête.
23:15Je ne sais pas si c'est clair.
23:16Très clair.
23:17Voilà.
23:18Sachant que ce qui est important,
23:20c'est pour l'enfant, c'est l'amour,
23:21la tendresse, la joie et tout,
23:22mais souvent, elle ne peut pas s'exprimer
23:25et en fait, elle ne peut pas être diffusée
23:27sereinement et librement
23:30quand il n'y a pas de cadre.
23:32Exactement.
23:33Je pense qu'il y a un lâcher-prise
23:34qu'on a pour la plupart des parents
23:36de se dire, OK, ça, ce n'est pas comme à la maison.
23:39Mais je sais que, par exemple, ma fille,
23:41quand elle est chez ses grands-parents,
23:43elle va regarder beaucoup plus la télé.
23:45Elle ne va pas en mourir.
23:47C'est-à-dire que moi, je pars du principe
23:49que quand j'étais petite,
23:50la télé, elle était allumée tout le temps.
23:52Moi, je suis d'une génération
23:53où la télé était allumée tout le temps à la maison.
23:55Je n'ai pas l'impression d'être devenue bête.
23:57Donc, je pense que les écrans,
23:59il y a un cadre, etc.
24:00Mais que quand on est en vacances
24:01chez ses grands-parents,
24:02ce n'est pas grave d'avoir passé l'après-midi
24:04à regarder un Disney.
24:05Mais voilà, il y a des situations
24:09plus ou moins graves.
24:10Ne pas laisser un enfant parler à table,
24:12parce qu'on écoute le journal.
24:14Moi, ça m'embête.
24:15Je l'ai vécu et ça m'embête.
24:17Il y a des choses comme ça
24:18où on peut être en désaccord
24:20avec ses propres parents
24:21et des choses où il faut peut-être lâcher prise.
24:24Puis, ce n'est pas comme à la maison.
24:26Sachant que je suis complètement d'accord avec toi,
24:30que ce n'est pas très grave pour les écrans, etc.
24:33Mais aujourd'hui, il y a quand même peu de grands-parents
24:34qui ne donnent pas la parole aux petits-enfants
24:36quand ils regardent le journal,
24:37quand même, statistiquement.
24:38Enfin, je n'ai pas de stats, mais je pense.
24:40Et même si, une fois, un dîner dans sa vie,
24:43on lui dit, écoute, là, j'écoute le journal,
24:45silence, c'est aussi...
24:46Ça, c'est quand même pas très bien...
24:48Pas très à la mode de dire ça,
24:50mais ça permet aussi à l'enfant de comprendre
24:52qu'il y a des fonctionnements différents un peu partout.
24:54Et ça lui apprend aussi une sorte de flexibilité.
24:55Écoute, chez Papier-Mamie,
24:56tu as envie de regarder des écrans.
24:57Chez Papier-Mamie, on ne parle pas beaucoup à table.
25:00Ils ont besoin de regarder leur journal et tout.
25:02Bon, ce n'est pas très grave non plus, quoi.
25:04Même si je ne dis pas que je suis pour
25:06d'avoir la télé à table et tout.
25:07Pas du tout.
25:08Pour moi, le dîner est très important.
25:09Il faut, au contraire, énormément parler,
25:11échanger, etc.
25:12Bon, c'est difficile déjà d'éduquer un enfant.
25:15Éduquer un grand-parent, c'est très, très compliqué.
25:17Il faut peut-être, quand on n'est pas dans de la malveillance
25:20et de la malprétence, il faut peut-être lâcher prise.
25:23Et je dirais aussi que l'enfant,
25:24ce dont il a besoin aussi, c'est de la paix.
25:26Et ça, c'est quelque chose qui rend très, très heureux
25:27un enfant, c'est de sentir qu'il a la paix autour de lui.
25:30Si parfois, il faut faire des concessions en tant que parent
25:33parce qu'on sait que notre enfant ne va pas vivre
25:35exactement ce qu'il vit à la maison avec ses grands-parents,
25:37ce n'est pas très grave.
25:38L'essentiel, encore une fois, c'est que l'enfant comprenne
25:40qu'il est aimé partout, quoi.
25:42J'ai un autre témoignage.
25:45Et donc là, on se parle de burn-out parental.
25:53Donc une maman qui nous dit, voilà, je suis en burn-out,
25:56mais ce n'est pas à cause de mes enfants, c'est moi.
25:59J'ai cette pression, je me la suis mise pour être la maman parfaite.
26:03La maman qu'on appelle Montessori, on en a parlé tout à l'heure.
26:07Jamais de cri, toujours à écouter, toujours à expliquer.
26:10Et elle dit, cette recherche de perfection m'a plongé dans un trou noir.
26:14On nous fait croire que si on n'est pas dans la parentalité positive,
26:17on est des mauvaises mères.
26:18Mais honnêtement, on finit par élever des enfants
26:21qui ne connaissent aucune frustration
26:22et des parents qui doutent tout le temps.
26:25Je voulais juste être parfaite pour mes enfants et je me suis perdue.
26:28Est-ce que c'est quelque chose que tu reconnais
26:30dans les passions super-recevoir, etc. ?
26:32C'est d'avoir tellement voulu être parfaite
26:34qu'on a oublié ce que tu expliques depuis le début de cette émission,
26:37mais qui est, voilà, il y a deux pans dans la parentalité.
26:41Il y a l'amour et il y a l'éducation.
26:44Et la positivité, tous ces courants d'éducation positive, bienveillante, etc.
26:50ne doivent pas se faire sans ce cadre, en fait.
26:53Tout à fait.
26:54Effectivement, ce témoignage est encore très touchant.
26:56C'est quotidien.
26:57C'est ce qu'on rencontre vraiment.
26:58C'est des parents qu'on rencontre tous les jours
26:59dans les confidences de nos consultations.
27:02Je dirais que ce qui est intéressant dans ce que dit cette maman,
27:06la première chose que je dis, moi, c'est où est papa ?
27:08Enfin, où est le deuxième parent, quoi ?
27:10Parce qu'en fait, on se perd aussi tout seul.
27:12Quand on est parent tout seul,
27:14on dit souvent qu'il faut tout un village pour élever un enfant, etc.
27:16Il faut surtout tout un village pour soutenir un parent
27:18qui va lui-même éduquer son enfant.
27:21Donc, où est le père ?
27:22Où est le deuxième parent ?
27:23Où sont les grands-parents ?
27:26Où sont les amis, etc.
27:27Ça, c'est très important, déjà.
27:28Parce que c'est très difficile d'être parent tout seul.
27:31Première réponse.
27:32Premier élément de réponse.
27:33La deuxième chose, peut-être, qui est importante d'avoir en tête,
27:35c'est qu'il y a une énorme pression
27:41mise par la société,
27:43par, effectivement, le courant d'éducation exclusivement positif,
27:45ça, c'est clair,
27:46mais qui fait écho et qui résonne
27:49dans l'histoire de cette mère
27:51en lien avec ce qu'elle a vécu.
27:52Ça, c'est très important.
27:53Pourquoi il y a des parents qui ne répondent pas du tout
27:55à l'éducation exclusivement positive
27:56et qui arrivent très bien à mettre un cadre très ferme
27:58ou à entendre les différents besoins des enfants ?
28:00C'est parce qu'ils ont été équipés pour ça
28:02et qu'ils ont été, dans leur enfance,
28:05traités correctement, soutenus,
28:07cadrés avec bienveillance, etc.
28:09Donc, ça, c'est quand même quelque chose
28:10qu'il faut travailler pour cette maman,
28:12c'est de comprendre ce que cette éducation
28:14vient dire d'elle et de ce qu'elle a vécu.
28:16Parce que la parentalité vient, je dirais,
28:20en fait, je trouve que c'est intéressant
28:21de se dire qu'on est construit un peu en poupées russes.
28:23Il y a une toute petite poupée russe,
28:25une deuxième poupée russe
28:25qui correspond peut-être à chaque année de notre vie
28:27ou à chaque stade de développement psychique.
28:29Et quand on est parent,
28:30il faut refermer une à une,
28:32de manière bienveillante,
28:33les poupées russes de nos enfants.
28:34Et en même temps,
28:35les poupées russes de nos enfants
28:36viennent ouvrir les nôtres.
28:37En tout cas, viennent chercher la titille.
28:41Donc ça, il faut quand même aller comprendre
28:43ce qui se passe de notre côté
28:44dans notre histoire à nous.
28:46Cette maman aussi dit qu'elle est épuisée,
28:50qu'elle ne sait pas comment faire, tout ça.
28:52Il y a aussi,
28:53ça c'est l'éducation exclusivement positive
28:55qui en est quand même en partie responsable,
28:56c'est qu'il y a une grosse désinformation des parents
28:58sur les besoins des enfants.
29:00Ce dont je parlais tout à l'heure,
29:01besoin d'amour dans un premier temps,
29:02besoin de limites dans un deuxième temps.
29:04L'enfant, quand il va aller explorer
29:07de manière motrice le monde,
29:09il va faire des progrès moteurs,
29:10il va aller comprendre un petit peu,
29:11il va aller toucher les murs, etc.
29:13pour comprendre jusqu'où il peut aller.
29:15Et à ce moment-là,
29:16l'enfant a besoin qu'on lui explique
29:17ça c'est autorisé, ça c'est interdit.
29:20Viens plutôt faire ça avec moi.
29:22J'aide pas la télécommande,
29:23mais viens, on va plutôt faire ça ensemble.
29:27Si on n'explique pas aux parents ça,
29:29le parent confond en fait.
29:31C'est-à-dire qu'il se dit
29:31mais qu'est-ce qu'il attend ici ?
29:33Est-ce qu'il a besoin d'un cadre ?
29:34Est-ce qu'il a besoin de câlins ?
29:36Est-ce qu'il a besoin qu'on aille faire
29:37une activité ensemble ?
29:38Le parent est perdu.
29:39Et ça, l'éducation exclusivement positive
29:40n'aide pas à comprendre
29:41les différents enjeux de la parentalité
29:46et les différents besoins des enfants.
29:48Donc cette maman,
29:48ça ne m'étonne pas du tout
29:49qu'elle soit perdue.
29:50Il faut un, beaucoup la soutenir.
29:51Deux, qu'elle arrête de se culpabiliser
29:53parce que le métier de parent
29:54est très très difficile.
29:55Et surtout qu'elle aille appeler
29:56des psychologues
29:57qui peuvent vraiment l'aider
29:58à comprendre ce qui se passe
29:59et à lui donner des clés
30:00de compréhension de son enfant
30:01et d'action.
30:02L'éducation, ce n'est pas une idée.
30:04C'est de l'action permanente.
30:06C'est quand mon enfant fait ça,
30:08voilà comment je réagis
30:09de manière constante.
30:10Quand il me dit ça,
30:12voilà ce que je peux répondre.
30:14Et encore une fois,
30:15si possible en binôme
30:16avec un partenaire
30:17et de manière constante.
30:19On a un dernier témoignage
30:21et là, c'est pareil,
30:22ça peut être une grosse violence
30:23pour les parents.
30:24C'est l'entrée à l'école.
30:25On a extrêmement peur.
30:27Je ne sais pas si nos parents
30:28avaient aussi peur que nous.
30:29Non, pas du tout.
30:30Mais nous,
30:32vraiment l'entrée à l'école,
30:34c'est un truc qui nous paralyse
30:36où on se dit,
30:36oh là là, ça y est,
30:38il va rentrer dans un monde
30:39où je ne maîtrise pas tout.
30:41Oui, oui.
30:42Et c'est vrai qu'on a des parents
30:43qui nous disent,
30:44est-ce qu'on est vraiment obligés
30:45de les mettre à trois ans à l'école ?
30:46Je trouve que c'est tôt,
30:47il est tout petit, machin.
30:49Est-ce qu'il va s'y faire ?
30:51On peut être effrayé
30:52par les pleurs de l'enfant
30:53les premiers jours, etc.
31:01Et donc là,
31:02on a une maman qui nous dit,
31:03mon fils ne comprend pas l'école.
31:05Il se demande pourquoi
31:06il se fait punir tout le temps,
31:08pourquoi il doit rester assis
31:09alors qu'il a besoin de bouger.
31:11Il revient à la maison frustré et triste
31:13et je n'arrive pas à lui expliquer
31:14que c'est comme ça que ça se passe.
31:16Encore une fois,
31:17très intéressante cette question.
31:19C'est la...
31:21Je dirais l'inquiétude
31:23de cette mère pour son fils
31:25parle en réalité de son inquiétude.
31:26Tu disais au début,
31:27il y a des parents qui ne comprennent pas
31:28pourquoi est-ce qu'on doit mettre
31:29un enfant à l'école si tôt ?
31:30En fait, quand elle dit
31:32mon fils ne comprend pas l'école,
31:33c'est elle qui ne comprend pas l'école.
31:34C'est elle qui se dit
31:35est-ce que je suis obligée
31:38de mettre mon enfant ?
31:39C'est trop violent pour lui, etc.
31:41Un enfant qui a trois ans
31:42a eu normalement des soins
31:44continu la première année de sa vie,
31:46a ensuite pu explorer
31:47la sociabilisation
31:48à travers les structures
31:51de la petite enfance,
31:52la crèche
31:52ou alors même une nounou
31:53ou simplement en allant jouer
31:55dans un parc avec ses parents.
31:56Donc normalement,
31:57il a un petit peu déjà compris
31:59ce qu'était le monde.
32:01Exactement.
32:01Il a normalement le début d'un bagage.
32:04Donc normalement,
32:04l'école, ça se passe très bien.
32:06Mais effectivement,
32:06c'est très intéressant
32:07quand on va à la rentrée des classes.
32:08Moi, je suis toujours étonnée
32:09de me rendre compte
32:09le nombre de parents qui pleurent.
32:11C'est horrible et tout.
32:12Et d'ailleurs,
32:13souvent l'enfant ne pleure pas,
32:14mais il se met à pleurer
32:15quand il voit son propre parent pleurer
32:16en se disant
32:16mais qu'est-ce qui se passe ?
32:17En fait, c'est vrai que c'est inquiétant
32:18ça se trouve ce milieu-là.
32:23Globalement,
32:24dans la plupart des cas,
32:25ça se passe bien.
32:26Pourquoi aujourd'hui c'est compliqué ?
32:27Et d'ailleurs,
32:27c'est ce que dit cette maman,
32:28c'est que les enfants,
32:30encore une fois,
32:30je parle beaucoup de ça,
32:32mais comme les enfants
32:33ont peu conscience
32:34des limites éducatives
32:35et on les a peu équipés
32:38pour se confronter
32:39à la frustration
32:39et je dirais même
32:40côtoyer la frustration.
32:41L'école, c'est quoi ?
32:42C'est toute la journée
32:43côtoyer la frustration.
32:45Ah ben non,
32:45en fait,
32:45tu n'as pas le droit
32:46de piquer le jeu de ton copain.
32:47Ah si, si, tu finis ton travail.
32:48La récréation,
32:49c'est que dans dix minutes.
32:49Ouais, la récréation,
32:50maintenant c'est fini,
32:51on rentre en classe.
32:52On sait que 100%
32:52la frustration,
32:54je dirais que la frustration,
32:56c'est un peu comme une allumette,
32:59et il y a des choses
33:00qui viennent allumer
33:00l'allumette des enfants.
33:01Si l'enfant a été habitué
33:03à cette frustration
33:03et a été correctement limité,
33:05l'allumette va immédiatement
33:07s'éteindre
33:07et l'enfant va passer à autre chose.
33:08Un enfant qui n'a pas été
33:09habitué à ça,
33:10l'allumette va prendre feu
33:12et l'enfant va s'enflammer.
33:13Donc c'est là qu'il va y avoir
33:14des crises,
33:15ce qu'on appelle,
33:15ce qu'on dit aujourd'hui
33:16beaucoup des tempêtes émotionnelles.
33:18On en rit,
33:18mais en réalité,
33:19c'est une vraie réalité
33:20pour les enfants
33:20et c'est inquiétant,
33:21je dirais,
33:21parce que l'enfant n'a pas envie
33:22d'être dans ces tempêtes émotionnelles-là
33:24et il a surtout envie
33:25de passer à autre chose
33:25et d'aller jouer avec ses copains
33:27de manière sereine, etc.
33:29Donc, je trouve qu'aujourd'hui,
33:31les enfants sont assez peu équipés
33:32pour les exigences scolaires,
33:36en fait.
33:37Et ça, c'est dommage.
33:38Et cette question,
33:39on vient parler de ça,
33:40il dit,
33:41il est tout le temps puni,
33:42il faut surtout qu'il soit plus puni
33:43pour qu'il soit plus heureux à l'école.
33:46Et l'enfant,
33:47quand il revient à l'école,
33:48à la maison,
33:49il dit,
33:49c'était dur,
33:50maman,
33:51la maîtresse ne m'a pas compris,
33:52etc.
33:52Mais en fait,
33:52c'est surtout lui
33:53qui n'est pas forcément compatible,
33:54je dirais,
33:55avec les exigences scolaires.
33:57Mais la bonne nouvelle,
33:57c'est que quand on rentre à l'école
33:58à trois ans,
33:59tout est absolument attrapable
34:00et il y a quand même
34:01une vie extraordinaire
34:03qui l'attend.
34:05Et l'école va aussi apporter
34:06ce cadre nécessaire-là
34:07pour les apprentissages.
34:09Et c'est vrai qu'il y a quand même
34:11beaucoup de professeurs
34:13qui notent ça aussi,
34:15que les enfants arrivent
34:16de moins en moins
34:17équipés avec le bagage
34:18pour comprendre l'école
34:20et pour bien vivre.
34:23On a l'impression aussi
34:24quand même
34:25que du côté des profs,
34:28il y a aussi une formation
34:29qui n'est pas forcément adaptée
34:30aux enfants d'aujourd'hui,
34:32etc.
34:33Les sujets,
34:34ils sont parfois multiples.
34:36En fait,
34:36les causes sont un peu multiples.
34:38On a aussi des enseignants
34:40stagiaires qui se retrouvent
34:42devant des classes
34:43où le besoin d'éducation
34:45est fort.
34:46Voilà,
34:47c'est vrai que c'est un peu
34:48multifactoriel
34:49et l'école est devenue
34:51un lieu qui peut être vu
34:53par beaucoup de parents
34:54comme pas très sécuritaire.
34:56en fait.
34:58Oui,
34:58alors en fait,
35:00je suis d'accord
35:01que c'est très multifactoriel,
35:02qu'effectivement,
35:03il y a peut-être
35:04moins de formation
35:04des professeurs,
35:07enfin des maîtresses.
35:08Il y a peut-être
35:09beaucoup
35:09d'instituteurs stagiaires,
35:12ça c'est sûr.
35:13Il y a peut-être
35:13trop d'enfants
35:14dans les classes,
35:15mais il y a aussi
35:16beaucoup de parents
35:16qui n'ont plus confiance
35:17dans l'école,
35:18donc qui vont agresser
35:19les profs.
35:20C'est quand même hallucinant.
35:21Il y a une remise
35:22en cause des professeurs
35:23qui est énorme.
35:24Moi, je dis aux parents
35:25qui se plaignent des maîtresses,
35:26qui disent c'est grave
35:27tout ce qui se passe,
35:27etc.
35:28Je dis,
35:28si vous trouvez
35:28que c'est si grave que ça,
35:29il faut écrire à l'inspection,
35:30il faut se plaindre,
35:31etc.
35:32Et souvent,
35:32les parents me disent
35:33non, mais quand même pas.
35:34Alors, si c'est quand même pas
35:35et que c'est pas si grave que ça,
35:36il faut soutenir la maîtresse.
35:38Ça, c'est très important.
35:39Il faut soutenir les profs.
35:40Il faut dire,
35:41si la maîtresse t'a punie,
35:42c'est qu'elle avait raison
35:43de te punir.
35:51qui lui apporte
35:52ces limites-là,
35:53ce cadre,
35:54et du coup,
35:54qui le sécurise.
35:55Si l'enfant entend
35:56des sons de cloche
35:56un peu différents,
35:57il va se dire,
35:58mais qui me protège,
35:59en fait ?
35:59Qui me protège ?
36:00Et ça, c'est quand même important
36:02que l'enfant ait cette sécurité
36:07à l'école aussi.
36:09Donc, je dirais qu'effectivement,
36:11il y a des problèmes sociaux,
36:13institutionnels et tout,
36:14mais il y a aussi quand même
36:15des problèmes,
36:16un manque de prise de conscience
36:20de cette réalité-là
36:21que va traverser l'enfant
36:22et les parents se disent,
36:23voilà, tant que lui,
36:23il est bien émotionnellement,
36:24c'est bon.
36:25Moi, je ne dirais pas ça, non.
36:27L'objectif de la vie
36:28n'est pas d'être bien émotionnellement.
36:31Je dirais que c'est d'être adapté
36:33aux exigences
36:33et ensuite,
36:34le bien-être émotionnel
36:35va en découler.
36:35Ça, c'est sûr.
36:36Le bonheur,
36:36c'est évidemment l'objectif,
36:38mais on a confondu
36:39bien-être émotionnel
36:40avec bonheur.
36:41Et en réalité,
36:41je pense que le cadre
36:45et le fait que l'enfant
36:46soit adapté,
36:46comme je disais tout à l'heure,
36:47à la vie sociale,
36:48à la vie amoureuse,
36:49à la vie professionnelle,
36:50à la vie scolaire,
36:51l'enfant va être heureux
36:52d'être intégré
36:54dans ces milieux-là
36:54et donc va être joyeux
36:56et va être bien émotionnellement.
36:59Merci beaucoup, Léné.
37:00C'était vraiment très cool
37:02de discuter avec toi
37:03de toutes ces injonctions
37:05et de ces...
37:08On confond souvent
37:09beaucoup les choses.
37:11Amour, limite,
37:12ne sont pas incompatibles
37:13et sont même nécessaires.
37:15Nécessaires.
37:16On ne peut pas donner limite.
37:17C'est important de le rappeler.
37:18On ne peut pas donner limite
37:18s'il n'y a pas eu d'amour
37:20et ça, c'est sûr.
37:21Et il n'y a pas d'amour
37:23s'il n'y a pas de limite.
37:25Ça, c'est sûr.
37:26Merci beaucoup.
37:27Merci à toi.
37:27À bientôt.
37:28Bonne journée.
37:29Sous-titrage Société Radio-Canada
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