00:00Retour de la matinale de l'économie.
00:02Raphaël, la Commission européenne a annoncé lundi un nouveau report du plan d'accélération industrielle.
00:06Ça devait être présenté le 26 février à Bruxelles.
00:09Il y a quand même deux camps, deux clans qui s'affrontent.
00:11Oui absolument, c'est compliqué.
00:13C'est la troisième fois que le projet de loi sur l'accélération industrielle est repoussé.
00:17Alors je rappelle l'objectif, c'est de faire remonter la part de l'industrie dans le PIB européen
00:23de 14 à 20% d'ici 2035.
00:27Je rappelle qu'on est à moitié moins en France, on est sous les 10.
00:30Le tout en orientant une partie des 2000 milliards d'euros de marché public vers la production européenne
00:38et dans certains secteurs stratégiques, par minimum des composants, soit « made in Europe ».
00:45C'est un véritable changement culturel pour l'Europe qui a toujours été libre-échangiste.
00:50On pouvait acheter nos pièces là où on voulait bien sûr.
00:52Qu'est-ce qui bloque ?
00:53Alors on pourrait croire que c'est les États.
00:55S'il y a encore quelques inquiétudes sur les surcoûts et la complexité bureaucratique
01:00que pourrait entraîner cette obligation d'acheter des pièces européennes.
01:04On a ces inquiétudes notamment du côté des pays baltes, des pays scandinaves ou des Pays-Bas.
01:10En réalité, la bataille n'est plus tant du côté des États.
01:15L'idée même d'acheter européen fait à peu près consensus.
01:19Encore une fois, c'est une vraie révolution culturelle en Europe, mais fait à peu près consensus de partout dans
01:24les États.
01:24La vraie bataille se livre au sein même de la commission dorénavant.
01:29Vous avez d'un côté la direction générale de l'industrie, portée, chapeautée par le commissaire français Stéphane Séjourné,
01:37qui pousse pour la préférence européenne très nettement.
01:41Et puis de l'autre, vous avez la DG Trade, la DG du commerce international,
01:46qui défend une approche beaucoup plus ouverte.
01:49C'est le temple du libre-échange, c'était l'ADN de la politique de la commission européenne.
01:57La DG Trade, elle, elle veut un Made in Europe qui soit élargi aux partenaires de confiance.
02:02Qu'ils appellent les partenaires de confiance, c'est les États-Unis, le Japon, le Canada ou le Royaume-Uni.
02:07Après, la question qui se pose, c'est qu'est-ce qu'un partenaire de confiance à l'ère des
02:12États-Unis de Donald Trump, par exemple ?
02:14Est-ce qu'on peut vraiment faire confiance à Washington aujourd'hui ?
02:18Alors la DG Industrie, pardon, propose de négocier, elle, des accès réciproques avec ses tiers de confiance,
02:27avec ses partenaires de confiance, c'est-à-dire qu'on vient, on leur dit,
02:30ok, on vous achète vos pièces, mais vous nous donnez accès à vos marchés publics.
02:33La DG Trade, elle, elle voudrait qu'on ouvre tout et puis qu'on discute.
02:38Après, c'est vraiment deux visions qui s'opposent, deux doctrines.
02:41D'un côté, le libre-échange classique tel qu'on l'a connu depuis 30 ans,
02:47et puis de l'autre, un soutien plus structuré à la production locale,
02:51presque un peu de protectionnisme tel qu'on le connaît à l'heure actuelle.
02:55Le problème, c'est que pendant qu'on discute, on se prend de plein fouet la concurrence chinoise
02:59sur les véhicules électriques, les batteries, etc.
03:01Mais donc, à la fin, on n'est pas prêt de se mettre d'accord sur une stratégie européenne ?
03:05Non, effectivement. Alors maintenant, on promet une conclusion pour le 4 mars.
03:10Reste à savoir ce que fait la présidente de la Commission européenne,
03:13et sur la von der Leyen, qui pourrait trancher.
03:16On sent qu'elle est entre sa position de présidente de la Commission
03:19et sa position allemande qui est un peu compliquée sur le sujet.
03:22Maintenant, il va falloir accélérer parce qu'on prend du retard.
03:24Merci.
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