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  • il y a 12 heures
Ce mardi 24 février, dans son édito, Raphaël Legendre est revenu sur la très attendue "loi d'accélération industrielle" qui est reportée encore une fois par la Commission européenne, en raison de l'opposition de plusieurs États membres sur la préférence européenne. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans Good Morning Business, présentée par Laure Closier sur BFM Business.

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Transcription
00:00Retour de la matinale de l'économie.
00:02Raphaël, la Commission européenne a annoncé lundi un nouveau report du plan d'accélération industrielle.
00:06Ça devait être présenté le 26 février à Bruxelles.
00:09Il y a quand même deux camps, deux clans qui s'affrontent.
00:11Oui absolument, c'est compliqué.
00:13C'est la troisième fois que le projet de loi sur l'accélération industrielle est repoussé.
00:17Alors je rappelle l'objectif, c'est de faire remonter la part de l'industrie dans le PIB européen
00:23de 14 à 20% d'ici 2035.
00:27Je rappelle qu'on est à moitié moins en France, on est sous les 10.
00:30Le tout en orientant une partie des 2000 milliards d'euros de marché public vers la production européenne
00:38et dans certains secteurs stratégiques, par minimum des composants, soit « made in Europe ».
00:45C'est un véritable changement culturel pour l'Europe qui a toujours été libre-échangiste.
00:50On pouvait acheter nos pièces là où on voulait bien sûr.
00:52Qu'est-ce qui bloque ?
00:53Alors on pourrait croire que c'est les États.
00:55S'il y a encore quelques inquiétudes sur les surcoûts et la complexité bureaucratique
01:00que pourrait entraîner cette obligation d'acheter des pièces européennes.
01:04On a ces inquiétudes notamment du côté des pays baltes, des pays scandinaves ou des Pays-Bas.
01:10En réalité, la bataille n'est plus tant du côté des États.
01:15L'idée même d'acheter européen fait à peu près consensus.
01:19Encore une fois, c'est une vraie révolution culturelle en Europe, mais fait à peu près consensus de partout dans
01:24les États.
01:24La vraie bataille se livre au sein même de la commission dorénavant.
01:29Vous avez d'un côté la direction générale de l'industrie, portée, chapeautée par le commissaire français Stéphane Séjourné,
01:37qui pousse pour la préférence européenne très nettement.
01:41Et puis de l'autre, vous avez la DG Trade, la DG du commerce international,
01:46qui défend une approche beaucoup plus ouverte.
01:49C'est le temple du libre-échange, c'était l'ADN de la politique de la commission européenne.
01:57La DG Trade, elle, elle veut un Made in Europe qui soit élargi aux partenaires de confiance.
02:02Qu'ils appellent les partenaires de confiance, c'est les États-Unis, le Japon, le Canada ou le Royaume-Uni.
02:07Après, la question qui se pose, c'est qu'est-ce qu'un partenaire de confiance à l'ère des
02:12États-Unis de Donald Trump, par exemple ?
02:14Est-ce qu'on peut vraiment faire confiance à Washington aujourd'hui ?
02:18Alors la DG Industrie, pardon, propose de négocier, elle, des accès réciproques avec ses tiers de confiance,
02:27avec ses partenaires de confiance, c'est-à-dire qu'on vient, on leur dit,
02:30ok, on vous achète vos pièces, mais vous nous donnez accès à vos marchés publics.
02:33La DG Trade, elle, elle voudrait qu'on ouvre tout et puis qu'on discute.
02:38Après, c'est vraiment deux visions qui s'opposent, deux doctrines.
02:41D'un côté, le libre-échange classique tel qu'on l'a connu depuis 30 ans,
02:47et puis de l'autre, un soutien plus structuré à la production locale,
02:51presque un peu de protectionnisme tel qu'on le connaît à l'heure actuelle.
02:55Le problème, c'est que pendant qu'on discute, on se prend de plein fouet la concurrence chinoise
02:59sur les véhicules électriques, les batteries, etc.
03:01Mais donc, à la fin, on n'est pas prêt de se mettre d'accord sur une stratégie européenne ?
03:05Non, effectivement. Alors maintenant, on promet une conclusion pour le 4 mars.
03:10Reste à savoir ce que fait la présidente de la Commission européenne,
03:13et sur la von der Leyen, qui pourrait trancher.
03:16On sent qu'elle est entre sa position de présidente de la Commission
03:19et sa position allemande qui est un peu compliquée sur le sujet.
03:22Maintenant, il va falloir accélérer parce qu'on prend du retard.
03:24Merci.
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