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  • il y a 2 jours
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Télématin reçoit Thomas Pernette, chef du service royautés à Point de Vue.

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Transcription
00:00Maintenant, on va se pencher sur cette onde de choc sans précédent,
00:03une sorte de tsunami pour la couronne et pour les Britanniques.
00:07L'ex-prince Andrew, placé en garde à vue jeudi pendant près de 10 heures.
00:12Bonjour Thomas Pernet.
00:13Bonjour.
00:13Vous êtes chef du service royauté à point de vue.
00:16C'est peu de dire que vous connaissez la famille royale comme personne.
00:19On va revenir sur ce qui lui est reproché, cet ex-prince Andrew.
00:24Mais d'abord, une arrestation au sein même d'une résidence royale,
00:27ça c'est du jamais vu.
00:28C'est du jamais vu dans l'histoire de la famille royale, dans l'histoire du Royaume-Uni.
00:32Et puis c'est, vous l'avez dit, un séisme, une onde de choc.
00:36L'image, les images sont désastreuses et c'est désastreux pour lui bien sûr et pour toute la famille royale.
00:41C'est d'autant plus désastreux que vous comparez cette arrestation-là à celle d'un forcené
00:46et carrément tant de moyens ont été déployés.
00:48Il faut quand même imaginer que dans le domaine de Sandringham,
00:51vous avez six voitures de police qui se présentent.
00:53Six voitures de police pour un seul homme.
00:54Sandringham, c'est un des domaines de la couronne.
00:57C'est là où habituellement la famille royale passe Noël.
01:00Mais il y a la grande maison, le grand château, la grande propriété.
01:02Et puis il y a plein de petites propriétés.
01:04Et en fait, précédemment, l'ex-prince Andrew vivait à Royal Lodge,
01:08donc plutôt du côté de Windsor.
01:09Et en fait, on essaie tellement de le cacher, bien avant cette arrestation,
01:12qu'on l'a mis dans une petite fermette.
01:13Alors rassurez-vous, c'est quand même...
01:15– Oui, il a l'eau courante.
01:17– Voilà, sur le domaine de Sandringham.
01:19– Et donc, six voitures de police, vous dites,
01:21qui entrent dans ce domaine-là pour l'arrêter ?
01:23– Pour l'arrêter, pour le conduire dans un commissariat de police.
01:25Alors on ne sait pas lequel à l'époque, bien sûr.
01:28Ça quand même reste dans la région, dans le Norfolk.
01:31Et puis bien sûr, même s'il y a eu un communiqué.
01:33Alors le communiqué de la police disait un homme d'une soixantaine d'années
01:35dont on ne dit pas l'information.
01:36Vous imaginez bien que l'information a vite circulé.
01:39Voilà, et c'est 11 heures de garde à vue avant la libération jeudi soir.
01:43– Et la libération, on le voit d'ailleurs sortir de ce commissariat.
01:47Ça a fait le tour du monde, cette photo, cette fameuse photo qu'on voit là.
01:52Voilà, l'air à gare, en sortant juste de garde à vue.
01:56C'est le seul cliché qui existe d'ailleurs,
01:58pris par un photographe de l'agence Reuters, je crois.
02:00Ça a été assez compliqué.
02:01– Tout à fait, un photographe qui a eu beaucoup de chance.
02:03Parce qu'étendant qu'on ne savait pas dans quel commissariat de la région il était,
02:06ce photographe a attendu, il a pris ce cliché.
02:07– Ce cliché, c'est celui d'une bête apeurée.
02:11C'est un homme qui essaie de se cacher, qu'on va cacher de plus en plus.
02:14Charles III va essayer de le cacher dans le domaine de Sandringa.
02:18Mais dans tous les cas, il devra sans doute répondre à un juge, on le verra.
02:22Et puis, il y a toutes ces légendes.
02:26Alors, il y a même le Sun qui a fait…
02:28Maintenant, il transpire.
02:30Parce qu'il y avait toute une réflexion il y a quelques années.
02:33En 2019, il avait donné une grande interview à la BBC.
02:35Il disait « ça ne pouvait pas être moi qui étais avec la victime parce que je ne transpire jamais
02:39».
02:40Preuvez qu'il transpire et qu'il a, une fois de plus, menti.
02:42– Justement, rappelez-nous quand même sur quoi portent les accusations aujourd'hui
02:46à l'encontre de l'ex-prince Andron.
02:49– Alors, on n'est pas du tout dans le volet sexuel de l'affaire Epstein.
02:52On est aujourd'hui dans tout ce qui peut être résumé comme les affaires.
02:58Concrètement, il est accusé de fautes graves dans l'exercice d'une fonction publique.
03:02C'est-à-dire que de 2001 à 2011, il est le représentant spécial du Royaume-Uni
03:07pour le commerce international et l'investissement.
03:09Concrètement, c'est un super ambassadeur qu'on envoie dans tous les pays du monde
03:12et du Commonwealth pour essayer de développer les missions économiques.
03:16Sauf que dans ce cadre-là, il aurait retransféré des informations
03:19destinées au gouvernement britannique, à son employeur alors, à Jeffrey Epstein,
03:23pour faire des affaires.
03:24Et c'est donc ce qui lui est replanché dans le cadre de cette affaire.
03:27Après, il y a d'autres enquêtes.
03:29On ne sait pas ce qui peut arriver.
03:31Avec Andrew, malheureusement, le pire peut toujours arriver.
03:32– Est-ce qu'il va être traité comme n'importe quel autre citoyen
03:35ou est-ce qu'il y a une sorte d'impunité parce qu'il fait partie de la couronne ?
03:41– Il n'y a pas d'immunité pour les membres de la famille royale,
03:45que vous soyez l'ex-prince Andrew, que vous soyez le prince William, la princesse Kate.
03:50Il n'y a pas d'immunité personnelle.
03:51Le seul qui a une immunité personnelle, c'est le roi Charles III.
03:54C'est normal, c'est un chef d'État.
03:55C'est le cas dans beaucoup de pays du monde.
03:58Sachant qu'il y a aussi une particularité, il est fortement improbable,
04:01c'est ce que nous disent les spécialistes de droit constitutionnel britannique,
04:04qu'un jour, Charles III témoigne s'il y a procès.
04:07Pourquoi ? Parce que la justice au Royaume-Uni est rendue au nom du roi
04:10et le roi ne peut pas lui-même se faire justice.
04:12Donc, il n'y aura pas de témoignage de Charles III.
04:14Il est fortement improbable aussi qu'Andrew, un jour, devienne roi.
04:18Et pour autant, il est huitième, je crois, dans l'ordre de succession.
04:22Est-ce que ça, ça va changer ? Est-ce que ça doit changer ?
04:25Alors, c'est très compliqué.
04:26On a déjà tout pris à Andrew, et tant mieux,
04:28parce que c'est quand même une crapule, le monde le découvre ou le redécouvre.
04:30C'est-à-dire qu'il n'est plus prince, il n'est plus duc d'York,
04:32il n'a plus son prédicat d'altesse royale.
04:33Il n'est plus aujourd'hui que monsieur Andrew Montbatten-Winsor.
04:37C'est très compliqué, en fait, de retirer quelqu'un de l'ordre de succession du trône.
04:40Le public et certains hommes et femmes politiques le demandent de plus en plus,
04:44mais il faudrait un accord.
04:45Oui, on a entendu que le gouvernement, hier, disait
04:47qu'on est en train de réfléchir à faire passer une loi
04:48pour le retirer de l'ordre de succession.
04:49Sauf que la grande difficulté, c'est qu'il faut que cette loi
04:52et qu'il y ait un accord de tous les pays du Commonwealth,
04:54parce que je vous rappelle que le roi Charles III est chef du Commonwealth,
04:57et il est aussi roi de tas de royaumes, le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, etc.
05:01Donc c'est très très compliqué, c'est très symbolique,
05:04parce que personne, quand vous êtes huitième, n'imagine qu'un jour vous serez roi.
05:08Néanmoins, les symboles sont importants,
05:10de plus en plus la famille royale est appelée, contestée, est interpellée dans la rue,
05:15et on demande presque maintenant à Charles III de s'excuser.
05:18Donc cette mesure-là, le retirer de l'ordre de succession du trône,
05:20pourrait être bien perçue par l'opinion publique.
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