00:00Raphaël et Emmanuel Macron ont inauguré le salon de l'agriculture, c'était samedi.
00:04Contre toute attente, il ne s'est pas passé grand chose, c'était calme pour vous.
00:07C'est un signe entre la décorrélation de l'économie et la politique.
00:11Oui, pourtant économiquement, effectivement, l'agriculture française va mal.
00:14Et à l'Elysée, on craignait un accueil assez houleux, comme en 2024.
00:20Souvenez-vous, le président de la République avait été pas mal secoué.
00:23Et c'est vrai que les motifs de grief sont nombreux du côté des agriculteurs.
00:26L'épisodier de la dermatose n'est pas encore complètement endigué.
00:30On attend toujours les décrets de la loi d'orientation agricole et de la loi Dupont.
00:35Le Mercosur vient d'être signé et les négociations autour de la PAC s'annoncent plutôt difficiles.
00:41Et pourtant, vous l'avez dit, pas de prise à partie.
00:44Emmanuel Macron a pu se balader tranquillement dans les allées du salon.
00:49Même le président de la coordination rurale, Bertrand Venteau, a accepté de discuter finalement
00:54avec le président de la République pendant 45 minutes, comme si la crise économique du secteur
00:59finalement n'avait plus d'emprise sur ce président sortant.
01:03Et inversement, vous dites qu'il y a des décisions politiques qui n'ont plus d'effet sur l'économie.
01:07Bah oui, effectivement.
01:08Ça fait 18 mois que nous, journalistes, expliquons que la dissolution ratée et le blocage institutionnel du pays
01:15allaient nous coûter une fortune.
01:17Ça a même été chiffré par l'OFCE, 12 milliards d'euros, le prix de l'instabilité politique.
01:23Or, que s'est-il passé l'année dernière, en 2025 ?
01:27Finalement, la croissance a été meilleure que prévue, 0,9 points plutôt que 0,7.
01:31L'investissement se redresse petit à petit.
01:35L'emploi a plutôt tenu, lui aussi, en dépit de cet environnement compliqué.
01:41Bref, on prédisait l'apocalypse.
01:43Il faut faire son mérite ou le part, on s'est très largement trompé.
01:47En dépit de l'embolie politique, la croissance devrait même continuer à progresser cette année, 1%, peut-être un peu
01:55plus.
01:56Ça veut dire quoi ?
01:57Ça veut dire que les entreprises, en réalité, se sont adaptées à cette incertitude politique.
02:02Et évidemment, elles continuent de se battre dans cet environnement concurrentiel.
02:07C'est là leur grande force.
02:08Il y a quand même un exemple aussi, ce sont les droits de douane.
02:11Oui, absolument.
02:13Ce qui est assurant, c'est que ce n'est pas uniquement en France, à l'international aussi,
02:17on voit que l'impact des politiques sur l'économie est assez faible.
02:22Même pour l'homme, le politique le plus puissant du monde, Donald Trump,
02:25depuis son accession à la Maison-Blanche, il n'y a pas un jour, une semaine,
02:31sans que l'on parle de guerre commerciale, on y a encore ce matin,
02:34de découplage entre l'Europe et les États-Unis, de fin du multilatéralisme.
02:40Et qu'est-ce qu'on a appris en fin de semaine dernière ?
02:42Eh bien que les États-Unis, finalement, ont affiché un déficit commercial historique de 1241 milliards de dollars.
02:5170 milliards uniquement sur le mois de décembre.
02:54Rendez-vous compte, c'est l'équivalent de notre déficit annuel en 2025.
02:56Et que le commerce international, lui, ne s'est jamais aussi bien porté que l'année dernière.
03:02C'est une étude de BNP Paribas qui nous l'a révélée vendredi.
03:07Plus 18% en valeur des échanges en dépit de la hausse des droits de douane.
03:13Bon, et puis Donald Trump, évidemment, vendredi, on le sait, a subi un revers majeur avec la décision de la
03:19Cour suprême.
03:20Eh bien ce matin, aucune réaction sur les marchés ou presse, comme nous l'a indiqué Étienne Braque.
03:25Donc plus que jamais, comme le disait Mazarin, la politique n'est décidément qu'une grande, grande simulation du pouvoir.
03:33Alors le meilleur conseil à suivre en ces temps troubles, moi je dirais que c'est la devise britannique.
03:38Keep calm and carry on.
03:39Il y a quand même un truc qui a un impact sur les entreprises, c'est la surtaxe d'IS.
03:43Là ça se voit quand même.
03:45Même l'INSE avait indiqué dans la note de conjoncture en mois de décembre que ça n'avait pas d
03:48'impact sur l'investissement.
03:50Si c'était du one shot, là on va voir après deux ans, trois ans, si c'est toujours le
03:54cas, effectivement.
03:55Merci beaucoup Raphaël.
03:56Merci beaucoup Raphaël.
Commentaires