00:00Raphaël, le Premier ministre, a relancé les consultations politiques après l'échec de la commission mixte paritaire.
00:05C'était vendredi, tout le monde se renvoie à la responsabilité. À qui la faute ?
00:09Oui, alors bon courage à ceux qui ont essayé d'y voir clair en lisant la presse ce week-end.
00:14C'est chacun sa version, chacun son coupable.
00:17Dans la tribune dimanche, l'entourage du Premier ministre fustige, je cite,
00:20les exigences sans fin des socialistes qui, c'est vrai, dans la dernière ligne droite,
00:25ont réclamé encore 10 milliards de dépenses supplémentaires pour l'éducation nationale.
00:30Dans le journal du dimanche, c'est Sébastien Lecornu qui s'estime victime d'une vendetta, rien que ça,
00:36une vendetta de ses anciens collègues sénateurs qui, je cite,
00:39ont consciencieusement organisé le sabotage des débats budgétaires pour des raisons très politiciennes.
00:46Par voie de communiqué, les chefs de la majorité sénatoriale lui ont répondu,
00:50d'ailleurs Mathieu Darnot pour les LR et Hervé Marseille pour l'UDI,
00:54« La responsabilité de cet échec incombe au gouvernement qui a soigneusement,
01:01méthodiquement, scrupuleusement organisé l'impossibilité d'un accord ».
01:06Voilà ce qu'ils lui répondent.
01:07Et dans le Parisien dimanche, le rapporteur du budget à l'Assemblée nationale,
01:11Philippe Juvin, évoque, lui, un manque de temps.
01:14Le rapporteur du budget qui avait œuvré à un accord entre les deux chambres
01:18et qui pense que cet accord était possible, il aurait fallu juste quelques jours de plus pour y arriver.
01:24Donc à la fin, personne n'est responsable ?
01:25Oui, la réalité, c'est que les sénateurs ont peu goûté le fait de se faire remonter les bretelles
01:30par le ministre de l'Économie et des Finances.
01:32Ça, c'était lundi dernier, après qu'ils aient remonté le déficit à 5,3% du PLF.
01:39Un carambolage de Roland L'Excur, selon un parlementaire de premier plan,
01:42dont certains se demandent s'il ne l'a pas fait sur commande, en réalité,
01:47pour mettre le feu au Sénat et garantir l'échec des discussions.
01:51C'est de la faute de Roland L'Excur, à la fin, c'est ça que vous dites ?
01:54Sur commande, peut-être, parce que le Premier ministre, lui, aurait senti le vent tourner au Sénat.
02:00Après s'être pris une volée de bois vert aux questions au gouvernement,
02:03ça, c'était mercredi dernier au Sénat.
02:05Le Premier ministre a sonné la fin de la récré lors d'un dîner à l'ambiance, dit-on, glaciale,
02:10avec les principaux protagonistes, ministres de l'Économie, des Finances et les rapporteurs.
02:15Pas question de se prendre un vote négatif au Sénat.
02:18Alors, va pour la loi spéciale.
02:19Mais ce n'était pas des vraies discussions budgétaires, Raphaël.
02:21C'était un moyen pour chacun de montrer ce qu'il allait faire pour les présidentielles
02:25et de tester auprès de son électorat.
02:27C'était beaucoup ça, comme souvent en politique, la simulation et la dissimulation du pouvoir.
02:32Alors, c'est effectivement une grande mise en scène.
02:33Oui.
02:34Qu'est-ce qu'on fait ensuite ?
02:35Alors, cette loi spéciale, elle sera présentée ce soir en Conseil des ministres.
02:38Elle va permettre de gérer à minima les services de l'État en début d'année.
02:41Ensuite, le PLF va reprendre sa course en nouvelle lecture en janvier,
02:47depuis la copie du Sénat.
02:48Mais cette copie va être nettoyée.
02:50Et comme l'avis de l'Assemblée nationale s'impose à celui du Sénat en nouvelle lecture,
02:55ainsi vont les institutions,
02:56eh bien, les sénateurs pourront rejeter le texte
03:00sans que ça n'ait aucune conséquence en réalité,
03:03puisque c'est l'Assemblée qui délibérera en dernière instance,
03:07probablement fin janvier,
03:09d'où les dernières négociations qui s'ouvrent aujourd'hui à Matignon
03:12et qui sont censées permettre de se mettre d'accord.
03:15Voilà.
03:15Au final, personne ne sort grandi de cette séquence.
03:18Tout le monde s'est renvoyé la patate chaude.
03:21C'est vraiment le royaume du « c'est pas ma faute »
03:22et de l'irresponsabilité à tous les étages.
03:25Et pendant ce temps-là, la dette, elle, continue d'augmenter.
03:273 500 milliards d'euros au troisième trimestre,
03:29nous a indiqué l'INSEE, vendredi.
03:32La maison brûle et nos élus continuent de regarder ailleurs.
03:34Et pendant ce temps-là, on se finance désormais sur les marches obligataires
03:37au même niveau que la Slovaquie.
03:38On en parlera à 7h10.
03:39Sous-titrage ST' 501.
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