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  • il y a 11 heures
Vendredi, samedi et dimanche dans Europe 1 Soir Week-end, Stéphanie de Muru reçoit un invité au cœur de l'actualité politique.

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Transcription
00:00Europe 1 Soir Week-end, j'accueille mes débatteurs de la première heure.
00:03Michel Fayad, analyse politique et géopolitique.
00:05Bonsoir Michel.
00:07Jules Torres, journaliste politique au JDD.
00:09Bonsoir Jules.
00:10Bonsoir Stéphanie Demury. Quel plaisir.
00:12C'est encore la semaine de repos pour vous.
00:14Parce que vous allez désormais habiter dans ce bâtiment.
00:16Mais une heure avec vous, ce n'est pas de tout repos.
00:20Ça se payera ça.
00:21Mais il y a beaucoup de plaisir.
00:22Bon, évidemment. L'un ne va pas sans l'autre.
00:26Plus sérieusement et plus tristement,
00:27la mort de Quentin Derand, qui domine toujours l'actualité,
00:31qui déchire la classe politique.
00:32Elle fait réagir en tout cas jusqu'aux Etats-Unis
00:36où l'administration Trump a dénoncé aujourd'hui
00:38la violence politique d'extrême-gauche en France.
00:41Demain, vous le savez, une marche en hommage au jeune homme
00:44aura lieu à Lyon, sous très haute sécurité.
00:46On va en parler car Jordan Bardella recommande au cadre du RN
00:49de ne pas s'y rendre.
00:50Quant à Olivier Faure à gauche, il craint une forme de, je cite,
00:54guerre civile entre l'ultra-droite et l'ultra-gauche.
00:57La mort de Quentin, qui a, je le disais,
00:59des répercussions politiques fortes,
01:01le patron donc des socialistes,
01:02qui, est-ce qu'il faut s'en étonner,
01:04n'exclut pas des accords au second tour des municipales
01:07avec le parti LFI d'extrême-gauche,
01:09pourtant pointé du doigt dans la mort du jeune homme.
01:13Bonsoir Baptiste Gilly.
01:15Bonsoir.
01:15Vous êtes délégué national de l'Uni,
01:19vous êtes mon invité.
01:20L'Uni, je le rappelle aux auditeurs,
01:22qui ne vous connaîtraient pas,
01:23est un syndicat qui existe depuis 50 ans.
01:26Il est le plus grand mouvement étudiant de droite en France.
01:29Alors, ce meurtre n'a pas eu seulement pour effet d'amener au calme
01:34et à l'examen de conscience.
01:35Loin de là, il se trouve que des étudiants d'extrême-gauche
01:39a tué d'autres cantins.
01:41C'est ce que vous dénoncez ce soir, Baptiste Gilly.
01:45Oui, bien sûr, c'est les tags qui ont été, justement,
01:47inscrits sur les murs à Paris 1.
01:49Nous, ça nous choque, forcément,
01:51mais d'un autre côté, on a l'habitude d'avoir ces menaces-là,
01:54de faire face à cette violence.
01:56Alors là, pour la première fois, il y a eu un mort,
01:58mais nous, on le professe depuis des mois et des mois,
02:00étant donné la dégradation de la situation dans les facs,
02:03l'explosion de la violence de la part de l'extrême-gauche,
02:06ça ne nous étonne pas.
02:08Donc là, en l'espèce, on s'arrête quand même quelques minutes.
02:11C'est quoi ces menaces à Panthéon-Sorbonne,
02:14où on appelle à tuer encore ?
02:16C'est ça, exactement.
02:17L'extrême-gauche continue dans sa rengaine habituelle.
02:20Là, justement, c'est la même chose que quand ils disent
02:22une balle, un facho, ou tuer un facho.
02:25Voilà, c'est tout un phrasé qu'on a l'habitude de voir.
02:29Et effectivement, ça a été inscrit sur les murs il y a quelques jours.
02:31On l'a découvert un peu avec effroi.
02:32Et on a pensé que c'était important de montrer
02:34ce qu'était la réalité dans les facs,
02:36ce à quoi un militant de droite,
02:37ou même une personne qui simplement pense à droite,
02:40fait face au quotidien.
02:41Alors, ce qui est incroyable, quand on vous écoute,
02:43c'est qu'on réalise qu'il n'y a pas eu du tout de prise de conscience,
02:46il n'y a pas eu d'effroi.
02:48Au contraire, on renchérit dans la violence.
02:52L'extrême-gauche, finalement, continue dans sa stratégie
02:54de terroriser tous ceux qui ne pensent pas contre eux.
02:57Et effectivement, ils ne vont pas se remettre en question
03:00même sur la mort d'un jeune homme.
03:01Ils vont continuer dans cette stratégie,
03:03cette stratégie qui est théorisée.
03:04Ce n'est pas du tout un hasard s'ils font ça.
03:06Alors, vous le disiez, vous aviez déjà tiré la sonnette d'alarme.
03:10Vous aviez demandé à être reçu l'Uni par le ministre
03:14de l'Enseignement supérieur.
03:15C'était, je crois, en novembre dernier.
03:17Vous avez à nouveau demandé à être reçu,
03:21face justement à ces menaces de l'ultra-gauche.
03:23Qu'est-ce qu'on vous dit au ministère ?
03:24Alors, justement, on avait rencontré M. Philippe Baptiste,
03:27le ministre de l'Enseignement supérieur,
03:29en novembre dernier.
03:30On lui avait déjà remis à l'époque un dossier
03:32qui comprenait plus de, je crois, 54 faits de violence
03:37que nos militants avaient subis dans toutes les facs de France.
03:40On lui avait demandé de prendre des mesures.
03:41On lui avait dit, textuellement et mot pour mot,
03:44que si ça continuait comme ça, il y aurait un mort.
03:46Donc, c'est chose faite.
03:48Malheureusement, notre prophétie s'est réalisée.
03:50Et donc, effectivement, on l'a re-sollicité.
03:52On lui a demandé à plusieurs reprises de re-avoir,
03:54depuis la mort de Quentin, un nouveau rendez-vous.
03:56Et on l'a obtenu mardi prochain.
03:58Et donc, on compte bien porter ce qu'on revendique,
04:02nos inquiétudes face à cette situation
04:04qui est intenable pour les militants
04:05ou même pour les étudiants qui aspirent juste à étudier.
04:08Ça veut dire qu'il y a plusieurs mois déjà,
04:11vous aviez peur, vous craignez qu'il y ait un mort ?
04:14Ah oui, complètement.
04:14Depuis plusieurs mois, on voit vraiment
04:16qu'il y a une dégradation exponentielle de la violence.
04:19Qu'on ne peut plus se rendre, pendant les élections étudiantes,
04:22sur une université sans être agressé,
04:24sans être des fois viré par les militants d'extrême-gauche des facs.
04:28Donc oui, même, on a fait face à énormément d'actes de violence pure.
04:32On a nos militants qui se retrouvent pris à partie par 30, 40 personnes,
04:36rouées de coups au sol.
04:37Donc voilà, c'est quelque chose qui aujourd'hui est devenu quotidien
04:40pour des militants de droite à la fac.
04:41Et justement, on a vu cette dégradation,
04:44on a tiré la sonnette d'alarme et rien n'a été fait.
04:47Qu'est-ce que vous pensez de l'attitude, justement,
04:50des directions d'universités ?
04:51Est-ce que vous les jugez, vous, coupables,
04:55ou du moins responsables ?
04:56Bien sûr, puisque le laxisme duquel jouissent tous les mouvements d'extrême-gauche,
05:01elle se fait à tous les niveaux, que ce soit au niveau du ministère,
05:03mais aussi au niveau des présidents d'universités,
05:05qui, sur des actes comme ça, pourraient faire des articles 40
05:07et signaler ces faits au procureur, et ce qui n'est jamais fait.
05:11Et même nous, quand on porte plainte auprès de la justice,
05:14rien n'est fait, nos plaintes n'aboutissent jamais ou presque jamais.
05:17Donc effectivement, oui, on voit un laxisme généralisé à tous les niveaux.
05:20Est-ce que c'est un laxisme coupable ?
05:23Est-ce que, finalement, la direction de l'université est en accord avec la gauche ?
05:29Ou justement, c'est une forme plutôt de lâcheté ?
05:34Devant, justement, les manifestations de la gauche,
05:37elle décide de ne pas agir ?
05:39Il y a sûrement des deux.
05:40Il y a effectivement, d'un côté, une lâcheté en soi,
05:43puisqu'il y a aussi une peur en soi des présidents d'universités
05:47qui, s'ils s'opposent à ces groupuscules d'extrême-gauche,
05:51s'ils s'opposent justement à ces personnes et à ces groupes de personnes violentes,
05:54ils savent qu'il va y avoir des répercussions,
05:56que ce soit des blocages de leur université,
05:57les cours ne pourront plus se tenir,
05:58ou même sur leurs personnes.
06:00On se souvient du président de l'université de Bordeaux-Montagne
06:02qui, malgré tout, avait, par l'acheté,
06:04laissé les antifas faire un village antifa au sein de l'université
06:07et qui, quelques mois après, pour s'être opposé à eux,
06:10a été grimé et mis sur une guillotine
06:13et il y a eu justement cette chose-là qui a été faite.
06:17Donc oui, il y a cette peur et une lâcheté aussi.
06:20Oui, une lâcheté coupable, Jules Torres.
06:22Depuis le 7 octobre 2023, on avait vu notamment
06:24qu'à Sciences Po Paris, c'était devenu quasiment une succursale
06:26du Hamas, une succursale de la France Insoumise
06:30et on a l'impression, c'est peut-être un sentiment,
06:32que depuis que Louise Vassy est arrivée à Sciences Po Paris,
06:35on a moins de manifestations,
06:37moins de polémiques qui entourent Sciences Po Paris.
06:38Ça montre peut-être quand même que, quand on veut, on peut,
06:41quand on met des directeurs d'établissements
06:43qui ont un petit peu de courage, on peut.
06:45Qu'est-ce que, vous, ça vous inspire quand vous voyez la réussite
06:48qu'on peut quand même qualifier de Sciences Po Paris
06:50pour les autres établissements français ?
06:52Est-ce qu'on devrait faire pareil, appliquer la même méthode ?
06:54Bien sûr, c'est nous ce qu'on appelle de nos voeux
06:56à chaque fois qu'on rencontre un président d'université,
06:58puisqu'on a des élus de partout dans toutes les universités.
06:59On demande qu'il y ait du volontarisme
07:01et qu'il y ait la volonté, justement, d'assurer la sécurité
07:04et d'assurer l'ordre public au sein des établissements
07:06d'enseignement supérieur, que ce soit Sciences Po à Paris,
07:08qui, quand même, pendant longtemps, ça a été l'épicentre
07:11justement de ces mouvements violents, de ces mouvements de blocage.
07:13Donc, si ça peut être fait à Sciences Po Paris,
07:15ça peut être fait dans tous les IEP de France
07:16et dans toutes les universités de France.
07:18Il faut juste systématiser la sécurité,
07:20apporter plus de sécurité privée quand il y en a besoin,
07:22mais aussi pouvoir permettre à la police d'intervenir
07:24quand, justement, il y en a besoin.
07:26Oui, ce n'est pas le cas aujourd'hui.
07:27Non, aujourd'hui, la police peut intervenir
07:29uniquement sur demande du président d'université.
07:31Et donc, il faut systématiser ça
07:32pour que ces groupuscules d'extrême-gauche
07:35ne puissent pas faire la loi dans les facs.
07:36Vous parliez tout à l'heure des menaces,
07:38Baptiste Gilly, vous-même, je crois que vous êtes en master à Grenoble.
07:42Vous avez décidé de poursuivre vos cours à distance.
07:44C'est ça, je suis en master à Sciences Po Grenoble
07:47en première année
07:48et j'ai fait mes trois premières années en présentiel
07:49et en première année, j'étais déjà militant.
07:51Donc, il y avait déjà une pression qui s'exerçait sur moi
07:54qui était à l'époque assez vivable.
07:56Mais en troisième année,
07:57quand je suis devenu responsable de l'UNI à Grenoble,
07:59justement, là, ça a été complètement décuplé
08:02et ça devenait impossible
08:04puisqu'à chaque fois que je passais les portes de l'établissement,
08:06j'ai été pris à partie par des étudiants qui m'insultaient.
08:08Ça venait complètement perturber mes cours, mes examens.
08:12Ça devenait invivable.
08:13Je me souviens, par exemple, d'une fois,
08:15ça a été un peu le summum,
08:16ce qui m'a donné envie de passer en distanciel.
08:18Il y a eu un blocage une fois
08:19et pour m'être opposé à eux,
08:21ensuite, ils m'ont suivi jusqu'à chez moi.
08:23Vraiment, ça devenait invivable.
08:26Et est-ce que vous allez participer à la marche demain ?
08:29À Lyon ?
08:29Je ne serai pas à Lyon,
08:30mais ça aurait été à voir si j'étais sur place.
08:34Vos camarades de l'Uni vont y aller ?
08:37On n'a pas donné de conseils, de consignes,
08:41mais on leur laisse la liberté de faire comme ils l'entendent
08:44parce qu'on pense qu'aller à un hommage,
08:46c'est du ressort de chacun.
08:49Oui, et puis ce qui est incroyable,
08:51c'est qu'une marche blanche calme
08:53va devenir potentiellement dangereuse.
08:56Vous avez entendu,
08:57on va en parler avec Jules Torres et Michel Fayette
08:59dans quelques instants,
09:01mais Jordan Bardella n'encourage pas,
09:03en tout cas, déconseille ses cadres d'y aller
09:06parce que potentiellement, ça peut être dangereux.
09:08Nous, on n'a pas donné de directive,
09:10mais nous, on réaffirme que le plus important,
09:13ça va être la sécurité de nos militants
09:14et qu'ils n'aillent pas s'exposer,
09:15surtout que la plupart sont fichés par l'extrême-gauche
09:17étant donné qu'ils militent dans les facs.
09:19Donc voilà, il faut vraiment prendre les précautions
09:21lors de cet événement.
09:21Est-ce que vous trouvez ça normal ?
09:23Est-ce que vous trouvez normal aujourd'hui
09:24qu'un collectif comme l'Uni,
09:26qui est autorisé,
09:27qu'un certain nombre de collectifs
09:29qui vont appeler à manifester,
09:31ou en tout cas à participer à cette marche blanche,
09:33parce qu'en effet, Stéphanie a raison de le dire,
09:34c'est certainement pas une manifestation,
09:36c'est une marche blanche qui a été appelée
09:38notamment par la famille pour rendre hommage.
09:41Donc c'est vrai que même vous,
09:43même que l'Uni aujourd'hui,
09:44ne puissent pas dire
09:45qu'il faut aller à cette marche,
09:46qu'est-ce que ça dit aujourd'hui
09:47de notre débat public et de notre société ?
09:49C'est un vrai problème,
09:50parce qu'encore une fois,
09:50ils continuent à faire régner la violence
09:52absolument de partout
09:53et ils sont vraiment prêts à tout.
09:54Nous, on se souvient il y a quelques mois
09:55pour un hommage à Philippine,
09:57qui avait été aussi tué à la fac de Dauphine,
10:00c'est ça ?
10:01En plein hommage qu'on avait aussi organisé à Vienne
10:04avec la députée locale Anand Mansoury,
10:06cet hommage avait été justement
10:08interrompu par des antifas
10:09qui chantaient,
10:10qui étaient venus bordéliser.
10:12Qui a été violés,
10:14tués par un OQTF marocain.
10:15C'est ça.
10:16Donc ça montre un peu leur état d'esprit
10:18et c'est pas étonnant
10:19qu'ils continuent à faire ça
10:20et qu'ils continuent leur manœuvre de terreur.
10:23Merci en tout cas Baptiste Gilly,
10:25délégué national de l'Uni,
10:26d'avoir été avec nous dans le studio d'Europe 1.
10:29On poursuit nos débats avec Michel Fayad et Jules Torres.
10:32On parlera de la réaction des uns et des autres
10:34et celle d'Olivier Faure
10:35qui n'est pas forcément étonnante.
10:37On est déjà en train de parler du second tour des ministres.
10:38Oui, mais qui a suscité quand même un émoi national
10:40auprès des Français.
10:41Oui, on va en parler dans quelques instants.
10:43Restez avec nous sur Europe 1.
10:45Sous-titrage ST' 501.
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