00:00RMC, à votre service.
00:03Alors comment aider les jeunes pêcheurs à s'installer ? C'est une bonne question ça, hein Virginie Fulpin ?
00:06C'est pas la réponse, mais oui.
00:08Mais oui, justement on va essayer de la trouver.
00:10Plus de 9 Français sur 10 estiment que la profession n'est pas assez valorisée d'après un sondage Ipsos
00:14qui remonte à mai dernier,
00:16alors qu'elle fait face à de nombreuses contraintes, réglementations, pénibilité ou encore concurrence internationale.
00:21Bonjour Augustin Maliard.
00:23Bonjour.
00:24Vous êtes marin pêcheur à Brest, on est très heureux de vous avoir ce matin.
00:27Vous êtes aussi co-directeur de Mer de Liens, c'est une société qui fonctionne grâce à l'épargne citoyenne,
00:34on va en parler, et dont le but est d'assurer la transition sociale et durable de la pêche.
00:37Tout d'abord, dites-nous comment ça se passe en ce moment, on dit souvent que c'est très difficile
00:42pour le secteur.
00:44Oui, c'est un secteur qui est en crise, alors c'est pas nouveau, c'est un secteur qui est
00:47en crise depuis les années 90,
00:49avec différentes crises successives, de surexploitation de la ressource,
00:53mais aussi plus récemment d'augmentation du prix des carburants et des effets du Brexit.
01:00Là, depuis 2021, on a eu une dernière grande crise en date,
01:05avec une perte de plus de cinquantaine de bateaux sur la côte,
01:09qui sont partis à ce qu'on appelle un plan de sortie de flotte, donc qui ont été cassés.
01:14Et donc, on a perdu un peu plus de 1000 emplois directs dans le secteur de la pêche,
01:19qui est un petit secteur, il y a un peu moins de 15 000 emplois dans l'emploi direct, dans
01:24la pêche.
01:25Donc, ça fait un effet important sur la flottie.
01:30Augustin Maillard, vous avez besoin de recruter, nous avons besoin de pêcheurs.
01:34Bon, c'est un métier difficile, exigeant, avec des horaires compliqués.
01:37Vous êtes en pleine mer, c'est un métier passion.
01:40Est-ce que vous avez du mal à recruter ?
01:45Alors, tout simplement, il y a plusieurs difficultés à l'entrée quand on veut s'installer à la pêche.
01:49Quand on est un jeune, ce qu'on appelle primo-installant,
01:52quelqu'un qui veut s'installer à bord d'un bateau.
01:54Alors, ça peut être un petit bateau, de pêche côtière ou de petite pêche,
01:58mais ça peut être aussi un bateau de pêche au large.
02:00Dans tous les cas, les différentes difficultés, elles sont d'abord d'ordre financier,
02:05c'est-à-dire le coût à l'achat, le ticket d'entrée pour acheter un bateau.
02:10C'est comme un taxi, un bateau, donc on achète le bateau, c'est-à-dire le moteur qui va
02:13avec, les appareils de pêche.
02:14Ça coûte combien ? Donnez-nous un prix, Augustin Maillard, pour qu'on sache à peu près.
02:17Vous installez ?
02:18Le prix, les tickets d'entrée pour des bateaux qui font moins de 8 mètres, ça peut être de 80
02:23à 150 000 euros.
02:24Et puis, pour des bateaux qui vont faire jusqu'à 16 mètres, 18 mètres, c'est jusqu'à 1 million
02:28ou plus.
02:29Selon l'âge du bateau, selon la vétusté.
02:32Et évidemment, le plus important, c'est qu'on achète le bateau.
02:35Et comme un taxi, on achète aussi la licence d'exploitation qu'il y a.
02:39Et dans ce contexte-là, Augustin Maillard, comment vous vous faites pour aider ces jeunes pêcheurs qui veulent s'installer
02:47?
02:47Alors nous, on a créé une structure qui fonctionne comme les foncières, comme Terre de Liens, comme Fèves.
02:53Alors là, qui n'aide pas des agriculteurs à s'installer, à acheter du foncier, mais qui aide des pêcheurs
02:57à s'installer, à acheter des bateaux.
02:58Donc on n'achète évidemment pas des portions de mer.
03:02La mer est un bien commun.
03:04On achète des bateaux et les licences de pêche qui vont avec, les quotas.
03:08Et c'est ce qui permet aux jeunes de s'installer.
03:11Donc à la fois l'aide financière, mais aussi l'accompagnement administratif.
03:15On va dire l'accompagnement pour construire le modèle de pêche, le modèle de production.
03:18C'est à la fois la stratégie de pêche, mais aussi la stratégie pour valoriser le poisson de vente.
03:23Et avec quel argent, Augustin Maillard ? Comment vous vous financez ?
03:26Alors comment on se finance ?
03:27Alors c'est grâce justement à des citoyens.
03:29Donc c'est l'appel qu'on veut faire aussi ce matin.
03:31On a deux projets là qui sont en cours pour installer des premiers jeunes.
03:35C'est des citoyens qui peuvent donc mettre leur argent au service de l'installation de la future génération à
03:41la pêche via de l'épargne citoyenne.
03:43Donc sur le site, nous soutenir, mer de lien.
03:45Nous soutenir, mer de lien.
03:48Et après effectivement, on récupère son argent quand le jeune commence à gagner sa vie.
03:54C'est un super métier, c'est une super initiative que vous faites.
03:57C'est vrai qu'on parle rarement des pêcheurs.
03:58Je sais qu'ils nous écoutent.
04:00Et parmi les auditeurs fidèles de RMC, nous avons des heures de poisson.
04:05C'est vendredi.
04:06C'est quoi la tendance en ce moment, Augustin Maillard ?
04:09Quel est le poisson qu'on a le plus sur les étals ?
04:12La tendance, c'est que je suis disponible pour parler avec vous à 5h et quelques du matin.
04:17Donc c'est qu'il y a une tempête, une grosse tempête qui n'a pas échappé à la radio,
04:23mais aussi évidemment à toute la profession,
04:25qui fait que la plupart des bateaux de pêche côtière ou de petite pêche sont pas sortis bloqués au port.
04:30Vous êtes bloqués, donc il n'y a pas beaucoup de poissons sur les étals, c'est ça ?
04:33Il n'y a pas beaucoup de poissons sur les étals,
04:34mais la tendance pour la période actuellement, on va reprendre justement tous les métiers du filet,
04:38les métiers de la sole, mais aussi les poissons.
04:40C'est bon la sole, mais qu'est-ce que c'est cher ?
04:42Franchement, Gustien Maillard, tu ne racontes pas le prix de la sole.
04:45Non mais c'est vrai, je comprends, parce qu'il y en a moins de sols, mais c'est délicieux.
04:50Il y a beaucoup d'espèces qui sont aujourd'hui dans un état, on va dire, sensible,
04:56qui ont subi une forte période de surexploitation,
04:59mais on a aussi, nous, sur la côte, on voit les premiers effets du changement climatique,
05:03donc une eau qui se réchauffe et des stocks qui se répartissent différemment aujourd'hui qu'hier.
05:08Donc le macro, par exemple, ou aussi le thon rouge,
05:11mais plus globalement, si on veut parler à l'échelle de la filière,
05:15le plus important, en tout cas, pour les gens qui nous écoutent aujourd'hui,
05:18c'est qu'est-ce qu'on veut faire demain des ports un peu mythiques de la côte,
05:22l'Octudie, Dunkerque, Boulogne-sur-Mer.
05:24On a des ports qui se sont vidés depuis 30 ans,
05:26et l'idée aussi de Merdolien, c'est de permettre à ces ports de se re-remplir de bateaux.
05:30Vous avez raison, Gustin Maillard, et bravo pour tout ce que vous faites,
05:32merci en tout cas d'avoir été en direct avec nous sur RMC ce matin, il est 5h54.
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