00:00De retour dans Punchline sur CNews et sur Europe 1, toujours avec Éric Nolot, Rachel Kahn, Catherine Hay.
00:04On a le plaisir d'accueillir Charles Millon. Bonsoir à vous, ancien ministre de la Défense.
00:08Parlons d'abord un tout petit peu de ce qui se passe dans notre pays, que vous avez suivi, évidemment,
00:13à travers cette ville de Lyon que nous aimons tant.
00:16Écoutons juste Emmanuel Macron réagissant à la mort de Quentin et tentant d'apaiser les tensions politiques.
00:22Il appelle chacun à faire le ménage dans ses rangs. Écoutons le Président.
00:26Rien ne saurait justifier ni chez les uns ni chez les autres.
00:30Et ni même dans un face-à-face qui est mortifère pour la République, rien ne saurait justifier l'action
00:36violente. Rien.
00:38Et donc à chaque fois qu'il y a des gens qui vous expliquent qu'ils ont mis en place
00:41des milices pour faire de l'autoprotection,
00:44qu'il y a telle ou telle chose parce qu'il y aurait de l'autre côté un discours de
00:47violence et qu'il la légitime,
00:49ils ne commettent pas simplement une faute politique, ils commettent une faute morale et ils créent les conditions de ce
00:54qui arrive.
00:54Donc tout le monde, partout, doit faire en effet le ménage.
00:57En République, il n'y a pas de place pour les mouvements qui adoptent la violence, qui légitiment la violence.
01:04Parce que la démocratie repose sur le respect et la paix.
01:07Pour Emmanuel Macron, est-ce que vous adhérez à chacun des mots qu'il a prononcés, Charles Millon ?
01:11Oui, mais ce n'est pas en élargissant le commentaire, en disant que tout le monde est fautif, qu'on
01:20reconnaît la réalité.
01:21Là, il y a des gens qui ont agressé, il y a des gens qui ont tué. Il faut dire
01:25qu'il y a des coupables et des non-coupables.
01:28Ça ne sert à rien en fait de généraliser comme il vient de le faire.
01:32Il renvoie dos à dos en fait les gens d'extrême.
01:36Il veut expliquer que tout le monde est identique. C'est faux. Il y a des gens qui ont fait
01:43le coup de poing, qui ont voulu tuer.
01:45D'ailleurs, on va le voir, puisqu'ils sont en fait inculpés d'homicide volontaire.
01:50Et on sait ce que cela veut dire.
01:52Donc je pense que le président devrait le dire, nous laissons la justice juger.
01:57– Bien sûr. Catherine, on sait qu'à chaque fois qu'on parle de la violence d'extrême-gauche, le
02:01président Macron rappelle la violence d'extrême-droite.
02:03C'est systématique.
02:05– Oui, c'est une mentale qu'on prie chez En Marche.
02:10Et donc, je ne sais pas si en disant cela, il veut rameuter son électorat, enfin pour des élections futures
02:17de ses camarades.
02:18Mais moi, je trouve ça très, très, très malhabile parce qu'il n'y a pas réciprocité des deux côtés,
02:24quoi.
02:24Ce n'est pas vrai. Je veux dire, depuis les violences dans les manifs, depuis des années, c'est quoi
02:28?
02:28C'est les Black Blocs, c'est l'extrême-gauche.
02:30C'est toujours l'extrême-gauche qui casse, qui pique.
02:33Ce n'est pas revendiqué jamais par le Rassemblement national.
02:37Alors, je ne dis pas qu'il y a des petits groupuscules qui ont d'ailleurs été dissous, qui ont
02:41fait de la violence.
02:42Mais il a l'air de dire, il y a un parti qui est à l'Assemblée nationale et qui
02:46prône la violence, qui est le parti de M. Mélenchon.
02:49Et on ne peut pas dire que, de l'autre côté, c'est la même chose avec Mme Le Pen.
02:52Ce n'est pas vrai.
02:53Et d'ailleurs, s'il voulait faire de la publicité pour le Rassemblement national avant les élections,
02:58je crois que c'est la meilleure façon d'agir comme ça.
03:00Donc, c'est absolument stupide.
03:03Charles Millon, cette campagne des municipales, c'est vrai, elle est impactée par la mort de Quentin.
03:08Bien sûr. On verra d'ailleurs les résultats.
03:10Il est évident qu'aujourd'hui, quand on rencontre nos concitoyens,
03:15quand on rencontre les personnes qui sont engagées dans la campagne électorale,
03:19il y a en fait un refus de celles et ceux qui veulent, j'allais dire, casser la paix civile,
03:27qui veulent empêcher la communauté municipale à vivre normalement, amicalement,
03:36comme cela se passe dans la plupart des communes.
03:38Et aujourd'hui, on a une certaine inquiétude.
03:42Il y a même une inquiétude réelle qui monte tout doucement dans l'opinion publique.
03:48Est-ce qu'on va vers des heurts, vers des violences, vers des gestes inappropriés,
03:54un peu partout en France ?
03:56Et on se demande où va notre République.
03:58Éric Nolot, et on a cette stratégie de la France insoumise qui continue.
04:01Là, on a Antoine Léoman qui dit « la diabolisation de la France insoumise vous choque, rejoignez LFI ».
04:07En fait, c'est l'inversion accusatoire, comme toujours.
04:09Non mais c'est assez étrange, parce que comment renvoyer dos à dos les deux camps ?
04:12Enfin, le député fiché S, il est à la France insoumise.
04:16Ses assistants parlementaires, des assistants donc LFI en fait,
04:19puisque Raphaël Arnaud a été élu sous pavillon LFI, sont des fichés S.
04:23L'origine de l'affaire, c'est quand même un meeting de Mme Rima Hassan
04:27qu'on a autorisé dans un lieu qui est normalement dédié au savoir
04:31et pas à la propagande politique.
04:33Mais est-ce que vous ne trouvez pas qu'on devrait faire quand même un exemple,
04:36mettre un coup d'arrêt, en réclamant la démission de M. Arnaud
04:39beaucoup plus vivement qu'on ne le fait ?
04:41Que cet homme soit encore en place, je vous le dis à titre personnel, moi ça me choque.
04:44Charles Millon.
04:45Oui, mais c'est aux parlementaires à le faire.
04:47J'espère qu'il y aura des présidents de groupes parlementaires.
04:50Je l'ai été, je sais que c'est leur responsabilité.
04:53Est-ce qu'il y aura des présidents de groupes parlementaires
04:55qui viendront voir la présidente de l'Assemblée nationale
05:00pour exiger qu'il y ait en fait une procédure,
05:04ou avant la procédure d'ailleurs,
05:07un questionnement qui soit fait à M. Arnaud
05:10pour lui demander d'abord comment il a engagé ce type d'assistant parlementaire,
05:15c'est quand même étonnant,
05:17quels sont les rapports qu'il a avec eux,
05:19pourquoi il était à Lyon le jour où il était intervenu,
05:23cette manifestation, ce RIC,
05:25et puis ensuite ce meurtre.
05:27Et il lui demandait en fait, il l'explique à ses collègues,
05:31qui sont ses collègues actuellement,
05:33pourquoi il a cette attitude qui est une attitude indigne.
05:37Rachel Kahn, on voit aussi qu'il y a une volonté
05:39de la part de l'extrême-gauche de salir Quentin,
05:42de dire voilà, c'était quelqu'un d'extrême-droite,
05:46c'était voilà, pour minimiser, voilà, pour minimiser ce meurtre.
05:50Mais exactement comme ils l'ont fait depuis le 7 octobre,
05:53avec des Français juifs qui seraient obligatoirement génocidaires.
05:57En fait, ils ont travaillé la manière de mettre des cibles dans le dos des citoyens.
06:01Et effectivement, normalement, dans une démocratie,
06:04l'ensemble des députés, des parlementaires doivent protéger l'ensemble des citoyens.
06:09Il n'y a pas des citoyens qui seraient des ennemis, finalement,
06:13et d'autres qui seraient acceptables,
06:15parce que complètement dans cette idéologie-là,
06:17c'est extrêmement dangereux, cette manière de vouloir diviser la société
06:22et d'appeler au soulèvement des uns contre les autres.
06:24Bien sûr.
06:25Ce qui est plus grave, c'est qu'il y ait des grands quotidiens,
06:30un quotidien du soir,
06:32qui ose faire ce qu'il a fait hier,
06:35où il a en fait décrit ce qui s'est passé d'une manière totalement indigne,
06:40où il a essayé de faire partager la responsabilité du meurtre
06:44et aux uns et aux autres, qui a décrit en fait Quentin d'une manière indigne aussi.
06:52Je ne comprends pas que ce grand quotidien qui se veut un quotidien de référence,
06:56il aille dans ce sens-là.
06:58Il va bientôt devenir en fait un quotidien de bas étage,
07:05qui est fait en fait pour des personnes qui veulent effectivement,
07:08qu'il y ait querelles, guerres, meurtres dans notre pays.
07:11Et je ne comprends pas qu'il ne soit pas dénoncé.
07:14Et vous comprenez la décision de Grégory Doucet
07:17de ne pas vouloir de marche blanche pour Quentin à Lyon ?
07:20Ou est-ce que non ?
07:20Vous pensez que la préfecture doit autoriser cette marche blanche ?
07:25C'est plus compliqué.
07:27Personnellement, je crois qu'il vaudrait peut-être mieux une manifestation
07:31qui soit sans bouger, j'allais dire,
07:35qu'il soit devant la cathédrale Saint-Jean par exemple,
07:39puisque Quentin était un catholique fervent,
07:42et qu'il y ait une manifestation silencieuse.
07:44Pour minimiser les risques, voilà.
07:46Pour minimiser les risques.
07:47Et puis en plus, d'être beaucoup plus symbolique
07:50à ce qu'était en fait Quentin.
07:51Oui.
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