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  • il y a 9 heures
Anthony Marciano, réalisateur du film “Le rêve américain”.

Retrouvez « Nouvelles têtes » présenté par Daphné Bürki France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/nouvelles-tetes

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Transcription
00:00Daphné Burki et sa nouvelle tête.
00:02Il est 9h50, nous sommes en direct dans le studio de la grande matinale de France Inter
00:06et ma nouvelle tête aujourd'hui s'appelle Anthony Marciano.
00:09Il est scénariste et réalisateur.
00:12Et il a eu un rêve à l'américaine.
00:14Sonia, Charline, moi je ne sais pas si ça a été votre cas,
00:17mais le rêve américain, à la base, c'est une promesse presque naïve,
00:21donc hyper puissante, qui dit que peu importe d'où tu viens,
00:25tu peux devenir quelqu'un que personne n'avait prévu.
00:27Que ton point de départ dans la vie, ce ne sera pas ton point d'arrivée.
00:31Et c'est exactement ça, je crois, le parcours d'Anthony Marciano.
00:34Son rêve américain, il est double.
00:36D'abord le sien, il est passé de l'industrie musicale, directeur artistique,
00:39dans une grande maison de disques, au cinéma.
00:41Et pas par une voie royale, pas par une école de cinéma mythique,
00:45mais en se fabriquant une trajectoire à la main.
00:47Et puis celui qu'il raconte aujourd'hui dans son nouveau film,
00:50ça s'appelle Le rêve américain, ça sort le 18 février.
00:54Et c'est l'histoire vraie de deux Français, sans réseau, sans argent,
00:57qui décident quand même qu'ils ont leur place dans un système ultra fermé, la NBA.
01:02Bonjour Anthony Marciano, bienvenue sur France Inter.
01:04Bonjour, merci.
01:05Alors pour vous, c'est quoi exactement le rêve américain ?
01:08Après ce qu'on vient de dire, c'est vrai qu'il s'effrite un peu,
01:12mais ce n'est pas le rêve de l'Amérique pour moi.
01:15Le rêve américain, c'est rêver grand.
01:17C'est rêver au-delà des frontières,
01:19au-delà de ce à quoi on est prédestiné d'une manière ou d'une autre.
01:22Le rêve américain, c'est peut-être aussi d'accepter de passer d'abord par un milieu complètement fou,
01:28celui-là, et avant de devenir, ah mais peut-être qu'il était visionnaire.
01:32Comme lorsque vous avez fondé, et j'ai halluciné,
01:35My Major Company, c'était une idée complètement folle.
01:37Mais oui, c'est lui !
01:38Pour financer...
01:40On était quatre.
01:40Vous étiez quatre, vous étiez donc cofondateurs.
01:43Le but, c'était donc de faire financer des artistes directement par le public sur Internet.
01:47A l'époque, ça ressemblait à une utopie.
01:49Aujourd'hui, ça paraît évident.
01:51C'était fou !
01:52Ben, c'était une aventure incroyable,
01:56où on était en poste, en maison de disques,
01:58et puis on a décidé de démissionner pour créer ça.
02:03Et ça ne s'est pas passé tout de suite.
02:05Et donc, ça a été deux ans de galère.
02:08On faisait des musiques de dessins animés, avec des paroles et tout ça.
02:11Et puis, on a fini par y arriver.
02:14Et vous vous souvenez de votre première fois, de votre premier action ?
02:18Je me souviens tout simplement parce que je ne l'ai pas dit.
02:21Je ne savais pas qu'il fallait dire action.
02:22Et donc, le comédien qui était, lui, très rodé, attendait.
02:26Et je me dis, mais pourquoi il ne part pas ?
02:27Et en fait, on me dit, il faut dire action.
02:30Et je ne savais pas.
02:30Votre première fois, avant de réaliser votre rêve américain,
02:34ça pourrait peut-être être le jour où on vous a offert une caméra à l'âge de 13 ans.
02:38Ou alors, la première fois, c'est peut-être le jour où vous avez réalisé votre premier long métrage,
02:42Les Gamins, écrit avec votre ami Max Bouglil, dans lequel il joue.
02:46Ou alors, la première fois, ça s'est passé peut-être avec Alain Chabat ?
02:50C'est Alain Chabat qui m'a ouvert les portes de cette nouvelle vie dans le cinéma
02:54parce que je n'avais pas du tout réfléchi à réaliser ce film.
02:57J'avais écrit ce film et je n'avais pas du tout réfléchi à le réaliser.
02:59Je faisais le tour des réalisateurs pour leur proposer.
03:01Et je disais à Alain, voilà ce qu'ils me disent.
03:04Et je ne suis pas trop d'accord à cet endroit-là et cet endroit-là.
03:07Et Alain m'a dit, tu devrais le réaliser toi.
03:10Et voilà, c'est comme ça que ça a démarré pour moi.
03:12C'est lui qui vous a donné l'impulsion.
03:14Vous aimez les récits à la française qui rayonnent dans le monde.
03:17Vous dites quand Jean Dujardin gagne un Oscar, quand Stromae ou les Daft Punk font danser la planète.
03:22Vous dites que vous avez l'impression qu'il gagne un peu pour vous aussi.
03:25Je trouve ça joli.
03:27Et c'est, est-ce que je me suis demandé, est-ce que c'est cette idée-là qui vous a fait rêver en grand
03:31quand vous êtes tombé sur cette histoire vraie, donc, de deux Français, de deux agents majeurs de la NBA ?
03:36Buna Ndiaye et Jérémy Medjana ?
03:39Complètement.
03:39C'est deux personnes qu'on n'est pas censé connaître.
03:42C'est des gens de l'ombre.
03:43Et derrière les basketteurs, je voyais toujours dans les photos deux gars, toujours les mêmes.
03:47Et je me disais, mais qui sont ces gars-là ?
03:50Et puis, j'ai creusé un petit peu.
03:54Et là, je comprends que c'est leurs agents et qu'ils sont Français.
03:56Et je me dis, mais que font deux agents français en NBA ?
04:00Et j'ai commencé à me renseigner sur leur parcours.
04:02Et là, il y avait une histoire incroyable qui n'est faite que d'échecs.
04:07Et moi, c'est ça qui m'a inspiré.
04:09C'est les échecs successifs et le fait qu'ils n'aient jamais lâché pendant 20 ans pour arriver là où ils sont.
04:14Ça s'appelle Le rêve américain.
04:15Vous en avez fait un film avec Jean-Pascal Zadier et Raphaël Quenard, bande-annonce.
04:19Notre force à nous, c'est le contact avec le joueur.
04:22Comment tu veux que je signe chez une agence qui n'a pas encore sa place en NBA ?
04:26Tu veux commencer par le haut du panier, direct.
04:28Pourquoi il fallait raconter cette histoire, Anthony ?
04:53Est-ce qu'il fallait donner justement l'autorisation d'avoir un rêve américain au public ?
04:57Mais je pense que souvent, on s'empêche de faire plein de choses juste parce que ce n'est pas sous nos yeux.
05:04Et qu'on se dit que ce n'est pas fait pour nous.
05:07Et ces gars-là, ils m'apprennent qu'en réalité, si on a un rêve et qu'on travaille pour et qu'on sait exactement où on va,
05:18il n'y a personne qui peut nous dire qu'on n'y arrivera pas.
05:20Ça représentait quoi la NBA pour vous ?
05:23Alors la NBA pour moi, donc la NBA pour ceux qui ne savent pas, c'est la ligue de basket américaine.
05:29C'était Michael Jordan qui était affiché partout dans ma chambre.
05:32Et moi, j'avais mon petit panier accroché sur ma porte et j'étais persuadé que je faisais la même chose que lui quand je mettais le ballon dans le panier.
05:38Je n'avais pas réalisé que je ne mesurais pas deux mètres, que je n'étais pas noir et que je n'étais pas aussi talentueux que lui.
05:43Et pour moi, c'est tout ça, c'est qu'il m'a inspiré bien au-delà du sport.
05:49Je vous ai proposé une carte blanche et vous vouliez me lire un petit texte, une petite lettre il me semble.
05:55Voilà, alors ce n'est pas de la littérature, mais c'est tout aussi impactant.
05:59Vous allez nous expliquer ce que c'est après.
06:01Bonjour Brian, désolé pour le délai de la réponse.
06:03Nous avons eu l'occasion d'en discuter en interne et malheureusement, nous ne pensons pas que ce soit une bonne opportunité pour nous d'un point de vue investissement.
06:09Le potentiel de marché ne nous a pas semblé suffisamment important pour correspondre à notre modèle et à nos critères d'investissement.
06:16Merci de nous avoir présenté ce projet et nous vous souhaitons le meilleur pour la suite, bien cordialement.
06:20Et donc ça, c'est Brian, c'est un des fondateurs de Airbnb qui a reçu ça.
06:26Qui a reçu un très bon refus.
06:29Il avait l'idée d'Airbnb et il s'est fait jeter son projet.
06:32Et ça, c'est un mail parmi les 12 qui lui ont été refusés en termes d'investissement.
06:38C'est la première fois qu'on nous sert une lettre de refus en carte blanche.
06:44Ça allait avec l'idée du film, mon film raconte exactement ça.
06:47L'échec, c'est la réussite.
06:49La foirade.
06:50Et c'est irrésistible d'ailleurs ce film, c'est qu'on se fait embarquer par l'énergie des deux héros.
06:56Parce qu'on ne regarde pas juste une réussite, on ressent leur amitié, leur foi un peu folle, leur mouvement en avant.
07:02Et ça donne un film qui a du cœur.
07:03Vous m'avez confié dans vos références de cinéma que vous aviez comme réalisateur Steven Spielberg
07:09ou Richard Curtis qui a écrit 4 mariages, 1 enterrement, le journal de Bridget Jones ou encore Coup de foudre à Notting Hill.
07:15C'est pour ça qu'on entend la musique de ce film.
07:17Et on comprend pourquoi.
07:18Je comprends votre rapport avec lui.
07:19Curtis, c'est évidemment l'émotion des liens humains.
07:21Quand vous réalisez, qu'est-ce qui vous dévore le plus ?
07:25Je me place en spectateur en fait quand je réalise.
07:32Et donc je cherche vraiment l'émotion qu'aura le spectateur quand il sera dans la salle.
07:36Et c'est pour ça que j'ai réussi à faire ce métier sans vraiment l'apprendre.
07:40C'est parce que je me considère être vraiment de l'autre côté.
07:44Et donc voilà, ce qui me dévore c'est réussir à créer des émotions sur un plateau pour les retranscrire dans le film.
07:50Et ça passe par la bande originale du film Sonia Charline qui est assez géniale et qui provoque une grande palette d'émotions.
07:57De la musique que vous avez composée parce qu'il sait tout faire donc Anthony Martiano.
08:00Co-composée avec D12.
08:02Et qu'on félicite.
08:03Et sur le choix des titres comme I Wish Desquilo.
08:06Quand on transforme une histoire en vrai film comme dans le rêve américain, on transforme aussi la réalité en récit collectif.
08:28Vous êtes en tournée partout en France en ce moment.
08:30Et je tiens à le dire pour les auditeurs qui nous écoutent, vous pouvez vous inscrire à des avant-premières.
08:33C'est assez génial en général cette ambiance très particulière qu'on y trouve.
08:37Qu'est-ce qui vous a le plus surpris dans les réactions du public ?
08:41Déjà c'est une récompense incroyable.
08:45On fait vraiment ce travail pour ça.
08:47C'est pour aller voir les réactions des gens dans les salles.
08:49Et puis c'est des gens qui me disent je vais ramener mes enfants pour qu'ils voient ce film.
08:56Je veux qu'ils voient ce film.
08:57Parce que ça leur apprend tout ce qu'on ne leur apprend pas à l'école.
09:02Et ça leur apprend que quand on travaille c'est possible et qu'il ne faut pas s'arrêter à ce qu'on a sous les yeux.
09:09Vous avez une dédicace ce matin au micro de France Inter ?
09:12Oui parce que c'est ma maman qui écoute beaucoup France Inter.
09:15Donc je t'embrasse maman et voilà.
09:17Nous aussi on l'embrasse.
09:18On l'embrasse très bien.
09:18Nous aussi on l'embrasse.
09:19Ça s'appelle le rêve américain et c'est en salle le 18 février.
09:22Merci.
09:22Merci les amis.

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