00:00Europe 1 Soir, 19h, 21h, Pierre de Villeneuve.
00:04Toujours avec Albert Zénoux du Figaro et avec Jules Torres du Journal du Dimanche,
00:09ce qui interpelle dans la violence des jeunes, c'est l'âge.
00:13Alors c'est pour ça qu'on parle d'ailleurs de l'excuse de minorité ces derniers temps,
00:16c'est l'âge 14, 15, 16 ans.
00:1914 ans, le procès de ce jeune tueur en série, tueur à gage,
00:27c'est la deuxième fois que je me trompe aujourd'hui,
00:28tueur à gage, ça n'a rien à voir.
00:29Tueur à gage, donc contre de l'argent, l'argent facile, le fric facile,
00:34on t'engage pour tuer quelqu'un et ni une ni deux,
00:38tu commandes un VTC, tu te mets à l'arrière et tu buttes le chauffeur de VTC.
00:43Qui n'était pas la cible.
00:44Un père de famille qui n'était pas la cible.
00:46Ça n'a rien à voir dedans.
00:47Parce qu'il y a eu un brouille.
00:49Mais parce qu'un mineur, ça risque moins.
00:52C'est pour ça qu'ils ont embauché des...
00:53Mais c'est pas ça.
00:54C'est comment est-ce que toi mineur,
00:56comme est-ce que vous mineur, vous pouvez vous dire
00:59tiens, en fait, ouais, je vais y aller.
01:00Mais ils vivent dans une autre réalité.
01:02Ils sont, depuis quelques années,
01:04même à 14 ans, ça fait quelques années
01:06qu'ils devaient faire le chouf,
01:08c'est-à-dire qu'ils surveillaient,
01:09c'est 100, 200, 300, 500 euros par jour.
01:13Hébert, le chouf, ok.
01:14Le chouf, attention, ils arrivent,
01:16attention, il y a la police, attention.
01:17Oui, mais c'est progressif.
01:18Mais là, il prend une arme et il va buter quelqu'un.
01:20Ils sont dans une économie...
01:21Mais c'est terrible, c'est terrible.
01:23Mais ils sont dans un système,
01:25dans une économie où ils doivent montrer
01:27qu'ils...
01:27S'ils veulent monter dans la hiérarchie,
01:29parce qu'ils n'ont qu'une solution pour eux,
01:33dans leur tête,
01:34c'est de grimper
01:34et d'être devenir chef
01:36et pouvoir faire des millions d'euros.
01:38C'est ça qu'ils ont en tête.
01:40Donc, le meurtre, c'est un rite initiatique.
01:43Et s'il faut en tuer,
01:44on joue, passe par là.
01:45Et il y a 14 ans,
01:46on montre qu'on a des forces.
01:47Et du côté des donneurs d'ordre,
01:4914 ans, c'est un mineur,
01:51donc il ne risquera pas grand-chose
01:52ou beaucoup moins qu'un majeur.
01:54C'est terrible.
01:55Et d'ailleurs, le commanditaire a balancé.
01:57C'est-à-dire qu'il était en prison.
01:59C'est lui qui a donné la localisation.
02:01Mais ce qui est intéressant,
02:02c'est intéressant parce qu'en effet,
02:04les narcotrafiquants se servent
02:05de cette manne de jeunes
02:08qui en effet ne risquent rien pénalement,
02:10qui sont plutôt dociles,
02:12qui touchent beaucoup d'argent
02:13alors qu'ils viennent de quartiers
02:14qui sont objectivement des quartiers défavorisés.
02:16Mais c'est intéressant
02:17parce que ça suit le débat
02:18qu'on avait tout à l'heure.
02:20Les narcotrafiquants,
02:20ils profitent de notre société,
02:22de la société qui est complètement ensauvagée,
02:24de la société qui est complètement désinhibée.
02:25Rendez-vous compte quand même
02:26qu'en une semaine,
02:27alors tout n'est pas lié au narcotrafique,
02:28mais vous avez quand même
02:29un garçonnet de 7 ans
02:31qui est surpris par son directeur à peau
02:33dans une école à peau
02:35en train de voler dans des cartables
02:37qui sort un couteau
02:37pour menacer son directeur.
02:39À 7 ans.
02:39Donc là, on n'est même pas
02:40sur des questions sécuritaires.
02:41On n'est même pas...
02:427 ans, bien sûr, 7 ans.
02:44On n'est même pas sur des questions sécuritaires.
02:46J'avais 10 ans,
02:46mais ça doit être un autre.
02:47Mais ça vous trouve à quel point ?
02:48Bien sûr.
02:48C'est tous les jours.
02:49Mais c'est tous les jours
02:50et c'est surtout de plus en plus jeunes.
02:51Et c'est là où je pense que
02:53les réponses du député
02:55du Parti Socialiste de tout à l'heure
02:56n'étaient pas adéquates.
02:57C'est-à-dire qu'aujourd'hui...
02:58Et vous pouvez,
02:58pardonnez-moi de vous couper,
02:59vous pouvez rajouter aussi
03:00ce couteau taillé dans une règle.
03:02Je ne sais pas si vous avez vu
03:03les images
03:03de ce triple ou double décimètre
03:06transformé en couteau.
03:07C'est édifiant.
03:14Vous avez une société
03:14qui est complètement ensauvagée
03:15avec des jeunes
03:16qui en effet n'ont plus
03:17aucune empathie pour les autres,
03:19qui sont voire même
03:19pour un certain nombre,
03:21ce n'est pas la majorité,
03:22bien heureusement,
03:23n'ont plus aucun respect pour la vie,
03:24mais au contraire
03:25sont plutôt fascinés par la mort
03:26via ce qu'ils peuvent voir
03:28sur les réseaux sociaux,
03:29via ce qu'ils peuvent voir
03:30dans les jeux vidéo.
03:31Et donc vous avez
03:32dans une petite partie
03:33de ces jeunes-là
03:34des narcotrafiquants
03:36qui profitent de cette jeunesse-là,
03:39qui se servent de cette jeunesse-là.
03:40Et à ce titre-là,
03:41oui, ça peut amener
03:42jusqu'à des drames
03:43pour 5 ou 10 000 euros.
03:45Vous payez un jeune gamin
03:46de 14 ans
03:47pour qu'il aille tuer quelqu'un
03:48et puis il n'est pas content
03:49parce que le chauffeur VTC
03:50ne veut pas le déposer
03:51à l'endroit où il souhaite aller,
03:52hop, il prend une balle dans la tête.
03:54Rendez-vous compte quand même
03:55de la société dans laquelle on vit.
03:56Et c'est pour cela
03:57que quand vous avez
03:58du personnel politique
04:00qui vous dit
04:00on est en guerre
04:01sur la justice des mineurs
04:02et on est en guerre
04:03sur le narcotrafic,
04:04ce n'est pas en votant
04:05des timides lois
04:06comme la loi narcotrafic
04:07qui est une bonne loi
04:08sur certains de ses articles
04:09ou la loi sur la justice des mineurs
04:10qui a été censurée
04:11en grande partie
04:12par le conseil constitutionnel
04:13qu'on arrivera
04:14à endiguer ce fléau.
04:15Et alors au niveau de l'État
04:16qu'est-ce qui se passe ?
04:17C'est-à-dire,
04:18il y a un blocage.
04:19Moi, ce qui m'a interpellé
04:20dans l'interview
04:21de Laurent Nunes sur BFM
04:22c'est l'excuse de minorité.
04:26Effectivement,
04:27il faut s'y intéresser
04:28mais je parle
04:30en mon nom personnel.
04:31Il est préfet, Laurent Nunes.
04:33C'est la re-fonctionnaire.
04:34Il est toujours préfet.
04:36Il est ministre de l'Intérieur.
04:37Malheureusement,
04:37dans sa tête,
04:38il est sa jour préfet.
04:39Moi, c'est l'explication.
04:40Donc, vous voulez dire
04:41que c'est un tutu personnel ?
04:42C'est-à-dire que c'est juste
04:43un problème de Laurent Nunes ?
04:44Ce n'est pas un problème
04:45du sommet de l'État ?
04:46Ah non, je pense que
04:46c'est un problème du sommet de l'État.
04:48Non, mais parce que
04:49ça aurait pu être...
04:50Écoutez, voilà.
04:52Mon camp,
04:52en tout cas l'exécutif
04:53dans son ensemble
04:54ne pense pas comme moi
04:55donc je préfère ne pas le dire.
04:56C'est un problème
04:57qui est partagé.
04:58C'est une vision
04:58qui est partagée.
04:59Mais Laurent Nunes
05:00est dans sa tête
05:01toujours un préfet,
05:02toujours un haut de gradé
05:04de la police nationale
05:06et il en reste là.
05:07Et donc,
05:10ministre de l'Intérieur
05:12qui a une dimension
05:13véritablement politique.
05:14Et donc,
05:15il arrivait à l'Intérieur
05:16un peu par hasard.
05:17C'est pas non plus...
05:18Comment voulez-vous
05:19faire des réformes structurelles
05:21avec ces personnes politiques ?
05:24Ce personnel politique ?
05:26Vous savez,
05:27ça me rappelle
05:27Christiane Taubira
05:28un jour
05:29qui garde des Sceaux
05:31et on lui pose une question
05:33je crois que c'était
05:34à l'Assemblée nationale
05:35aux quatre colonnes
05:36on lui pose une question
05:38dérangeante
05:38et elle dit
05:40vous comprendrez
05:41que mon devoir
05:41de réserve
05:42m'empêche
05:43de répondre
05:44à la question
05:45mais je n'en pense
05:46pas moi.
05:49Merci madame la ministre.
05:51Du coup,
05:51vous répondez
05:52à notre question.
05:53C'est tout le délitement
05:54à mon avis
05:54aussi du personnel politique.
05:56C'est-à-dire qu'on a
05:56un personnel politique
05:57aujourd'hui
05:57qui utilise des mots
05:59qui ne sont plus,
06:00en tout cas pas utilisés
06:01chez les Français.
06:02Quand les Français
06:03réclament autorité,
06:04fermeté,
06:05France Orange Mécanique
06:06en sauvagement,
06:06eux vous disent
06:07attention,
06:08pas d'amalgame,
06:09attention aux mots,
06:10on ne peut pas dire cela.
06:12Le brainwashing.
06:12Attention,
06:13vous brainwashez,
06:13disait le président
06:14de la République
06:15et vous avez
06:16un personnel politique
06:17qui aussi
06:17n'a plus aucun pouvoir,
06:19il vote des lois
06:19et vous avez une autorité
06:20judiciaire
06:21qui vous dit
06:22que ces lois-là
06:22ne fonctionnent pas.
06:23Toutes les lois
06:23qui ont été censurées
06:24sur l'année écoulée
06:25que ce soit
06:26ou l'année un petit peu
06:26précédente,
06:27lois immigration,
06:28lois narcotrafic,
06:29lois sur la justice
06:30des mineurs,
06:30parce que la loi
06:30narcotrafic,
06:31il y a eu des éléments
06:32censurés.
06:32l'allongement
06:33du durée de rétention
06:35en somme de rétention
06:36administrative
06:36pour les OQTF dangereux.
06:38Tout ça a été censuré
06:39par un conseil constitutionnel
06:40qui aujourd'hui
06:41a accumulé
06:42les jurisprudences
06:43et se base sur des textes
06:44qui sont complètement
06:45surannés
06:46et qui ne correspondent plus
06:47à la violence
06:48de notre société
06:48en 2026.
06:49Et pendant ce temps,
06:50vous avez cet adolescent
06:51portant une kippa
06:52agressé par 5 individus
06:54dans le nord de Paris.
06:55Le suspect a 18 ans,
06:57il l'a interpellé,
06:58les 4 autres
06:58sont toujours recherchés.
07:00Le jeune portant sa kippa
07:02a été traité
07:03de sale juif.
07:04Je rappelle,
07:05nous sommes en France,
07:06à Paris en 2026.
07:08C'est malheureusement...
07:09Albert Zénoux.
07:10C'est malheureusement banal.
07:11Et c'est dramatique
07:13de dire ça.
07:15Mais on ne peut pas
07:16s'habituer à ça.
07:17Bien sûr,
07:17il ne faut pas s'y habituer.
07:18La banalisation de la violence,
07:19la banalisation
07:20de l'antisémitisme.
07:21Mais justement,
07:22c'est ce qui est triste
07:24et dangereux.
07:25C'est justement
07:26que finalement,
07:27on se dit
07:28encore un,
07:29encore un,
07:30et encore un.
07:30Et pour autant,
07:31derrière,
07:32même si les autorités
07:35ont pris les choses en main
07:37et ont essayé
07:39de faire des choses.
07:40Mais la masse,
07:42la masse d'actes antisémites
07:44est tellement grande
07:45qu'ils sont
07:46un peu désemparés.
07:48Merci beaucoup,
07:49Albert Zénoux.
07:50Merci.
07:50Merci.
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