00:00Georges Brassens, il oublie un aspect du problème, mourir pour des idées.
00:03Il parle de ceux qui veulent mourir pour des idées, et qui veulent donner leur vie à des idées,
00:07et il suggère qu'on le fasse demeure lente.
00:09Aujourd'hui, on meurt pour avoir des idées.
00:12On est tué parce qu'on a certaines idées, par des gens qui n'ont pas les mêmes idées.
00:17Je voudrais rappeler, aujourd'hui, dans cette tragédie,
00:22la tragédie de Quentin Durand, et puis il y avait eu, bon, ce vin Clément Méric,
00:26aujourd'hui, l'ennemi principal de la République,
00:31l'ennemi principal de la démocratie,
00:34l'ennemi principal de la liberté, au jour d'aujourd'hui, en France,
00:38c'est le terrorisme musulman.
00:41Je précise tout de suite que la majorité de nos compatriotes musulmans
00:45sont des gens qui aiment la France et qui soutiennent la République,
00:48et qui s'adaptent aux lois qui reconnaissent les lois de la République,
00:51et je le dis de la même façon pour les catholiques, les juifs et les protestants.
00:55Il y a des intégristes partout, il y a des intégristes chez les chrétiens,
00:59il y a eu des morts à cause de l'intégrisme religieux,
01:02quelle que soit la confession dans l'histoire.
01:04Mais aujourd'hui, la plus forte, la plus grande tragédie
01:08à laquelle nous sommes confrontés dans notre actualité,
01:11c'est... je ne parle pas seulement d'intégrisme,
01:14parce qu'on peut être intégriste et ne pas tuer.
01:16Heureusement qu'il y a des intégristes, des fondamentalistes,
01:19des gens même radicaux, qui ne passent pas forcément à l'acte
01:21et qui ne demandent pas forcément la mort des autres.
01:23Mais voilà, il y a un fanatisme aujourd'hui religieux
01:27lié à un islam intégriste.
01:29On prend toutes les précautions qu'il faut du langage,
01:31il n'est pas question, et on a eu souvent des échanges ici
01:33avec des auditeurs qui nous disaient
01:34« Mais je suis musulman, quand vous dites islamisme,
01:36vous mettez tout l'islam dans le même paquet. »
01:39Non, non, non, on distingue de bien.
01:40C'est pour ça que je préfère dire
01:41le terrorisme musulman, c'est très précis,
01:44et tous les musulmans ne sont évidemment pas,
01:47et loin s'en faut, des terroristes.
01:49La plus grande tragédie auxquelles nous avons été confrontés
01:52depuis les 30 dernières années,
01:54et toutes les morts se valent,
01:56il n'y a pas de mort plus grave que d'autres.
01:57Pour autant, à mon avis,
01:58le jour où l'histoire de France a basculé,
02:00c'est en 2012,
02:05lorsque à Toulouse, à l'école Osara-Torah,
02:08Mohamed Bérin est allé tuer trois enfants,
02:13Gabriel et Harry et Chandler,
02:15et la petite Myriam Monsénégo,
02:17huit ans, qu'il a pris par les cheveux,
02:19et qu'il a mis une balle dans la tête,
02:21et deux petits garçons,
02:24leur papa venait d'être abattu,
02:25M. Chandler,
02:26et il les a tués, huit ans et douze ans,
02:29et quand le petit Harry est rampé,
02:32rampé vers son frère, vers son père,
02:34il l'a achevé.
02:35Ce jour-là,
02:36l'histoire de France a basculé,
02:38non seulement parce que cette tragédie
02:40est une abomination sans comparaison,
02:43mais parce que la réaction de la classe politique
02:46et de l'opinion publique a été relativement timide.
02:48Il y a eu une commémération le 21 mars,
02:50le président de la République, Nicolas Sarkozy,
02:52est tout de suite allé à l'école Osara-Torah,
02:54à Toulouse,
02:55et puis le 21 mars,
02:56il y a eu une commémoration,
02:57bien sûr, une cérémonie,
02:58avec les candidats à l'élection présidentielle,
03:02et puis terminé.
03:04Or, ce qui s'était passé là
03:05a été un tournant monumental dans l'histoire de France.
03:08Alors, on a eu ensuite,
03:09au mois de janvier 2015,
03:10après l'attentat contre Charlie,
03:12la mort des journalistes et des sénateurs,
03:13et évidemment, après le Bataclan,
03:15on a eu des manifestations.
03:16Au mois de janvier, c'était le 11 janvier,
03:18manifestation monstre.
03:19Tout le monde n'était pas à cette manifestation.
03:21On le regrette.
03:23On aurait aimé qu'il y ait eu plus de représentants
03:25du culte musulman qui viennent avec nous,
03:27en tant que compatriotes,
03:30dénoncer cet intégrisme-là,
03:31et nous irions nous dénoncer un autre intégrisme
03:33s'il était d'une autre religion.
03:35Voilà.
03:36Donc, ne nous trompons pas de cible.
03:37Là, j'entends le mot fasciste.
03:40Voilà.
03:40Et le fascisme, c'est pas ça.
03:43Le fascisme, il existe, il a existé.
03:45C'était les SA, c'était les fascistes italiens.
03:48Le fascisme, je dis bien,
03:49c'est un système qui est contre la démocratie,
03:52qui est prêt à tuer pour imposer un dogme
03:54avec un chef dans un système politique
03:58tortionnaire, totalitaire.
04:00Donc, voilà.
04:00Toute l'extrême droite n'est pas fasciste.
04:03Toute l'extrême gauche n'est pas, j'allais dire, stalinienne
04:06et ne demande pas de goulag.
04:07Donc, vu qu'il y a des morts aujourd'hui dans la rue,
04:10qu'il y a des confrontations,
04:13essayons d'avoir les mots justes,
04:14essayons de garder les justes proportions.
04:16Le fascisme, c'est le fascisme.
04:17Il ne court pas dans les rues.
04:19Et le trotskisme, c'est encore autre chose.
04:22Donc, voilà.
04:22Contentons-nous des faits.
04:23Et là, il y a eu un mort de trop, bien sûr,
04:25pour des idées, et comme dit Brassens,
04:27est-ce que ça valait la peine de mourir ?
04:28Je rappelle juste pourquoi l'information est importante.
04:31Il y a une phrase de Condorcet qui est fondamentale
04:32dans notre système démocratique
04:34et dans notre débat politique.
04:36Le suffrage universel sans l'instruction du peuple
04:39à l'école peut conduire à la dictature des imbéciles.
04:42Donc, l'important, c'est qu'on instruise les gens
04:44et que l'on sache exactement de quoi il s'agit
04:47et de quoi l'on parle avec les mots justes
04:48et les bonnes idées.
04:49La loi Duplon est de retour
04:51et ça ne fait pas plaisir à tout le monde.
04:53Pardon, on en parle avec le...
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