00:02Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Patrick Roger.
00:06Il est 7h13, la France sous les eaux, une partie en tout cas de certains pans du territoire,
00:14certaines communes sont touchées, c'est le cas dans beaucoup de cas, dans beaucoup d'endroits,
00:22en Gironde et en Lot-et-Garonne ce matin, deux départements qui sont toujours touchés,
00:27à Sablon, dans le Libournais, donc il y a des services de taxitracteurs qui ont été mis en place
00:35pour évacuer les habitants ou les faire bouger, à Couture, sur Garonne également,
00:41les 700 hectares de la commune sont sous les eaux, nous sommes avec les maires de ces deux communes
00:47qui ont fort affaire, Jean-Claude Habanès, maire de Sablon en Gironde, bonjour.
00:53Oui, bonjour.
00:54Merci d'être avec nous et Jean-Michel Moreau, un peu plus loin, donc à Couture, sur Garonne, dans le
00:59Lot-et-Garonne.
01:00Bonjour Jean-Michel Moreau.
01:02Oui, bonjour à tous.
01:03Quelle est la situation chez vous à Sablon, tout d'abord Jean-Claude Habanès ?
01:09Alors à Sablon, on a eu le pic de l'inondation hier après-midi, ça commence un petit peu à
01:17descendre,
01:18mais trop lentement et j'ai peur que dans les jours prochains, on ait encore une augmentation de la côte.
01:26Oui, mais alors les habitants qui sont touchés, ils restent chez eux ou ils ont été évacués ?
01:32Alors une partie a été évacuée, une partie reste dans leur maison, certains sont obligés de rester chez eux parce
01:41qu'il y a des élevages,
01:43ils sont obligés de rester, et en plus s'ajoute qu'on n'a pas d'électricité,
01:51et on a des routes coupées suite à la tempête qui a fait tomber une ligne haute tension,
01:58qui n'a pas pu être réparée dans le temps, et maintenant c'est pratiquement impossible de la réparer avec
02:03l'eau qui entoure les poteaux.
02:06Oui, Jean-Claude Habanès, vous avez mis en place, j'ai vu, des services de taxi-tracteurs, c'est ça
02:12?
02:13Des tracteurs avec des bateaux qui font des allers-retours, quoi.
02:17Oui, on fait des allers-retours entre le bourg et la route principale,
02:24pour que les gens puissent aller travailler, ou certains pour aller...
02:28Heureusement, on n'a pas école, c'est les vacances scolaires, ça c'est une bonne chose,
02:34mais bon, on transporte les personnes surtout pour aller travailler.
02:37Oui, c'est ça. Vous aviez déjà vu ça, Jean-Claude Habanès ?
02:41C'est vrai que vous avez des rivières qui sont juste à côté de chez vous,
02:45l'île et la drogue, mais quand même, un tel débordement ?
02:50Oui, même plus. 2023 était plus important.
02:542023 était plus important, quoi.
02:57Donc, vous êtes habitués, mais malgré les habitudes,
03:01évidemment, à chaque fois quand ça arrive, quand ça survient,
03:04ça pose énormément de problèmes, bien sûr.
03:07Oui, c'est surtout que les personnes qui habitent la commune depuis plusieurs années
03:13connaissent le phénomène, mais les nouveaux habitants sont surpris
03:19des accès où ils ne peuvent pas se promener pour aller travailler.
03:25Oui, bien sûr. Mais comment vous faites alors sans électricité ?
03:29Vous, par exemple, vous avez votre téléphone portable, vous avez réussi à réussir.
03:34Comment faites-vous ?
03:35Alors, je recharge à la mairie mon portable.
03:41Il y a des endroits dans la commune où on a encore un petit peu d'électricité, c'est ça
03:47?
03:47Oui, c'est un tiers de la commune qui est impacté par les inondations.
03:50Oui, restez avec nous. Jean-Michel Moreau, à Couture-sur-Garonne, on est habitués aussi.
03:55Je sais que vous avez réalisé beaucoup d'aménagements ces dernières années,
03:59depuis une quinzaine, une vingtaine d'années, et malgré tout, la commune est encore sous les eaux.
04:06Oui, mais les aménagements sont une chose qui sont assez techniques et de mise en place,
04:13mais devant la nature, devant des niveaux comme ça, on est dépassé,
04:20on ne peut pas faire grand-chose de plus, et on est comme notre collègue qui vient de parler à
04:24l'instant,
04:24on est dans le même type de crise.
04:30Nous, c'est la totalité de notre commune qui est complètement sous l'eau,
04:34il ne reste plus un mètre carré, et donc, par-dessus tout ça,
04:39la totalité aussi de notre commune n'a pas d'électricité.
04:45Comment font les habitants, Jean-Michel Moreau ?
04:47Parce que, pas d'électricité, ça veut dire souvent pas de chauffage, pas de chargeur, justement,
04:52les frigos, les congèles qui tombent en panne, en fait, tout, quoi, non ?
04:56Mais oui, on est devenu tellement dépendant de cette électricité que nous avons tous des problèmes.
05:04Donc, on a essayé de, on a mis une vingtaine de génératrices dans des lieux où ils partagent,
05:12dans le village, ils arrivent à partager avec des rallonges,
05:15on arrive à alimenter une ou deux maisons,
05:18et puis, dans la campagne, c'est aussi compliqué,
05:20mais après, dès que les génératrices sont en place,
05:23dès que le système fonctionne,
05:25après, c'est le problème de l'essence, rapidement,
05:27il faut aller chercher de l'essence au village voisin,
05:32là aussi, c'est des transports en bateau,
05:34on en est à plus de 600 litres d'essence de transporter,
05:37vous voyez, c'est toute une partie qu'on découvre,
05:41parce que l'inondation elle-même, on la connaît,
05:45on y est attentif, on y est organisé,
05:48une grosse partie de la population, elle, est restée sur la commune,
05:53mais bon, les gens connaissent un petit peu la manœuvre.
05:57Certains ont quitté la commune, là,
06:00ponctuellement, hein, pas...
06:01Oui, en gros, on a évacué des personnes vulnérables,
06:05tout à fait, au début de la crise,
06:07et après, il y a une quarantaine de personnes qui sont parties,
06:10mais il n'empêche que, sur la commune,
06:12on reste quand même au moins 300, 310 personnes qui sont là,
06:16et qui ont besoin de cette électricité,
06:20qui n'ont pas de chauffage,
06:21qui... tout ça est vraiment quelque chose d'embêtant,
06:24parce que ça semble que ça va durer dans le temps,
06:27on a eu un indice qui est venu hier,
06:30pour nous porter deux génératrices,
06:31mais il ne nous donne pas de délai,
06:34parce que c'est comme notre collègue,
06:36les fils sont sous l'eau,
06:38et donc ça va durer au moins,
06:40certainement, plusieurs jours, quoi.
06:42Oui, oui, oui.
06:43Bah écoutez, merci en tout cas d'avoir pris un peu de temps.
06:45Vous avez un mot, Jean-Michel Moreau,
06:47à dire à votre collègue,
06:48qui vit la même chose en Gironde,
06:49vous n'êtes pas très loin,
06:50mais vous vivez la même situation avec Jean-Claude Habanès,
06:54Jean-Michel Moreau, hein ?
06:56Oui, mais je crois qu'on a les solutions identiques,
07:00on arrive à être résilients devant tout ça,
07:05même si...
07:07Mais ce phénomène que ça dure va nous poser...
07:10Habituellement, ça allait un petit peu plus vite,
07:13dans le pic,
07:14et puis ça redescendait assez vite,
07:15tandis que là, ça semble un peu plus long, quoi.
07:18Et donc, je crois qu'on fonctionne,
07:20d'après ce que j'ai entendu,
07:21on fonctionne quasiment de la même manière.
07:23De la même manière,
07:23avec notamment aussi des taxitracteurs,
07:25et puis des bateaux pour aller ravitailler,
07:28en fait, un peu les gens,
07:30et être vigilants, évidemment,
07:31pour qu'il n'y ait pas de victime.
07:32Bien sûr, c'est la priorité.
07:34Oui, oui, non, mais ça, c'est la priorité.
07:36Dans vos deux villages qui sont, par ailleurs,
07:38je le rappelle aussi, magnifiques,
07:40quand il n'y a pas des inondations,
07:42j'adore Couture-sur-Garonne,
07:43non, mais c'est vrai,
07:44Couture-sur-Garonne, comme Sablon,
07:46c'est absolument magnifique,
07:47mais évidemment, quand la nature est là,
07:49c'était particulièrement dangereux,
07:51et il faut être très vigilant.
07:52Merci et bon courage, évidemment, à vous,
07:55et puis à tous les habitants qui sont concernés
07:56dans beaucoup d'autres endroits en France.
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