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  • il y a 12 heures
Dans son édito du 14/02/2026, Jules Torres revient sur la mort de Quentin à Sciences Po Lyon en marge de manifestations face à un meeting de Rima Hassan.

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Transcription
00:00Oui, un jeune homme de 23 ans est donc aujourd'hui entre la vie et la mort.
00:04Il s'appelle Quentin.
00:05Il a été passé à tabac par plusieurs individus, visiblement liés à l'extrême gauche.
00:09Son état est désormais celui d'une mort cérébrale.
00:12Nos pensées vont évidemment à sa famille et à ses proches.
00:14Contrairement à ce que l'on entend ici ou là, il ne s'agit ni d'une rixe, ni d
00:18'un affrontement,
00:19ni d'une bagarre qui aurait dégénéré.
00:21Quentin a bien été lynché, lynché, pris à plusieurs, roué de coups, laissé à terre et laissé pour mort.
00:26Les faits sont d'une brutalité limpide et il n'y a aucune ambiguïté possible.
00:31Ce lynchage ne surgit pas dans le vide, évidemment.
00:34Il s'inscrit dans un contexte politique, celui d'une extrême gauche de plus en plus décomplexée,
00:39de plus en plus radicalisée et de plus en plus violente.
00:42Depuis des mois, le climat se radicalise, les discours se crispent et les adversaires deviennent des ennemis.
00:47Et face à cela, il y a des réactions timides, des indignations à voix basse,
00:51beaucoup de prudence, trop de précautions.
00:53On renvoie dos à dos, on attend les conclusions.
00:55Comme si l'extrême violence infligée à un jeune homme de 23 ans ne suffisait pas en elle-même
01:00à exiger une condamnation claire, immédiate et sans la moindre réserve.
01:04Il y a encore quelques mois, nous nous demandions si un drame comme la mort, par exemple, de Charlie Kirk
01:09aux Etats-Unis
01:09pouvait subvenir en France.
01:11La comparaison n'est jamais raison, bien évidemment, mais le constat s'impose désormais.
01:15Si les méthodes diffèrent, la logique est la même.
01:17En France aussi, on peut aujourd'hui mourir pour ses idées politiques.
01:20Et c'est vrai que ce drame s'inscrit dans un climat politique de plus en plus étouffant.
01:25Oui, bien sûr, depuis des mois, l'extrême gauche installe en France un climat politique irrespirable,
01:30suffocant, une rhétorique de la confrontation permanente et la désignation obsessionnelle de l'ennemi,
01:36la légitimation de la brutalité au nom d'une morale autoprocalmée.
01:40Et regardons ces derniers jours, un mannequin à l'effigie de Jordan Bardella brûlé lors d'un carnaval,
01:45des guillotines exhibées dans les cortèges des manifestations,
01:48une voiture de police transformée en piñata dans une école d'art,
01:51à Bordeaux mais aussi à Mulhouse,
01:53des militants posant avec la tête de Marine Le Pen au bout d'une pique,
01:57toujours la même esthétique de la violence, de la mise à mort politique et symbolique.
02:01Toujours, évidemment aussi, la même indulgence de certains médias.
02:04Et pendant ce temps-là, une partie détourne le regard pour commenter à longueur d'antenne
02:09ce qui se passe de l'autre côté de l'Atlantique.
02:11Là, il y a du monde, mais lorsqu'un jeune homme est lynché à Lyon, le silence s'installe,
02:15les mots se font prudents et les titres deviennent soudainement très neutres.
02:19Si un militant démocrate avait été tué dans une petite ville du Wisconsin,
02:22l'émotion médiatique en France aurait été immédiate, massive et unanime.
02:26Ici, on nuance, on relativise pour un gamin de 23 ans lynché par une dizaine d'antifas.
02:32Deux poids, deux mesures, hiérarchisation des victimes,
02:36c'est cette asymétrie morale qui, peu à peu, ronge le pays.
02:39Et alors, cette complaisance, elle n'est pas seulement médiatique, elle est aussi politique.
02:41Ah oui, l'extrême gauche violente prospère parce qu'elle se sait protégée,
02:46médiatiquement, ça c'est la première des choses,
02:48mais ensuite, politiquement, moralement et culturellement.
02:51Depuis des années, la France vit sous un régime d'indulgence sélective.
02:55Alors, certains débordements sont minimisés,
02:57les menaces, évidemment, sont relativisées
02:59et les violences sont parfois presque théorisées.
03:01La France insoumise, parti qui prône la violence en permanence,
03:06qui prône la bordélisation de la société,
03:08désormais clachée à l'extrême gauche par l'État,
03:11bénéficie de ce climat parce qu'elle entretient
03:13un imaginaire de la confrontation permanente.
03:16Et il y a un certain nombre de faits qui sont connus
03:18et qui viennent étayer cette analyse.
03:20Jean-Luc Mélenchon, condamné pour rébellion
03:22et acte d'intimidation contre l'autorité judiciaire.
03:25Raphaël Arnaud, triple fiché S,
03:26cofondateur de la Jeune Garde et donc militant Antifa,
03:31a été condamné de manière définitive pour violences en réunion.
03:35Sébastien Delogu, lui aussi, a été condamné pour violences aggravées.
03:38C'était contre une femme, une CPE, lors d'un blocus lycéen.
03:41Et pourtant, rien, ni cordon sanitaire,
03:44ni remise en question profonde,
03:45ni véritable responsabilité politique.
03:48Une forme d'immunité morale semble s'être installée
03:50pour la France insoumise,
03:51comme si la violence devenait excusable
03:53dès lors qu'elle s'enrobe du vocabulaire de la lutte.
03:56La question est donc simple.
03:57Désormais, que fait-on face à cette spirale de la violence ?
04:00Agit-on ou détourne-t-on le regard ?
04:02À l'approche d'une présidentielle qui s'annonce électrite,
04:05sans doute la plus violente jamais connue,
04:07le risque est immense.
04:09Celui de nouveaux drames, de nouveaux cantins
04:11et d'une démocratie qui,
04:12à force de tolérer la brutalité d'un camp,
04:15finira par subir celle de tous.
04:18Sous-titrage Société Radio-Canada
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