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  • il y a 13 heures
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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00:01Europe 1
00:0316h, 18h, Pascal Praud et vous
00:05Nous aimerions être légers du début de cette émission jusqu'à la fin
00:09Hélas, notre émission est d'actualité et l'actualité est parfois dramatique
00:14Vous avez tué nos enfants, il est où mon fils, vous avez tué mon fils
00:18Vous avez peut-être vu cette vidéo déchirante des proches, des victimes de Grand Montana
00:23Des familles qui ont pris à partie le couple Moretti
00:26Un couple, un groupe de proches attendait les propriétaires du Constellation ce matin
00:31Alors que Jessica Moretti devait être questionnée par les avocats des partis civils
00:35Au ministère public de Sion
00:37Je m'étonne d'ailleurs qu'il n'y ait pas eu un peu de sécurité
00:41Vous voyez, ça c'est quelque chose, je pense, qui ne se passerait pas en France
00:45Il me semble qu'on prévoit les choses, on anticipe les choses différemment
00:49Il y a une forme de naïveté parfois dans l'organisation que j'ai vu à plusieurs reprises d'ailleurs
00:55Sur la Suisse ?
00:56Oui
00:56De légèreté même
00:57Même sur la communication au début, ils étaient à côté de la plaque
01:00Je suis d'accord avec vous
01:01On dirait qu'ils découvraient qu'ils pouvaient avoir des problèmes en Suisse
01:04Oui, il y a quelque chose qui rappelle presque la France d'il y a 30 ans
01:09Ou une forme d'amateurisme qui est perçue à travers cela
01:14Donc des cris, des pleurs ont résonné
01:16Des avocats et des prévenus se sont interposés entre leurs clients, les familles, les journalistes
01:20Aidé par des agents de sécurité
01:21Écoutez cette atmosphère
01:24Mon fils est mort ! Mon fils est mort ! Mon fils est mort ! Mon fils est mort !
01:29Mon fils est mort ! Vous êtes brûlé !
01:29Comment tu m'en fais ? Comment tu m'en fais ?
01:32Non, il a des mots, il a tué !
01:34Il a tué mon frère !
01:37Regarde des mots, c'est mon frère !
01:38On crée pas, il a tué mon frère !
01:40Vraiment, c'est fou !
01:43Arrête de faire peur ! Arrête de faire peur !
01:45Regarde-moi, putain ! Regarde-moi !
01:49Il a tué mon frère !
01:52Il est où ?
01:53Il est où ?
01:55Il faut rassurer !
01:56Il faut rassurer !
01:58Vous, c'est la faute !
01:59C'est la faute de Sian !
02:01Vous avez dit que c'était la faute de Sian !
02:03Vous n'avez pas dit ça encore !
02:04Dites-le !
02:05Dites-le au tribunal !
02:0816h40, évidemment, on peut aller au bout de la séquence, mais vous avez compris l'essentiel, j'ai envie de
02:14dire, de cette séquence qui met si mal à l'aise, qui met si mal à l'aise, parce que
02:18que dire devant la douleur des parents, devant la colère des parents, qui est si compréhensible, que dire ?
02:27Et j'ai envie de dire rien. Moi, je n'ai pas envie de commenter, parce que je pourrais dire
02:34des choses qui seraient peut-être d'ailleurs mal interprétées, forcément, mais ces images, ce qu'on vient d'entendre,
02:45effectivement, et la douleur qu'on perçoit.
02:51Moi, je suis de très très près cette histoire et cet affreux accident de Crans-Montana, parce que mon filleul,
02:59qui est quelqu'un de très très proche de moi, qui a 17 ans, qui est un des meilleurs amis
03:02de mon fils, était dans l'incendie de Crans-Montana, et il vient de sortir de l'hôpital il y
03:09a une semaine.
03:09Il était hospitalisé à Persy, à Clamart, qui est donc l'hôpital des Grands Brûlés. Et deux de ses meilleurs
03:15copains avec qui il était sont encore à l'hôpital, l'un à Lyon, et l'autre dans la chambre
03:21qui était à côté de la sienne.
03:22Donc toujours à Persy, et dans un coma artificiel depuis un mois et demi, tellement les brûlures sont fortes.
03:31Donc c'est vrai que je me sens... J'ai vraiment regardé de près tout ce qui s'est passé,
03:37j'ai tout vu, j'ai tout lu, j'ai passé des nuits entières aussi à discuter avec ce petit
03:42Edgar,
03:42qui a 17 ans, qui est hyper courageux, qui a dû être greffé des mains, qui a été rasé à
03:48la tête, les flammes lui tombaient sur le crâne, son pull s'est enflammé, ses chaussures, enfin voilà.
03:54Il a réussi à s'en sortir, il ne se souvient même plus comment, mais aujourd'hui c'est quand
03:57même des enfants à qui on demande d'aller voir la police pour faire des auditions,
04:01donc de se rappeler en fait de cette nuit horrible, alors qu'ils ont juste envie, eux, de l'oublier.
04:06C'est des enfants qui doivent faire de l'EMDR, vous savez, cette technique avec les yeux pour essayer d
04:12'enlever le traumatisme qui les hante jour et nuit.
04:17Et c'est vrai que je peux comprendre l'émotion qu'on a entendue là dans le Magneto, avec des
04:23gens qui se disent, mais que font-ils encore dehors,
04:25alors qu'on sait qu'il y a plein de choses qui n'ont pas été respectées au niveau de
04:29la sécurité, et qu'on serait peut-être plus soulagés de les savoir en prison,
04:33ce fameux couple Moretti, et pas finalement comme ça, dans une sorte de légèreté, je trouve que la Suisse s
04:41'est autorisée,
04:44face à ce drame qui nous a quand même vraiment tous bouleversés, parce que ça concerne des jeunes.
04:49J'entends ce que vous dites, mais je pense que ce n'est pas, c'est pas utile de mettre
04:55le couple Moretti, évidemment, au milieu de ses parents,
05:00tel que ça s'est passé là. Il me semble que le couple Moretti doit répondre, évidemment, à ses actes,
05:07doit répondre devant la justice, à ses actes,
05:09dans un cadre, dans un autre cadre, peut-être que celui-là, qui est d'une violence extrême et d
05:15'une douleur extrême.
05:16Il me semble, il me semble...
05:18Bah moi, je ne trouve pas, ouais, je trouve qu'il y aurait eu un véhicule qui serait arrivé juste
05:22devant le palais de justice,
05:23il serait sorti immédiatement, sans être exposé, à la foule qui était là.
05:28Je suis très étonné des Suisses, là, vraiment, ça manque de rigueur.
05:32Mais en même temps, on peut considérer qu'il y a une forme de catharsis dans cette séquence,
05:40et une purgation des...
05:40Et puis à eux d'affronter, voilà, probablement que c'est très désagréable, mais c'est moins douloureux que les
05:46parents enfants.
05:47Mais je suis d'accord, c'est pour ça qu'en fait, ce sont des sujets, et je vous disais
05:51que c'est très difficile à les commenter, et peut-être...
05:54Et que M. Moretti soit ressorti aussi vite de détention provisoire, ce qui a choqué à travers toute l'Europe,
06:00la présidente du conseil italien de Georges Méloni avait réagi, ça choque au-delà de la Suisse,
06:04puisqu'il y a évidemment beaucoup d'Européens qui ont perdu la vie.
06:06Et c'est pour ça, je vous dis, il y a une forme de naïveté en Suisse.
06:10Je pense qu'en France, cet homme serait resté, effectivement, en prison.
06:14Parce qu'il y a une gestion aussi politique, me semble-t-il, des sujets en France.
06:19Il faut bien 15 jours, 3 semaines ?
06:21Vos 3 semaines, ils l'ont ressorti, on se demande pourquoi, d'ailleurs.
06:24Mais paraît-il que le couple a rencontré aujourd'hui les parents de deux jeunes femmes qui ont été gravement
06:31brûlées,
06:31et quand on lit ce que disent les avocats, ils ont dit que c'était une rencontre d'une intensité
06:35rare, très humaine.
06:36On va en savoir plus d'ici quelques heures, j'imagine.
06:39Mais il se passe quand même des choses hors caméra, où il y a un rapprochement entre...
06:45Enfin, ils essayent de discuter.
06:47Mais tout le monde attend à ce que justice soit rendue.
06:50Ce que dit Pascal, c'est simplement...
06:52C'est la scène, la séquence.
06:54C'est cette scène-là.
06:54Oui, ça ne peut pas se produire.
06:56Le problème, c'est les autorités suissimes.
06:58C'est de voir ce qu'eux considèrent être comme les responsables de la mort de leurs enfants ce soir
07:06-là.
07:06Il y a quelque chose d'encore plus traumatisant.
07:09Et dans cette séquence, c'est insoutenable d'entendre la peine des familles et la douleur.
07:14La douleur, la douleur.
07:16Mais à Persy, alors, je ne sais pas si vous êtes allé parfois à Persy.
07:19Moi, j'y suis allé très peu de fois, d'ailleurs.
07:21J'ai dû aller deux fois.
07:22C'est un hôpital assez extraordinaire.
07:25C'est un hôpital militaire qui est immense.
07:27D'ailleurs, il y a peut-être une quinzaine...
07:29Oui, c'est un énorme bâtiment.
07:30Un énorme bâtiment.
07:31Et c'est vrai que, sans doute tous, vous avez parfois vu quelqu'un qui a été brûlé.
07:38Et parmi les blessures les plus rudes...
07:40C'est la pierre.
07:41Effectivement, celle-là est particulièrement...
07:42Alors, je ne sais pas, ce jeune Edgar, lorsque vous avez parlé de lui, qu'il a été rasé,
07:48je ne sais pas à quel niveau il est brûlé, et s'il va pouvoir refaire une vie quasiment normale,
07:55s'il va récupérer ses mains, s'il va récupérer son visage.
07:57Je ne sais pas si son visage est brûlé ou pas.
07:59Oui, alors, Edgar, vraiment, il faisait partie d'une bande...
08:01On en a beaucoup parlé, d'ailleurs, dans la presse.
08:03C'était les trois petits Versaillais, très, très, très copains, tous.
08:08Donc, ils étaient tous dans la même école, à Saint-Jean, je crois, à Versailles.
08:12Ust, je crois.
08:13On en parle tout de suite après la pause, parce qu'il est 16h46,
08:16et vraiment, vous allez continuer ce témoignage qui est bouleversant.
08:20A tout de suite.
08:23Il est 16h48, et nous sommes avec Elisabeth Assayag,
08:26Eliott Deval, Gauthier Lebrecht, Olivier Guenek,
08:29et Caroline Iturbide nous racontait à l'instant que...
08:32Et Georges Chenech.
08:32Et Georges Chenech, je ne sais pas...
08:35Mais pardonnez-moi, cher Georges.
08:37Excusez-moi, c'est vrai que votre nom...
08:39C'est toujours là.
08:39Mais oui, Georges Chenech.
08:41Mais non, je suis là.
08:43Mais parce que Georges, pardonnez-moi, je ne le ferai plus.
08:46Caroline Iturbide connaissait Edgar,
08:50qui est un des jeunes qui a été blessé,
08:53fortement blessé, dans la nuit du 31 décembre,
08:55en Suisse, à Cran-Montana.
08:57Et elle nous racontait, il y a quelques instants,
08:59comment Edgar, qui est sorti il y a quelques heures de Percy,
09:02comment va-t-il retrouver une vie, on l'espère, normale.
09:06Et vous parliez surtout d'un de ses amis,
09:07c'est ça que je trouve effrayant,
09:08qui a un coma artificiel,
09:11depuis donc, sans doute, le début du mois de janvier.
09:14Donc, vous imaginez les parents,
09:16vous imaginez cet enfant,
09:18c'est-à-dire qu'on ne peut même pas le réveiller,
09:19tellement il souffrirait si on le réveille.
09:21C'est ça un coma artificiel.
09:22Et je parle d'eux, pas pour le côté sensationnel,
09:24mais parce que vraiment,
09:26c'est des petits soldats courageux, quoi.
09:30Ils ont 17 ans, ils sont partis faire la fête,
09:32ils étaient une bande de 6-7 copains,
09:34et il y en a 4 sur les 7,
09:35qui ont été très très gravement blessés.
09:38Donc, Edgar, qui est mon filleul,
09:40alors il a eu quand même beaucoup de chance,
09:42parce que c'était certaines brûlures au 3ème degré,
09:45d'autres au second degré,
09:47mais il a passé plus d'un mois à l'hôpital,
09:49au départ à Lausanne,
09:50où il ne pouvait même pas être rapatrié en France,
09:52tellement la douleur était vive
09:54et les brûlures étaient intenses.
09:56Et puis, il apprenait, heure par heure,
09:59que ses autres copains aussi étaient dans le même cas,
10:02parce qu'en fait, il y a un moment où,
10:03aussi, chacun essaye de sauver sa peau,
10:05donc ils ne savent plus où se retrouve Arthus,
10:07où est Valentin,
10:08où est l'un, où est l'autre, etc.
10:09Donc, ils étaient tous, en fait, séparés,
10:13pris en charge extrêmement bien
10:15par tous les services hospitaliers,
10:17que ce soit en Suisse ou en France.
10:19Et ensuite, Edgar, effectivement,
10:21lui, il a pu être rapatrié à Persy,
10:23qui est un hôpital militaire à Clamart,
10:26et qui est spécialisé dans les grands brûlés.
10:28Et là, il a reçu les soins nécessaires.
10:31Mais ça veut dire qu'à chaque fois qu'on lui changeait ses bandages,
10:34c'était sous anesthésie générale,
10:37parfois, pour ses copains, dans un coma artificiel,
10:39tellement la douleur est affreuse.
10:42Et il vient de sortir de l'hôpital,
10:44et donc j'ai pu le voir ce week-end,
10:46et c'est très émouvant.
10:48Parce qu'il a 17 ans,
10:49et qu'on voit bien que,
10:51peut-être que, vu de l'extérieur,
10:52il y a un petit côté héroïque,
10:54pour nous,
10:55de ces enfants qui s'en sont sortis.
10:57Mais eux, ils ne voient pas du tout ça comme ça.
10:58Pour eux, ça n'est qu'un traumatisme.
11:00Et ils ont juste envie de retrouver leur vie normale,
11:03ils ont juste envie de retourner à l'école.
11:04Et il ne peut pas retourner à l'école,
11:05parce que l'école, pour lui, ça veut dire
11:07son copain Arthus,
11:08qui n'est pas là,
11:09qui est encore à l'hôpital,
11:11dans le coma artificiel,
11:13et donc il ne peut pas retourner en cours,
11:14parce que c'est trop douloureux pour lui.
11:16Il est 16h51,
11:18l'hôpital Persy,
11:19c'est là où sont les militaires,
11:20les militaires qui,
11:21lorsqu'ils ont été blessés en mission,
11:23et parfois très grièvement blessés,
11:25et parfois ont-ils perdu des membres.
11:28C'est un des militaires,
11:30c'est un des hôpitaux vraiment
11:32de pointe, d'exception,
11:33de ce que la France produit de mieux,
11:36finalement,
11:36et l'excellence française,
11:38elle était jadis au Val-de-Grâce,
11:40et elle est, évidemment,
11:41aujourd'hui à l'hôpital Persy.
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