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##C_EST_QUOI_LE_PROBLEME-2026-02-11##

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Transcription
00:02Et avec vous au 0826 300 300, mesdames, messieurs, bonjour, ravi de vous retrouver pour ces deux heures à passer
00:08ensemble.
00:08Vous n'hésitez pas à nous contacter, évidemment, vous le savez, vous pouvez prendre la parole, parlons vrai sur Sud
00:14Radio.
00:15Gilles Gansman, bonjour Gilles.
00:16Bonjour, Gilles.
00:16Il nous appelle dans un instant, Félix Mathieu, bonjour.
00:20Bonjour, Christine, bonjour Gilles.
00:21C'est quoi le problème aujourd'hui ?
00:22Le problème, eh bien, c'est les chauffeurs Uber qui, selon l'URSSAF, seraient des salariés du salariat déguisé.
00:28Alors, évidemment, Uber n'est pas du même avis, il refuse la grosse somme réclamée par l'URSSAF, c'est
00:33l'organisme des cotisations sociales.
00:35On va voir ça, parce que l'URSSAF pourrait récupérer ainsi 1,7 milliard d'euros, quand même, de charges
00:40sociales qui n'auraient pas été versées par Uber.
00:44On en parlera avec notre invité dans un instant, Brahim Ben Ali.
00:47Dans les débats tout à l'heure, à partir de 10h30, faire des bébés, est-ce que c'est seulement
00:51une question d'argent ?
00:52Apparemment, oui, selon une mission de rapport parlementaire qui a été publiée aujourd'hui.
00:56Ces parlementaires qui proposent un prix à taux zéro pour acheter un appartement plus grand, 250 euros par mois pendant
01:0220 ans,
01:03sans condition de ressources et d'autres mesures également, des aides de la part des entreprises.
01:07C'est le réarmement démographique dont on parle.
01:10Vous viendrez, évidemment, nous en parler aussi au 0800 26 300 300.
01:14Et on entendra également, sans doute, le papa le plus vieux de France, qu'on a eu ce matin, dans
01:19le Grand Matin, un papa de 91 ans.
01:22Notre ministre des Affaires étrangères est très en colère ce matin.
01:24Il est même indigné.
01:25C'est la suite de la déflagration des dossiers de révélation de l'affaire Epstein.
01:30Nouvel épisode avec ce diplomate français qui, mis en cause dans le dossier, son nom apparaît plus d'une centaine
01:35de fois.
01:36Et depuis plusieurs années, que savait-il ? Qu'a-t-il fait exactement ?
01:39Apparemment, il semble urgent d'ouvrir une enquête sur tout ce volet français de cette affaire tentaculaire.
01:47Félix Mathieu, c'est quoi le problème, donc, ces chauffeurs Uber ?
01:51Alors, est-ce que ce sont eux qui ont demandé à être qualifiés en CDI ou pas ?
01:54On va poser la question à notre invité.
01:56En tous les cas, l'URSSAF, en gros, les comptes publics, demandent des comptes à Uber.
02:00Oui, avec cette accusation de salariat dissimulé, quelque part.
02:04Le service de lutte contre le travail illégal de l'URSSAF Île-de-France,
02:08de l'URSSAF Île-de-France, s'appuie sur la situation de 71 000 chauffeurs Uber.
02:14En fait, ceux qui ont exercé entre les années 2019 et 2022 l'URSSAF,
02:18donc l'organisme qui collecte les cotisations sociales, notamment pour la sécurité sociale.
02:24Bref, résultat de cette note de l'URSSAF Île-de-France, 142 pages quand même,
02:27donc c'est détaillé, c'était révélé par la revue 21.
02:31L'URSSAF estime qu'Uber, je cite, a maquillé sciemment une relation salariale
02:36pour échapper à ses obligations d'employeur.
02:39Alors, selon cette note, le lien de subordination, il se caractérise par un ensemble de critères.
02:45Elle en note trois, qu'elle considère comme étant rempli, dans le cas d'un chauffeur Uber,
02:49pouvoir de direction, de contrôle et de sanction exercés par la plateforme.
02:54Elle en déduit que ce sont bien des salariés.
02:57L'organisme de collecte des cotisations, donc de la sécurité sociale,
03:00a d'abord proposé, il y a plus d'un an à Uber, une révision du calcul de ses cotisations
03:05sociales.
03:06Ça, c'était en décembre 2024.
03:08Action donc fermement contestée par la plateforme,
03:10qui a même refusé de provisionner la somme réclamée sur ses comptes.
03:15Parce qu'il faut juste préciser que les chauffeurs Uber sont sous le statut d'auto-entrepreneurs
03:21à la demande d'Uber.
03:23Oui, effectivement, c'est des indépendants, mais de la fausse indépendance, en fait, dit l'Eursaf.
03:27Voilà, exactement.
03:28C'est de la sous-traitance, si on comprend bien.
03:30Alors, que dit Uber ?
03:31Uber, bien évidemment, a contre-attaqué et s'appuie sur une décision,
03:34en tous les cas, des avis de la Cour de cassation.
03:36Oui, parce qu'il y a eu plusieurs décisions en apparence contradictoires
03:40de la part de la Cour de cassation.
03:41Il y a six ans, en 2020, la Cour de cassation avait considéré que cette indépendance,
03:45justement, que vous évoquiez, Gilles,
03:47que c'était une indépendance fictive.
03:50Donc, elle avait requalifié, après coup, de salarié à un chauffeur Uber.
03:55Mais, dans deux décisions plus récentes, l'année dernière,
03:59la Cour de cassation a refusé, dans d'autres cas,
04:01de requalifier des chauffeurs comme étant salariés.
04:05Bon, ça ressemble, de loin, à un revirement de jurisprudence.
04:08Ça peut être aussi des cas qui sont un peu...
04:10Oui, parce qu'ils sont libres de leur horaire, en fait.
04:12Voilà, ça peut dépendre des cas particuliers,
04:14va nous expliquer certainement notre invité dans un instant.
04:17Mais, en tout cas, juste pour vous expliquer, à l'heure actuelle, où on en est.
04:20Donc, l'URSSAF qui réclame 1,2 milliard à Uber,
04:25avec, en plus, 500 millions de majorations de redressement.
04:29Ça ferait donc 1,7 milliard.
04:30Au-delà de la somme, c'est quand même, et c'est ça aussi qu'il faut dire,
04:33le modèle économique de la plateforme qui pourrait être remis en cause.
04:37Imaginez s'il fallait, d'un seul coup, considérer 77 000 chauffeurs de VTC en France
04:42comme étant des salariés du jour au lendemain.
04:44Ça pourrait quand même sacrément changer la donne.
04:46Alors, en tous les cas, c'est pas nouveau chez Uber.
04:50En tous les cas, sur les plateformes, puisque les livreurs de repas aussi avaient tenté,
04:54en tous les cas, plusieurs syndicats français,
04:56avaient tenté ou ont tenté de requalifier ceux qui nous livrent nos repas
04:59pour ceux qui l'utilisent en salariés,
05:02puisqu'il y a un lien de subordination qui est avéré.
05:05C'est en tous les cas ce que dit la législation française.
05:07On va voir du côté des chauffeurs et de leurs représentants ce qu'ils en pensent.
05:10Brahim Ben Ali, bonjour.
05:12Bonjour.
05:13Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous pour nous éclairer sur ce sujet de la vie quotidienne,
05:16de la vie courante.
05:19Alors, cette réclamation, en tous les cas,
05:22ce combat de l'URSSAF d'Île-de-France
05:25et cette requalification en quelque sorte en salariat des chauffeurs Uber,
05:31comment comprendre ce qui est en train de se passer, Brahim Ben Ali ?
05:35Vous êtes représentant syndicaliste.
05:38Vous êtes le président général F.O. VTC.
05:42Précisons bien.
05:43C'est ça.
05:44Merci alors, du coup, pour revenir un peu dans le contexte.
05:47À l'époque, l'URSSAF n'avait pas pu contrôler la société Uber.
05:50Il fallait qu'on aille devant le tribunal administratif.
05:53On a eu une passe d'armes avec Olivier Dussot,
05:55qui s'était opposé en disant que l'inspection du travail n'avait pas compétence.
05:58On a obtenu une décision devant le tribunal d'appel
06:00en disant clairement que les services de contrôle avaient compétence de contrôler Uber.
06:05Et c'est suite à tout ça qu'ils ont pu aller contrôler la société Uber.
06:09Donc après, on n'a pas eu de nouvelles.
06:10Et là, d'un coup, on a eu les révélations comme quoi l'URSSAF réclamait 1,7 milliard auprès de
06:16la société Uber.
06:17Donc après, ce qui s'est passé, il faut savoir que depuis des années, on se bat.
06:20Vous avez vu qu'il y a eu des arrêts de la route de cassation en notre faveur.
06:23Dernièrement, deux arrêts sont tombés le 9 juillet, disant le contraire.
06:27Alors, ce sont des cas d'espèces isolées.
06:29Ça veut dire que ces cas-là, on considère qu'on ne peut pas les requalifier
06:33parce que les éléments ne sont pas nécessaires pour prouver qu'il y a eu un pouvoir de contrôle, sanction
06:38et de direction.
06:39Ce sont des cas uniques, en fait.
06:41Ce que vous dites, ce sont des chauffeurs individuellement dans leur coin, c'est ça ?
06:46Voilà, exactement.
06:47Après, il faut savoir que dernièrement, nous, notre cabinet devait passer aussi devant la cour de cassation.
06:54Uber a voulu transiger parce qu'ils avaient peur d'avoir des arrêts en leur défaveur.
06:58Donc, ça ne veut pas dire que c'est la fin d'une saga judiciaire.
07:02Bien au contraire, nous avons constitué encore une armada.
07:05Mais ce n'est que le début.
07:06Aujourd'hui, on a quand même 2000 dossiers de chauffeurs qui se sont constitués contre la plateforme Uber.
07:10Bien évidemment que s'il y a un procès au tribunal administratif,
07:13enfin, excusez-moi, correctionnel, ça sera une aubaine pour nous.
07:17Parce que si Uber est condamné pour des faits de travail dissimulés,
07:20la question ne se posera plus devant la cour de cassation.
07:22Donc, ce que dit aujourd'hui l'URSSAF, autrement dit, et se réfère au droit du travail,
07:27c'est qu'il y a un lien direct d'honneur d'ordre, quelque part,
07:30entre Uber et ses chauffeurs et ses plateformes.
07:33C'est dans la description.
07:34On a pu déterminer.
07:35Et que, du coup, les charges sociales ne sont pas versées comme elles le seraient
07:39pour n'importe quelle société normalement constituée, les charges sociales et fiscales.
07:44Gilles Gansman.
07:45Alors, moi, j'aimerais bien que les chauffeurs d'Uber nous appellent au standard pour qu'ils témoignent.
07:50Moi, je prends souvent Uber ou Bolt, en région parisienne.
07:55Et j'ai discuté avec plusieurs chauffeurs.
07:59Eux, le statut d'être salarié n'est pas un statut qui les intéresse vraiment.
08:04C'est-à-dire que ce statut d'auto-entrepreneur est aussi, parfois, pour eux, un avantage.
08:09Pas tous.
08:10Pas tous, hein.
08:11Pour ceux avec qui j'ai parlé, vous, chez FO, quelle est votre position là-dessus ?
08:17Est-ce que, d'un seul coup, être salarié d'Uber, parce qu'Uber peut vous dire,
08:22on vous donne 2500 euros par mois ou 3000 euros par mois, est-ce que vous vous y retrouveriez ?
08:31Donc, clairement, on va répondre à cette question, ce qu'on a dit depuis des années,
08:34c'est que celui qui va être salarié, qu'il soit salarié.
08:37Celui qui va être indépendant, qu'il soit indépendant.
08:38On demande à la plateforme de respecter les règles.
08:41Aujourd'hui, on ne peut pas considérer des chauffeurs indépendants
08:44si, derrière, il y a un pouvoir de sanction, de contrôle et de direction.
08:48Cette plateforme, aujourd'hui, laisse le champ libre à rien.
08:51C'est-à-dire, les chauffeurs ne décident de rien.
08:53Et on le voit quand on nous dit, oui, mais comment vous pouvez le prouver ?
08:56On le prouve avec les données des chauffeurs.
08:58Quand on fait la récupération des éléments...
09:00Oui, tout est tracé.
09:01Tout est tracé.
09:01Et donc, on voit clairement que la relation est biaisée.
09:04Donc, il y a un moment, s'il n'y a pas cette liberté de pouvoir entreprendre,
09:08je suis désolé.
09:09La question se pose.
09:10C'est-à-dire que, attendez, parce que j'ai une question par rapport à ça.
09:13Alors, vous parlez, Gilles, des chauffeurs Uber qui peuvent nous appeler.
09:16Mais les sociétés de taxis classiques,
09:18qui, elles, ne sont pas, du coup, soumises aux mêmes règles
09:21que Uber qui domine un marché qui est colossal.
09:24On est d'accord, Brian Benali ?
09:26Bien sûr.
09:27Et en plus de ça, maintenant, Uber a introduit les taxis dans leur plateforme.
09:31Donc, ça remet en question leur modèle aussi.
09:33Parce qu'à un moment, elles disaient qu'elles ne faisaient que du VTC.
09:35Maintenant, elles amènent les taxis dans cette plateforme.
09:38Ça nous met en concurrence avec les taxis.
09:41Et avec moins de courses.
09:42Parce qu'il faut savoir que les courses qui s'étaient distribuées au VTC
09:45sont redistribuées au taxi.
09:46Donc, en fait, ce modèle-là, chez la plateforme Uber,
09:48on ne comprend plus rien avec eux.
09:49Vous comprenez qu'à un moment, il faut qu'on soit très clair.
09:53Soit on a une plateforme de VTC,
09:54soit on a une plateforme qui fait du multitransport.
09:58Parce que, historiquement, le développement d'Uber
10:00s'est fait aussi sur le fait de proposer des courses à moindre coût
10:04par rapport aux taxis qui existaient déjà.
10:07Imaginons si on considérait demain
10:10les 77 000 chauffeurs de VTC de ce pays comme des salariés.
10:14Ça changerait radicalement le modèle économique de ces plateformes.
10:18Est-ce que même, ça ne remettrait pas en cause leur présence en France ?
10:23Bien sûr.
10:24En même temps, Uber n'a pas intérêt à ce que les chauffeurs soient salariés.
10:28Donc, il faut voir que le taux d'imposition en France est assez élevé.
10:31Ça ne les intéresse pas du tout.
10:33Nous, aujourd'hui, on a un modèle salarial protecteur.
10:36Et donc, ce n'est pas du tout dans l'idée de l'ADN d'Uber
10:38de pouvoir justement octroyer des droits.
10:40Alors, moi, ce que me racontaient aussi les chauffeurs Uber,
10:43alors ça, par contre...
10:43Certains chauffeurs.
10:44Certains chauffeurs.
10:45Ah oui, ce n'est pas un sondage.
10:47C'est une expérience propre.
10:49Et ça, je n'imaginais pas, le pourcentage que peut prendre Uber sur une course
10:54peut aller parfois jusqu'à 50%.
10:57C'est ça.
10:58Sur certaines courses, il faut savoir que là, encore une fois,
11:01mon âge dans l'inconnu avec la plateforme qui nous dit oui,
11:04mais c'est de 3 à 45%.
11:07Encore une fois, quand on fait de l'acquisition des données,
11:09on se rend compte que la plateforme a augmenté sa commission en moyenne de 33%.
11:14Voilà, ça, c'est la vraie commission actuelle de la plateforme Uber.
11:17Uber a maquillé sa commission en disant non,
11:19c'est une commission variable de 3% à 45%, voire 50%.
11:23Dans certains cas, c'est totalement faux.
11:25On a pu calculer avec les chauffeurs qui ont accepté justement
11:28qu'on puisse le faire avec leurs données personnelles.
11:31Et en moyenne, pour éviter que les chauffeurs soient choqués,
11:35c'est mieux de dire de 3 à 45% que de dire 33%.
11:38Oui, c'est ça.
11:40Ça fait beaucoup.
11:41C'est surtout les caisses de l'État aujourd'hui qui, en tous les cas,
11:43les comptes sociaux qui ont besoin de récupérer ce que considère l'URSSAF.
11:46Alors, c'est un gros dossier.
11:48En général, les entreprises ne parlent pas de ça.
11:49Ils vont le reverser aux chauffeurs ou pas ?
11:51Ce sont les prestations sociales et ça, c'est un vrai dossier.
11:55Pour l'instant, c'est en discussion, c'est ce que réclame.
11:57Et Uber fait, bien sûr, et conteste la décision.
12:00Donc, pour l'instant, il n'y a pas de versement d'un milliard 700 millions d'euros
12:02de la part d'Uber.
12:04Mais tout ça, on va en parler dans un instant sur Sud Radio
12:07avec notre invité et vous également.
12:09Vous êtes chauffeur de taxi, vous êtes chauffeur de VTC,
12:12et vous êtes salarié indépendant, vous aimeriez être salarié.
12:15Venez nous raconter, ou utilisateur, comme ici, autour de cette table.
12:18C'est le cas de Gilles Gansman, qui est un gros utilisateur de Uber.
12:21Vous nous appelez 0826 300 300.
12:24On vous attend avec grand plaisir sur Sud Radio.
12:26A tout de suite.
12:36Dans un instant, on va ouvrir les débats autour de la natalité,
12:40mais également de l'affaire Epstein avec cette révélation concernant un diplomate français.
12:44Mais pour l'instant, on s'intéresse à cette amende record qui a été infligée à Uber.
12:481,7 milliard d'euros par l'URSSAF, qui réclame tout simplement les cotisations sociales.
12:54Il considère que les chauffeurs Uber sont des salariés et non pas des travailleurs indépendants.
12:59Alors, on est avec toujours notre invité, Brahim Ben Ali, secrétaire général de FOVTC,
13:03qui est à l'origine.
13:05On est bien d'accord, Brahim, de ce combat autour du statut des chauffeurs Uber.
13:10Une petite question avant d'aller au 0826 300 300.
13:14Cette amende record, ça va faire réfléchir Uber.
13:17Est-ce qu'il n'y a pas un risque que finalement le géant de la tech décide d'abandonner
13:22le territoire français
13:23ou de passer à autre chose ?
13:25Tant mieux, on récupérera notre souveraineté numérique.
13:29La France peut se doter d'une plateforme et faire mieux qu'Uber.
13:33Mais le danger, ce n'est pas les voitures qui arrivent.
13:36D'ailleurs, à Londres depuis janvier pour des tests,
13:39les voitures sans chauffeur, qui est le vrai ennemi aussi des taxis et des chauffeurs Uber.
13:46Ces fameuses voitures autonomes qu'on voit aux Etats-Unis.
13:53Le temps qu'elles arrivent dans le paysage français, bon courage.
13:56Ça ne va pas se faire d'ici demain.
13:59Maintenant, nous, on peut se doter justement de plateformes d'intermédiation
14:02beaucoup plus performantes qu'Uber et beaucoup plus sécurisées qu'Uber.
14:06Il n'y a rien qui nous empêche de faire mieux.
14:08Voilà. Maintenant, si je leur ai dit Uber va partir, bon courage à eux.
14:12Qu'ils respectent la loi.
14:13C'est un état de droit ici.
14:15Qu'ils respectent la loi.
14:16On le dit à nos chauffeurs qui nous écoutent.
14:18On sait qu'il y a beaucoup de taxis qui nous écoutent à Paris,
14:20mais ailleurs aussi en province, parce que tous les modèles sont possibles.
14:24Vous, ce que vous dites, c'est que vous voulez laisser le choix à tous les chauffeurs
14:28d'avoir le statut qu'ils veulent. C'est bien ça, à effet.
14:31Bien sûr. Bien sûr. C'est à eux de choisir.
14:32S'ils veulent être salariés, qu'ils soient salariés.
14:35S'ils veulent être indépendants, qu'ils soient indépendants.
14:37Ça, la question, c'est aux chauffeurs de répondre à cette question-là, pas aux syndicalistes.
14:40Oui. La réponse de Uber, c'est de dire qu'il y a un flou juridique.
14:43Expliquez-nous.
14:45Un flou juridique, alors, il faudra juste m'expliquer comment ça se fait
14:49qu'il y a aujourd'hui autant de chauffeurs qui saisissent les tribunaux s'il y a un flou.
14:53Il n'y a pas de flou du tout.
14:54Aujourd'hui, nous, on a les éléments factuels, des preuves qui prouvent qu'aujourd'hui,
14:58la relation est totalement biaisée.
15:00Donc, ce n'est pas parce qu'ils ont eu deux arrêts de la Cour des classations à leur faveur
15:05que ça remet en question tout le modèle.
15:07Non, faux.
15:08Aujourd'hui, depuis des années, on a eu aussi des arrêts en notre faveur.
15:11Alors, ce n'est pas pour autant que les tribunaux disaient que vous allez être requalifiés.
15:16Il y a eu de la résistance aussi de ce côté-là.
15:17Et c'est quoi la différence concrète entre les cas dans lesquels ces chauffeurs ont été requalifiés en salariés
15:25et ceux pour lesquels les juges le refusent ?
15:28Qu'est-ce qui concrètement distingue ces cas différents ?
15:30C'est des preuves.
15:31C'est juste une question de preuve.
15:32Nous, on a toujours utilisé...
15:34Est-ce que le fonctionnement du beurre, c'est le même pour tous, pourtant ?
15:38Oui, mais en fait, ça ne fonctionne pas comme ça.
15:40Il faut amener des éléments factuels.
15:42Vous ne pouvez pas dire, supposer devant un juge que votre relation est biaisée.
15:46Il faut amener des éléments factuels.
15:47Et nous, on ramène des preuves.
15:48Ces preuves-là, on les récupère grâce aux données qu'on va les récupérer chez la plateforme Uber.
15:53Vous voyez, en tout cas, chez nous, ça se passe comme ça pour les dossiers de requalification.
15:56Donc, ça veut dire que la numérisation, finalement, joue contre le camp de Uber.
15:59Tout est tracé, finalement.
16:00Bien sûr, c'est pour ça qu'Uber fait de la résistance quand on demande les données personnelles.
16:06Il a fallu une décision de l'ACNIL.
16:08Je rappelle qu'Uber a été condamné à 10 millions d'euros et à 290 millions d'euros de notre
16:13côté,
16:13pour non-respect du RGPD, parce qu'Uber faisait de la résistance.
16:17Et encore même maintenant, sur les données de géolocalisation qui nous permettent de prouver le pouvoir d'orientation,
16:22Uber fait encore de la résistance.
16:24Ce que vous dites, Brain Ben Ali, finalement, c'est ce dont on parle dans d'autres secteurs de l
16:30'économie aujourd'hui,
16:31c'est-à-dire que les règles soient les mêmes pour tout le monde, sur le même terrain de jeu.
16:35Bien sûr.
16:36Si aujourd'hui, Uber est dans la tourmente, les autres modèles seront aussi dans la tourmente.
16:40Donc, on ne vise pas que Uber.
16:43En fait, on tire la sonnette d'alarme en disant, regardez, si vous ne respectez pas les règles,
16:47vous risquez les mêmes problèmes qu'Uber.
16:49Quand vous dites que vous n'avez pas que Uber, c'est-à-dire qu'il y a Botte ?
16:53Il y a Botte, on n'en parle pas, mais Botte a une politique bien pire qu'Uber.
17:00Ah oui, Botte, c'est terrible.
17:01Ah oui, Botte, il gagne 3,6 millions.
17:04Et ces cotisations sociales qui sont réclamées à Uber,
17:08vous ne les payez pas de toute façon de votre poche,
17:11de toute façon en tant qu'auto-entrepreneur, lorsque vous êtes réputé indépendant ?
17:16Si, ils payent l'URSSAF.
17:18Pourquoi l'URSSAF, demandant plus à Uber, si on parle de chauffeurs Uber,
17:22qui ont payé en tant qu'auto-entrepreneur des cotisations ?
17:26Très intéressant ce que vous dites.
17:27Alors nous, lorsqu'un chauffeur est requalifié,
17:30ce qui se passe, c'est qu'il demande justement le remboursement de ses cotisations.
17:33C'est-à-dire qu'il va réclamer non seulement les montants injustement payés,
17:38et la question qui va se poser, bien évidemment,
17:41c'est lorsqu'Uber va être condamné,
17:43et lorsque l'URSSAF va récupérer ce montant,
17:45qu'est-ce qui va se passer pour les chauffeurs qui les ont payés injustement ?
17:49Donc là, la question, c'est la récupération de ces montants-là.
17:52Vous voyez ce que je veux dire ?
17:54C'est un enjeu financier.
17:54Ben oui, et c'est aussi un enjeu pour l'État.
17:58Ben c'est aussi un enjeu pour l'État.
17:59Qui est-ce qui est en train d'écouvrir les caisses de l'État ?
18:01Oui, les cotisations retraite, les cotisations sociales, les cotisations chômage,
18:06tout ce qui va avec, puisque vous dites que c'est un salariat déguisé,
18:10c'est-à-dire que le chauffeur s'auto-gère, est un auto-entrepreneur
18:15et gère toute sa partie financière.
18:18Sachez qu'il y a une société quand même faite par des Français,
18:22qui s'appelle Comine,
18:23et qui essaye de rentrer à travers ces Américains qui sont Bolt et Hubert.
18:28Vous en avez entendu parler ?
18:31Je souris, parce que c'est la même chose-là.
18:33On a toujours les mêmes subtilités,
18:36on fait croire à une pseudo-indépendance,
18:38c'est toujours la même fable.
18:39Donc, croyez-moi que...
18:40Mais ce n'est pas 10%, il n'y a pas plus d'argent avec Comine ?
18:44Non, écoutez, encore une fois,
18:47ces modèles-là, c'est la même chose qu'Hubert,
18:50avec quelques subtilités,
18:51en faisant croire que les chauffeurs vont être propriétaires.
18:55Nous, on a fait une coopérative,
18:56ça a été très dur de s'implanter.
18:58Croyez-moi que s'implanter dans le paysage
19:00où il y a Hubert, Bolt et Jean-Pince, des géants,
19:03c'est très compliqué,
19:04surtout quand l'État, aujourd'hui, ne vous soutient pas financièrement,
19:07mais aussi ne vous met même pas en valeur.
19:09Les sociétés françaises, aujourd'hui, ne sont pas mises en valeur, clairement.
19:12Brahim Benelli, je rappelle que vous êtes solitaire général de FOVTC,
19:16vous parlez de tentative de création d'une coopérative,
19:19c'est-à-dire que ça serait un modèle 100% français,
19:23si je comprends bien.
19:24Bien sûr, bien sûr.
19:25Aujourd'hui, pourquoi ces entrepreneurs ne pourraient pas être propriétaires de leur modèle ?
19:29On a proposé plusieurs solutions au gouvernement.
19:31On a dit, écoutez, soit on a un modèle créé par l'État français
19:37et on pourrait reverser des montants, je ne sais pas, 5 à 10%,
19:41ce qui pourrait enrichir les caisses de l'État,
19:44donc une solution numérique 100% française.
19:47On nous a dit, non, mais vous savez, on n'a pas la capacité.
19:49Enfin bref, ça m'a fait quand même doucement rire.
19:51Ensuite, on a créé un modèle alternatif, une coopérative,
19:54on nous a félicités.
19:55Et finalement, on ne nous a mis que des bâtons dans les roues pour dire,
19:58en fait, finalement, vous voyez que ça ne fonctionne pas,
20:00il faut qu'il soit sous tutelle des Américains, comme d'habitude.
20:03Vous voyez, c'est toujours la même chose dans le gouvernement.
20:05Brian, ne bougez pas, restez avec nous.
20:07Nous avons 0826 300 300.
20:09On a Bruno. Bonjour Bruno.
20:11Bonjour.
20:11Bonjour.
20:12On vous écoute.
20:14Les chauffeurs Uber qui se rebellent finalement contre le système.
20:19Il était temps, parce que ça fait quand même déjà très longtemps
20:22que la situation est comme ça.
20:23et notre situation s'est nettement aggravée
20:26depuis la signature des derniers protocoles d'accords
20:29qui ont été signés avec des syndicats qui n'étaient même pas majoritaires,
20:31parce qu'on est dans une démocratie,
20:33et quand vous êtes élus, avec même pas 7% des voix,
20:36enfin 7% du nombre de chauffeurs,
20:38je ne sais pas comment on peut appeler ça,
20:39est-ce que c'est une démocratie ou pas.
20:42Donc, il y a des accords qui nous ont tués, clairement.
20:45Aujourd'hui, on est à 1 euro du kilomètre.
20:47C'est moins cher que l'île d'essence, oui.
20:49Voilà, c'est moins cher que l'île d'essence.
20:52Vous êtes perdant, en fait ?
20:54On travaille à perte,
20:54et en France, le travail à perte est illégal.
20:57Donc, nous, on travaille clairement à perte.
20:59C'est clairement quelque chose d'illégal,
21:01et le gouvernement ne fait rien pour bouger.
21:03On a Brahim, qui est là, avec une voix l'antenne,
21:05qui a fait des centaines de rapports,
21:07et Bruno Le Maire, qui avait promis, d'ailleurs,
21:09des promesses qui ne sont jamais arrivées.
21:12C'est des choses qui sont très compliquées.
21:14On fait ce métier, pourquoi, Bruno ?
21:16Parce que je comprends que vous êtes chauffeur
21:19à votre compte, à Chauffeur Uber,
21:21mais vous le faites parce que c'était quelque chose
21:23qui vous permettait d'avoir un revenu par passion ?
21:27Enfin, je ne sais pas.
21:28Moi, à la base, j'ai commencé ce métier-là
21:30parce que c'était un métier de passion.
21:31J'ai toujours travaillé dans le transport de personnes.
21:35À l'époque où je suis rentré,
21:36moi, je suis rentré il y a très longtemps,
21:37donc quand je suis rentré dans le métier,
21:39je faisais très bien, je gagnais très bien ma vie,
21:41et j'ai vu la dégradation.
21:43Moi, en fait, moi, je suis là depuis un certain moment,
21:45et on est passé à des montants.
21:50Je vous donne un exemple.
21:52Pour un Paris Trocadéro, Charles de Gaulle,
21:54où on était à 50-60 euros,
21:56aujourd'hui, on est à 29 euros.
21:57Et de ce qui est dans votre poche,
21:59parce que Uber, ce sucre est énormément passé.
22:02Ça, je vous accepteriez d'être salarié ?
22:05Je ne cherche pas à être salarié.
22:06Moi, ce que je veux, c'est qu'on respecte la loi.
22:08À partir du moment où on est indépendant,
22:09on doit être libre de fixer notre tarification.
22:12On doit être libre de se constituer un portefeuille client.
22:14On doit être libre de fixer nos propres tarifs.
22:18Oui, mais les chauffeurs de taxi n'ont pas cette liberté-là.
22:21Vous comprenez ?
22:22Si ils ne fixent pas leurs tarifs, c'est la préfecture qui fixe les tarifs.
22:26Oui, mais bon, il y a une discussion avec la préfecture
22:27qui fait que, comme dit monsieur,
22:29on ne peut pas faire un euro du kilomètre.
22:32À partir du moment où nous, on n'a même pas le droit de discuter du tarification,
22:36parce que vous avez l'ARP aujourd'hui qui réunit le syndicat.
22:40Le syndicat, à partir du moment où ils ouvrent le sujet de la tarification,
22:44ils obtiennent un nom catégorique de la part des plateformes numériques.
22:47Oui, tout à fait.
22:48Bruno, merci infiniment d'avoir participé et d'être intervenu
22:53pour raconter de l'intérieur cette évolution des statuts des chauffeurs Uber.
22:58Brahim Ben Ali, merci beaucoup, secrétaire général de FOVTC.
23:03On attend donc le versement du chèque, on est d'accord,
23:05de la part de Uber dans les caisses de l'URSSAF.
23:09Moi, je vous donne rendez-vous au tribunal,
23:10avec mille pléniants qui se sont constitués du côté de chez nous.
23:13On suivra ça, évidemment, sur Sud Radio.
23:16Merci à tous.
23:17Dans un instant, on va ouvrir les débats.
23:20On va s'intéresser au réarmement démographique
23:22et également à faire l'effet Epstein avec la répercussion française.
23:28A tout de suite au 0826 300 300 aussi.
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