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  • il y a 3 heures
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:0013h-14h, Europe 1 Info.
00:03Merci de nous rejoindre sur Europe 1 13h21.
00:05Vous écoutez Clélie Mathias avec vos deux chroniqueurs de jour.
00:08Clélie, Xavier de Rova nous rejoint dans un instant.
00:10Mais d'abord on vous retrouve avec le chef du service politique chez Valeurs Actuelles, Sébastien Ligné.
00:15Vous êtes bon en économie Sébastien Ligné ?
00:17J'ai fait un bac ES, voilà mon seul diplôme.
00:21Bonjour à vous, bienvenue.
00:23Bonjour.
00:23On va parler d'économie bien sûr, mais évidemment de politique.
00:26Ça va avec, on va parler de ce chômage, ce chômage qui est au plus haut depuis 2021, ça c'est inquiétant.
00:33Le taux de chômage a de nouveau augmenté au quatrième trimestre de l'année dernière, il atteint 7,9%.
00:39Cette hausse est notamment portée par la situation des jeunes et c'est ça qui nous inquiète encore plus,
00:45puisque celui des 15-24 notamment, augmente nettement 2,4 points sur un trimestre, 2,8 points sur un an et il atteint 21,5%.
00:55Écoutez Roland Lescure, le ministre de l'économie, sur la hausse du chômage en général, il était sur France 2.
01:00On est sur un taux d'emploi qu'on n'a jamais eu, mais l'année dernière, ça s'est ralenti, c'est un avertissement.
01:05Et ça montre qu'il faut continuer à se battre pour que la croissance soit au rendez-vous, pour que le coût du travail soit limité,
01:10pour que la compétitivité de l'économie, notamment de l'industrie française, soit affirmée.
01:15C'est un combat de tous les jours le chômage.
01:16On a, je pense qu'on peut le dire, remporté le combat contre le chômage de long terme.
01:20Il y a un vrai défi encore, c'est le chômage des jeunes.
01:22Il faut qu'on se batte, on l'a fait avec l'apprentissage, pour que les jeunes se retrouvent plus vite, plus forts sur le marché du travail,
01:28qu'ils puissent travailler, pour leur donner des jobs.
01:30Déjà votre réaction Sébastien Ligné au mot de Roland Lescure ?
01:33Non mais il y a une manière avec les macronistes de maquiller, d'enrober les chiffres,
01:39qui est toujours assez troublant je trouve.
01:41C'est-à-dire que la promesse d'Emmanuel Macron, qui nous expliquait qu'on était quasiment au plein emploi,
01:45c'est-à-dire 5% théoriquement, on en est très loin.
01:48Et même si on reprend tous les chiffres depuis son arrivée au pouvoir en 2017,
01:52quand Emmanuel Macron arrive au pouvoir, on a un taux de chômage qui est environ à 9,5%.
01:56Aujourd'hui on approche donc des 8%.
01:58Alors en effet ça baisse.
02:00Mais je n'ai pas l'impression que ce soit non plus une baisse extraordinaire, une baisse drastique,
02:03qui mérite qu'on applaudisse le camp macroniste, qui nous présente en permanence...
02:06Là ça augmente.
02:07Mais il le dit, il le dit.
02:08Il dit on a un problème, les hausses de chômage, notamment chez les jeunes, il le dit aussi.
02:12La courbe générale est en baisse depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron,
02:16mais on n'est pas sur une baisse drastique.
02:17On est très loin du plein emploi et on est très loin en réalité,
02:20quand on regarde le cœur des chiffres, d'un chômage structurel qui baisse.
02:24Parce que le problème, c'est qu'en effet, sous Emmanuel Macron, le chômage a baissé.
02:28Mais dans le même temps, on a augmenté considérablement les emplois précaires.
02:32C'est-à-dire qu'en effet, on a plus d'emplois qui ont été créés,
02:36mais pour la plupart, pour une partie, ce sont des emplois dits précaires.
02:39Donc des alternants, des emplois courts, de l'intérimaire, etc.
02:45Donc en réalité, on ne peut pas dire que ce soit une situation économique extrêmement florissante
02:50pour la France d'avoir plus d'emplois qui sont une partie des emplois extrêmement précaires.
02:55Je reviens sur la situation des jeunes.
02:57Le taux de chômage qui augmente fortement, on l'a dit.
03:00Est-ce que c'est, à votre avis, un problème typiquement français ?
03:03Bien sûr, pour deux raisons.
03:04Déjà parce que ça met en cause notre système de retraite directement.
03:07C'est-à-dire que si, en France, vous avez plus de néo-retraités que de néo-actifs,
03:12la balance s'inverse et du coup, le système de retraite devient impossible à financer.
03:16C'est exactement ce qu'on vit maintenant depuis plusieurs décennies.
03:20Et ensuite, il y a un mal français dans la mentalité française,
03:22dans le rapport au travail français.
03:24C'est-à-dire qu'en France, on a dévalorisé les secteurs dits professionnels,
03:29les études professionnelles, les études manuelles, les travaux manuels.
03:33Le fait que finalement, un jeune faisait un lycée pro plutôt qu'un bac général,
03:37on le regardait mal.
03:38C'était un mauvais élève.
03:39Il n'avait pas le droit parce que la filière reine,
03:42les grandes études, c'était faire un bac général,
03:44puis ensuite une école de commerce ou d'ingénieur,
03:46et qu'il fallait un bac plus 5 avant de rentrer sur le marché du travail.
03:49Bon, ça, c'est une erreur.
03:50Et quand vous regardez dans les autres pays, en effet,
03:52aujourd'hui, le premier emploi stable en France,
03:54il est quasiment à 27 ans.
03:55En Allemagne, c'est 23.
03:57Bon, ça, c'est une différence notable qu'il faut corriger, en effet.
04:01Et donc, ça passe par revaloriser les filières professionnelles,
04:04expliquer que tout le monde n'a pas vocation
04:06à faire un bac plus 5 en communication
04:08ou faire des études à rallonge en université,
04:11dans des facs de sociologie ou d'histoire géo,
04:13et que parfois, en effet, en fonction des cursus,
04:16en fonction des critères personnels,
04:18pourquoi pas réorienter plus rapidement des enfants
04:21vers des filières pro pour des métiers qualifiés,
04:24où là, il y a un besoin de main d'œuvre extraordinairement élevé,
04:27parce que je peux dire que dans les métiers manuels,
04:28là, il n'y a pas de chômage.
04:30Mais il manque des gens.
04:31Et vu qu'il manque des Français,
04:32on les importe, on importe ces travailleurs de l'étranger.
04:35La semaine dernière, le MEDEF avait fait des propositions
04:37sur davantage de flexibilité dans les contrats,
04:39notamment pour les jeunes.
04:40C'était surtout pour eux.
04:42que cela a été rejeté en bloc,
04:44à la fois par les syndicats et par les politiques,
04:46notamment par le gouvernement.
04:48Mais il y avait des propositions.
04:50Là, il n'y en a pas d'autres.
04:51Oui, alors je ne suis pas certain que la proposition du MEDEF
04:53aille réellement dans le bon sens,
04:54parce qu'elle participe.
04:55Donc ce sont des CDI qui peuvent être cassées
04:58très facilement par l'employeur
05:00pour les jeunes employés et salariés.
05:03Ça, ça participe directement
05:04à la précarité de l'emploi chez les jeunes.
05:06C'est-à-dire que même si vous avez un CDI,
05:09vous savez qu'il peut être cassé au bout de trois mois,
05:12sans aucune pénibilité pour l'entreprise,
05:16oui, ça crée un sentiment de précarité chez les jeunes.
05:20Donc ça n'avance pas du tout le schmilbic, si je voulais.
05:22Non, ça, d'accord.
05:23Pour reprendre l'expression consacrée,
05:24non, mais ça, je suis d'accord.
05:26Peut-être que ces propositions étaient imparfaites,
05:29mais au moins, ça mérite de mettre le débat sur la table.
05:31Pour trouver quelque chose.
05:32Là, vous avez raison.
05:33C'est ce qu'on disait tout à l'heure,
05:34enfin, à l'instant, c'est qu'on n'en parle jamais.
05:36Parce que ces propositions ont été enterrées, là.
05:38Oui.
05:39Et il n'y en a pas d'autres.
05:39On ne parle jamais, en effet,
05:40du travail des jeunes.
05:42Parce que c'est un tabou, d'une certaine manière.
05:44Parce qu'on considère que...
05:46On a considéré l'étude
05:48comme étant nécessairement extrêmement longue.
05:50On a considéré que les jeunes
05:53devaient se former le plus possible
05:55pour avoir des métiers le plus qualifiés possible.
05:56Et ça, c'est une mentalité française
05:58qu'il faut inverser.
05:59Le problème, c'est qu'on le voit
06:00dans la pyramide des études depuis 20 ans.
06:02On fait de plus en plus d'études.
06:03On fait des études de plus en plus longues.
06:05Mais in fine,
06:06on rentre sur le marché du travail beaucoup plus tard,
06:08avec des salaires qui ne sont souvent pas à la hauteur
06:10des études qu'on a faites.
06:12Donc, c'est un problème, en effet.
06:14Et au lieu de passer son temps
06:15à parler de l'emploi des actifs,
06:17notamment des actifs seniors,
06:18parce que c'est un sujet, bien sûr.
06:20Mais au lieu de parler
06:21de comment réemployer des seniors de plus de 50 ans,
06:24il faudrait s'activer un petit peu plus
06:25sur comment on emploie des jeunes de 21 ans.
06:27On reste ensemble, évidemment.
06:28Je voulais vous poser la question
06:29sur Mélenchon et la France Insoumise
06:31qui a été classée par le ministère de l'Intérieur
06:34à l'extrême gauche.
06:36On en parlera dans un instant.
06:38Et puis, on reviendra aussi, bien sûr,
06:39car c'est mardi, c'est géopolitique,
06:41sur la guerre entre l'Ukraine et la Russie.
06:43Emmanuel Macron veut organiser avec les Européens
06:45le dialogue avec Poutine
06:46sans trop d'interlocuteurs.
06:48C'est ce qu'il dit.
06:49On verra justement ce que cela signifie
06:51et si cela est possible d'exclure les Américains.
06:55Xenia Federova nous rejoint tout de suite
06:56dans le studio d'Europe 1 Info.
06:57A tout de suite.
06:58Il est 13h28.
06:58Excellent après-midi avec Lélie Mathias.
07:00sur l'Europe 1 Info.
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