00:00Sud Radio, le grand matin week-end, 6h-10h, Maxime Liedot.
00:06Soyez les bienvenus dans votre grand matin Sud Radio, c'est un bonheur que d'être avec vous jusqu'à 10h.
00:11Très bon réveil, prenez votre temps, le café, les croissants, les tartines, profitez du silence si vous êtes en week-end,
00:17qui doit s'établir autour de vous, dans la maison.
00:20Bon courage aussi pour ceux qui sont sur la route du travail, qui nous écoutent.
00:24Soyez prudents avec en effet une météo parfois capricieuse, comme vient de le décrire Rémi André.
00:29Et puis vous êtes interpellé par un sujet qui vous énerve, qui vous agace, qui vous fait réagir.
00:34Vous vous garez, vous avez un kit main libre, vous composez le 0826 300 300.
00:39Vous pouvez également réagir sur le site sudradio.fr, les réseaux sociaux et bien sûr l'application,
00:45notamment sur ces questions qu'on va se poser.
00:47Il y a un gros sondage qui a été réalisé sur la jeunesse sur les 15-17 ans.
00:50Est-ce que c'est une génération qu'on va qualifier de prudente, excessivement prudente, totalement désengagée,
00:57la jeunesse de France aujourd'hui ? Elle ne veut pas s'engager pour le pays.
01:00Elle est totalement gangrénée par la religion, au point d'estimer qu'il ne faut surtout pas la critiquer.
01:05Et puis elle se recroqueville, la jeunesse d'aujourd'hui, sur la famille, sur les amis.
01:10Elle n'est plus du tout passionnée par le travail.
01:12Est-ce que c'est une génération paumée ? Une génération feignante ?
01:16Une génération désœuvrée ?
01:18Vous aurez la parole. 9h30, 10h par rapport à ce sujet.
01:22Et puis à partir de 8h30, cette fois-ci, concernant l'agriculture française,
01:25est-ce qu'on peut encore en être fier de notre agriculture ?
01:28Il est fini le temps où certains agents secrets au cinéma pouvaient se vanter d'être le pays
01:32des près de 400 fromages avec un air rigolard.
01:35C'est terminé tout simplement parce que la France voit sa balance agricole totalement désœuvrée,
01:39avec des chiffres alarmants.
01:40Même la ministre de l'Agriculture a réagi en disant qu'on devait absolument agir.
01:45C'est notre souveraineté alimentaire qui est en jeu.
01:48On en parlera à partir de 8h30 naturellement.
01:50Et vous aurez la parole.
01:52Comme d'habitude, au 0826 300 300, pour le moment, il est 7h08,
01:56notre lefto, qui est un boulanger, doit avoir les mains dans la pâte à croissant.
02:00Donc on va se tourner vers un sujet près de chez vous,
02:02avec la tension qui se déroule jusqu'au nord-vot de frigo.
02:04Je parle dans la tension concernant le lait.
02:07Il y a une petite guéguerre, figurez-vous,
02:09entre le lait français et le lait allemand.
02:16Bonjour Johan Barbe.
02:18Bonjour.
02:19Merci beaucoup d'être avec nous ce matin,
02:21président de la Fédération Nationale des Producteurs de lait,
02:23avec une tension qui monte.
02:25Ça pourrait nous paraître lointain,
02:26mais cette tension, forcément, on la retrouve vous dans notre frigo,
02:30accessoirement, avec le prix du lait.
02:31Expliquez-nous, avant qu'on rentre dans les différents détails,
02:34simplement pour les novices que nous sommes et pour ceux qui nous écoutent,
02:37pourquoi actuellement le marché du lait, en coulisses, est l'objet de très vives tensions ?
02:42Alors le marché du lait, c'est pas qu'en coulisses,
02:45c'est en réalité sur nos exploitations qui est en tension,
02:48parce que nous avons vécu une année 2025 avec un prix qui permettait
02:51d'entrevoir une lueur d'espoir de rémunération et surtout de vie normale dans la filière laitière.
02:56Et aujourd'hui, dès 2026, on a des industriels qui ne sont pas capables de rémunérer les producteurs correctement.
03:02Et donc c'est plus de 60 euros au mille litres qu'on vient de perdre entre le 1er décembre et le 1er janvier.
03:10Donc c'est juste impensable pour nous, producteurs de lait,
03:12parce qu'on pensait ça derrière nous, d'un autre temps.
03:15Mais malheureusement, ça revient vite au galop.
03:18Les industriels utilisent toujours les producteurs en variable d'ajustement
03:21pour eux s'en sortir et nous toujours être dans la misère économique.
03:26Il y a une concentration, lit-on, de cette agitation d'une certaine manière
03:30contre l'Allemagne, concurrent direct à plusieurs égards.
03:34La valorisation, apprend-on, des produits laitiers en grande et moyenne surface,
03:38c'est-à-dire qu'outre Rhin, les industriels, eux, acceptent justement
03:42de faire monter les prix pour les producteurs ?
03:45Alors oui, aujourd'hui l'Allemagne, ce qu'elle est en train de faire,
03:48c'est qu'elle dit qu'on a besoin de lait, donc on va réunir les producteurs.
03:51Et l'industrie laitière l'a compris et a investi massivement justement
03:54pour se permettre et se doter d'usines qui sont capables de rémunérer les producteurs.
03:59Alors d'un côté, effectivement, dans les magasins,
04:01une meilleure revalorisation du prix du lait,
04:04mais au travers de tout ça, c'est aussi des entreprises qui sont compétitives
04:07et qui permettent d'avoir des prix qui sont bons marchés malgré...
04:11Donc en fait, c'est les entreprises qui acceptent de faire le jeu des producteurs
04:14d'une certaine manière, c'est ça ?
04:16C'est ça. Un exemple très simple, je veux dire, entre 2022 et 2025,
04:21c'est environ 30 euros de moins que les producteurs de lait français ont eus.
04:26Et donc sur une ferme moyenne en France, c'est quand même 45 000 euros de moins
04:30de revenus par rapport à des collègues allemands.
04:33Donc nous, ce qu'on n'accepte pas, c'était être aujourd'hui encore pris à des taux
04:36pour faire baisser le prix du lait.
04:38On pensait qu'on allait pas aller chercher les maximums comme l'Allemagne était cherchée,
04:43mais qu'au moins quand l'Allemagne allait décrocher,
04:45on allait pouvoir rester stable.
04:46Mais malheureusement, ce n'est pas le cas.
04:48Et donc aujourd'hui, on en fait perdre énormément en rémunération.
04:53Et derrière tout ça, c'est moins d'attractivité de la filière.
04:55C'est aussi le risque, comme la ministre l'a dit, de perdre la souveraineté alimentaire française,
05:00de perdre l'excellence des fromages en France.
05:02Donc moi, je demande à l'industrie laitière de réagir au plus vite.
05:05Il y a aussi un autre sujet sur lequel tout le monde semble être d'accord,
05:09c'est, on va dire, industriel et producteur.
05:12Là, vous êtes mis d'accord, c'est que l'adversaire commun,
05:14ça semble être la grande distribution qui, visiblement, tord les prix,
05:18continue dans certaines négociations à faire baisser les prix.
05:21Mais moi, il y a un truc que je ne comprends pas.
05:22Pendant un temps, il y avait la fameuse loi Egalim qu'on avait vantée un peu partout.
05:26Tout le monde disait qu'elle était formidable et fantastique.
05:29Or là, on est en train de nous dire que les distributeurs ne jouent pas le jeu.
05:32Déjà, est-ce que c'est vrai et comment c'est possible ?
05:35Alors, je pense que les distributeurs, ce n'est pas qu'ils ne jouent pas le jeu,
05:38c'est qu'aujourd'hui, la loi Egalim, c'est les producteurs qui l'avaient demandé
05:42et elle a sancturé ce qu'on appelle la MPA, la matière première agricole,
05:46donc le prix du lait.
05:47Et au moment où on se parle, dans les box de négo,
05:49est plutôt attaqué les coûts de transformation des industriels.
05:53Et donc ces mêmes industriels nous disent, nous, on ne peut pas faire face à la pression des box
05:57et malheureusement, si on ne trouve pas rémunération, on arrêtera de transformer.
06:02Je ne veux pas dire que c'est plus l'un ou plus l'autre.
06:04Ce qui est sûr, c'est qu'ils doivent revenir rapidement à la raison
06:07pour que les producteurs ne soient pas impactés de ce qui est en train de se passer dans les box de négo.
06:11Et rappeler aussi au gouvernement que ce n'est plus possible d'utiliser les box de négociation
06:16comme ils sont utilisés en France,
06:18c'est-à-dire que ces box sont là pour soi-disant garantir le pouvoir d'achat des Français et des Françaises.
06:24Nous savons qu'il y a des Français et des Françaises qui ont des pouvoirs d'achat très faibles,
06:27mais derrière, c'est au gouvernement d'agir, parce qu'à chaque fois que vous perdez des centimes
06:31au niveau de la vente des produits laitiers, finalement, c'est les producteurs qui le payent.
06:36Et nous, ce qu'on voudrait, c'est plutôt aider les ménages les plus faibles
06:40plutôt que de voir tout baisser au plus bas
06:42et finalement de faire tomber une industrie et des producteurs laitiers.
06:46Mais nous, en tant que consommateurs, puisque vous parlez de ceux qui peuvent se permettre
06:51de mettre le prix en réalité en magasin,
06:53en tant que consommateurs, en tant que citoyens, en tant qu'acheteurs,
06:56qu'est-ce qu'on peut faire, nous, pour vous aider justement, pour aider la filière du lait ?
07:01Ce qu'on peut faire quand on est acheteurs et qu'on essaye justement de se préoccuper des producteurs,
07:06c'est déjà d'acheter plutôt des produits qui stipulent bien la rémunération des producteurs sur les emballages.
07:11Ces produits qui ont fait souvent l'objet de contrastes qu'on appelle triparties,
07:15donc ça veut dire que les producteurs se sont mis d'accord avec les transformateurs et la grande distribution
07:18pour trouver une juste rémunération.
07:21Donc ça, je crois que c'est un premier pas.
07:23Et après, il faut faire attention à tous ces produits qui sont en promotion,
07:26qui paraissent très allégeants, mais qui finalement cassent de la valeur.
07:30Et à chaque fois que vous avez des packs de lait, par exemple, en promotion,
07:33ces producteurs qui le payent, je veux dire, le gratuit dans les filières n'importe quelle,
07:37ça n'existe pas.
07:38Et donc c'est toujours le producteur qui paye.
07:40Et donc nous, aujourd'hui, on le dénonce.
07:43Donc il faut que la grande distribution revienne à la raison
07:45et que nos industriels de la transformation comprennent
07:48qu'il faut que ces boxes soient renégociés en France.
07:52Ça, c'est pour nous une priorité.
07:53Mais il faut aussi derrière qu'on arrive à trouver un équilibre de rémunération
07:56entre tous les maillots de la filière.
07:58Donc vigilance encore sur le secteur et sur cette filière du lié
08:01qui connaît tension et problématiques,
08:04et surtout étranglement de la part de la grande distribution
08:07et donc derrière forcément des distributeurs.
08:09Merci beaucoup, Johan Barbe, d'avoir été avec nous,
08:11président de la Fédération Nationale des Producteurs de lait.
08:14Puisqu'on parle du lait, certains en boivent vos petits-déjeuners,
08:16ça tombe bien dans un instant.
08:17On sera près de chez vous, certes,
08:19mais on sera avec quelqu'un qui se surnomme.
08:21Alors attendez, ou qu'on a surnommé,
08:23tout simplement et tout sobrement,
08:24le roi du croissant.
08:25Si ça, ce n'est pas une formule idéale pour le petit-déjeuner,
08:28ça n'arrive que sur Sud Radio.
08:29A tout de suite.
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