00:00Sud Radio, le grand matin week-end, 7h10, Maxime Liedot.
00:058h19 sur Sud Radio, la loi du plomb, vous vous en rappelez,
00:09c'est le match retour dans la rue et à l'Assemblée Nationale.
00:12Bonjour Laurent Saumont.
00:13Bonjour.
00:14Vous êtes sénateur Les Républicains de la Somme.
00:16Est-ce que vous pouvez tout d'abord nous expliquer pourquoi cette loi du plomb,
00:20la fameuse loi du plomb qui avait fait tant parlant d'elle l'été dernier,
00:24revient à nouveau sur le devant de la scène ?
00:27Elle revient parce qu'effectivement nous considérons, en tout cas avec Laurent Duplomb
00:31et les co-signataires de cette proposition de loi,
00:34qu'il est nécessaire de remettre sur la table un certain nombre de faits
00:38pour expliquer le pourquoi il faut remettre la possibilité aux agriculteurs,
00:43producteurs notamment de betteraves, de noisettes ou de cerises,
00:46cette molécule d'acétamipride qui est nécessaire et qui est autorisée
00:50dans les autres pays de l'Union Européenne.
00:52Sur le retour de l'acétamipride, on y reviendra,
00:54mais certains vous accusent en réalité de remettre une loi
00:56qui a été battue en brèche par une pétition,
00:592 millions de signataires, des manifestations massives,
01:02encore hier une trentaine de manifestations un peu partout en France,
01:05soutenues par plus de 80 organisations,
01:07que ce soit également des mouvements, on l'a dit, dans la rue,
01:10mais également dans les médias, sur les réseaux sociaux.
01:12Qu'est-ce que vous leur répondez, eux, à ces accusations
01:14qui disent que vous essayez d'une certaine manière de passer en force ?
01:17Non, pas du tout.
01:19La pétition a permis à ce que le débat soit remis sur la table, justement.
01:24C'est ce qui a été fait, et c'est ce pourquoi nous voulons continuer
01:27à expliquer, à débattre sur ce sujet qui est important pour notre agriculture.
01:31On dit que l'agriculture française est un des fleurons de l'agriculture
01:34au niveau du monde.
01:36C'est plus le cas, vous avez vu les chiffres des dernières heures.
01:39Justement, nous voyons aujourd'hui s'effondrer notre commerce extérieur.
01:44On voit mettre en péril un certain nombre de nos filières,
01:47en particulier le sucre, la noisette, la cerise, les fruits et légumes.
01:51Doit-on rester les bras ballants et se dire, finalement,
01:54nous restons comme ça et nous perdons ces parts de marché
01:56et de voir nos concurrents européens largement nous dépasser ?
01:59Ou devons-nous dire raisonnablement, regardons les faits ?
02:02Les faits, c'est, est-il concurrentiel par rapport à nos concurrents européens,
02:08mais même au niveau mondial, d'utiliser un certain nombre de techniques
02:12qui sont avérées dans les autres pays et que l'on s'interdit en France ?
02:17Est-il raisonnable de vouloir se surprotéger en sachant que,
02:22par exemple, si je prends encore une fois cette molécule qui a fait tant parler d'elle,
02:25aujourd'hui, l'EFSA comme d'ailleurs l'ANSES ont démontré par la réhospite...
02:30Précisez ce que sont l'ANSES et l'ANSES, c'est-à-dire que ce sont des organismes de santé.
02:34Oui, pardon, l'Agence Nationale de Sécurité Alimentaire française, l'ANSES,
02:40qui contrôle les médicaments et les molécules et en donne leur qualité ou leur interdiction,
02:45ou en tout cas propose leur qualité et leur interdiction,
02:48et puis l'EFSA, c'est le même organisme européen qui contrôle justement
02:52la mise sur le marché de ces molécules eu égard leurs effets positifs ou négatifs.
02:56Donc vous, le rensement, c'est ça que vous dites, c'est-à-dire que ce qui pose problème,
02:59on le redit, c'est ce mot un peu compliqué, qui est l'acetamipride,
03:03qui est un néonicotinoïde, c'est-à-dire un pesticide qui est indispensable
03:07pour ceux qui produisent de la noisette, des cerises et de la betterave en France,
03:11et vous dites en réalité, il faut arrêter d'écouter ceux qui vous disent
03:13que ces pesticides sont dangereux pour la santé,
03:16qu'on réintroduit le cancer dans les champs de France.
03:19Ce n'est pas vrai, ce n'est pas la réalité.
03:21Regardez, des institutions françaises et européennes ont validé ces produits partout,
03:25il n'y a pas de risque. C'est ce que vous redites ce matin.
03:27C'est ce que disent les organismes scientifiques qui contrôlent l'utilisation
03:32ou l'autorisation de mise sur le marché de ces molécules.
03:35Pourquoi ce serait autorisé dans les autres pays européens,
03:37comme encore très récemment en Belgique, et pas en France ?
03:41Est-on dans une même Europe ou est-on dans une Europe qui discrimine
03:45des pays qui seraient négatifs sur le plan de l'environnement ?
03:49Bien sûr que non. Pourquoi la Slovénie ? Je reviens de Slovénie.
03:52Le miel, pour eux, par exemple, c'est quelque chose d'extrêmement important.
03:55Pourquoi ont-ils autorisé qu'on augmente de 20 fois ce qu'on appelle la LMR,
03:59c'est-à-dire la dose légale de résidus dans les productions ?
04:05Pourquoi ont-ils accepté, alors que c'est leur marque de fabrique,
04:09cette protection de l'environnement, cette protection de la santé humaine,
04:13et que nous, nous considérerions que l'utiliser, ce serait pire qu'en Slovénie,
04:17pire qu'en Allemagne, pire que dans les autres pays ?
04:19Mais alors, Laurent Saumont, la question que je vous pose à ce moment-là,
04:22c'est quels sont vos espoirs, si vous voulez, que cette loi, à nouveau,
04:26puisse avoir un certain succès législatif, quand on sait que, la dernière fois,
04:30ce qui n'a pas été validé, la dernière étape qui a manqué,
04:32c'est celle du Conseil constitutionnel qui a censuré l'article.
04:35Qu'est-ce qui fait que, cette fois-ci, vous pourriez passer
04:37avec beaucoup plus de facilité qu'auparavant ?
04:40C'est de mettre des arguments complémentaires par rapport à ce qu'ont annoncé,
04:44comme je le disais, l'ANCE, c'est-à-dire l'Assemblée nationale
04:46de sécurité alimentaire française, ou l'EFSA, l'Organisme européen de santé alimentaire,
04:52et de démontrer par les faits, par les recherches...
04:55Et ça, ce sera suffisant pour passer la barrière du Conseil constitutionnel, vous le pensez ?
04:58Écoutez, c'est à eux qu'il faut le demander, je ne suis pas membre de ce Conseil,
05:02j'ose espérer qu'on va être un peu plus réaliste,
05:05parce que de dire, par exemple, qu'on va pouvoir concurrencer un petit peu
05:09par le fait de ne pas utiliser en France ces molécules-là,
05:13on a des baisses de rendement, on a une concurrence déloyale
05:16par rapport à l'arrivée de produits, soit issus des autres pays de l'Union européenne,
05:20mais même au-delà.
05:22Et donc, on nous dit qu'on va faire plus de contrôles, c'est totalement faux,
05:24on est incapables de faire tous les contrôles sur tous les produits
05:26qui rentrent sur le territoire national.
05:28Donc, au bout d'un moment, il faut être réaliste ?
05:31Les faits sont malheureusement, les faits, si on veut absolument les effacer,
05:35faire croire par des slogans que l'acétamépride, à la dose telle qu'elle est autorisée,
05:40serait cancérogène parce qu'on en prend, je suppose qu'on ne mange pas
05:43un kilo de miel matin, midi et soir, qu'on ne mange pas un kilo de noisettes
05:46matin, midi et soir, car effectivement, c'est la dose qui fait la toxicité.
05:49Or, on ne mangerait pas suffisamment de ces produits.
05:53Vous savez, je suis vétérinaire et j'avais un professeur d'alimentation
05:56qui nous répétait que même le pain, si vous en prenez 10 kilos le matin,
05:5910 kilos le midi et 10 kilos le soir, effectivement, ça peut devenir cancérogène.
06:02Donc, tout est une question de dose et on suivra attentivement.
06:06Qui plus est ici sur Sud Radio, ces lois et ces débats,
06:09notamment par rapport à cette fameuse loi Duplomb
06:11qui avait fait déjà tant parler d'elle l'été dernier.
06:13Merci beaucoup, Laurent Saumont, d'avoir été avec nous,
06:15sénateur LR de la Somme, pour défendre justement cette loi.
06:18Et vous le dites très bien ce matin, c'est indispensable pour nos agriculteurs.
06:21Sinon, on ne cessera de leur mettre des bâtons dans les roues
06:23et de les mettre en concurrence avec d'autres pays voisins.
06:26Merci beaucoup d'avoir été avec nous sur Sud Radio.
06:28Il est 8h25.
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