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  • il y a 20 heures
Transcription
00:00J'avais 22 ans, j'avais un enfant, il m'a pris sous son aile, il m'a fait faire trois opéras par an.
00:06Donc j'ai eu mes premières intermittences comme ça.
00:08Et en parallèle, je travaillais au Balzac.
00:12J'y étais hier soir, pour l'avant-première, dans le cadre du festival Télérama.
00:17Oui, j'étais particulièrement ému parce que c'est un cinéma où j'ai travaillé entre 5 et 8 ans.
00:27Et il y avait tous mes anciens collègues qui étaient là.
00:31Et le projectionniste, c'était le projectionniste qui était là quand je travaillais.
00:39Évidemment, le cinéma a énormément changé.
00:42Moi, je faisais un travail, on appelait ça contrôleur, donc ce n'est pas ouvreur, on ne déchire pas les tickets.
00:47Ça fait aussi partie.
00:48On sert au bar, on nettoie les salles, on ferme le cinéma, on fait l'affichage, les changements d'affiches.
00:56Enfin bon, voilà, les prospectus, tout ça.
00:58C'était quelque chose que je faisais en parallèle de mon métier de comédien.
01:03Je pense que quand je travaillais au Balzac, les premières années, je faisais beaucoup de figuration à l'opéra.
01:08La personne qui s'occupait de la figuration à l'opéra avait vu, j'avais 22 ans, j'avais un enfant.
01:14Il m'a pris sous son aile, il m'a fait faire trois opéras par an.
01:18Donc j'ai eu mes premières intermittences comme ça et en parallèle, je travaillais au Balzac.
01:24Je parle longtemps, hein ?
01:25Non, mais il n'y a pas de problème.
01:27Ah, Dominique Molle.
01:28Alors, Dominique Molle.
01:30Écoutez, je ne sais pas si on retravaillera ensemble parce qu'on a déjà fait deux films ensemble.
01:36C'est beaucoup pour Dominique, je crois que c'est son max.
01:38Évidemment que moi, je pense que j'irais les yeux fermés s'il me proposait un film.
01:48Plus que son cinéma, j'aime l'homme, en fait.
01:53Je pense que c'est une personne rare dans le cinéma.
01:59Vraiment très rare.
02:00C'est quelqu'un sur qui je peux compter.
02:09Ça t'y pète une raclure, c'est moi qui vais venir faire chier parce que j'ai mis une giflette.
02:12T'es complètement con ?
02:13T'as oublié ce que c'est une procédure ?
02:15Qu'est-ce qui se passe si on ne respecte pas les procédures ?
02:17Me pas en plaques comme un débile, ça va ?
02:18Ah bon ? Parce que t'es pas débile ?
02:23Je te jure, si c'est lui l'assassin de Clara et que ses avocats font annuler la procédure à cause de tes conneries,
02:28je ne te le pardonnerai pas.
02:30Barbara, c'est une femme qui a été extrêmement tourmentée,
02:37qui a créé autour de ça, qui a su faire de sa tourmente les chansons qu'on lui connaît.
02:43C'est ma mère qui a écouté beaucoup Barbara, qui m'a transmis ça.
02:49Et Barbara, je me la suis toujours imaginée comme une grand-mère de substitution.
02:59Parce que quand elle dit dans le mal de vivre, on pense à ceux qui n'en sont pas revenus.
03:04Moi, j'ai ma grand-mère qui s'est suicidée au moment de ma naissance.
03:09Je pense parce qu'elle n'a pas supporté d'être grand-mère.
03:14Et je ne sais pas, dans mon imaginaire d'enfant, je me suis dit si ma mère écoute Barbara,
03:19ma grand-mère devait beaucoup écouter Barbara.
03:21Et c'est un espèce de truc de l'ordre de la mélancolie.
03:25Et je ne sais pas, j'ai tout mélangé enfant.
03:29Et il y a eu un espèce de truc où oui, ça me touche très fort.
03:35Ah, waouh !
03:36Ben, trop bien, la guerre est déclarée.
03:40Je rencontre Jérémy sur un tournage où j'ai mon premier rôle à la télé,
03:45qui s'appelle Simple, un téléfilm d'Ivan Calberac.
03:49Je rencontre Jérémy, on tombe en amitié très vite sur ce tournage.
03:57Et dans la foulée, il me dit, je prépare ça, je fais ci, je fais ça, viens.
04:01Et ça se fait de manière très simple.
04:04Je me rappelle d'être là les jours où je tourne,
04:09d'être parfois là les jours où je ne tourne pas.
04:13Je me rappelle, parce que j'aime me conduire,
04:18je me rappelle d'être le conducteur du chef-hop
04:21quand on fait des travelling sur le scooter.
04:25Une première expérience de cinéma tellement libre.
04:28Même si je me dis souvent naïve,
04:30je pense que je sais très bien que je participais à un film
04:34qui se tournait d'une manière particulière et libre
04:38et que je ne retrouverais pas ça partout, tout le temps.
04:41Puis ça m'amène devant vous aujourd'hui aussi.
04:43À la lecture de mon premier livre,
04:47un journaliste littéraire m'a dit, vous irez loin.
04:52Je suis allé jusqu'à la rue Pigalle,
04:54au sixième étage d'un immeuble en travaux.
04:55Ah, ne remplis pas trop le sac,
05:05sinon c'est lourd à porter.
05:08Ces petits boulots ont l'avantage sur l'emploi salarié
05:10de me laisser du temps pour écrire.
05:18C'est ainsi, par un chantier peu payé,
05:21auquel rien ne m'avait préparé,
05:22que j'ai changé de vie.
05:23Sous-titrage Société Radio-Canada
05:27Sous-titrage Société Radio-Canada
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