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Transcription
00:00C'est fort, ça touche.
00:01Il y a un côté technique que j'aime bien.
00:03On avache dans le temps.
00:04On se retrouve à la Fondation Lujuton
00:05et je vais vous emmener voir quatre œuvres importantes
00:08du peintre allemand Gerhard Richter
00:09qui sont évocatrices de la diversité de son travail,
00:12de sa puissance et de toute une histoire de la peinture
00:14jusqu'au XXIe siècle.
00:18Première étape, ce tableau s'il a ramené
00:20à partir d'un voyage qu'il a fait dans les années 70.
00:23À partir de ses photos, il a peint plusieurs paysages de glaciers
00:26dont celui-ci qui date de 1981,
00:27ce qui montre bien à quel point l'œuvre de Richter
00:30est assez universelle
00:32et que même s'il a une technique extrêmement précise
00:35inspirée par le peintre allemand romantique Friedrich,
00:38il s'adresse aux problèmes qu'on peut rencontrer aujourd'hui.
00:40Il y a un aspect assez intemporel de façon générale
00:42aux œuvres de Richter, mais celle-là particulièrement
00:44parce qu'elle peut faire écho à tout ce qui se passe
00:46en ce moment d'un point de vue écologie.
00:48Ça nous touche plus dans l'œuvre de savoir
00:49qu'il s'est rendu sur place, qu'il a pris des photos.
00:52C'est original et je trouve que ça fait
00:53une grande partie de la qualité de l'œuvre de Richter.
00:58Deuxième étape, ce triptyque de Gerhard Richter
01:00qui date des années 80.
01:02Pour ce tableau qu'on voit foisonnant de couleurs,
01:05il s'est inspiré de peintures qu'il avait déjà faites
01:07et qui étaient en petit format.
01:09Ce qui est assez intéressant avec ce tableau,
01:11c'est qu'on arrive à comprendre
01:12que pour Richter, l'abstraction, c'est un réel travail.
01:15Il n'y a pas de spontanéité, d'immédiateté.
01:18Ça fait penser un petit peu à ce qu'on peut entendre,
01:19que l'abstraction, ce serait une forme de peinture relativement facile,
01:24comme si un enfant aurait pu faire la même chose.
01:27Mais là, Richter, avec ce tableau,
01:29il nous montre qu'il y a une méthode,
01:31il y a une technique, un artisanat presque,
01:32on pourrait dire, de la peinture.
01:34Je voyais vraiment les couleurs en elles-mêmes
01:36qui flottent dans l'espace.
01:38Ça donne un peu une danse de couleurs.
01:41Je trouve que c'est assez incroyable.
01:43Il y a vraiment la perspective et la 3D.
01:46Quand on est un artiste qui était enfant, adolescent,
01:50dans la Deuxième Guerre mondiale,
01:51je pense qu'à un moment donné,
01:52quand on est sorti de tous ces traumatismes,
01:54on a vraiment envie de couleurs,
01:56de légèreté, de danse et de joie.
02:00Troisième étape,
02:01un portrait de la fille de Gerhard Richter
02:03qui s'appelle Betty.
02:04Quand on regarde cette peinture,
02:05on est amené à la regarder longtemps.
02:07De loin, on a l'impression
02:08que c'est presque une photo réaliste classique.
02:11En s'approchant,
02:12on voit que les contours sont flous,
02:14qu'il y a quelque chose de diffus.
02:15Il s'éloigne de la photo
02:16pour exprimer ce qu'il ressent
02:19quand il regarde sa fille.
02:20C'est-à-dire une forme de mystère,
02:22mais aussi de tendresse.
02:23On voit dans le flou
02:25qu'il n'arrive pas complètement
02:26à saisir précisément qui est sa fille.
02:29La fille de l'artiste,
02:30elle regarde une peinture
02:31que son père a faite
02:32et que du coup, nous, on regarde cette peinture.
02:34J'aime bien ce principe-là.
02:36C'est comme s'il nous invitait à être dans l'œuvre,
02:37comme si l'œuvre était un peu incomplète.
02:39Il laisse vraiment la liberté
02:41de pouvoir, si on a envie ou pas,
02:42de vouloir rentrer dans l'œuvre.
02:46Dernière étape de cette visite
02:47de l'exposition de Gerhard Richter
02:49avec une œuvre qui s'appelle Birkenau,
02:52qui est un polyptique,
02:53quatre toiles abstraites,
02:54que le peintre a réalisé
02:55à partir des seules photographies directes
02:58qui nous restent des camps de la mort.
03:00Il a commencé par procéder
03:02comme il le faisait habituellement,
03:03à travailler de manière figurative
03:05à partir des photographies.
03:06Puis, il s'est rendu compte que, en fait,
03:08représenter une telle horreur était impossible.
03:10Et il a donc cheminé vers l'abstraction.
03:12Le rouge évoque la violence, le sang.
03:14Et le vert, pour moi, est une évocation
03:17de ce qui est putride,
03:18ce qui pollue la terre,
03:20ce qui marque l'histoire.
03:21Le mouvement montre bien que les couleurs ne disparaissent jamais.
03:25Et c'est ce que Richter veut nous montrer,
03:27que l'histoire reste.
03:29Je ne peux pas s'empêcher de voir des taches de sang dessus.
03:32Ça m'a bouleversée.
03:34Et j'ai eu le sentiment que c'était quelque chose
03:37qui l'avait au plus profondé depuis des années et des années.
03:39Ça a dû le hanter pendant des années.
03:41Et ça nous hante, nous aussi.
03:44Ce sont des choses qui sont innommables,
03:49impossibles à imaginer.
03:51C'est un témoignage.
03:52C'est quelque chose qu'il ne faut pas oublier.
03:53Et je comprends qu'il ait mis du temps à sortir saluer.
03:59Et excusez-moi, je suis encore très aimée.
04:01Il y a aussi une forme de responsabilité de l'artiste
04:04à nous présenter les choses telles qu'elles sont.
04:07On l'aura compris, d'ailleurs, à travers ce parcours,
04:09Gerhard Richter n'est pas du tout intéressé par l'illusion.
04:12Il y a une forme de rapport à la réalité.
04:14Son objectif, c'est toujours de montrer les choses telles qu'elles sont.
04:19Pas forcément de manière figurative,
04:20mais telles qu'elles sont quand même.
04:23mais telles qu'ellesobedient
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