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  • il y a 2 jours
Transcription
00:00C'est le film qui passe ce soir.
00:04Je ne l'ai pas encore vu, je vais le découvrir avec le public.
00:07Je l'ai fait parce que j'ai rencontré les trois garçons
00:10et qui m'ont séduit par leur intellect, qui m'ont donné envie de les suivre.
00:14C'est la seule chose qui me motive à faire un film,
00:16c'est d'être séduite par le ou la metteuse en scène.
00:18Parce que l'âme du film, c'est eux qui la donnent.
00:20Ce n'est pas les acteurs, pour moi, ce n'est pas le scénario.
00:23Bien sûr, c'est important le scénario, mais c'est surtout leur âme.
00:26Je n'ai jamais eu de plan de carrière ou de choses.
00:28il faut que je fasse ça, c'est bien pour moi.
00:30Ça, surtout pas.
00:31Et même, j'ai envie de dire, quand tu rencontres quelqu'un
00:34qui dit « fais attention à toi », jamais.
00:36Parce que si tu commences à t'économiser,
00:39tu ne fais pas les choses intensément.
00:42Pour moi, je ne parle que pour moi.
00:44Et jamais je ne m'économiserai, jamais je ne ferai attention à rien.
00:48Moi, je veux tout prendre, tu vois.
00:50Tout ce que j'ai envie, s'il y a de la lumière plus puissante là-bas,
00:53je laisse ici et je ne vais plus loin.
00:54Ça va ?
00:55Aïe !
00:56J'ai proposé à Laurent de dormir à la maison.
01:03Pourquoi tu rentres pas chez toi ?
01:04Parce que j'ai pas de chez moi.
01:06Tu sais qu'on est hyper content, soit là.
01:08Tu peux rester autant que tu seras bien.
01:10L'homme de ma vie.
01:17Le plus bel homme du monde.
01:19Le plus brillant.
01:20L'homme de tous les combats justes.
01:22C'est un homme qui s'est battu pour le droit des Noirs,
01:25le droit des Homo, le droit des Palestiniens.
01:30Écoute, j'ai envie de pleurer.
01:31Je vois une photo de lui.
01:32Je vais la garder, elle est trop belle.
01:33Je pense que le plus beau texte que j'ai lu de ma vie,
01:35c'est le condamné à mort.
01:37Et quand, je sais, il a écrit pour Maurice Pylor,
01:41ce jeune condamné à mort,
01:43il l'appelle sa nuit d'Espagne.
01:46Est-ce qu'un homme, que ce soit une femme ou un homme,
01:48tu t'en fous,
01:49un homme qui appellerait une femme,
01:50parce que j'aime les garçons,
01:52ma nuit d'Espagne,
01:53parce que quand tu penses à une nuit d'Espagne,
01:54c'est la chaleur, c'est la fête,
01:56c'est l'alcool, la danse,
01:58enfin tout ce qui te dit les plaisirs,
02:00entre guillemets, les plaisirs de la vie.
02:01Et lui, il l'appelle de cette manière,
02:03t'es ma nuit d'Espagne.
02:05Moi, j'aurais rêvé qu'un homme m'appelle ma nuit d'Espagne,
02:08mais ça n'est jamais arrivé.
02:10Et en plus, il aime exactement le genre de garçon que j'aime,
02:13qui ressemble à des bagnards.
02:15Et c'est Anouk Aimé qui m'a raconté,
02:17elle le connaissait bien,
02:19qui m'a raconté une anecdote.
02:20Elle me dit, puisque tu aimes Jean Genet,
02:22je vais te raconter une anecdote.
02:23Quand il se connaissait,
02:24elle a toujours été sublime, Anouk,
02:26mais il venait chez moi,
02:28il me disait de m'habiller comme ça.
02:30Il me dit, habite-toi comme une pute,
02:32on va aller à Saint-Germain,
02:33et je marcherai derrière toi,
02:34donc tous les mecs vont te regarder,
02:36et moi, je pourrais regarder les garçons qui te regardent.
02:38Enfin, lui, l'homme de ma vie.
02:41Alors, j'ai dit,
02:41quand je irai au paradis,
02:43je prendrai Jean Genet pour le jour,
02:46et Kurt Coben pour la nuit.
02:47« 120 Journées de Sodome »,
02:52de Salo, pardon,
02:54inspiré un petit peu des « 120 Journées de Sodome »
02:57du Marquis de Sade,
02:58mais surtout de la ville de Salo,
03:00où tous les grands aristos,
03:02les grands bourgeois,
03:03pendant la Deuxième Guerre mondiale,
03:05allaient se réfugier.
03:06Alors ça, c'est un film,
03:07je pense qu'on devrait exiger de le montrer dans les écoles,
03:11même s'il est très hardcore,
03:12mais tu te dis,
03:14le fascisme,
03:15est-ce que tu peux représenter mieux le fascisme
03:17que ce film-là ?
03:18Et aujourd'hui,
03:19avec toutes les censures de tout,
03:21la con qu'on a sur tout,
03:22ce film ne pourrait être jamais produit,
03:24mais je vais te raconter une anecdote
03:25qu'Abel Ferraro m'a racontée,
03:26qu'il avait rencontrée,
03:27c'est que ce film n'est fait qu'avec les rushs jetés,
03:30parce que les vrais rushs ont été volés de ce film.
03:33C'est-à-dire que le film que tu vois dans les cinémas,
03:35ce n'est que les rushs qui avaient été mis à la poubelle
03:37parce que les autres ont disparu.
03:39Et déjà, quand tu vois la grandeur de ce film,
03:41où chaque image, tu te dis,
03:42c'est impossible d'aller plus loin
03:44si avec Pasolini c'est possible.
03:46Et voilà, il dénonce la chose la plus laide du monde,
03:49le fascisme,
03:50et personne ne le démontre mieux que lui.
03:52Et c'est mon premier mari
03:53qui m'a fait découvrir Salot,
03:54on est à la Saint-Michel,
03:55tu sais les petites salles obscures,
03:57où tu as Salot,
03:57on est cinq dans la salle,
03:59je crois qu'on est restés que tous les deux.
04:00J'ai pris une claque dans la figure d'intelligence.
04:05Et j'ai eu la chance avec Fabrice Develle
04:07de faire cet hommage qui s'appelle
04:08La Patience,
04:09c'est Béatrice,
04:10en hommage à La Patience selon Saint-Mathieu.
04:14C'est le plus beau film de ma vie.
04:17Parce que c'est vraiment,
04:18ok, un hommage à Pasolini,
04:19mais comme si,
04:20quand je vois ce film,
04:22c'est comme si Pasolini a été un de mes amoureux,
04:25et que j'essayais de le retrouver,
04:26bien sûr, je ne le retrouve pas.
04:27J'ai plein de poèmes de Pasolini,
04:29Tout Mando, c'est des poèmes de Pasolini,
04:30c'est la ricotta que lit
04:32Orson Welles dans la ricotta.
04:34Et je lui avais dit ça,
04:36si j'ai un amoureux con,
04:37au moins,
04:37il peut apprendre des choses.
04:39Elle me dit,
04:39il t'aurait tellement aimé,
04:41et il me dit,
04:41en plus,
04:42une femme,
04:42ou une femme ou un homme,
04:43on s'en fout,
04:44qui se fasse tatouer des mots d'esprit,
04:47forcément,
04:48j'imagine que ça lui aurait fait plaisir,
04:50enfin,
04:50parce que c'est moi,
04:51qui que ce soit fasse ça,
04:52d'un seul coup,
04:53c'est forcément de l'admiration
04:54et de l'amour, quoi.
04:55Oh,
04:55elles sont belles tes photos !
04:57Il y a que la sorcière
04:57que je ne vois rien,
04:58je les garde toutes.
04:59Eh ben oui,
05:00c'était cadeau.
05:00Merci ma princesse.
05:01Ben non,
05:02c'était très chouette,
05:02merci beaucoup.
05:03Merci à toi.
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