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00:00A la une également, le compte à rebours qui s'accélère avant les Jeux Olympiques d'hiver 2026 de Milan.
00:05Cortina, cérémonie d'ouverture demain, on nous annonce notamment Maria Carré.
00:10Avant que le show ne commence, question ce matin au risque d'être un peu rabat-joie sur le coût écologique de cet événement
00:16et ce à venir notamment dans 4 ans dans les Alpes françaises.
00:19Dans un moment d'accélération du réchauffement climatique, de la raréfaction de la ressource en eau et donc de celle de la neige,
00:25la promesse d'organiser des Jeux durables et vertueux est-elle vraiment tonable ?
00:31C'est Parlons-en aujourd'hui avec Lauriane Cholaise, Guillaume Desmurs et nous serons tout à l'heure avec Benoît Perrochet.
00:36Bonjour à tous les deux, merci d'être là. On a beaucoup de choses à se dire, c'est Parlons-en et c'est parti.
00:52Bonjour Lauriane Cholaise.
00:54Bonjour.
00:54Merci beaucoup d'être sur ce plateau. Vous êtes journaliste chez Reporters et vous êtes spécialisé notamment des enjeux écologiques
01:01autour des grands événements sportifs que sont les Jeux olympiques.
01:05Et puis avec nous à distance, Guillaume Desmurs, bonjour.
01:10Bonjour.
01:11Merci beaucoup de participer à distance à cette discussion.
01:13Vous êtes journaliste spécialiste du milieu de la montagne.
01:16Vous signez le crépuscule des Jeux qui est sorti chez Guérin, précisément en quête sur les Jeux d'hiver de 2030.
01:23On sera tout à l'heure aussi rejoints par Benoît Perrochet, le chef du service des sports ici de France 24.
01:29L'Italie s'apprête donc à ouvrir officiellement demain à la 25e édition des Jeux olympiques d'hiver,
01:34suivi des Jeux paralympiques d'hiver qui se tiendront du 6 au 15 mars.
01:38Rendez-vous bien sûr incontournable des amoureux des sports d'hiver.
01:41Mais avec une question posée ce matin, ces Jeux pourront-ils encore survivre ?
01:46Y aura-t-il encore des Jeux d'hiver dans 20 ou dans 30 ans ?
01:50Ils subissent eux aussi le réchauffement climatique et sont même accusés d'y participer à leur façon.
01:56Ça va être l'un des sujets qu'on va aborder ensemble.
01:58Mais d'abord, on va regarder ces images et ce reportage tourné par Victor Faubert.
02:03Ils sont présentés comme les Jeux les plus écologiques de l'histoire.
02:10Ils sont d'abord les plus dispersés.
02:12Pour les Jeux olympiques de Milan-Cortina, les compétitions se dérouleront sur 7 sites
02:17répartis dans une zone de 22 000 km² à travers l'Italie.
02:21Une organisation présentée comme une solution pour limiter le nombre d'infrastructures à construire.
02:26Mais décriée par ce rapport de scientifiques britanniques.
02:30Les Jeux olympiques d'hiver de 2026 à Milan-Cortina
02:32entraîneront des émissions de gaz à effet de serre d'environ 930 000 tonnes d'équivalent CO2,
02:38dont la plus grande partie, environ 410 000 tonnes, sera due au déplacement des spectateurs.
02:43Un bilan carbone conséquent pour des écosystèmes fragiles,
02:47notamment causé par une hausse de 160% du trafic aérien pendant la quinzaine olympique.
02:53De son côté, le comité olympique assure qu'un bilan sera fait après les épreuves.
02:59Je pense que cela va nous apprendre beaucoup.
03:02Et comme je l'ai dit, l'équipe chargée des Jeux a déjà commencé à mettre en place des moyens
03:06qui nous permettront de mesurer certains éléments spécifiques pendant ces Jeux,
03:11afin que nous puissions poursuivre ces discussions à l'avenir.
03:15Mais pour l'ONG Greenpeace, la prise de conscience doit être immédiate.
03:19L'organisation dénonce dans une vidéo
03:21les partenariats conclus entre des compagnies pétrolières et l'organisation des Jeux.
03:26Nous voulons essentiellement dénoncer l'absurdité du parrainage des Jeux olympiques
03:37par une compagnie pétrolière et gazière,
03:39alors que ces derniers dépendent pour leur existence de la glace et de la neige des glaciers.
03:43Cette même neige et cette même glace
03:47qui sont menacées par les émissions des compagnies pétrolières et gazières comme Eni.
03:52Selon le comité olympique,
03:54seuls 52 sites de montagne
03:55pourraient encore accueillir les Jeux dans les années 2050
03:58contre 93 auparavant.
04:01Une perspective qui interroge à l'approche des prochains Jeux olympiques d'hiver
04:05qui seront organisées dans les Alpes françaises en 2030.
04:09Les sites de compétition iront du lac Léman à la Méditerranée.
04:15Voilà, on va revenir sur certains des éléments dont Victor Faubert faisait part à l'instant.
04:21Alors, il y a une promesse originelle, Laurie-Anne Cholès,
04:24qui n'est pas l'apanage des Jeux de Cortina d'ailleurs.
04:27Faire des Jeux durables, dans le cas italien,
04:30et Victor l'a rappelé à l'instant, c'est écrit dans leur dossier.
04:32« Utiliser de l'énergie électrique renouvelable,
04:35réduire et compenser les émissions de gaz à effet de serre,
04:38limiter l'occupation des sols et j'en passe. »
04:40Je vous ai entendu sourire assez cyniquement
04:42pendant qu'on diffusait ce sujet.
04:45On sait déjà que les objectifs ne seront pas tenus,
04:47ou ne sont pas tenables.
04:49Alors, dans le dossier de candidature,
04:51il y avait 96 fois le mot « développement durable ».
04:54Donc, ça peut être...
04:56Peut-être qu'ils montrent leur bonne volonté,
04:58mais dans les faits, ça va être impossible,
05:01le sujet a rappelé les émissions de CO2 supplémentaires.
05:06Et il faut aussi penser à toutes les infrastructures
05:09qui vont être construites.
05:10Je pense qu'on a vu des images de la piste de Bob's Leg.
05:15Ils ont complètement détruit la piste existante
05:19pour en reconstruire une.
05:21Et ils ont dû abattre des MLS centenaires pour ça.
05:24Et au final, ça a coûté plus de deux fois plus cher.
05:28C'était 61 millions d'euros.
05:30Et au final, elle a coûté 122 millions d'euros.
05:33Donc, à la fois, c'est un problème économique
05:35et aussi écologique.
05:36On va bien sûr revenir sur la question des équipements.
05:40Guillaume Demure, la promesse de faire des jeux écolo,
05:44ou en tout cas, minima durable,
05:45c'était une promesse aussi qu'on avait entendue ici en France
05:48pour les Jeux de Paris 2024.
05:50C'est une espèce de timbre obligé
05:53pour une candidature aujourd'hui.
05:55Mais quand on attend la patronne du CIO dire
05:58« Bon, on fera le bilan après »,
06:01on sait qu'à chaque fois, les bilans sont dépassés, en réalité.
06:05Oui, alors, ce n'est pas très sérieux.
06:07Soyons clairs, ce n'est pas très sérieux
06:08de prétendre faire des Jeux olympiques sobres
06:11quand on fait venir des milliers de personnes du monde entier
06:14et qu'on construit des infrastructures lourdes et pérennes.
06:18dans des environnements naturels.
06:20Donc, ce n'est pas sérieux.
06:21À chaque Jeux olympiques d'hiver comme d'été,
06:24on fait la même promesse de sobriété, de durabilité.
06:28Moi, ma première question, c'est
06:29« Qu'est-ce que vous entendez par des JO durables ? »
06:32Qu'est-ce que ça veut dire pour vous, les JO durables ?
06:35Ce mot « durable » n'est jamais défini.
06:37Donc, quand on ne définit pas, on ne respecte jamais.
06:41Et puis, quant au bilan post-JO,
06:43on attend toujours celui de Paris, par exemple.
06:47Donc, c'est facile de remettre à plus tard en disant
06:49« Vous verrez, tout se passera bien ».
06:50Donc, quand on a des Jeux olympiques d'hiver
06:55comme ceux de 2030 qui vont être étalés sur 500 kilomètres
06:58entre Nice et le massif des Aravis,
07:02ce n'est pas très sérieux de prétendre que ça sera durable.
07:04D'autant plus que la durabilité, elle se conçoit dès le début.
07:09Et là, clairement, la candidature pour les JO 2030
07:12n'a pas la durabilité dans son ADN.
07:15C'est une candidature qui, à l'origine, est politique.
07:18C'est deux régions qui se sont partagées les épreuves.
07:21Donc, il n'y a à aucun moment dans la réflexion de départ de cette candidature,
07:26il y a la notion de durabilité.
07:28Elle est venue plus tard, on l'a collée dessus comme un autocollant,
07:30parce qu'il faut coller l'autocollant durabilité.
07:33Mais ce n'est vraiment pas sérieux.
07:35Il y a des choses qui sont spécifiques aux Jeux d'hiver
07:38et on va y venir, évidemment, à la question de l'enneigement.
07:41Mais il y a, et vous avez évoqué la question des équipements
07:44qui sont le cas, enfin, on se pose la question à chaque Olympiade.
07:49Dans les engagements, à nouveau, Laurie-Anne Cholès
07:52de ces Jeux à Cortina, il y a figure le fait
07:55d'utiliser des équipements qui existent déjà.
07:58On sait que le secteur du bâtiment en Saoud, ça consomme beaucoup de gaz à effet de serre.
08:03Et ce sont des bâtiments qui ne servent que pour trois semaines.
08:07Effectivement, on pourrait penser que c'est une aberration.
08:09Alors, on a quand même un peu avancé là-dessus.
08:12Je crois que pour les Jeux 2030, ici en France,
08:15on réutilisera toujours cette fameuse piste de bobsleigh
08:18qui a été construite à La Plagne pour les Jeux d'Albertville de 92.
08:22Donc ça, c'est le côté vertueux, le côté sombre.
08:25Ce sont des équipements qui deviennent, si je comprends bien, un peu trop vieux.
08:30Ils sont un peu trop vieux et ça nécessite encore beaucoup d'argent
08:33pour les mettre à la page, c'est ça ?
08:35Alors, la piste de bobsleigh de La Plagne, c'est assez intéressant
08:38parce qu'ils vont être obligés quand même de la rénover
08:40avec des montants, on ne sait pas encore,
08:43Laurent Moquet parlait de 100 millions d'euros,
08:45mais on n'a pas vraiment les chiffres.
08:47Et c'est surtout intéressant de savoir pour qui ça va être construit.
08:50Parce que pendant les Jeux Olympiques de Paris,
08:52quand on construit une nouvelle piscine, c'est assez démocratique.
08:56Beaucoup de gens vendent la piscine.
08:57Quand on fait une piste de bobsleigh, à qui va-t-elle servir ?
09:00En France, il y a 100 personnes qui sont licenciées,
09:03qui font du bobsleigh.
09:04En Italie, il y en a 300.
09:06Donc au final, ça va quand même servir à une ultra minorité.
09:09Je ne sais pas si vous connaissez des gens qui font du bobsleigh.
09:11Moi, je n'en connais pas.
09:12Il semble qu'à La Plagne, on peut y aller en tant que visiteur.
09:15On peut y aller en tant que touriste, mais il faut aussi avoir les moyens
09:17de payer plus de 50 euros pour faire une descente de luge.
09:22Donc au final, ça pose la question, c'est des nouveaux équipements
09:26et à qui vont-ils servir ?
09:28Et à la fois, Guillaume Desmurs,
09:30tant que le bobsleigh reste une discipline olympique,
09:33on n'imagine pas des Jeux d'hiver sans piste de bobsleigh ?
09:38Eh bien, j'ai envie de poser la question, pourquoi pas ?
09:41Pourquoi pas ? Est-ce que dans la configuration, la physionomie
09:45de Jeux d'hiver qui s'adaptent au nouveau régime climatique,
09:48les Jeux d'hiver modernisés, innovants de demain,
09:52on pourrait les imaginer sans bobsleigh ?
09:54Pourquoi pas ? C'est une vraie question qu'il faut se poser.
09:57Et puis après, la question des infrastructures,
09:59elle pose aussi le problème des dettes,
10:02parce qu'une infrastructure qui est construite,
10:04elle représente des dettes sur des années et des années,
10:06parfois 10, 20 ans, pour les collectivités où elles sont construites.
10:11Et ça, une piste de bobsleigh comme celle de la Plagne,
10:14elle est déficitaire depuis 34 ans.
10:17Elle pèse de l'ordre de 150 à 200 000 euros
10:20dans les comptes de la commune chaque année.
10:23Et il faut faire des investissements réguliers
10:25pour la maintenir aux normes.
10:27Et c'est la même chose pour les tremplins de Courchevel.
10:31Aujourd'hui, la Solideo, qui est en charge de la livraison
10:34et de la construction des ouvrages en dur,
10:36le COJO, c'est l'organisation,
10:38la Solideo, basée à Marseille,
10:40c'est les ouvrages en dur,
10:41prévoit 40 chantiers.
10:43Donc, où est la promesse ?
10:46On va réutiliser 97% des infrastructures existantes.
10:49Il y a 40 chantiers de prévus
10:51pour un montant qui dépasse le milliard d'euros
10:53pour les JO de 2030.
10:56Alors, à la critique, justement,
10:58du fait d'utiliser au maximum,
11:01ou en tout cas c'est présenté comme ça,
11:03des équipements existants,
11:05les organisateurs de ces jeux,
11:06et on l'a évoqué dans le sujet à l'instant,
11:08disent, bon, comme il n'y a pas aujourd'hui
11:11de stations ou en tout cas de municipalités
11:13qui présentent énormément d'infrastructures,
11:16on va éclater les jeux sur plusieurs sites.
11:19Alors, on va peut-être revoir la carte
11:20qu'on a vue dans le reportage de Victor Faubert.
11:23Dans le cas des jeux de Milan-Cortina,
11:25présentés comme les plus diffus de l'histoire,
11:2822 000 km² sur 7 zones,
11:30des Dolomites à la plaine du Pau
11:32en passant par la Vénécie.
11:33Donc, ça veut dire que les épreuves
11:34sont dispatchées sur plusieurs sites.
11:36Et vous avez évoqué l'organisation des jeux 2030
11:39avec la Haute-Savoie, la Savoie,
11:42la ville de Nice pour les sports de glace,
11:44le Briançonnet, etc.
11:46Bon, on pourrait dire l'intention est bonne
11:48parce qu'effectivement, on va piocher
11:50de ci de là ce qui existe.
11:51En revanche, effectivement, ça pose le coût du déplacement.
11:55Oui, en fait, le coût carbone le plus important
11:58souvent dans des compétitions,
11:59c'est le déplacement des gens
12:01parce que les sportifs et les sportives
12:03vont venir en avion parce qu'ils viennent du monde entier,
12:05les spectateurs et les spectatrices également.
12:07Et une fois qu'ils sont sur place,
12:08il faudra encore prendre,
12:10alors j'imagine, beaucoup de routes
12:12parce que les transports ferroviaires à la montagne,
12:14c'est compliqué pour se déplacer.
12:16Et en France, c'est la même chose.
12:17Par exemple, il va y avoir plusieurs villages olympiques
12:19qui vont être construits,
12:21notamment à côté de Briançon,
12:23dans le fort des Têtes,
12:25qui est un fort classé UNESCO.
12:27Et la question, c'est qu'est-ce que ce fort va devenir après ?
12:30Est-ce que ça va être du logement permanent
12:32pour les habitantes et les habitants
12:34ou est-ce que ça va être encore du logement de luxe
12:37qui va être destiné aux touristes ?
12:38Éclater les sites, Guillaume Desmurs,
12:40là encore, c'est une fausse bonne idée ?
12:42En fait, ce n'est pas une idée,
12:45ce n'est pas une stratégie,
12:47ce n'est pas une intention de départ.
12:50L'éclatement des sites,
12:51il vient d'une seule raison pour les JO 2030,
12:53c'est une raison politique.
12:55La candidature, c'est la réunion de deux candidatures,
12:59celle de la région PACA
13:00et de la région AURA, Auvergne-Rhône-Alpes,
13:03qui était d'ailleurs prévue pour 2034-2038.
13:06Et puis le CIO n'avait pas de candidat pour 2030,
13:09il vient voir la France en leur disant
13:11« Si vous voulez les JO de 2030, allez-y,
13:13ils sont pour vous. »
13:15Donc ils ont un peu à la va-vite,
13:17au printemps 2023,
13:19réuni les deux candidatures,
13:20qui étaient à des états d'avancement d'ailleurs
13:22de maturité très différents.
13:24La candidature PACA, par exemple,
13:25imaginait faire des épreuves en Italie,
13:28faire des JO binationaux.
13:30Donc ils réunissent ça à la va-vite,
13:31on a deux présidents de région
13:33qui pilotent le truc,
13:36Laurent Wauquiez pour la région Rhône-Alpes
13:38et puis Renaud Muselier pour la région PACA.
13:40Et en fait,
13:41et c'est Laurent Wauquiez qui le raconte
13:43dans une interview, je précise.
13:45Il s'appelle,
13:46et c'est un coup de fil d'un quart d'heure
13:48pendant lequel il se divise les épreuves.
13:51Toi tu prends ça,
13:52moi je prends ça,
13:53toi tu prends ça,
13:53moi je prends ça.
13:54À toi le freestyle,
13:55à moi le nordique,
13:56à toi la glace,
13:57et puis à moi le ski alpin.
14:00Laurent Wauquiez raconte,
14:01ça s'est passé comme ça.
14:02Donc il n'y a aucune stratégie,
14:04ça procède d'aucune stratégie environnementale,
14:06d'aucune cohérence territoriale,
14:08d'étaler les Jeux sur 500 kilomètres.
14:11Ça procède juste d'une décision purement politique.
14:15Et puis après,
14:15il faut ramasser les morceaux.
14:16Et voilà,
14:17et la conséquence de ça,
14:18comme le disait Laurie-Anne Chollet,
14:20c'est que les délégations,
14:21les sportifs,
14:22leurs supporters,
14:23vont se transporter,
14:25se déplacer de site en site
14:26avec un coût carbone
14:27dans ces régions déjà très fragiles,
14:30assez élevées.
14:30Et puis un coût en argent public,
14:34il ne faut pas oublier,
14:36il y a le coût carbone
14:36qui est très important
14:38et dont on n'a vraiment pas besoin
14:40dans les Alpes françaises,
14:41qui, je le rappelle,
14:42se réchauffent deux fois plus vite
14:44que le reste du pays.
14:46En Savoie,
14:47Haute-Savoie,
14:48on a des augmentations de température
14:50depuis 50 ans
14:51qui sont de l'ordre de 2,7 degrés.
14:54Donc vraiment,
14:55on n'a pas besoin de tonnes de CO2
14:56en plus dans l'atmosphère.
14:58Dans les défenseurs
15:00de la légitimité
15:02d'organiser des Jeux d'hiver
15:03comme des Jeux d'été,
15:04comme n'importe quelle
15:05grande compétition sportive,
15:06mais dans le cas de la montagne,
15:07c'est un territoire particulier.
15:09Laurie-Anne Cholaise,
15:10d'aucun d'indice,
15:11ce sont des territoires
15:11précisément à cause
15:13du réchauffement climatique
15:14qui subissent
15:14une baisse de fréquentation
15:16parce qu'il y a
15:17de moins en moins de neige
15:17et on va venir à la question
15:18de la neige qui est fondamentale.
15:20Et ces moments-là
15:21sont des moments économiquement importants
15:22pour ces territoires
15:23enclavés,
15:24pas de par leur situation, etc.
15:25Les privés de ce type d'événement,
15:28c'est aussi les privés
15:28d'une ressource économique.
15:30Alors, qu'est-ce que vous répondez à ça ?
15:32Il faut juste regarder les chiffres.
15:34C'est assez facile.
15:35Là, pour les Jeux de Milan-Cortina,
15:38c'est 5,2 milliards de budget
15:40dont 3,5 milliards d'argent public.
15:42Et l'argument, c'est de dire
15:44qu'il y a plein de touristes
15:45qui vont venir
15:46donc ça va rapporter de l'argent.
15:47Il faut juste regarder
15:47le bilan chiffré de Turin en 2006.
15:51Ça a coûté 3,3 milliards d'euros.
15:53Et les recettes à long terme
15:55ont été estimées
15:55à 2,5 milliards d'euros.
15:57Bon, ben, clairement,
15:58ça a coûté plus
16:00que ce que ça n'a rapporté.
16:01Il manque un milliard.
16:01Voilà.
16:01Donc, en fait,
16:02il faut juste regarder
16:03et faire les comptes, en fait,
16:04de ces Jeux.
16:06Et c'est toujours la même histoire.
16:07C'est toujours des promesses
16:08d'emploi,
16:09de développement économique.
16:11Mais il ne faut pas oublier
16:11qu'en fait,
16:12Cortina, c'est une station
16:13où il y a déjà des gens.
16:14Ils vont.
16:14C'est assez chic.
16:15C'est assez joli.
16:17Les gens vont quand même
16:18à la montagne.
16:19On en vient à présent.
16:21Sauf si vous voulez
16:21réagir là-dessus,
16:24Guillaume Desmurs,
16:25sur le mirage
16:26du moteur économique
16:28que peuvent représenter
16:29ces grands événements sportifs
16:30pour ces endroits,
16:32notamment de montagne,
16:34qui vivent des moments
16:35économiquement compliqués.
16:37Alors, je rappelle
16:39que la promesse
16:40de développement,
16:41d'héritage,
16:42c'est la même
16:42qu'on fait depuis 40 ans
16:43pour tous les Jeux olympiques.
16:45Et puis, on voit
16:45les résultats
16:46que vient de décrire
16:47Anne-Laure,
16:48c'est la même chose.
16:49C'est-à-dire que
16:50les retombées économiques
16:51sont toujours surestimées
16:52avant.
16:53Et puis, en réalité,
16:55et là, je cite
16:56la Cour des comptes,
16:56pour les JO de Paris 2024,
16:596,7 milliards
17:00d'argent public
17:01pour des retombées
17:02économiques fiscales
17:04estimées à 300 millions
17:05d'euros.
17:06Donc ça, c'est une fable
17:07qu'on raconte
17:07pour justifier
17:08la tenue de ces JO.
17:10Je ne crois pas
17:10que Courchevel,
17:12Val d'Isère,
17:13Cerchevalier ou Nice
17:14soient des lieux
17:16désenclavés
17:16qui ont absolument
17:18besoin de tourisme.
17:20Au contraire,
17:20ils se plaignent
17:21de surtourisme.
17:23Donc, il me semble
17:23que ça, c'est une fable,
17:24c'est une promesse,
17:25c'est un mensonge.
17:27En réalité,
17:28les JO vont permettre
17:30de poursuivre
17:31le modèle existant
17:32basé sur l'immobilier.
17:34Et on le voit
17:34avec la Solideo
17:35qui, elle,
17:36marche très bien
17:36tandis que le Cojo
17:37connaît quand même
17:39quelques problèmes
17:41graves et profonds.
17:42La Solideo avance
17:43parce qu'elle construit
17:44de l'immobilier.
17:45Donc, en fait,
17:46ce que veulent ces territoires,
17:47ce n'est pas être
17:48désenclavés,
17:48ils n'en ont pas besoin.
17:50Ils veulent continuer
17:51à construire de l'immobilier.
17:52Et c'est ce
17:53que leur amène,
17:54ce que leur promet,
17:55ce que leur amènent
17:56les JO 2030.
17:57Menons-en donc à l'un des paradoxes
18:00fondamentaux de ces JO,
18:03maintenir des Olympiades
18:05de la neige
18:06à un moment
18:07où la neige fait défaut,
18:08les températures
18:09allant augmentant.
18:11En préparant cette émission,
18:12j'ai découvert ce chiffre.
18:13À Cortina,
18:13la température a augmenté
18:15en moyenne de 3,6 degrés
18:16depuis 1956
18:18quand elle avait accueilli
18:20les JO d'hiver.
18:21La couverture neigeuse
18:23dans les Alpes italiennes
18:23a été divisée par deux
18:25en un siècle.
18:26On a tous en tête,
18:27en Italie,
18:28ou en tout cas dans les Alpes
18:29en général,
18:29ces pistes de ski
18:30qui font comme des rubans blancs
18:32au milieu de prairies quasiment.
18:35Et voilà qu'il faut utiliser
18:36à grand renfort
18:37de la neige artificielle
18:39ou neige de culture.
18:40Je crois d'ailleurs
18:41qu'en la matière,
18:41les JO de Cortina
18:42vont marquer un précédent
18:43parce que presque
18:44l'intégralité de la neige
18:45utilisée pour les épreuves
18:46sera artificielle.
18:47On va voir ça dans le reportage
18:48de nos confrères de France 2
18:49et on en parle juste après.
18:50Des flocons naturels en quantité
18:53qui ne seront pas de la partie.
18:56En effet,
18:57100% des épreuves
18:58des JO d'hiver
18:59se dérouleront
19:00sur une neige artificielle.
19:02C'est assez surprenant
19:03surtout que regardez,
19:05on est à Anterselva
19:06et à certains endroits
19:08entre 15 et 20 cm de neige
19:10partout dans les rues.
19:11Mais le CIO motive
19:12cette décision
19:13de 100% neige artificielle
19:15dans un souci d'équité
19:16entre chaque compétiteur
19:18et pour chaque jour
19:18de la compétition.
19:19La même neige
19:21tous les jours
19:22et pour tous
19:23un argument sportif
19:24mais pas vraiment écologique.
19:26Pour capter l'eau nécessaire
19:27pour fabriquer cette neige,
19:29trois immenses réservoirs
19:30ont été construits.
19:31Mais à Livino,
19:32où se tiendront
19:32les épreuves de snowboard,
19:34il a aussi fallu
19:35pomper dans la rivière locale.
19:38Selon le comité olympique,
19:39700 000 m3 d'eau
19:41seront utilisés
19:41pour produire
19:421 600 000 m3
19:44de neige artificielle.
19:45Un calcul sous-estimé
19:46pour certains scientifiques.
19:48On est plutôt proche
19:50de 2 millions m3
19:52de l'eau
19:52et le double de neige.
19:54Ça a même pris
19:55les Italiens
19:57par surprise
19:57de devoir
19:58tendre enneiger.
20:00Ce ne sont plus
20:00des géos
20:01d'hiver de neige,
20:03ce sont devenus
20:03des géos de l'eau.
20:05Après Pékin 2022,
20:07Milan-Cortina
20:07seront les deuxièmes jeux
20:09à utiliser
20:09uniquement de la neige artificielle.
20:12J'imagine la surprise
20:14de ceux qui découvrent
20:15ce reportage.
20:16Guillaume Demure,
20:16est-ce que peut-être
20:17vous pourriez nous expliquer
20:18ce que raconte
20:19notre confrère de France 2
20:20dans ce reportage
20:22que les organisateurs
20:24des jeux expliquent
20:25que pour qu'il y ait
20:26une équité parfaite
20:27entre tous les compétiteurs,
20:28il faut qu'il y ait
20:29de la neige artificielle.
20:33Oui, alors il faut bien
20:34garder en tête
20:35que les Jeux olympiques,
20:36les épreuves,
20:36olympiques se déroulent
20:39toujours sur de la neige
20:40artificielle.
20:40Et c'est vrai aussi
20:41pour les Coupes du Monde,
20:42les Championnats du Monde
20:43le reste de l'année.
20:45En fait, les fédérations
20:46imposent des normes
20:47assez strictes
20:48sur la qualité de la neige
20:50qui est quasiment de la glace
20:51d'ailleurs pour du slalom
20:53et donc ça nécessite
20:55obligatoirement
20:56de la neige artificielle,
20:57de la neige de culture.
20:59Et la neige de culture,
21:01elle est aussi indispensable
21:02au fonctionnement
21:03de nos territoires.
21:04Donc vous voyez
21:04que les JO
21:05en finançant
21:07des équipements
21:08de neige de culture
21:08participent aussi
21:09à la poursuite
21:10du modèle économique
21:11de nos territoires
21:12de stations de ski
21:13qui reposent
21:14sur la neige de culture.
21:15Alors même s'il y a
21:16de la neige naturelle,
21:17il faut savoir
21:18que toutes les stations
21:19de ski aujourd'hui,
21:20les plus hautes
21:21comme les stations
21:21de moyenne montagne,
21:22absolument toutes,
21:24dépendent
21:25de la neige de culture.
21:26Elles produisent
21:26à peu près 80%
21:27de leur neige de culture
21:29avant l'ouverture
21:29des pistes
21:30pour créer une sous-couche.
21:31Donc pour les Jeux Olympiques,
21:34c'est encore plus important
21:35de créer cette neige de culture.
21:37Et je rappellerai
21:38pour terminer
21:38que la neige de culture,
21:40elle est fabriquée
21:41avec trois éléments.
21:42Elle est fabriquée
21:42évidemment avec de l'eau
21:43qu'il faut capter,
21:45stocker, pomper
21:46et mettre sous pression.
21:47Du froid,
21:48on ne sait pas faire
21:49de la neige de culture
21:50à plus 5 ou plus 10 degrés.
21:52Donc il faut du froid
21:53et il faut de l'énergie,
21:55de l'électricité.
21:56Donc vous voyez
21:56que ces trois matières premières
21:57qui permettent
21:58de fabriquer
21:58l'élément essentiel
21:59aux JO
22:00et aux modèles économiques
22:01des stations de ski
22:02sont quand même
22:03trois matières premières
22:04sous tension
22:04et vont le devenir
22:05de plus en plus
22:06à l'avenir.
22:07Donc si je vous suis bien,
22:09cette neige de culture
22:11est utilisée,
22:12je crois que la première
22:12réutilisation
22:13c'est dans les années 80,
22:14les Jeux d'hiver
22:15qui étaient organisés
22:16aux Etats-Unis.
22:18Ce qui change là,
22:19c'est le volume,
22:21la surproduction
22:21d'une certaine façon
22:22de neige de culture
22:23qui est utilisée
22:24pour des Jeux.
22:25Alors j'ai lu
22:25différentes échelles,
22:26l'équivalent en volume
22:27de la pyramide de Khéops,
22:28j'ai lu aussi
22:29cette fois l'équivalent
22:30de Notre-Dame,
22:31pour avoir quand même
22:32en tête des images.
22:34C'est énormément
22:35de neige artificielle
22:37et c'est quoi
22:39le problème en fait ?
22:39On ne peut pas
22:40produire de la neige
22:41de culture
22:42de façon durable
22:43pour revenir
22:43à la promesse
22:45faite par les organisateurs ?
22:47C'est nécessairement
22:48trop lourd ?
22:49En fait c'est surtout
22:50qu'il faut capter l'eau
22:51et où est-ce
22:52qu'ils vont la chercher ?
22:53Normalement,
22:54ils appellent ça
22:54des retenues collinaires
22:55donc c'est des grands bassins,
22:56c'est un peu des méga-bassines
22:58dans laquelle on pourrait se dire
23:00ça va être rempli
23:00par la pluie
23:01et ensuite ils vont capter
23:02pour faire de la neige.
23:03Or ça ne marche plus comme ça,
23:05aujourd'hui ils sont obligés
23:05de pomper l'eau
23:06et dans la ville...
23:07Ça ne marche plus comme ça
23:08parce qu'il n'y a pas
23:09assez de...
23:10Il n'y a plus assez
23:11de précipitation en fait
23:12et aujourd'hui
23:13ils pompent de l'eau
23:13dans des rivières
23:14qui sont déjà
23:15en état de stress hydrique
23:16et après ils vont vous dire
23:18oui après la neige
23:19elle va fondre
23:19elle va retourner dans la rivière.
23:21Certes,
23:21mais en fait ça bouleverse
23:22complètement les milieux
23:23et les associations
23:23écologistes locales
23:25à Milan-Cortina
23:26s'inquiètent en fait
23:27du pompage de cette neige
23:28et surtout après
23:30quels sont les additifs
23:32qui vont retourner
23:33dans l'environnement.
23:34Aujourd'hui en fait
23:35c'est juste
23:36une captation de l'eau
23:37au profit de l'industrie
23:39du ski
23:39et donc des Jeux Olympiques.
23:41Et puis c'est gourmand
23:41aussi en électricité.
23:43C'est gourmand en électricité.
23:44Après ils vont vous répondre
23:45que c'est avec de l'électricité,
23:47des panneaux solaires,
23:48d'électricité durable
23:49mais à nouveau en fait
23:50pour construire ces panneaux solaires
23:52il faut encore exploiter
23:53des terres
23:55et toujours un petit peu
23:57exploiter plus la nature.
23:58Et puis encore faut-il
23:59assurer le suivi
24:00d'aller effectivement
24:01s'assurer
24:02que l'électricité
24:03utilisée pour produire
24:04cette neige de culture
24:06serait effectivement
24:07bienvenue
24:08de ces installations
24:09dites durables.
24:12Vous l'avez dit
24:12Guillaume Desmurs
24:13cette question de la neige
24:14bien sûr
24:15elle n'est pas
24:15que le fait
24:16des Jeux Olympiques d'hiver.
24:18C'est une question
24:18qui touche
24:20toutes les stations
24:20de haute montagne
24:21et qui propose
24:22des sports d'hiver.
24:24Alors j'allais vous demander
24:25est-ce qu'on peut jouer
24:26à l'avenir sur l'altitude
24:27mais puisque vous venez
24:28de nous expliquer
24:29que cette neige artificielle
24:30est demandée
24:31par les fédérations
24:32j'imagine que la réponse
24:33est non.
24:34C'est pas parce qu'on met
24:34des pistes de ski
24:35de géants plus haut
24:37qu'on utilisera moins
24:38de neige artificielle.
24:39Exactement.
24:42Je vous rappelle
24:42que Val Thorens
24:44qui est la station
24:45la plus haute d'Europe
24:46a des canons à neige
24:47des enneigeurs
24:49c'est un peu plus positif
24:50ils n'aiment pas trop
24:51quand on dit canons à neige
24:52jusqu'à 3000 mètres d'altitude
24:55la station de Val d'Isère
24:56qui est une des stations
24:57pressenties pour être olympique
24:59puisque je rappelle
25:00que nous n'avons toujours pas
25:01la liste des sites officiels
25:03des épreuves
25:04pour l'égion 2030.
25:05Val d'Isère a équipé
25:06son glacier du Pisayas
25:08avec des enneigeurs.
25:10Donc en fait
25:11c'est aujourd'hui
25:12indispensable
25:13exactement comme
25:15l'agriculture industrielle.
25:16Vous avez l'agriculture industrielle
25:17et l'agroécologie
25:18et puis vous avez
25:19le ski industriel
25:22littéralement
25:22et il faudra inventer
25:24ce qu'on faisait avant
25:26de façon modeste
25:28mais il faudra inventer
25:29un mode d'économie
25:31un mode de ski
25:32des stations de ski
25:33qui ne dépendent pas
25:35de ces méga-bassiles
25:36le terme est vraiment exact
25:37on peut parler
25:38de méga-bassines
25:39pour les stations de ski
25:40même si
25:41la petite différence
25:42c'est qu'en général
25:43les réserves collinaires
25:45de stations de ski
25:46captent
25:47l'eau de surface
25:48en général
25:49voilà
25:50à l'inverse
25:50des méga-bassines
25:51qui vont pomper
25:51dans les nappes phréatiques
25:53mais la comparaison
25:54entre l'agriculture industrielle
25:56et le ski industriel
25:57qui fonctionne
25:59sur des modes extractivistes
26:00est exactement
26:02et assez juste.
26:04Alors on sait que depuis
26:06quelques années
26:07les stations de ski
26:09qui sont confrontées
26:10à ces problèmes-ci
26:11donc qui se retrouvent
26:12répercutées dans les JO
26:14à plus grande échelle
26:15réfléchissent
26:16bien sûr
26:16elles ne sont pas aveugles
26:18à comment changer
26:19de modèle
26:20proposer d'autre chose
26:22est-ce que de la même façon
26:23si on imagine
26:24et on viendra tout à l'heure
26:25à la question de l'opportunité
26:26de continuer à organiser
26:27ces Jeux d'hiver
26:28si on imagine
26:29que ces Jeux se poursuivent
26:30est-ce qu'on évoquait
26:31l'exemple du bobslag aujourd'hui
26:32est-il vraiment essentiel
26:34dans des Jeux d'hiver
26:36est-ce qu'on peut imaginer
26:37des disciplines
26:38qui seraient moins gourmandes
26:39en neige artificielle
26:41je lisais que
26:42le ski
26:44le ski de randonnée
26:45très impressionnant
26:46les images de ski de randonnée
26:47en version olympique
26:48est peut-être une piste
26:51sans mauvais jeu de mots
26:52pour
26:53je vous vois tiquer
26:54Guillaume Desmurs
26:55mais alors allez-y là-dessus
26:56est-ce qu'on peut
26:57inventer
26:58je ne sais pas
26:59mais en tout cas
26:59adapter les disciplines olympiques
27:01à tous ces enjeux
27:03alors bien sûr
27:05bien sûr
27:06et il y a beaucoup d'experts
27:07qui ont déjà travaillé
27:08sur le sujet
27:09et qui ont déjà fait
27:10des propositions
27:11donc elles existent
27:12ces propositions
27:12par exemple
27:13de faire des JO
27:14sans spectateur
27:15ou par exemple
27:17de faire des JO
27:17toujours au même endroit
27:19on a une station
27:20avec les infrastructures
27:21on fait les JO d'hiver
27:22tous les 4 ans
27:23au même endroit
27:24donc ça
27:26c'est des idées
27:27qui ont été avancées
27:28par des experts
27:29de grands événements
27:30sportifs internationaux
27:31de la transition écologique
27:32qui existent
27:34c'est possible
27:34aujourd'hui
27:35on n'en est pas du tout là
27:36et clairement
27:37le CIO n'évoque pas du tout
27:39ces possibilités là
27:40le CIO
27:41qui
27:42Laurie-Anne Cholaise
27:43estime lui-même
27:44que d'ici 2050
27:45il ne restera
27:46qu'une dizaine
27:47ou une douzaine
27:48de pays
27:49pour accueillir
27:50ces JO
27:50et qu'à l'horizon 2080
27:52ce nombre
27:52pourrait chuter
27:53à 6
27:54donc le CIO
27:55est tout à fait conscient
27:56du fait
27:57qu'on va vers le mur
27:58ils sont conscients
28:00et en même temps
28:00ils veulent encore
28:01organiser des JO
28:02en France
28:03en hiver
28:03en 2030
28:04et c'est surtout
28:05la question
28:06de l'industrie du ski
28:07les gens ont gagné
28:08beaucoup d'argent
28:09en fait avec l'industrie
28:09du ski alpin
28:10et aujourd'hui
28:11c'est extrêmement difficile
28:12d'en sortir
28:13parce qu'il y a
28:13des dépendances
28:14il y a toute une économie
28:16qui vit là-dessus
28:17il y a les gens
28:18qui travaillent
28:19les hôtels
28:20les restaurants
28:20et donc il faudrait
28:21penser le territoire
28:23autrement
28:23et aujourd'hui
28:24il n'y a pas d'instance
28:25pour demander par exemple
28:26aux gens
28:27comment vous imaginez
28:29votre territoire demain
28:30vers où on pourrait aller
28:31pour que ce soit plus sobre
28:32plus résilient
28:33c'est encore très lent
28:35à être mis en place
28:36il y a quand même
28:37des processus démocratiques
28:38où les gens peuvent exprimer
28:40en fonction
28:41notamment je pense
28:42aux élections
28:42ils peuvent exprimer
28:43diverses choses
28:44je vous salue
28:45Benoît Perrochet
28:45vous nous avez rejoint
28:46bonjour Benoît
28:47chef du service des sports
28:49ici à France 24
28:50je vous entendais
28:51tiquer un peu
28:52quand Guillaume Desmurs
28:53évoquait l'idée
28:54d'organiser des jeux
28:55sans spectateur
28:57pour un bilan carbone
28:59moins lourd
28:59ça paraît compliqué
29:01je comprends évidemment
29:02l'idée
29:03mais moi pour avoir assisté
29:04par exemple aux jeux de Tokyo
29:05on était en période Covid
29:06c'est absolument pas
29:07la même atmosphère
29:10quand on assiste
29:12à des épreuves
29:13où il n'y a absolument
29:14personne
29:14dans les travées du stade
29:18et le sport
29:19et ces événements là
29:20c'est aussi fait
29:21pour être partagé
29:22oui quitte à changer
29:24la donne
29:24on peut peut-être réfléchir
29:26à d'autres options
29:27je voulais Benoît
29:29que vous participiez
29:30à cette discussion
29:31parce que jusqu'ici
29:32on n'a pas trop parlé
29:33des principaux concernés
29:34à savoir
29:35les sportifs
29:36de haut niveau
29:37et encore une fois
29:38on est presque désolé
29:39d'être un peu rabat-joie
29:41à la veille de l'ouverture
29:42de ces jeux de Cortina
29:42qui vont bien sûr
29:43être des moments
29:44des moments de sport
29:46et de
29:47pour ces sportifs
29:49on sait que les jeux
29:50c'est l'épreuve reine
29:51on évoquait hier
29:52Lindsay Vaughan
29:53qui en dépit de ça
29:54de son ligament croisé
29:56en moins
29:57fera quand même la descente
29:58ce qui dit quand même
29:58que ça reste un moment
30:00capital dans leur carrière
30:01qu'est-ce qu'ils disent
30:01ces sportifs
30:02sur ce tiraillement
30:03entre la réalité
30:04écologique
30:05et leur sport
30:07parce que c'est vrai
30:08que beaucoup
30:08beaucoup d'entre eux
30:09sont aux premières loges
30:11des effets
30:12du réchauffement
30:13du réchauffement climatique
30:15en contact direct
30:16avec la nature
30:17avec les glaciers
30:19en plein recul
30:20une neige qui tombe
30:20de moins en moins
30:21en abondance
30:21des températures
30:22également qui s'élèvent
30:24ces athlètes des sports
30:24divers qui sont ceux
30:25qui sont plus près
30:26de tout ça
30:26un terrain de jeu
30:27qu'ils voient aussi
30:28disparaître
30:29à mesure que les températures
30:31augmentent
30:33pris en tenaille
30:34ces athlètes
30:34entre leur passion
30:36leur métier
30:37c'est également
30:38leur gagne-pain
30:38on sait que ce sont
30:39des carrières en général
30:40très très courtes
30:42et puis leur conscience
30:43écologique
30:44puisqu'ils en ont
30:45une conscience écologique
30:46pour la plupart d'entre eux
30:48pour ces jeux
30:48on va fabriquer quand même
30:50c'est important
30:50à 2,3 millions
30:52de mètres cubes
30:52de neige artificielle
30:53alors on se représente
30:55assez peu
30:56ce que ça représente
30:56mais c'est quand même
30:57920
30:58920 piscines olympiques
31:01Alexis Peintureux
31:01vous le connaissez
31:02il n'a pas été retenu
31:03pour ces jeux
31:04mais il a remporté
31:05la coupe du monde
31:06de Skalpa en 2021
31:08il milite par exemple
31:09pour limiter
31:10les déplacements
31:11en avion
31:12lors des étapes
31:13de coupe du monde
31:13ne plus passer par exemple
31:15de la Finlande
31:15aux Etats-Unis
31:16en allant en Asie
31:17en revenant aux Etats-Unis
31:18puis un retour en Europe
31:19oui parce qu'on a parlé
31:20des jeux
31:21mais bien sûr
31:21entre les jeux
31:22il y a tous les championnats
31:23du monde
31:23et ils se déplacent
31:24les jeux c'est tous les 4 ans
31:25la coupe du monde
31:26c'est tous les ans
31:26évidemment
31:27certains qui militent
31:29également pour
31:29qu'il y ait plus
31:30ces déplacements
31:31vous savez
31:31les préparations estivales
31:33arrêter
31:33interdire même
31:34ces préparations estivales
31:36puisque beaucoup d'entre eux
31:37comme il n'y a pas de neige
31:38en Europe à ce moment-là
31:39ils vont dans l'hémisphère sud
31:40ils vont en Argentine
31:41par exemple
31:42ça fait beaucoup
31:43beaucoup de déplacements
31:44oui mais un sportif
31:44qui ne s'entraîne pas
31:45à l'été
31:46qu'est-ce qu'il fait ?
31:46absolument
31:47et d'autres n'ont pas
31:49cette conscience
31:49écologique environnementale
31:51d'autres adversaires
31:52d'autres concurrents
31:53donc ça crée un déséquilibre
31:54entre ceux qui auraient
31:55et il faut le saluer
31:57cette conscience écologique
31:58et ceux qui l'auraient
31:59un petit peu moins
31:59Guillaume Desmurs
32:01là-dessus
32:01bon on n'a pas entendu
32:04quand même
32:04on n'entend pas énormément
32:06de sportifs
32:06de haut niveau
32:07dire des choses
32:10est-ce que l'impulsion
32:12devrait venir d'eux
32:13pour que les choses évoluent
32:15on a quand même
32:18l'impression
32:18et notamment
32:19dans le dossier
32:19des JO 2030
32:20que les athlètes
32:21sont réellement
32:22la cinquième roue
32:22du carrosse
32:23il n'y a aucun athlète
32:25quasiment aucun athlète
32:26à part ceux salariés
32:27de la région Rhône-Alpes
32:28qui ont soutenu
32:29le processus
32:30de candidature
32:31en 2023
32:31et c'est assez frappant
32:33de voir que justement
32:35ni de la part
32:36des athlètes
32:36et du mouvement sportif
32:38ni de la part
32:38des territoires
32:39il y a vraiment
32:40un engouement
32:40pour ces JO 2030
32:42j'ai vécu
32:43en tant que bénévole
32:44les JO de 92
32:46c'était quand même
32:46autre chose
32:47il y avait une vraie fierté
32:49à avoir ces JO
32:50ça nous a mobilisés
32:51pendant un moment
32:52et c'était vraiment
32:54un moment fort
32:55pour nous
32:56aujourd'hui
32:56je ne vois rien
32:57de tout ça
32:58il y a beaucoup
32:59de désintérêt
32:59de la part des territoires
33:00qui ont l'impression
33:01que c'est en dehors
33:02de leurs mains
33:02et de leurs décisions
33:03et puis je ne vois pas
33:04les athlètes
33:05s'impliquer non plus
33:06les athlètes
33:06ils sont quand même
33:07un peu embêtés
33:08c'est leur gagne-pain
33:09vous l'avez dit
33:10c'est leur rêve aussi
33:11il ne faut pas oublier
33:12que quand on grandit
33:13en station de ski
33:14qu'on skie
33:15qu'on veut devenir
33:15qu'on veut faire
33:17de la compétition
33:18les Jeux Olympiques
33:19c'est la compétition ultime
33:21donc il y a quelque chose
33:23de l'ordre
33:23d'une dissonance cognitive
33:24parce qu'on est en train
33:26de se rendre compte
33:27des effets destructeurs
33:28de ce modèle
33:29de ce modèle économique
33:31qui dans les stations
33:32prend la forme
33:33d'un modèle de tourisme
33:34de sport d'hiver
33:36et que les JO reflètent
33:38en fait
33:38les JO c'est juste
33:39la perpétuation
33:41de ce modèle économique
33:42je vous parlais
33:43de l'immobilier
33:44tout à l'heure
33:44et c'est aussi
33:46la perpétuation
33:47d'un imaginaire
33:48et donc aujourd'hui
33:49il faut qu'on travaille
33:50à autre chose
33:51il faut qu'on invente
33:52d'autres avenirs
33:52on sait très bien
33:53que ce modèle économique
33:55il est en train
33:56de vider les territoires
33:58je vous rappelle
33:58que les communes
33:59de stations de ski
34:00perdent des habitants
34:01chaque année
34:02depuis 10 ans
34:02les communes
34:03de stations de ski
34:04où vont se dérouler
34:04les Jeux Olympiques
34:05ont 85 à 90%
34:08de résidences secondaires
34:10parce que ce loger
34:12devient impossible
34:13pour les résidents
34:15habituels
34:15et oui
34:17parce que les territoires
34:18de stations de ski
34:19sont devenus
34:19des lieux de spéculation
34:20immobilière
34:21extrêmement rentables
34:22donc les JO
34:24participent de ça
34:25donc vous voyez
34:25qu'au-delà
34:27de la neige de culture
34:28qui ne pèse pas très lourd
34:29d'ailleurs
34:29dans le bilan carbone global
34:31c'est plutôt les transports
34:32qui pèsent
34:33plus de la moitié
34:34du bilan carbone
34:34vous voyez que la neige
34:36de culture
34:36le bilan carbone
34:37c'est une chose
34:38l'argent public
34:38qui va être mobilisé
34:40c'est une chose
34:41mais aussi l'avenir
34:42de nos territoires
34:43et ça
34:44les JO
34:45n'apportent
34:45aucune réponse
34:46à part celle
34:47de perpétuer
34:48un modèle moribond
34:49oui et puis
34:50pour rebondir
34:51ce que disait
34:51Guillaume Desmurs
34:52à l'instant
34:53d'une certaine façon
34:54on évoque
34:55les sportifs
34:57de haut niveau
34:57mais chaque personne
34:59lambda
35:01qui va
35:02qui a
35:04les moyens
35:04parce que c'est
35:05extrêmement cher
35:06de ce pays
35:06des vacances
35:07qui participe
35:08à la reproduction
35:09de ce modèle
35:11on comprend
35:12qu'il est un peu néfaste
35:12pour ces territoires
35:13c'est 8 à 10%
35:15des gens qui font du ski
35:16en France
35:16donc ça reste
35:17une minorité
35:18la plus aisée
35:19et c'est elle
35:21un petit peu
35:21qui donne le là
35:22parce qu'on se dit
35:23ah là là
35:23moi aussi
35:24j'ai envie d'aller
35:24faire du ski alpin
35:26je vais économiser
35:27et ça va être
35:27de plus en plus cher
35:28parce que les petites
35:29stations de ski
35:30elles sont en train
35:30de fermer
35:31parce qu'il n'y a plus
35:31de neige
35:31donc tout le monde
35:32va se reporter
35:33vers les stations
35:33les plus hautes
35:34et les plus onéreuses
35:35et ça va être encore
35:37quelque chose
35:37qui va être réservé
35:38à une élite
35:39oui tant qu'on
35:40renonce pas
35:40à son ski du dimanche
35:41là encore
35:42le mouvement
35:43ne peut pas
35:44collectivement
35:44ne peut pas avancer
35:45Benoît
35:47on est à un moment
35:48quand même
35:48où cette conscience
35:50prend de l'ampleur
35:52la preuve
35:53on n'aurait jamais
35:53fait une émission
35:54pareille
35:54avant
35:55vous évoquiez
35:55les jeux d'Aberville
35:56de 92
35:57dans nos souvenirs
35:58d'enfants
35:58il n'était jamais question
36:00enfin je parle pour nous
36:01mais de neige
36:03etc
36:03de coups carbone
36:04il y a eu
36:06une décision aberrante
36:07qui avait été prise
36:08d'attribuer
36:08les jeux d'hiver
36:10d'Asie
36:10de 2029
36:12à l'Arabie Saoudite
36:14vous avez fait couler
36:15beaucoup d'encre
36:16à l'époque
36:17bon c'est reporté
36:18qu'est-ce que ça dit ça ?
36:19Oui c'est reporté
36:20à une date ultérieure
36:21on l'a appris
36:21il y a quelques semaines
36:22mais c'est vrai
36:23que c'est une hérésie
36:23un anachronisme
36:24on peut dire
36:25quand on a découvert
36:27ça c'était en octobre
36:282022
36:29si ma mémoire est bonne
36:30alors que
36:30jamais
36:31jamais
36:32une compétition
36:32de ce type
36:33n'avait été organisée
36:35ni même imaginée
36:36dans cette région du globe
36:38qui n'a pas en plus
36:39cette culture
36:40des sports d'hiver
36:41tout à construire
36:42des pistes
36:43des chalets
36:43il y avait des hôtels de luxe
36:45un lac artificiel
36:46pour produire
36:47de la nage artificielle
36:48l'Arabie Saoudite
36:49qui multiplie
36:50on le sait
36:51depuis des années
36:52sa présence
36:53dans le sport
36:54que ce soit
36:55l'organisation
36:56de Grand Prix de Formule 1
36:58du circuit également
36:59un circuit annexe
37:00annexe pour le golf
37:01de grands combats
37:02également
37:02de boxe
37:03ça fait partie
37:04de cette volonté
37:05évidemment des Saoudiens
37:06de redorer leur image
37:07alors qu'ils sont souvent
37:08pointés du doigt
37:08pour le manque
37:11de respect
37:11des droits de l'homme
37:12voilà
37:13donc pour ce dossier
37:15des Jeux olympiques
37:16d'Asie
37:172029
37:18parmi les pistes
37:20qui étaient évoquées
37:21il y avait la question
37:23d'avancer
37:23donc si on se dit
37:25qu'on va poursuivre
37:26dans cette idée
37:27de continuer à organiser
37:28des Jeux d'hiver
37:29il y avait la question
37:29d'avancer dans la saison
37:30ces Jeux d'hiver
37:32pour profiter
37:33de températures
37:34plus basses
37:35et éventuellement
37:36d'un enneigement plus fort
37:37même si j'ai bien compris
37:38que c'était pas trop
37:39dans la question
37:40là-dessus peut-être Benoît ?
37:41Oui c'était revoir
37:42il y a des options
37:43des solutions
37:44qui sont apportées
37:44par les athlètes
37:45notamment
37:45qui évidemment
37:47défendent un peu
37:48leur galepin
37:49donc par exemple
37:50reculer le début
37:51de la saison
37:51donc ne plus commencer
37:53par exemple
37:53au mois d'octobre
37:54et plutôt miser
37:56sur le mois novembre
37:56et en revanche
37:57l'étendre jusqu'au mois d'avril
38:00pour profiter
38:00d'un enneigement
38:01un peu plus optimal
38:03dans les stations
38:04ne pas avoir à produire
38:05de neige artificielle
38:06peut-être un petit peu moins
38:08ça fait partie
38:09évidemment
38:09des options étudiantes
38:12qui sont sur la table
38:12Sauf que là encore
38:14les enjeux économiques
38:16sont évidemment
38:17très importants
38:17et même politiques
38:18en préparant cette émission
38:20je lisais
38:21ce commentaire
38:22fait dans l'anonymat
38:24quelqu'un qui disait
38:25à propos de l'idée
38:26de repousser le calendrier
38:28et faire des épreuves de ski
38:29plus tard dans la saison
38:30oui mais en fait
38:31en avril
38:32les gens n'ont pas envie
38:33de voir des compétitions de ski
38:34parce qu'ils sont passés
38:35à autre chose
38:35c'est le printemps
38:36c'est faux Benoît
38:37je pense que c'est faux
38:38de ski toute l'année ?
38:39Non c'est pas ça
38:39je pense que les gens
38:40que ce soit au mois d'avril
38:42ou au mois de mars
38:43ça ne change pas grand chose
38:44ça reste l'un des événements
38:45majeurs de la saison sportive
38:47les Jeux d'hiver
38:48et les passionnés
38:49de sport d'hiver
38:50seront devant leur télé
38:51que ce soit au mois de mars
38:53ou au mois d'avril
38:53franchement je pense
38:54que c'est un faux point
38:54Guillaume Desmurs
38:55le calendrier
38:56décaler le calendrier
38:59ça peut être une idée ?
39:02Alors je ne sais pas
39:04pourquoi pas
39:05moi ce que je trouve intéressant
39:06depuis deux ans
39:07comme vous l'avez signalé
39:08c'est que les skieurs eux-mêmes
39:10auprès de la FISE
39:11la Fédération internationale du ski
39:13les skieurs se manifestent
39:16et demandent à la FISE
39:17d'adapter le calendrier
39:19et d'adapter les déplacements
39:21donc je trouve intéressant
39:21que cette demande vienne
39:22de la part des skieurs eux-mêmes
39:25après il ne faut pas se tromper
39:27en fait de l'enjeu
39:29l'enjeu il n'est pas
39:30est-ce qu'on fait une Coupe du Monde
39:31en décembre ou en janvier
39:33ou en février
39:34l'enjeu c'est qu'il y a
39:35des menaces existentielles
39:37sur nos territoires de montagne
39:38et sur le reste aussi
39:40mais là on parle de la montagne
39:41il y a des enjeux existentiels
39:42des menaces existentielles
39:44l'eau
39:44la question c'est
39:45est-ce qu'on aura de l'eau potable
39:46c'est ça la question
39:47qu'il faut se poser
39:48les phénomènes climatiques extrêmes
39:51tout ce qui est lié
39:52au nouveau régime climatique
39:54et puis la transition énergétique
39:56je vous rappelle que
39:57par la loi en France
39:58on est sur une trajectoire
39:59de décarbonation
40:00donc je ne vois pas
40:02comment ces JO
40:03s'intègrent dans cette trajectoire
40:05de décarbonation
40:06les enjeux ils sont existentiels
40:07ils sont dans notre capacité
40:09à préserver
40:10notre habitat
40:11et notamment notre habitat
40:12en montagne
40:13donc comment est-ce que
40:15la compétition
40:16les coupes du monde
40:17les JO
40:18peuvent s'intégrer
40:19en cohérence avec ça
40:20c'est vraiment la seule question
40:22qu'on doit se poser
40:22oui on comprend bien
40:24Laurie-Anne Cholaise
40:25on arrive au terme
40:26de cette émission
40:27que ce dont on parle
40:30autour des Jeux d'hiver
40:31en réalité
40:32concerne l'ensemble
40:34de ces grands rendez-vous
40:36sportifs mondiaux
40:37aussi importants soient-ils
40:39aussi regardés
40:40soient-ils
40:41il faudra bien
40:43à un moment donné
40:44s'interroger
40:45sur l'adéquation
40:46entre ces grands rendez-vous
40:47et la réalité du monde
40:49dans lequel on vit
40:49mais j'allais dire
40:50ça vaut pour l'ensemble
40:52des événements
40:54de la société
40:55en fait
40:56moi quand j'entends
40:57qu'on veut faire
40:58du ski en Arabie Saoudite
41:00j'entends plus
41:00le mot sport
41:01j'entends juste
41:02le mot business
41:02c'est du business
41:05et c'est de la politique
41:06et où est le sport
41:07là-dedans
41:08où est le sport aujourd'hui
41:09ce week-end à Milan
41:10il y a des manifestants
41:11qui sont organisées
41:12par les gens
41:12qui sont contre les JO
41:13non pas pour dire
41:15arrêtons de faire du sport
41:16on est anti-sport
41:16pour dire
41:17repensons un sport autrement
41:19quel sera un sport
41:19plus respectueux
41:20en fait
41:20de l'environnement
41:22et des sportifs
41:23et sportifs aussi
41:24qui ont besoin
41:25en fait
41:26d'être plus en sécurité
41:28peut-être pas
41:28de faire que
41:29du ski
41:30sur du verglas
41:31et donc aujourd'hui
41:32il y a quand même
41:33des gens
41:33qui essayent de réfléchir
41:34à un sport autrement
41:36il y a Fiona Mills
41:38qui a fait un très bon livre
41:39là-dessus pour repenser
41:40d'autres JO
41:41des JO citoyens
41:42des JO qui intégreraient
41:43la vie des habitantes
41:44et des habitants
41:45de ces territoires
41:46Benoît ?
41:47Oui il y a la question
41:48de l'héritage aussi
41:48l'héritage des Jeux Olympiques
41:50on ne peut plus imaginer
41:51on ne peut plus
41:52aujourd'hui
41:53penser les Jeux Olympiques
41:55sans penser à l'après
41:57c'est juste une quinzaine
41:58une de jours
41:59les Jeux Olympiques
42:00il y a toute la question
42:01des infrastructures
42:02ça a été
42:03on en a beaucoup parlé
42:04au moment des Jeux de Paris
42:05rendre la Seine baignable
42:06bon ben voilà
42:07ça c'est un des héritages
42:08le village olympique
42:09qui était en Seine-Saint-Denis
42:12qui est aujourd'hui
42:13un quartier éco-responsable
42:15les piscines
42:16les piscines
42:17voilà
42:18qui ont été aussi
42:19qui
42:20redispatchaient
42:22dans un département
42:23comme la Seine-Saint-Denis
42:24qui en manquait
42:24cruellement
42:25je crois que là
42:26il y a 83%
42:27des installations
42:28qui sont existantes
42:29il y a eu la piste
42:30de Bobsleigh
42:31on en a beaucoup
42:31beaucoup parlé
42:32et puis
42:33cette fameuse patinoire
42:35qui ont été construites
42:36spécialement
42:36pour l'occasion
42:37mais cette patinoire
42:39elle devrait servir
42:39de salle omnisport
42:41à l'issue
42:41de cette quinzaine olympique
42:43c'est vrai que
42:43c'est que 15 jours
42:44de compétition
42:44il faut penser à l'après
42:45désenclavé
42:46des régions
42:48mais quand on est amoureux
42:49de sport
42:50pour conclure
42:50comme vous l'êtes
42:51et comme bien sûr
42:52le sont beaucoup de gens
42:53c'est un rendez-vous
42:54qui reste immanquable
42:56et à ce stade
42:57sans mauvais jeu de mots
42:58c'est compliqué
42:58d'imaginer qu'un jour
42:59peut-être
43:00il n'y aura plus de Jeux
43:01d'hiver ou d'été
43:02oui compliqué
43:03et bien là
43:03ça ne concerne pas
43:04grand monde
43:05c'est 3500 athlètes
43:06c'est trois fois moins
43:07que les Jeux d'été
43:08preuve que
43:09eh bien
43:09ces sports d'hiver
43:11ce n'est pas quelque chose
43:12d'universel
43:12partagé par
43:13la majorité des gens
43:15à travers le monde
43:16et 162 athlètes
43:17pour la délégation
43:18la délégation tricolore
43:20un mot
43:20un mot Guillaume Desmurs
43:21pour conclure
43:23vous imaginez vous
43:24un jour
43:25un monde
43:25sans Jeux olympiques
43:27d'hiver
43:27ou même d'été
43:28alors
43:30je m'empêche
43:32et je m'interdis
43:32de faire des prévisions
43:34d'avenir
43:34des prédictions
43:35qui de toute façon
43:36se révéleront fausses
43:37ce que je crois
43:38c'est qu'on est capable
43:40on est tout à fait capable
43:41de penser une autre histoire
43:43de l'avenir
43:44et d'imaginer
43:46comment vivre en montagne
43:48comment faire du sport
43:49tout en respectant
43:51les nouvelles contraintes
43:53et les nouvelles règles
43:54du jeu
43:55du nouveau régime climatique
43:56on va
43:57de toute façon
43:58on n'aura pas le choix
43:58donc autant qu'on le fasse
44:00tout de suite
44:01avec un petit peu d'avance
44:02et ça je sais
44:05qu'on va être capable
44:06de le faire
44:06mais il faut qu'on le fasse
44:08sérieusement
44:09il ne faut pas qu'on attende
44:10du CIO
44:10ou des JO
44:11pour faire de l'investissement
44:12et du développement territorial
44:14c'est quand même fou
44:14qu'on attende des JO
44:15pour expliquer
44:16qu'on va faire des trains
44:17les trains
44:18on n'a pas besoin
44:19des JO
44:19et de l'argent des JO
44:20pour faire des trains
44:21on est capable de les faire
44:22sans le CIO
44:23et je rappelle d'ailleurs
44:24que le CIO
44:25c'est une association
44:26à but non-ligeratif
44:28qui est défiscalisée
44:30qui est basée en Suisse
44:30qui a une marque déposée
44:32qui s'appelle
44:32les Jeux Olympiques
44:33et qui donne le droit
44:34à un pays
44:35tous les 4 ans
44:35d'utiliser cette marque
44:36dans des contraintes
44:37extrêmement serrées
44:38avec un contrat
44:39en demandant à l'État
44:41d'assurer
44:42à l'État haute
44:42d'assurer
44:43tous les dépassements
44:44de budget
44:44et les dettes associées
44:46donc je ne vois pas
44:48comment
44:49on peut demander
44:50au CIO
44:51dans un contrat
44:53avec le CIO
44:53d'être responsable
44:54du développement
44:54de notre territoire
44:55c'est à nous de le faire
44:56on n'a pas besoin
44:57des Jeux Olympiques
44:57même si c'est un
44:58superbe événement
44:59on n'a pas besoin
45:00des Jeux Olympiques
45:01pour imaginer
45:02l'avenir de notre territoire
45:04et sur le sujet
45:05pour terminer
45:05je voudrais quand même
45:06signaler la qualité
45:07du travail
45:08de journalisme
45:09indépendant
45:10de reporter
45:11sur la question
45:12de la montagne
45:13et des stations de ski
45:14le message est passé
45:16reporter
45:17que vous retrouvez
45:17d'ailleurs
45:18toutes les semaines
45:18chez Damien Coquet
45:20avec les journalistes
45:21de la rédaction
45:22merci infiniment
45:23Laurie-Anne Cholès
45:24d'être venue
45:24sur ce plateau
45:25on vous lit
45:25sur reporter
45:26Guillaume Desmurs
45:27merci beaucoup
45:27le crépuscule
45:28des Jeux
45:28chez Guérin
45:29Benoît Perrochet
45:30du service des sports
45:31on n'a pas évoqué
45:32les difficultés
45:32dans l'organisation
45:33des Jeux 2030
45:34ici en France
45:35ça sera l'objet
45:36d'une autre émission
45:37on aura le temps
45:37d'ici là
45:38une émission
45:38au revoir
45:38Henri Plé
45:39en podcast
45:40merci beaucoup
45:40à tout à l'heure
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