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  • il y a 2 semaines
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Patrick Martin, Président du Medef.

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Transcription
00:00Bonjour à tous, bonjour, Patrick Martin, vous avez proposé un CDI jeune pouvant être rompu sans motif les premières années.
00:10Alors quand une proposition arrive, généralement il y a des pours, il y a des contres. Là c'était simple, il n'y avait que des contres.
00:16Vous pensiez que ça allait passer ou c'était une sorte de provocation ?
00:21C'est une idée qu'on a soumise au syndicat et qui, séance tenante, a été mise dans le débat public, qui mérite d'être précisée.
00:27Il y a combien de jeunes au chômage ? 20%. Il y en avait combien il y a 20 ans ? 20%. Il y en avait combien il y a 30 ans ? 20%.
00:35Il y en a combien en Allemagne ? 5%. L'opinion publique, la collectivité nationale, en tout cas le patronat, ne peuvent pas rester indifférents à cette situation.
00:44Et on a donc émis cette idée, pour la débattre avec les syndicats, que pour des jeunes qui sont éloignés de l'emploi,
00:521,4 million de jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en formation, ni en études.
00:58Donc personne ne s'occupe. Personne.
01:01Ça ne s'adresse pas aux jeunes qui ont des diplômes.
01:03Cette hypothèse de contrat qui permettrait d'intégrer et de former les jeunes,
01:08si elle ne veut, si elle n'est pas reprise,
01:10je suis bien curieux de savoir quelles autres propositions les uns et les autres auront
01:14pour régler ce problème qui est cruel.
01:16Et je finis en disant que ce sont les mêmes jeunes sur lesquels on va faire supporter le coût des retraites.
01:21Donc à un moment donné, si on s'occupe des jeunes, c'est peut-être pas mal.
01:24Mais cette proposition telle que vous l'avez formulée et mornée,
01:29est-ce que vous êtes prêt à envisager une solution moins radicale ?
01:33Et si oui, laquelle ?
01:34Ce que je viens de dire, moi j'attends les contre-propositions des uns et des autres.
01:39Mais notre proposition, écoutez, ce sont les mêmes qui tapent sur l'apprentissage
01:42et qui, je le redis, veulent faire supporter aux jeunes le coût des retraites et de la dette sociale,
01:46qui nous expliquent qu'il ne faut rien faire pour intégrer ces jeunes-là.
01:49La proposition qui a été faite, elle intègre une obligation de formation pour les jeunes
01:55qui serait très caractérisée, ces jeunes, de la même manière que l'obligation serait très exigeante,
02:00c'est-à-dire des jeunes qui, d'évidence, sont éloignés de l'emploi depuis longtemps.
02:04Moi je leur pose la question, quelle est l'alternative ?
02:06Nous on est ouverts à tout, mais il faut régler ce sujet.
02:09C'est un problème pour les jeunes eux-mêmes, pour leur famille, pour le pays, pour le territoire.
02:13On va passer des jeunes aux moins jeunes.
02:15Une étude des ministères sociaux nous apprend ce matin qu'il faudra 200 000 emplois,
02:19200 000 emplois supplémentaires pour garantir l'autonomie des personnes âgées dans 20 ans.
02:25Est-ce qu'on pourra, Patrick Martin, avoir recours, trouver ces 200 000 emplois
02:30sans avoir recours à l'immigration, voire à des régularisations conséquentes ?
02:35Eh bien, le premier point, celui des jeunes, est une manière de réponse.
02:39On a sur le territoire national des gens qui ne sont pas en emploi,
02:42qu'on doit orienter beaucoup mieux qu'on ne le fait.
02:44Le MEDAF a fait des propositions formées beaucoup mieux.
02:47Ensuite, si à un moment donné il faut recourir à l'immigration de manière sélective,
02:51choisie et économique, pourquoi pas ?
02:54Mais commençons par le commencement.
02:56Mais vous...
02:56Et pardon, j'insiste là-dessus, il y a également des personnes âgées qui se portent parfaitement bien
03:01et on vient de raboter l'âge légal de départ en retraite.
03:06Donc, de tous les côtés, on réduit la capacité de travail de la France, d'emploi,
03:12et d'un autre côté, on se dit, ah ben oui, alors il va falloir massivement recourir à l'immigration.
03:16Il y a un impératif de cohérence.
03:17Si on peut parler de ces sujets de manière posée, sereine, objective,
03:21le MEDAF se prêtera à l'exercice.
03:22Mais vous convoquez souvent des exemples étrangers.
03:25On travaille davantage ailleurs, on paye moins d'impôts ailleurs.
03:29Convoquons des exemples étrangers.
03:30La très droite, l'Italie a régularisé 500 000 personnes.
03:33La très à gauche, l'Espagne, s'apprête à le faire également.
03:36La France, de ce point de vue-là, est-elle une île ?
03:38Est-ce qu'elle peut éviter de le faire ?
03:40Je me répète, là aussi, ça fait partie de ces débats qu'on ne peut pas avoir en France
03:44de manière sereine, posée et objective.
03:47Mais vous, vous êtes très à l'ouvrir.
03:48Ce débat sur les régularisations, vous êtes très à l'ouvrir.
03:50Bien sûr, mais je redis, en commençant par le commencement,
03:52faisons travailler en les aidant, tous ces jeunes qui sont éloignés de l'emploi,
03:56continuons à travailler un peu plus longtemps,
03:59donc ne suspendons pas la réforme des retraites.
04:01À un moment donné, c'est un tissu d'incohérence,
04:03ces débats et ces décisions publiques.
04:05Il y a une quantité de travail qu'il faut savoir satisfaire,
04:08et là, on pourra pourvoir ces emplois.
04:11Vous rencontrez ce soir, je crois, Ursula von der Leyen,
04:13la présidente de la Commission européenne.
04:15Est-ce que vous allez lui recommander d'être plus ferme,
04:18que l'Europe soit plus ferme avec les États-Unis ?
04:20Écoutez, je lui ai déjà recommandé.
04:22Je vous cite juste un exemple.
04:23J'avais dîné avec elle au mois de juin,
04:25j'avais insisté sur le fait qu'elle devait être beaucoup plus rigoureuse.
04:28La Commission, par exemple, à l'égard de Schein, est émue,
04:31ces fameuses places de marché chinoises
04:33qui inondent le marché européen
04:35et qui déstabilisent en particulier notre commerce de proximité.
04:38On voit que l'Europe accélère un petit peu.
04:41Il faut qu'elle accélère encore pour réaffirmer son autorité, sa puissance
04:45et ne pas être la passoire du commerce international.
04:48Mais vous n'avez pas peur des éventuels représailles de Donald Trump
04:51qui toucheraient l'économie française si on est plus dur ?
04:55Bien sûr que si.
04:57Je me suis occupé de certains secteurs directement menacés.
05:00Je pense aux vins espirituels, au Cognac en particulier.
05:02Donc on est parfaitement conscient de ça.
05:04Mais il ne faut pas non plus que l'Europe se sous-estime.
05:07Le vrai sujet, c'est qu'à l'intérieur même de l'Europe,
05:09nos pays se coordonnent mieux.
05:11Moi, je parle beaucoup avec mes homologues patronaux,
05:13par définition, allemands, italiens, espagnols.
05:15Et on s'accorde sur une ligne qui est quand même une ligne de fermeté.
05:20Est-ce qu'il faut, par exemple, exclure les GAFAM,
05:22ou en tout cas les grandes entreprises du numérique,
05:24des appels d'offres pour les entreprises européennes ?
05:28Soyons lucides, on ne peut pas le faire.
05:30C'était ma relance.
05:31On ne peut pas le faire, voilà.
05:31Donc ça renvoie à quoi ?
05:33On ne peut pas le faire.
05:34Aujourd'hui, on n'a pas les moyens de se passer.
05:37Essentiellement, on ne sait pas le faire.
05:39Donc ça renvoie à cet impératif que l'Europe se ressaisisse,
05:42gagne en compétitivité, consacre plus d'argent à l'innovation,
05:45à l'investissement, aux compétences,
05:47de sorte que le plus vite possible,
05:49on se remette sur un pied d'égalité en matière de technologie
05:51avec les Américains, mais avec les Chinois aussi.
05:54Et ça, ce n'est pas pour tout de suite ?
05:55Non, ça va prendre quelques années.
05:57Raison de plus pour l'entamer très vite.
05:59Dernière question, dernier aspect.
06:01M. le Président du MEDEF, Roland Lescurières,
06:04a refusé de s'engager sur la suppression de la surtaxe
06:08sur les grandes entreprises.
06:10À peine ce budget adopté,
06:12est-ce que vous avez déjà des craintes pour celui de l'année prochaine ?
06:15Bien sûr qu'on a déjà des craintes.
06:16Non, puis moi, je suis quand même très dépité, en définitive,
06:19et assez inquiet de voir que tout est reporté à 2027.
06:22Dont, je reviens là-dessus, le sujet de l'emploi des jeunes.
06:25On verra en 2027, comme si tout le monde pouvait attendre.
06:28Le monde bouge, nos concurrents accélèrent.
06:30On se déclasse progressivement,
06:32y compris en matière de compétitivité et de compétitivité fiscale.
06:35Moi, je comprends la complexité de l'équation pour le ministre Lescurières.
06:39Mais enfin, ça serait bien qu'il nous envoie assez vite,
06:41pas lui-même, le gouvernement,
06:43un signal un peu rassurant pour 2027,
06:45parce que l'économie ne peut pas être suspendue.
06:48Patrick Martin, président du MEDEF,
06:50invité des 4V.
06:52Maya, c'est à vous.
06:53Très bonne journée à tous.
06:54Merci beaucoup.
06:54Merci Renée Placarière-Levenne et Delicte-Legris
06:56pour la traduction en langue des signes.
06:58Merci.
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